jeudi 2 juin 2011

2 Juin

Haïti – Politique : Les trois crises Socio-Politiques selon Martelly
02/06/2011 08:01:01

Haïti - Politique : Les trois crises Socio-Politiques selon MartellyHier le Président de la République, Michel Martelly, a identifié les trois crises Socio-Politiques que traversent le pays, selon lui il s’agit de la révision de la constitution, la crise électoral avec le cas des 19 parlementaires et la ratification de son Premier Ministre désigné, Daniel Gérard Rouzier.
Concernant le premier point, la constitution, il a fait savoir qu’il y avait plusieurs propositions et possibilités, mais qu’il fallait prendre la meilleur décision pour le pays et pour les personnes concernées par ces articles. Ajoutant « à ce niveau là je vais trancher ».
Concernant le second point, le Président a dit « Il faut que je vous dise que j’ai reçu un texte pour publication avec les différents député et sénateurs […] mais le problème auquel je suis confronté aujourd’hui, et qui fait que je ne peux pas le publier, c’est que les signatures sur le document sont des signatures scannées, ce ne sont pas des originales…» ajoutant « Il arrive en temps où le Président doit trancher […] c’est le rôle du Président de prendre les grandes décisions, cela veut dire que sur la questions des élections nous allons trancher » a déclaré Martelly.
Concernant la troisième crise, la ratification du Premier Ministre il a spécifié « je ne dis pas que c’est une crise mais je l’appelle crise car nous avons besoin d’avancer »
« Tant que ces crises ne sont pas réglées, j’ai les mains liées » a précisé Martelly.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3076-haiti-politique-rouzier-ne-sera-pas-ratifie-aujourd-hui.html
http://www.haitilibre.com/article-2924-haiti-elections-resultats-definitifs-des-19-sieges-contestes.html
http://www.haitilibre.com/article-2985-haiti-elections-des-juges-du-bcen-special-expliquent-leurs-decisions.html
http://www.haitilibre.com/article-2998-haiti-politique-la-saga-de-l-amendement-de-la-constitution-se-poursuit.html
HL/ HaïtiLibre

 

Le role de l’ex président Préval minimal selon Wencesclas Flambert

02/06/2011 10:59:00 Auteur(e) La Redaction

image La séance en assemblée nationale prévue mercredi dans le cadre du processus de ratification du Premier ministre désigné, Daniel Rouzier, ne pourra pas se tenir sans la promulgation au préalabale de la version originale de la constitution amendée

Le deuxième Sénateur du sud-est, Wencesclass Lambert, membre du Groupe parlementaire du renouveau a minimisé mardi le rôle de l’ex-Président René Préval au sein du bloc majoritaire en réitérant la volonté du GPR de participer à la formation du prochain gouvernement.

“M. Préval ne représente qu’un élément de INITE (l’ancienne majorité présidentielle) et sa position reflète seulement son opinion personnelle, mais n’engage pas les parlementaires”, a déclaré sur un ton de défiance le plus jeune des Sénateurs Lambert.

Des déclarations à contre-courant de la position attribuée à l’ancien chef de l’Etat réputé maître de sa plateforme politique et qui souhaiterait que son successeur, Michel Martelly, et son Premier ministre aient toute la latitude nécessaire pour former leur gouvernement.

Intraitable dans la défense des intérêts du GPR, qui détient la majorité absolue au Sénat et relative à la Chambre basse, Wencesclass Lambert conditionne le lancement du processus de ratification du Premier ministre désigné, Daniel Rouzier, à la promulgation dans le journal officiel Le Moniteur de la version corrigée de la constitution amendée.

La tenue mercredi de la séance en assemblée nationale convoquée par l’Exécutif en vue de la ratification du choix de M. Rouzier et de sa déclaration de politique générale reste suspendue à cette exigence.

Dans ce qui s’annonce comme la première épreuve politique de la Présidence Martelly, les ténors du GPR, issus dans leur grande majorité de INITE, entendent obtenir à travers des négociations certains des ministères-clés tels justice et sécurité publique, économie et finances, intérieur et collectivités territoriales ou encore planification et coopération externe.

Seule voix discordante pour l’instant, celle du premier Sénateur du sud-est, Edwin “Edo” Zenny, ami personnel du nouveau chef de l’Etat, qui se présente désormais comme un dissident du Groupe parlementaire du renouveau. spp/Radio Kiskeya

 

Haïti – Climat : Michel Martelly en visite au COUN
02/06/2011 09:03:34

Haïti - Climat : Michel Martelly en visite au COUNHier le Président de la République, Michel Martelly s’est rendu au Centre d’Operations d’Urgence National (COUN), une structure mise en place par la Direction de la Protection Civile (DPC) grâce à un financement de l’Agence Américaine pour le Développement International (USAID).
Par cette visite, le Chef de l’Etat voulait s’enquérir personnellement des mécanismes mis sur pied par les acteurs du système national de gestion des risques et des désastres à l’occasion du début de la saison cyclonique.
Dans une conférence de presse donnée à cette occasion, le Président de la République qui était accompagné de la responsable de la Direction de la protection Civile, Mme Alta Jean-Baptiste, de la coordonnatrice du Projet d’urgence de gestion des risques et désastres, Dr Yolène Surena, du directeur du CNM, Ronald Semelfort, du coordonnateur du Secrétariat permanent de gestion des risques et désastres (SPGRD), M. Abel Nazaire et du Représentant adjoint du Secrétaire Général de l’ONU pour l’action humanitaire, M. Nigel Fisher, a appelé les autorités locales et régionales ainsi que les acteurs de la société civile à joindre leurs efforts pour porter les populations à respecter les consignes de sécurité en vigueur. « Ma présence ici aujourd’hui témoigne de l’importance que j’accorde à cette question », a-t-il indiqué.
Le Chef de l’Etat en a profité pour annoncer la création prochaine de vingt centres d’opérations communaux à travers le pays. « Je suggère qu’un fonds spécial soit mis en place au profit du Centre d’opérations d’urgence », a conseillé le Président Martelly.

