jeudi 16 juin 2011

16 Juin

Haïti – Politique :

Discours de Martelly, bilan des 30 premiers jours
16/06/2011 08:33:09

clip_image00230 jours depuis que le Président Michel Martelly a été élu, dans un discours à la Nation, Le Chef de l’État a fait le bilan de ces 30 premier jour, malgré l’absence d’un Premier Ministre ratifié, sans les ressources financières de l’État, sans cabinet ministériel… Malgré tout les obstacles politiques qui retardent la mise sur pied d’un Gouvernement, le Président Martelly se dit fier de présenter à la population son bilan en 15 points, de ses 30 premiers jours.

« Peuple haïtien,

Cela fait seulement un mois depuis que j’ai prêté serment comme Président du pays, mais faite moi confiance, j’ai eu le temps de voir des problèmes et de les résoudre comme il se doit.

30 jours sans Premier Ministre, un premier Ministre qui est sensé m’aider à mettre sur pied le programme politique que je lui ai proposé, le programme qui a fait que vous avez voté pour moi… Pendant ce temps, il y a eu des barricades qui ont été érigé sur la route, pour barrer le Premier Ministre que j’ai choisi pour vous, mais je ne me décourage pas pour ça. Depuis que j’ai commencé le travail, je l’ai fait sans reprendre mon souffle, je me sens fier, je suis fier aujourd’hui de vous présenter le bilan de ce que j’ai fait pendant ces 30 premier jours.

1- Sur le marché des Gonaïves qui avait brulé nous avons identifié des bailleurs de fonds qui ont déjà sécurisé l’argent et le marché va être reconstruit.

2- À Savane Pistache, sur la situation d’insécurité dans cette zone, la population m’avait demandé personnellement de construire un commissariat pour eux et je suis arrivé, avec le secteur privé, à leur donner satisfaction. Actuellement le commissariat est en train de se construire sans l’argent de l’État.

3- Comme vous le savez, j’ai lancé le Fond National pour l’Éducation, un fonds qui va permettre a une partie des enfants, qui ne vont pas encore à l’école, d’aller à l’école gratuitement dans les écoles publiques. Depuis 3 mois, nous avons des personnes qui identifient les enfants qui sont dans la rue, qui ne vont pas à l’école pour les mettre à l’école.

4- Grâce à mon initiative, la réparation de la route Peguy Ville-Frères, va permettre de réduire le trafic. Actuellement, la route est en construction.

5- J’ai également demandé la réparation de la route de Drouillard, ce qui va permettre aux véhicules de rouler sans problème sur une bonne asphalte, actuellement la route est en construction.

6- J’ai rapporté le texte d’amendement de la Constitution, qui n’était pas la version qui avait été voté au Parlement.

7- Nous avons réparé 8 maisons et nous allons continuer de construire dans le marché de Furcy avec des citoyens conséquents dans le secteur privé, pour permettre aux marchandes, de vendre dans d’autres conditions d’hygiène et de propreté. Sans l’argent de l’État.

8- Je vais remettre sur pied le Gymnasium Vincent, avec l’aide des amis d’Haïti, avec le secteur privé, pour permettre aux jeunes et aux enfants d’avoir un endroit où ils pourront jouer. Sans l’argent de l’État.

9- Après les pluies de la semaine dernières, j’ai fait nettoyer la ravine Bois-de-Chêne, pour empêcher les inondation dans la saison cyclonique, sous la supervision de l’équipe de la présidence.

10- À Malpasse, il y avait le niveau du Lac Azueï qui montait, j’ai commencé le travail, pour que la circulation au niveau de la frontière, puisse reprendre et que les marchandise traversent sans problème.

11- Pour la diaspora, j’ai réussi a obtenir une prolongation du statut TPS, comme j’en avais fait la promesse.

12- Le Projet « Kay Pa m » était un projet que j’avais monté avec Monsieur Guiteau Toussaint, le Président de la BNC, assassiné dimanche soir. Ce projet aurait permis aux employés du secteur public et privé, d’avoir une possibilité d’avoir des prêts à un taux d’intérêt fixe de 8% fixe sur 10 ans, pour acheter un terrain ou construire sa petite maison sans problème. Je vous promet que ce programme va continuer Tet Kale, je me courbe bien bas pour saluer la dépouille du Directeur Guiteau Toussaint et je salue sa famille avec respect. Je promet également, que nous n’allons pas oublier tous les efforts qu’il avait fait pour que programme existe et devienne une réalité.

13- Je suis déjà en train de négocier avec des gouvernements amis, pour solutionner le problème de la crise alimentaire dans le pays.

14- L’affaire des salaires des policiers, pour qu’ils reçoivent leur salaire à chaque mois au lieu des chaque deux mois sur leur carte a déjà été résolu avec le Directeur Guiteau Toussaint dans la BNC, je suis sûr que la banque va tenir ses engagements et même si la mort du Directeur peut donner un petit retard, je vais retourner sur le dossier quand même avec les membres du conseil de la BNC.

15- Dans l’idée de renforcer les convictions de nos citoyens, j’ai invité quelques classes d’écoles, une quantité d’écoliers au Palais Nationale, le lundi 14, pour monter le drapeau ensemble, pour lui redonner une dignité, une fierté, le respect de notre drapeau, la valeur de notre citoyenneté pour avoir l’union avec la paix dans le pays. J’encourage toutes les écoles et administration publique de le faire tous les jours.

Je ne vais pas vous parler de toutes les inaugurations d’école que j’ai fait presque chaque jour, parce que ce n’ai pas moi même qui les aient construites, mais ma présence de Les Côteaux dans le Sud à Ouanaminthe dans le Nord-Est en passant par Carrefour, Saint-Marc, Pont Sondé, Zoranger, Croix-des-Bouquets.. ma présence était pour renouveler l’engagement que j’ai pris, de donner à l’éducation de l’importance et une priorité pour permettre qu’elle devienne gratuite dans toutes les écoles publiques et obligatoire dans tous le pays.

Voici ce que j’ai déjà fait peuple haïtien, sans avoir même de Premier-Ministre, sans avoir le contrôle de l’argent de l’État, vous voyez la qualité de vie que je veux vous apporter.

Je reviens vous dire, que l’affaire de Guiteau Toussaint, ne passera pas dans « l’enquête se poursuit » la justice va faire son travail et j’en profite pour vous dire que la justice a déjà arrêtée plusieurs individus qui sont impliqués, nous avons commencé a donné des résultats dans cette affaire et nous allons combattre l’insécurité.

