samedi 18 juin 2011

17 Juin

Les députés en assemblée lundi prochain

18/06/2011 12:32:00 Auteur(e) La Redaction

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Le président de la chambre des députés, Sorel Jacinthe a officiellement convoqué les députés à une séance en assemblée qui se tiendra le lundi 20 juin à 1 heures pm. Le dossier de la ratification du Premier ministre désigné, Daniel Rouzier sera le principal point à l’ordre du jour. L’assemblée décidera de l’adoption ou du rejet du rapport de la commission qui enquêtait sur l’authenticité des pièces déposées par le premier ministre désigné, Daniel G. Rouzier.
Huit parmi les neuf membres de cette commission spéciale ont signé le rapport remis jeudi soir au président de la chambre basse. Le député de Delmas, Arnel Bélizaire est le seul à n’avoir pas signé. Il serait en désaccord avec ses collègues autour de la teneur de ce document qui laisse à l’appréciation de l’assemblée des députés la ratification ou non du choix du président de la république, Michel Martelly.
D’habitude, le rapport des commissions parlementaires fait une proposition explicite pour le vote de l’assemblée, tel n’est pas le cas dans le cadre du dossier de M. Rouzier Faut-il donner une vote favorable ou défavorable à M. Rouzier ? Le rapport ne répond pas à cette question et le député du Cap-Haitien n’y voit aucun inconvénient. « Nulle part dans la loi ou dans les règlements intérieurs du parlement on ne prévoit une forme sacramentelle pour l’élaboration des rapports de commissions parlementaires. » souligne le député Jean-Baptiste.
La séance de lundi prochain s’annonce houleuse en raison de ce rapport indécis qui fait pourtant état de pièces manquantes dans le dossier de M. Rouzier. Celui-ci n’a pas remis sa carte de résidence ni son dernier passeport en date (2008-2013).
Sorel Jacinthe invite les présidents de commissions et de groupes parlementaires au niveau de la chambre basse à se présenter au parlement dès 10 heures, lundi matin, pour une conférence des présidents en vue de préparer la séance plénière qui doit se tenir dans l’après-midi.

Eddy Laguerre

 

« Lisez bien M. le Président, les preuves sont là »

18/06/2011 12:54:00 Auteur(e) La Redaction

imageLe directeur exécutif du RNDDH est totalement déçu du traitement accordé par le chef de l’Etat à sa correspondance relative à la présence d’éléments à la « moralité douteuse » dans son service de sécurité. Si Michel Martelly exige des preuves tangibles avant d’agir, Pierre Espérance lui fait savoir sur les ondes de Radio Magik 9 que les preuves sont sous ses yeux. Il n’a qu’à bien lire la lettre. Une polémique qui fait couler beaucoup d’encre. Pour sa part, le politicien Evans Paul croit que Martelly aurait pu gérer le dossier autrement.

