vendredi 17 juin 2011

17 Juin

Arrestation de Franck Ciné

17/06/2011 02:22:00 Auteur(e) La Redaction

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Le Président directeur général de la compagnie de téléphone cellulaire Haitel M. Franck Ciné a été arrêté jeudi soir et placé en détention au commissariat de police du Canapé vert, a appris Haiti Press Network.

“Mon père a été convoqué pour la deuxième journée consécutive au Parquet de Port-au-Prince, il a été retenu pendant plus de deux heures avant de se voir signifier un papier de dépot”, a indiqué à HPN le fils de M. Ciné.


Convoqué mercredi par le commissaire du gouvernement, M. Ciné est resté près de deux heures au bureau d’un juge avant d’être autorisé à partir.


C’est lors d’une nouvelle convocation jeudi qu’il a été appréhendé “sans explication”, selon son fils.

 

Haïti: Arrestation de Franck Ciné

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           Frank Ciné à sa sortie de prison en 2009

Sur ordre du parquet près le tribunal civil de Port-au-Prince, la Police nationale d’Haïti a procédé à l’arrestation jeudi de l’ancien membre du conseil d’administration de la société caribéenne de banques (Socabank) et PDG de la compagnie de téléphonie mobile Haïtel, Franck Ciné. Le dossier de l’assassinat du directeur de la Banque nationale de crédit (BNC), Guiteau Toussaint, a été évoqué dans ce dossier. L’homme d’affaires se trouve pour l’instant en garde à vue au commissariat de Canapé-Vert, à Port-au-Prince.

Selon l’un des avocats de Franck Ciné, Me Wilson Estimé, intervenant sur Radio Caraïbes, cette arrestation est sans motif ni chef d’inculpation. L’ancien membre du conseil d’administration de la Socabank a reçu le mercredi 15 juin une invitation du parquet de Port-au-Prince à comparaître ce jeudi. « On a fait venir un juge de paix dans le but d’interroger Franck Ciné », a-t-il dit, soulignant que rien n’a été retenu contre son client.

« L’affaire de l’assassinat du directeur de la Banque nationale de crédit (BNC), Guiteau Toussaint, a été évoquée dans la lettre d’invitation », a souligné Me Estimé. Au Parquet, on a posé beaucoup de questions à l’ancien membre du conseil d’administration de la Socabank sur ses relations amicales ou professionnelles avec la victime.

« On n’a rien retenu contre Franck Ciné », a déploré Me Wilson Estimé. On procède à l’arrestation de quelqu’un pour avoir été ou avoir fait telle ou telle chose », a-t-il dit. Selon lui, personne ne peut lui dire ce qu’on reproche à son client.

Pour l’instant, Franck Ciné est en détention préventive au commissariat de Canapé-Vert, à Port-au-Prince. Son état de santé n’est pas stable, selon Me Wilson Estimé. Des démarches sont en cours en vue d’obtenir son transfert à un centre plus approprié.

Le directeur de la Banque nationale de crédit (BNC), Guiteau Toussaint, devait publier une liste contenant les noms de plusieurs personnalités qui doivent de l’argent à la Socabank, dont Franck Ciné, a-t-on appris.

Après sa faillite, la Socabank avait été absorbée par la BNC.

Le président-directeur général de la Haïtel S.A , M. Franck Ciné, ainsi que MM. Patrick Poitevien, Patrick Vieux, Claudel Géhy, anciens membres du conseil d’administration de la Socabank, avaient été arrêtés, le mercredi 6 juin 2007, au cabinet du juge instructeur, Me Patrique Métellus.

Ils avaient été appréhendés suite à une convocation pour une confrontation entre les personnes visées par le réquisitoire d’informer du Parquet du tribunal civil de Port-au-Prince. Ils ont été inculpés dans le cadre de l’instruction ouverte et menée contre eux pour faux, usage de faux, association de malfaiteurs et escroquerie.

Hypertendu et diabétique, l’ancien actionnaire majoritaire de la société caribéenne de banques (Socabank) était dans un état dépressif, sa santé se détériore de jour en jour. En 2007, il avait été autorisé par l’Administration pénitentiaire nationale (APENA) à recevoir les soins que nécessite son cas au cente hospitalier du Canapé-Vert.

Après 25 mois de détention, le chef du Parquet de Port-au-Prince d’alors, Me Joseph Manès Louis, avait ordonné le vendredi 10 juillet 2009, en exécution de l’arrêt de la Cour de cassation de la République en date du mercredi 8 juillet, la mise en liberté de Franck Ciné.

Robenson Geffrard

 

Les taxes sur les appels et les transferts effectives

16/06/2011 18:58:00 Auteur(e) La Redaction

clip_image006[6]Les taxes sur les appels internationaux et les transferts d’argent sont entrées en vigueur jeudi. Elles font déjà tiquer la diaspora.

« Voila, c’est bien fait pour nous, on l’a aidé à se faire élire, c’est comme ça qu’il nous remercie », clame Jeannette, une sexagénaire à la sortie d’un shop à Miami où elle vient d’apprendre que la carte d’appel de 2 dollars vers Haïti ne dure plus que 6 minutes sur les 22 habituels.

En effet, les taxes sur les appels internationaux et les transferts d’argent sont entrées en vigueur le 15 juin dans la diaspora haïtienne. Pour soutenir son programme d’éducation gratuite, le président Martelly va prélever 5 centimes par minute sur chaque appel international et 1,50 dollar sur chaque transfert de la diaspora.

Dans un shop dominicain à Miami, une affiche annonce la nouvelle mesure. Le vendeur au fort accent hispanique explique à chaque acheteur que le nombre de minutes sur les cartes d’appels de 2 dollars vers Haïti est tombé à six, et que c’est une décision du nouveau président haïtien.

« Moi je n’ai eu que 4 minutes sur ma carte d’appel », se plaint Sergeline, qui commente la nouvelle sur les réseaux sociaux.

« Maintenant quand on envoie 50 dollars vers Haïti, le destinataire ne reçoit que $48, 50 », poursuit-elle.

Réagissant à la nouvelle, David, un émigré haïtien membre d’un syndicat en Floride, indique pour sa part qu’il s’agit d’une « décision illégale et arbitraire prise par Martelly ».

« Ce n’est pas seulement la diaspora qui conteste ces taxes, mais même des parlementaires en Haïti. Ces impôts n’ont aucun cadre formel, et comme toujours ce sont les plus pauvres qui vont trinquer », poursuit-il.