Je crois dans la participation de tous les haïtiens dans les affaires du pays et il faut que nous fassions ça, dans chaque action que nous posons, il faut que nous aidions la police à faire son travail, il faut que nous dénoncions les bandits, il ne faut pas que nous tolérions les kidnappeurs dans nos zones, il ne faut pas laisser les gens couper les arbres pour faire du charbon, ne pas les laisser construire dans les ravines de n’importe quel façon qui apporte des la mort dans les familles, il ne faut pas tolérer les actes de vagabondage, les abus sur les femmes sur les enfants, il faut que nous aidions notre propre tête, il faut que nous veillons sur nous, il faut que nous veillons sur les autres. Il ne faut pas rester assit à attendre que l’État fasse toutes les choses pour vous, il faut que vous pensiez que l’État c’est vous, Oui, l’État c’est vous, nous c’est l’État, c’est ça qui fait qu’aujourd’hui, il faut que vous envoyez le message à vos Députés et Sénateurs, pour que vous puissiez avoir plus, ils faut qu’ils ratifient le choix du Premier Ministre, pour qu’il puisse avec moi, travailler pour que la vie change. »

HL/ HaïtiLibre

 

Le rapport serait défavorable à Daniel Rouzier

16/06/2011 09:40:00 Auteur(e) La Redaction

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La commission chargée d’analyser les pièces déposées par Daniel Rouzier à la chambre basse s’apprête à remettre son rapport ce jeudi au bureau de cette dite chambre. Lequel rapport qui serait défavorable à Daniel Gérard Rouzier, selon une source proche de la commission parlementaire. Des graves incohérences dans les pièces de l’homme d’affaire seraient à la base de cette recommandation, nous a confié cette source qui a requis l’anonymat.

La commission chargée d’analyser les pièces déposées par Daniel Rouzier à la chambre basse s’apprête à remettre son rapport ce jeudi au bureau de cette dite chambre. Lequel rapport qui serait défavorable à Daniel Gérard Rouzier, selon une source proche de la commission parlementaire. De graves incohérences dans les pièces de l’homme d’affaire seraient à la base de cette recommandation, nous a confié cette source qui a requis l’anonymat.

Jusqu’à présent, le premier ministre désigné n’a pas encore fourni sa lettre de nomination comme consul honoraire de la Jamaïque. Outre son certificat de nationalité, un autre passeport est encore attendu par ladite commission. Des informations font état d’une possible évasion fiscale du PDG de E-power. M. Rouzier aurait payé seulement vingt-cinq mille (25 000) gourdes l’an comme taxes, alors qu’il a une rentrée supérieure à cinquante millions (50 000 000) de gourdes.

Les membres de cette commission se sont déjà rendus dans plusieurs institutions publiques, notamment au ministère des affaires étrangères, aux archives nationales et au service de l’immigration et de l’émigration pour des recherches relatives à la nationalité du Premier ministre désigné.

Par ailleurs, Le président de la chambre des députés, Sorel Jacinthe dément avoir retenu quelques pièces de M. Rouzier faisant ainsi obstacle au travail de la commission spéciale des députés chargée de vérifier l’authenticité des documents. Il rejette ainsi, les accusations du président de ladite commission, le député de la circonscription Croix-des-Bouquets/Thomazeau, Jean Tholbert Alexis.

Le président de la chambre basse reconnait, cependant, que la carte de résidence (américaine) du premier ministre n’a pas été acheminée à la commission. Il explique que M. Rouzier a donné une seule copie de ce document après avoir pris le soin d’en faire viser l’original en sa présence. Il n’a pas souhaité laissé l’original ni n’a voulu que la copie soit dupliquée, affirme le député Jacinthe qui dit avoir personnellement vu l’original.

La séance devant statuer sur le rapport de la commission spéciale pourrait être tenue ce vendredi à la chambre des députés, selon ce que nous avons appris auprès d’un membre du bureau de cette chambre.

La fin de cette première phase du processus de ratification est très attendue au sein de la population haitienne. Des voix s’élèvent déjà pour critiquer la lenteur des parlementaires dans le traitement de ce dossier. Pourtant le sénateur Andris Riché ne croit pas qu’on peut parler de lenteur, selon lui les parlementaires doivent prendre le temps qu’il faut pour éviter tout empressement dans le traitement d’un dossier d’une si grande importance. Par contre, son collègue Steven Benoit estime qu’il faut revoir les lois et règlements sur la procédure parlementaire qui jusqu’ici n’assignent aucun délai aux commissions parlementaires pour la production de leur rapport d’enquête.

Joseph Chanoine Charles et Eddy Laguerre Source:Le Matin

 

400 logements sociaux dans 100 jours


Dans cent jours, grâce à un don de 30 millions de dollars de la Banque interaméricaine de développement (BID), la construction de 400 logements sociaux devrait être achevée à Zoranje, habitation Lerebours du village Renaissance de la commune de Croix-des-Bouquets. Le président de la République, Michel Martelly, les deux coprésidents de la CIRH, Jean-Max Bellerive et Bill Clinton, et les représentants des différents partenaires de ce programme ont procédé, le mercredi 15 juin 2011, à la pose de la première pierre de ce projet.

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Pose de la première. Sur cette photo: Le président Michel Martelly, les deux co-présidents de la CIRH, Jean-Max Bellerive et Bill Clinton, le directeur général du FAES, Harry Adam, le représentant résident de la BID en Haïti, Edouardo M. Almeida, le maire de Croix-des-Bouquets entre autres

 

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Un modèle des maisons qui seront construites

 « 400 pou 100 », c’est le titre de la première phase d’un projet de construction de logements sociaux du programme de Soutien au plan d’intervention dans le secteur de l’Habitat (SPISH). Ce projet, mis en oeuvre par le ministère des Finances et qui sera exécuté à travers le Fonds d’assistance économique et social (FAES), consiste à construire durant les cent prochains jours 400 maisons sur le site de Zoranje, situé au village Renaissance, non loin de Cité-Soleil, mais relevant de la juridiction de Croix-des-Bouquets. Parallèlement, une soixantaine de modèles de maisons présentés par différentes firmes de construction ont été exposés sur le site, une initiative du ministère du Tourisme.

Selon les responsables, le but de ce programme de logements qui a été négocié en novembre dernier entre l’Etat haïtien et la Banque interaméricaine de développement (BID) est d’apporter une réponse « urgente » à la problématique des déplacés et d’améliorer la qualité de vie des familles à faibles revenus. « Ce projet constitue la réponse la plus réaliste au besoin immédiat de la population. C’est un pas en plus vers l’amélioration des conditions de vie de la population », a déclaré le maire de Croix-des-Bouquets, Jean Saintange Darius. « Il faut la participation de chaque Haïtien et de chaque Haïtienne pour changer les choses. Il nous faut également conjuguer nos efforts pour éradiquer la misère du peuple », a-t-il ajouté, tout en exprimant sa gratitude aux partenaires de ce projet de construction de logements sociaux à Zoranje.

