jeudi 9 juin 2011

9 Juin

Haïti – Politique :

Propos surprenants du Sénateur Lambert…
09/06/2011 10:36:58

Haïti - Politique : Propos surprenants du Sénateur Lambert...Après avoir exigé une participation dans le prochain Gouvernement, les Sénateurs et Députés de l’ancienne plateforme INITE, regroupés avec des alliés au sein du Groupe parlementaire pour le renouveau (GPR), semblent vouloir se conformer aux instructions de l’ex-Président René Préval et accepter de laisser de côté leurs revendications, pour ratifier le Premier Ministre désigné en autant que son dossier soit conforme…
Après le dépôt des pièces requises pour la ratification du Premier Ministre désigné, Daniel Gérard Rouzier, le Sénateur Joseph Lambert, Coordonnateur national de la plateforme présidentielle INITE a fait connaître sa nouvelle position… :
« Si le Président de la République et le Chef du Gouvernement désigné estiment qu’il est impératif pour lui de faire appelle à des gens dans le GPR, pour renforcer le Gouvernement, par rapport à l’expertise que nous avons, alors il fera appel à nous. S’il estime, qu’il a suffisamment d’expertise de son coté, pour conduire le Gouvernement, il formera son Gouvernement et nous, du GPR, nous allons donner au nouveau Gouvernement et au Chef de l’État un accompagnement positif, pour commencer : premièrement à retirer les gens de sous les tentes, deuxièmement pour développer des programmes sociaux qui vont dans l’intérêt des défavorisés et troisièmement, pour commencer à s’attaquer de façon très sérieuse, aux problèmes environnementaux qui cause des problèmes c’est jours ci […]
Aujourd’hui, nous avons un pays qui est fragilisé et par conséquent, il faut prendre toutes les dispositions qui s’imposent, hormis les considérations de groupe, de partis et autres… Pour que, définitivement, l’on puisse remettre le pays sur les rails du développement durable. […] S’il, [le Premier Ministre désigné] répond à toutes les exigences fixées par la constitution et la loi électorale, la Commission va produire un rapport qu’elle va remettre à l’Assemblée Nationale, qui souverainement, va se prononcer. Le vote, très certainement, ne doit pas être un vote politique dans cette conjoncture politique, sociale et économique spéciale…

A n’en pas douter, de tels propos « positifs » dans la bouche du Sénateur Lambert ont de quoi surprendre… Ils reflètent d’avantage les instructions reçues, que sa propre opinion. Un ton qui ne correspond en rien au ton agressif et menaçant auquel le Sénateur nous a habitué… Ne nous y trompons pas « le loup déguisé en agneau soumis, reste un loup… »
HL/ HaïtiLibre

 

Haïti – Politique :

