mardi 14 juin 2011

14 Juin

Le RNDDH met Michel Martelly en garde contre la présence « dans son service de sécurité » d’éléments à « moralité douteuse »

L’organisme de droits humains voit également « rouge » dans la perspective qu’ils soient réintégrés au sein de la PNH

mardi 14 juin 2011

Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) a lancé une mise en garde au nouveau chef de l’Etat, Michel Joseph Martelly, contre des ex-policiers « à moralité douteuse » figurant dans son entourage et dans son service de sécurité et qui chercheraient à réintégrer la Police Nationale d’Haïti (PNH) en violation des règlements régissant l’institution.

« Il pèse sur les concernés de sérieux doutes quant à leur implication présumée dans le trafic illicite de stupéfiants, la violation des droits humains et autres actes répréhensibles », a souligné le RNDDH dans une lettre adressée le 9 juin dernier au président de la République, dont Radio Kiskeya a pu prendre connaissance de la teneur.

Des ex-commissaires de police et cadres de la PNH, tels que Carel Alexandre, Noël Goodwork, Jacky Nau, Gilbert Dragon et Will Dimanche sont cités dans la correspondance.

L’organisme de défense des droits humains rappelle, en justification à ses inquiétudes, la perquisition judiciaire opérée le 9 septembre 1999 dans un hôtel à Plaine du Nord. Au moins trois des ex-policiers cités, plusieurs cadres et agents de la PNH en provenance du département de l’Ouest, ainsi que des ressortissants colombiens et dominicains se trouvaient tous « bizarrement réunis » à l’intérieur de l’établissement, selon le procès-verbal de constat.

Le RNDDH évoque une enquête de l’Inspection Générale de la Police Nationale d’Haïti (IGPNH) selon laquelle, la veille, soit le 8 septembre 1999, une réunion s’est tenue à Pèlerin 6 chez le commissaire de police Guy Philippe à laquelle ont pris part certains des ex-policiers identifiés dans l’entourage de l’actuel chef de l’Etat. Selon l’enquête de police citée par l’organisme de droits humains, il s’agissait d’une réunion de préparation de l’atterrissage, le 10 septembre dans le Nord-Est, d’un avion qui devait provenir de la Colombie avec à son bord 450 kilos de cocaïne. L’enquête de l’IGPNH, corroborée par la suite par la Drug Enforcement Agency (DEA) des Etats-Unis, devait donner lieu à l’exclusion de la PNH de plusieurs des policiers concernés, selon le RNDDH.

En 2003, les visas d’entrée aux Etats-Unis de plusieurs personnes, dont un des ex-policiers ciblés dans la lettre transmise à M. Martelly, ont été supprimés pour implication présumée dans le trafic de la drogue. Le RNDDH réfère au Nouvelliste du 31 janvier au 2 février 2003 au sujet de la liste des personnes touchées alors par la disposition.

Le cas d’un autre des ex-policiers concernés est évoqué dans la correspondance au chef de l’Etat. Il a été plusieurs fois renvoyé de l’institution policière pour divers manquements aux règlements. Il l’a tout aussi bien réintégrée à maintes reprises. Il ferait actuellement l’objet d’une enquête policière pour son implication présumée dans le dossier de l’assassinat de Manoucheka Louis-Jean Brice, épouse de l’ex-directeur départemental de l’Ouest de la PNH, Ralph Stanley Jean Brice.

En conclusion de sa lettre au chef de l’Etat, le RNDDH fait état de la grave violation du Manuel du personnel de la PNH (6 février 1996) et du retour aux anciennes pratiques de politisation, de vassalisation de la police et de clientélisme que représenterait l’éventuelle réintégration des ex-policiers en question au sein de l’institution. Un des alinéas de l’article 7 dudit manuel stipule que le policier à réintégrer ne devrait pas avoir passé plus de 5 ans hors de l’institution.

En référence à la volonté de changement et à l’attachement à la démocratie que prône M. Martelly, et pour que la police soit effectivement au service d’une telle cause, le RNDDH demande en conclusion au chef de l’Etat de prendre en compte la certification de la police effectuée en 2006 avec le concours de la communauté internationale et dont les recommandations, non suivies, concernaient des policiers impliqués dans divers dossiers. [jmd/Radio Kiskeya]

 

Haïti – Justice :

Affaire Guiteau Toussaint, Martelly ordonne une enquête sérieuse
14/06/2011 08:02:24

clip_image002[4]Lundi, le Bureau de la Présidence a condamné de toutes ses forces l’assassinat, dimanche du Directeur de la Banque Nationale de Crédit (BNC), Guiteau Toussaint et envoie ses condoléances à la famille et aux ami(e)s de la victime.
Avec la mort de Guiteau Toussaint, le pays a perdu un grand technicien compétent, un citoyen du changement… Guiteau Toussaint avait prit la BNC [il y a 12 ans] dans un état déplorable, une banque qui avait presque fait faillite, pour la remettre sur pied, la moderniser et la placer parmi les 3 plus grosses banques du pays au jour, d’aujourd’hui. Cette semaine, Mr Toussaint, devait présenter à la présidence le projet « Kay Pa m », un programme de prêt, pour permettre aux pauvres de construire des maisons et aider à retirer les gens de la rue.
Le Bureau de la Présidence s’est dit indigné de voir comment l’insécurité recommence à semer le deuil dans le pays. Le Chef de l’État a rencontré les autorités de la Justice comme le Commissaire du Gouvernement et la DCPJ [Direction Centrale de la Police Judiciaire] et a passé l’ordre, pour qu’une enquête sérieuse soit commencé et poussé jusqu’à ce qu’ils trouve les coupables pour les mener devant la justice.
Le Président donne à la population la garantie qu’il ne laissera pas les criminels et bandits semer le trouble dans la société.