Le président de la République devrait essuyer ses lunettes pour bien lire la correspondance que lui a envoyée le Réseau national de défense des droits humains, si l’on en croit les déclarations de Pierre Espérance, directeur exécutif du RNDDH. La lettre est claire et contient toutes les preuves, avec des dates précises qu’exige le chef de l’Etat, a souligné le responsable de l’organisme de défense des droits humains. « Nous n’affirmons jamais des choses qui ne soient accompagnées de preuves », a-t-il martelé vendredi sur les ondes de Radio Magik 9, à l’émission « Panel Magik ».
Le président Martelly a fait une très mauvaise gestion de ce dossier si important, de l’avis de Pierre Espérance. « Nous étions prêts à discuter avec les autorités sur chacun des cas. Malheureusement, cela ne les intéressait pas… », a-t-il regretté.
Cette correspondance adressée au président Martelly n’était pas une lettre ouverte. La présidence en a fait une bien mauvaise gestion en la commentant sur la place publique, s’est désolé Pierre Espérance.
Les archives de la PNH sont là. Le président sait où trouver les preuves. Il est supposé aller vers les institutions, a-t-il poursuivi. On ne peut pas parler de l’établissement de l’Etat de droit, de lutte contre l’impunité, de combattre l’insécurité quand dans son entourage on a des gens impliqués dans des affaires de drogue, a avancé le responsable du RNDDH.
« Nous ne devons aller chercher des preuves ni à Washington ni dans des ambassades, ni au FBI, ni attendre que la DEA vienne les arrêter. Elles sont dans les institutions. Je doute fort que le président soit à la recherche de preuves. La DEA ne va pas sortir de ses tiroirs des rapports internes pour prouver quoi que ce soit. Elle dira tout simplement qu’elle a des doutes sur le passé de telle ou telle personne… », a souligné M. Espérance.
Interrogé sur les menaces de poursuites judiciaires contre le RNDDH de l’ancien commissaire de police Guy Philippe, indexé dans la lettre de l’organisme de défense des droits humains, Pierre Espérance n’a même pas fait cas des déclarations du leader du FRN qui se targue d’être un bon ami du président Martelly. « Le RNDDH ne répond jamais à des individus impliqués dans des dossiers qu’il a soulevés. »
Pour sa part, Evans Paul, porte-parole de la plateforme politique Alternative, invité également à l’émission «Panel Magik», a estimé que le président Martelly aurait une meilleure image dans cette affaire s’il avait effectivement confirmé avoir reçu la lettre, l’avoir transférée aux institutions concernées, et dit attendre un rapport, sans pour autant préciser les institutions concernées.
« Je pense que M. Martelly ne devrait pas se préocuper de sa personne ni de ses amis. Il doit être sensible à l’image du pays. Il ne doit pas se mettre en première ligne lorsque ce genre de situation se présente. Selon M. Paul, le chef de l’Etat aurait dû laisser à son porte-parole le soin de réagir sur le dossier avant de se positionner. »
Pierre Espérance a toutefois réaffirmé la volonté du RNDDH de poursuivre son travail qui vise le renforcement des institutions publiques, tout en reconnaissant que cette lutte n’est pas facile.
Robenson Geffrard
rgeffrard@lenouvelliste.com

Source: Le Nouvelliste

 

Réunion au Palais National avec les opérateurs contre le « Bypassing »

17/06/2011 23:49:00 Auteur(e) La Redaction

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Le Conseiller Principal du Président de la République, Laurent Lamothe a présidé au nom du Président Martelly, une réunion entre le Conatel, les opérateurs, la police pour statuer sur le problème de la fraude téléphonique (bypassing)

Le conseiller du président Martelly, M. Laurent Lamothe, a rencontré vendredi les responsables des compagnies téléphoniques, du CONATEL (Conseil National de Communication), de la PNH (Police Nationale d’Haïti) et du FNE (Fonds National pour l’Education) en vue de discuter sur les stratégies à adopter afin de freiner le « bypassing », piratage d’appel international.

Cette réunion s’est déroulée au Palais National afin de statuer sur le problème de la fraude téléphonique. Cette fraude représente 20% de perte pour l’Etat haïtien chaque année, soit plus de 12 millions de dollars par an, selon le bureau de communication de la présidence.
Les fraudes téléphoniques vont affectés le FNE qui est financé par un tarif de 5 centimes sur chaque minute d’appel international et de 1.5 dollars sur chaque transferts de fonds internationaux vers Haïti.
jpfedri@yahoo.fr  /  HPN

 

Haïti – Communication :

