mercredi 15 juin 2011

15 Juin

Haiti-Politique :

La ratification du premier ministre désigné, principal point au menu de la deuxième session législative

P-au-P, 14 juin 2011 [AlterPresse] — Le président de l’Assemblée nationale, le sénateur Jean Rodolph Joazile a annoncé que le processus de ratification du premier ministre désigné, Daniel Gérard Rouzier, sera l’un des points forts sur lesquels les parlementaires vont statuer durant la deuxième session ordinaire de l’année législative.

Soixante députés sur 79 et 19 sénateurs sur 28, réunis en Assemblée nationale ont procédé, le lundi 13 juin, à l’ouverture de cette session ordinaire, qui prendra fin le deuxième lundi de septembre de cette année.

« Au cours de cette session nous allons poursuivre notamment le processus de ratification du premier ministre désigné, tel que débuté durant la première session extraordinaire », indique Jean Rodolph Joazile, dans son discours de circonstance.

Mais, il a précisé par ailleurs que le pouvoir législatif et l’exécutif organiseront bientôt une séance de travail spéciale en vue de définir un calendrier de travail tout le long de la deuxième session législative.

« Après avoir défini un calendrier de travail avec l’exécutif nous allons mettre, au cours de cette session, l’emphase sur les propositions et les projets de loi qui sont en souffrance au parlement depuis des année », a promis le président de l’Assemblée nationale, Jean Rodolph Joazile.

Le sénateur Joazile a demandé à ses pairs de remplir leur fonction de parlementaire dans la plus grande sérénité. [sfd gp apr 14/06/2011 10 : 15]

 

Haïti – Reconstruction :

Carl Lewis déplore le non respect des promesses faites à Haïti
14/06/2011 12:24:16

clip_image002En visite pour 24 heures en Haïti, après un séjour de 3 jours en République Dominicaine, Carl Lewis [l’athlète américain, 8 médailles d’or Olympique et 9 titres mondiaux, a rencontré le Président Martelly, hier, lundi à Port-au-Prince.

Au cours de cette rencontre le Président Martelly a exprimé « les espoirs et les préoccupations de son administration en ce qui concerne la dégradation des ressources naturelles et l’environnement »

« Ce que j’ai entendu, ce que je sais sur Haïti, c’est qu’il a de graves problèmes de déforestation… Je crois que la République Dominicaine, la Communauté internationale et Haïti, doivent travailler ensemble, pour que le pays puisse améliorer sa situation économique et sociale, pour le bénéfice de sa population et de tous les habitants de l’île » a déclaré dimanche l’Ambassadeur de bonne volonté de la FAO (Food and Agriculture Organization).

Carl Lewis déplore que les promesses faites par les pays donateurs, après le séisme de janvier 2010, n’ont pas été respectées « Ce que nous savons, c’est que les promesses n’ont pas été tenues, le peuple haïtien veut aller vers le développement, mais il ne peut pas le faire seul, sans l’aide des autres pays. Quand je quitterai Haïti, je vais attirer leur attention sur cette situation, je vais élever ma voix, pour exiger que les promesses soient respectées. »

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3137-haiti-humanitaire-l-athlete-americain-carl-lewis-bientot-en-haiti.html

S/ HaïtiLibre

 

CIRH : Bill Clinton attendu mercredi en Haïti

Publié le mardi 14 juin 2011

clip_image006L’ex-numéro un américain Bill Clinton, co-président de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH), arrive ce mercredi à Port-au-Prince pour ses premières discussions officielles avec le Président Michel Martelly depuis l’avènement au pouvoir de ce dernier, il y a exactement un mois.