Le dossier du Premier Ministre désigné est complet
09/06/2011 09:43:23

Haïti - Politique : Le dossier du Premier Ministre désigné est completLe processus de ratification du Premier ministre désigné, Daniel Gérard Rouzier a été lancé finalement mercredi avec le dépôt des documents requis, à la commission parlementaire chargée de leur examen. Toutefois, cette première étape du processus de ratification n’a pas pu être complétée hier, en raison de l’absence de trois documents.
Le Sénateur Francky Exius, du Groupe parlementaire pour le renouveau (GPR), majoritaire à la Chambre haute. Insiste pour obtenir le passeport du Premier Ministre désigné. Dans le cas contraire, prévient-il… les parlementaires se verront dans l’obligation de prendre la décision qui s’impose… Réagissant à cette demande, le Sénateur Youri Latortue a rappelé au Sénateur Exius, que le passeport ne fait pas partie des pièces obligatoires à fournir dans le cadre du processus de ratification. Daniel Gérard Rouzier a indiqué qu’il allait envoyer copie de son passeport pour répondre à cette demande.
Concernant l’absence du quitus fiscal, attestant du paiement des impôts locatifs de sa deuxième maison, Mr Rouzier a expliqué qu’il n’avait pas fourni ce document, compte tenu que cette maison s’était effondrée lors du séisme de janvier 2010 et que c’était seulement un terrain qu’il possédait.
La troisième pièce manquante, est sa lettre de nomination au poste de consul honoraire de la Jamaïque à Port-au-Prince dont il a démissionner. À ce titre, il a fournit sa lettre de démission de ce poste.
« Tous les documents demandés ont été remis aux parlementaires » a expliqué un membre du cabinet de M. Rouzier. Quant au premier concerné, Mr Rouzier a déclaré « les pièces sont ce quelles sont et je me remet à leur sagacité [les membres de la Commission] pour qu’ils puissent prendre leur décision et faire ce qu’ils ont à faire, ils ont des prérogatives légales, je me soumet à eux, je crois qu’ils vont faire leur travail correctement. »
Concernant cette première étape de ratification, Saurel Jacinthe, le Président de la Chambre des députés a déclaré
« suivant la liste des pièces que le Premier Ministre désigné devait nous remettre, il a remit toute la liste. Au niveau du passeport, nous croyons que si on lui a donné un extrait du casier judiciaire, c’est qu’il a un passeport, il a dit qu’il va nous l’envoyer, donc nous n’avons pas de problème sur ce point. Au niveau du quitus d’impôt locatif, nous sommes clair, il a des business et il a donné son quitus fiscal, au niveau de sa deuxième maison, elle s’est effondrée, donc c’est un terrain qu’il a et il n’est pas capable de fournir cette pièce [quitus d’impôt locatif], nous comprenons ça et nous sommes d’accord avec lui. Enfin, au niveau de la lettre de nomination au poste de consul honoraire de la Jamaïque en Haïti , l’essentiel, c’est qu’il a donné sa lettre de démission […] nous croyons qu’il nous a fourni toutes les pièces que nous lui avons demandé, excepté trois qu’il nous a expliqué et que nous avons compris.
En tout, sur les 21 pièces, il nous en a donné 18 pièces […] Pour les trois nous avons fait des considérations, et nous croyons qu’en terme de bon sens, il est normal de dire que le dossier est complet, complet avec le passeport qu’il doit nous envoyer […] Au niveau des autres pièces, nous ne pouvons pas dire s’il y a des problèmes, je crois qu’il s’est conformé à la procédure, donc nous, en tant que bureau, en tant que Président nous allons appeler la Commission et nous allons remettre les pièces pour les étudier.
Combien de temps ça va prendre ? Et bien, la Commission va prendre le temps qu’il faut pour nous remettre un rapport. Quand le rapport sera terminé, nous allons le dire à la presse, pour que la Nation sache, suivant les pièces si nous sommes d’accord ou pas. »

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3119-haiti-politique-3-eme-tentative-de-ratification-du-premier-ministre-designe.html
S/ HaïtiLibre

 

Le sénat ordonne une enquête sur les erreurs dans l’amendement constitutionnel

Une commission sénatoriale spéciale d’enquête a été formée mardi en vue de faire la lumière sur les erreurs ayant entraîné l’annulation de l’amendement de la constitution de 1987. Les sénateurs Moise Jean Charles et Joseph Lambert de l’Inité ainsi que leurs collègues Edmonde Supplice Beauzile et Andrice Riché de l’Alternative sont des membres de cette commission mise sur pied lors d’une séance à huit clos.
Le sénateur Jean Charles a révélé que le président du sénat, Roudolph Joazile, s’est rétracté en ce qui concerne l’implication du sénateur Privert dans le dossier.
Le sénateur Jocelerme Privert a nié avoir manipulé le document faisant valoir qu’il n’était pas présent lors des dernières corrections. Il soutient que l’erreur peut résulter d’une confusion dans les différentes versions du document d’amendement disponibles au bureau du président du grand corps.
Selon l’ex ministre de l’intérieur, le document publié dans le journal officiel reflète le mieux le vote de l’Assemblée nationale. Il fait remarquer que les articles considérés comme erronés n’avaient pas été modifiés par un vote de l’assemblée après l’annulation des articles relatifs à l’harmonisation des mandats.
Pour le sénateur Jean Charles l’erreur dans le document provient du sénat. Nous ne pouvons savoir s’il s’agit de manipulation ou d’erreurs matérielles a-t-il expliqué assurant que la commission débutera ses travaux dans le meilleur délai.
LLM / radio Métropole Haïti

 

Daniel Rouzier dépose ses pièces

09/06/2011 02:51:00 Auteur(e) La Redaction

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Premier Ministre Désigné Daniel Rouzier

Le Premier ministre désigné Daniel G. Rouzier a déposé au parlement, ce mercredi, les différentes pièces qui permettront aux parlementaires de statuer sur sa ratification. Sur 21 pièces requises, M. Rouzier en a remis 18. Parmi les pièces non-remises figurent : son quitus d’impôt locatif, sa lettre de nomination comme consul honoraire de la Jamaïque en Haïti et surtout son passeport haïtien.