Qu’est ce que le COUN ?
Le COUN fait office de direction des opérations dans le but de répondre aux urgences en cas de catastrophes naturelles. Fonctionnant sur la base d’une approche intégrée, il regroupe les représentants des Ministères de l’Intérieur, de la Sante publique, de l’Environnement, de la Planification, de la Justice, des Affaires sociales, des Affaires étrangères, de l’Education nationale et d’autres organismes comme la Croix-Rouge haïtienne, le Centre National de Météorologie (CNM), le Service Maritime et de Navigation d’Haïti (SEMANAH), la Police Nationale d’Haïti (PNH), l’Alliance pour la Gestion des Risques et la Continuité des Activités (AGERCA), la Banque Mondiale, la Protection civile, etc.
TB/ HaïtiLibre

 

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Haiti : Plaidoyer pour le maintien du Ministère à la condition féminine
Un acquis politique pour combattre les discriminations et les violences de genre

jeudi 2 juin 2011

Prise de position de l’organisation féministe Kay Fanm réclamant le maintien du ministère à la Condition féminine que le premier ministre désigné Daniel Gérard Rouzier souhaite fermer. Elle est appuyée par 22 organisations.

Depuis la création, le 8 novembre 1994, du Ministère à la Condition féminine et aux droits des femmes (MCFDF), il faut, à chaque changement de pouvoir, que le mouvement des femmes haïtiennes se mobilise pour dire NON aux velléités de nier cet acquis politique.

L’équipe du Président Michel Martelly ne se donne même pas la peine d’expliquer ce qui pourrait justifier la décision de fermer le Ministère à la Condition féminine. Au-delà des précautions de langage, c’est bien de disparition sur l’échiquier politique national qu’il s’agit, lorsque le Premier ministre désigné, M. Daniel-Gérard Rouzier, déclare que la Condition féminine sera intégrée au Ministère des Affaires sociales et du travail (MAST), sans moindrement préciser la nature de la structure en question.

Pourquoi cette volonté de priver le pays d’un instrument politique qui a permis de faire des avancées notables en termes d’égalité des droits pour 52% de la population ?

Différentes arguties ont été avancées auparavant pour prétendre fermer le Ministère à la Condition féminine. Il y a notamment lieu de retenir : la disponibilité budgétaire, l’inefficacité et l’inutilité.

Disponibilité budgétaire : Pour 2010-2011, le budget du Ministère à la Condition féminine a été d’environ 37 millions de Gourdes. Ces montants ne sauraient en aucun cas sortir le pays du marasme économique.

Inefficacité : Le ministère à la Condition féminine accuse certes des insuffisances, tout comme toutes les autres institutions de l’appareil d’État : Présidence, Primature, Parlement, Judicaire, ministères, mairies, collectivités territoriales et institutions indépendantes telles que le Conseil électoral, etc.

- L’illettrisme et l’éducation au rabais sont des phénomènes patents. L’analphabétisme frappe davantage les femmes et les filles. La formation professionnelle est presque inexistante dans le secteur public.

- La grande majorité des populations n’a toujours pas accès, de manière continue et satisfaisante, aux soins de santé. La plupart des femmes accouchent sans assistance médicale. La mortalité maternelle est l’une des plus élevée au monde ; Les familles monoparentales féminines sont légion dans le pays.

- L’insécurité alimentaire est une donnée avec laquelle doit compter les populations, en particulier les groupes marginalisés ruraux et suburbains où prédominent les femmes. Le droit à l’alimentation n’est pas respecté. La paysannerie ne bénéficie pas d’un encadrement apte à lui permettre de se relever dignement et efficacement.

- Les dysfonctionnements de la justice sont notoires. L’insécurité est un phénomène récurent, peu contrôlé.

Les ministères de l’éducation, de la santé, de l’agriculture et de la justice, pour ne citer que ceux là, existent depuis fort longtemps, avec leurs faibles performances et l’absence d’esprit de service public Pourtant, il ne vient pas à l’idée d’un quelconque pouvoir de les fermer. Par contre, l’on menace de disparition l’une des institutions les plus récentes, le Ministère à la Condition féminine, qui pourtant a 17 ans d’existence.

Inutilité : L’existence du ministère à la Condition féminine se justifie par la nécessité de prendre en compte, au plus haut sommet de l’État, les rapports sociaux de sexe et leurs incidences dans tous les domaines. La mission du ministère est de promouvoir et défendre les droits fondamentaux des femmes/filles et, ce faisant, de contribuer à instaurer une meilleure cohésion sociale. Cela à travers la définition et l’application de politiques et programmes publics visant l’égalité des sexes, la lutte contre les violences de genre et la féminisation de la pauvreté, et en s’assurant du caractère transversal de ces orientations dans l’action gouvernementale. Cela répond aux prescrits de la Constitution de 1987 et aux engagements pris par Haïti en signant les conventions internationales relatives aux droits de la personne et aux droits spécifiques des femmes et des filles, en tant que personnes et citoyennes.

S’il s’agit réellement, comme se plait à le déclarer le Président Martelly, de redresser l’État et d’oeuvrer à l’édification d’une société fondée sur le droit et le respect des droits de la personne, il importe que le Ministère à la Condition féminine joue pleinement son rôle et soit plutôt résolument renforcé dans ses capacités pour la pleine réalisation de sa mission.

Les militantes des droits des femmes que sont les féministes rêvent du jour où le Ministère à la Condition féminine ne sera plus nécessaire, car les droits fondamentaux des femmes et des filles seront pleinement reconnus, respectés et l’égalité des chances sera une réalité tangible. Les féministes rêvent aussi du jour où la Secrétairerie d’État à l’alphabétisation n’aura plus de raison d’être, parce que les enfants des deux sexes non scolarisés, qui deviennent des adultes analphabètes, auront eu dès la petite enfance l’opportunité de recevoir une instruction de qualité qui leur permettra d’être des citoyens et citoyennes qui participent activement au devenir de leur pays.

Port-au-Prince, le 31 mai 2011

Pour Kay Fanm, Danièle Magloire

Les organisations suivantes appuient la déclaration de Kay Fanm en faveur du maintien du Ministère à la condition féminine et aux droits. Ces organisations demandent au nouveau gouvernement et au Parlement de doter le ministère des ressources nécessaires à l’accomplissement de sa mission en matière d’égalité.