Lire aussi :

http://www.haitilibre.com/article-3152-haiti-insecurite-le-banquier-guiteau-toussaint-tue-par-balle-dimanche-soir.html
HL/ HaïtiLibre

 

Daniel Rouzier bénéficie du support de l’ambassadeur américain

clip_image004[4]L’ambassadeur des Etats-Unis à Port-au-Prince, Kenneth Merten, est dans l’attente de la formation d’un nouveau gouvernement. Il rappelle que son pays et les pays amis ont besoin d’un interlocuteur pour la réalisation des différents projets de coopération.
Le diplomate ne veut pas s’immiscer dans les affaires internes d’Haïti mais observe de près le processus de ratification du Premier Ministre désigné, Daniel Gérard Rouzier. M. Merten espère que les législateurs feront avancer le processus de ratification.
Tout en rappelant qu’il revient aux parlementaires de soutenir ou de rejeter la désignation de M. Rouzier, le diplomate américain attire l’attention sur des qualités intrinsèques du Premier Ministre désigné. Je le connais, c’est un homme intègre et compétent, juge M. Merten.
Un mois après l’entre en fonction de M. Martelly, le Premier ministre démissionnaire Jean Max Bellerive et ses ministres sont toujours en poste.
C’est important c’est nécessaire d’avoir un nouveau gouvernement, martèle M. Merten faisant remarquer que le pays a besoin d’un nouveau Premier Ministre.
Ce support au Premier Ministre désigné intervient deux semaines après que M. Merten eut réitéré l’engagement de son pays auprès du gouvernement de Michel Martelly. Il avait rappelé que son pays entend contribuer au progrès économique et à l’amélioration des conditions de vies de la population.

LLM / radio Métropole Haïti

 

Haïti – Humanitaire :

Construction d’infrastructures d’urgence à Fond Fred, aux Cayes
14/06/2011 11:14:47

Haïti - Humanitaire : Construction d’infrastructures d'urgence à Fond Fred, aux CayesLa semaine dernière, Kenneth H. Merten, l’Ambassadeur des États-Unis en Haïti, a procédé au lancement, à Fond Fred, non loin de la ville des Cayes, des travaux de construction d’un centre d’opération d’urgence, d’un entrepôt de matériel de secours et de différentes structures communautaires de la protection civile dans le Sud du pays..
La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs officiels haïtiens et étrangers. Financé par le Gouvernement Américain, ces séries de constructions, visent à mettre à la disposition du Système National de Gestion des Risques et des Désastres (SNGRD) des centres d’opérations d’urgence dans chaque département.
« La commune des Cayes a plus de 17 zones à hauts risque qui depuis longtemps ont une population très nombreuse, qui sont d’éternelles victimes à chaque intempérie, aussi, la réalisation de ce projet arrive à un moment très attendu… » a déclaré M. Yvon Chéry, Maire des Cayes.
Pour Kednor Estinville, Délégué Départemental du Sud « Ces bâtiments vont permettre aux différents responsables de la protection civile, d’être d’abord mieux logé, de permettre la formation des différents groupes impliqués dans une intervention rapide en cas d’urgence et de pouvoir faire ce travail, le plus efficacement possible. »
Paul Antoine Bien-Aimé, Ministre de l’intérieur et des Collectivités Territoriales a rappelé que « Ce projet qui sera exécuté par un consortium de deux entreprises, coûtera un total de 2.6 millions de dollars américains, dont 1.3 million pour la réalisation du centre d’opération [350 m2] proprement-dit et de l’entrepôt complémentaire [400 m2]. »
L’Ambassadeur des États-Unis en Haïti, Kenneth H. Merten, dans son allocution, à fait savoir que « Nos collègues militaires à travers le commandant du Sud des États-Unis, travaillent en partenariat avec le Gouvernement haïtien dans la construction de ces bâtiments. Nous envisageons de construire des centres d’opération d’urgence et des entrepôts de secours, dans chaque département, ainsi que 8 groupes communautaires et 14 casernes de pompiers à travers Haïti. C’est projets renforceront l’infrastructure vitale d’Haïti et sa capacité à faire face et gérer les incendies et les catastrophes naturelles. Merci de nous supporter aujourd’hui, alors que nous travaillons à faire d’Haïti un pays plus sûr. »
TB/ HaïtiLibre

 

La Fondation Héritage pour Haïti invite les autorités à faire preuve de transparence

P-au-P, 14 juin 2011 [AlterPresse] — La Fondation Héritage pour Haïti (LFHH), section haïtienne de Transparency International (IT), invite les autorités entrantes et sortantes à déposer leur déclaration de patrimoine dans les délais prévus par la loi dans le but de garantir la transparence politique et administrative.

Dans un communiqué transmis à AlterPresse la fondation rappelle que la loi du 18 février 2008 impose à certains fonctionnaires et autorités de déclarer leur patrimoine 30 jours après leur entrée en fonction ou la fin de leur mandat.