En fait, selon le directeur général du FAES, Harry Adam, ce projet dont la première phase est lancée aujourd’hui vise à construire 2 000 unités de logements qui seront réparties dans le département de l’Ouest (Zoranje), dans le Nord-Est, précisément à Caracol, et dans le département du Sud. Durant cette première phase dite « 400 pou 100 », environ 400 logements seront érigés sur une superficie de 6,8 hectares. « Les maisons construites auront une superficie de 35 mètres carrés et seront implantées sur une parcelle de 108 mètres carrés par unité de logement », a précisé M Adam.

« Cette opération et l’ensemble des interventions du programme entrent dans le cadre des préoccupations de la République et de son équipe, soucieuses de solutionner les problèmes urgents de logements auxquels sont confrontées les couches les plus vulnérables de la population », a laissé entendre le directeur général du FAES.

Pour le représentant résident de la BID en Haïti, Edouardo M. Almeida, le projet « 400 pou 100 » est un exemple concret et un grand pas pour répondre aux besoins des familles vulnérables, affectées par le tremblement de terre. « Il s’agit d’une initiative audacieuse du gouvernement avec le soutien de la BID pour contribuer à la reconstruction durable du secteur du logement en Haïti », a estimé M. Almeida, plaidant pour un partenariat public/privé en vue de résoudre le problème de déficit de logements dans le pays. Selon le bilan des dégâts présenté dans le Post Disaster Needs, plus de 300 000 maisons ont été détruites.

Le président de la République, Michel Martelly, chemise bleue, jeans bleu, casquette et basket crème, de son côté, a déclaré que la construction de ces 400 premières maisons « lancent un signal clair que le pays va reprendre ses capacités pour remettre la population au travail. « Notre volonté de bâtir des communautés durables va atterrir », a fait savoir le président « Tèt kale », soulignant que beaucoup d’emplois vont être créés à travers ce programme.

« Après la pose de cette première pierre, on va engager des discussions afin de mettre des espaces commerciaux dans les lieux. Nous allons donner des logements », a ajouté le président de la République.

Valéry DAUDIER
vdaudier@lenouvelliste.com

 

Le directeur de l’office d’assurance véhicule Edrick Léandre au pénitencier

16/06/2011 09:44:00 Auteur(e) La Redaction

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Le directeur de l’office d’assurance véhicule Edrick Léandre contre tiers (OAVCT) a été transféré ce mercredi soir au pénitencier national où il va passer sa première nuit après avoir été gardé pendant plusieurs jours au commissariat de Port-au-Prince. Le juge d’instruction, Yves Altidor chargé de ce dossier a décidé du transfert de M. Léandre après l’avoir interrogé une nouvelle fois.

Le patron de l’OAVCT, malade quelques jours après son arrestation, était soigné dans un hôpital de la capitale. A ce dernier interrogatoire du juge instructeur, il s’est présenté avec son porte-sérum. EL/LM

 

Guyto Toussaint tué de main de maître; 6 personnes arrêtées

16/06/2011 09:50:00 Auteur(e) La Redaction

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(AHP) – Le président du Consel d’administration de la Banque nationale de Credit (BNC) a éte tué de main de maître, selon  des proches de la victme qui ont refusé d’accorder des interviews sonores.

Ils ont indiqué que cet assassinat n’est pas l’oeuvre d’un petit bandit de rue, mais d’un fin connaisseur qui d’une seule balle à la tête n’a laissé aucune chance à M. Toussaint qui semble avoir été forcé de s’agenouiler avant d’être exécuté dans la cuisine de sa résidence (à Vivy Mitchell).

Depuis le meurtre unanimement condamné du 12 juin, plusieurs secteurs mettent en garde contre d’eventuelles manoeuvres  qui viseraient à détourner l’attention de ses veritables auteurs et commanditaires mais aussi de ses veritables  mobiles.

Les mêmes secteurs mettent aussi en garde contre toute tentative de trouver des boucs émissaires pour masquer l’incapacité des enquêteurs à mener une enquête sérieuse et objective ou pour créer des diversions dans le but d’obstruer la voie susceptible de conduire aux meurtriers.

Le chef du Parquet de Port-au-Prince, Harrycidas Auguste très actif ces derniers jours, a donné mercredi de nouveaux détails sur la marche de l’enquête. Il a indiqué que 6 personnes ont dejà eté apprehendées, alors que des mandats d’amener ont éte decernés contre 10 autres individus.

Il a mis en avant plusieurs hypothèses qui selon lui, peuvent être des indices favorables à la réalisation de l’enquête.

 » Le crime a été prémédité, puisque la première action des individus qui se sont introduits au domicile de M. Toussaint a été de l’abattre, a dit le commissaire, soulignant que  des mobiles politiques ou personnels ne sont pas à écarter. Il a également redit qu’aucune piste ne sera laissée au hasard, tout en faisant savoir que la justice a une obligation de résultats.

Mardi, Harrycidas Auguste avait fait savoir  que les pistes privilégiées concernent notamment le programme de logements Kay Pam que M. Toussaint aurait dû lancer le mardi 14 juin. Ce dossier a d’ailleurs éte retrouvé sur son bureau après le meurtre. Il avait également pointé du doigt d’anciens employés de la BNC qui avaient été incarcérés pour des  actes malhonnêtes mais qui sont en liberté depuis le séisme du 12 janvier 2010.

Il est aussi évoqué le rôle actif joué par le président du Conseil d’administration de la BNC dans l’absortion de la Socabank pour « cause de faillite ».

Le réseau national de défense des droits humains (RNDDH) a lancé une mise en garde aux autorites policières et judiciaires contre tout excès de zèle. Le directeur exécutifdu RNDDH, Pierre Esperance, a exprimé le souhait que les enquêteurs soient des personnes honnêtes et impartiales capables d’effectuer un travail objectif

Il s’est exprimé ainsi après que le chef du Parquet de Port-au-Prince eut annoncé des arrestations et des mandats d’amener.

 » Les mandats d’amener ne peuvent être lancés par le Parquet que dans le cadre de flagrant délit , a prévenu le responsable du RNDDH, ajoutant que la justice doit faire son travail dans la sérénité, dans le respect ds normes et des principes, mais    loin de l’excès de zèle.

Pierre Esperance a fait savoir par ailleurs que l’assassinat de Guyteau Toussaint ne doit pas être inscrit au chapître de l’insecurite génerale

C’est pourquoi, les autorites doivent oeuvrer à mettre la main au collet de ses veritables assassins, a lancé M. Esperance.

 

Martelly attend des preuves, repousse les ragots !

« Si la DEA, les ambassades, la CIA, les services d’intelligence haïtiens ne peuvent pas me donner des informations sur ces messieurs que l’on dit être de moralité douteuse, excuse-moi, pour ce qu’on dit sur moi à la radio, à la télévision et dans les journaux, on pourrait dire que je suis aussi de moralité douteuse », selon le président Michel Joseph Maretelly.