David, vivant depuis une dizaine d’années en Floride, se demande qui en diaspora le président Martelly avait contacté avant d’appliquer ces taxes.

« Je ne crois pas qu’il ait rencontré aucune organisation d’Haïtiens en diaspora mais seulement des responsables de compagnies téléphoniques et de maisons de transferts », avance cet activiste politique qui annonce une « réponse organisée au président Martelly ».

D’autres compatriotes, supportant le président Martelly, appuient cette décision et avancent qu’il fallait taxer davantage la diaspora. « Si c’est pour le bien du peuple, je le soutiens », déclare André à Fort Lauderdale.

Jean-Louis, au New-Jersey, craint de son côté que l’un des contrecoups de ces impôts ne soient la diminution des appels et des transferts vers Haïti.

Jonel Juste ( jjuste02@gmail.com Cette adresse email est protégée contre les robots des spammeurs, vous devez activer Javascript pour la voir. ) / Miami, Floride HPN

 

Haïti-1er ministre désigné :

La commission ad hoc de la chambre basse a remis son rapport

P-au-P, 17 juin 2011 [AlterPresse]— Les conclusions de la commission de la chambre basse, sur l’étude du dossier du premier ministre désigné Daniel Gérard Rouzier, seront connues publiquement au cours d’une assemblée de la chambre des députés, dont la date n’est pas encore déterminée.

C’est ce qui se dessine ce vendredi 17 juin, après la remise (la veille dans la soirée), au bureau de la chambre basse, du rapport de la commission ad hoc ayant enquêté sur les pièces fournies par le possible futur premier ministre choisi par le président Michel Joseph Martelly.

La commission ad hoc de la chambre basse s’est subdivisée en plusieurs sous-commissions pour analyser, entre le 10 et le 16 juin 2011, les éléments techniques susceptibles d’aboutir à la ratification ou non du choix du président du 20 mars sur la personne de l’homme d’affaires Daniel Gérard Rouzier.

Des rumeurs persistantes font état d’éventuelles complications qui ne seraient pas favorables à une ratification du premier ministre désigné par la chambre des députés.

Le niveau de contributions fiscales annuelles, le passeport et la carte de résidence aux États-Unis d’Amérique de Daniel Gérard Rouzier figureraient parmi les pièces mises en cause dans le dossier du premier ministre désigné.

L’opinion publique attend d’être édifiée sur les résultats des investigations conduites par la chambre des députés, dans un contexte où Martelly évoque des blocages (“barricades”, dit-il) au processus de ratification de son premier ministre, dans un discours-bilan de ses 30 premiers jours de gestion depuis sa prise de fonction le 14 mai dernier.

Si Rouzier obtient un vote favorable à la chambre des députés, il devra franchir la même étape devant le sénat de la république, préalablement à une déclaration de politique générale devant exposer les grandes lignes d’un gouvernement futur. [rc apr 17/06/2011 2:00]

 

EDITO  

Le Fonds se dévoile

Le président Martelly cachait bien son jeu. Son fonds a des parents et il ne nous en avait rien dit. Le Fonds ressemble beaucoup à un ancien projet qui traînait dans les tiroirs depuis la présidence de René Préval. Martelly l’a apprêté à sa sauce avec une bonne dose de communication volontariste.

Pour preuve, la directrice générale de l’Unesco est au parfum. Elle sait tout de la création du fonds qui sera doté de 360 millions de dollars pour l’éducation en Haïti.

Selon un communiqué disponible sur le site de cet organe de l’ONU, « le Fonds national pour l’éducation (FNE) est un consortium multisectoriel qui réunit le gouvernement haïtien, le secteur privé, les institutions financières internationales et les organisations non gouvernementales (ONG). Il est financé majoritairement par le prélèvement de 0,05 dollar sur les appels internationaux entrants et de 1,5 dollars prélevés sur chaque transfert international de fonds.

« La directrice générale de l’UNESCO, Irina Bokova, s’est félicitée de la création d’un Fonds national pour l’éducation (FNE), lancé par le président d’Haïti récemment élu, Michel Martelly. L’objectif de ce fonds, dont la création a été annoncée le 26 mai, est de mobiliser les ressources financières afin de scolariser les enfants les plus défavorisés. Doté de 360 millions de dollars sur une période de cinq ans, ce fonds est le plus important jamais créé pour les enfants non scolarisés », indique le communiqué.

« Le président Martelly a fait de l’éducation sa priorité. Je salue cette excellente initiative qui vise à aider les enfants non scolarisés grâce à ce nouveau Fonds national pour l’éducation. Haïti a besoin d’investissements durables dans l’éducation pour donner aux Haïtiens les moyens de reconstruire leur pays. Ce fonds est un exemple de financement innovant pouvant permettre d’atteindre les objectifs de l’Education pour tous en impliquant à la fois l’Etat, les entreprises privées, les ONG et la communauté internationale », a déclaré la Directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova.

« Les ressources identifiées à ce jour devraient permettre de scolariser quelques 350 000 enfants pendant la première année. D’après les estimations, près de 1,9 millions d’enfants au total devraient profiter de cette initiative », indique le texte de l’Unesco.

Le communiqué ne dit pas un mot pour justifier la précipitation qui pousse la présidence et ses amis à y aller sans loi ni base légale. Depuis hier, 15 juin, de l’argent est collecté au nom du Fonds sans qu’on ne sache qui va gérer notre argent ni contrôler ses dépenses.

Depuis le tremblement de terre et la valse des milliards évaporés sans suite, la présence des ONG et organismes internationaux n’est plus une garantie de bonne gestion dans les projets.

Pour faire marcher cette machine bien nourrie des taxes de la diaspora, il va falloir des tonnes de consultations. La sauce risque de coûter plus cher que le poisson, car le nombre des experts qui vont se pencher sur les problèmes de l’éducation va exploser.

Forçons-nous à être optimistes à défaut de ne pas pouvoir l’être naturellement, le Fonds est bien en selle, bientôt bien en chair avec la bénédiction de nos amis les plus recommandables.

Frantz Duval – duval@lenouvelliste.com

 

Joseph Lambert met le pouvoir en garde contre l’exploitation politique de la mort de Guyto Toussaint

17/06/2011 02:34:00 Auteur(e) La Redaction

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Le coordonnateur du parti INITE, le sénateur Joseph Lambert (Sud-Est), a mis en garde jeudi le chef de Cabinet du président Michel Joseph Martelly, Me Thierry Mayard Paul, contre toute exploitation politique de l’assassinat, dimanche dernier à Port-au-Prince, du Président directeur général de la Banque Nationale de Crédit (BNC), Guiteau Toussaint.