Cette disposition concerne ainsi « les membres du gouvernement sortant, les anciens parlementaires qui n’ont pas été reconduits, les nouveaux élus (Président, députés et sénateurs) et tous les fonctionnaires et autres agents publics ».

LFHH dit souhaiter que cette loi soit respectée « en vue de garantir la transparence de la vie politique et administrative et protéger le patrimoine public de l’Etat, tout en préservant la dignité de ces personnalités ».

La déclaration de patrimoine doit se faire en principe devant les greffes des Tribunaux de Première Instance selon le lieu de domicile de la personne concernée.

L’Unité de Lutte contre la Corruption (ULCC) est par la suite chargée de collecter les informations auprès de ces greffes, de constituer une base de données et d’enquêter si besoin est, explique la fondation.

La Fondation Héritage pour Haïti « exhorte » pour cela l’ULCC à suivre les prescrits de la loi du 18 février 2008 et prendre les mesures qui s’imposeraient en cas d’irrégularités ou de corruption. [kft gp apr 14/06/2011 9 :45]

 

Haïti – Économie :

Retour du Rhum Barbancourt à la SAQ
14/06/2011 09:01:26

clip_image006[4]Bonne nouvelle ! Après onze ans d’absence, le Rhum Barbancourt est de nouveau disponible au Québec, sur les étalages de la Société des Alcools du Québec (SAQ). Seuls le rhum brun 3 étoiles, âgé de 4 ans [28.80 dollars canadien] et le Rhum Pango [28 dollars canadien], le dernier né de la gamme Barbancourt, produit à partir de rhum vieilli en fûts de chêne, mélangé avec de la mangue et de l’ananas, seront disponible au Québec.
Le Rhum Barbancourt avait été retiré de la vente, car il ne répondait pas aux exigences de Santé Canada, bien qu’il était toujours disponible dans de nombreux restaurants fréquentés par les connaisseurs et nostalgiques d’Haïti ainsi que dans de nombreux pays à travers le monde « Il semble que le processus de fabrication ait été modifié, de sorte qu’il est désormais possible de mieux contrôler le taux de carbamate d’éthyle. L’échantillon qui nous a été présenté était conforme aux normes de Santé Canada » précise-t-on à la SAQ, dont les normes, sont les plus strictes au monde.

Lire aussi :

http://www.haitilibre.com/article-66-haiti-economie-l-or-brun-coule-de-nouveau.html
HL/ HaïtiLibre

 

Des crocodiles circulent dans les zones inondée de Thomazeau

14/06/2011 10:01:18

clip_image008[4]Des crocodiles menacent les habitants et le bétail de la localité de Thomazeau (Nord-Est), inondée suite aux pluies diluviennes qui ont entraîné le débordement du lac Azuéi [Étang saumâtre].
Selon un rapport du Fonds de Développement Frontalier (FDF), diffusé hier lundi, la situation est critique dans ce village, limitrophe avec République dominicaine, parce que la majorité des habitations sont sous les eaux et que les sauriens, à la recherche de nourriture, peuvent s’attaquer aux habitants et aux bétails. Les équipes du FDF tentent de trouver des solutions pour résoudre la situation dans les plus brefs délais.
Des témoins rapportent, que des crocodiles (1), dont certains de grandes tailles, auraient été aperçus dans les zones innondées. Plusieurs riverains ont été évacués, mais de nombreux paysans préfèrent rester sur place, malgré les inondations, par crainte des vols et pour défendre à l’aide de pieux, leur bétail de l’appétit vorace des crocodiles, et ce, malgré le danger et les mises en garde des autorités.

(1) En savoir plus sur les crocodiles du Lac Azuéi
Le crocodile américain (Crocodylus acutus) est une espèce qui vit principalement en Amérique Centrale, sur la côte ouest du Mexique, au nord de l’Amérique du Sud et au Sud de la Floride. C’est une population de cette espèce, qui vit dans le Lac Azuéi, entre Haïti et la République Dominicaine. En 1984, la population de crocodiles avait été estimée à plus de 400, depuis, aucune étude n’est venue réactualiser ce nombre. Les mâles adultes ont une taille moyenne de 5 mètres et peuvent atteindre 6 ou 7 mètres. Ils pèsent habituellement entre 400 à 500 kg. Les individus de plus de 6 mètres de long peuvent dépasser une tonne.
S/ HaïtiLibre

 

Sous les regards des héros
Les sans-abris de Champ de Mars laissés sans espoir

Enquête – Première partie

Dans le cadre du partenariat médiatique « Ayiti Kale Je »*, dont AlterPresse fait partie

 

 

clip_image010[4]P-au-P., 14 juin 2010 [Ayiti Kale Je/AlterPresse] — Ils font tout : ¬manger, se coiffer, se baigner, aller aux toilettes et vendre de tout – des craquelins jusqu’à leur dignité – sous les regards des héros nationaux : Henri Christophe, Alexandre Pétion, Jean Jacques Dessalines.

Bientôt 17 mois depuis le séisme du 12 janvier 2010 qui a ravagé la capitale haïtienne faisant peut-être 230,000 morts et plus d’un million de sans abris. Les refugiés du Champ de Mars, situé à proximité du Palais National, ne sont pas encore relogés.