1. Concertation nationale contre les violences faites aux femmes ; Réseau national d’organisations

2. Centre de promotion des femmes ouvrière (CPFO) ; Région métropolitaine de Port-au-Prince, département Ouest

3. Fanm Yo La /Les femmes sont là (Collectif féminin haïtien pour la participation politique des femmes)

Région métropolitaine de Port-au-Prince, départements Sud, Sud-est, Nord

4. Mouvement des femmes haïtiennes pour l’éducation et le développement (MOUFHED)

Région métropolitaine de Port-au-Prince, départements Artibonite, Ouest, Nord, Nord-est, Sud-est

5. Asosyasyon fanm solèy d Ayiti /Association des femmes soleil d’Haïti (AFASDA)

Départements Nord, Nord-est, Nord-ouest

6. Fanm lakay /Femmes du terroir ; département Nord

7. Kódinasyon fanm Nódès /Coordination des femmes du Nord-est ; département Nord-est

8. Mouvman fanm Nip /Mouvement des femmes de Nippes (MOFAD – Nippes) ; département Nippes

9. Mouvman fanm Ansavo /Mouvement des femmes d’Anse à veau (MOFA) ; département Nippes

10. Komite fanm Gabou /Comité des femmes de Gabou ; Commune de Petite Rivière, département Nippes

11. Groupman fanm Duverger /Groupement des femmes de Duverger ; Commune de Miragoâne, département Nippes

12. Rasanbleman fanm Nip /Rassemblement des femmes de Nippes (RAFANIP) ; département Nippes

13. Konbit fanm peyizàn Abraham /Rassemblement des paysannes de Nippes (KOFA) ; département Nippes

4e section communale de Miragoâne, département Nippes

14. Alternative action verte ; Réseau d’organisations du département des Nippes 15. Groupement pour la relance de l’économie des femmes en association par coopérative (GREFACOOP)

Commune de Delmas, région métropolitaine de Port-au-Prince, département Ouest

16. Coalition des femmes de la 3e circonscription de Port-au-Prince (KOFATRA) ; Martissant, département Ouest

17. Réseau des femmes progressistes pour le développement d’Haïti (RFPDH) ; département Ouest

18. L’espoir des femmes haïtiennes de Petit-Goâve (EFHPG) ; département Ouest

19. Association des femmes actives de Saint Louis du Sud (AFAS) ; département Sud

20. Femmes actives de la Savanne (FAS) ; département Sud

21. Association des femmes progressistes de Flamand (AFPF) ; département Sud

22. Association des femmes pour le développement des Anglais (AFDA) ; département Sud.

 

Haïti – Éducation : Les BDS reçoivent du matériel de bureau et informatique – PLAN Haïti
02/06/2011

Haïti - Éducation : Les BDS reçoivent du matériel de bureau et informatique - PLAN HaïtiMardi les représentants de PLAN Haïti ont remis du matériel de bureau (bureaux, classeurs…) et de l’équipement informatique (imprimantes HP, ordinateurs DELL…) aux responsables des Bureau du District Scolaire (BDS) des communes de Croix-des-Bouquets, Tabarre, Pétion-Ville et Ganthier dans le cadre d’un programme qui vise à l’amélioration du secteur éducatif du département de l’Ouest. La cérémonie a eu lieu au BDS de Croix-des-Bouquets en présence des représentants des BDS, du MENFP et de PLAN Haïti.
Djympson Chéry, représentant PLAN Haïti a déclaré lors de la cérémonie « Les activités de PLAN Haïti portent sur l’accès à l’éducation, l’amélioration de la qualité et aussi la bonne gouvernance du système…» pour sa part Pierre-Michel Laguerre, Directeur général du Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) a déclaré « Le PLAN nous a toujours accompagné, et vous savez que beaucoup d’institution reçoivent au nom d’Haïti beaucoup d’argent, nous somme heureux que PLAN Haïti […] investisse cet argent au service du peuple haïtien. »
PLAN est l’une des principales organisations en Haïti. Présente dans le pays depuis 1973, ses programmes bénéficient à 47 000 enfants et leurs familles au sein de 92 communautés, PLAN Haïti concentre son action sur 4 thématiques : l’amélioration de la qualité de l’éducation – la santé, la sécurité alimentaire et le soutien nutritionnel – les activités génératrices de revenus et la sécurité économique – la promotion des droits de l’enfant et du leadership des jeunes.
HL/ HaïtiLibre

 

Edrick Léandre au coeur d’un rapport accablant de l’ULCC

02/06/2011 10:49:00 Auteur(e) La Redaction

imageLe directeur général de l’Office assurance véhicules contre tiers (OAVCT), Edrick Léandre, arrêté et placé en garde à vue depuis lundi sous l’accusation de corruption, a protesté de son innocence et assimilé à un “complot” la décision prise à son encontre.

Interrogé par téléphone depuis le commissariat de Port-au-Prince où il a déjà passé 24 heures, M. Léandre prétend être victime d’une vaste machination, mais a préféré rester dans des généralités arguant que ses “ennemis” pourraient attenter à sa vie.

Donnant suite à un rapport d’enquête de l’Unité de lutte contre la corruption, le parquet de Port-au-Prince avait ordonné l’interpellation de M. Léandre pour fraudes et détournement de fonds à l’issue d’un interrogatoire de plusieurs heures auquel a été soumis l’intéressé.

Selon le commissaire du gouvernement, Harrycidas Auguste, des faits avérés de corruption auraient été relevés dans les conclusions du rapport comme l’utilisation par le directeur général dans des magasins et casinos de l’étranger de milliers de dollars tirés d’une carte de credit émise au nom de l’OAVCT.

Soupçonnée également d’implication dans ce présumé scandale, l’épouse d’Edrick Léandre fait l’objet d’une interdiction de quitter le territoitre national. spp/Radio Kiskeya

 

La diaspora face à la désuétude de la douane haïtienne

02/06/2011 14:06:00 Auteur(e) La Redaction

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Lourdeurs administratives, infrastructures inadéquates, tarifs élevés et corruption, de petits commerçants haïtiens résidant aux Etats-Unis critiquent ainsi la douane haïtienne. L’une des raisons évoquées, les retards des cargos envoyés en Haïti.

« Il faut plusieurs signatures pour faire entrer quelque chose dans le pays », a déclaré Emilie à Haiti Press Network. De plus, le document indiquant les tarifs douaniers contient plusieurs pages, contre de simples formulaires électroniques dans la plupart des autres pays de la région, poursuit-elle.

