mercredi 15 juin 2011 (2)

15 Juin

EDITO  

Haïti: Un Fonds sans fond ?

Le président Michel Martelly était dans l’Artibonite ce mardi pour inaugurer une école construite par la Digicel. Un mois que notre président élu, au lieu de se morfondre de ne pas avoir de gouvernement, arpente ou inaugure les chantiers lancés avant son investiture, mais achevés sous sa présidence.

Conscient qu’il n’y a pas de petite prestation et que l’important est de rester dans la ligne de mire de l’actualité pour de bonnes raisons, le président coupe les rubans à tour de bras dans les quatre coins du pays. Longtemps que l’on n’avait pas vu un président se déplacer pour si peu.

Ce mardi, le président avait un message pour les élus qui font durer les heures d’antichambre qui s’allongent pour le Premier ministre désigné. Dans un appel solennel adressé aux parlementaires le président Martelly a rappelé Daniel Rouzier au bon souvenir des députés et sénateurs et a réaffirmé son ambition : réduire la misère qui accable la population.

Très politique, le président a annoncé que ce 15 juin les ponctions pour financer le Fonds National pour l’Education vont débuter. Cinq centimes sur chaque minute d’appel international entrant dans le pays seront retenus pour alimenter le Fonds. Un dollar cinquante sur chaque transfert effectué aussi.

Monsieur Martelly n’a toujours pas clarifié par quel miracle légal, administratif ou législatif le fameux Fonds tient son existence. Il n’a pas parlé du malaise qui secoue les compagnies de télécommunications qui, si elles sont toutes d’accord avec les finalités du Fonds, réclament, avec une énergie variable, un cadre légal pour asseoir ce qui est pour le moment un Fonds sans fond.

Dans le cas des banques, la pilule est passée sans trop d’entrave. L’Association professionnelle des banques, dans un avis, a simplement annoncé que les clients devront passer à la caisse. Dans le secteur bancaire, cela fait des années que des frais, des faux frais, des redevances sont introduits sans autre forme de procès et sans explications aux clients.

Il faut dire que le cadre réglementaire mis en place par la Banque de la République d’Haïti donne toute latitude pour que les décisions des acteurs soient recouverts d’un manteau légal et comme les banques en surliquidités n’ont que faire de l’argent des clients, l’introduction de cette redevance supplémentaire ne les gène pas.

Le tour de passe-passe sera de transférer les ressources captées par la BRH dans les caisses de l’Etat.

Allons-nous renouer avec les pratiques des recettes extrabudgétaires ? La BRH va-t-elle se mettre à financer l’Education gratuite ou les autres demandes de la présidence pour faire plaisir aux nouveaux élus ? Allons-nous assister à la mise en place d’un processus extra légal qui sera corrigé en temps et lieux ?

Taxes sur les télécoms, taxes sur les transferts, quelque soit le nom dont on affuble les nouvelles mesures prises, il faut que les acteurs se souviennent que le laisser-grenen des autorités de tutelle financière d’Haïti ne dure jamais assez longtemps pour que les chats et les souris dansent pour le meilleur.

Ces mêmes amis, qui font semblant de ne pas voir le jeu de ces taxes sans nom, seront ceux qui nous dénonceront demain comme Etat voyou.

Frantz Duval / duval@lenouvelliste.com

 

Haïti – Reconstruction :

Rencontre au sommet Bill Clinton – Michel Martelly
15/06/2011 09:55:26

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L’ex-Président Bill Clinton co-Président de la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH) est attendu ce mercredi à Port-au-Prince. Selon la note de presse du bureau des communications de la CIRH, Bill Clinton participera, en présence du Président Martelly, à la pause de la première pierre des premières unités de logements du projet de logements sociaux «400 pou 100» (400%) [400 maisons seront construites dans 100 jours] à Zoranger dans la Commune de Croix des Bouquets.

L’ex-Président américain aura ensuite une rencontre avec le Président Martelly et Daniel Gérard Rouzier, le Premier Ministre désigné. C’est la première rencontre officielle de Bill Clinton avec le Président Martelly depuis son élection. Durant sa visite, Bill Clinton rencontrera également Jean-Max Bellerive, ex co-président de la CIRH, toujours conseiller de cette Commission, en attendant la nomination de son remplaçant…

Souhaitons que cette rencontre « au sommet » donne un nouvel élan à la CIRH tant décriée pour sa lenteur et le peu de résultat obtenu après 15 mois d’existence, par plusieurs secteurs et la population en générale, souvent mal informés du rôle limité de cette Commission rendue responsable [a tort] de tous les retards de la reconstruction en Haïti.

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3140-haiti-reconstruction-projet-de-construction-de-2-000-maisons.html

HL/ HaïtiLibre

 

Le chef de l’Etat presse le Parlement de faire diligence dans le processus de ratification

clip_image006Le chef de l’état haïtien, Michel Martelly, presse les parlementaires d’accélérer le processus de ratification du Premier Ministre Daniel G. Rouzier. M. Martelly qui intervenait lors de l’inauguration d’une école presbytérale à Pont Sondé a indiqué que M. Rouzier attend la ratification pour mettre à exécution le plan d’action de son gouvernement. Je demande à mes amis parlementaires de faire d’accélérer le processus parce que nous sommes prêts à travailler pour la population a insisté M. Martelly.

8 jours après le dépôt de ses documents au bureau de la chambre basse et du sénat, les législateurs sont toujours à la première phase de l’analyse des dossiers. Des sous commissions de vérification ont été constituées en début de semaine.