« Des agents sont venus recueillir nos noms en promesse d’assistance dont on connait la nature », a déclaré Harold Joseph, père d’une famille nombreuse de six enfants qui vivent tous dans son abri de fortune sur la place Henri Christophe. « On nous oublie, personne ne se soucie de nous. Ils ne sont que des bluffeurs et des profiteurs, ces dirigeants et ces organisations. »

Cependant les recherches menées par Ayiti Kale Je (AKJ) et des étudiants du Laboratoire de Journalisme à l’Université d’Etat d’Haïti montrent que des autorités nationales et internationales n’oublient pas Joseph et sa famille, ou du moins pas au départ.

Mais les objectifs contradictoires et le manque apparent de « leadership » et de prise de décision ont pour conséquence la condamnation de milliers de familles à braver la pluie et les inondations de la semaine dernière dans des abris fragiles, insalubres et carrément dangereuses.

Un bon plan

L’an dernier, peu de temps après le séisme, des organisations, des agences, des ministres voire le président René Préval se rencontraient quasi quotidiennement sur la délocalisation des sinistrés du Champ de Mars. Ils ont voulu faire un projet pilote pour les autres – plus que 1 300 – centres d’hébergement des zones affectées par le tremblement de terre.

Au cours du mois de mai 2010, l’Organisation internationale de la migration (OIM), La Croix Rouge, l’Agence américaine pour le développement international (USAID), l’organisation Caritas (CRS), et d’autres instances se réunissaient dans une salle utilisable du palais présidentiel, dont une bonne partie est en ruine, pour discuter d’un plan qui était à une phase « assez avancée » en vue de la relocalisation des réfugiés, selon un courrier électronique obtenu par AKJ le 17 mai 2010.

Ce message évoque une série d’actions en faveur des rescapés comme :

• Le ramassage des déblais, • La campagne pour encourager les sinistrés à retourner dans des maisons estimées non dangereuses, • La démolition des maisons irrémédiablement endommagées, • L’installation d’abris provisoires à la place des maisons à démolir.

S’agissant d’un projet pilote « c’est sûr que les médias s’y intéresseront beaucoup », écrit Gerhard Tauscher, auteur de la correspondance. A l’époque, Taucher a été coordonnateur de Cluster Logement – un groupement où des agences humanitaires, ONG et autres institutions travaillant sur la problématique du logement, tentent de coordonner leurs activités.

Pourtant plus d’un an après, les médias n’ont pas encore couverts le projet pilote qui n’a jamais commencé, et les sinistrés sont encore dans l’enfer des tentes au cœur de cet espace qui était auparavant le plus grand centre de loisir de Port-au-Prince.

Contrairement à la situation dans d’autres camps visibles, les sinistrés du Champ de Mars ne bénéficient d’aucun programme de relogement. Pourquoi ?

Est-ce parce que les interventions des instances concernées ne sont pas coordonnées ? Pourquoi aucune autorité n’assume pas la responsabilité de gérer cet aspect fondamental de la situation post-séisme ?

La vie sous les regards des héros

Depuis le lendemain de la catastrophe, des milliers de familles vivent dans la promiscuité la plus humiliante dans 15 places et espaces auparavant verts autour du Palais National.

Il est difficile d’estimer la taille exacte de cette population mais le dernier recensement de l’OIM, datant d’octobre 2010, a enregistré 6 000 familles ou a peu près 30 000 personnes.

Ces familles habitent sous des tentes épuisées et des maisons aux toits de bâches. Artisanaux ou plus ou moins professionnels, leurs abris sont trop chauds pour les protéger du soleil mais ne peuvent non plus les abriter contre les pluies qui sont fréquentes en cette saison cyclonique.

Environ 172 toilettes mobiles installées par l’organisation Action Contre la Faim desservent l’ensemble de cette population. Elles dégagent une odeur pestilentielle dans cette aire du centre ville traversée tous les jours par le président de la république, les différents ministres et autres autorités – bien que circulant habituellement dans leurs véhicules climatisés.

Avec 172 toilettes pour 30,000 personnes – environ une cellule pour 174 résidents, soit en dessous de la moyenne pour les autres camps de Port-au-Prince disposant d’une cellule pour 148 résidents, ce qui est en soi une violation du standard international. (L’ONU et les normes « Sphère » recommandent 20 personnes par latrine, maximum.)

Et pourtant une grande partie de ces toilettes mobiles, exposées comme des cadeaux de valeur, ne sont plus fréquentées. Les sinistrés refusent d’y aller à cause de l’insalubrité qui les caractérise.

« Nous ne fréquentons plus les toilettes d’ici, elles sont trop sales. Les gens préposés au nettoyage des latrines ne le font que rarement car on ne les paie pas régulièrement », a fait savoir un badaud qui n’a pas voulu s’identifier.

Une femme d’une vingtaine d’années de renchérir : « Nous faisons nos besoins dans des sachets ou des assiettes en carton et on les jette dans les poubelles, certains le font à coté des toilettes, on est fatigué de vivre comme cela ».

La crise du logement ne date pas du tremblement de terre

Nombreuses sont les organisations internationales à avoir répondu à la situation provoquée par la catastrophe du 12 janvier 2010. Cependant, le problème du logement n’a fait que s’aggraver au lendemain du séisme. Il existait donc bien avant et est à la base de ce qu’on appelle à juste titre la bidonvilisation de Port-au-Prince.

Ce phénomène s’explique par un ensemble de facteurs dont la crise structurelle de l’économie haïtienne, notamment l’agriculture en milieu rural qui engendre l’exode à la base de la forte concentration de la population dans les grandes villes.

