lundi 20 juin 2011

20 Juin

Haïti – Politique :

Propos du Président Martelly et Daniel Rouzier à l’aéroport

20/06/2011 14:36:20

clip_image002Avant de laisser Haïti pour Miami pour passer sa visite médicale annuelle http://www.haitilibre.com/article-3206-haiti-sante-le-president-martelly-a-miami-pour-une-visite-medicale.html , le Président Martelly, à l’aéroport International Toussaint Louverture, en compagnie du Premier Ministre désigné, Daniel Gérard Rouzier ont tenu quelques propos devant les médias; sur l’attente de la ratification du Premier Ministre; leur confiance dans les parlementaires, sur la future équipe du Gouvernement ainsi que sur le Fonds National pour l’Éducation (FNE) qui accumule chaque jour 100,000 dollars. Voici en résumé l’essentiel de leurs propos.
Président Michel Martelly :
« … À nouveau, je vous recommande le Premier Ministre désigné, car je pense que le pays en a besoin. […] après ce petit temps, que je suis à la tête du pays, je vois la quantité de problèmes que nous avons, il y en a beaucoup. Nous avons besoin d’experts, de gens qui sont capables, de personnes qui priorisent le pays d’Haïti et je crois, que nous avons réussi […] ensemble, avec le Premier Ministre, à mettre une équipe sur pied, qui est prête à travailler. Haïti est, comme nous le savons, à un carrefour difficile, souvent, les parlementaires ne connaissent pas l’Exécutif et ont tendance à penser que la chose sera difficile. Ce que vous voyez c’est ce qui est, une équipe de jeunes haïtiens, qui a envie de servir notre pays. Servons nous de tous les canaux que nous avons, parlementaires, Exécutif, judiciaire pour arriver à apporter ce que nous voulons au peuple haïtien. Je vais partir, mais avant, je vais demander au Premier Ministre s’il veut dire quelques mots. Pendant que je serais absent, je compte sur vous, mes chers amis, mes chers confrères les parlementaires… soyons serein… évaluons la chose à sa juste valeur et pensons à Haïti lors de la prise de décision. Encore une fois, je vous le dis, je suis avec mon Premier Ministre désigné, de toutes mes forces, d’ailleurs hier soir, j’ai l’impression qu’a trois heure du matin, il dormait, alors que je le défendais encore. Mon cher, je m’en vais aujourd’hui, je ne te dis pas bonne chance, je suis calme, en forme. Je sais que les parlementaires comprennent quel poids est sur eux ce matin, car tout le monde est dans l’attente [de la ratification] et hier soir encore, je les ai rassuré sur qui tu es, car des fois, ils essaient de me parler de certain dossiers… comme, si tu es haïtien ou pas ? Ils y en a qui ont parlé de tes impôts, je leur ai dit que je n’ai pas encore vu tes papiers d’impôts, […] mais je leur ai dit que je sais qui tu es, je te laisse donner au pays un petit mot puis je pars. »
Premier Ministre désigné, Daniel Gérard Rouzier :
« Bon, Président, merci beaucoup et à la Nation haïtienne je dis qu’aujourd’hui est un jour déterminant et nous sommes là, le cœur calme, nos âmes sont sereines, nous attendons le vote de la Chambre basse et le Président va partir pour 24 heures, nos prières vont l’accompagner pour que son checkup médical se passe très bien et que nous recommencions à travailler pour le pays. Il y a beaucoup de  travail à faire, nous avons une équipe extrêmement compétente, une équipe de serviteurs qui sont prêt à faire le travail pour lequel le peuple a voté […] l’heure est arrivée pour que nous commencions à travailler et faire trois choses qui sont : mettre les enfants à l’école, retirer les gens de sous les tentes et mettre en place les conditions pour que les investissements puissent venir en Haïti, pour que tout le monde trouve du travail. Ceci dit, je suis calme et confiant, nous avons remit au Parlement toutes les pièces qu’ils nous ont demandé pour prendre une décision informée, intelligente et qui réponde à tous les prescrits constitutionnels, c’est sur cette note, que je souhaite au Président un excellent voyage, vous pouvez aller le cœur en Paix, nos prières sont avec vous et demain matin nous t’attendons pour continuer le travail. »
Président Michel Martelly :
« Merci, merci Daniel, avant de partir, je vais ajouter simplement que nous avons publié également une liste de 13 députés et 2 sénateurs pour un total de 15 parlementaires des dernières élections qui ont été faites et qui avaient eu des problèmes. Donc la liste est sortie hier, je voulais vous le dire. Nous laissons notre équipe, motivée à travailler, prête à travailler. Actuellement, chaque jour, environ 100,000 dollars entrent dans le FNE. Est-ce que cela va devenir une taxe, une surcharge ? On en discutera après, c’est une chose que nous allons faire avec nos amis les parlementaires. L’essentiel, c’est qu’avec le mouvement que nous avons crée, chaque jour, 100,000 dollars sont dédiés à l’éducation et collectés à travers le 5 centimes [sur les communications téléphoniques + 1,50 dollars sur chaque transfert de fonds], et encore une fois, je précise que cet argent, n’est pas dans un compte privé, ce n’est pas nous qui le gérons… […] Je félicite toute l’équipe, toutes les personnes qui nous ont aidé à mettre ce programme sur pied. Nous tenons aussi à rappeler à tous le monde, que nous avons demandé à la police et à la justice une enquête sur la mort de monsieur Guiteau Toussaint, une personne très importante qui a perdu la vie dans un assassinat regrettable, bête… Nous demandons à la police de continuer son enquête, à la justice de faire son travail, nous voulons des résultats… Demain je reviens, je salue tout le monde, je vous dis bonne journée et bon travail… »
HL/ HaïtiLibre

 

Haïti – Insécurité :

Corruption et impunité, l’État est sur une pente dangereuse

20/06/2011 15:09:46

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Haïti est devenue tristement célèbre à cause des actes d’insécurité, de corruption et l’impunité qui, chaque jour d’avantage, font la une  des  journaux du pays comme de ceux de l’étranger.