Interrogé par Radio Kiskeya, le syndicaliste Jean-Claude Lebrun, un des membres de la CIRH, a estimé que cette rencontre au sommet devrait donner une nouvelle impulsion à une structure qui, de l’avis général, a très peu contribué à la reconstruction du pays, près de 18 mois après le terrifiant séisme de janvier 2010. spp/Radio Kiskeya

 

 

Haïti – Économie :

Haïti présent aux journées techniques de Petrocaribe
14/06/2011 15:47:14

clip_image008Les journées techniques de Petrocaribe, s’ouvrent ce mardi dans la ville de Porlamar, dans l’État de Nueva Esparta, au Venezuela pour s’achever vendredi. L’objectif de ces journées techniques, vise à renforcer l’intégration régionale, la coopération énergétique et la souveraineté des nations signataires a expliqué Asdrúbal Chávez, le Vice-président du Raffinage, du Commerce et de l’Approvisionnement de Pétrole du Venezuela (PDVSA), dans son allocution d’ouverture.

Chávez, qui est aussi le Président de la filiale PDV Caraïbes, a précisé que sera fait également une évaluation des réussites de l’organisme multilatéral tant en matière d’accords énergétiques qu’au sujet du développement social.

Durant ces journées, où 32 représentants des 16 pays membres participent [dont Haïti]. Chávez a fait savoir que « des tables de travail seront réalisées pour renforcer les projets qui se développent dans les 16 pays dans le cadre de Petrocaribe, des projets qui favorisent l’intégration régionale et la coopération. » Une note de presse, diffusée par le PDVSA, mentionne que cette rencontre, cherche à renforcer la solidarité, la complémentarité économique, la sécurité énergétique et la souveraineté des peuples sur leurs ressources naturelles.

Petrocaribe dans son schéma d’intégration, contribue, avec la construction d’infrastructures dans la région, à répondre aux besoins énergétiques des pays d’Amérique centrale et caribéens, historiquement exploités par les entreprises transnationales, qui fonctionnaient comme intermédiaires et spéculaient sur la facture pétrolière.

Asdrúbal Chávez a indiqué, que durant cette réunion multilatérale, des accords sur des approvisionnements énergétiques seront révisés ainsi que des accords financiers qui fournissent des ressources pour le développement des pays. Ajoutant que ce qui est recherché « c’est que les pays participants puissent administrer leurs besoins énergétiques avec des concepts éloignés de l’administration des ces transnationales. »

De nombreux sujets seront à l’agenda de cet événement, comme le raffermissement opérationnel des entreprises mixtes; l’épargne énergétique; l’appui aux projets socio productifs; ainsi que le développement énergétique dans les aires d’exploration, de raffinage, de pétrochimie, l’approvisionnement en combustible, le gaz et les énergies alternatives.

Petrocaribe a été créer en juin 2005 par 14 pays. Haïti et le Nicaragua se sont ralliés par la suite au groupe, qui compte aujourd’hui 16 membres. Durant ces six années de gestion, l’initiative Petrocaribe a contribué à fortifier la sécurité énergétique, à réduire la pauvreté au travers du Fonds Alba Caribe, à garantir la sécurité alimentaire et à établir un juste commerce entre les pays grâce aux échanges de biens et de services.

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-1039-haiti-rumeurs-de-palais-le-gouvernement-voudrait-utiliser-100-millions-du-fonds-petro-caribe.html
http://www.haitilibre.com/article-1095-haiti-politique-yves-christalin-refuse-d-avaliser-l-utilisation-du-fonds-petrocarib.html
http://www.haitilibre.com/article-1636-haiti-economie-le-budget-2010-2011-depend-a-66-de-l-aide-internationale.html

HL/ HaïtiLibre

 

Haïti – Politique :

Des déclarations de patrimoine qui se font attendre…
14/06/2011 13:01:25

clip_image010La loi du 18 février 2008 dans ses dispositions, impose aux membres du gouvernement sortant, aux anciens parlementaires qui n’ont pas été reconduits, aux nouveaux élus et à tous les fonctionnaires et autres agents publics, de déposer leur déclaration de patrimoine devant les greffes des Tribunaux de Première Instance de leur domicile, dans les 30 jours après leur entrée en fonction ou à la fin de leur mandat. Le délai légal de 30 jours s’achève aujourd’hui à minuit…

C’est à partir de ces déclarations que l’Unité de Lutte contre la Corruption (ULCC) procède à des enquête lorsque nécessaire. La Fondation Héritage pour Haïti (FHH), section de Transparency International (IT), rappelle que cette loi a pour but « de garantir la transparence de la vie politique, de protéger le patrimoine de l’État, tout en préservant la dignité des déclarants. » La FHH, souhaite le respect de cette loi et demande à l’ULCC de prendre toutes les mesures qui s’imposent en cas d’irrégularités constatées.