Au moment de déposer ses pièces, le Premier ministre a confirmé avoir déposé « tous » les documents nécessaires et s’est dit très optimiste quant à sa ratification par les députés et sénateurs. Pour ce qui est de son quitus d’impôt locatif, M. Rouzier explique que sa maison s’est effondrée lors du séisme du 12 janvier 2010. Le terrain étant désormais vide, il est libéré de cet impôt qui concerne surtout les propriétés bâties.

Le Premier ministre désigné a remis sa lettre de démission au poste de consul honoraire, le président de la chambre des députés, Sorel Jacinthe l’a confirmé tout en soulignant que la lettre de nomination n’est pas d’une importance capitale. « S’il a pu écrire une lettre de démission, c’est parce qu’il avait une lettre de nomination », a fait valoir le président de la chambre basse qui a personnellement reçu les documents de M. Rouzier.

De l’avis du 3e sénateur de l’Artibonite, Youri Latortue, « Le passeport ne fait pas partie des pièces obligatoires ». Il distingue deux catégories de documents, ceux qui sont obligatoires et ceux qui ne le sont pas. Le passeport, poursuit-il, peut constituer une pièce supplémentaire si les commissions chargées de vérifier les pièces du Premier ministre désigné le réclament, notamment pour approfondir les recherches ayant rapport à la nationalité. En cela les certificats de nationalité et de résidence auront une importance de premier ordre, toujours selon le sénateur.

La vérification des pièces d’identité et autres constitue la première étape du processus de ratification, lequel processus qui se déroule sous l’égide de la constitution de 1987. Si le Premier ministre choisi par le président Michel Martelly passe avec succès ce premier examen, il sera ensuite invité à présenter son programme de gouvernement.

Eddy Laguerre
edgu85@yahoo.f

 

Le président Martelly et le vice president du CEP constatent le vide

09/06/2011 11:12:00 Auteur(e) La Redaction

image(AHP) – Le président Joseph Michel  Martelly, s’est une nouvelle fois entretenu mardi avec les conseillers électoraux. Comme lors de la première rencontre, tenue lundi, seuls 3 conseillers étaient disponibles.
Le chef de l’Etat a dit constater que le Conseil Electoral Provisoire (CEP) est quasi-dysfonctionnel. « Il n’y a que 3 conseillers qui n’ont pas choisi de fuir, a dit Michel Martelly.
On s’est entretenu avec le président du CEP, Gaillot Dorsinvil, il a dit qu’il est malade. Mais quand on lui a proposé de lui rendre une visite de courtoisie, il n’a pas réagi, a rapporté Michel Martelly qui affirme avoir demandé au vice-président de lui envoyer le document relatif aux résultats des élections pour les 19 cas litigieux.
Le vice-président du conseil, Me Jean Thélève Pierre Toussaint, affirme lui aussi ne pas savoir ou se trouve actuellement le président Dorsinvil. Pour ce qui est des 19 élus constestés, le conseiller Toussaint affirme avoir envoyé, une nouvelle fois, au chef de l’Etat les décisions du BCEN spécial.
Il reconnait lui aussi que le CEP est dysfonctionnel, car  seuls 3 conseillers sont disponibles sur les 9 membres qui forment l’institution. Il s’agit de Ribel Pierre, Laurette Croyance et lui-meme.
Outre Gaillot Dorsinvil, disparu, trois autres collègues, Lionel Rafael, Jacques Belzin et Guerrier Antenor sont à l’étranger et seraient tous malades. alors que deux autres conseillers, Ginette Cherubin et Jean Enel Désir (décédé) s’étaient déjà retirés de l’institution.
Le conseiller Toussaint a par ailleurs fait savoir que l’état de dysfonctionnement dans lequel se trouve actuellement le CEP va l’empêcher de publier les résultats définitifs des élections partielles réalisées le 29 mai dernier.
La majorité des membres du conseil devrait parapher le document relatif à la publication des résultats définitifs, a-t-il dit, soulignant que seul le tiers des conseillers est pour le moment disponibles.
Il dit croire qu’il appartient au président de la République, garant de la bonne marche des institutions, de décider de la façon dont cette crise peut être résolue.