En effet, une unité du Ministère des Affaires Sociales est dédiée au logement social. Dépourvue de moyens, elle reste moribonde et ne joue pas son rôle en dépit de l’ampleur que prend ce problème.

L’insuffisance de l’État favorise l’intervention d’agences humanitaires. Des organisations internationales telles Le Rotary Club et Habitat pour l’Humanité étaient dans le pays bien avant le séisme.

Ces agences, ont-elles eu un plan pour la relocalisation des refugiés du Champ de Mars ?

Qu’est il advenu des planifications qui avaient lieu lors les rencontres au Palais National ? [akj apr 14/06/2011 10 :50]

…………..

* « Ayiti Kale Je » (http://www.ayitikaleje.org/) est une initiative de partenariat médiatique en vue d’assurer des investigations journalistiques sur la reconstruction d’Haïti suite au séisme dévastateur qui a frappé le pays et fait 300.000 morts et autant de blessés.

Le Groupe Médialternatif est un des partenaires de cette initiative, à travers son agence multimédia AlterPresse (http://www.alterpresse.org/), avec la Société pour l’Animation de la Communication Sociale (SAKS – http://www.saks-haiti.org/). Deux réseaux participent également : le Réseau des Femmes Animatrices des Radios Communautaires Haïtiennes (REFRAKA) et l’Association des Médias Communautaires Haïtiens (AMEKA), qui est composé de stations de radios communautaires à travers le pays.

 

Analyse de conjoncture – juin 2011 (II)

Haiti : Souveraineté nationale toujours en berne

mardi 14 juin 2011

Entre calamités naturelles et gestion calamiteuse d’un processus électoral cahotique, Haiti vient de vivre 7 mois qui ont mis a nu la crise de souveraineté nationale qui affecte le pays. Entre-temps, Michel Martelly boucle son premier mois au pouvoir.

Ce second texte sur la conjoncture, proposé à AlterPresse par Marc-Arthur Fils-Aimé [1] met en perspective les limites de l’expérience politique initiée le 14 mai 2011 et explore des hypothèses d’un renforcement de la crise sociopolique.

Haïti a vécu les trois derniers mois de l’année passée et les quatre premiers de celle en cours des situations dramatiques d’origines diverses. Pour sa clarté, nous divisons l’analyse en deux grands évènements dont l’un s’imbrique dans l’autre malgré leur nature différente, car en dernière instance, ils influent l’un et l’autre sur le cours politique. Nous ne sous-estimons pas les dégâts causés par le cyclone Tomas. Nous ne nous y attarderons pas du fait de son caractère très éphémère malgré le lot immense de dommages qu’il a laissé derrière lui. L’ouragan n’a fait qu’empirer la calamité des gens dont une large proportion n’est pas encore parvenue à un stade de post- séisme. Beaucoup de ces gens-là se retrouvent encore au 12 janvier 2010 plus d’un an après le tremblement de terre dévastateur. Ce phénomène naturel s’est vite mué en une catastrophe sociale d’une envergure effrayante. Nous nous référons davantage au brusque surgissement du choléra et à l’achèvement du processus électoral terminé en deux tours successifs.

En pleine campagne électorale, selon un calendrier imposé par ladite communauté internationale pour le renouvellement du tiers du Sénat de la République, de l’ensemble de la Chambre des députés et pour celui du président de la République, un phénomène inouï dans notre histoire d’État- nation a renversé tous les esprits. Il s’agit de l’apparition du choléra durant la première quinzaine du mois d’octobre. Pourtant, ce phénomène qui s’apparente à une catastrophe naturelle a été provoqué par des mains humaines, d’une manière consciente ou inconsciente. Certains responsables nationaux et internationaux insistent sur l’existence d’un tel bacille dans le pays sans pouvoir en donner le moment précis et nient d’autres recherches historiques. D’après ces dernières, le choléra est une innovation chez nous malgré sa présence préalable dans les Caraïbes. Les gouvernements antérieurs avaient pris les mesures nécessaires pour éviter son immigration dans le pays alors qu’il a causé plus de quinze mille morts vers la fin du dix-neuvième siècle, à la Jamaïque voisine.

Aujourd’hui, après son cortège de plus de cinq mille morts et de plusieurs centaines de milliers de personnes affectées, cette maladie subite dans notre culture médicinale préventive à base d’horticulture a atteint sa phase endémique. Elle évolue en dents de scie en se sédentarisant surtout dans les milieux ruraux les plus éloignés, attendant les moindres petites négligences et le plus petit terrain propice pour reprendre son offensive. Il est vrai qu’une conjugaison d’un ensemble d’efforts tous azimuts a écorné son déploiement à travers le pays. Le secteur public et les ONGS de toute taille s’y sont mis pour soigner et alerter la population et lui indiquer les mesures préventives pour s’en protéger. L’Institut Culturel Karl Lévêque (ICKL) s’est aussi engagé dans la partie en apportant sa contribution en sérums oraux et en produits chlorés dans ses milieux d’intervention. Cependant, à chaque grosse averse, la tendance se remet à la hausse et l’on craint une forte remontée pour la prochaine saison pluvieuse. Déjà, on recommence à compter des morts non seulement dans les milieux reculés de la province, mais aussi à la capitale, notamment dans les camps d’hébergement qui, de nature provisoire, semblent se transformer tranquillement en permanente. La Commission Intérimaire de la Reconstruction d’Haïti (CIHR) s’enlise dans des projets brumeux dont la construction d’un espace dit moderne où seront logés de nouveaux bâtiments publiques et de centres commerciaux, hôteliers et touristiques. Comment en serait-il autrement ?