HL/ HaïtiLibre

 

Haiti : Le micmac systémique

Par CCN / PORT-AU-PRINCE | CARICRéOLE | 14.06.2011 l 15h39

Port au Prince. Mercredi 15 juin 2011. CCN . Plus d’un mois de silence, ma dernière chronique remonte en effet au 4 mai. Une fois les résultats définitifs de la présidentielle connus et la phase de changement de pouvoir entamée; il fallait laisser un peu de temps pour voir. Cependant, cela ne veut pas dire qu’il ne se passe rien d’important. Au contraire, dans les périodes de changement de camarilla (surtout lorsque l’on passe d’un régime politique à un autre), l’incertitude règne au niveau de l’appareil d’état et du secteur privé des affaires, les intrigues de Palais font rage et la population est dans l’expectative tiraillée entre l’espoir et la crainte de l’avenir alors que l’épidémie de cholera a refait surface.

Le nouveau président Michel Martelly a prêté serment le 14 mai mais jusqu’à aujourd’hui, Daniel Rousier, le premier ministre désigné par lui, n’a pas encore été ratifié par les parlementaires. Cela s’explique principalement par le fait que Martelly ne dispose que de 3 « petits » députés à la chambre alors que le parti INITE, du président sortant, y détient une majorité relative. Ces parlementaires de l’opposition, par la voix de certains de leurs représentants, réclament des « postes »ministériels pour leurs partis et menacent de ne pas ratifier le premier ministre désigné. Il semblerait que ces parlementaires, encore sous le choc de défaite de leur candidat (Jude Célestin) aux dernières présidentielles, se sont rendu compte qu’ils feraient mieux de fortifier leur bloc pour faire face au pouvoir personnel et populiste de Martelly à qui ils ne veulent donner aucun sursis. On peut donc s’attendre à une bataille rangée où il n’y aura « pas de cadeau », pour paraphraser le sénateur de l’INITE Joseph Lambert. Néanmoins, après des jours de tractations, il semblerait qu’une « entente » aurait été trouvée entre le président et les parlementaires de l’opposition, mais l’affaire risque de rebondir à tout moment et le conflit pourrait ressurgir lors de l’installation du nouvel exécutif ou plus tard.
La 49ieme législature a officiellement débuté ses travaux le 25 avril. Dans son agenda se trouvait en priorité le projet d’amendement de la constitution de 1987. Comme le veut la constitution, la législature précédente lui a légué ce projet originellement soumis par l’ex président Préval. Cependant, après un coup de théâtre de dernière minute modifiant les discussions et ententes antérieures et une fois les amendements publiés comme le veut la loi, des parlementaires se mirent à crier au scandale : le texte publié ne correspond pas, et ceci de manière substantielle, aux amendements votés à la chambre, c’est donc un faux apparemment sciemment fabriqué. Après nombre de tergiversations entre les différents acteurs, et un début « d’enquête » (qui se poursuit encore), le nouveau président, pressentant que la nomination de son premier ministre dépend du dénouement de cette affaire, céda au chantage des parlementaires et accepta, bon gré mal gré et de manière quelque peu irréfléchi, d’annuler par décret ces encombrants amendements sous réserve de publier, à une date ultérieure, les « vrais » promis par les parlementaires du bureau du sénat. Cependant, le nouveau texte reçu à la présidence pour publication s’est avéré être véritablement tout aussi faux que le premier.… Alors, il a été dit que le président, dans sa sagacité coutumière, a « tranché » pour le bien du pays : oyez citoyens, je déclare les amendements constitutionnels votés par la 49ième législature annulés sur toute l’étendue du territoire national. Néanmoins, le problème reste entier car les « vrais » amendements (si tant il y en avait) ne se trouvent … nulle part. Ainsi de ces amendements ne subsisteront pas même des traces, malgré cette forfaiture aucuns fautifs ne seront identifiés, encore moins de coupables appréhendés. Tout cela n’aura été qu’un leurre (ou un mauvais rêve) et les différents acteurs ne prendront probablement même pas la peine de faire de « vraies » amendes honorables à la nation et surtout à sa diaspora qui devrait être la première bénéficiaire de ces révisions.