 

La diaspora haïtienne écrit au Président Martelly

09/06/2011 11:05:00 Auteur(e) La Redaction

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(AHP) –Dans une correspondance adressée  ce mercredi au chef de l’Etat,, des représentants de la diaspora haïtienne, réagissant à l’intention de l’administration Martelly de fusionner le Ministère des Haïtiens Vivant a l’ Etranger (MHAVE) avec celui des Affaires Étrangères (MAE), réclament le maintien de leur ministère tout en proposant sa restructuration.
111 signataires de différents Etats des Etats-Unis, du Canada, de l’Espagne, du Mexique, de la Jamaïque et de la République Dominicaine, constituant un « comite Ad Hoc pour la préservation du MHAVE », ont exprimé leurs inquiétudes suite à l’intention affirmée du premier ministre désigné Daniel-Gérad Rouzier d’éliminer ce ministère qui sert d’interface entre la diaspora et Haïti avec un caractère « multi ministériel » puisque représentant auprès de la diaspora tous les services de l’Etat, ont-ils indiqué.
D’importantes personnalités politiques et de la société civile à l’étranger, parmi elles, d’anciens fonctionnaires haïtiens, sont d’avis que l’intention de fermer le MHAVE tombe à un mauvais moment . Considérant « qu’Haïti et sa diaspora sont encore sous le traumatisme du tremblement de terre de Janvier 2010 », ils soulignent la croissance continue des transferts d’ argent vers Haïti, contrairement à d’ autres pays de la région.
Et comme pour rappeler au président Michel Martelly l’appui reçu de ce secteur durant la campagne électorale, ils affirment que « la diaspora est devenue un soutien indispensable pour tout aspirant à la présidence, au sénat, à la députation ou aux municipales en Haïti ».
L’ancien Premier Ministre et Ministre des Affaires Étrangères entre 1994 et 1996 Claudette Werleigh, actuelle Secrétaire Générale du réseau mondial de Pax Christi International en Suède, l’ ancien Ministre des Affaires Étrangères Alrich Nicolas (sept 2008 – nov. 2009) qui chapeautent la liste des signataires, en connaissance de cause, soutiennent  qu’ aucune direction dans un ministère, tel que proposé par le premier ministre désigné Daniel Rouzier en attente de ratification parlementaire, ne peut relever les défis institutionnels du MHAVE, particulièrement celui « d’ assurer une gestion permanente dans le cadre d’une politique clairement définie des relations inter-haïtiennes pour 4 millions de personnes dans plus de 20 pays du monde » souligne le document.
Le magistrat et président du réseau national des élus haitiano américains, Joseph Makandal Champagne, le premier juge d’origine haïtienne de l’ Etat de Massachussetts, Lionel Jean Baptiste, fondateur du « Congres Haïtien », des religieux comme le père Smith Milien de la paroisse haïtienne de l’ Eglise Episcopale de Miami, le pasteur Pierre Phillipe de la « Fondation Zile » de la République Dominicaine, des académiciens comme le professeur Ludovic Comeau du Groupe de Réflexion et d’ Action pour une Haïti Nouvelle représentant le GRAHN-Monde, des acteurs sociaux comme Eric Faustin du Réseau des Organismes Canado Haïtiens (ROCADH), la femme d’ affaires Myrtha Desulmé de la Jamaique, ont tous demande au président de la République, ainsi qu’ aux présidents des deux chambres, le sénateur Rudolph Joazile et le député Sorel Jacinthe, la restructuration du MHAVE qui devrait découler de l’ organisation des Etats Généraux de la diaspora en Haïti.
Cette correspondance, également adressée au premier ministre désigné Daniel Rouzier, arrive dans une conjoncture politique où les conquêtes de la diaspora avec les amendements constitutionnels approuvés sur la multiple nationalité et la participation politique restent sans effet, le président de la République ayant rapporté la loi constitutionnelle du 9 mai.
Dans le même temps, la nouvelle administration a décidé de percevoir des taxes sur les transferts individuels et les appels téléphoniques de la diaspora vers Haïti.
Certains responsables du comite ad hoc pour la préservation du MHAVE, tels  Jean Robert Lafortune de Miami, Harry Fouché de Chicago, Gina Chéron de New York, Joseph Alfred de Atlanta ont fait savoir que la présente lettre, est la première d’ une serie d’initiatives dans le cadre d’ un plan d’ action tendant a renforcer la nouvelle dynamique initiée au MHAVE pendant ces derniers temps.
Une copie conforme de la correspondance a été acheminée au premier ministre démissionnaire Jean Max Bellerive et au titulaire sortant du MHAVE, Edwin Paraison.
Le ministère à la condition féminine était également sur la liste des ministèrs à supprimer. Cependant, après de fortes pressions, le premier ministre designé  a fait la promesse aux organisations de femmes qu’il maintiendra leur ministère, s’il accède à la primature.