La liste est longue, à laquelle vient de s’ajouter l’assassinat du Président du conseil d’administration de la Banque nationale de crédit (BNC), l’économiste Guiteau Toussaint. Cet assassinat plonge le pays dans une grande consternation, car l’administration publique haïtienne vient de perdre l’un de ses joyaux dans le domaine bancaire. De plus, au moins 5 kidnapping sont enregistrés chaque mois, sans compter les cas où les victimes ne veulent pas porter plainte, selon un responsable de la Direction centrale de la Police judiciaire.

La question de l’insécurité est étroitement liée aux phénomènes de la corruption et de l’impunité, occasionnant souvent des violations des Droits humains dans le pays. Car le droit a la vie est garantie par la constitution de 1987 dans son article 19 et par la Déclaration universelle des Droits de l’homme, en son article 3. Devant cette situation inquiétante, la Plateforme des Organisations Haïtiennes des Droits Humains (POHDH) rappelle aux autorités du pays que :

L’État, par le biais de l’institution policière, a l’impérieuse obligation de garantir l’ordre public et la protection des vies et des biens des citoyens conformément aux prescrits de la loi mère dans son article 269-1;

Il est du ressort des autorités concernées de combattre l’impunité et de mettre sur pied un ensemble de procédés visant à décourager ces actes de violences;

Il est de la responsabilité de la police et des autorités judiciaires de rechercher, juger et condamner les auteurs intellectuels et matériels de ces actions criminelles;

L’insécurité, la corruption et l’impunité ne font pas bon ménage avec le respect des Droits de la personne. Ainsi, la POHDH condamne dans toute sa rigueur ces actes crapuleux commis sur des citoyens et des citoyennes paisibles et utiles au pays et lance un appel solennel à l’Etat haïtien, lui demandant de prendre toutes les mesures nécessaires en vue d’’assurer la sécurité des citoyennes et des citoyens dans le pays.

HL/ HaïtiLibre

 

Le Président Martelly à Miami pour une visite médicale

20/06/2011 11:24:16

clip_image001Dans un communiqué, le bureau de Communication du Président Michel Martelly, informe que le Président quittera Haïti ce lundi 20 juin 2011 à destination de Miami dans le cadre de sa visite médicale annuelle.

Le communiqué précise que « le Président est en parfaite santé » et qu’il s’agit « d’une simple visite médicale de routine » Le Chef de l’État devrait être de retour au pays dès demain mardi 21 juin.

Aucune rencontre officielle n’est prévue au cours de ce voyage indique son bureau.

HL/ HaïtiLibre

 

Des députés suggèrent de désigner un autre Premier ministre

20/06/2011 10:27:00 Auteur(e) La Redaction

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Selon la copie d’un document rédigé sur la désignation du Premier ministre désigné, un groupe de parlementaires a suggéré au président Martelly de choisir un autre Premier ministre « moins redevable envers des entreprises des institutions et des particuliers ».

Un parlementaire a toutefois expliqué à HPN que ce rapmport n’était pas celui de la Commission.

Voici les recommandations finales de ce document:

« La nomination d’un Premier Ministre va donc bien au-delà d’une simple analyse de pièces et de l’exposé de sa politique générale.

Il nous semble que les conflits d’intérêts qui existe à différents niveaux ne nous permettent pas de recommander à l’assemblée de ratifier le choix de Mr Daniel Gérard Rouzier pour le poste de chef de gouvernement.

A moins de considérer que l’élection du Président Joseph Michel Martelly l’exonère de l’obligation de choisir un Premier Ministre qui soit libre de redevances envers des particuliers, des institutions, des entreprises ou de pays étrangers.

Nous demandons donc au Président Joseph Michel Martelly de soumettre le plus rapidement possible aux Présidents des deux Chambres le nom d’une autre personne qui puisse, sans conflits d’intérêts majeurs, occuper  cette fonction.

Comprenant l’urgence de la mise en place d’un nouveau gouvernement ».

Source: HPN

 

Armée d’Haiti: Des anciens organisent un colloque aux Gonaives

20/06/2011 10:31:00 Auteur(e) La Redaction

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Près de 80 ex-militaires ont organisé vendredi un colloque dans la ville des Gonaïves sur la nécessité de réinstituer l’armée d’Haïti abolie en 1994 par l’ancien président Jean-Bertrand Aristide destituée en 1991 par un coup d’état militaire.

Lors de ce colloque les ex-membres des FADH (Forces armées d’Haïti) ont discuté de la nouvelle armée à mettre en place dans le cadre du développement d’Haïti, a indiqué un participant à Haiti Pres Network.

« Nous sommes remobilisés et nous sommes prêts à contribuer pour combattre l’insécurité, le kidnapping et le crime », a indiqué à HPN un ancien sergent Dieuseul Michel.

Le groupe compte communiquer au président Michel Martelly les résolutions de cet atelier de travail qui s’est tenu en présence de membres de la société civile.

« Nous sommes pour le retour de l’armée, mais comme autrefois. Aujourd’hui le pays a besoin d’une armée professionnelle orientée vers le développement », a dit l’ex-sergent Michel.
Il suggère également que des jeunes soient enrolés au sein de l’armée ainsi que la réouverture de l’Académie militaire.

Source: HPN

 

Haïti-Éducation :

Un manque de consultation publique sur le FNE

P-au-P, 20 juin 2011[AlterPresse] — Le secrétaire exécutif de la Plateforme des Organisations Haïtiennes de Défense des Droits Humains (Pohdh), Antonal Mortimé, déplore le fait que le secteur des droits humains et d’autres partenaires n’ont pas été impliqués dans le cadre de l’établissement, du Fonds National pour l’Éducation (FNE).

Le président haïtien, Michel Martelly, avait lancé solennellement le 26 mai dernier le FNE dans l’idée de favoriser l’accès à l’éducation au niveau fondamental à 1,9 millions d’enfants haïtiens non scolarisés, selon lui, dans tout le pays.