Chaque jour de retard est une perte de temps, martèle le président Martelly préoccupé par le lancement du programme de scolarisation gratuite. A partir de ce mercredi 15 juin les opérateurs de téléphonie et les maisons de transfert prélèveront des frais devant être versés au Fonds National d’Education.

La Présidence mise sur une ratification du Premier Ministre désigné sans concession au bloc majoritaire. Le chef de cabinet du Président Martelly, Thierry Mayard Paul, soutient qu’il n’y a pas eu et qu’il n’y aura pas de négociation pour des postes au sein du cabinet ministériel. Il estime que les pouvoirs doivent jouer leur rôle constitutionnel en respectant les prérogatives des autres.

LLM / radio Métropole Haïti

 

Haïti – Éducation :

Irina Bokova salue l’initiative de Michel Martelly pour la création du FNE
15/06/2011 11:06:10

clip_image008Irina Bokova, la Directrice Générale de l’UNESCO, s’est félicitée de la création d’un Fonds National pour l’Éducation (FNE), lancé par le Président d’Haïti Michel Martelly. L’objectif de ce fonds, dont la création a été annoncée le 26 mai, est de mobiliser les ressources financières afin de scolariser les enfants les plus défavorisés. Estimé à 360 millions de dollars, sur une période de cinq ans, ce fonds est le plus important jamais créé pour les enfants non scolarisés.

Le FNE est un consortium multi-sectoriel, qui réunit le Gouvernement haïtien, le secteur privé, les institutions financières internationales et les organisations non gouvernementales (ONG). Il est financé majoritairement par le prélèvement de 0,05 dollars sur les appels internationaux entrants et de 1,5 dollars prélevés sur chaque transfert international de fonds.

« Le Président Martelly a fait de l’éducation sa priorité. Je salue cette excellente initiative qui vise à aider les enfants non scolarisés grâce à ce nouveau Fonds national pour l’éducation. Haïti a besoin d’investissements durables dans l’éducation pour donner aux Haïtiens les moyens de reconstruire leur pays. Ce fonds est un exemple de financement innovant, pouvant permettre d’atteindre les objectifs de l’éducation pour tous en impliquant à la fois l’Etat, les entreprises privées, les ONG et la communauté internationale », a déclaré la Directrice Générale de l’UNESCO.

Les ressources identifiées à ce jour, devraient permettre de scolariser quelque 350 000 enfants pendant la première année. D’après les estimations, près de 1,9 millions d’enfants au total devraient profiter de cette initiative.

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3034-haiti-education-lancement-du-fonds-national-pour-l-education-fne-par-martelly-maj-13h03.html
http://www.haitilibre.com/article-3116-haiti-social-martelly-travaille-sur-un-projet-de-fonds-pour-les-enfants-des-rues.html
http://www.haitilibre.com/article-3045-haiti-education-le-fonds-national-pour-l-education-fne-a-t-il-besoin-d-un-cadre-legal-maj-17h38.html
http://www.haitilibre.com/article-2993-haiti-education-il-ne-s-agit-pas-d-une-taxe-mais-d-un-surplus-tarifaire.html
http://www.haitilibre.com/article-3027-haiti-education-la-taxe-sur-les-transferts-d-argent-entre-en-vigueur-le-1-juin-2011.html

HL/ HaïtiLibre

 

Haïti – Politique :

Paul Denis hausse le ton contre Youri Latortue

15/06/2011 12:15:09

Paul Denis, le Ministre de la justice est vivement contrarié de l’attitude de Youri Latortue, le Président de la Commission Sénatoriale d’enquête sur la corruption et les fraudes électorales, après avoir répondu mardi à l’invitation de la dite Commission, en compagnie du Directeur Général de la Police Nationale d’Haïti et de plusieurs Commissaires de gouvernement pour trouver les portes closes…

« Ce n’est pas sérieux » a déclaré le Ministre, contraint de faire des aller et retour au Sénat, depuis la constitution de cette Commission « J’ai parlé au téléphone avec le Sénateur Latortue, qui m’a dit qu’il ne croyait pas que la rencontre serait maintenue… vu que le Commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince lui avait fait savoir qu’il ne pourrait pas être présent »…

De plus, Paul Denis estime que les méthodes utilisées par cette Commission, relèvent davantage des pratiques d’une commission de propagande politique et de persécutions que d’une véritable Commission d’enquête…

Le Ministre nie toutes les affirmations du Sénateur Latortue, qui affirme que les Commissaires du Gouvernement étaient à la solde du parti au pouvoir (INITE) lors des dernières élections « C’est faux […] Je pensais que le  Président de la Commission sénatoriale avait été édifié après la rencontre organisée la semaine dernière, avec certains Commissaires du Gouvernement, mais tel ne semble pas être le cas… » précisant, qu’il ne pouvait laisser des vides au niveau de l’appareil judiciaire et qu’il avait assumé ses responsabilités en nommant, des Juges et des Commissaires du Gouvernement, pendant la période électorale.

Lire aussi :

http://www.haitilibre.com/article-3030-haiti-politique-le-ministre-de-l-interieur-devant-la-commission-d-enquete-senatoriale.html

HL/ HaïtiLibre

 

Haïti – Justice :

Le point sur l’enquête «Guiteau Toussaint»
15/06/2011 09:03:25

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Deux jours après le meurtre de Guiteau Toussaint, banquier très connu et Président du Conseil d’Administration de la Banque Nationale de Crédit (BNC), victime d’une agression à sa résidence de Vivy Mitchell, Me Haricidas Auguste, Commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince, en charge du dossier a fait le point sur l’avancement de l’enquête.