 

EDITO

Haïti: Une équipe pour Martelly

Le président de la République Michel Martelly se mouille la chemise et les pieds. C’est le moins que l’on puisse dire. Sa tournée sous les eaux lundi soir, passant de tente en tente, de camp en camp, a marqué les esprits.
La rapidité, la disponibilité et l’esprit combatif de Martelly qui ravissait les foules sont au service du pays en ces temps d’orages et de malheurs.
Entreprendre la démarche d’apporter le soir même le souffle de la solidarité aux victimes en compagnie de sa famille, cela aussi est remarquable. Cela faisait si longtemps que le pays était sans ce souci du réconfort à prodiguer aux victimes, sans peur ni crainte du rejet.
Le problème, car il y a toujours un problème, est que les attentes sont énormes. Il y a et il y aura encore des situations qui vont provoquer l’envie, sinon la nécessité, pour le président de faire sentir sa présence et il ne pourra pas être partout.
Il faudrait qu’il ait le don d’ubiquité, qu’il soit en mesure de se multiplier. Capable d’être là et ailleurs à découvrir St Pierre pour couvrir St Paul. Les attentes sont grandes, on ne le dira jamais assez, et le destin nous repasse les plats de larmes et de douleurs plus souvent qu’à notre tour.
Dans six jours, cela fera un mois depuis que le président a prêté serment pour faire respecter la Constitution. Il n’a toujours pas pu trancher pour faire savoir sous l’égide de quelle Constitution (1987 ou amendée) nous sommes. Il ne peut pas encore faire passer son Premier ministre, ni compléter le Parlement.
Entre parlementaires prestidigitateurs qui escamotent les versions de la loi-mère comme un magicien transforme en lapin des foulards, entre les élus qui marchandent comme vendeurs de chevaux en temps de pluie qui n’auront aucune responsabilité de vous aider quand viendra la sécheresse et les honorables membres du CEP qui sont malades de maladies imaginaires, le président galère. Sur du sable.
Et dire qu’il lui faut une équipe au plus vite, à notre président. Une équipe efficace, capable de concrétiser ses rêves.
Les tentations sont si nombreuses quand un président nage dans le vide constitutionnel et gouvernemental. Sans amis fiables au Parlement sur qui s’appuyer.
Frantz Duval
duval@lenouvelliste.com

 

Haïti: Orages dans le ciel de l’Environnement

Le chef de l’Etat et son Premier ministre désigné veulent des résultats et ne s’accrochent pas nécessairement à la dénomination d’un ministère. Celui de l’Environnement, sauf surprise, sera intégré à une superstructure censée s’occuper des collectivités territoriales, de l’aménagement du territoire, entre-autres. Des verts, rouges de colère, rouspètent.

 

Vue de la réunion

Le président Michel Joseph Martelly a troqué sa veste contre des vêtements de randonnée depuis les inondations de lundi ayant provoqué la mort d’au moins 23 personnes et jeté une lumière crue sur l’extrême dégradation de l’environnement. Et, le mercredi 8 juin 2011, prêchant dans une chapelle de convertis, le chef de l’Etat a indiqué à une réunion avec des représentants d’associations membres du « réseau écolo » « qu’il y a urgence ». Une urgence qui doit, selon le président, forcer une synergie efficace entre l’Etat et la société civile en vue de sensibiliser la population à des comportements responsables face à l’environnement.