« Cela encourage le versement de pots-de-vin aux douaniers », ajoute-t-elle, en estimant que la corruption joue un rôle majeur dans les difficultés que connais certains ports haïtiens.

« A l’heure actuelle, il y a sans doute des centaines de conteneurs au sol, qui attendent. Plusieurs ont été abandonnés », selon cette commerçante qui souhaite conserver l’anonymat. Plusieurs raisons sont aussi évoquées pour expliquer cette congestion dans certains ports de provinces du pays.

« Les infrastructures des ports d’Haïti sont vieilles et ne suffisent pas face au volume de transactions actuel. De plus, beaucoup ont été sévèrement endommagés lors du tremblement de terre », croit Yvon, qui exporte des chaussures en Haïti.

« Il est nécessaire d’assainir et de réorganiser certains services douaniers dans le pays pouvant constituer une source de corruption et de malversations », conseille  pour sa part Jocelyn qui collecte des vêtements usagers (pepe) pour les revendre à des commerçants à Port-au-Prince.

« Les postes sensibles aux aéroports, ports et postes frontaliers ainsi que les services de dédouanement de marchandises, de voitures doivent être réformés si le prochain gouvernement veut combattre la corruption au sein de l’administration publique haïtienne», réclame à ce sujet beaucoup d’Haïtiens vivant à l’étranger.

Face à un tableau aussi sombre, la modernisation des douanes haïtiennes s’impose comme une nécessité impérieuse pour d’autres compatriotes en vue de garantir une meilleure transparence des opérations à l’échelle nationale.
Frantz Alcéma (USA)
salutano@yahoo.fr

 

Daniel Rouzier stoppé par un imbroglio constitutionnel

Le Nouvelliste

Le Parlement conditionne l’ouverture de la session extraordinaire convoquée par le chef de l’Etat, Michel Martelly, à la publication de la version corrigée de l’amendement constitutionnel. Sous l’empire de quelle constitution le président nous a convoqués pour décider du sort de son Premier ministre désigné, s’interrogent députés et sénateurs?
L’Assemblée nationale annoncée pour ce mercredi a été boudée par les parlementaires. Les sénateurs jusqu’à la fin de la journée sont restés confinés au salon diplomatique du grand corps pour guérir leurs maux internes et les quelques dizaines de députés remarqués étaient éparpillés sur la cour et à la salle des séances du Palais législatif. Signe d’une rébellion à peine voilée contre le nouveau chef de l’Etat qui traîne les pieds avant de décider d’une éventuelle correction de la version erronée de l’amendement constitutionnel dans Le Moniteur, journal officiel du pays. « Sous l’empire de quelle Constitution le chef de l’Etat nous a convoqués pour décider du sort de son premier ministre désigné, Daniel-Gérard Rouzier ? », s’interroge Ronald Larèche, vice-président de la Chambre des députés. Cette préoccupation s’empare de presque tous les parlementaires interrogés sur la tenue de l’Assemblée nationale nécessaire à la ratification du choix de M. Rouzier.
Le représentant de Petit-Goâve à la 49e législature, Stevenson Thimoléon évoque de graves dangers qui menacent l’Etat dans ses fondements. « S’il s’avère que la Constitution du 29 mars 1987, dans sa forme originelle, cesse de produire ses effets dès la passation de pouvoir au citoyen Michel Martelly, il y a lieu de reconnaître que la barque nationale navigue dans l’inconnu, depuis le 14 mai 2011 », estime le député Thimoléon dans une lettre ouverte au président de l’Assemblée nationale. Tout en rappelant le contexte dans lequel une version erronée de l’amendement constitutionnel a été publiée, Stevenson Thimoléon exhorte le bureau de l’Assemblée nationale à « travailler, de concert avec le chef de l’Etat, en vue du retour à la normalité constitutionnelle ».
Préoccupé, lui aussi, par l’imbroglio constitutionnel, le député Cholzer Chancy veut mettre les décisions de ses pairs à l’abri de toute poursuite judiciaire. « Si nous analysons le dossier du Premier ministre désigné sans clarifier sous l’égide de quelle constitution nous agissons, n’importe quel groupe de citoyens peut attaquer l’acte en justice parce qu’il n’aurait aucune assise juridique », avance l’air prudent le questeur de la chambre basse. L’exécutif et le législatif, croit-il, doivent se mettre d’accord pour corriger les erreurs matérielles glissées dans le document publié sous la présidence de René Préval, la veille de la prestation de serment de son successeur.
Les conditions imposées aux députés et sénateurs pour lancer le processus de ratification du choix de Daniel Rouzier ont été soulevées lors d’un déjeuner de travail, dans la matinée, entre le chef de l’Etat et les sénateurs au Karibe Convention center. « Compte tenu de l’urgence du moment, le président Michel Martelly a convenu de résoudre le problème », a confié Rodolphe Joazile, président de l’Assemblée nationale quand les deux chambres se réunissent. Une fois que les obstacles seront surmontés, dit-il, nous allons fixer la date de l’ouverture de la session extraordinaire. Cette session, la première convoquée par le 56e président d’Haïti, ouvrira la voie au processus de ratification de Daniel Gérard Rouzier, désigné Premier ministre depuis deux semaines.
Autre obstacle à surmonter par la nouvelle présidence demeure les négociations engagées par le candidat à la primature avec les blocs parlementaires. Le Groupe de parlementaires pour le renouveau (GPR) constitué de INITE et de ses alliés au Parlement met en avant sa majorité conjoncturelle pour exiger un partage de responsabilités et de postes ministériels avant de garantir un vote favorable à Daniel Rouzier.
Claude Gilles

 

Le président Martelly va trancher

Le Nouvelliste

Martelly va trancher. La crise constitutionnelle et celle née de la contestation des résultats de trois des dix-huit circonscriptions électorales communiqués par un BCEN spécial trouveront des solutions qui ne feront peut-être pas l’unanimité, prévient le chef de l’Etat qui rappelle que son « rôle est de prendre de grandes décisions ».