« Dans le cadre de ce dossier, nous avons déjà procédé à l’arrestation de deux individus qui ont été interpellés dans les parages [de la résidence du banquier] et qui ne pouvaient pas justifier de leur présence dans la zone. Il y a en un qui est un déporté [des USA]. Jusqu’à présent, nous les interrogeons. Je dois également spécifier que la police scientifique était également présente sur les lieux, nous avons réussi a prélevé des empreintes, et nous allons comparer ces empreintes avec celles des deux individus que nous avons arrêtés.

Dans le cadre de ce dossier, il y a plus d’une dizaine de mandats d’amener qui ont été émis. Parfois, une investigation peut aller vite, parfois elle peut être lente… […] il y a plusieurs pistes que nous devons explorer, un travail que nous devons effectuer en tant qu’autorité judiciaire et policière. Nous sommes au courant du communiqué de la présidence […] pour que l’enquête avance le plus vite possible, donc c’est dans cette phase que nous sommes. Il y a des gens qui sont arrêtés, il y a des personnes qui sont déjà appréhendés, que nous allons questionner, il y a des prélèvements d’empreintes que nous allons comparer et puis nous allons explorer les autres pistes… »

Une source policière de la Police National d’Haïti (PNH) à fait savoir que l’arrestation du militant Lavalas Yvon Antoine dit Yvon Zapzap n’a aucun rapport avec le meurtre de Guiteau Toussaint, mettant fin aux rumeurs qui circulaient dans certains médias locaux et sur internet.

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3152-haiti-insecurite-le-banquier-guiteau-toussaint-tue-par-balle-dimanche-soir.html
S/ HaïtiLibre

 

Le chef du Parquet affirme que l’assassinat de M. Toussaint n’est pas un acte de simple banditisme

clip_image012Le commissaire du gouvernement près le tribunal civil de Port-au-Prince, Auguste Harycidas, affirme que l’enquête sur l’assassinat de Guyto Toussaint est à une phase avancée. Selon le chef du Parquet une dizaine de mandat d’amener ont été émis alors que deux personnes ont été interpellés dans le cadre de l’enquête.

Il révèle que ces deux personnes se trouvaient sur le lieu du crime tôt le dans la matinée du lundi 13 juin. Interrogé sur l’implication réelle de ces individus le chef du Parquet soutient que la comparaison avec les empreintes digitales retrouvées sur les lieux du crime fournira plus de renseignements aux enquêteurs.

M. Auguste juge que la brèche frayée dans la clôture par les criminels prouve qu’ils avaient planifié leur forfait longtemps à l’ avance.

Le magistrat n’entend pas classer l’assassinat de M. Toussaint dans un contexte d’actes de banditisme. Il révèle que le président du Conseil d’administration de la BNC a été froidement abattu par les criminels dès leur entrée dans la résidence.  » Il a été abattu avant le cambriolage de sa résidence », explique M. Harycidas.

L’enquête des autorités judiciaires s’intéressera aux clients délinquants et autres acteurs financiers.

Les enquêteurs porteront leur regard également sur des transactions dans lesquelles plusieurs millions de gourdes ont été détournées. Quelques minutes avant son assassinat M. Toussaint travaillait à son domicile sur le projet de logement  » Kay Pa-m annonce le chef du Parquet qui devra transmettre le dossier a un juge instructeur pour la poursuite de l’enquête.

LLM / radio Métropole Haïti

 

Regard (Chronique hebdo)

Haiti : Une mort sur ordonnance ?

mercredi 15 juin 2011

Par Roody Edmé * / Spécial pour AlterPresse

La mort brutale et vicieuse a frappé ce dimanche soir 12 juin 2011 dans une banlieue résidentielle de Pétion-Ville. Des bandits sans foi ni loi ont pris sur eux la responsabilité d’ôter la vie à un de nos plus célèbres financiers. Acte meurtrier inqualifiable certes, mais aussi crime de lèse-patrie dans un pays si peu pourvu de cadres compétents.

Il y a quelque chose de terrible dans l’acharnement systématique de ces meurtriers à tuer d’une balle dans la tête, les meilleurs d’ entre nous, comme s’il s’agissait d’un complot pour décérébrer toute une nation. La Communauté nationale a vécu avec horreur cette annonce, tombée comme une douche froide dans ce lundi matin de Juin particulièrement torride.

Dire que le soir du crime, les téléspectateurs haïtiens se reposant nonchalamment d’un début furibond de la saison cyclonique zappaient entre les matchs de la Concacaf, la finale de la NBA et la retransmission par la TNH des festivités des seize ans de la police nationale. Un peu comme pour profiter du calme avant les grandes tempêtes annoncées.

A propos de notre police, on se dit qu’elle a été tout au cours de sa jeune existence confrontée au pire. Prise dans le tourbillon des passions politiques et des tornades criminelles, elle a passablement bien résisté, même que ces derniers temps elle était résolument passée à l’offensive sur le front de l’insécurité. Ce soir du 12 juin était l’occasion pour le Haut commandement de la Police de faire un bilan, de marquer une pause pour observer le chemin parcouru et contempler l’horizon.