Le président Michel Joseph Martelly veut des preuves et non des on-dits sur la moralité de certains ex-policiers de sa garde rapprochée qualifiée de « douteuse » par le Réseau national de défense des droits des Haïtiens (RNDDH) en raison de leur implication présumée dans le trafic illicite de stupéfiants, la violation des droits humains et autres actes répréhensibles.« Je ne veux pas utiliser les services de personnes à réputation douteuse. Cependant, on ne peut pas se baser sur des on-dits pour taxer quelqu’un de réputation douteuse. Il faut des preuves pour démontrer dans quelle activité illicite cette personne est impliquée », a expliqué au journal Le Nouvelliste le chef de l’Etat, en marge de l’inauguration du QG à Port-au-Prince de la compagnie de construction brésilienne OAS, mercredi 15 juin 2011.

Sûr de lui, décontracté mais ferme, le président Michel Joseph Martelly a révélé avoir mené sa propre enquête sur les personnes indexées par le RNDDH.« Bien avant le RNDDH, j’avais personnellement cherché des informations sur ces gens indexés qui, d’ailleurs, étaient au courant de ma démarche parce je fonctionne dans la transparence », a indiqué Michel Joseph Martelly. « Si la DEA, les ambassades, la CIA, les services d’intelligence haïtiens ne peuvent pas me donner des informations sur ces messieurs que l’on dit être de moralité douteuse, excuse-moi, pour ce qu’on dit sur moi à la radio, à la télévision et dans les journaux, on pourrait dire que je suis aussi de moralité douteuse »,a-t-il dit en échafaudant une hypothèse.

« Si l’on classe des gens à cause de leur opinion ou idéal politique, moi, je ne vais pas faire cas de ce classement parce que je crois dans la démocratie qui confère à un citoyen le droit d’appartenir à un parti politique », a indiqué le chef de l’Etat avant de renchérir : « Si ces messieurs ont été ciblés parce qu’ils n’appartenaient pas à un parti politique, j’utiliserai leurs services ».

Le président Michel Joseph Martelly qui a confié attendre patiemment, posément les documentations du RNDDH, a qualifié l’article du journal Le Nouvelliste titré « Martelly, « président clean » entouré d’ex-policiers à la moralité douteuse » de sensationnel. « Je crois que la presse doit être plus responsable en cessant de faire des articles sensationnels », a reproché le président, ajoutant qu’il n’a pas été contacté alors qu’il est accessible, sans évoquer la citation dans le « papier factuel » en question d’un de ses conseillers privés. « Nous avons reçu la correspondance du RNDDH. Elle a été prise en compte. Mais, n’ayant pas été documentée, nous nous penchons sur les bien-fondés de ces allégations, de ces informations pour y apporter telle mesure ou attention nécessaire », avait en effet confié au journal Me Grégory Mayard Paul, conseiller privé du président Michel Joseph Martelly, le mardi 14 juin 2011 en début de matinée.

Le chef de l’Etat a par ailleurs indiqué, sur un ton plaisant qu’il attend posément des preuves du RNDDH. « Je suis un homme lucide », a indiqué Michel Joseph Martelly qui s’est dit disposé à se séparer des ex-policiers indexés en cas de présentations d’évidences prouvant les allégations faites contre eux. Car, a-t-il dit, le « président clean » tient à « rester clean », en rappelant aussi le sacro-saint principe de la présomption d’innocence jusqu’à ce qu’un tribunal reconnaisse la culpabilité d’une personne.

« Le RNDDH devra répondre de ses actes devant la justice », avait déclaré à Radio Kiskeya Guy Philippe le 14 mai 2011. « Cette organisation est à la solde de gradés de la PNH qui ont peur d’un changement de commandement à la tête de l’institution », a-t-il dit, dédouanant avec fougue les policiers « indexés ». « Ces policiers ont abandonné leurs postes après l’incident « Ronald Cadavre, en octobre 2000 », a expliqué Guy Philippe. « Aristide revenait au pouvoir et il y avait des persécutions politiques », a argumenté l’ex-commissaire de police, meneur de l’Armée du Nord en 2004, recherché par la DEA à cause de son implication présumée dans le trafic de stupéfiants. « On avait voulu me tuer. Je suis prêt à répondre aux questions de la justice. J’attends le départ du pouvoir de René Préval », avait indiqué dans la presse Guy Philippe il y a un peu plus d’un mois.

Le président Michel Joseph Martelly s’est transformé en Sherlock Holmes, as de l’enquête, afin, selon lui, de décanter l’intoxication politiquement motivée contre ces ex-policiers des faits, des documentations pour étayer les accusations portées contre eux. La DEA, les ambassades, la CIA, les services d’intelligence haïtiens ont-ils vidé leurs sacs au chef de l’Etat ? Ces entités ont-ils dans le temps participé à des initiatives en vue de nuire politiquement ces ex-policiers proches du chef de l’Etat ? Faut-il s’attendre à de nouveau rebondissements dans cette affaire ? Il n’est que d’attendre. Proprement.

Roberson Alphonse
ralphonse@lenouvelliste.com

 

Guy Philippe fustige le RNDDH

16/06/2011 12:27:00 Auteur(e) La Redaction

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Guy Philippe

L’ex-chef rebelle anti-Aristide, ancien commissaire de police et dirigeant du Front de Reconstruction Nationale (FRN), Guy Philippe, s’est inscrit en faux mardi sur les ondes de Radio Kiskeya contre les allégations le concernant dans une correspondance adressée le 9 juin au Chef de l’Etat par le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) sur la présence dans sa sécurité d’individus à la moralité douteuse.

Démentant avoir organisé le 8 septembre 1999 une réunion en sa résidence à Pèlerin 6 (Pétion Ville), avec des cadres de la police, M. Philippe soutient avoir plutôt eu l’habitude de recevoir des amis chez lui. Dans la correspondance au chef de l’Etat, un rapport de l’Inspection générale de la police est cité selon lequel il s’agissait plutôt d’une réunion de planification de l’atterrissage deux jours après dans le Nord-Est d’un avion colombien transportant de la cocaïne.

Guy Philippe nie un tel fait. Il dément également que les policiers cités dans la correspondance au président de la République aient été exclus de la PNH pour implication dans le trafic de la drogue. Ils l’ont plutôt été pour abandon de poste, précise-t-il, appelant le RNDDH à présenter les dossiers qu’il prétend détenir concernant les personnes en question.

A aucun moment il n’a été précisé dans la correspondance que ces policiers, en l’occurrence, Carel Alexandre, Noël Goodwork, Gilbert Dragon, Jacky Nau, Will Dimanche, avaient été exclus de la PNH pour implication dans le trafic illicite des stupéfiants, a fait savoir mardi une source proche du RNDDH.