La décision de créer ce fonds si elle est saluée par certains partenaires comme l’UNESCO, soulève cependant des reproches et aussi des doutes.

« Nous n’avons pas été contactés. », déplore Mortimé qui coordonne les activités de la POHDH, une plateforme de 8 organisations de défense de droits humains.

« Des secteurs (organisations), tels, la Papda (Plateforme haïtienne de Plaidoyer pour un développement alternatif), le Garr (Groupe d’Appui aux Rapatriés et aux Réfugiés) et les Syndicats d’enseignants, qui réfléchissent sur le dossier de l’Éducation depuis plus d’une vingtaine d’années, n’ont pas été abordés », ajoute t-il.

Ces organismes travaillent de concert avec la POHDH sur certains dossiers dont celui de l’Éducation, précise Antonal Mortimé.

Les propriétaires d’établissements scolaires privés n’ont pas non plus été officiellement contactés. Les écoles privées représentent 88 % de l’offre scolaire en Haïti.

Certains membres de la diaspora, principale concernée, se plaignent également de n’avoir pas été consultés, selon les medias.

Ces attitudes restent contraires « à l’instauration de l’État de droit » que prône le président de la République, regrette Mortimé, qui « souhaite qu’il (Martelly) tienne compte de cela dans les prochaines décisions qu’il aura à prendre ».

« L’idée est bonne », dit-il, même quand elle fait l’objet de confusion vue qu’elle n’est appuyée sur aucune base juridique. La réflexion se porte surtout sur la nature de ce fonds, est-il étatique ou « Martellien – appartenant à Martelly », s’interroge Mortimé.

Les mécanismes d’alimentation du Fonds National pour l’Education sont opérationnels depuis le 15 juin dernier. Tous les opérateurs de transferts d’argent ou d’aliments prélèvent un frais de 1,5 USD sur chaque client et pour chaque transaction, ce, pour tout transfert en provenance des États-Unis, du Canada et de certains pays des Antilles.

Certains haïtiens résidant aux Etats-Unis ont témoigné que leur carte d’appel de 22 minutes ne dure plus de 6 minutes, et ce pour la même somme.

Cet argent doit être remis à la BRH, et les frais sont baptisés « Frais d’utilisation de la plateforme de la BRH ».

Lors du lancement officiel du FNE le 26 mai le président avait dit en substance que c’est la Banque de la République d’Haïti (BRH) qui se chargera de la gestion de ce fonds. Une firme étrangère (Price Waterhouse Cooper) réalisera les audits.

Seulement, aucune décision juridique n’accompagne cette démarche du chef de l’État. Ce n’est pas une loi, ni un arrêté, ni un décret qui a conduit à la création du fonds. Il s’agit pourtant des trois principales manières de prendre les décisions juridiques en Haïti.

« Cette décision n’a pas de force juridique », s’inquiète Mortimé. Qu’adviendra t il après la présidence de Martelly si ce n’est pas une décision d’État, se questionne t-il.

Mais, pour Jean Frantz Théodat, fiscaliste et maire de la commune de Tabarre, « ce n’est en rien une taxe ». Le maire préfère qu’on parle de « prélèvement ou redevance » c’est-à-dire « le paiement d’un droit effectué par un citoyen ».

Le premier ministre désigné, Gérard Daniel Rouzier concède de son coté, que dans le domaine de levée de fonds « la transparence » est obligatoire.

Reconnaissant les faiblesses de clarté, Rouzier a promis, au cours de ce même entretien, que « son ministre de l’éducation éclaircira les questions les plus pointues une fois que son cabinet sera formé ».

En attendant, c’est le chef de l’Etat Michel Martelly, qui donne déjà un aperçu sur l’utilisation exacte prévue pour le Fonds National de l’Education. Récemment, lors de son bilan des 30 premiers jours, Martelly a affirmé qu’il vise la scolarisation gratuite dans les écoles publiques (un peu plus de 10% de l’offre scolaire), alors qu’il l’avait auparavant promis à tous les enfants haïtiens. [rh kft gp apr 20/06/2011 08:40]

 

Haïti-Équateur : Détention à Quito d’un Haitien pour son implication présumée dans la traite et le trafic de personnes

AlterPresse / lundi 20 juin 2011

Communiqué du Service Jésuite aux Réfugiés et Migrants (SJRM) en date du 17 juin 2011 [1]

Le citoyen haïtien, M. Daméus Vikese, a été détenu aujourd’hui 17 mai 2011, vers 6 heures du matin, à l’Aéroport de Quito, alors qu’il entrait en Équateur accompagné de 34 jeunes hommes et femmes haïtiens.

M. Vikese a été appréhendé parce qu’il était recherché pour « escroquerie migratoire », suite à des plaintes de même nature déposées par deux personnes contre lui. Selon ces plaintes, Vikese, qui se fait passer pour un évêque missionnaire mais sans être capable de spécifier à quelle église il appartient, aurait offert des bourses d’études universitaires et des visas d’études contre le paiement d’une somme qui varie entre 3500 et 5000 dollars américains. Outre les bourses et les études, sont également inclus dans le « paquet » offert par M. Vikese : vêtements, alimentation et logement.

Les plaignants affirment avoir été victimes d’escroquerie puisque des mois se sont écoulés sans que les promesses faites par M. Vikese ne se concrétisent. Au contraire, après un certain temps, ils ont été abandonnés dans une maison, où ils vivaient dans des conditions déplorables.

Aujourd’hui (17 juin), M. Vikese a été traduit devant la justice. Le juge a conclu qu’il y avait suffisamment d’éléments pour initier une enquête pour escroquerie migratoire. Pour s’assurer que l’accusé ne s’échappe pas et comparait devant la justice, le juge a ordonné sa mise en détention pendant la période de l’enquête. Il s’agit d’une mesure établie par la législation équatorienne pour s’assurer que la personne sur laquelle porte l’enquête ne prenne pas la fuite et réponde de ses actes, une fois ses responsabilités établies.