Mais ce même soir du 12 Juin se tramait aussi un terrible complot contre l’intelligence, un attentat contre un projet moderne et solidaire de financement de logements pour les classes moyennes, un crime contre une voie toute haïtienne de développement intégré, la mort d’un homme coupable d’agir pour transformer le paysage financier de son pays.

Tout se passe comme si, des créatures d’un quelconque enfer s’acharnaient à tenir régulièrement une comptabilité macabre de nos pertes irremplaçables de journalistes, de médecins, d’entrepreneurs, de simples citoyens. Avec une régularité de métronome, ces vagues prédatrices viennent nous voler ceux que nous chérissons et que le séisme du 12 janvier a épargnés.

Guyto Toussaint n’était pas seulement un cadre supérieur compétent de notre administration. Il était aussi un novateur dans le sens que le concevait l’économiste Schumpeter. Un capitaine de la finance qui entendait guider la barque nationale sur les flots houleux d’une refondation qu’un peuple tout entier appelle de ses vœux. Sa mort est une douloureuse piqure de rappel que des forces enténébrées veulent couvrir ce pays du voile de l’opprobre et de la fatalité.

Elle doit être l’occasion d’une révolte des consciences pour barrer la route au projet macabre et insidieux des fauteurs de violence. Elle doit mobiliser tous nos policiers « humiliés » le soir de leur anniversaire.

Cette mort doit entrainer une réponse vigoureuse contre cette insécurité rampante et les machinateurs de ces deuils insoutenables.

* Éducateur, éditorialiste

 

Yvon Antoine alias Yvon Zapzap a été interpellé ce mardi

RTVCaraïbes – 15/06/2011 01:41:00 Auteur(e) La Redaction

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Le très influent activiste proche du parti Lavalas, Yvon Antoine alias Yvon Zapzap a été interpellé ce mardi, selon des sources policières citées par radio kiskeya. Il serait accusé notamment d’association de malfaiteurs.

Sans citer de nom, le directeur de cabinet du président de la république, Me Thierry Mayard Paul a fait état ce matin de trois arrestations déjà effectuées dans le cadre des enquêtes sur l’assassinat du célèbre banquier, Guyto Toussaint. Selon Me Mayard-Paul, qui intervenait sur les ondes de radio Métropole, les personnes arrêtées sont toutes des activistes politiques. Ainsi il croit que cet assassinat pourrait viser à perturber le climat politique du pays. Les suspects ont déjà fait des révélations, poursuit le chef du cabinet de Michel Martelly qui assure que la présidence est déterminée à faire aboutir cette enquête.

Le militant lavalas, Yvon Zapzap a déjà été mis en prison pendant la transition de 2004-2006 pour se convertir par la suite en un farouche défenseur du pouvoir de René Préval. EL/LM

 

Haïti – Économie :

Le Parc Industriel du Nord prend forme
15/06/2011 10:16:32

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Le projet de Parc industriel du Nord soutenu par le gouvernement d’Haïti, le gouvernement des États-Unis et la BID, prend forme et intègre toutes les composantes du développement : environnement, urbanisme, et dialogue avec les collectivités territoriales.

Début juin 2011, Cheryl MiIIs, Chief of Staff de Madame Hillary Clinton au Département d’Etat américain s’est rendue pour la 2e fois dans la région Nord en compagnie de M. Kenneth Merten, l’Ambassadeur américain en Haiti, Tony Chan de l’USAID et Mark D’Sa du Département d’Etat, afin de rencontrer les partenaires locaux et d’évaluer les progrès dans la préparation du projet.

Au cours de cette visite, la délégation, accompagnée de Georges Sassine, directeur exécutif de la CTMO-HOPE, a été reçue par la Chambre de Commerce de Fort Liberté, chef lieu du département du Nord Est, qui accueille le Parc Industriel du Nord. Suite à l’étude de préfaisabilité de l’implantation d’un parc industriel dans le Nord réalisé pour le compte de la BID, les travaux de clôture du terrain de 250 hectares ont été entrepris et achevés. Un contrat d’études hydrogéologiques et un contrat d’études d’impacts social et environnemental ont été conclus. Un modèle numérique du terrain réservé au parc et un plan parcellaire pour la réalisation d’essais géotechniques et la vérification de la qualités des eaux souterraines et superficielles sont aussi en cours ainsi que pour la réalisation d’un forage de reconnaissance.

Un plan de compensation pour les exploitants agricoles, appelé aussi « Plan d’Action de Réinstallation », est en cours d’élaboration. En vue d’éviter le développement de bidonvilles aux alentours du site, il est également prévu d’interdire toute nouvelle construction, dans un périmètre défini, autour du site pendant un certain nombre d’années.

Des études devant déboucher sur des plans d’urbanisme pour les villes de Ferrier, Fort-Liberté, Terrier-Rouge, Caracol, Trou-du-Nord, Limonade et Quartier-Morin, ainsi que des opérations immobilières, d’aménagement, d’élimination de l’habitat insalubre, d’embellissement et d’extension et des constructions de logements sociaux dans ces différentes communes, en accord avec les plans d’urbanisme et le schéma de cohérence territoriale qui auront été validés sont en cours.

Des démarches doivent également permettre d’établir que ce projet ne nuira pas à l’écosystème de la baie de Caracol, condition sine qua non de sa réalisation.