Pour Guy Philippe, on a dû engager le RNDDH pour salir des gens et particulièrement les membres de la police formés, comme lui, en Equateur. « Il faut que les responsables de cet organisme de droits humains soient traduits en justice afin qu’ils répondent de leurs actes », a-t-il laissé entendre, précisant n’avoir aucune intention de les contacter pour rectification.

Sur la présence dans l’entourage de M. Martelly des policiers et ex-policiers ciblés par le RNDDH, Guy Philippe estime normal que le chef de l’Etat fasse appel à des personnes ayant la capacité de diriger et de mettre de l’ordre, de la discipline au sein de la PNH. Rappelant qu’il a soutenu la candidature de M. Martelly, il a exprimé son regret de ne pouvoir, autant que les autres, réintégrer la PNH, vu son engagement politique et sa décision de se porter candidat au Sénat dans la Grand’Anse (Sud-Ouest), en novembre prochain.

A rappeler que Guy Philippe a échappé de justesse à au moins deux raids menés pour le capturer par des forces de police locales auxquelles s’étaient joints des éléments de services étrangers, vraisemblablement américains.

Au sujet de la référence faite au commissaire Will Dimanche dans la correspondance, le Directeur central de la police judiciaire, Frantz Thermilus, a précisé mercredi au micro de Kiskeya qu’un aspect du dossier de l’enquête sur l’assassinat de Manoucheka Louis-Jean Brice dans lequel le nom du commissaire Dimanche avait été cité avait pu être élucidé.

Il explique que le commissaire Dimanche avait acheté de quelqu’un le téléphone de la victime. A la demande de la DCPJ, il avait accepté d’identifier le vendeur qui a été écroué, précise M. Thermilus. [jmd/Radio Kiskeya].

 

Enlèvement d’un enfant de deux ans à Fontamara

15/06/11

 
 

Mardi 14 juin, en début de soirée, des kidnappeurs ont enlevés le petit Moise, âgé de deux (2) années, à Fontamara 47 au sud de Port-au-Prince.

Selon madame Laurence Thomas, qui est la mère de l’enfant, les trois (3) kidnappeurs sont entrés sans inquiétude sur la cour de l’école qui est aussi la résidence de la famille pour exécuter leurs forfaits.

Avant de prendre la fuite avec l’enfant, les kidnappeurs ont dépouillé madame Moise sous la menace d’une arme à feu. WPC/LM

 

Haïti – Reconstruction :

L’appât du gain retarde la reconstruction de Port-au-Prince
15/06/2011 14:41:36

clip_image022La reconstruction de la capitale, Port-au-Prince s’enfonce de plus en plus dans la confusion. Des dizaines de milliers de dollars ont été dépensées en conférences et réunions en Haïti et à l’étranger. Mais jusqu’à présent il n’y a aucun plan unique qui émerge et encore moins de visions partagée…

L’été dernier, Ronald Baudin, le Ministre de l’économie et des finances avait annoncé que le gouvernement avait invité la Fondation du Prince [Prince Charles] à soumettre un plan pour la reconstruction du centre ville de Port-au-Prince.

« Nous avons choisi la Fondation, pour son expérience internationale, la fondation par le passé a redessiné des centres villes dans des conditions souvent difficiles comme ceux de Kingston (Jamaïque) ou de Kaboul (Afghanistan) et parce qu’il s’agissait d’une organisation indépendante à but non lucratif […] et que nous ne devions pas faire d’appel d’offre. »

Selon le Ministre Baudin et les taux du marché, la proposition de la Fondation pourrait avoir coûté presque un million de dollars. Pour sa part, le gouvernement haïtien a payé 295,000 dollars à la Fondation http://www.haitilibre.com/article-1401-haiti-reconstruction-la-fondation-du-prince-charles-dans-les-eaux-troubles.html

Si la présentation du projet par la Fondation avait soulevé l’enthousiasme http://www.haitilibre.com/article-2228-haiti-reconstruction-premieres-images-du-futur-port-au-prince.html , depuis rien ne va plus…

Jean-Yves Jason, le Maire de Port-au-Prince a interrompu tout dialogue avec la Fondation. Pour le Maire, il faut que Port-au-Prince soit planifié par des haïtiens. Le Maire aurait ainsi demandé, sur une base volontaire, à une société haïtienne, de lui soumette de nouveaux plans. En réalité cette démarche masque mal la frustration du Maire d’être relégué au second plan de la reconstruction de « sa capitale… »

Parallèlement, le Ministère de la Planification et de la Coopération Extérieure, aurait engagé la Société canadienne Daniel Arbour et Associés (DAA). Tout comme la Fondation, les honoraires de DAA seraient payé par le Gouvernement. Toutefois, au Ministère personne ne peut, ou ne veut dire, si ce contrat a été octroyé par appel d’offre, si DAA travaille sur les propositions de la Fondations du Prince Charles ou s’il s’agit d’une nouvelle « planification stratégique » et « orientation spatiale » du centre ville… Quant aux coûts de ce contrat, aucun fonctionnaire ne semble être en mesure [ou n’est autorisé] à en préciser le montant. La rumeur qui circule parle d’un coût de plus ou moins deux millions de dollars… Le Ministre Beaudin, tout comme les dirigeants de la compagnie DAA, n’ont aucun commentaire à faire… et reste muet devant les questions…

Le Maire Jason, qui veut jouer un rôle prépondérant dans la reconstruction de la capitale, reconnaît être au courant du projet de DAA, il se dit ouvert au dialogue mais déplore que « personne du Ministère ou de cette compagnie canadienne, n’est entrée en contact avec l’Hôtel de ville… »

Au delà des divergences de visions, de rôle politique des uns et des autres ou de compétition entre les projets, la rivalité des plans de reconstruction s’explique plus simplement par des jeux d’influences pour l’obtention des contrats finaux. « Nous ne devrions pas le cacher, la reconstruction est tout d’abord une question d’argent et d’investissements, de beaucoup d’argent… » admet le Maire de Port-au-Prince.

HL/ HaïtiLibre

 

Livres en folie  

Quatre livres importants de Bernard Diederich

Bernard Diederich vient de rééditer chez Henri Deschamps 4 ouvrages sur le régime des Duvalier. Une oeuvre remaquable et immense. Journaliste, il a vécu en première loge certains événements dramatiques et palpitants qu’il rapporte dans ses livres percutants. Des livres fort instructifs, incontournables même. A travers ces pages d’histoire, le lecteur est appelé à retourner vers les champs de son passé, du temps des tontons macoutes qui ont marqué l’histoire de notre pays.