En enfilant l’écharpe présidentielle, Michel Joseph Martelly a hérité de deux crises: l’une constitutionnelle et l’autre électorale. Une nouvelle, politique celle-là, risque de s’ajouter au lot si les négociations pour obtenir la ratification du choix de Daniel Rouzier débouchent sur un mur, l’intransigeance jusque-là affichée par des parlementaires du groupe majoritaire (GPR), accrochés au principe d’un partage de responsabilité, de portefeuilles ministériels.
Contraint de ronger ses freins et peut-être de jouer à l’usure avec ses adversaires, le fougueux président, très présent dans la presse, friand d’inauguration de petits projets, pourfendeur de l’immobilisme, a reconnu avoir les poings liés sans gouvernement, le mercredi 1er juin 2011. « Mes deux bras sont liés tant que je n’ai pas un gouvernement », a-t-il dit, décidé toutefois à renverser la vapeur, à « trancher ».
« Les trois crises seront résolues sou peu. Je ne peux pas révéler ma décision ici parce que je ne l’ai pas encore annoncés aux parlementaires », a confié le président, le ton posé et visiblement soucieux de ne pas froisser, avant d’ajouter cependant, aussi tranchant qu’un couperet, que « le président, à un certain moment, sera dans l’obligation de trancher ». « Des gens seront d’accord, d’autres pas », a prévenu Michel Joseph Martelly, qui a rappelé que « c’est le rôle du président de prendre les grandes décisions ».
Conscient que la ratification du choix de M. Rouzier et de la politique générale dépend aussi de la clarification de « l’imbroglio constitutionnel », Martelly a révélé qu’il « va prendre la meilleure décision pour le pays et pour ceux qui sont concernés par les articles amendés ». « Si je tranche ce soir, les parlementaires devront se tenir prêts à recevoir dès le lendemain matin le Premier ministre désigné », a souhaité le président de la République, appelant les parlementaires à tout faire pour que les discussions sur la ratification de M. Rouzier ne débouchent sur une impasse, sur une crise.
« Sur la question des élections, nous allons trancher. Je tiendrai une dernière réunion cet après-midi ou ce soir avec les différents concernés, et, passé minuit, le président tranchera », a-t-il promi, concédant son embarras face au CEP qui lui a envoyé pour publication dans Le Moniteur des « listes de parlementaires censés être élus avec des signatures scannées ». Le président, qui dit prendre ce dossier avec des pincettes, a indiqué qu’il ne veut pas publier ces listes avec des signatures dont l’authenticité pourrait être contestée par les signataires.
La publication dans Le Moniteur de l’amendement de la Constitution de 1987 avec des « erreurs matérielles » et la contestation des résultats de trois des dix-huit circonscriptions électorales communiqués par un BCEN spécial ont plombé les premiers jours de l’administration Martelly. Mais, comme un couperet, il va trancher, bref, gouverner. Et faire l’addition de ses réussites et de ses échecs, a souligné un observateur du fait politique.
Roberson Alphonse
ralphonse@lenouvelliste.com

 

Martelly : des solutions seront connues ce jeudi au plus tard

Le président Michel Martelly identifie trois (3) crises qui traversent le pays pour le moment. Il s’agit de la révision de la constitution, les résultats des dix neuf (19) parlementaires élus et la ratification de son premier ministre.

Le Matin – 01/06/2011

Le président Michel Martelly identifie trois (3) crises qui traversent le pays pour le moment. Il s’agit de la révision de la constitution, les résultats des dix neuf (19) parlementaires élus et la ratification de son premier ministre. En pourparlers avec les acteurs, Michel Joseph Martelly compte, d’ici demain, trouver une solution à ces crises.
Par ailleurs, en ce qui concerne l’amendement de la constitution, il a fait savoir qu’il y a différentes propositions et possibilités émises par les acteurs en présence. Il est aussi nécessaire de prendre la décision qu’il faut pour qu’enfin les parlementaires reçoivent le premier ministre désigné, a tenu à préciser le président de la République.
Pour les élections, le président a confirmé qu’il doit avoir une réunion ce mercredi soir avec les concernés. Il affirme avoir reçu un texte au bas duquel sont apposés des signatures scannées au lieu des originaux. Il promet que ce jeudi, au lever du jour, la solution prise sera connue de tous.
Répondant à une question d’un journaliste, le président a dit qu’aucun groupe de parlementaires ne lui a parlé de postes ministérielles. « Ce ne sont que des nouvelles que j’ai entendues à la radio », a-t-il laissé entendre. Il a en outre fait mention de la présence ce mercredi matin du sénateur Wencesclas Lambert qui a participé avec lui à une réunion et qui n’a jamais soulevé une telle question. Les consultations vont bon train, députés et sénateurs sont très confiants, déclare M. Martelly.

Walter Cameau
Walcam2005@yahoo.fr

 

Résultats des élections pour les trois dernières circonscriptions

Le conseil électoral provisoire a publié ce mercredi 1e juin les résultats préliminaires du second tour tardif organisé dimanche dernier dans trois circonscriptions. Aucun des deux candidats de l’Inite concernés par ces joutes n’a été élu. Alternative, Ansanm nou fô et Modelh-PRDH gagnent chacun un nouveau siège à la chambre des députés.

Le Matin – 01/06/2011

Le Conseil électoral provisoire (CEP) a publié ce mercredi 1e juin les résultats préliminaires du second tour tardif organisé dimanche dernier dans trois circonscriptions. Aucun des deux candidats de l’Inite concernés par ces joutes n’a été élu. Alternative, Ansanm nou fô et Modelh-PRDH gagnent chacun un nouveau siège à la chambre des députés.
Dans la vallée de Jacmel (Sud’est), la candidate du parti Ansanm nou fô, Ruffine Labbe, l’a largement remporté avec 61.38% des voix contre 38.26 % pour son concurrent, Jean Edzer Valentin (Inite). .
Derilus Vikens a été élu député de Verretes (Artibonite) avec 53.91% soit 4,900 voix au dépens de son rival de l’Ayiti an Aksyon (AAA), Dorsonne Jean Beauvois qui a totalisé 45.63% soit 4,147 voix. .
Le candidat de Inite pour la circonscription de Fonds-Verretes / Ganthier, Pierre Jude Destiné avec 7,448 voix soit 49.1 % des votes a été vaincu par celui de l’Alternative, Sanozier Francois crédité de 50.03% des votes, soit 7.496 voix. Seulement 45 voix séparent ces deux candidats. Les éventuelles contestations du candidat perdant, issu de Inite, pourrait facilement renverser la vapeur. .
Dans son communiqué # 109 qui accompagne la publication de ces résultats, le cep donne aux candidats intéressés un délai de 72 heures à partir de l’affichage des résultats en vue de produire leurs contestations. Ils se présenteront au BED (Bureau électoral départemental)de leurs circonscriptions respectives. .
Ce communiqué porte la signature du vice président du Conseil électoral (CEP), Jean Thélève Pierre- Toussaint. Il assure l’intérim en l’absence du président, Gaillot Dorsinvil, qui ne s’est pas présenté à son bureau depuis une semaine. Dans une correspondance adressée à ses pairs, il évoque des raisons de santé pour expliquer son absence. Il a récemment boudé une convocation du parquet de Port-au-Prince sur les accusations de corruptions qui pèsent sur l’institution électorale.

