lundi 11 juillet 2011

11 Juil

Le vide politique entrave la reconstruction d’Haïti

Le président Martelly n'est pas assez bien représenté dans les deux chambres du Parlement pour imposer un Premier ministre.

Le président Martelly n’est pas assez bien représenté dans les deux chambres du Parlement pour imposer un Premier ministre.

Getty Images/Allison Shelley

Par Nicolas Ropert

Haïti n’a toujours pas de gouvernement. Après le rejet d’un premier candidat au poste de Premier ministre par le Parlement, un deuxième nom a été proposé par Michel Martelly. Mais Bernard Gousse a peu de chance d’avoir le poste, son président n’ayant pas la majorité dans les deux chambres. Avec cette nouvelle crise politique, Haïti a encore un peu plus de mal à mobiliser pour reconstruire le pays dévasté par le séisme de janvier 2010.

Ce week-end, la PAFA, la plateforme des associations franco-haïtiennes, organisait une journée portes ouvertes dans le nord de Paris. Au centre des débats : la reconstruction du pays, un an et demi après le séisme. 

Il en a été question, de cette crise politique au cours de cette journée. Où en est-on des 7 milliards d’euros promis par la communauté internationale ? Qui gère cette crise ? Que fait l’Etat ? Voilà les interrogations qu’ont les associations franco-haïtiennes engagées dans des projets sur l’île.

Lorfils Réjouis est le vice-président de la PAFA. Il est également président de l’association Arche, une organisation active en Haïti par choix mais aussi par devoir : « Nous intervenons parce que l’Etat haïtien est défaillant. Il n’y a pas de vision globale. C’est cela qui explique la présence de nombreuses ONG et associations pour prendre en main la reconstruction du pays ».

Plusieurs milliers d’associations toujours sur place

Des grandes agences de développement américaines ou européennes jusqu’aux plus petites associations qui travaillent sur un seul projet, la confusion semble parfois régner sur l’île. « Même s’il y a des tentatives de coordination, il y a manque flagrant d’organisation », regrette Virginie Rachmuhl, responsable du programme urbain du GRET, l’une des plus grandes ONG de développement française. « Les ONG internationales et les agences de développement ne sont pas toujours coordonnées avec les autorités locales. Parfois même, des projets se nuisent ou s’annulent les uns les autres. » Virginie Rachmuhl souligne surtout qu’il n’y a pas « une ligne politique commune ».

Même si la précipitation n’est pas forcément la meilleure des solutions, il faut agir pour les 300 000 Haïtiens qui vivent encore sous des tentes. L’épidémie de choléra qui a touché l’île ces derniers mois en faisant plus de 5 000 morts a montré que la situation ne pouvait rester en l’état. Lorfils Réjouis, le vice-président de la PAFA, estime que « le message que l’on envoie à la communauté internationale est un message négatif. Puisque rien n’est en place, pourquoi viendrait-on vous aider ? Il faut envoyer un signal fort à l’ensemble des décideurs internationaux. Les Haïtiens doivent enterrer la hache de guerre entre eux pour que le président élu puisse former son gouvernement ».

Des conséquences sur des donations pour Haïti ?

Aujourd’hui, seulement 1,4 milliards d’euros d’aide sur les 7 milliards promis ont été débloqués. Les Haïtiens en veulent aux pays riches qui ne tiennent pas leurs promesses mais savent qu’ils ont aussi une part de responsabilité. Roger Joseph est un franco-haïtien, lui aussi actif dans une association partie prenante à la reconstruction. « Ce vide politique complique la situation en Haïti. Le président ne peut pas mettre en place sa politique sans gouvernement. Il peut gouverner par décret mais cela n’est pas suffisant. Haïti a besoin d’un président fort parce qu’il faut rétablir l’autorité de l’Etat ».

Ce n’est jamais chose facile. L’histoire récente en Haïti est faite de coups d’Etat et d’élections contestées. Michel Martelly devra donc rapidement trouver un compromis avec la majorité du bloc Inité qui contrôle les deux chambres. Sinon, les Haïtiens perdront tous les espoirs qu’ils avaient placés dans le chanteur devenu président.

DECES DE JACQUELINE SCOTT LEMOINE

Lucien meurt à nouveau

Publié le 11/07/2011 | 07H44 GMT par Madior FALL

Jacqueline-Scott Lemoine est morte dans son sommeil, terrassée par le temps et la maladie. Lucien le compagnon-mari, parti un an et demi avant, meurt à nouveau. La poétesse, solide pont entre la Diaspora et la terre patrie qui s’en est allée dans la nuit du samedi 9 au dimanche 10 juillet, l’artiste qui tire sa révérence et quitte ainsi la scène  à 89 ans « tue » à nouveau ainsi Lucien et endeuille la Culture.