Né aux Etats-Unis d’Amérique, Bernard Diederich, journaliste et reporter de talent, vit en Haïti depuis plus de quatre décennies. Amoureux de notre terre, témoin attentif du règne des Duvalier (1957-1986), il vient de publier à l’Imprimerie Henri Deschamps : « Le Prix du Sang Tome II, Jean-Claude Duvalier ou la chance galvaudée» « Blood in the Sun », « Island of Fear », « The Fools of April », quatre ouvrages d’une grande importance qui se justifient par leur originalité mais qui invitent surtout le lecteur à retourner sur les ruines de notre passé honni.

De François Duvalier à Jean Claude Duvalier, 30 longues années ont façonné l’histoire de notre pays ; 3 décennies qui ont selon plus d’un conduit le pays dans l’abîme et qui ont séparé dans le deuil les fils d’une même patrie. Ces essais objectifs et extrêmement vivants écrits dans «une écriture» pénétrante et soignée nous présentent les situations sociales tendues, les événements politiques qui ont survenu durant la dynastie des Duvalier. Menaçants, impitoyables, combatifs, John Kennedy, Rafael Leonidas Trujillo, Fidel Castro dans leurs rapports heurtés avec François Duvalier qui a su tirer ses épingles du jeu avec fracas et astuce. C’est toute l’histoire houleuse de la diplomatie macoute qui, par ses réseaux de renseignement et ses énormes moyens financiers, éclate sous nos yeux! L’auteur met en évidence un nombre important de faits à travers des exposés solides, et sérieusement doucumentés. Présent sur le terrain, ses publications d’intérêt local nous fournissent des informations méticuleuses de grande importance sur le régime qui avait réprimé dans le sang les velléités démocratiques du peuple haïtien qui est toujours à la recherche du progrès et du bien être social. Mis à part quelques réussites notamment dans les domaines de l’éducation, de l’infrastructure, du tourisme, il y avait un climat de terreur, de violence enregistré durant leur règne.

Vivants et enrichis de témoignages, de réflexions et d’anecdotes bouleversants, les ouvrages de Bernard Diederich apportent une vue d’ensemble de cette période de notre histoire et à travers des éclairages successifs, des informations inédites et rigoureuses pour décrire les violences atroces, les déceptions, les revers, les faits tragiques et insolites, les coups, les dénonciations enregistrés dans le pays au cours de ces longues années. A la méthode scientifique de l’historien, Bernard Diederich allie l’intuition du romancier pour décrire les souffrances et les luttes de tout un peuple. L’essayiste a également dressé le profil de ces hommes qui ont accéléré brutalement le destin de notre peuple et commente les actions, les crimes et les secrets. Grâce à ces ouvrages, le lecteur verra comment notre pays était plongé dans le chaos, la bêtise, l’inhumanité et dans des actes de terreur irrépressibles. Force est de reconnaître l’habilité avec laquelle Papa Doc a su résister et vaincre tant de tempêtes politiques et diplomatiques.

Ainsi « Le Prix du Sang » tome II (L’Héritier) analyse la fin de la maison des Duvalier. Horrible! Le récit nous campe Jean Claude Duvalier qui était mal préparé pour diriger les destinées de notre peuple. Une expérience somme toute décevante « The Fools of April », « Island of Fear » (1960), « Le Prix du Sang. tome II Jean-Claude Duvalier ou la chance galvaudée» et « Blood in the Sun » dressent un inventaire frappant des relations diplomatiques de Papa Doc avec les Etats-Unis, la République dominicaine et Cuba. Ces livres sont écrits pour que cette tranche de notre histoire ne périsse pas dans nos mémoires ; pour interroger le passé afin d’établir un lieu entre le présent et le futur.

 

Livres en Folie  

Quatre ans après, pourquoi lire L’Ensauvagement macoute et ses conséquences

Leslie Péan

clip_image024En écrivant cet ouvrage publié il y a quatre ans, je n’avais aucune idée des possibilités de perpétuation de la mascarade duvaliériste. Je ne pouvais imaginer non plus qu’elle allait continuer et atteindre les sommets du ridicule et du grotesque, comme cela se donne à voir avec la falsification de la Constitution publiée dans Le Moniteur du 13 mai 2011. Cela fait penser au numéro spécial unique de ce journal officiel publié par François Duvalier en 1964 pour donner la nationalité haïtienne au citoyen égyptien Mohamed Al-Fayed ou encore à l’amendement de la Constitution par le Parlement vassalisé de 1971 pour permettre à Jean-Claude Duvalier de devenir président à vie à l’âge de 19 ans. Estampe de déjà vu réalisée alors sous la dictée de Clinton Knox, ambassadeur américain accrédité en Haïti. Les diplomates atteignirent leur objectif de pacification et de paralysie de la société au détriment des Haïtiens qui, en restant collés à la matrice originelle duvaliériste, ratent toutes les occasions.

En effet, l’état de la société haïtienne héritée de l’occupation tonton-macoute demeure grave et inquiétant. Les troubles causés par le dispositif d’horreur sont profonds. Nou fè sa nou pi pito est le leitmotiv qui revient dans l’arbitraire érigé en politique. Un manque absolu de contrôle du pouvoir a propagé la violence sous toutes ses formes. L’impulsivité est dans l’air avec des actes immoraux si fréquents qu’ils en sont devenus la norme. La couche de malheurs que Papa Doc et ses sbires ont ajoutée au malheur haïtien contient toutes sortes de perversions, dont la corruption, qui ont atteint le maximum d’intensité. Le diagnostic que livre L’ensauvagement macoute et ses conséquences sur la société haïtienne est sans appel. Mes réflexions et mes recherches sur la société haïtienne m’ont conduit à un diagnostic douloureux : cette société doit être placée sous la surveillance efficace de la pensée critique et il lui faut un traitement de longue durée. C’est l’unique façon d’arriver à une refondation loin des petites adaptations, des compromis provisoires et des détournements silencieux qui ont été nécessaires pour survivre sous la dictature des Duvalier. En ce sens, on ne peut se permettre de prendre à la légère ce que j’appelle « l’abîme cacogène duvaliérien ». Les 812 pages de ce tome 4 se veulent une sorte d’artillerie lourde devant servir à un bombardement en règle du dispositif de corruption du pouvoir duvaliériste et du populisme phréatique qui le sous-tend. Des bombes à fragmentation qui feront retentir leurs charges détonantes encore longtemps.

La vue d’ensemble de la corruption qu’on trouve dans les trois tomes couvrant la période 1791-1956 a déjà contribué à l’effondrement de bien des certitudes sur les gouvernements qui ont dirigé Haïti. Ce n’est pas un débarquement à l’improviste. L’analyse de la période 1957-1990, qui forme la trame due ce tome 4, a paru à un moment qui se prêtait bien à un tel exercice, soit en 2007, année du 50e anniversaire de l’entrée de la société haïtienne à la porte du cimetière duvaliériste. Avec la guerre froide en toile de fond, ce nouveau tome ajoute à la collection sur l’économie politique de la corruption en Haïti. Toujours du haut de gamme, avec une problématique qui est celle du pouvoir, des notes en bas de pages permettant aux lecteurs d’approfondir les recherches et des références inédites. Une confiture qui prolonge la voie tracée par les précédents livres.