Eddy Laguerre

 

Haïti: Éduquer par le numérique pour un enseignement de qualité

Le Nouvelliste

De g. à d.:Gérard-Marie Tardieu, Josette Bruffaerts-Thomas et Gentile Sénat

Pour redresser la barque et compenser le déficit de qualité du système éducatif haïtien, l’association Haïti Futur et Kopivit-l’Action Sociale ont présenté au public haïtien un système d’éducation par le numérique le lundi 30 mai 2011, lors d’une conférence de presse donnée conjointement au local de la librairie Kopivit au 102 de Lafleur Ducheine.
Le développement de ce système en Haïti va ouvrir une perspective supplémentaire dans la compréhension et le questionnement de l’amélioration prochaine du système éducatif haïtien, parallèlement à la complexité de la situation et des incidences que celle-ci pourrait avoir sur l’expérimentation de la phase pilote du projet.
Il s’agit d’un nouveau paradigme visant à offrir une éducation de qualité à tous les enfants d’Haïti, en commençant par ceux qui évoluent en milieu rural, dans un souci de justice et d’équité. Ceci demeure l’un des éléments fondamentaux des objectifs du millénaire stipulant que tous les enfants de la terre devraient savoir lire et écrire d’ici à 2015.
Le concept de l’Education par le numérique que ces deux institutions ont proposé conjointement au Ministère de l’Education nationale et de la Formation professionnelle – s’inscrit dans le programme Sankoré qui a été établi dans les pays d’Afrique et de l’océan Indien, afin d’arriver à une éducation de qualité pour tous. « Haïti Futur » y a vu un moyen de contribuer à l’amélioration de la qualité de l’enseignement en Haïti, projet expérimental sur trois ans qui se développera dans une cinquantaine d’écoles de la presqu’île du Sud (Port-au-Prince/Grand ‘Anse), a expliqué la responsable du programme, madame Josette Bruffaerts-Thomas, lors de ce point de presse.
Ce programme d’éducation par le numérique est un concept aux postulats bien affirmés que les initiateurs défendent avec acharnement, afin de convaincre les décideurs politiques. Les apologistes d’un meilleur système d’enseignement et du programme d’éducation pour tous préconisent le système d’éducation par le numérique, compte tenu des multiples avantages qu’offre ce système visant à passer d’un mode d’enseignement répétitif à une méthodologie d’apprentissage fluide, privilégiant l’observation, la réflexion et l’expérimentation. Tous les cours dispensés par le maître sont développés par les pays partenaires du programme sur une base d’échange et permettent aux apprenants de bénéficier d’un enseignement de standard international.
Jean François Toussaint
toussaintjeanfrancois@yahoo.fr

 

Il faut sauver l’amendement constitutionnel

La promulgation par le président Préval du récent amendement à la constitution de 1987 , voté dernièrement par l’Assemblée nationale, semble plonger la nation dans une grande confusion constitutionnelle. La cause de ce profond malaise juridique semble être l’interprétation de l’article 284-2 de la constitution.

Le Matin – 30/05/2011

La promulgation par le président Préval du récent amendement à la constitution de 1987 , voté dernièrement par l’Assemblée nationale, semble plonger la nation dans une grande confusion constitutionnelle. La cause de ce profond malaise juridique semble être l’interprétation de l’article 284-2 de la constitution.
En effet, ledit article dispose que:
« L’amendement obtenu ne peut entrer en vigueur qu’après l’installation du prochain président élu. En aucun cas, le président sous le gouvernement de qui l’amendement a eu lieu ne peut bénéficier des avantages qui en découlent »
Selon la thèse qui prévaut jusqu’à présent au sein d’une majorité de juristes, il semblerait qu’il revient exclusivement au président sortant de procéder à la promulgation desdits amendements. Et vu que, soit par simple erreur matérielle, manque de temps, fraude ou toutes autres raisons, ledit amendement n’a pu être promulgué , par le président sortant, dans les termes exacts qu’il a été voté par l’Assemblée nationale, , il faut alors considérer tout le processus nul et non avenu. Par conséquent, le prochain président élu ne peut en aucun cas procéder à la promulgation desdits amendements pour leur mise en vigueur.
Il s’agit, à notre avis, d’une interprétation nullement justifiée, et beaucoup trop restrictive du texte constitutionnel. En effet, à la lecture attentive dudit article, on se rend compte que l’acte majeur dans le processus est bien le vote desdits amendements par l’Assemblée nationale. Certes, la promulgation est importante pour permettre aux dites dispositions amendées d’entrer en vigueur, mais elle reste tout de même accessoire au vote d’amendement lui-même.
On se demande d’ailleurs même s’il ne revient pas tout simplement au nouveau président élu la prérogative exclusive d’en faire la promulgation puisque, de toute façon, le président sous le gouvernement duquel l’amendement est obtenu ne peut le mettre en vigueur.
Remarquons d’ailleurs que, nulle part dans le texte en question, il n’est dit que la promulgation desdits amendements soit de la prérogative exclusive du président sortant.
C’est d’ailleurs l’interprétation la plus saine et la plus logique du texte. Car le principe voulant qu’un texte de loi, une fois promulgué, doive nécessairement entrer en vigueur, quelle serait donc l’économie de l’obligation d’une promulgation anticipée et exclusive par le président sortant, laquelle resterait finalement sans effet, puisque le même texte dispose que lesdits amendements ne peuvent de toute façon entrer en vigueur durant son mandat ? On voit finalement, grâce à ce raisonnement à contrario, qu’il est de la prérogative exclusive du nouveau président fraîchement élu de procéder à ladite promulgation.
Ensuite, selon les dispositions dudit article, le nouveau président élu et tous autres citoyens (Haïtiens naturalisés par exemple) ou institutions peuvent bénéficier sans problème de tous nouveaux agencements ou prérogatives en leurs faveurs, puisque l’amendement n’ayant été obtenu que sous le règne du président sortant. Seul ce dernier, évidemment, selon les termes dudit article, ne pourra en bénéficier (même dans le cas d’un second mandat hypothétique), et non toutes autres personnes publiques ou privées.
En conclusion, nous voyons donc qu’une interprétation sereine de l’article 284-2 de la constitution peut nous permettre de faire l’économie d’une crise dont nous pourrions bien nous passer, au vu des difficultés de toutes sortes auxquelles nous sommes déjà confrontés. De plus, il serait vraiment dommage de rater la chance d’amender la constitution de 1987 dans des conditions parfaitement valides, alors que nous en avons l’occasion pour, du même coup, la renforcer. Car, à force de n’être pas amendée, la constitution est en danger, même si elle est en apparence robuste (en dépit des violations subies), et a pu tant bien que mal, jusqu’ici, résister aux assauts répétés de ses ennemis visibles et cachés. Dans la fable du chêne et du roseau, souvenons-nous que Lafontaine nous a appris qu’en toutes choses, l’endurance est affaire de puissance et de souplesse et non pas exclusivement de force.
Ne pas permettre que la constitution soit amendée dans des conditions normales, c’est indirectement l’affaiblir et apporter consciemment ou inconsciemment de l’eau au moulin de ceux qui, pour toutes sortes de raisons inavouables, ne rêvent que de l’abattre sous prétexte qu’elle serait trop compliquée et difficilement amendable. Sans doute pour donner libre cours à leurs intérêts divers aux dépens de ceux de la nation.