Réunion au Palais pour combattre le bypassing
18/06/2011 07:06:22

Haïti - Communication : Réunion au Palais pour combattre le bypassingLe Conseiller Principal du Président de la République, Laurent Lamothe a présidé au nom du Président Martelly, une réunion entre le Conseil national des télécommunications (CONATEL), les opérateurs téléphonique et des représentants de la justice.
L’objectif de la réunion était de réfléchir ensemble avec la justice pour voir de quelle façon il est possible de mettre fin aux activités de piratage sur les appels internationaux, ce qui est appelé le « bypassing (1) » dans le langage des télécommunications.
« Au minimum 12 millions de dollars américain se font sous la table » indique un communiqué du Bureau de Communication de la Présidence.
« Le Chef de l’État est à la recherche avec les opérateurs téléphoniques d’un moyen pour décourager et coincer les magouilleurs » ajoute le communiqué.
En plus d’être un déficit de 12 millions, ceci affecte aussi le Fonds National pour l’Éducation (FNE) qui est financé en partie par un surplus tarifaire de 5 centimes prélevé sur les appels entrant, indique le Chef de l’État sur les réseaux sociaux.
(1) Exemple de Bypass
Par exemple un appel via une route légitimes coûte normalement 0,80$ avec un frais de commencement (initiation fee) de 0,50$ dans les pays A et un frais de terminaison (termination fee) de 0,30$ dans un pays B.
Dans le cas d’un bypass via VoIP (Voix sur IP) le frais de commencement (initiation fee) est de 0,15$ et le frais de terminaison (termination fee) est de 0,05$. L’opérateur téléphonique dans le pays B perd 0,25$ (0,30-0,05) en frais de terminaison (termination fee), ce qui résulte à une perte de 83%, donc l’État perd également en revenu (taxe). Il existe aussi des bypass via la technologie GSM (GSM Gateway), le bypass peut aussi être national, entrant ou sortant. Le bypass interconnecte les points via les routes les moins chers tels que l’Internet.
HL/ HaïtiLibre

 

Ce bilan des 30 jours n’est pas un bilan, selon Evans Paul

Le Nouvelliste / 17-06-11

cliquez pour agrandirLe porte-parole de la plateforme politique Alternative dit voir dans le président Martelly un homme dynamique, animé de la volonté de faire et de donner des résultats. Toutefois, Evans Paul a estimé que le chef de l’Etat ne doit pas confondre vitesse et précipitation. « Ce que M. Martelly a appelé bilan, je le considère plutôt comme un rapport d’activités. Je pense que le Président veut jouer la carte de la transparence. Il veut montrer au peuple haïtien qu’il n’est pas au Palais national pour jouer, il travaille », a-t-il souligné.
En trente jours, M. Martelly ne peut que prendre connaissance des dossiers, les apprécier et mettre en place une stratégie de mise en oeuvre de ce qu’il veut accomplir comme président, a avancé M. Paul dans une interview accordée à Radio Magik 9 vendredi. Selon lui, un bilan est lié à un objectif. Et ce que le président de la République a présenté à la nation est plutôt un rapport de ses activités.
Monsieur Martelly, a poursuivi M. Paul, a mis un bémol à son programme d’éducation gratuite en précisant qu’il veut envoyer des enfants à l’école gratuitement dans les établissements scolaires publics. « Il commence à se rendre compte qu’il y a des complications dans cette question d’école gratuite. Ce n’est pas que ce soit impossible, mais il y a des complications », a-t-il dit.
Le président s’est félicité mercredi que ses réalisations n’ont pas été financées par le trésor public. En agissant ainsi, selon Evans Paul, M. Martelly s’est mis dans une situation un peu compliquée. « Si ce n’est pas avec l’argent de l’Etat, il doit donner ses sources de financement. Selon ce que j’ai entendu, il a des amis qui l’avaient accompagné dans sa campagne électorale et et qui continuent de le supporter économiquement au Palais national. On peut appeler cela un acte de générosité pour un moment… Mais le gestionnaire doit gérer ce qu’il a à sa disposition. Il ne pourrait pas toujours demander à des particuliers », a rappelé l’homme politique.
Evans Paul donne des consultations gratuites à Martelly. Il croit que celui-ci doit avoir la capacité d’entendre, de déléguer et d’évaluer. « C’est en fonction de cela qu’il pourrait devenir un grand président. J’ai peur qu’il ne se fatigue dans la gestion des détails (le micro management) au détriment de son rôle de meneur, d’architecte et de garant de la bonne marche des institutions », a dit craindre le porte-parole de l’Alternative.
Par ailleurs, M. Paul a estimé que le prochain Premier ministre devrait être un joueur « tout-terrain », doté d’un esprit d’ouverture, capable de dialoguer et de comprendre les situations.