Le sax de Bira Guèye et la voix de Mada Thiam se meurent encore et le Festival des Arts nègres de 1966 témoin du discours mémorable d’André Malraux (… Entre vos mains périssables, se joue le destin de tout un continent…), de la présence de Aimé Césaire, Jean Price-Mars, Duke Ellington, Joséphine Baker, Langston Hughes, de perdre encore un acteur de premier plan de cet événement international. L’appartement à l’immeuble Yorro Lam sis à l’avenue Pompidou  où l’Etat du Sénégal avait relogé le couple Lemoine a perdu en effet dans la nuit du samedi 9 au dimanche 10 juillet, sa dernière locataire. Jacqueline-Scott Lemoine s’est assoupie doucettement pour l’éternité. Dans son sommeil, elle est partie rejoindre dans la félicité son ami, mari, compagnon et complice des jours sans et des jours fastes, Lucien Lemoine, le poète. L’ancien professeur de dicton au Centre des études des sciences et techniques de l’information (Cesti), diseur des vers de Verlaine sur les planches, producteur pendant 12 ans l’émission : « La voix des poètes » à la Radio télévision du Sénégal (Rts).

Née en 1923 à Port-au-Prince en Haïti ; Jacqueline Lemoine est comédienne de théâtre, de cinéma et de télévision. Elle a joué dans plusieurs pièces, notamment dans La fête à Harlem, écrite et mise en scène par Melvin van Peebles, Les gouverneurs de la rosée de Jacques Roumain, mis en scène par Hervé Denis, La tragédie du roi Christophe de Césaire, mis en scène par Jean-Marie Serreau, Les Nègres de Jean Genet, mis en scène par Roger Blain, et dans les films Le Decaméron noir (Piero Vivarelli) et dans Amok (Souheil Ben Barka). Avec la danseuse et chorégraphe des sables fins de Toubab Dialaw, Germaine Acogny, elle a créé Afrique corps mémorable, un spectacle de danse et de poésie.

Grand-mère et maman Jacqueline qui tire sa révérence à l’âge de 89 ans a joué dans de nombreuses pièces au Sénégal sur les planches de Sorano, jusqu’ici théâtre national qui se meurt, concurrencé qu’il est par le Grand théâtre chinois de Wade qui attend encore ses heures de gloire. La poétesse d’Haïti adoptée depuis son arrivée  à Dakar en février 1966 avec celui qui a été son ami et époux Lucien Lemoine dans les valises de Jean Marie Serreau. Metteur en scène français au Quartier Latin, ami de Jean Paul Sartre, Jean Marie Serraut invité du poète président Senghor, à son Festival des Arts nègres, a usé du talent du couple Lemoine  et de celui de l’éternel Douta Seck, pour inscrire dans l’éternité la pièce du poète martiniquais de la négritude, compagnon de Senghor, Aimé Césaire, « la Tragédie du Roi Christophe », une pièce qui refuse de vieillir.  Le Sénégal où Jacqueline-Scott vit depuis 1966 avec son mari, le comédien, pleure une hôtesse qui a travaillé à hisser sa culture, son savoir, savoir faire sur toutes les planches du monde. Elle a également été régisseur général de la programmation et de l’organisation des spectacles au Théâtre national Daniel Sorano de Dakar.

Jacqueline Lemoine qui nous quitte a été rédactrice de la revue Entracte et a encadré avec Lucien Lemoine un atelier de recherche et de pratiques théâtrales à la faculté de Lettres de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), une Troupe qu’elle dénomma Issa Niang du nom de la comédienne sénégalaise, épouse du défunt Pape Seck Dagana du Number One

Celle qui avait quitté la belle Haïti où François Duvalier, surnommé « Papa Doc », régnait à l’époque dans la corruption et l’utilisation de milices privées, les fameux tontons macoutes. Celui qui avait exigé de son Parlement l’autorisation de gouverner par décrets, écartant les officiers qui ne lui étaient pas fidèles, interdit les partis d’opposition et menait une politique de répression, n’offrait plus à Jacqueline, à Lucien à leurs autres compagnons, Gerald Chenet, écrivain, sculpteur, Maurice Le Roi poète dramaturge, Roger D’orsinville, Jean Brière ancien directeur des Arts, le Docteur Le Comte chirurgien dentiste et tant d’autres,  un espace d’épanouissement. Avec l’aide du chef de la police Clément Barbot, « Papa Doc » avait organisé en effet, la milice des Volontaires de la Sécurité Nationale, plus connue sous le nom des Tontons macoutes, groupe paramilitaire de 5000 à 10 000 membres, inspiré des chemises noires de l’Italie fasciste, vit de l’extorsion et du crime organisé. C’est cette situation de terreur qu’ont fuit Lucien et Jacqueline et les premiers haïtiens qui foulèrent notre sol.