Me Jude Fabre Bretous, Av.
Fabrebretous@yahoo.com

 

Regard objectif sur le statut officiel, aujourd’hui, du créole en Haïti

« L’affaire » aura donc été menée tambour battant, tout au plus durant une petite vingtaine d’heures. Elle aura été ficelée aux forceps d’un petit marathon honorant la petite porte anfractueuse de l’Histoire : le Parlement d’un pays souverain, Haïti, a voté, les 8 et 9 mai 2011, environ une soixantaine de modifications à la Constitution de 1987.

Le Matin – 30/05/2011

« L’affaire » aura donc été menée tambour battant, tout au plus durant une petite vingtaine d’heures. Elle aura été ficelée aux forceps d’un petit marathon honorant la petite porte anfractueuse de l’Histoire : le Parlement d’un pays souverain, Haïti, a voté, les 8 et 9 mai 2011, environ une soixantaine de modifications à la Constitution de 1987.
« L’affaire » : les observateurs, la presse, les organisations de la société civile, etc., chacun apportera au cours des prochaines semaines différents éclairages et analyses tant sur le contenu que sur le processus d’amendement lui-même. Car « L’affaire », tel un tsunami lancé à l’abordage mortifère de l’État de droit, aura été rondement menée, hélas loin, très loin d’un véritable débat de société… Et certains témoignent déjà, en Haïti, d’une vivace césarienne, sans anesthésie, qui aurait été régentée les 8 et 9 mai 2011 au Parlement haïtien pour produire une « nouvelle » Constitution votée non pas dans les deux langues officielles de la République, mais uniquement en français .
La glose sera ainsi abondante et bavarde, durant les semaines à venir, qui lèvera sans doute le voile sur bien des ententes et des compromis, voire des compromissions au long cours, sur l’avalée supposée de bien des couleuvres, sur de présumés (donc non encore avérés) « deals » maltôtiers, donnant-donnant, cousus dans la comptabilité gourmande de bien des chaumières… Mais pareilles auscultations au scalpel de l’analyse documentée, pareilles investigations à l’aune d’une crédibilité éprouvée, seront le fait d’analystes mieux placés et mieux qualifiés que moi.
Pour ma part, dans le présent article, je m’en tiendrai à mon champ de compétence –la linguistique, l’aménagement linguistique, la terminologie–, pour offrir au lecteur une lecture jurilinguistique et non partisane de « l’affaire ». Dans quel but ? Il s’agira de répondre de manière argumentée et documentée à cette incontournable question : dans cette « affaire », l’aménagement du créole et les droits linguistiques de tous les Haïtiens sont-ils les grands grands perdants. Peut-on soutenir que, dans la forme comme, surtout, dans le fond, cette « affaire » consigne de facto la banalisation et l’exclusion et de la langue créole et du statut officiel du créole, « Sèl lang ki simante tout Ayisyen nèt ansanm, se kreyòl la » (atik 5, Konstitisyon Repiblik Ayiti 1987) ? Pour contribuer de manière positive et constructive à éclairer la réflexion sur la banalisation et l’exclusion et de la langue créole et du statut officiel du créole du récent processus d’amendement constitutionnel, je soumets au lecteur deux volets de réflexion.
Mais avant toute chose, je crois utile de préciser sommairement quelques notions fondamentales en jurilinguistique. Car si pour les linguistes, les sociolinguistes et les jurilinguistes, les notions de « langue officielle » et de « langue nationale » sont opérationnelles, ce n’est pas nécessairement le cas pour un certain nombre de personnes.
Alors, dans la configuration sociolinguistique haïtienne et au regard d’un amendement constitutionnel, que recouvrent donc ces notions et participent-elles d’un enjeu ? « Langue officielle » et « langue nationale » : simple rappel notionnel En jurilinguistique, la notion de « langue officielle » fait consensus et elle ne s’oppose pas nécessairement, au plan de sa formalisation conceptuelle à celle, beaucoup plus large et davantage historicisée, anthropologique et culturelle, de « langue nationale ».
Dans de nombreux pays, ces notions ont fait l’objet d’études approfondies parmi lesquelles il est précieux de retenir « L’aménagement linguistique et la globalisation des langues du monde », de Rainer Enrique Hamel, parue en 2010 dans la revue de l’École d’administration publique du Québec, Télescope, (un numéro thématique intitulé « Les politiques d’aménagement linguistique : un tour d’horizon », vol. 16, n° 3); ainsi que « Le statut constitutionnel de la langue nationale et/ou officielle – Étude de droit comparé » de Stéphane Pierré-Caps, professeur à l’Université Nancy 2, (non datée), disponible sur Internet.
Moins ‘savante’, l’Encyclopédie en ligne Wikipedia vulgarise les sèmes définitoires de cette notion lorsqu’elle consigne qu’« Une langue officielle est une langue qui est spécifiquement désignée comme telle, dans la Constitution ou les textes de loi d’un pays, d’un État ou d’une organisation quelconque. Elle s’impose à tous les services officiels de l’État (organes de gouvernement, administrations, tribunaux, registres publics, documents administratifs, etc.), ainsi qu’à tous les établissements privés qui s’adressent au public.»