Robenson Geffrard

 

EDITO

Pour une Yalta haïtien

Le Nouvelliste / 17-06-11

Le mois de juin qui s’achève lentement ne marque pas seulement les bientôt cinquante jours du président Martelly au pouvoir. Il marque aussi une année depuis que le pays, en attente des élections puis enlisé dans leur réalisation chaotique, se cherche, se morfond, perd du temps.
Un an que cela dure. Que tous les secteurs souhaitent un vrai départ de la machine Haïti. La communauté internationale, si elle n’a pas stoppé ses projets, jamais aussi nombreux que depuis le tremblement de terre, avait levé le pied sur l’accélérateur. Les investisseurs locaux en déficit de signal clair ont joué la prudence ces derniers mois. Mis à part les téméraires et ceux qui avaient un marché assuré, la grande majorité des Haïtiens ont assuré le service minimum par peur de l’avenir, par manque d’encouragement.
Le président Martelly installé, on croyait que le pays allait se lever d’un bond. Abolir les week-ends, mettre toutes les heures du jour et de la nuit à profit pour se reconstruire. Le dynamisme flamboyant du président permet toutes les espérances.
Mais voilà, la politique encore une fois reste la politique et les cadeaux sont rares ou chers sur ce terrain. Le chemin de croix du Premier ministre désigné est l’illustration de la courte vision de tous les camps.
La première erreur de Martelly a été de croire que son élection marquait une coupure entre les temps anciens et un avenir plus balisé. Non, rien de cela ne se met en place automatiquement.
En même temps, ceux qui par intérêt légitime entravent l’élan de Martelly ne gagnent rien de leur posture. Pas de gouvernement pour l’assermenté du 14 mai c’est aussi pas de projets pour ces parlementaires qui promettent monts et merveilles dans leurs circonscriptions.
A la longue, le pays perd et tous les politiques avec. Mais, encore une constante haïtienne, personne n’a ici le sens du temps perdu et des occasions manquées. Les politiques sont mêmes insensibles à la notion de bilan. Chacun pense avoir fait de son mieux et croit avoir réalisé mieux que son prédécesseur ou son adversaire.
Les dérisoires victoires fleurissent l’abécédaire des fossoyeurs de pays. Désolant. Navrant.
Comme nous ne pouvons pas changer de président ni de classe politique n’est-il pas temps que les belligérants qui tous disent aimer à nourrir ce pays ne s’asseyent pas autour d’une table pour un Yalta haïtien ?
Un Yalta qui permettrait de définir les lignes à ne pas franchir et les objectifs à atteindre, chacun dans son pâturage. En ce qui le concerne.
La conférence célèbre de février 1945 dans cette ville de l’URSS qui lui donna son nom, permit à des alliés de circonstance de tracer les contours du monde dans lequel nous évoluons encore aujourd’hui. Que la paix qui en résulta inspire nos responsables.
Comme à Yalta, il faudrait que seuls ceux qui ont un vrai poids sur l’échiquier se réunissent pour s’entendre sur le minimum.
Les participants Haïtiens de cette espèce de conférence nationale ne sont pas obligés à son issue de s’aimer, d’échanger des french kiss, mais pourraient s’entendre sur l’essentiel : Haïti à relever au plus vite.