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3140-haiti-reconstruction-projet-de-construction-de-2-000-maisons.html
http://www.haitilibre.com/article-2302-haiti-economie-le-projet-coreen-du-parc-industriel-du-nord.html
http://www.haitilibre.com/article-2179-haiti-economie-parc-industriel-du-nord-tous-les-details.html
http://www.haitilibre.com/article-2086-haiti-economie-parc-industriel-244-millions-d-investissement.html
http://www.haitilibre.com/article-1338-haiti-economie-les-parcs-industriels-leviers-de-la-relance-economique.html
http://www.haitilibre.com/article-1232-haiti-economie-investissements-entre-10-et-25-millions-dans-le-textile.html
http://www.haitilibre.com/article-576-haiti-economie-la-coree-parle-business-avec-haiti.html

HL/ HaïtiLibre / HOPE

 

L’ouvrage de Claude Roumain sur René Préval très attendu à livres en folie

15/06/2011 12:39:00 Auteur(e) La Redaction

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Très attendu, l’ouvrage du sociologue Claude Roumain sur l’ancien Président haïtien, René Préval, controversé et louangé à la fois, se veut à la fois dense, palpitant et sincère. En ces temps d’incertitude et d’attente, il nous permet de nous rattacher par de solides témoignages à l’histoire tumultueuse de notre pays qui connaît de bouleversements politiques de tous genres depuis sa fondation le 1er Janvier 1804. Dicté certainement par la conjoncture, cet essai  »L’Enigme Préval » paru chez l’Imprimerie Henry Deschamps ne cherche pas à redorer le blason ni ternir l’image du marassa de Titid qui a effectué des études inabouties en Agronomie en Belgique. Jeunes et gauchistes, croyant en la perfectibilité radicale de la socié haïtienne, ils se sont connus en Europe à l’époque orageuse de Papa Doc.

Il y a entre Claude Roumain et René Préval une sorte de relation particulière. L’un a connu une trajectoire politique saccadée, ponctuée d’échecs et de solitude. L’ autre a été gâté par la chance et les miracles qui transforment bien souvent le plus insignifiant homme politique en un génial élu, en un redoutable chef d’Etat. C’est sans aucun doute la réussite foudoyante de René Préval qui est à la base de la sympathie et de l’admiration de Claude Roumain pour ce dernier. Bourré d’anecdotes succulantes et d’analyses percutantes, ce livre-témoignage, au mieux, ce livre-portrait est une riche contribution à l’histoire nationale.

 »L’Enigme Préval » est écrit avec une remarquable attention dans l’ultime objectif de comprendre un peu cet opérateur politique ombrageux, insaisissable, plein de lui-même qui attend justement le verdict de l’histoire. Quel devoir de mémoire! Fin et perspicace, Claude Roumain, à travers les pages incandescentes de son essai, ne cherche pas à reconstruire la personnalité ample et fascinante de René Préval, sans fard ni acrimonie, il s’interroge au contraire et jette des lumières sur ce personnage mythique dont le parcours politique a commencé en tant que Premier ministre (7 février 1991- 30 septembre 1991) aux côtés du prêtre président Jean Bertrand Aristide quand ce dernier a dirigé ce pays durant son premier mandat en février 1991. Imprévisible, décapant, astucieux, habile, voire opportuniste, René Préval, le seul chef de l’Etat ayant bouclé ses deux quinquennats durant la chaotique période post-macoute, est un spécimen déroutant, un as de la politique nationale, un modèle de roublardise et de dissimulation.

Il semble que dans la vie de cet héritier d’Alexandre Pétion et de Boirond Canal rien ne puisse être simple. En politique, seule la fin compte. Lent à la colère, comme je l’ai si bien souligné dans l’une de mes chroniques  »Cette transition qui n’en finit pas », machiavélien apparemment doucereux et plaisant, René Préval savait garder son calme même dans les circonstances difficiles qui étaient capables de mettre en péril son pouvoir dominé par d’incessantes crises politiques et institutionnelles. Mais, il paraît que cet excellent tacticien connaissait parfaitement les terrains dans lesquels il s’était aventuré: le pouvoir, la lutte des clans, les forces d’inertie, le poids du passé, les pesanteurs culturelles, les intérêts opposés de la communauté internationale, etc. Toujours sûr de lui-même, puisque le temps lui a donné raison, il connaissait ses adversaires, ses détracteurs et comme dans un jeu de poker menteur, il savait utiliser toutes les cartes, tous les coups, toutes les combinaisons qui sont à sa portée.

Décidément le héros de cet essai est un mythe, chacun cherche encore à mieux voir son visage pour y lire son âme et de sa personnalité parce que au fond de son âme et de sa personnalité, il y a ses réussites, ses intuitions étonnantes, ses échecs marqués par des élections frauduleuses et jusqu’à tout récemment cet arrêté sur l’amendement constitutionnel de la fin de son mandat devenu un noeud gordien pour nos nouveaux responsables. Tout cela paraît complexe à l’esprit le plus avisé et nous voulons tout savoir et comprendre sur cet animal politique qui s’est uni par des liens conjugaux trois fois dans sa vie. C’est pourquoi,  »L’Enigme Préval » de Claude Roumain, militant politique, serétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports sous le gouvernement de Marc L. Bazin, fondateur et dirigeant des réseaux « Génération 2004 »,secrétaire général du Parti populaire du renouveau haïtien (PPRH), supporter de Wyclef Jean, est selon l’historien Cary Hector  »un essai étonnant de simplicité, de franchise, d’intégrité intellectuelle et politique ». C’est un livre à lire absolument pour continuer à formuler des interrogations sur René Préval, manoeuvrier hors du commun et pour découvrir toujours avec un plaisir renouvelé les différents mystères, les recettes éprouvées, les techniques de pouvoir, les zones d’ombre qui se dissimulent en lui et que les acteurs de notre histoire présente ne sauront occulter s’ils veulent maîtriser les adversités, la fatalité, le mal haïtien …