En 1966, le Festival mondial des Arts nègres, organisé à l’initiative de la revue Présence Africaine et de la Société Africaine de Culture par Léopold Sédar Senghor, a constitué un événement sans précédent dans l’histoire culturelle du continent africain. Il permit à Lucien qui se meurt à nouveau avec la disparition de celle à qui il avait demandé de garder la maison, l’épanouissement de la voix d’Haïti à Dakar. Pour Cheikh Ngaïdo Bâ, président des cinéastes, qui a réalisé pendant quatre ans à l’Orts de 1973 à 1977, la Voix des poètes, qui tous les dimanches déjeunait à la rue Amadou Assane Ndoye ancienne rue Thières, angle Jean Jaures, avec le couple pour préparer l’émission, « c’est une grande perte. Ce couple a participé à ma formation intellectuelle et culturelle ».  Et il raconte une anecdote : «  un dimanche, j’arrive pour préparer l’émission, la vendeuse de lait qui n’avait pas vu Lucien depuis quelque temps, me dit où est ton père. Elle pensait que Jacqueline et Lucien étaient mes parents ». Au ministre de la Culture, aux comédiens et aux artistes sénégalais, haïtiens, de la Diaspora, au directeur général de Sorano, Babacar Touré et l’ensemble du personnel du groupe Sud Communication, présentent leurs condoléances attristées.

Haïti – Politique :

Réponse du Président Martelly aux Sénateurs contestataires

10/07/2011 09:19:54

Haïti - Politique : Réponse du Président Martelly aux Sénateurs contestataires

À son retour d’Espagne, samedi, le Président Michel Martelly, dans le bras de fer qui l’oppose au Parlement, dont une partie rejette la candidature du Premier Ministre désigné, le Chef de l’État a réitéré sa ferme volonté d’avoir Me Gousse comme Chef de son Gouvernement.

« Il y a beaucoup de personnes qui attendent un Gouvernement […] il n’y a personne qui est plus pressé que moi […] J’ai eu la largesse d’esprit de soumettre une liste dix noms […] je n’ai fait aucune pression pour qu’un nom soit privilégié […] les commissions ont retiré 7 noms de cette liste, cela veut dire que n’importe lequel des trois noms restant, peut être bon […] Il est vrai qu’il y a eu quelques réticences, suite à mon choix, il y des personnes qui ne comprennent pas. J’ai demandé de me donner la chance de choisir la personne avec qui j’aurai rapidement un État de droit, avec qui, rapidement je vais impulser un mouvement d’ordre et de Paix dans le pays et finalement débloquer la situation du pays. »

Au sujet de la résolution prise publiquement, par 16 Sénateurs, de rejeter par anticipation le Premier Ministre désigné Me Bernard Gousse, le Président Martelly a trouvé cette démarche « peu élégante […] il y avait des moyens pour discuter, ils pouvaient m’appeler s’il y avait quelque chose […] Je vous confirme que M. Gousse reste et demeure mon choix et qu’il se présentera à la chambre mardi […] Je ne peux même pas imaginer la possibilité que Monsieur Gousse ne passe pas […]

Jusqu’à présent je ne sais pas si c’est un jeu ou de la politique, mais d’après mon équipe, nous avons près de 18 Sénateurs qui sont prêt à ratifier M. Gousse […]C’est lorsqu’ils vont lever le bras, devant le peuple, devant la Nation que nous saurons vraiment, mais pour le moment, d’après les négociations, d’après les consultations, nous avons près de 18 sénateurs qui sont favorable. […] Je vais continué de rencontrer les parlementaires […] nous attendrons que les chambres ou l’Assemblée décident, et à partir de ce moment là, nous pourrons dire comment nous allons avancer… »

Il n’en reste pas moins vrai, qu’il est impossible dans un Sénat composé de 30 Sénateurs d’avoir 16 voix contre et 18 voix pour à moins que certains Sénateurs, qui se sont déclaré publiquement contre le choix de Me Bernard Gousse, jouent un double jeu…

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3340-haiti-politique-rejet-du-premier-ministre-designe-par-anticipation.html
HL/ HaïtiLibre

Haïti – Reconstruction :

Visite officielle du Ministre brésilien des Affaires Étrangères

10/07/2011 11:54:41

Haïti - Reconstruction : Visite officielle du Ministre brésilien des Affaires Étrangères

Antonio Patriota, le Ministre brésilien des Affaires étrangères se rendra ce lundi 11 juillet 2011 en Haïti, pour une visite officielle. Il rencontrera successivement le Président Michel Martelly et Mariano Fernández Amunátegui, le nouveau Représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en Haïti et chef de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah).