Frantz Duval / duval@lenouvelliste.com

 

« Stopper l’exode qui gonfle les 1 200 camps de Port-au-Prince »

Cyrielle BALERDI / Le Journal du pays Basque – 18/06/2011

Entretien avec Nicolas REGERAT / Pompier professionnel

Du 23 mai au 1er juin dernier, les Pompiers pour le secours international et le développement (PSID) Pays Basque/Béarn se sont rendus en Haïti. Le point avec Nicolas Régérat.

clip_image002[4]Pouvez-vous nous présenter ce qu’est le PSID ?

C’est une ONG qui fédère différentes associations. La nôtre compte une quarantaine d’adhérents dont une trentaine de pompiers professionnels ou volontaires. Son but est d’intervenir dans le cadre de la solidarité internationale pour des opérations de secours d’urgence et des missions de développement. Nous sommes quasiment tous des anciens de Pompiers sans frontières (PSF). Nous avons créé cette association en février dernier pour deux raisons : disposer de plus de budget et de ressources humaines au sein d’une fédération, et être plus proche du territoire. Les antennes locales de PSF n’avaient pas d’autonomie et son siège se trouvait à plusieurs milliers de kilomètres.

Vous menez des actions localement ?

Uniquement des opérations de sensibilisation, notamment dans les écoles. Nous leur faisons découvrir ce qu’est la solidarité internationale.

Quel était l’objet de votre intervention en Haïti ?

La plupart de nos adhérents étaient déjà intervenus sur Haïti en situation d’urgence après le séisme. La semaine dernière, nous sommes rentrés d’une mission d’évaluation pour mettre de nouveaux programmes en place à partir d’octobre-novembre. Nous avons passé quelques jours sur la capitale, Port-au-Prince, puis dans le Sud-Est, sur la commune de Bainet, la seconde ville la plus importante de la région avec 80 000 habitants environ, où nous allons développer nos programmes.

Pourquoi avoir décidé de travailler dans le Sud-Est ?

Il y a beaucoup d’ONG sur Port-au-Prince. Avec nos partenaires locaux (FLAP), on s’est aperçu qu’il fallait arrêter l’exode rural. Le Sud-Est vit de petite paysannerie. Le but est de les aider à vivre sur place, là où ils peuvent produire et vivre de leur travail, et les empêcher de venir gonfler les rangs des 1 200 camps de réfugiés de Port-au-Prince. S’ils n’ont pas accès à l’éducation ou au travail, ils partent et ne reviendront jamais des bidonvilles de la capitale, avec ses problèmes d’hygiène et d’insécurité, de vols et de délinquance.

Les deux situations sont-elles très différentes ?

C’est un autre visage d’Haïti. Très différent en effet de celui qui nous est montré avec Port-au-Prince. A la capitale, tout est défoncé, les rivières coulent sur la route aux premières pluies, les ponts sont tombés, il y a beaucoup de pollution, la ville est étouffante… En bref, c’est un énorme bidonville. Dans le Sud-Est, c’est un habitat en montagne de type dispersé. Les destructions sont visibles, mais la population peut s’en sortir plus rapidement si elle travaille et si on lui donne les moyens de vivre comme au XXIe siècle. Pour cela, il faut leur faire comprendre que s’ils connaissent les risques, il y a des solutions en face.

Quelles sont celles que vous pensez leur apporter ?

Tout d’abord, nous allons initier une formation de 300 personnes aux soins de premier secours. Certains seront ensuite sélectionnés pour monter une équipe d’intervention. Dans la région, la caserne la plus proche compte onze pompiers et se trouve à cinq heures de route. Or, dans une zone à risque sismique et à saison cyclonique (juin-octobre), ils ont besoin d’une réserve de personnel capable d’apporter une première assistance. Ensuite, nous prévoyons d’apporter les fonds nécessaires pour la replantation de plusieurs milliers d’arbres avec trois espèces principales : des manguiers, des chênes (qui seront utilisés pour le charbon), et des vétivers (tient le sol et produit de l’huile essentielle très appréciée dans le pays). Le but est d’empêcher l’érosion des sols pour relancer les cultures, éviter les glissements de terrain qui font des dizaines de morts chaque année, et créer de l’emploi par l’exploitation de ces arbres. Les plants d’arbre seront eux aussi produits sur place. Enfin, nous cherchons un partenaire pour construire une école qui servira d’abri anticyclonique sur la zone, et où sera disposé un système d’alerte (météo).