Conçu selon les règles les plus rigoureuses de l’analyse historique, le livre est truffé de notes en bas de page et de références à des oeuvres inédites qui aident considérablement les lecteurs et les chercheurs à aller au fond des choses. Au fond du puits ! La démarche suivie prolonge rigoureusement la voie tracée par les précédents livres.

Les nouvelles techniques d’assujettissement des individus

Il s’agit Dans cet ouvrage, je ne cesse de remuer un passé que beaucoup voudraient voir effacer pour mieux endormir ceux et celles qui refusent de baisser les bras devant l’imposture. Le tome 3 (Le Saccage : 1915-1956) s’était arrêté aux sources fascistes où la pensée duvaliériste s’est abreuvée. Les dirigeants de l’appareil d’État ont tellement grugé le peuple qu’ils n’ont plus d’autorité sur lui. La misère triomphante a fait de ce peuple une proie facile pour les démagogues et les sectes de toutes sortes. Dans sa gestion des hommes, Duvalier a introduit une dimension nouvelle qui est la généralisation de la relation de tutelle avec l’État. Personne n’y échappe : de la bourgeoisie à l’Église. Avec les tontons macoutes, Duvalier renforce les pratiques de coercition existantes. Mais le plus important est qu’il recherche et met en oeuvre, par la corruption généralisée, de nouvelles techniques d’assujettissement des individus. La corruption chez Duvalier est un « programme » qui donne libre cours à tous les mauvais penchants du corps social, parfois même en les propulsant.

De la corruption de la politique à la politique de la corruption

Abordant le processus d’altération du psychisme de l’Haïtien, qui s’est produit à partir de la machine tonton macoute, j’analyse les modifications partielles, les aménagements tacites et les évolutions illégalistes que les citoyens ont été conduits à faire pour sortir vivants de cet enfer. Le MALPAS c’est-à-dire le dispositif de Malversations, Arrangements, Lois, Pratiques, Aménagements et Silences fait florès. Je dissèque du mieux que je peux la manière dont le dérèglement de la vie quotidienne s’est enclenché et développé sous le duvaliérisme. En effet, la corruption a commencé au niveau des représentations, du langage, par l’usage des propos licencieux et grossiers (kraze bouda, pete fyel) qui accompagnent la tendance irrésistible à la brutalité et au vol des tontons macoutes. Duvalier a bouleversé la dimension éthique de la vie en Haïti. Il a créé un nationalisme défectueux devenu idéologie d’État qui a imposé ses normes, dont la plus importante est cette déformation consistant à livrer Haïti à l’exploitation des étrangers, de la mafia entre autres, en échange d’un soutien à son gouvernement. J’essaie d’expliquer comment Duvalier a fait de la politique le lieu privilégié de la mascarade avec cet état psychologique qu’il a créé, cette doxa, forçant les citoyens à accepter de s’incliner devant des autorités qu’ils considèrent néanmoins comme dérisoires.

La mascarade est criante. On la retrouve à la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif, au Parlement, à l’Inspection Scolaire du Ministère de l’Education Nationale, et dans toutes les instances de contrôle et de supervision qui ne contrôlent rien. Car la notion d’efficacité est étrangère à l’administration publique. Tout le monde sait que ça ne fait pas très sérieux, mais tout le monde s’en accommode. On n’a pas besoin d’être compétent, il suffit d’être duvaliériste, d’être un militant de la cause du président. Ce sont les seuls critères d’efficacité. Dans mes réflexions, je situe l’essor de la corruption derrière ces masques qui font valoir le faux pour le vrai. La chronique va de la corruption de la politique de François Duvalier à la politique de la corruption de Jean-Claude Duvalier. Avec une pointe sur les coups tordus les plus diaboliques des gouvernements intérimaires qui n’ont rien fait que protéger la fortune volée des Duvalier.

La grille d’analyse que j’ai choisie m’a emmené à déplacer les enjeux de la corruption pour la faire apparaître en des lieux où on ne l’attendait pas. Ce n’est pas toujours une question d’argent et de finances. C’est plutôt une question de pouvoir ou plutôt d’autorité. Ainsi, on rencontre la corruption à la présidence, au Parlement, dans les ministères, dans l’armée, à l’université, dans les écoles, etc. Mais aussi à l’église, catholique, protestante ou vaudou. Dans les syndicats, les partis politiques, dans l’opposition au duvaliérisme. La problématique est foucaldienne en ce sens que les rapports de pouvoir sont scrutés pas seulement dans l’État, mais partout dans la vie. Cette approche est d’autant plus intéressante que le pouvoir d’État ne repose pas sur des institutions, mais est personnalisé. Qu’on aille dans n’importe quelle administration, qu’on observe les agissements de n’importe quel fonctionnaire ou qu’on réfléchisse sur ses comportements, on se rend compte qu’il ne détient pas un pouvoir qui s’appuie sur une institution, mais qu’il est une autorité qui s’appuie sur un rapport personnel. C’est justement dans l’exercice de l’autorité que la corruption atteint des sommets. Les sources utilisées font autorité sur la corruption, tout en appelant à approfondir la distinction entre pouvoir et autorité dans les dispositifs de corruption.

La politique miam-miam

Sur la table de dissection utilisée dans ce livre, c’est une véritable arithmétique des ombres gouvernant ce pays qui se révèle aux yeux du lecteur. En fixant moi-même le soleil noir du duvaliérisme, j’ai souvent eu le sentiment de procéder à une autopsie avant l’enterrement et j’ai fait de mon mieux pour convier le lecteur à vivre comme moi cette douloureuse expérience. En lui donnant, pour qu’il ne perde pas la vue, les lunettes théoriques spéciales qui renforcent la résistance de sa rétine afin de pouvoir regarder sans risques majeurs le ventre de cet astre incandescent. De l’avis unanime de la critique, le résultat a été à la hauteur des espérances. Preuves à l’appui. Loin des mirages et des mécanismes de cirque cherchant un titan derrière un tyran. Ou encore des tentatives de ceux qui se démènent la plume pour trouver quelques mérites à la politique de zombification conduite par les Duvalier père et fils. Qu’on se rappelle encore ces 600 jeunes de Cité Simone, devenue ensuite Cité-Soleil, recrutés par Roger Lafontant et Jean-Marie Chanoine, à raison de trois dollars par tête, et qui se présentèrent par devant la Chambre Législative le 22 avril 1985 pour crier pendant des heures à tue-tête « A vie, A vie ». C’était le pendant national des braceros haïtiens vendus par Duvalier aux autorités dominicaines pour travailler dans les bateyes. L’arrière-pensée est la même dans les deux cas : traiter des êtres humains comme du vulgaire bétail qu’on achète et vend à volonté.