Au cours de ces réunions, le Ministre Patriota devrait aborder « les thèmes principaux de l’agenda bilatéral, incluant l’aide brésilienne dans le processus de reconstruction, la coopération technique et l’assistance humanitaire en Haïti » précise la note de presse.

Le chancelier brésilien, évaluera également « les performances du Brésil, [qui dirige la composante militaire depuis 2004] dans le cadre de la Minustah. »

HL / HaïtiLibre

L’UMQ et le maire Tremblay en mission en Haïti

La Presse Canadienne / Publié: 10 juillet 2011 14:10

Accord municipal Haïti-Canada - Gérald Tremblay en Haïti 

MONTRÉAL – Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, et le président de l’Union des municipalités du Québec et maire de Rimouski, Érik Forest, participent à une mission en Haïti qui vise à donner un coup de pouce aux municipalités qui peinent à se relever du séisme de janvier 2010.

Avec la contribution financière de l’Agence canadienne de développement international (ACDI), l’UMQ et Montréal ont reçu le mandat d’aider la région des Palmes et la ville de Port-au-Prince à remettre sur les rails leurs infrastructures municipales.

MM. Forest et Tremblay, qui sont arrivés en Haïti au cours de la fin de semaine, rencontreront au cours de leur mission de quelques jours plusieurs maires et associations locales.

Selon M. Forest, les municipalités québécoises peuvent partager leur grande expertise de la gestion financière et des ressources humaines. Elles peuvent également mettre à contribution leur connaissance dans la gestion délicate des titres de propriété qui demeure problématique dans le pays des Antilles.

Par ailleurs, au lendemain du tremblement, les villes de la province ont amassé près de 75 000 $.

Par le biais du Centre d’étude et de coopération internationale (CECI), cet argent a notamment permis de mettre sur pied de plusieurs projets en Haïti, dont la construction d’un marché à Léogâne.

Les deux maires québécois s’assureront aussi que ces projets sont bien en selle et qu’ils progressent rondement.

Ils seront accompagnés du président de la Fédération canadienne des municipalités (FCM), Berry Vrbanovic, de représentants du programme de coopération municipale Haïti-Canada (PCM) en plus d’homologues hollandais et français.

Haïti – Politique :

Edwin Zenny dénonce la vague de nominations de l’ex-Président Préval

10/07/2011 09:52:50

clip_image001Dans une déclaration faite dans la Presse Jacmelienne, le Sénateur Edwin Zenny (INITE – Sud-Est), a annoncé que l’équipe du Président Michel Martelly allait se pencher rapidement sur le dossier des nominations qui ont été effectuées à la fin du mandat de l’ex-Président René Préval et de son gouvernement.

Le Sénateur Edwin Zenny a déclaré qu’il est inconcevable de tolérer cette vague de nominations dans plusieurs secteurs, notamment la justice, l’éducation et la santé. Il qualifie ces nominations « de coup politique » visant à déstabiliser le Gouvernement de Martelly « Ce n’est pas possible qu’à la fin du règne de René Préval, que son Gouvernement prenne plaisir à nommer plusieurs personnes de l’administration publique, afin de continuer avec les mêmes pratiques de l’ancien système de gouvernance, alors qu’à quelques jours du départ de l’équipe Préval/Bellerive, il a annoncé des licenciements. »

Le Sénateur a indiqué, que toutes les personnes qualifiées de l’administration publique, qui ont été révoquées dans la région, seront bientôt reconduites à leur poste.

HL/ Claudy Bélizaire

Cinquante millions d’euros de l’Espagne au commerce et aux PME en Haïti

Constitution d’une équipe de dignitaires internationaux pour promouvoir l’image d’Haïti et attirer des investissements

Publié le dimanche 10 juillet 2011

Le président Michel Joseph Martelly informe que le gouvernement de José Luiz Rodriguez Zapatero, 3ème plus grand bailleur du pays depuis le séisme du 12 janvier 2010, a décidé de constituer, via la Banque Interaméricaine de Développement (BID), un fond de 50 millions d’euros destiné à financer le petit commerce, les petites et moyennes entreprises en Haïti.