Les conséquences sociales du choléra se révèlent très importantes. Il s’attaque à une population vulnérable à des niveaux divers et conséquemment inhibe les relations sociales, même entre et parmi les êtres les plus proches. La bienséance traditionnelle des Haïtiennes et des Haïtiens entre eux se dilue par peur de la transmission de la bactérie. Malgré tous les conseils des autorités compétentes, d’aucuns ont modifié leur habitude alimentaire pour diminuer le plus possible tout risque de contamination. La vente du poisson et des légumes a connu une baisse considérable depuis la deuxième moitié du mois d’octobre de l’année dernière. Le manque de confiance de bon nombre de gens en nos principaux dirigeants dépasse la frontière politique pour devenir général. En définitive, le choléra dans toutes ses dimensions a des conséquences morales et affectives, interpersonnelles et politiques.

L’un des éléments politiques qui accompagne le déclenchement du choléra se retrouve dans l’accusation portée contre la Mission des Nations-Unies de Stabilisation d’Haïti (MINUSTAH) sur l’origine de ce bacille et l’accentuation du rejet populaire de cette mission. Plusieurs voix ont dénoncé le contingent népalais cantonné en amont du fleuve de l’Artibonite pour y avoir déversé des matières fécales. Le chercheur français du nom de Renauld Piarroux, épidémiologiste et spécialiste en choléra, a dans un rapport commandité par le ministère de la Santé Publique, effectivement confirmé l’origine népalaise du microbe. La majorité du pays reste convaincue de la responsabilité de la force d’occupation malgré tous les démentis des responsables. Durant la deuxième quinzaine du mois d’avril, l’expertise demandée par le Secrétaire général des Nations-Unies M. Ban Ki-moun n’a pas pu cacher l’évidence. Ce nouveau rapport a renforcé, au contraire, la conviction populaire en révélant la même source de la maladie même si ce rapport déresponsabilise le contingent népalais de la MINUSTAH en excluant toute volonté expresse de nuire à la santé du peuple haïtien. Cela a dévoilé une occasion en plus pour un nombre grandissant d’organisations militantes de démontrer l’inutilité de la MINUSTAH dans le pays et de demander son départ.

La plupart des candidats en course électorale à tous les niveaux avaient pour protéger et la chèvre et le chou, timidement emprunté le pas en promettant une désoccupation progressive s’ils arrivaient à être élus. Mais, déjà, on commence à voir que ce n’était que paroles opportunistes de politiciens traditionnels à la recherche d’un électorat fébrile qui s’accommode facilement aux discours trompeurs de ces politiciens. Une fois élus et avant même leur investiture officielle, ils se renient pour ne pas trahir leur vraie conviction de classe antipopulaire. Le nouveau président Michel Martelly a déjà offert sa collaboration à la MINUSTAH et à la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH). Cette nouvelle entité spoliatrice de notre souveraineté nationale a été montée de toute pièce par les puissances internationales. Le professeur et sociologue Franklin Midy a ainsi montré l’origine subite mais préconçue de cette nouvelle sangsue dans les affaires internes du pays : « Plus qu’étonnant, le sénateur Anacacis, promoteur du vote de la loi d’urgence du 16 avril qui a créé la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti ou la commission de tutelle, nous informe que : « les Étrangers ont mis tout leur poids dans la balance pour faire adopter la loi ». C’est donc, poursuit M. Midy, à la suite des pressions indues et d’ingérence de la communauté internationale que furtivement, dans « une ambassade occidentale » relève le sénateur, une loi extraconstitutionnelle a été imposée au peuple haïtien. Politiquement inacceptable, le malheur naturel et la situation d’urgence créée par le séisme ont servi de prétexte aux États dominants de l’Occident pour installer en Haïti un État d’urgence soumis, non souverain, inscrit depuis longtemps, au titre de ‘’Plan B’’ dans leur agenda d’intervention ». [2] C’est le cas de dire que : La souveraineté nationale est toujours en berne.

En effet, ces six derniers mois ont baigné aussi dans une atmosphère de fortes agitations politiques qui ont culminé avec les élections du dimanche 28 novembre 2010. Ces élections qui se sont déroulées sous la houlette de ladite communauté internationale, n’ont pas amélioré l’image du gouvernement et celle des puissances occupantes tant les fraudes et les magouilles les plus grossières ont scandé cette journée de joutes nationales. Du côté du Conseil Électorale Provisoire (CEP), c’était la déconfiture. Un grand nombre d’électrices et d’électeurs ne pouvaient pas repérer leur bureau de vote. Dans les milieux ruraux, les bureaux de vote, en général, se trouvaient au moins à deux heures de marche de la case des paysans pauvres qui voulaient remplir leur devoir citoyen. Cette attitude reflète tout simplement le comportement méprisant de la classe politique séculaire envers eux. Du côté des candidats, c’étaient, avec la complicité de leurs partisans zélés ou tout simplement monnayés, les bourrages d’urnes, les violences et les intimidations de toutes sortes qui ont maculé les votes de cette minorité de moins de 20% de l’électorat potentiel qui a été aux urnes en cette journée.