Pierre Raymond Dumas
________________________
– Claude Roumain L’Enigme Préval,
L’Imprimerie II, Henry Deschamps, Port-au-Prince, Haïti, Juin 2011

Source: Le Nouvelliste

 

Cap-Haïtien: deux mondes, deux visages

Sites historiques, plages mythiques, hôtels de luxe, maisons coloniales ornées de dentelles de bois, population hospitalière…, la deuxième ville d’Haïti avait tout pour plaire aux visiteurs. La cité capoise n’est plus ce qu’elle était jadis. Incontestablement, la ville a changé, et on est obligé de reconnaître que c’est en mal. Vraiment, la fierté et le chauvinisme qui enorgueillissaient les Capois ne se retrouvent plus devant l’incroyable métamorphose qu’a subi la ville durant ces dernières années. Que reste-t-il aujourd’hui de la cité de Henri 1er ?

La ville de Cap-Haïtien est située au nord de la République d’Haïti. Les côtes baignées par l’océan Atlantique, sa splendeur la fit surnommer au XVIII siècle « le Paris de St Domingue». La ville a été fondée en 1670 sous l’administration du gouverneur Bertrand d’Ogeron. Toutefois ce n’est qu’en 1711 que la publication d’une ordonnance royale l’a créée officiellement sous le nom de Cap-Français.

L’architecture, le tracé urbain en échiquier, les places publiques stables et reposantes ont contribué à faire de la ville la capitale historique et culturelle d’Haïti. Le Cap fut depuis longtemps le théâtre de grands évènements historiques, culturels et politiques de la République : la mémorable Bataille de Vertières(1803), la catastrophe sismique(1842), la venue de Franklin D. Roosevelt(1934).

La ville de Cap-Haïtien est jusqu’à aujourd’hui la deuxième ville du pays, et l’image qu’il renvoie ne rappelle plus la cité qui fut la capitale d’Haïti sous Pierrot(1845) et aussi celle du royaume d’Henri 1er (1811).

Sites historiques, plages mythiques, hôtels de luxe, maisons coloniales ornées de dentelles de bois, population hospitalière…, la deuxième ville d’Haïti avait tout pour plaire aux visiteurs. La cité capoise n’est plus ce qu’elle était jadis. Incontestablement, la ville a changé et on est obligé de reconnaître que c’est en mal. Vraiment, la fierté et le chauvinisme qui enorgueillissaient les Capois ne se retrouvent plus devant l’incroyable métamorphose qu’à subi la ville durant ces dernières années. Que reste-t-il aujourd’hui de la cité d’Henri 1er ?

La ville était reluisante de propreté et le plaisir d’y vivre était immense. Les affres de l’exode rural, le laisser-aller par manque de compétence des autorités politiques et civiles, ajoutés aux troubles politiques ont, entre autres causes, contribué à altérer l’image idyllique de Cap-Haïtien et à l’isoler sur le circuit touristique.

La ville ne répond plus aux exigences de sa population en pleine explosion, les travaux d’infrastructures réalisés depuis plus d’un siècle ne suffisent plus pour satisfaire les besoins des Capois. Cette situation rejaillit lourdement sur la salubrité de la ville, car les rues sont transformées en marchés où s’amoncellent les immondices.

Sans structures d’accueil pour les populations rurales ni plan d’aménagement, l’urbanisation sauvage a fini par imposer son anarchie au centre historique de Cap-Haïtien. « Les gens s’installent à qui mieux mieux, même dans les endroits marécageux», explique Blaise, ce natif de Cap-Haïtien. Les balcons aux parapets ouvragés, le cachet typiquement colonial sont sacrifiés aux dépens des tours élevées ici et là comme des champignons au gré de leur propriétaire tout en se foutant de l’existence des services d’urbanisation et de l’ISPAN moribonds. Désormais, déambuler à travers la ville est devenue une pénitence, à cause des rues défoncées, de la poussière et des détritus. Le spectacle n’est vraiment pas encourageant.

L’absence de maîtrise urbaine accusée par les autorités locales et l’inactivité de la société civile capoise sont autant de défis à relever. « La municipalité n’est pas autonome financièrement », se plaint le maire Michel-St-Croix, qui dit déplorer que la ville ne reçoive que quelques miettes des recettes générées par le quai de Labadie. Parallèlement, la société civile critique le maire pour sa gestion de la cité qui va de mal en pis.

Des travaux de construction des principaux artères de Cap-Haïtien sont entrepris depuis près de deux ans, et jusqu’à aujourd’hui aucune amélioration n’est constatée quant à l’état de ces rues. La compagnie V&F, en charge de ce projet, fait l’objet tous les jours de vives critiques quant à la qualité et à la méthodologie utilisée pour ces travaux qui laissent à désirer.

Hansy Mars / hansymars@gmail.com

 

Sous les regards des héros

Haiti-Reconstruction :

Aucune attention pour les sans-abris de Champ de Mars

Enquête – Deuxième partie

Dans le cadre du partenariat médiatique « Ayiti Kale Je »*, dont AlterPresse fait partie

clip_image020P-au-P., 15 juin 2010 [Ayiti Kale Je/AlterPresse] — Après le séisme de janvier 2010, qui a fait plus d’un million de déplacés, les agences internationales opérant dans le secteur des abris se manifestent beaucoup plus en Haïti.