Il reproche à l’avocat d’avoir délibérément évoqué un plan de déstabilisation en relation avec le meurtre, au cours d’une interview accordée mardi à la station privée Radio Télé Métropole. « En tant que chef de cabinet du président de la République, il a conclu trop vite », estime le parlementaire.

« Il importe que toutes les institutions nationales s’entendent afin d’engager les services d’une firme internationale spécialisée dans l’investigation de ce genre de crime », propose Lambert. « Je ne veux pas qu’on exploite ce crime odieux contre un fonctionnaire qui a fait ses preuves en redressant une banque tombée à son plus bas niveau et qu’il a relevée même avec le passif de la SOCABANK qu’elle avait absorbée », s’est exclamé le coordonnateur de INITE.

« Il faudrait aller loin et que l’enquête aboutisse à des résultats. Il ne faudrait surtout pas que l’on détourne l’attention du public sur la véritable enquête qui devrait être menée concernant l’assassinat d’un personnage aussi jovial, aussi souple et aussi rigoureux dans la conduite des affaires de l’Etat », a ajouté Lambert.

A son avis, Me Mayard Paul a commis une grave erreur en évoquant la déstabilisation. « C’est plutôt ce genre de propos qui, à défaut d’une enquête conduisant aux auteurs du crime, peuvent occasionner la déstabilisation ».

« Il faut aller loin dans l’enquête en tenant compte de l’existence de gens fortunés dans ce pays, de propriétaires de banques et de toutes autres personnes qui, à un niveau ou à un autre, réalisaient des affaires avec la BNC », déclare Lambert. Dans cet ordre d’idées, il évoquer l’existence d’une mafia nationale et internationale qui pourrait être à l’origine du crime.

« Qui sait s’il ne va pas y avoir des persécutions contre d’autres personnes, s’il ne va pas y avoir d’autres personnes à être abattues, alors que l’on pointe du doigt les secteurs politiques, laissant de côté ceux qui auraient pu avoir d’importants intérêts financiers dans le dossier », s’est interrogé Lambert.

En conclusion, il estime que le meurtre sur la personne d’un responsable de banque d’Etat constitue un très mauvais signal pour les investisseurs. [jmd/Radio Kiskeya]

 

Haïti – Constitution : Texte de l’amendement, auditions en cours
17/06/2011 15:59:17

clip_image002[29]Hier, jeudi le Sénateur Joseph Lambert a déclaré concernant la commission Sénatoriale sur le texte de l’amendement de la Constitution «…nous avons commencé les premières séances des auditions en commission spéciale, qui est chargé d’enquêter sur ce que je pourrai appeler des présomptions de fraudes et d’irrégularités que nous avons constaté dans le document de la Constitution amendée que nous avons transmis à l’Exécutif pour fin de publication. Nous avons fixé la méthodologie de travail de notre travail, nous avons préparé la liste des questions, ce n’est pas quelque chose d’exhaustif car d’autre questions peuvent surgir en fonction des réponses que les différentes personnes que nous allons auditionner vont nous donner. En dernier ressort nous avons fixé un échéancier, d’ici la semaine prochaine, au début de la semaine […] nous allons produire notre rapport et le remettre à l’Assemblé aux fin de sanctions. »
Le Sénateur Lambert confirme que Alex St-Cyr le Secrétaire Général adjoint aux affaires Législatives a été questionné sous serment, « il nous a fait beaucoup de révélation » révèle le Sénateur. Il a aussi indiqué qu’un conseiller technique aux affaires Législatives, que le Sénateur Jocelerme Privert, le Président du Sénat et le Président de la Chambre des Députés ont également été auditionnés, ajoutant que seront entendu les Secrétaires Généraux des deux branches du Parlement.
« Nous allons aussi adresser une correspondance au Président Préval pour lui demander comment il peut nous aider à faire la lumière autour de ce texte…» a déclaré M. Lambert. «…nous aurons également à questionner le Directeur Général de la Presse Nationale » a conclu le Sénateur.

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3112-haiti-constitution-decouverte-de-nouvelles-erreurs-intentionnelles-dans-le-texte.html
http://www.haitilibre.com/article-3108-haiti-politique-confusion-autour-de-la-publication-de-l-amendement-constitutionnel.html
http://www.haitilibre.com/article-3100-haiti-constitution-un-arrete-presidentiel-annule-l-amendement-errone-de-la-constitution.html
http://www.haitilibre.com/article-3074-haiti-constitution-mirlande-manigat-s-exprime-de-nouveau-sur-la-constitution.html
HL/ HaïtiLibre

 

Constitution amendée: René Préval pourrait être invité à faire la lumière

17/06/2011 10:07:00 Auteur(e) La Redaction

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(AHP) – Une correspondance devrait être bientôt acheminée a l’ancien-président René Préval pour lui demander d’aider à faire la lumière sur la falsification du texte amendé de la constitution voté le 9 mai 2011 et publié le 13 mai dans le Journal officiel.

La commission sénatoriale spéciale chargée d’enquêter sur  ces irrégularités et qui a organisé jeudi sa première séance de travail, invitera également d’autres personnalités dont  le président et le vice-président de l’Assemblée Nationale respectivement le sénateur Jean Rodolphe Joazile et le député Saurel Jacinthe,  ainsi que le sénateur Jocelerme Privert et le directeur des Presses Nationales, Wilhems Edouard .
 
Un des membres de la commission, le sénateur Joseph Lambert, a indiqué que ses collègues et lui-même se sont mis d’accord sur les modalités de travail, ont préparé un questionnaire et se sont fixé une échéance qui prendra fin la semaine prochaine pour  la présentation du rapport a l’assemblée.

Ce sont en tout une dizaine d’articles qui ont éte dénaturés sur le chemion entre le Parlement, le palais national et les presses nationales, sans qu’on puisse savoir jusqu’ici quelle main a magouillé.

Le texte erronné de la xcinstitution sur lequel a prêté serment le 14 mai le président Michel Martelly  a depuis été rapporté par ce dernier, remettant ainsi le pays à l’heure de la constitution de 1987.
 
Les parlementaires ont envoyé par la suite, une  du texte amendé au president Michel Martelly qui n’en a pas tenu compte jusqu’ici, faisant  savoir que nouveau document contiendrait plus d’erreurs que le premier .
 