Les élections de 2011 ont été riches en rebondissement et des revirements spectaculaires ont émaillés son déroulement. Jusqu’à aujourd’hui, les législatives ne sont pas complétées. La seconde publication (après contestation) des résultats des élections de 17 députés et 2 sénateurs qui aurait du suivant la loi électorale être définitifs mais qui semblent frauduleusement bénéficier le parti INITE sont contestés par la communauté internationale (USA en tête) qui exige leur renversement. Une troisième version a donc été concoctée par le CEP mais l’ex président Préval a refusé de les publier prétextant que les signatures apposées au bas du document ne sont que des versions scannées de membres non disponibles du CEP. Cela permet à l’ex Président de faire nuisance au gouvernement américain qui avait entre temps retiré des visas d’officiels du gouvernement et du CEP, et même celui de sa fille. Il est vrai cependant que le CEP n’est plus opérationnel et réduit à trois membres sur neuf : l’un d’entre eux est décédé, un autre a démissionné et quatre autres, dont le président lui-même, seraient malades et/ou en cavale. De plus, les membres du CEP ont été « invités » par le commissaire du gouvernement, hier encore travaillant sous les ordres du ministre de la Justice de René Préval mais qui aujourd’hui pêche par excès de zèle, à venir répondre de leurs actes par devant le parquet. Les membres malades et/ou en cavale ne se sont évidement pas présentés; ce qui pour le moment reste sans suite. Entre-temps, la cerise sur le gâteau revient au cas du sénateur Youri Latortue, ex bras droit de la campagne de Mirlande Manigat, qui trône à la tête d’une commission d’enquête parlementaire sur … les agissements frauduleux du CEP et qui demande lui aussi des comptes en exigeant même de scruter les comptes bancaires des membres du CEP à la recherche de mouvements suspects. Lorsque le nouveau président Martelly a voulu bien sur publier les derniers résultats révisés qui, il faut le dire, prévient le parti INITE d’une majorité absolue au parlement, et « trancher », encore une fois, pour le « bien de tous », il s’est heurté à ce problème de faux signatures et a du malgré lui se dégonfler (du mois provisoirement, car le cas des 19 représentants du peuple dont les élections sont équivoques est actuellement objet de tractation entre la présidence et les parlementaires` ).
Entre temps le nouveau président semble marcher sur un nuage: il multiplie les rencontres, les apparitions et les déclarations publiques; il fonce et se défonce. C’est d’abord son inauguration, boudée il est vrai par les états sud-américains, qui a retenu l’attention. Outre le budget de l’évènement qui apparait exorbitant (entre 2.4 et 4 millions de dollars selon les sources) pour le maigre résultat, les grands et couteux panneaux publicitaires exhibant les photos en gros plan du président érigés pour la circonstance et la mauvaise organisation, c’est la coupure d’électricité pendant la déclamation de son serment qui a le plus choqué les esprits. Cet acte, qui ressemble fortement à un sabotage, a même été dénoncé par le chef sortant de la Minhusta Edmond Mullet qui rouge de colère a réclamé une enquête semble t-il été diligentée mais qui surement se poursuivra. Martelly (alias « Sweet Micky ») n’hésite même pas à se présenter en grande pompe et avec la fanfare à l’inauguration de projets et de travaux initiés par son prédécesseur sans toutefois donner le crédit à ce dernier. Mais ce qui est le plus significatif, c’est qu’il semble vouloir étendre les promesses déjà exagérément mirobolantes qu’il avait fait au cours de sa campagne électorale. Par exemple suite aux fortes pluies les eaux du lac Azuei débordent et inondent un peu la douane de Malpasse, sur le coup il se déplace et tel un justicier promet non seulement de résoudre ponctuellement le problème mais encore soutient qu’il va y apporter une solution durable c’est-à-dire empêcher que l’eau ne se déverse en s’attaquant aux bassins versants l’avoisinants. Il annonce, dans le même temps et sans transition aucune, une nouvelle taxe ( ?) sur les commerçants de produits non biodégradables (telles les bouteilles de tampico) et une sorte de nationalisation de l’exploitation des carrières de sable…. Mais ce qui attire le plus l’attention c’est cette affaire d’éducation gratuite pour tous qui semble être son dada numéro