Selon les informations recueilles par Ayiti Kale Je (AKJ) et le Laboratoire du Journalisme en consultant les procès verbaux de réunions de travail et autres document du Cluster Logement (qui regroupe toutes les agences et organisations œuvrant dans le secteur), les régions touchées par le séisme sont subdivisé en plusieurs zones. A Port-au-Prince 18 agences et organisations travaillent dans ce domaine.

Ces dernières disent projeter de construire 26,594 abris provisoires, de réhabiliter 2,174 maisons et de construire 155 abris permanents à Port-au-Prince. Mais c’est loin d’être suffisant. Selon un rapport de l’Organisation Internationale de la Migration (OIM) datant de mars, 47,059 familles vivant dans des camps de Port-au-Prince sont en attente de logement.

Malgré les planifications et une prétendue division des taches au sein des organisations humanitaires et au niveau du gouvernement, aussi paradoxal que cela puisse paraitre, aucune agence du secteur logement n’opère dans le camp du Champ de Mars.

L’un des facteurs pouvant expliquer ce fait est que la localisation des agences dans des zones déterminées n’est pas le résultat d’une répartition de tâches ou d’une coordination assurée par une instance suprême. Il n’y a pas de « ministre au Logement » et durant des mois, les réunions nationales du Cluster Logement n’ont bénéficié de la présence d’aucun représentant gouvernemental. Le coordonnateur du Cluster, pour sa part, ne peut que suggérer la zone d’intervention d’une agence.

La Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH), chargée d’assurer le relèvement d’Haïti après le 12 janvier 2010, serait une instance appelée à diriger les interventions dans ce domaine. Selon la loi qui l’a créée elle a des objectifs comme « d’assurer la planification stratégique, la coordination et la mise en œuvre de ressources provenant des bailleurs bilatéraux et multilatéraux, des organisations non gouvernementales et du secteur des affaires… » Mais au moins au Champ de Mars elle n’a pas délivré la marchandise.

D’après Emmanuel Gay de l’OIM, instance responsable de la coordination des acteurs humanitaires dans les camps, son organisation n’intervient dans le secteur du logement qu’après de graves intempéries ou dans d’autres situations catastrophiques.

« Aussitôt que le besoin se fait sentir on fait appel à nous et nous répondons surtout à des situations de crise, par exemple en période pluvieuse, nous aidons les personnes les plus vulnérables en leur permettant de sécuriser leurs abris, » a-t-il expliqué à AKJ.

Gay avance en outre que l’OIM envisage de travailler sur un « plan de retour pour les sinistrés », mais a confié : « on n’en est pas encore là. » Difficile de comprendre ce qui retarde à ce point l’exécution d’un supposé plan de retour pour des sans-abris qui ont déjà vécu près de 17 mois dans des conditions si avilissantes.

Le représentant de l’OIM a également fait allusion à l’une des raisons possibles de ce retard :

« Je crois qu’il y a un projet gouvernemental de construction de logements sociaux au Fort National auquel plusieurs des sans-abris [de Champ de Mars] sont souscrits, mais je ne dispose pas de beaucoup de détails là-dessus. »

Peut-être ce projet est la raison pour laquelle aucune organisation travaille sur la question au Champ de Mars ?

Le projet fantôme de Fort National

En effet, Gay faisait allusion à un projet de logements sociaux que le gouvernement a tenté de lancer le 12 janvier 2011. Cependant, le ministre des Affaires Sociales, Gérald Germain, a été accueilli à coups de pierres et de tessons de bouteilles par des citoyens furieux de ce quartier situé à moins d’un kilomètre du palais.

« Nous voulons des explications, nous voulons savoir comment l’Etat compte aider les gens qui, bien avant le 12 janvier, vivaient dans des conditions infrahumaines. C’est inacceptable en plein 21e siècle ! » a dit l’un d’eux à l’agence en ligne AlterPresse.

D’après le ministre sortant de l’Economie et des Finances, Ronald Baudin, le projet avance mais il n’est pas encore au stade d’exécution.

« Une partie du financement est déjà disponible, les plans sont conçus … les maquettes ont déjà été produites. Il ne reste qu’à libérer les sites pour entamer les travaux qui doivent permettre la réalisation de ce projet immobilier », a-t-il dit à AKJ.

Par contre, à en croire une autorité de la CIRH, le projet n’est pas certain. Priscilla Phelps, la Conseillère Principale pour le Logement et les Quartiers au sein de la CIRH s’est exprimée dans un article d’AlterPresse le 12 janvier 2011 : « Il reste beaucoup de questions à clarifier… Le projet doit être passé au crible. Il est assez cher. »

Interrogé plus récemment, Jean-Christophe Adrian, Coordonnateur des Programmes en Haïti pour UN-HABITAT, qui dirige actuellement le Cluster Logement, estime lui aussi que le projet est dans une véritable impasse.

« Je ne suis au courant d’aucun progrès, » a-t-il lâché à AKJ.

Adrian se souvient pourtant des rencontres qui avaient lieu presque tous les jours au Palais National sur des planifications visant l’évacuation du Champ de Mars et un retour des sinistrés dans leurs quartiers d’origine.