De manière consensuelle, on admet généralement que la « langue nationale » –et en ce qui nous concerne, le créole–, parlée par l’ensemble de la nation, est celle qui exprime son identité au sens anthropologique du terme. Héritage et bien de la nation, elle appartient à son patrimoine linguistique et historique. Il faut impérativement noter que cette définition de la « langue nationale » atteste qu’elle est parlée par l’ensemble de la nation, pas seulement par ceux qu’en Haïti on désigne par « les masses », « le peuple », comme si celui-ci ne pouvait et ne devait désigner que les classes populaires à l’exclusion des autres composantes de la nation. « À cet égard, le véritable tournant se situe en 1848, au moment où les révolutions nationales européennes s’emparent du principe des nationalités pour justifier leur désir d’émancipation. Entre-temps la pensée romantique allemande avait accrédité l’idée que la nation était d’abord un individu collectif, un organisme naturel singularisé par sa culture et par sa langue. De fait, il était impensable qu’une nation digne de ce nom, parvenue à la conscience de soi, ne possédât pas une langue  » nationale « . Sous cet aspect, c’est bien le principe des nationalités qui aura mis en évidence l’importance du facteur linguistique dans la formation des nations. Ainsi l’idée même de nation se veut-elle la négation de Babel » (Stéphane Pierré-Caps, op. cit.).
En réalité, il peut y avoir plusieurs langues nationales dans un même espace géographique : « En Chine, le putonghua est la « langue et l’écriture communes et nationales » du pays, mais il y a plus de 50 langues nationales différentes reconnues au niveau régional. En Inde, 18 langues sont constitutionnellement reconnues. Le bilinguisme ou le multilinguisme officiel, sauf exception, sont la règle au niveau fédéral, dans les 28 États membres et dans les 7 territoires. Dans l’État indien du Karnataka, on dénombre 166 langues maternelles, selon le recensement de 1971. À Singapour, il y a 4 langues officielles.» (Joseph-G. Turi, Postface à « L’aménagement linguistique en Haïti : enjeux, défis et propositions », Éditions du Cidihca, 2010.) Pour sa part, la Constitution finale de l’Afrique du Sud datée de 1997, à l’article 6, § 1, reconnaît onze langues officielles : le sepedi, le sotho, le tswana, le swati, le venda, le tsonga, l’afrikaans, l’anglais, le ndébélé, le xhosa et le zoulou.
L’exemple sud-africain est fort instructif pour le lecteur haïtien. En effet, « Il existe en Afrique du Sud un certain nombre d’organismes de planification linguistique et d’autres institutions chargées de la mise en oeuvre de la politique linguistique. Mentionnons d’abord le Pan South African Language Board (PANSALB) ou Grand Conseil sud-africain des langues, un organisme officiel indépendant dont le mandat est de conseiller les autorités publiques aux niveaux central et provincial en matière de politique linguistique et d’emploi des langues. Le PANSALB dispose d’une succursale provinciale dans chacune des neuf provinces. Le PANSALB a été créé en 1995 par une loi du gouvernement central : la Loi sur le Grand Conseil sud-africain des langues.»
À l’appui de cette loi fondamentale, l’Afrique du Sud a aussi mis sur pied les Offices linguistiques, le Forum national sur les langues et le Conseil des professionnels sud-africain de la langue qui ont la configuration suivante :
(1) « Les Offices linguistiques (Languages Units) : dans chaque ministère du gouvernement national et dans chacune des provinces, il est prévu un Office linguistique pour aménager la traduction, préparer et définir des services en vue de l’augmentation prévue de la demande de ces services et aussi développeer une terminologie dans les langues indigènes.
(2) Le Forum national sur les langues (National Language Forum) : il s’agit d’un réseau de collaboration entre les représentants du gouvernement et ceux des organismes non gouvernementaux, qui contrôlera le processus de mise en oeuvre, donnera la priorité aux projets reliés à la langue et organisera des campagnes de soutien à la politique linguistique sous la direction du ministère des Arts et de la Culture. (3) Le Conseil des professionnels sud-africain de la langue (South African Language Practitioners’ Council) : ce conseil doit être un organisme statutaire établi par une loi du Parlement pour gérer la formation, l’accréditation et l’enregistrement des traducteurs et des interprètes afin d’élever le statut de la profession relative à la langue et améliorer la qualité des produits de la langue. Cet organisme doit élaborer et maintenir des standards.»
En toute logique, « les langues officielles du Parlement national sont l’anglais et l’afrikaans, mais tout membre des deux assemblées peut prendre la parole en utilisant l’une ou l’autre des onze langues officielles de son choix.» Enfin, je le souligne fortement, « (…) depuis que les droits linguistiques actuels sont reconnus, toutes les lois et tous les rapports parlementaires sont (…) en anglais et en afrikaans.» (Source documentaire : le Trésor de la langue française de l’Université Laval : http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/afrique/afriquesud-4pol-linguistique.htm).
Cela étant, et pour revenir à notre propos sur « langue officielle » et la « langue nationale », on retiendra toutefois que « Au sens constitutionnel le plus courant, la  » langue nationale  » est certes la langue de la nation ou du peuple, mais encore faut-il qu’elle soit inscrite en tant que telle dans la constitution, c’est-à-dire officiellement reconnue comme  » langue nationale « . Quant à la  » langue officielle « , elle est la langue de l’État, c’est-à-dire la langue utilisée par les organes de l’État institués par la constitution et, plus largement, la langue des services publics. Au regard du droit constitutionnel, par conséquent, la langue nationale et la langue officielle ne désignent pas nécessairement une seule et même réalité linguistique » (Stéphane Pierré-Caps, op. cit.). (à suivre).

Robert Berrouët-Oriol
Linguiste-terminologue
tradutexte.inter@hotmail.com

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