Tous les candidats à la présidence à l’exception du poulain du président Préval en faveur de qui les fraudes-dit-on-les plus massives s’étaient organisées, avaient au beau milieu de la journée de ce dimanche, réclamé l’annulation des élections. Après avoir exigé de leurs mandataires de se retirer des bureaux de vote, ils ont même prononcé une conférence de presse pour dénoncer les irrégularités flagrantes constatées par tout le monde. De sordides manœuvres ont porté Mme Mirlande et M. Martelly, l’actuel élu à la présidence, à saborder leur propre déclaration pour reconnaître la valeur des élections. Ils les ont ainsi légitimées à leur façon en abandonnant leurs compagnons de combat conjoncturels. Cette esquive n’est pas sans conséquence sur la suite du processus.

Le CEP a proclamé un premier résultat qui avait donné gagnant Mme Manigat et M. Jude Célestin. M. Martelly occupait alors la troisième place dans le classement des candidats. Cette proclamation a déclenché des mobilisations violentes à travers la République à un point tel que le président de la République, M. René Préval, a fait appel à une mission de l’OEA pour trancher le différend. La mission a désapprouvé le CEP en substituant M. Martelly, devenu depuis le 27 mars dernier le nouveau président de la République, à M. Célestin. La façon dont cette mission avait planché sur ce dossier n’a pas manqué d’influencer le deuxième tour des élections. Ces dernières ont débouché sur une crise consciemment fomentée par les responsables électoraux en renversant le rapport des votes et en donnant gagnant 17 députés et 2 sénateurs du camp présidentiel sortant et en renforçant ainsi une majorité relative très importante du groupe Unité sans attachement réel au président M. René Préval. Déjà sans cette augmentation de la majorité aux deux chambres, le nouveau Président aurait à faire face à une opposition parlementaire qui sans certains compromis ou même certaines compromissions, bloquera toutes ses initiatives. À cause de cette nouvelle crise politique, les deux chambres législatives ont dû ouvrir leurs premières séances en l’absence des candidats contestés et sont parvenues à amender à la va vite la Charte mère de mars 1987 sans aucune consultation au sein de la population.

Pourquoi d’ailleurs une consultation des citoyennes et des citoyens ? Lors de la séance marathon du dimanche 8 mai dernier pour ‘’ bonifier’’ la Constitution, un sénateur a déclaré : « Nous les sénateurs et les députés, nous sommes les représentants du peuple et ce peuple a investi toute sa confiance en nous. » N’est-ce pas là le fruit de l’élasticité de la démocratie représentative, du moins chez nous ? On peut comprendre pourquoi les législateurs qui approchaient vers la fin de leur mandat se sont arrogé le droit de le prolonger jusqu’aux prochaines joutes prévues en l’année 2013. Pourtant, le sort des membres des Collectivités électorales qui se trouvent dans la même situation qu’eux est soumis à la volonté du nouvel exécutif. La Constitution a toujours été simultanément et paradoxalement la bête noire, le cheval de Troie et le socle démocratique de tous nos dirigeants depuis sa promulgation en mars 1987 jusqu’à la déclaration de la victoire du nouveau chef d’État, M. Martelly. Qu’adviendra-t-il après le 14 mai ?

Le boycott évident des élections par la grande majorité de la population, sous-estimé par les responsables de ce mauvais jeu et le choix de M. Martelly doivent signifier quelque chose. On peut y déceler un rejet du pouvoir de l’actuel chef de l’État et un mépris envers la classe politique traditionnelle. Les plus jeunes ont pensé tenter leur chance avec quelqu’un qui d’après eux seraient en dehors du système politique qu’il a lui-même vertement critiqué. Pour le remplacer par quoi ? C’est autre chose. Et les plus matures ont voté soit pour l’intellectuelle qu’est Mme Manigat ou rejeté les deux qui au fond ne présentent pas de différence marquante dans leur cadre idéologique. Seulement, le président Joseph Michel Martelly a requinqué sa popularité du fait d’avoir au cours de sa carrière de musicien parcouru le pays. Il connait mieux celui-ci, maîtrise davantage le langage populaire. Cette proximité lui a permis de mobiliser en partie une couche des masses lavalassiennes au détriment de l’autre candidat dont même le créole laisse à désirer. Il a ainsi séduit environ 800,000 voix sur un peu plus d’un million de voix exprimées, c’est-à- dire moins d’un quart de la population en âge de voter.

Nous nous attendons bientôt à un revirement violent de l’électorat à majorité jeune qui n’a pas su mesurer les limites fallacieuses des promesses du candidat Martelly, totalement acoquiné à la droite ou même à l’extrême-droite. Le nouveau président élu, M. Michel Martelly s’enorgueillit d’être un prosélyte dans la politique haïtienne. Pourtant, un bref regard sur le parcours du nouveau président montre clairement ses accointances avec le duvaliérisme dans sa version jean-claudiste. Son implication directe à côté de son ami Michel François dans le coup d’État de septembre 1991 contre le premier président démocratiquement élu depuis notre ascension à l’indépendance en janvier 1804 ne relève pas du simple hasard. Les promesses faites à la population haïtienne dans le domaine social ne riment pas avec le crédo des puissances multinationales.