un. Alors sur ce point il se comporte comme un volontariste, un joueur de poker ou un « Zorro des iles » comme je l’avais un peu ironiquement traité dans une de mes chroniques précédentes. Il annonce, de manière ostentatoire, le prélèvement de taxes sur les appels téléphoniques internationaux rentrants et les transferts d’argents sortants-rentrants devant être effectifs dès le premier juin. Cette disposition est prise alors que le nouveau gouvernement n’est même pas en fonction alors que le projet n’est pas approuvé par le parlement comme le veut la loi. A ce sujet d’ailleurs le ministre des finances démissionnaire et le gouverneur de la banque centrale ont été convoqués par le parlement pour « donner des explications » sur cette prise de décision, on attend la suite mais entre temps le projet de taxation reste en veilleuse De temps à autre il fait des déclarations de trop, sur le sénateur l’accusant d’avoir orchestré avec le maire de Delmas (Wilson Jeudi) la destruction manu-militari d’un camp de réfugié, il affirme que cela s’explique par la frustration que le sénateur ressent vu qu’il n’a pas pu le recevoir comme celui-ci le lui sollicitait et qu’une fois il l’aurait fait il se calmerait, se référant au parlement qui semble lui faire obstacle, il annonce sur un ton mi-plaisantin son intention de le destituer, de démissionner lui-même et de reposer sa candidature à la présidence, enfin, pour ne citer que ces trois exemples, se référant probablement à un journaliste qui le critique selon lui à tort, il dit qu’il lui cassera la gueule après avoir bien entendu démissionner de son poste de président… Cependant par-delà ce folklorisme et ce style spectaculairement inefficace (qui ressemble à une perpétuelle fuite en avant pouvant présager le pire) c’est toute cette période de transition qui dure trop et qui est débordante d’incertitudes quand à l’avenir….
L’actualité est aussi dominée par les révélations de Wikileaks qui, par l’entremise des journaux « The nation » [1] et « Haïti liberté »[2] , livre au public 2000 câbles diplomatiques confidentielles faisant la lumière sur les rapports de domination-dépendance qu’entretiennent les gouvernements haïtiens et américains sur sept ans 2004 à 2011. Tour à tour on mesure l’attitude hostile du gouvernement américain vis-à-vis des relations d’Haïti avec le Venezuela, Cuba et autres, en particulier leur opposition systématique à l’accord Petro-Caribe entre Venezuela et Haïti. Il n’a jamais pardonné à Préval d’avoir voulu outrepasser leurs injonctions. Dans ma chronique du 11 janvier 2011 parlant du retour au pouvoir de la droite en Haïti, j’avais déjà écrit :
« Mais de plus, je prétends aussi que l’administration Obama-Clinton a préféré (en échange de quoi ?) abandonné Préval en pâture aux Républicains (majoritaires désormais à la chambre des représentants) qui voient la montée de la droite haïtienne et même de l’extrême-droite (en la personne de Martelly) comme une occasion inespérée de vider de vieilles querelles avec la gauche haïtienne et aussi de mettre fin à l’influence de la gauche latino-américaine en Haïti (c’est-à-dire Chavez, Lula, Castro, Bachelet et consort). »
On y trouve aussi les pressions multiformes exercées contre l’augmentation du salaire minimum de misère, les manœuvres pour écarter le parti « Lavalas » des élections, jusqu’aux honteuses pressions pour forcer l’achat du riz produit aux Etats-Unis. Il faudra aussi attendre de Wikileaks des révélations sur les menées de la diplomatie américaine pendant la période électorale qui a vu l’arrivée de Michel « Sweet Micky » Martelly au pouvoir d’autant plus que celui-ci se targue d’être le nouveau chouchou de l’international.
Tout ce micmac, cette entropie caractéristique d’une société incapable de trouver les bonnes réponses à ses problèmes, ces conflits inextricables qui forment des boucles rétroactives (comme lorsqu’un chien pourchasse sa propre queue), cette mainmise grossière de l’étranger et cette dépendance envers l’extérieur, cette épidémie venue des troupes de l’ONU ne sont que des signes patents d’une maladie dégénérative grave à savoir l’effondrement de notre société. Voilà pourquoi dans les prochaines chroniques nous nous proposons de reprendre et poursuivre ces analyses laissées pour un temps en suspend…