Le président et le vice-président de l’Assemblée Nationale soutiennent pour leur part, contrairement aux propos du président Martelly, la version corrigée de la constitution amendée ne comporte pas d’erreurs.

 

Haïti – Politique :

Le Club de Madrid en faveur du processus de réforme constitutionnelle
17/06/2011 08:15:29

clip_image012[6]Le Club de Madrid, est favorable à la reprise du processus de réforme constitutionnelle en Haïti. Les membres du Club de Madrid, considèrent que bien qu’insuffisantes, ces améliorations ne devraient pas être perdue. Dans un communiqué le Club de Madrid explique que lorsque les procédures échouent, les accords politiques sont nécessaires pour combler les vides.

« Les membres du Club de Madrid se sont ouvertement positionnés en faveur d’une réforme de la Constitution d’Haïti de 1987 comme proposée par la 48ème législature haïtienne. Ces amendements, bien qu’insuffisants, sont souhaitables et renforceront une Constitution qui est une source de fierté pour les haïtiens. Ces améliorations ne devraient pas être perdues, de la même façon que leur mise en œuvre ne devrait pas non plus être reportée à plus tard, car elles apportent une nette plus-value au cheminement d’Haïti vers le rétablissement, le développement, l’inclusion et la liberté.

Toute Constitution est le produit de son temps, et elle est, comme n’importe quel produit humain, améliorable et sujette à révision. La Constitution haïtienne de 1987 ne fait pas exception. C’est pourquoi entraver l’entrée en vigueur de la réforme constitutionnelle n’a pour seule conséquence que de différer les avantages introduits par la réforme, que la nouvelle législature a elle-même reconnus quand elle a voté en sa faveur le 9 mai dernier.

Nous regrettons l’apparition de difficultés procédurales qui ont empêché la publication et l’entrée en vigueur de la réforme constitutionnelle. Bien que nous comprenions l’importance d’un respect scrupuleux des procédures démocratiques qui ont été accordées, il est aussi vrai que les mêmes parties qui se sont mises d’accord sur ces procédures ont la responsabilité de parvenir à de nouveaux accords quand les procédures n’arrivent pas à remplir leurs objectifs.

Nous nous réjouissons de la formation le mardi 7 mai de la Commission sénatoriale spéciale d’investigation pour faire la lumière sur les erreurs qui ont émaillé le processus de réforme constitutionnelle et appelons tous ses membres à avancer dans leur travail et à produire un résultat qui bénéficie du consensus le plus large possible et qui intervienne aussi vite que possible.

Avec le nouveau Gouvernement et la nouvelle législature en place, de nouvelles procédures de coopération en vigueur, et des flots d’aide croissants, Haïti, avec le soutien de la communauté internationale, est en train d’ouvrir une nouvelle fenêtre d’opportunité pour le progrès et le bien-être des Haïtiens. Rater cette opportunité débouchera sur plus de souffrance et de dénuement pour les Haïtiens et n’est donc pas une option envisageable. Les dissensions ou les divisions dans la conclusion d’accords entre leaders ne pouvant saisir cette opportunité ajouteraient encore des défis supplémentaires à ceux auxquels Haïti doit déjà faire face.

L’idée d’une réforme constitutionnelle plus profonde est légitime et peut être prise en considération dans le respect de la loi. L’entrée en vigueur finale de la reforme constitutionnelle actuelle n’empêche pas l’introduction de nouveaux amendements à une date ultérieure. De plus, la nouvelle cour constitutionnelle envisagée dans la réforme actuelle en est une garantie. Ce qui est déjà bien peut toujours être amélioré.

Des deux options possibles – le retour à la Constitution de 1987 ou un accord sur comment et quoi promulguer de la réforme constitutionnelle proposée par la 48ème législature et approuvée par la 49ème -, nous pensons, sur la base de notre expérience politique, que la dernière option servirait au mieux le futur d’Haïti et les besoins des Haïtiens. De plus, la ratification de la réforme constitutionnelle n’exclut pas la possibilité de futurs changements ou d’une Assemblée constituante si c’est le vœu des citoyens. Nous appelons donc les leaders et toutes les parties à Haïti à consacrer tous leurs efforts à la conclusion d’un accord pour dépasser l’impasse dans laquelle se trouve la réforme constitutionnelle.

Nous souhaitons également exprimer notre plus profond chagrin suite à l’assassinat de M. Guyto Toussaint et nous espérons que les auteurs du crime seront bientôt traduits en justice. Toute vie humaine a une valeur infinie, mais quand il s’agit de la vie d’un bon fonctionnaire, une telle perte laisse une trace indélébile dans le futur de l’Etat. »

En savoir plus sur le Club de Madrid :
Le Club de Madrid est une organisation indépendante dédiée au renforcement des valeurs et leadership démocratiques aux quatre coins du monde. Elle fait appel à l’expérience unique de ses membres [80 anciens Chefs d’Etat et Gouvernement de plus de 56 pays] qui mobilisent leur temps, expérience et connaissances pour mener à bien leur mission. Le Club de Madrid constitue le plus grand forum d’anciens Présidents et Premiers Ministres au monde, offrant aux dirigeants actuels une source inégalée de connaissances et expérience politiques.

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-2328-haiti-elections-le-club-de-madrid-travaille-avec-les-haitiens-et-non-pour-les-haitiens.html
http://www.haitilibre.com/article-2819-haiti-politique-le-club-de-madrid-en-haiti-pour-4-jours.html
http://www.haitilibre.com/article-1165-haiti-reconstruction-mission-conduite-par-lionel-jospin-dimanche-en-haiti.html
http://www.haitilibre.com/article-1206-haiti-elections-lionel-jospin-acheve-sa-mission.html
http://www.haitilibre.com/article-346-haiti-politique-des-etrangers-planifient-la-gouvernance-en-haiti.html

HL/ HaïtiLibre

 

Moïse Jean Charles dénonce une perquisition chez René Monplaisir

Le sénateur Moise Jean Charles (Inite) dénonce une tentative de perquisition nocturne opérée mercredi soir en la résidence privée de René Monplaisir, militant très proche de l’ancien président René Préval et de la plateforme Inite. Il l’assimile à une démarche de persécution visant un secteur en particulier.

16/06/11

 

En l’absence de René Monplaisir, son épouse a fait obstacle à cette descente des lieux, mercredi soir, puisque les agents de l’ordre n’avaient présenté aucun mandat. La perquisition a pu finalement se faire jeudi matin pour des motifs non encore élucidés.