Hilaire Jean Vilmond, Michel Joseph Martelly et Arabela Adam

Le président Martelly, ton grave, parfois décontracté et scotché à ses arguments, a promis de créer « 100 000 emplois durables pour sauver l’environnement ». Il mise sur une augmentation de 8 % de la couverture forestière et de 25 % de la couverture végétale au cours de son quinquennat. Les législations nécessaires seront faites, celles à renforcer le seront, gage Michel Joseph Martelly qui a provoqué un mini séisme en annonçant la volonté de son Premier ministre désigné, Daniel Gérard Rouzier, de coupler le ministère de l’Environnement à celui de l’Intérieur et des Collectivités territoriales qui aura aussi juridiction sur l’Aménagement du territoire.
« Il n’y a aucune raison de s’inquiéter », a-t-il répondu aux sceptiques et à ceux qui évoquent les problèmes d’articulation entre ces entités importantes et lourdes d’attributions bien que transversales. « On veut un ministère fort et capable de délivrer », a argumenté Michel Joseph Martelly, soulignant que l’indépendance jusque là du ministère de l’Environnement « n’a rien donné ». « Il faut créer la culture du travailler ensemble », a poursuivi le président,qui croit que les moyens, les ressources humaines et financières, la volonté politique devront suffire pour réhabiliter l’environnement.

L’ingénieur David Tilus du GAFE

Concert de réactions
« Il faut faire attention car le volontarisme ne suffit pas », a prévenu le sénateur Maxime Roumer de la Grand’Anse. Le sénateur, vieux routier de la politique et professeur à l’université, a invité à la prudence, au tact et à un certain pragmatisme.
Tranchant, l’ingénieur David Tilus du GAFE a indiqué que ce choix posera des problèmes très sérieux. « Cela va donner beaucoup de problèmes. Je mets ma main à couper », a-t-il dit en évoquant les difficultés d’articulation auxquelles cette structure sera confrontée en Haïti où la décentralisation n’est pas effective en dépit des prescrits constitutionnels.
Les risques que le ministère de l’Environnement soit « dilué » sont grandes, a expliqué pour sa part Bruno Mentor de la Fondation Macaya, frustré par le fait que des projets pour freiner la dégradation de l’environnement sommeillent dans les tiroirs du ministère de l’Environnement.
Le pays risque d’avoir entre 4 et 5 millions de réfugiés écologiques si rien n’est fait, a prévenu Serge Cantave Junior de la Fondation Seguin, favorable à des discussions avec l’équipe technique du président Martelly sur l’opportunité ou non de créer cette superstructure.
Percutant, le docteur Hilaire Jean-Vilmond de la Fondation Audubon Haïti a souligné que les discussions sur le sujet ne seront pas uniquement techniques mais aussi politiques.
Véritable pied de nez
« Le renforcement du ministère de l’Environnement pour lui permettre de valider les Etudes d’Impact Environnemental, de coordonner les UTES, de superviser le SNAP, de définir des normes en liaison aux conventions endossées et d’orienter l’éducation relative à l’Environnement », est pourtant la première mesure d’ordre structurel proposé par le manifeste du « réseau écolo ».
« C’est dommage. Le réseau n’a pas parlé d’une seule voix à cette réunion», a déploré sous le couvert de l’anonymat un représentant d’une des organisations membres de ce réseau. « C’est un véritable pied de nez », a-t-il dit.
Politique et ouvert aux observations contradictoires, le président Michel Joseph Martelly a souligné que le dernier mot revenait au Premier ministre désigné. « Faites la bataille avec le Premier ministre. Si vous gagnez, je serai content pour vous », a indiqué le président qui dit croire dans l’action coordonnée, dans la volonté de bien faire et non dans les dénominations des ministères, avant de s’éclipser. Car, a-t-il souligné, il y avait d’autres rencontres à faire, d’autres curages de canaux obstrués d’alluvions et de détritus à superviser…à un moment où dans le ciel du ministère de l’Environnement et ailleurs dans le pays il y a « alerte orange »…