Claude Carré, Port au Prince 15 juin 2011

 

Perspectives >

Haïti-Martelly-30 jours : Le président encore en campagne

P-au-P, 14 juin 2011 [AlterPresse] — Trente jours après son accession au pouvoir, le 14 mai dernier, Michel Martelly peine à tourner la page de la campagne électorale et a lancé son administration alors qu’il n’a toujours pas une équipe gouvernementale.

Dans le cadre de ses activités, le président a participé à diverses inaugurations d’écoles nationales et primaires dans plusieurs régions du pays, en particulier dans le Sud où il a lancé le 17 mai le Fonds National pour l’Éducation (FNE).

Par cette démarche, « je veux que tout le monde voie que j’attache une importance particulière à l’éducation », a déclaré Martelly le 7 juin dernier à l’occasion d’une rencontre avec les journalistes pour marquer la journée latino-américaine de la presse.

Ce fonds sera alimenté par un prélèvement de 5 centimes sur chaque appel international entrant vers Haïti, depuis le 1er juin et 1,50 USD à partir de ce 15 juin. Une décision qui n’est basée sur aucun cadre légal ou juridique.

Pour le président, la nature du fonds importe peu. « Le plus important c’est que je sois parvenu à convaincre tout le monde que nous allons faire de l’accès à l’école une chose gratuite », a-t-il martelé le 7 juin dernier.

Quand à l’emploi, qui constitue un autre axe important de la politique que compte mettre en œuvre Martelly, on ne sait pas encore quel plan sera suivi. Il a cependant jugé pléthorique les 268 employés préposés au nettoyage du palais présidentiel, dont l’espace occupé a considérablement été réduit après le séisme.

Quant au sort de l’environnement, Michel Martelly a visité des sites fortement affectés, particulièrement le lac Azuéi (qui déborde et met en péril les infrastructures près de la frontière de Malpasse avec la République Dominicaine).

Martelly a également reçu au palais le 8 juin des responsables d’un regroupement d’une vingtaine d’organisations écologiques haïtiennes appelé « Réseau Écolo ».

Il a invité ces derniers à s’investir dans une campagne de sensibilisation permanente de la population dans le but de mieux l’informer sur la nécessité de protéger l’environnement.

Une mission que le chef de l’exécutif confie également aux médias, qui, selon lui, ne devraient pas seulement mettre l’accent sur des questions d’ordre politique.

A propos de politique, Martelly s’est jeté dans la bataille pour porter le parlement à ratifier son premier désigné le 20 mai dernier, Gérard Daniel Rouzier.

Martelly n’a pas hésité à revenir à ses actions de campagne en lançant des appels téléphoniques pour convaincre la population de la validité de son choix. Ce qui a irrité certains parlementaires, qui ont interprété ce geste comme une tentative d’empiètement sur leurs propres prérogatives.

Les méthodes de campagne ont également été utilisées pour promouvoir la personnalité de Martelly, avec des affiches géantes à travers la capitale et la diffusion sur les médias d’État d’une chanson à la gloire du président, comme cela se faisait au temps de la dictature des Duvalier.