Les 34 jeunes haïtiens qui sont entrés en Équateur se trouvent actuellement dans une situation migratoire régulière parce qu’ils ont un permis de séjour de 90 jours comme touristes ; en plus, ils n’ont fait l’objet d’aucune accusation. Cependant, puisque leur accompagnant a été détenu par les autorités équatoriennes, ils ont été placés dans un centre d’hébergement sous l’entière responsabilité du Ministère de la Justice. Les jeunes haïtiens ne sont pas détenus, ils peuvent circuler librement, mais ils se sentent de plus en plus frustrés et désorientés au fur et à mesure qu’ils se rendent compte de la tromperie dont ils ont été victimes, à l’instar d’autres jeunes haïtiens qui étaient entrés en Équateur avant eux, bernés par les mêmes promesses de bourses d’études.

On a l’impression d’assister à une comédie somme toute assez tragique, quand les jeunes racontent que M. Vikese leur a ordonné de s’habiller en séminariste pour feindre qu’ils sont venus en Équateur participer à une rencontre à caractère religieux.

C’est le troisième cas similaire dont le Service Jésuite aux Réfugiés et Migrants en Équateur a pris connaissance, mais nous savons qu’il en existe beaucoup d’autres. Pour cela, nous disons assez ! Assez de ces abus et exploitation contre de jeunes Haïtiens qui rêvent de meilleures conditions de vie pour eux et leurs familles ! Assez : il faut cesser d’utiliser la religion à des fins d’exploitation !

Nous lançons un appel à la société civile haïtienne et surtout aux jeunes de ce pays à rester vigilants face aux fausses promesses de personnes sans scrupule qui profitent de leur situation marquée par le désespoir et l’absence de perspectives d’avenir.

Nous lançons aussi un appel aux États latino-américains – parce que cette problématique n’est pas exclusive à l’Équateur- à trouver des solutions créatives pour aider de manière plus efficace la société haïtienne, confrontée à une situation difficile due au violent séisme suivi d’une épidémie de choléra, auxquels s’ajoutent la déforestation et la pauvreté chronique.

Direction du Service Jésuite aux Réfugiés et Migrants – SJRM Équateur

[1] Traduction de courtoisie – Version originale en Espagnol

 

 

Haïti – Reconstruction :

L’ECOSOC en Haïti, amplifier le développement durable en Haïti

19/06/2011 08:42:55

clip_image009Une délégation du Groupe Consultatif du Conseil Économique et Social des Nations Unies (ECOSOC) composé de onze membres, conduite par le représentant permanent adjoint du Canada auprès des Nations Unies, M. Gilles RIVARD, et qui comprend entre autres le représentant permanent adjoint d’Haïti auprès des Nations Unies, M. Jean Wesley CAZEAU et des représentants d’autres pays, dont les Etats-Unis, le Brésil, le Chili, la France, l’Espagne et le Bahamas, effectue une visite en Haïti du 15 au 19 juin, le but de cette visite est de collecter des données auprès des officiels haïtiens, des partenaires internationaux et des représentants de la société civile qui seront utilisées dans la formulation de recommandations susceptibles d’amplifier le développement durable en Haïti et une meilleure coordination de l’aide humanitaire internationale.

Vendredi la délégation a rencontrée des membres de l’équipe gouvernementale du Président Michel Martelly en vue de s’enquérir de leur vision du développement à long terme du pays et des outils qu’ils entendent utiliser pour la concrétiser. Jeudi, les délègues de l’ECOSOC ont également effectués une visite de terrain à Léogâne, ils ont assisté à la présentation d’un projet de collecte des débris faite par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD). Ils ont aussi visité des sites de décharge et de recyclage de déchets, dont Caira, Mapou, Dampou, Flon et Macombe. Ils ont aussi exprimé leur soutien aux autorités municipales et locales.

Leur visite en Haïti a aussi pour but de constater la façon dont l’aide internationale est utilisée sur le terrain et à évaluer les stratégies de renforcement des capacités du gouvernement haïtien, tout en encourageant une prise en charge par les autorités nationales des projets de reconstruction et de développement, particulièrement dans les domaines de l’éducation et de la santé.

À la fin de leur visite la mission de l’ECOSOC devra formuler des recommandations quant à la mise en place d’une stratégie de développement durable en Haïti, y compris le renforcement du plan de reconstruction et de stabilisation. Les recommandations porteront aussi sur les moyens pouvant assurer la cohérence de l’aide internationale à Haïti, qui doit aussi tenir compte des priorités définies dans le plan d’Action National de Reconstruction et de Développement d’Haïti.

En savoir plus sur l’ECOSOC
Le Conseil Economique et Social (ECOSOC) est l’un des six principaux organes des Nations Unies responsable d’établir des normes et de formuler des recommandations visant à réduire la pauvreté, améliorer la santé et l’éducation, promouvoir le respect des droits de l’homme et protéger l’environnement. Il constitue la structure centrale de coordination des activités économiques et sociales du système des Nations Unies.

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-625-haiti-reconstruction-l-ecosoc-examine-le-programme-d-assistance.html
http://www.haitilibre.com/article-453-haiti-reconstruction-auto-congratulation-promesses-et-beaux-discours.html
http://www.haitilibre.com/article-425-haiti-reconstruction-aux-cayes-ont-parle-de-decentralisation.html
http://www.haitilibre.com/article-373-haiti-reconstruction-mission-essentielle-a-l-aide-internationale.html

HL/ HaïtiLibre

 

Haïti-Sécurité :

La Minustah prête à collaborer à l’enquête sur l’assassinat du banquier Guiteau Toussaint

clip_image011P-au-P, 19 juin 2011[AlterPresse] — La Mission des Nations-Unies pour la Stabilisation d’Haiti (Minustah) se dit « prête à collaborer » avec la Police Nationale d’Haiti en vu de mener à terme l’enquête relative à l’assassinat du président du conseil d’administration de la Banque Nationale de Crédit, Guiteau Toussaint.