Puisque son langage de proximité avec les grandes masses du peuple ne correspond pas vraiment avec leur situation, point n’est besoin d’être sorcier pour prédire dans un avenir proche des luttes sociales qui embraseront le pays. Le nouveau gouvernement se délierait-il de ses convictions anti-peuples ? Cela serait dans l’ordre des miracles et ne correspondrait à aucune analyse scientifique. Il est évident que l’élection du nouveau président a accru la division au sein de la population haïtienne. Les luttes politiques vont s’intensifier tous azimuts avec de nouveaux paramètres, comme l’épiphénomène du clivage du vieux démon Noirs mulâtres qui pourrait même brouiller les luttes de classe. En profiterons-nous pour construire le Camp du Peuple- Kan Pèp la- sur des bases rationnelles ?

[1] Directeur de l’Institut Culturel Karl Levêque (ICKL)

[2] Franklin Midy : Haïti : tutelle furtive, colère sociale manifeste. Article paru dans la revue Rencontre No.22-23 Juillet 2010. P25

 

Leslie Péan scalpe Rony Gilot

Leslie Péan n’y va pas avec le dos de la cuillère. Sans ménagement, l’économiste – auteur de l’ouvrage « Entre savoir et démocratie » retraçant les luttes de l’Union nationale des étudiants haïtiens sous le gouvernement de François Duvalier, attaque le Dr Rony Gilot. « Rony Gilot aurait dû faire son mea culpa et exprimer ses regrets d’avoir trahi la grève pour 100 dollars par mois. Mais il ne le fera pas », crache Leslie Péan, revenant, lundi 13 juin 2011, à l’émission «Panel Magik» (Radio Magik 9 100.9 mhz), sur l’arrestation de 18 étudiants de l’UNEH, en septembre 1960, et leur libération le 1er décembre de la même année, au terme de la grève des étudiants, considérée dans les milieux de gauche comme le Mai 68 haïtien.
Cinquante ans après, le courroux de Leslie Péan est loin de s’étioler. « Le gouvernement utilisa la corruption financière et l’idéologie noiriste pour diviser l’UNEH. Son fer de lance fut Roger Lafontant, membre de l’Association des étudiants de médecine et de pharmacie (ADEM) qui, assisté de Robert (Bob) Germain, de Rony Gilot et d’autres comparses, organisa une milice tonton macoute estudiantine. Les étudiants duvaliéristes reçurent un chèque de cent dollars par mois du ministère de l’Intérieur (p. 63) », a écrit Leslie Péan, en culottes courtes, lors de cette grève qu’il dit avoir vécue au quotidien au contact de son cousin, membre de l’UNEH.
« Vingt textes originaux de l’UNEH ayant échappé à la censure ont dénoncé la trahison de Lafontant, de Germain, de Gilot », souligne Leslie Péan. Acide, il déplore le fait que les bourreaux d’hier puissent continuer à répandre des informations biaisées, atténuant la férocité de la dictature de François Duvalier». L’un des objectifs de « Entre savoir et démocratie » est de lutter contre l’amnésie », ajoute l’économiste, pour qui le duvaliérisme a abêtit le peuple.
Incisif contre le Dr Rony Gilot, auteur de François Duvalier le mal-aimé, Jean-Claude Duvalier ou l’ingénuité captive et d’un dernier, Jean-Claude Duvalier ou la chance galvaudée, Leslie Péan a cependant nuancé; il est, à la limite, complaisant quant à la contribution de certains leaders du mouvement d’étudiants sous Duvalier et des vieux routiers de la politique, au cours des dernières décennies dont Déjean Bélizaire, Serge Gilles.
« Le bilan de cette génération n’est pas statique. Il est dynamique », soutient-il. « Le bilan, c’est la continuation de la lutte du savoir contre l’ignorance. Et cette lutte continue actuellement. Le relais a été donné à d’autres générations », argumente-t-il, citant la démocratie, le respect des libertés individuelles comme des acquis.
Et, à propos du retour en Haïti de l’ex-dictateur Jean-Claude Duvalier, Leslie Péan, dédaigneux, souligne : « Il y a des choses qu’il faut laisser dans les poubelles de l’histoire.» « Je ne vais pas tomber dans l’insignifiance », ajoute l’auteur de « Economie politique de la corruption », qui dit refuser d’utiliser ses méninges pour réfléchir sur Jean-Claude Duvalier. « Jean-Claude Duvalier doit répondre de ses actes devant la justice », lâche-t-il, fier de dire qu’il a le «coeur à gauche».
Leslie Péan sera en signature à Livres en folie avec Rony Gilot, le 23 juin 2011, au Parc historique de la Canne à sucre. Leurs oeuvres, contradictoires, évoquent une période importante de l’histoire récente d’Haïti, avec ses ombres et ses lumières, ses acteurs face à la victoire ou à la défaite qui, au fait, est temporaire..

Roberson Alphonse
ralphonse@lenouvelliste.com

 

8 cadavres découverts à Miragoane

Le Matin – 13/06/2011

Les corps de 8 jeunes garçons et filles sont découverts ce lundi 13 juin à Chaussé (vérifier l’orthographe), dans la commune de Miragoane, (Sud d’Haïti), avons nous appris. Des brulures sont remarquées sur les corps des victimes. Après constat légal du juge de paix David Boucher, les corps ont été mis en terre sans une véritable identification par les services concernés. WPC/LM

 

Tentative d’enlèvement à Port-au-Prince

Le Matin – 14/06/2011

La police haïtienne ouvre le feu sur 3 présumés kidnappeurs: 2 morts et 1 blesse en fuite. Ils tentaient d’enlever 2 jeunes filles avons-nous appris auprès d’un journaliste. WPC/LM

 

 

 

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