Le culte de la personnalité est interdit par la constitution de 1987, toujours en vigueur en dépit du processus d’amendement qu’avait entamé la 48e législature et qui a été finalisé par la 49e dans la nuit du 9 mai 2011.

En effet, le président a décidé le 6 juin écoulé de rapporter la publication du journal officiel le moniteur du 13 mai qui comporte la version amendée erronée de la loi-mère.

Entre le chanteur et le président, Martelly a montré quelques difficultés à faire un choix définitif. Souvent sur scène il s’est transformé en chanteur et s’est même cru sur un char de carnaval lorsqu’il a lancé des propos frôlant la grivoiserie durant l’inauguration le 26 mai à Tabarre (périphérie nord) d’un édifice qui doit abriter une école.

Dans une allusion à peine voilée au sexe, Martelly a déclaré que le nouvel édifice était « byen kale, byen bande ». [rh gp apr 14/06/2011 16:00]

 

Perspectives >

Haiti-Martelly-30 jours : Le flou

P-au-P., 14 juin 2011[AlterPresse] — Un mois après l’investiture du président Michel Martelly, en l’absence d’un nouveau gouvernement, c’est le flou sur les actions politiques et économiques que pourrait mettre en œuvre cette administration.

Il est difficile, de l’avis de certains parlementaires, de déceler l’orientation qui sera suivie. Cependant certains d’entre eux croient avoir identifié une certaine volonté de mettre le législatif face au fait accompli.

Le député de Port-Salut, Sinal Bertrand déplore l’attitude du chef de l’exécutif, qui, selon lui, a tenté, dès sa prise de fonction, « de soulever la population contre les parlementaires ».

Il estime que Martelly a mis en place une machine de communication pour mobiliser l’opinion publique sur le choix de son premier ministre désigné Daniel Rouzier et a accordé peu d’importance aux démarches formelles.

« Dans cette conjoncture politique difficile le président Martelly aurait mieux fait de se mettre d’accord avec le parlement dès le départ. Il y a actuellement une urgence pour tous les secteurs de se mettre ensemble pour résoudre les problèmes du pays », soutient Bertrand.

Les sénateurs Jean Baptiste Bien-Aimé et Yvon Buissereth disent préférer attendre la mise en place de son gouvernement pour commencer à l’évaluer.

En attendant, « le président Martelly n’a fait qu’inaugurer des écoles… » et « il doit absolument changer de tactique », estime Bien-Aimé.

Dans divers autres secteurs, c’est l’expectative et les responsables de certaines institutions non gouvernementales ne souhaitent pas émettre un avis.

Cependant, Rosane Auguste de l’Association de Promotion de la Santé Intégrale de la Famille (APROSIFA) relève le « côté positif de l’omniprésence de Michel Martelly dans les différentes activités du pays ».

Toutefois, Auguste juge « hâtives » certaines déclarations du nouveau président.

Olga Benoit, dirigeante de la Solidarité des Femmes Haitiennes (SOFA), attend de voir la matérialisation des promesses de campagne de Martelly.

En attendant, elle relève que les organisations de femmes ont du déjà se mobiliser pour porter le nouveau pouvoir à revenir sur un projet de supprimer le Ministère à la condition féminine, considéré comme « un acquis de la lutte des femmes ».

Dans plusieurs quartiers de la capitale, les riverains interrogés sont partagés. Ceux qui dorment encore sous les tentes au stade Sylvio Cator (centre) accusent les parlementaires d’être des « magouilleurs » qui souhaiteraient retarder la mise en place du nouveau gouvernement.

« Ce sont des magouilleurs, ils font tout ce qui est en leur pouvoir afin de contrecarrer notre président », affirme l’un d’entre eux.

A la Cite de Dieu (côte ouest), certains pères et mères de famille impatients estiment que les tentes délabrées devraient être déjà un mauvais souvenir. [sfd mm bd gp apr 14/ 06/2011 16:00 ]

 

 

 

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