Furieux, le sénateur du nord s’en prend au président Michel Martelly qui, dit-il, a déjà annoncé les couleurs. « De tels actes rappellent étrangement les exactions des régimes dictatoriaux de Jean Claude Duvalier et d’Henry Namphy » s’insurge le parlementaire qui promet de demander à ses collègues au sénat de convoquer le ministre de la Justice ainsi que le directeur de la police nationale. EL/LM

 

Mario Andrésol dit n’avoir reçu aucune pression venant de la présidence

Le directeur général de la police nationale, Mario Andrésol dit n’avoir reçu aucun ordre du président Martelly l’invitant à réintégrer des anciens policiers au sein de l’institution. Le DG rappelle que les demandes de réintégration sont gérées uniquement par l’inspection générale de la police et ne relèvent pas de la direction générale.

16/06/11

 

« Je rencontre régulièrement le président Martelly, il ne m’a jamais fait pareille demande » a fait savoir M. Andrésol.

Par ailleurs, le directeur général de la PNH souligne que le policier Will Dimanche n’est pas impliqué dans le dossier de l’assassinat de Manoucheka Jean Brice. Cet agent a au contraire facilité certaines arrestations dans le cadre de cette affaire.

Ces clarifications du directeur de la police font suite à une lettre ouverte du réseau national de défense des droits humains (RNDDH) adressée au chef de l’État, Michel Martelly. Le réseau dénonce la présence d’anciens policiers au passé douteux dans l’entourage du président et qui chercheraient à réintégrer l’institution policière. EL/LM

 

26 déportés renvoyés en Haïti

Publié le jeudi 16 juin 2011

26 ressortissants haïtiens, condamnés aux Etats-Unis pour leur implication dans des activités criminelles diverses, ont été déportés mardi vers Port-au-Prince, a annoncé jeudi la protectrice du citoyen et de la citoyenne, Florence Elie.

Quatorze d’entre eux ont été libérés.

Les dossiers des douze autres sont entre les mains d’un comité de suivi chargé des déportés qui doit régler leur sort.

Mme Elie souligne que certains de ces individus ne parlent pas créole ni n’ont de la famille à la capitale. spp/Radio Kiskeya

 

Perspectives >

Impasse ?
Haiti-Reconstruction : Qu’est ce qui bloque la reconstruction de la capitale ?

Enquête – Première partie

Dans le cadre du partenariat médiatique « Ayiti Kale Je »*, dont AlterPresse fait partie

clip_image016[6]P-au-P., 16 juin 2011 [AlterPresse] — Si la capitale haïtienne pouvait être reconstruite à partir de documents seulement, on en serait aux travaux de finition.

Les présentations en PowerPoint, les PDF’s, les documents stratégiques, les rapports superbement schématisés et les discussions à n’en plus finir sur la « mixité sociale », les « villages urbains » et la « vision commune » circulent sur l’Internet ou s’empilent sur les bureaux et sur les tables. Des centaines de milliers de dollars ont été dépensés dans l’organisation de conférences et réunions en Haïti et à l’étranger – Boston, Montréal, San-Juan… Mais à date, point de plan, ni, semble t-il, de vision commune.

En lieu et place, il y a des discussions interminables, une concurrence farouche, des désaccords voire des contradictions… mais, très peu de reconstruction.

Une enquête de deux mois, menée en collaboration avec des étudiants en journalisme de l’Université d’Etat d’Haïti et Ayiti Kale Je (AKJ) a révélé ce qui suit :

• Il y a au moins deux et peut-être trois propositions différentes pour les travaux à réaliser pour le centre ville de Port-au-Prince et pour la grande région métropolitaine.

• Au moins deux d’entre-elles sont le résultat de contrats payés par les caisses, déjà maigres, de l’Etat haïtien.

• La Mairie de Port-au-Prince – qui, en principe, est « financièrement et administrativement autonome » – a accusé le gouvernement central et ses différents ministères de l’écarter de toue planification, ce dans le but de « faire de l’argent sur le dos des victimes », selon le Maire Muscadin Jean-Yves Jason.

• Même au sein du gouvernement central, il semblerait qu’il existe deux plans concurrents, patronnés par deux ministères différents.

Le « SOS » des grands propriétaires

« Nous ne pouvons plus attendre ! C’est un super projet et nous avons participé depuis le début et nous vous félicitons, mais nous ne pouvons plus attendre ! » s’est exclamée Michelle Mourra, une femme d’affaires, fondatrice du groupe « SOS Centre-ville » pour représenter les intérêts des propriétaires du bas de la ville.

Mourra s’exprimait à l’occasion d’une réunion organisée le mois dernier par le Maire Muscadin Jean-Yves Jason, à laquelle ont pris part plus d’une centaine de propriétaires du centre-ville. Les participants ont pu entrevoir un plan mis au point par la municipalité de Port-au-Prince avec l’assistance technique de deux firmes haïtiennes. (AKJ détient une cassette vidéo de la réunion).

Mais la réunion ne s’est pas tenue au local de la Mairie, détruit lors du séisme du 12 janvier 2010. Elle a eu lieu au sixième étage du tout nouvel édifice de la Digicel, immeuble le plus élevé d’Haïti. Construit par une compagnie multinationale de téléphonie mobile il y a tout juste deux ans, la structure a résisté aux secousses alors que pratiquement tout s’écroulait aux alentours.

Que le Maire Jason et ses collègues travaillent depuis plus d’un an dans un immeuble climatisé en dit long sur l’état de l’administration publique et sur le processus de reconstruction en général. Très peu a été fait du point de vue de la reconstruction, plus de 17 mois après le séisme catastrophique qui a détruit ou sérieusement endommagé des maisons, entreprises, institutions et infrastructures telles que routes, ponts, réseaux d’eau et d’électricité, pour une valeur estimée à 4.3 billion de dollars US.

Dans certaines zones, les débris on été enlevés et quelques terrains ont été nettoyés et nivelés. Mais dans l’ensemble, le bas de la ville n’est que légèrement améliorée ; et dans certains cas la situation s’est même détériorée en raison de l’établissement de nombreux camps de réfugiés, de l’apparition de nouveaux bidonvilles, l’augmentation du nombre de marchands de rue des dommages causés aux fils électriques, etc.