Guiteau Toussaint a été assassiné le dimanche 12 juin dernier à son domicile en banlieue de Pétion-Ville (périphérie est).

« La mission est prête à collaborer avec la PNH (Police Nationale D’haiti) pour la réalisation et pour mener à bien cette enquête », déclare Vicenzo Pugliese lors d’une conférence tenue le 17 juin à la base logistique de la mission.

Plusieurs suspects sont déjà interpellés dans le cadre de cette poursuite judiciaire, en particulier, Franck Ciné, le PDG de la compagnie haïtienne de télécommunications HAITEL S.A, qui a été libéré, selon les médias.

Une remontée de l’insécurité est observée depuis ces dernières semaines à la capitale haïtienne, avec notamment une multiplication de cas de kidnappings et d’assassinats. [rh gp apr 19 /06/2011 14 : 50]

 

Haïti – Reconstruction :

200 projets à impact rapide, actuellement en cours

19/06/2011 11:06:05

clip_image013Dans le cadre de son appui institutionnel au Gouvernement Haïtien, la section des Affaires civiles de la Minustah continue à réaliser des Projets à Impact Rapide en vue d’aider à répondre aux besoins immédiats de la population en termes d’infrastructures, tout en soutenant le processus de reconstruction du pays.

Vu l’importance et l’utilité de ces projets, le budget proposé à leur réalisation est passé de 3 millions de dollars pour l’année 2009-2010 à 7,5 millions pour l’année 2010-2011. Cette augmentation substantielle a été accompagnée d’une autorisation exceptionnelle de relèvement du plafond par projet de 25,000 à 100,000 dollars américains.

En date du 15 juin 2011, près de 200 projets sont en cours de réalisation dans le pays. Au cours des deux dernières semaines, les Projets à Impact Rapide suivants ont été lancés:

À Mirebalais, à la section communale de Gascogne, trois projets ont été lancés le 9 Juin, dont la construction de 300 mètres de canal d’irrigation en maçonnerie, la réhabilitation de 400 mètres de canal en terre battue et l’aménagement de deux bassins piscicoles de deux cents mètres carrés chacun. Ces projets sont financés à hauteur de 2 millions de gourdes [±40 gourdes = 1 dollars US].

A Cavaillon, dans le département du Sud, les Projets à Impact Rapide, qui ont été lancés à partir du 31 mai portent sur la construction et l’équipement du Tribunal de Paix, un bâtiment qui logera aussi le Bureau de l’état civil de Cavaillon. Ce projet bénéficiera en premier, à la population de la région [près de 90,000 habitants] et permettra de renforcer les capacités opérationnelles de ces institutions, d’améliorer l’accès à la justice des justiciables, et d’une manière générale, de consolider l’État de Droit dans cette juridiction. Ce projet est réalisé en partenariat avec la Caritas Diocésaine Sud, et son coût s’élève à 3,145,621 gourdes.

Par ailleurs, à Hinche, la Minustah a lancé le 1er juin les travaux de réhabilitation de la cour de l’hôpital Ste Thérèse, en partenariat avec la Direction de cet hôpital. Le projet consiste en la construction d’un périmètre en béton avec l’aménagement d’un espace vert, ce qui permettra d’assainir la cour de l’hôpital et de réduire de manière considérable les possibilités d’infections. Le coût de ce projet s’élève à 1,356,148 gourdes. L’hôpital Ste Thérèse est l’hôpital public Départemental de référence du ministère de la Santé au niveau du Plateau Central. D’une capacité de 185 lits, l’hôpital reçoit quotidiennement quelque 400 personnes.

HL/ HaïtiLibre

 

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Haiti-Sécurité :

Plusieurs ex-policiers à la moralité douteuse, se retrouvent aujourd’hui dans l’entourage de Martelly

 

Intégralité de la lettre de mise en garde adressée par le RNDDH au chef de l’État

AlterPresse / dimanche 19 juin 2011

Document posté le 17 juin sur le site du RNDDH [1]

Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH), une organisation engagée dans la lutte pour l’émergence d’un Etat de droit en Haïti salue votre accession à la Magistrature Suprême de l’Etat à un moment où le pays se trouve au bord de l’effondrement total.

Le RNDDH vous rappelle que lors de votre campagne électorale, vous avez promis au peuple Haïtien d’accorder une mention spéciale aux problèmes récurrents du pays en travaillant à l’accès à une éducation de qualité, à la création d’emploi, à la protection de l’environnement et à l’établissement d’un Etat de droit.

C’est pourquoi le RNDDH croit qu’il est de son devoir d’attirer votre attention sur le fait que plusieurs ex-policiers à la moralité douteuse, se retrouvent aujourd’hui dans votre entourage.

En effet, plusieurs ex-policiers dont Noël GODWORK, Jacky NAU, Gilbert DRAGON, Carel ALEXANDRE et Will DIMANCHE, renvoyés de l’institution policière, ont intégré votre service de sécurité alors qu’il pèse sur eux de sérieux doutes quant à leur implication présumée dans le trafic illicite de stupéfiants, la violation des droits humains et autres actes répréhensibles.