Quelle différence entre intervention d’urgence et de développement ? Comment ne pas tomber dans le système stérile de l’assistanat ?

L’intervention d’urgence est une nécessité. Dans ce type de catastrophe, aucun pays n’a les moyens de s’autosuffire techniquement. Les difficultés de coordination sont réelles, mais les dix jours de flottement jusqu’à ce que les Nations unies prennent le commandement paraissent incompressibles. Il n’y a qu’à se souvenir du chaos lors du cyclone Katrina qui s’est abattu dans le pays le plus riche du monde. Mais notre credo est simple : on n’intervient pas dans l’urgence si on n’est pas capable de pouvoir rester. Ce serait comme sortir un noyé de l’eau et le laisser au bord de la piscine… Ce qui est important, c’est de travailler avec des partenaires locaux, c’est à eux de nous dire ce dont ils ont besoin. Il faut chasser l’image du «don» et leur rendre les moyens de s’en sortir par eux-mêmes.

Où en est la reconstruction ?

Il faut des mois après la catastrophe pour l’envisager. J’ai été très heureux de voir que les chantiers commençaient. Dans quelques mois, le visage d’Haïti devrait changer. La population espère, nous ne pouvons qu’espérer avec eux. Mais le chemin est encore long. Une dizaine d’années, sans doute…

 