 
Le Rézo Ekolo souhaite qu’elles puissent influencer les décisions à prendre dans le cadre de la reconstruction nationale.
Mesures d’ordre structurel

1) Renforcement du Ministère de l’Environnement pour lui permettre de valider les Etudes d’Impact Environnemental, de coordonner les UTES, de superviser le SNAP, de définir des normes en liaison aux conventions endossées et d’orienter l’éducation relative a l’Environnement

2) Mise en application du décret de septembre 2005 et mise en place des structures qui y sont recommandées dont les Unités Techniques Environnementales Sectorielles (UTES) dans les diverses administrations publiques y compris les municipalités et le Conseil National pour l’Aménagement du Territoire et l’Environnement (CONATE).

3) Mise en oeuvre du système national d’informations pour l’environnement et la diffusion de ces données via l’internet

4) Mise en pratique du PAE et des résolutions des divers colloques sur les problématiques des aires protégées, des déchets et de l’aménagement du territoire.

5) Application effective des divers traités internationaux en relation à la protection de l’environnement ratifiés par Haïti

6) Etablissement et signature dans le cadre de la reconstruction post-séisme d’un Pacte sur l’Environnement

7) Campagne agressive de réduction du taux de croissance démographique
Mesures de court terme

8) Education civique et environnementale dans le cursus scolaire à partir d’octobre 2011

9) Vulgarisation de mesures de sécurisation des familles vivant sous des abris de toile par rapport à la saison cyclonique

10)Subvention des équipements énergétiques appropriés au niveau des familles sur 10 ans

11)Imposition d’une taxe de 100% sur les produits ligneux d’origine nationale provenant de l’exploitation non contrôlées de la coupe des arbres pénétrant dans les agglomérations urbaines du pays

12)Appui au développement d’exploitations forestières durables en bois de chauffe, charbon de bois et bois d’oeuvre

13) Promotion agressive de l’utilisation du gaz propane par l’adoption de technologies de stockage et de commercialisation adaptées et la subvention de ce combustible supportée par l’instauration d’une fiscalité des carburants à plus fort potentiel de pollution environnementale

14)Financement de Recherches avancées sur des matériaux de construction alternatifs, en vue de réduire la pression sur le sable et de gravier

15) Aménagement du territoire selon la vocation naturelle des terres
16) Etude et application d’une planification urbaine et de normes urbaines protégeant l’environnement

17) Mise en place des assemblées de collectivités territoriales de second niveau, déconcentration de moyens financiers et mise à disposition de cadres compétents, pour la réalisation, au plus pressé, des Schémas Directeurs pour l’Aménagement et la Gestion de l’Environnement (SDAGEs) prévus dans le Décret-cadre pour la gestion de l’environnement d’octobre 2005

18) Poursuite du programme du Cadastre National.

19) Incitation au recyclage avec encouragement/renforcement du tri sélectif à domicile, sur les lieux de travail et les aires collectives avec incitatifs économiques.

20) Mise en place de la Caisse Nationale des Résidus (pour le recyclage, la gestion des ordures et la promotion de politiques visant à la réduction à la source)

21) Imposition d’une redevance sur les emballages de plastic ainsi que les résines importées à cette fin aux fins de financer un réseau de consignes d’emballages de plastic

22) Constitution du corps de surveillance pour l’environnement avec des branches intégrées aux municipalités et aux autres entités de l’Etat, en liaison à la structuration des UTES signalée plus haut

23) Réalisation systématique d’études d’impacts sur l’environnement ou d’évaluations environnementales stratégiques pour tous les projets de décisions d’investissements soumis à la CIRH ou ses organes subalternes

24) Organisation de la protection des châteaux d’eau naturels (la Visite, Macaya, etc.) et de la restauration des châteaux d’eau dégradés

25) Déplacement des populations vivant autour des sources
Suivent les signatures
Société Audubon Haïti

Fondation Seguin

Fondation Macaya

Fédération des Amis de la Nature (FAN)

REPIE

Fondation Ecosophique Caonabo

FONDTAH

CUSM

Fondation Haïtienne de l’Environnement

GAFE

Organisation pour la Réhabilitation de l’Environnement

 

Roberson Alphonse
ralphonse@lenouvelliste.com

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