Monsieur le Président de la République,

Le RNDDH tient à partager avec vous les informations suivantes :

Ø Le 9 septembre 1999, sur mandat de perquisition du Commissaire du Gouvernement près le Tribunal de Première Instance du Cap-Haitien , d’alors, le Commissaire Municipal Mercin PIERRE a perquisitionné l’Hôtel « Le Voyageur » , situé à Plaine du Nord , département du Nord. Au cours de cette opération, plusieurs cadres de la PNH ainsi que des policiers en provenance du département de l’Ouest, des ressortissants étrangers de nationalités colombienne et dominicaine ainsi qu’un trafiquant de drogue Haïtien très connu, Roger MOMPREVIL ont été trouvés sur les lieux de perquisition. Les policiers dont il s’agit répondent aux noms de :

• Didier SEIDE, Commissaire Municipal, alors responsable de l’ Unité de Sécurité Générale du Palais National (USGPN) ;

• Godwork NOEL, Commissaire Municipal, responsable alors du Commissariat de l’ Arcahaie ;

• Lewis BOURGOUIN, Commissaire Municipal, responsable du Commissariat de Pétion-Ville ;

• Dragon GILBERT, Commissaire Municipal, responsable du Commissariat de la Croix-des-Bouquets ;

• Patrick DORMEVIL, Commissaire Municipal, responsable du Commissariat de l’ Aéroport de Port-au-Prince ;

• Jean Frislet FRANCOIS, Inspecteur Municipal, affecté au Commissariat de l’ Aéroport de Port-au-Prince .

L’enquête policière conduite par l’ Inspection Générale de la Police Nationale d’Haïti (IGPNH) a révélé qu’une réunion préparatoire avait été organisée le 8 septembre 1999 à la résidence du Commissaire Principal Guy PHILIPPE, située à Pèlerin 6 avec la participation des agents de la PNH susmentionnés et du Commissaire Jacky NAU, aux fins de réaliser l’atterrissage d’un petit avion en provenance de la Colombie avec à son bord une cargaison de quatre cent cinquante (450) kilogrammes de cocaïne. Cet atterrissage a eu lieu le 10 septembre 1999, dans la zone de Savane Carrée , localité située entre les communes de Fort-Liberté et de Ouanaminthe , dans le département du Nord-est. La drogue a été transportée de Savane Carrée au Cap-Haitien dans l’un des véhicules des policiers et remise au narcotrafiquant Roger MOMPREVIL pour être acheminée à Port-au-Prince .

Ce dossier, qui a défrayé la chronique, a été corroboré par un rapport de la Drug Enforcement Administration (DEA) adressé au Directeur Général de la Police Nationale d’Haïti (DGPNH) d’alors, Pierre DENIZE, l’informant qu’un petit avion avait survolé Fort-Liberté dans la soirée du 10 septembre 1999. De plus, après enquête menée par l’ Inspection Générale de la PNH , plusieurs policiers ont été révoqués dont :

• Didier SEIDE, Commissaire Municipal, renvoyé de la PNH le 2 mai 2000, pour affaire de stupéfiants ;

• Godwork NOËL, Commissaire Municipal, identifié par son numéro d’immatriculation 11-BC-2705, révoqué le 2 mai 2000 pour affaire de stupéfiants ;

• Feu Jean Lewis BOURGOUIN, Commissaire Municipal, identifié par son numéro d’immatriculation 11-PP-039, renvoyé de la PNH le 2 mai 2000 pour affaire de stupéfiants ;

• Patrick DORMEVIL, Commissaire Municipal, révoqué le 21 mars 2000 pour affaire de stupéfiants.

Ø En 2003, le Gouvernement Américain a annulé le visa d’entrée aux Etats-Unis d’Amérique de plusieurs personnalités du pays dont des agents de la PNH, des Parlementaires de la Quarante-septième Législature et d’autres citoyens Haïtiens en raison de leur implication dans le trafic illicite de stupéfiants. Le Commissaire Carel ALEXANDRE alors Directeur Central de la Police Administrative a aussi été l’objet de cette décision. La liste de onze (11) des personnes concernées par cette décision est apparue dans l’édition du quotidien Le Nouvelliste du week-end du 31 janvier au 2 février 2003, # 36617. De plus, en 2004, le Commissaire Carel ALEXANDRE a été renvoyé de la PNH pour abandon de poste.

Ø Le Commissaire Principal Will DIMANCHE, identifié par son numéro d’immatriculation 11-BC-147, alors Inspecteur Municipal, a été révoqué le 30 septembre 1997 pour abandon de poste et utilisation de véhicules de la PNH à des fins personnelles. Il est réintégré au sein de l’institution policière pour être révoqué une seconde fois le 15 avril 2004 pour promotion irrégulière, abandon de poste et irrespect du Code de Déontologie Policière. Depuis 2006, il a été réintégré une nouvelle fois, au sein de la PNH.

Aujourd’hui, le Commissaire Principal Will DIMANCHE fait l’objet d’une enquête policière pour son implication présumée dans l’assassinat de la dame Manoucheka LOUIS JEAN BRICE, épouse de l’ex-directeur Départemental de l’Ouest, Ralph Stanley JEAN BRICE, assassinée le 10 septembre 2010 par un commando au moment où elle rentrait chez elle.

Tous ces ex-policiers tournent autour de vous et font partie de votre service de sécurité. Aujourd’hui, ils entreprennent des démarches en vue de réintégrer la PNH.

Monsieur le Président de la République,

Le Manuel du Personnel de la Police Nationale d’Haïti adopté le 6 février 1996, dans son chapitre VI portant sur la réintégration des agents de la PNH, dispose en son article 17, que :

« La demande de réintégration dans la Police Nationale ne confère pas de droit à son auteur. Statutairement, elle s’analyse comme une nouvelle candidature à l’engagement.

Pour demander sa réintégration, le policier qui a été rayé des contrôles de la Police Nationale après résiliation d’un contrat antérieur ou démission du corps des policiers de carrière doit réunir les conditions suivantes :

clip_image015 Etre âgé de moins de 36 ans le jour de la signature du nouvel acte d’engagement ;

clip_image015[1] Ne pas avoir eu une interruption de service supérieure à cinq ans ;

clip_image015[2] Avoir obtenu le certificat de bonne conduite à l’issue des services qu’il a effectués dans la Police Nationale ».