Pour entreprendre cette étude échelonnée sur plus de 20 ans, il fallait de la passion et c’est grâce à cela que j’ai pu exposer et analyser dans le menu détail l’entreprise de destruction du duvaliérisme. Le livre donne le compte rendu de ce pouvoir tragique avec ses pogroms anti-mulâtre, ses persécutions et l’exil de milliers de compatriotes. Rares sont les familles qui n’ont pas été secouées par les vagues d’égorgement de ce pouvoir cannibale dont les exécuteurs sanguinaires tels que Boss Pinte, Taillefer, Cowboy, Ti Bobo, Ti Boulé, Jean Tassy, Tonton Paul, Shèpin, Eloius Maitre, Ti Cabiche, Luc Désyr, Jean Valmé, Breton Claude, etc. ont causé des préjudices énormes à la population.

Combattre la loi du silence

L’exposition du macoutisme n’est pas une déclaration de guerre à des individus ou à leurs descendants. Mes énoncés renvoient à des faits que je ne saurais occulter pour plaire à X ou Y. Des faits qui doivent être connus et analysés froidement, sans complaisance ni acrimonie, pour tenter d’empêcher leur répétition. Toute autre attitude participe de la complicité pour le maintien de la perte de sens qui affecte l’univers haïtien. Ce n’est pas s’en prendre aux Allemands que de dénoncer le sort que les nazis firent à Jean Marcel Nicolas. On se souviendra que cet Haïtien arrêté par la Gestapo à Paris en 1943 et qui connut sous le matricule 44451 les affres de la prison en France avant d’être transféré dans le camp de concentration de Buchenwald en 1944 pour enfin être assassiné sous les ordres de Himmler lors du massacre des prisonniers de Gardelegen en avril 1945. Pour lutter contre l’atavisme à la romancière Agatha Christie tendant à faire croire que les enfants des criminels deviennent eux aussi des criminels, la société haïtienne doit combattre la loi du silence sur les crimes du duvaliérisme. Donc, un seul mot d’ordre : contre l’omerta. Pour empêcher que la propension au crime ne devienne héréditaire.

Il est important de souligner ici que la corruption politique n’était pas seulement locale sous les Duvalier. Sa dimension internationale se révèle par exemple au grand jour dans les machinations de la CIA qui a sacrifié cyniquement les militants de Jeune Haïti en les livrant pieds et poings liés à Duvalier en 1964. L’analyse de la machination infernale montée contre Serge Fourcand en 1974, lors de ce fameux procès des timbres, fait découvrir le sort réservé par ce régime d’éteignoir à ceux qui ne sont pas les derniers de la classe. Dans un registre comme dans l’autre, j’essaie de montrer au lecteur comment ces manoeuvres ont eu pour but ultime de maintenir au pouvoir une clique condamnée pour son incurie et son incompétence. Tous les moyens sont bons à l’empire pour garder le contrôle sur ses sujets, y compris la soi-disant lutte anti-corruption.

L’absence de scrupules dans la politique miam-miam du duvaliérisme est un sujet qui ne manque pas d’intérêt. C’est ce que d’autres ont appelé la politique du ventre. Je m’inscris en faux contre la légende voulant que François Duvalier n’était pas intéressé par l’argent et ne voulait pas s’enrichir personnellement. Je crois avoir réfuté cette thèse avec des faits et des arguments convaincants, de sorte que maintenant seuls les sourds et les aveugles continueront, à mon avis du moins, de croire en cette mystification. Le récapitulatif que j’ai dressé ne laisse rien s’échapper. Les gisements de la corruption financière se bousculent de la Régie du Tabac et des Allumettes (RTA) comme pompe à finances du père François aux entreprises publiques (Téléco, Ciments d’Haïti, Minoterie, etc.) sous le fils Jean-Claude. Les génériques ne manquent pas. Cela va de la question de couleur à la satanisation du vaudou. Du carcan franco-américain à la complicité des dictateurs dominicains Trujillo et Balaguer. Le panoramique inclut les trucages de départ tels que l’alliance Duvalier-Jumelle d’avril-mai 1957, les compromissions de la gauche, le rôle de la mafia et des services secrets américains, etc. Non seulement Duvalier corrompt les consciences, mais il fait apparaître comme une performance nationaliste la réalité fasciste de la vente du pays à des aventuriers internationaux en cavale, comme c’est le cas avec une frange des industries d’assemblage de sous-traitance.

La panne du moteur du pays natal

Au beau milieu de la toile d’araignée que forme la corruption se situe le trafic des stupéfiants dans cette période de fin de règne des années 1983-1986 où tout le monde triche et joue à cache-cache. Et la continuité sera assurée par l’Armée après la fuite de Jean-Claude Duvalier, puis par les multiples gouvernements éphémères qui ont vu le jour de 1986 à 1990. Je ne m’aventure pas plus loin, car, en exceptant les récentes révélations de Wikileaks publiées dans Haïti Liberté, dles archives de la période actuelle sont encore secrètes. Il est permis, sinon urgent, de s’interroger aujourd’hui sur l’incapacité de la société haïtienne d’intenter un procès en bonne et due forme au duvaliérisme. Dans ce volet de mon enquête sur la corruption en Haïti, je présente ces gouvernements de transition comme les relais nécessaires à la mise en place du système pouvant assurer automatiquement la disparition des traces de la fortune accumulée par les Duvalier afin qu’elle ne puisse être récupérée. Ces habitudes régulières d’immoralité continueront jusqu’à nos jours.

À mon avis, l’importance du livre réside dans le fait qu’il place la corruption au coeur des luttes de pouvoir. En ce sens, il aide à penser « ailleurs », pas seulement dans un ailleurs comme des milliers d’Haïtiens ont été obligés de le faire en diaspora, mais dans une dimension non encore suffisamment balisée du pouvoir à distance de cette diaspora pour aider à changer la réalité haïtienne. C’est en effet la première fois depuis 1804 que des Haïtiens ayant des moyens matériels suffisants pour assurer leur indépendance par rapport au pouvoir politique peuvent réfléchir sérieusement sur les destinées nationales sans avoir peur de perdre un emploi, de crever de faim et de ne pouvoir subvenir aux besoins de leurs familles. C’est pour avoir échappé à cette corruption de la vie que leur pensée garde une extraordinaire force contre le viol collectif des consciences qui tient en panne le moteur du pays natal.

À lire absolument pour pouvoir comprendre les malaises et les hésitations de la période contemporaine. Pour saisir pourquoi les Haïtiens ne sont plus écoeurés et choqués par les forfaitures des malfrats et acceptent la routine et des fausses notes et des décisions catastrophiques pour le pays.

Leslie Péan, 11 juin 2011.

 

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