« C’était une initiative du Président Préval, » reconnait-il, et selon lui les agences étaient très enthousiastes pour la réussite de ce projet pilote et se sont accordées sur le fait que « la seule solution est de permettre aux gens de retourner dans leurs quartiers. »

Cependant les rencontres et les discussions ont soudainement été interrompu.

« Bon, on n’a pas toute l’information mais, en fait … d’après ce que j’ai pu comprendre, la décision qui a été prise était celle de faire une grande opération sur Fort National, » s’est rappelé Adrian.

A l’instar de Phelps, Adrian ne pense pas que de grands projets de logements sociaux soient la meilleure solution. L’une des raisons est que, historiquement, c’est souvent la seule classe moyenne qui en bénéficie.

Ayiti Kale Je s’est tourné vers le maire de Port-au-Prince, Muscadin Jean Yves Jason, pour lui demander des informations sur les interventions en faveur des réfugiés du Champ de Mars qui sont, après tout, des résidents de sa commune.

Selon ses révélations, la mairie n’a jamais été impliquée dans le projet de Fort National.

« C’était une position en faveur de la plateforme présidentielle Inite en vue de courtiser l’électorat du Bel Air », a soutenu le maire dans une entrevue réalisée par courrier électronique.

En outre, Jason informe avoir tenté de libérer quelques places le 12 mai dernier, soit deux jours avant l’investiture du nouveau chef d’État Michel Martelly, mais sans succès, regrette-t-il. Il indique également avoir sa propre proposition sur l’établissement de logements sociaux à Morne à Cabrit, montagne sèche située au nord-est de la capitale. Ce projet pilote destiné à 6 000 familles est évalué à $76,065,000 dollars US (US$12,677.50 par famille), a-t-dit.

Le nouveau président a récemment a fait circuler un document intitulé « Fermeture de six camps prioritaires au travers du lancement de la reconstruction définitive . » Les camps du Champ de Mars ne figuraient pas parmi ces six camps considérés « prioritaires ».

Personne ne peut prétendre avoir la vérité sur le temps qu’auront à passer ces citoyens dans cette situation à peine descriptible. Mais une vérité n’échappe à personne : si un héros est quelqu’un qui « se distingue par ses actions » ou « qui tient le rôle principal dans une histoire, » tel que le définit le dictionnaire, plusieurs acteurs – dont des ONG, des agences des Nations Unies, des maires, des ministres et la CIRH entre autres – agissent de manière presque contraire, aux yeux des occupants du camp du Champ de Mars.

Peut-être que les vrais héros sont les sans-abris. Chaque jour ils luttent pour leur survie contre les pluies, le choléra, l’absence de logement, l’insuffisance des toilettes, le manque d’accès aux écoles, aux emplois et peut-être même le manque d’espoir. [akj apr 15/06/2011 09 :40]

…………..

* « Ayiti Kale Je » (http://www.ayitikaleje.org/) est une initiative de partenariat médiatique en vue d’assurer des investigations journalistiques sur la reconstruction d’Haïti suite au séisme dévastateur qui a frappé le pays et fait 300.000 morts et autant de blessés.

Le Groupe Médialternatif est un des partenaires de cette initiative, à travers son agence multimédia AlterPresse (http://www.alterpresse.org/), avec la Société pour l’Animation de la Communication Sociale (SAKS – http://www.saks-haiti.org/). Deux réseaux participent également : le Réseau des Femmes Animatrices des Radios Communautaires Haïtiennes (REFRAKA) et l’Association des Médias Communautaires Haïtiens (AMEKA), qui est composé de stations de radios communautaires à travers le pays.

………….

Les étudiants du Laboratoire du Journalisme, de l’Université d’Etat d’Haïti, ont collaboré à cette sérié.

NB : Le journaliste et étudiant Kendi Zidor a subi une attaque armée et a été dévalisé alors qu’il recueillait des données pour cet article sur la Place Jean-Jacques Dessalines le 1er juin 2011 à 1:30 de l’après-midi.

La place est à quelques pas du Palais National surveillé par des agents la Police Nationale et parfois des soldats des Nations Unies. Ayiti Kale Je a appris plus tard que le Champ de Mars et le périmètre des camps sont réputés pour les vols et autres actes de violence.

Zidor témoigne qu’après avoir pris la dernière photo il vit un jeune homme armé s’avancer vers lui et exiger qu’il entre dans une tente.

« Je préférais la mort au kidnapping, j’ai résisté, » a-t-il dit à AKJ.

« Peut être qu’il me prend pour un représentant d’organisme de l’état ou d’une organisation humanitaire qu’il estime complice dans sa situation », s’est dit Zidor qui continue : « J’ai brandi ma carte de presse mais cela ne l’a pas dissuadé. »

Quatre ou cinq voyous ont encerclé Zidor. Ils ont pris son ordinateur, sa caméra, des téléphones portables, son passeport, son argent et beaucoup d’autres objets et documents personnels.

Tous les fichiers audio et photo pour cette enquête ont été perdus.

« J’ai assisté impuissant à la séparation du butin, » affirme Zidor. « Dans cet espace bondé de gens je n’ai bénéficié d’aucun secours, les spectateurs ne se sont même pas montrés surpris de la scène », regrette-t-il.

Une fois qu’ils ont tout emporté, le voyou armé agitait son pistolet dans le visage de Zidor, en lui disant « M ap tire w ! » (« Je te tue ! »), mais a ensuite dit : « Kouri ! » (« Enfuis toi ! »).

Zidor a ainsi échappé à la mort.

La police n’a signalé aucune arrestation.

 

 

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