Le Manuel susmentionné doit être scrupuleusement respecté dans toutes vos prises de décision relatives à la réintégration d’ex-policiers car, dans un passé pas trop lointain, la PNH était systématiquement impliquée dans de nombreux cas de violations de droits humains, de trafic de stupéfiants, d’exécutions sommaires, etc. Des bandits armés ont intégré l’institution policière, des promotions ont été octroyées de manière fantaisiste aux agents policiers, des postes de responsabilité ont été confiés sans concours, à des personnes dépourvues de formation théorique et pratique en matière de sécurité au point que la PNH était considérée comme un repaire de bandits et de trafiquants de drogue de grande envergure.

Aujourd’hui, la réintégration d’ex-policiers, en dehors des règles préétablies, au sein de l’institution policière, représenterait un retour aux anciennes pratiques arbitraires, à l’ère des promotions irrégulières, du favoritisme, de la politisation de la PNH et de la transformation de la PNH en une milice privée, car, en dépit des nombreux reproches pouvant être adressés à l’institution policière, force est de constater que des efforts ont été consentis dans le but de la structurer et de la professionnaliser tant soit peu.

Monsieur le Président de la République,

En Décembre 2006, un processus de certification du personnel policier a débuté avec une équipe d’enquête conjointe Police Nationale d’Haïti / United Nations Police (PNH / UNPOL).

Il a été constaté que plusieurs cadres de la PNH ainsi que des policiers n’ont pas été certifiés pour des raisons diverses dont leur implication dans des cas de violations de droits humains ou leur train de vie supérieur à leur salaire. Le rapport final assorti de recommandations, a été acheminé aux autorités compétentes d’alors pour les suites nécessaires. Ce rapport a été purement classé dans les tiroirs.

C’est le moment ou jamais de mettre en application les conclusions du rapport de certification du personnel de la PNH si vous voulez effectivement travailler au renforcement et à la professionnalisation de cette institution.

Monsieur le Président de la République,

L’Etat de droit, dont vous voulez faire un des quatre (4) axes de votre Gouvernement suppose une réelle volonté politique en vue de réaliser progressivement les droits sociaux, économiques et culturels et de respecter les droits civils et politiques du peuple Haïtien. Ceci passe nécessairement par le règne de la Loi, une gestion saine de l’Etat, la lutte contre le favoritisme, la corruption, le trafic illicite de stupéfiants, les crimes financiers, le blanchiment des avoirs et la criminalité transnationale.

De plus, les postes de responsabilité doivent être confiés à des hommes et des femmes de grande moralité, au dessus de tout soupçon car, les institutions étatiques ne doivent pas constituer un lieu de refuge pour les individus en conflit avec la Loi ou un repaire de bandits.

En ce sens, le RNDDH vous encourage à vous élever à la hauteur des nombreux défis qui vous attendent, à vous armer de courage et à tout entreprendre en vue d’honorer vos promesses et de concrétiser l’espoir placé en vous par la population Haïtienne.

Le RNDDH vous prie de croire, Monsieur le Président de la République, à l’expression de sa haute considération.

[1] www.rnddh.org

 

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Impasse ?

Haiti-Reconstruction : Un secret bien gardé…

Enquête – Troisième partie

Dans le cadre du partenariat médiatique « Ayiti Kale Je »*, dont AlterPresse fait partie

clip_image017P-au-P., 19 juin 2011 [Ayiti Kale Je/AlterPresse] — Au moins trois propositions concurrentes existent en ce qui concerne la reconstruction de Port-au-Prince, suite au terrible tremblement de terre du 12 janvier 2010.

Il est peut être normal qu’un client – comme le gouvernement haïtien – paie plusieurs firmes pour avoir diverses propositions et options. Mais 17 mois après le séisme on est à se demander s’il est normal qu’aucune décision n’ait été prise. Cela parait, pour le moins, assez inefficace.

Entretemps, la firme canadienne de développement urbain, Daniel Arbour et Associés (DAA), est l’un des secrets mieux gardés dans le processus de reconstruction.

Selon de multiples sources, DAA travaille actuellement sur une série de projets pour le Ministère de la Planification et de la Coopération Externe, même si les projets et les contrats ont jusqu’ici été bien dissimulés.

Contacté par AKJ, une personne de haut niveau du personnel du Ministère de la planification et qui a demandé de ne pas être cité – étant donné qu’aucun fonctionnaire haïtien n’est censé parler aux medias sans approbation du ministère compétent – a confirmé que DAA travaille en effet sur un document de « stratégie nationale » de planification urbaine et sur une étude d’une « nouvelle orientation spatiale dans le contexte du relèvement ».

Selon l’officiel haïtien, le travail de DAA n’est pas une duplication de celui réalisé par la Fondation Prince Charles. « Vous parlez de deux choses différentes », a-t-il dit.

Mais n’ayant pas accès à plus de détails et sans informations concrètes, il nous est impossible de vérifier ces renseignements.

Comme la Fondation Prince Charles, DAA est payé par le gouvernement haïtien. Le fonctionnaire ne sait pas si DAA a été sélectionné par un appel d’offre et il n’est pas au courant du montant exact du contrat.

Sollicité pour confirmer la rumeur, circulant dans le milieu des firmes concurrentes, selon laquelle, le contrat aurait couté $ 2 million de dollars, il a seulement déclaré : « le coût peut être de plus ou moins $2 millions ».

Questionné sur la communication et la coordination entre les ministères et la mairie de Port-au-Prince, le fonctionnaire a admis qu’il y avait des problèmes de communication, en ajoutant « que ce type de problème existe aussi à l’intérieur même du ministère. »

En dépit des nombreux appels téléphoniques et des messages électroniques, le Ministre des finances, Ronald Baudin, n’a pas répondu aux demandes d’éclaircissements. Il n’a ainsi pas affirmé si oui ou non il y a avait eu appel d’offre et si la stratégie de planification et d’ « orientation spatiale » de la DAA représentait une duplication du travail précédemment fait par la Fondation Prince Charles.

Le bureau québécois de DAA a transféré toutes les demandes à un représentant en Haïti au moment où cet article est rédigé – René Hubert. Mais Hubert n’a pas daigné répondre aux nombreux messages électroniques d’Ayiti Kale Je.