Il y a de cela cinq mois, Jason a finalement posé la « première pierre » du nouveau bâtiment de la Mairie. Mais, ainsi que le titrait le quotidien haïtien Le Nouvelliste, « Quand sera posée la deuxième pierre ? »

Comme a insisté Mourra, « Port-au-Prince ne peut plus attendre ! »

La salle, remplie des représentants des plus grandes entreprises haïtiennes et des familles les plus riches – qui ont contrôlé l’économie du pays pendant des décennies – Mevs, Mourra, Baboun, D’Adesky, Berhman, Helmke, etc, a vivement applaudi.

Frédéric Baboun s’est penché en avant en implorant : « Vous êtes le premier citoyen de cette ville ; nous ne savons plus à qui d’autre nous adresser ! Vous devez prendre vos responsabilités car nous sommes fatigués de voir nos immeubles du centre-ville détruits… Cela fait déjà 15 mois qu’on est à l’écoute d’experts ! »

En effet, le tremblement de terre n’a fait qu’accélérer la spirale descendante de la capitale haïtienne. Les voleurs ont profité de ce chaos créé par le séisme – emportant les lampadaires, les portes, et mêmes les toilettes des bâtiments endommagés. De grandes parcelles de propriétés demeurent et le trafic dans le centre-ville est souvent arrêté pendant que les camionnettes et voitures essaient de contourner des amoncellements d’ordures, des tas de gravats et une explosion de vendeurs de rues.

Faisant le constat que le centre-ville pourrait bientôt devenir une « ville fantôme », les entreprises se sont relocalisées plus haut, sur les collines de Delmas (secteur nord) et de Pétion-ville (périphérie est), Mourra a fait un plaidoyer pour faire pousser de l’avant le plan de reconstruction.

Mais il y a plus d’un plan en question pour la capitale haïtienne, et celui dont les Mourra et les autres propriétaires discutent, n’est ni le premier, ni le dernier.

Prince Charles en Haïti ?

Il y a un an, le 28 juillet 2010, le Ministre des Finances Ronald Baudin a déclaré, lors d’une des nombreuses réunions sur la reconstruction, « que la première étape de la reconstruction de la capitale commencerait au centre-ville et la Fondation Prince Charles de Londres aurait à proposer un plan ».

« Faisons du centre-ville un modèle qui préfigurera la zone métropolitaine de demain », a dit Baudin, qui préside le Conseil de Facilitation pour la Reconstruction du Centre-ville.

Environ six semaines plus tard, le 2 septembre, le gouvernement central définissait une zone de 200 hectares et la déclarait d’« utilité publique » à la grande indignation des propriétaires de terrain dont certains avaient participé à la réunion du 19 mai.

Une fois qu’un plan final sera défini, l’Etat pourrait exproprier les biens, en remboursant les propriétaires à un prix « juste et équitable » comme cela avait été déclaré. Entre-temps personne ne pourra ni vendre, ni louer ou modifier leurs biens. Les propriétaires d’entreprises ont fait savoir à AKJ qu’ils ont du mal à obtenir des prêts bancaires depuis, parce que les banques ne veulent pas prendre de risques sur des propriétés qui n’ont pas une valeur sure.

Une semaine après la déclaration, sans un appel d’offre, le gouvernement haïtien a signé un contrat de $295,000.00 dollars US avec la Fondation Prince Charles. Les fonds provenaient du trésor public.

« Nous avons choisi la Fondation car elle est à but non-lucratif », a dit Beaudin à AKJ. « Nous nous sommes dit : ‘ faisons un choix là où un appel à la concurrence n’est pas nécessaire ‘ ».

Selon Baudin, le prix du marché pour une étude similaire serait de presque $1 million de dollars US.

La Fondation a choisi un partenaire – la société de planification urbaine américaine Duany-Plater-Zyberk (DPZ) – et a eu des réunions de consultations en automne dernier puis en janvier, pour entendre le point de vue des autorités, des gens d’affaires et des résidents de Port-au-Prince.

« C’est la première fois qu’il y a autant de consultations dans le cadre d’un programme gouvernemental », a dit Baudin.

A la fin avril, selon Baudin, les recommandations – une série d’options pour les 200 hectares – étaient « presque terminées ». La Fondation n’attendait que les commentaires du gouvernement nouvellement élu, a dit Baudin. (Initialement le document final a été promis pour la mi-février).

« Je dirais que nous sommes à une phase très satisfaisante », a souligné Baudin, « mais ce n’est pas tout le monde qui est satisfait ». [akj apr 16/06/2011 20:00]

…………..

* « Ayiti Kale Je » (http://www.ayitikaleje.org/) est une initiative de partenariat médiatique en vue d’assurer des investigations journalistiques sur la reconstruction d’Haïti suite au séisme dévastateur qui a frappé le pays et fait 300.000 morts et autant de blessés.

Le Groupe Médialternatif est un des partenaires de cette initiative, à travers son agence multimédia AlterPresse (http://www.alterpresse.org/), avec la Société pour l’Animation de la Communication Sociale (SAKS – http://www.saks-haiti.org/). Deux réseaux participent également : le Réseau des Femmes Animatrices des Radios Communautaires Haïtiennes (REFRAKA) et l’Association des Médias Communautaires Haïtiens (AMEKA), qui est composé de stations de radios communautaires à travers le pays.

 

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Impasse ?
Haiti-Reconstruction : Le travail de la Fondation Prince Charles sous les feux de la critique

vendredi 17 juin 2011

Enquête – Deuxième partie

Dans le cadre du partenariat médiatique « Ayiti Kale Je »*, dont AlterPresse fait partie

clip_image002P-au-P., 17 juin 2011 [Ayiti Kale Je/AlterPresse] — Tout le monde n’est pas satisfait du plan de reconstruction du centre-ville basé sur la proposition de la Fondation Prince Charles / Duany-Plater-Zyberk (DPZ) et soutenu par le Ministre des Finances Ronald Baudin ainsi que le Conseil de Facilitation pour la Reconstruction du Centre-ville.

Dès que la déclaration d’utilité publique a été rendue publique, les propriétaires ont protesté à travers les médias et mis en circulation une pétition déplorant l’acte d’expropriation de leurs biens.

Dans un texte publié dans Le Nouvelliste en novembre dernier, ils ont demandé au gouvernement de ne pas créer un « petit oasis » au cœur de Port-au-Prince en ignorant « les urgences de la zone métropolitaine dans son ensemble ».

D’autres, qui sont mentionnés dans cet éditorial, ont demandé plus de transparence sur la façon dont la Fondation et DPZ avaient été choisis.