Guiteau Toussaint : ces assassinats qui se ressemblent

Le Matin – 17/06/2011

 Guiteau Toussaint n’est ni le premier ni peut-être le dernier de tous ceux que la machine de l’insécurité aura emportés sur sa route. Règlements de comptes ou simple vol à mains armées, attaque ciblée ou erreur de parcours, toutes les pistes sont actuellement explorées. Mais, déjà, ce qui demeure, c’est que les assassins du banquier sont entrés chez lui avec l’intention de le tuer. C’était un crime prémédité, dit croire le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Me Harrycidas Auguste, qui a déjà interrogé des suspects ainsi que le personnel de la résidence de M. Toussaint. Ainsi le rénovateur de la Banque nationale de crédit (BNC) vient allonger la longue liste de ceux et celles que des intérêts politiques ou commerciaux auront engloutis.
Des arrestations ont été effectuées quelques heures après l’acte criminel et la justice se dit sur une bonne piste grâce aux révélations des suspects. Voila un scenario qui rappelle étrangement le film de plusieurs autres assassinats spectaculaires en Haïti où, dans l’empressement du moment et face à l’émotion de l’opinion publique, les autorités ont présenté quelques suspects ou auteurs présumés. Moins d’une semaine après l’enlèvement suivi de l’assassinat du journaliste Jacques Roche, la police avait interpellé l’un des ravisseurs présumés du journaliste. « Roger Etienne, qui est âgé d’une vingtaine d’années, est entre les mains de la Police et il fait des révélations précieuses pour la suite de l’enquête », disait à l’AFP le directeur d’alors de la Police judiciaire, le commissaire Michaël Lucius. Mais l’enquête s’est finalement noyée. Et l’âme et les proches de Jacques Roche continuent de réclamer justice.
L’enquête qui ne s’achève pas ne constitue pas le seul point de ressemblance entre ces actes crapuleux qu’on enregistre trop souvent dans le pays. Quelques jours avant d’être assassinés, plusieurs des victimes se trouvaient, de par leur fonction ou leur conviction, impliquées dans des dossiers concernant de gros intérêts politiques ou financiers. C’est déjà l’économiste Lesly Péan qui, dans un article paru sur le site de l’AlterPresse le 5 juillet 2010, s’interrogeait sur la disparition douteuse du directeur de la Commission nationale des marchés publics (CNMP), Robert Marcello : « Pourquoi l’assassinat de Robert Marcello correspond-il au décaissement des 197.5 millions de dollars pour le financement du Programme d’urgence post-désastre adopté par le gouvernement suite à la saison cyclonique 2008 ? Pourquoi les marchés confiés au CNE ne figurent pas dans la liste des marchés attribués par la CNMP ? Pourquoi Marcello avait-il été convoqué au Palais national quelques jours avant sa disparition ?
Le chef du parquet de Port-au-Prince et le directeur général de la Police nationale, Mario Andresol , ont pris le soin de souligner qu’en raison de sa fonction, M. Guiteau Toussaint pourrait avoir traité des dossiers fragiles qui échappent à l’opinion publique. Me Harrycidas Auguste fait remarquer qu’en plus d’avoir réclamé pour la BNC une meilleure part du marché, l’administration de M. Toussaint avait fait l’acquisition de la Socabank. « Quand une seule entreprise représente environ 40% des passifs de la Socabank, on comprend qu’il s’agit là d’une piste à ne pas minimiser », a déclaré publiquement le chef du parquet.
D’autres produits de la BNC que M. Guiteau Toussaint s’apprêtait à lancer pourraient aussi déranger certains intérêts. Faut-il aussi rappeler que son décès est intervenu au premier jour de la semaine qui allait voir sa reconduction par le Parlement comme président du Conseil d’administration de la banque commerciale d’Etat.
En 1995, la très regrettée Mireille Durocher Bertin, avocate émérite, dénonçait énergiquement l’embargo mis sur Haïti et menaçait de poursuivre judiciairement les auteurs haïtiens, quand elle a été froidement abattue au volant de sa voiture à travers les rues de Port-au-Prince. Une enquête du FBI confirmera plus tard la relation existant entre son assassinat et ses luttes politiques.
Guiteau Toussaint a été tué chez lui par des individus qui ont pénétré par effraction dans sa maison. « Ce sont des personnes qui connaissent la maison », conclut le commissaire du gouvernement. Les bandits ont tué le banquier après l’avoir maitrisé et avant même de s’attaquer à son épouse et d’emporter des bijoux comme pour simuler un cas de vol. Les assassins de Jean Léopold Dominique avaient aussi pris le soin de surveiller son entrée à sa seconde résidence, la radio Haïti inter. Ceux qui étaient chargés de tuer l’homme d’affaires Antoine Izmery, en 1993, savaient qu’il allait se rendre à cette messe chantée en l’Eglise du Sacré-Cœur de Turgeau en mémoire des victimes du massacre du 11 septembre 1988. Ils l’ont attaqué à sa sortie en s’en prenant à plusieurs autres personnes, journalistes et militants, qui se trouvaient sur place.
C’est un peu le même cas pour l’ancien ministre de la Justice, Guy Malary, dont les agresseurs avaient si bien planifié leur coup qu’ils ont pu l’exécuter de sang-froid, d’une seule balle à la tête. Le chauffeur et le garde de corps de M. Malary ont été aussi descendus , d’une balle chacun.
La liste de ceux qui sont tombés sous les balles assassines en Haïti est longue et malheureusement s’allonge avec le banquier Guyto Toussaint. Un peu avant ce dernier, en cette même année, le journaliste Jean Richard Louis-Charles de radio Kiskeya a trouvé la mort en plein midi, à quelques mètres d’une banque commerciale où il venait de faire une transaction.
De nombreuses autres victimes ont devancé Guiteau Toussaint. On peut citer : Brignol Lindor, Miguel Saint-Louis, Jean Lamy, Michel Gonzalez, le député Jean Hubert Feuillé, le sénateur Yvon Toussaint. Et la liste n’en finirait pas…..

 

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