Le maire de Port-au-Prince, Jean Yves Jason, a dit qu’il était au courant du projet de la DAA mais « personne de la direction de la compagnie n’avait contacté la municipalité ».

« Je suis ouvert à toute discussion », a poursuivi Jason, « mais il y a un jeu pour affaiblir le bureau du maire qui veut assumer le rôle principal qui est le sien dans la ville ».

Il y a certainement d’autres raisons à la définition de tous ces plans concurrents et cette bataille pour le contrôle, particulièrement, la question des contrats éventuels.

« Qu’on ne se le cache point, la reconstruction est d’abord et avant tout une affaire d’argent et d’investissements. Beaucoup d’argent, » admet Jason.

Reconstruction de quoi ? Port-au-Prince pour qui ?

Pendant que les ministres et les maires discutent et promeuvent différents plans, Port-au-Prince continue sa spirale descendante. Chaque après-midi les pluies amènent leur lot de bouteilles en plastique, les carcasses d’animaux, des alluvions, des branches d’arbres, du charbon, des matières fécales, des débris et à peu près tout ce que l’on peut imaginer dans les rues défoncées et les ravines qui se déversent dans la baie.

Un magasin sur deux est fermé ou peut-être davantage. Certains ont été remis en état par leur propriétaire. D’autre ont été rasés. Mais, il y a très peu de reconstruction, car personne ne sait quel plan suivre. Et même pas les planificateurs eux-mêmes.

UN-HABITAT a écrit du document « Strategic City-Wide Spatial Plan » pour l’agrandissement spatial de Port-au-Prince en 2009 :

« Port-au-Prince est à bien des égards une ville qui fonctionne mal, est mal dirigée et qui a une capacité insuffisante pour offrir à ses résidents les services urbains les plus élémentaires….

L’Etat haïtien et les autorités municipales sont incapables de planifier et de gérer la métropole de Port-au-Prince. En plus d’un manque de ressources financières… les 8 municipalités partagent la responsabilité de la gestion de la ville avec de nombreuses entités du gouvernement qui ont des responsabilités et des mandats flous qui se chevauchent sans système de coordination. »

Les résultats de 2009 sont plus que pertinents en 2011.

UN-HABITAT est impliqué aujourd’hui dans la planification stratégique également. Selon le directeur national pour Haïti, Adrian Jean-Christophe, UN-Habitat va assister la DAA et le Ministère de la Planification dans leur plan stratégique.

« Nous sommes en train de préparer un grand forum », a-t-il déclaré.

Interrogé sur les autres plans, Adrian a déclaré : « ils font tous parti de la discussion ».

« L’idée est d’avoir le leadership nécessaire pour mettre tout cela ensemble », a-t-il ajouté. « Nous essayons de créer un espace de dialogue ».

La Fondation Prince Charles et l’équipe Groupe Trame / Centre Haïtien de Recherche en Aménagement et Développement (CHRAD), prétendent, les deux, avoir déjà favorisé le dialogue.

Les activités de la Fondation Prince Charles ont été tenues à l’hôtel de luxe du Montana, sur la colline au-dessus de Port-au-Prince. La rencontre du magistrat et Trame/CHRAD du 19 mai – au sixième étage de l’immeuble Digicel – a été « invitation-only » (« sur invitation seulement »). Pa étonnant qu’elle a été un « who’s who » de l’élite haïtienne. Une première réunion du Trame/CHRAD – d’à peu près 50 personnes – a eu lieu encore plus haut sur la colline de Pétion-ville, au Karibe Convention Center. (Quoique, Ligondé est prompt à souligner deux sans abris dans la photo de groupe.)

La plupart des résidents, propriétaires de petites entreprises, refugiés, et vendeurs de rue n’ont pas été invités aux sessions sur les plans concurrents qui se tiennent le plus souvent à porte fermée.

Maggy Duchatelier Gaston vit et travaille à la Rue de la Réunion depuis plus de 25 ans. La boulangère a déjà mis de ses propres fonds $5,000 dollars US dans la réparation de la boulangerie / bar / école de cuisine « Princesse ».

« Aucune autorité n’est jamais venue ici. Personne », déclare Gaston, même si la boulangerie est située dans une zone d’ « intérêt public ».

Maggy Duchatelier Gaston met quelques pâtisseries dans une boite à livrer. Une des rares ventes de la journée. La vitrine géante est presque vide, avec seulement un gâteau coupé en tranches. Elle a rouvert il y a trois mois, mais les affaires vont mal. Les grandes entreprises, le bureau de la Direction General des Impôts en face, n’ont pas été reconstruits, il y a donc très peu de piétons.

La boulangère n’a jamais entendu parler de « SOS Centre-ville », le groupe de puissants propriétaires et commençants, et n’a été invité à aucune rencontre.

« Je n’ai jamais rien entendu de ce qui était planifié. Nous mourrons probablement avant que rien ne soit fait », dit-elle.

Pourtant, elle n’a pas perdu espoir. Le gâteau solitaire en témoigne. Mais un gâteau ne fait pas une boulangerie. Et quelques lots de décombres enlevés, ce n’est pas la reconstruction. [akj apr 19/06/2011 12:00]

…………..

* « Ayiti Kale Je » (http://www.ayitikaleje.org/) est une initiative de partenariat médiatique en vue d’assurer des investigations journalistiques sur la reconstruction d’Haïti suite au séisme dévastateur qui a frappé le pays et fait 300.000 morts et autant de blessés.

Le Groupe Médialternatif est un des partenaires de cette initiative, à travers son agence multimédia AlterPresse (http://www.alterpresse.org/), avec la Société pour l’Animation de la Communication Sociale (SAKS – http://www.saks-haiti.org/). Deux réseaux participent également : le Réseau des Femmes Animatrices des Radios Communautaires Haïtiennes (REFRAKA) et l’Association des Médias Communautaires Haïtiens (AMEKA), qui est composé de stations de radios communautaires à travers le pays.

 

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