AKJ a demandé à la Fondation de répondre à des questions, ce qu’elle a accepté. Cependant quand Joanna Hindley, la responsable de la communication, a vu les questions – dont certaines étaient liées au contrat, aux consultations et au choix de DPZ – elle a répondu qu’elle ne serait pas en mesure de « répondre à toutes les questions en raison de la clause de confidentialité du contrat » et après elle a cessé tout contact avec les journalistes.

Le plan de la Fondation se fonde sur des « villages urbains » pour gens de la « classe moyenne » – ce qui pourrait être des condos avec leurs parcs, eau et électricité privées, selon Hank Dittmar, directeur général de la Fondation, cité dans le Washington Post daté du 13 mars et repris par la presse un peu partout aux Etats-Unis.

Dans la même publication, Andres Duany (Le “D” de la DPZ) a déclaré que le plan d’ensemble permettrait aux gens de Port-au-Prince de « circonvenir… l’incompétence notoire de la municipalité » de Port-au-Prince.

Les commentaires de Duany ont irrité au plus haut point le « premier citoyen » de la ville qui doutait déjà de la proposition de la Fondation/DPZ.

« La municipalité de Port-au-Prince a suspendu toutes les relations avec la Fondation il y a de cela 2 mois », selon les propos du Maire Jean Yves Jason dans une entrevue par courriel le mois dernier.

S’exprimant lors de la réunion du 19 mai avec les propriétaires, le maire a noté qu’il était fatigué de la domination étrangère dans le processus de reconstruction.

« J’ai cessé de faire le compte de tous les forums et de toutes les conférences internationales sur Haïti et en particulier ceux sur la reconstruction », a-t-il indiqué.

« Quelle a été l’implication réelle des Haïtiens, et surtout des citoyens haïtiens dans ce processus ? Ils disent toujours qu’Haïti est présente par l’intermédiaire des représentants du gouvernement. Peut-être ? Mais quelle est la proportion des acteurs haïtiens, en comparaison avec les autres ? a-t-il poursuivi ».

Un Plan haïtien

Même avant ses différends avec le plan de la Fondation, Jason avait demandé à un cabinet d’architectes, Groupe Trame de Pétion-Ville et un groupe associé, Centre Haïtien de Recherche en Aménagement et Développement (CHRAD), de commencer à travailler sur un plan du centre-ville qui ferait éventuellement partie d’un « Schéma de Cohérence Territoriale » (SCOT).

Selon Jason et le président du CHRAD, Jean Lucien Ligondé, les travaux effectués à date sont gratuits. (Toutefois, le Groupe Trame est dans la course pour le contrat de $11 million de dollars US pour la construction du nouveau complexe de la Mairie de Port-au-Prince selon Jason et Le Nouvelliste).

Lors de la réunion du 19 mai, Jason a dit aux propriétaires que le plan de la Fondation avait de nombreuses lacunes, comme indiqué dans l’évaluation du Groupe TRAME/CHRAD obtenu par AKJ.

Entre autres critiques, « la proposition d’aménagement a été élaborée… sans que rien ne laisse supposer qu’il y a eu une enquête de terrain et ne peut en aucune façon être considérée comme une base de réflexion voire d’aménagement… pour le centre-ville de la capitale », signale le document.

En revanche, Trame et CHRAD affirment que leur plan est basée sur des centaines de pages de rapports de diagnostic (sociologiques, économiques, drainage) qui prennent en compte des réunions participatives.

Au cours de la réunion du 19 mai, la Directrice du Groupe Trame, Elisabeth Coicou a montré des diapositives et a parlé de leur proposition qui garantirait la « mixité » des logements (bas et moyens revenus), zones d’aménagement touristiques (quartiers d’artistes), et une revalorisation du bord de mer.

S’adressant à AKJ à la fin mai, Ligondé du CHRAD a déclaré que son salaire et celui de ses collègues provenaient d’autres projets ou via TRAME, qui avait travaillé inlassablement sur la proposition relative a Port-au-Prince, parce que « nous voulons montrer qu’il y a des haïtiens capables de réfléchir sur la reconstruction du pays ».

Trame/CHRAD et la Municipalité ont demandé aux participants à la réunion du 19 mai – représentants des plus grandes entreprises d’Haïti et des familles de l’élite, qui ont dominé le pays pendant des décennies – de former des commissions qui considéreraient 5 défis associés au plan des propriétaires fonciers, la sécurité, le financement, le zonage et le déplacement du port commercial loin dans le nord du centre-ville.

Coicou a expliqué a Ayiti Kale Je : « Nous voulons qu’ils participent : quelle est votre vision, comment voyez-vous la nouvelle capitale ? »

Mais il y a d’autres visions en cours de planification. Et qui a le droit de participer ? [akj apr 17/06/2011 15 :00]

…………..

* « Ayiti Kale Je » (http://www.ayitikaleje.org/) est une initiative de partenariat médiatique en vue d’assurer des investigations journalistiques sur la reconstruction d’Haïti suite au séisme dévastateur qui a frappé le pays et fait 300.000 morts et autant de blessés.

Le Groupe Médialternatif est un des partenaires de cette initiative, à travers son agence multimédia AlterPresse (http://www.alterpresse.org/), avec la Société pour l’Animation de la Communication Sociale (SAKS – http://www.saks-haiti.org/). Deux réseaux participent également : le Réseau des Femmes Animatrices des Radios Communautaires Haïtiennes (REFRAKA) et l’Association des Médias Communautaires Haïtiens (AMEKA), qui est composé de stations de radios communautaires à travers le pays.

 

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Haïti a-t-elle fait le « choix » de mourir de faim ?

Mini-enquête

P-au-P, 17 juin 2011 [AlterPresse] — Haiti semble avoir fait le « choix » de mourir de faim ou de « vivre » continuellement dans la dépendance alimentaire selon ce qui ressort d’une mini-enquête conduite par AlterPresse.

« On a l’impression de devoir dépenser beaucoup plus pour la nourriture quand on perçoit beaucoup plus en terme de salaire. Et l’avenir est plutôt incertain. Aujourd’hui vous avez un job, mais en tant que contractuel (…) La sécurité de l’emploi n’est pas garantie. Et c’est pratiquement impossible de faire des économies ».

Ces propos sont ceux d’un père de famille, qui dit préférer garder l’anonymat. Il cumule deux emplois et semble vivre entre la contradiction et le doute.

Plus de 3 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire dans le pays, selon Gary Mathieu, directeur de la Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA) qui dit ne pas écarter un chiffre beaucoup plus élevé.

La CNSA est actuellement en train de finaliser une enquête qui doit être publiée en aout prochain, annonce t-il. En attendant d’autres sources avancent près de 5 millions de personnes touchées par l’insécurité alimentaire, soit la moitié de la population.

Contexte fragile

Selon la CNSA, le nombre de jours de travail pour acquérir le panier alimentaire a augmenté pour les ménages pauvres, passant de 22 jours en 2009 à 27 jours en 2011, alors que le revenu de ces ménages a diminué d’environ 600 gourdes.

L’épidémie de cholera a eu des effets négatifs sur la sécurité alimentaire, notamment dans l’Artibonite, sans oublier l’ouragan Thomas (fin 2010) qui a détruit une partie des cultures dans le Sud du pays. La saison des cyclones fait craindre le pire des scenarios.

Mais pour Camille Chalmers, responsable de la Plateforme de Plaidoyer pour un Développement Alternatif (PAPDA), organisation chef de file dans la lutte pour la souveraineté alimentaire en Haïti, le problème est plus complexe.

« La question de la faim est liée à des choix notamment des politiques publiques, le choix de produire et d’utiliser la terre à des fins spécifiques. Par exemple en Haïti on sait qu’il y un combat historique entre l’exigence qui est faite pour les denrées d’exportation et la culture alimentaire », explique Chalmers.

Selon lui, la souveraineté alimentaire implique de pouvoir contrôler ses ressources et les utiliser suivant ses besoins, et non uniquement de s’approvisionner en aliments suffisants. Or, le pays d’abord contraint à « une économie de dessert : café, sucre, cacao », est réduit à la « rente et la spéculation », alors que les classes dominantes ont fait main basse sur les terres.

« Les paysans haïtiens sont placés dans une situation d’extrême pauvreté et [cela] explique qu’ils s’attaquent à des ressources forestières », relève t-il.

« République paysanne », république entravée

Selon un rapport du Bureau International du Travail(BIT) paru en 2010, 72% de la population active en milieu rural travaille dans l’agriculture. Ce secteur a une part de 8% dans le budget national et les agriculteurs n’ont pas accès aux crédits.

« Le cœur de la question est la relation pathologique entre l’Etat et la nation. Un Etat qui s’est construit contre la nation, un Etat qui s’est construit contre la paysannerie et qui n’a jamais reconnu la paysannerie comme force motrice et un élément central dans le pays », explique le responsable de la PAPDA.

Outre les rapports entre les différents gouvernements et la paysannerie, Chalmers critique en même temps certains choix économiques à l’image de l’ouverture du marché aux produits d’importation et l’endettement.

« La question des tarifs douaniers… a affecté grandement la production alimentaire en Haïti et a entrainé la pauvreté et le chômage en milieu rural », souligne l’économiste.

Les premiers accords ayant amené à la dépendance alimentaire du pays ont été signés à partir de 1983 durant la dictature de Jean Claude Duvalier, rappelle Chalmers. Les choses se sont durcies depuis 1995 quand le parlement haïtien a permis que « 80% des produits (alimentaires étrangers consommés en Haïti) entrent sur le marché, libre de taxe en douane » et favorisé « une détaxation brutale sur des produits stratégiques comme le riz, le mais et les poissons », ajoute t-il.

Par ailleurs en dépit des annonces faites au lendemain du séisme, le pays est toujours endetté. Il faudrait ainsi, pour Camille Chalmers, obtenir l’annulation totale de la dette qu’il juge « illégitime, illégale et odieuse » et renégocier avec tous les mécanismes de financement international.

Il faudrait trouver « des stratégies qui permettent au pays d’avoir accès à des fonds qui ne l’obligent pas à appliquer des politiques anti-paysannes » et n’impliquent pas le dumping, prône t-il.

Mais en dépit de la nécessité de rupture, d’autres menaces et défis semblent se profiler.

Le spectre Monsanto

L’introduction en Haïti de semences produites par la multinationale Monsanto suscite de vives craintes au sein des organisations paysannes. Récemment une pétition a été signée par des personnalités haïtiennes et internationales contre les produits de cette compagnie et pour demander au nouveau gouvernement de les interdire.

Cette pétition fait suite à des mobilisations en milieu rural contre les semences Monsanto, dont une importante manifestation en juin à Hinche (est). La crainte des planteurs réside dans le fait que ces produits pourraient accentuer la dépendance du pays, alors qu’il existe des semences locales.

« On ne devrait jamais introduire dans un contexte d’urgence de nouvelles variétés qui n’ont pas été testées sur le site agroécologique en question et dans les conditions de gestion des paysans », indique une étude menée par la chercheuse Louise Sperling du Centre international d’agriculture tropicale (CIAT). Selon cette étude, mentionnée dans une enquête du consortium médiatique Ayiti Kale Je les distributions de semences réalisées après le tremblement de terre n’avaient aucune justification.

Monsanto avait offert 475 tonnes de semences à Haïti au lendemain du séisme à titre de don. Une partie de ce don était encore attendue cette année. [kft gp apr 17/06/2011 09:00]

 

Haïti – Culture :

Lettres de Toussaint Louverture à la France
17/06/2011 10:21:05

clip_image018[6]Le samedi 18 juin à 14:30 aura lieu dans la salle FOKAL-UNESCO du centre culturel de l’avenue Christophe, la présentation du livre « Lettres à la France. Idées pour la libération du peuple noir d’Haïti (1794-1798) » qui reprend les lettres de Toussaint Louverture à la France. Cette présentation sera suivie d’un débat en présence des auteurs.

Ce livre reprend la correspondance de Toussaint Louverture adressée au gouverneur français Laveaux au cours de la période 1794-1798. Le cheminement de la révolution haïtienne a favorisé l’établissement d’un rapport de confiance et d’estime entre les deux hommes. Cet échange traduit l’effort de faire se rencontrer deux cultures et deux mondes. L’appareil critique développé par les auteurs, M. Antonio Maria BAGGIO et le Dr. Ricardo Augustin, examine l’héritage du chef des esclaves.

M. Antonio Maria BAGGIO, Professeur d’éthique politique  à lUniversité Pontificale Grégorienne de Rome et Professeur à lInstitut Sophia de Florence et le Dr. Ricardo Augustin, Docteur en sciences politiques à l’Université pontificale Angelicum de Rome, seront tous les deux présents pour cette présentation organisée sous les auspices de l’Institut haïtien de doctrine sociale chrétienne (IHDOSOC).

HL/ HaïtiLibre / FOKAL

 

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