Madrid projette également d’ouvrir en Haïti une école de formation de maitres, en vue du relèvement du niveau de l’enseignement dans le pays.

Commentant cette dernière promesse du gouvernement espagnol, Martelly a de nouveau annoncé l’école gratuite, dès septembre prochain, pour 100.000 enfants.

Il a fourni des détails sur les rencontres et discussions qu’il a eues avec les autorités espagnoles, dont le roi Juan Carlos et les responsables des puissants clubs de football Real Madrid et Barcelone FC.

M. Martelly indique avoir clairement précisé à ses différents interlocuteurs qu’il s’opposait à l’assistanat envers Haïti et à l’octroi systématique de dons. Il affirme avoir plutôt préconisé les investissements directs étrangers, et notamment espagnols.

Il a annoncé la visite prochaine en Haïti de la reine Sofia d’Espagne qui avait visité le pays une première fois en janvier 2009.

Michel Joseph Martelly a par ailleurs annoncé la constitution d’une équipe de dignitaires internationaux chargés de promouvoir l’image du pays et attirer des investissements. Selon le chef de l’Etat, en attendant la nomination de personnalités haïtiennes au sein de ladite équipe, l’équipe est pour le moment composée de l’ancien président américain Bill Clinton, de l’ancien président du gouvernement espagnol Jose Maria Aznar, de l’ex-premier ministre jamaïcain Perceval J. Patterson et du PDG pour Haïti de la firme de téléphonie mobile DIGICEL.

A noter que deux de ces personnalités (Clinton et Patterson) font déjà partie de la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti.

Contemplant les perspectives de la coopération avec l’étranger, M. Martelly a de nouveau déploré que plus de 4 milliards de dollars de l’aide promise après le séisme ont été dépensés sans que des résultats concrets aient été enregistrés.

En tout état de cause, il considère que, par rapport aux perspectives de la coopération internationale, la balle est désormais dans le camp des haïtiens. L’avenir du pays dépend des actes qu’ils poseront aujourd’hui, déclare-t-il.

Interrogé sur les raisons et le cout de ses fréquents voyages à l’étranger à bord de jets privés, M. Martelly a référé les journalistes à l’administration de la présidence pour avoir des précisions. Il soutient que, dans certains cas, il est moins couteux pour un groupe d’officiels de voyager en avion privé qu’en première classe à bord des lignes commerciales.

[jmd/Radio Kiskeya]

Haïti – Justice :

Nouveau Centre de recherche pour la magistrature

10/07/2011 11:02:44

Haïti - Justice : Nouveau Centre de recherche pour la magistratureLa Représentante de Ban Ki-Moon, Mme Kyung-Wha Kang, Haut-commissaire Adjoint des Nations unies aux droits de l’homme et Me Kesner Michel Thermesi, le Directeur Général de l’École de la magistrature d’Haïti (Ema), ont procédé cette semaine à l’inauguration du nouveau centre de recherches « Rock Cadet » de l’Ema.
Tout comme d’autres institutions clés du pays, la justice souffre d’un déficit de crédibilité et d’efficacité. Me Thermesi pense que le temps est venu de mieux former les acteurs du système judiciaire « L’implantation de ce centre, va permettre aux futurs magistrats d’être plus performants dans l’exercice de leur fonction. »
« C’est un outil de grande valeur pour les dirigeants et les étudiants de l’Ema, car il leur permettra d’avoir une meilleure connaissance des traités internationaux signés par Haïti » a souligné Mme Kang.
Doté d’ouvrages de références récents, de salles de conférences et d’un laboratoire informatique il permettra aux responsables de faire de la formation continue en vue de la mise à niveau des connaissances des juges qui travaillent dans le système depuis plusieurs années. Ce qui constituera un atout majeur pour les autorités judiciaires, car ce secteur compte peu de cadres suffisamment qualifiés.
Ce centre de recherches, a pu voir le jour, grâce à une coopération entre l’Ema et le Bureau du haut-commissaire des droits de l’homme. Le Canada, les États-Unis, la France, l’Union européenne et plusieurs organismes de l’ONU, ont apporté des contributions financières et ont travaillé à la mise sur pied de cette bibliothèque.
Madame Kang, reconnait les multiples efforts engagés par les autorités haïtiennes en vue d’élever le niveau de la justice et a promis tout son soutien aux responsables haïtiens.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3283-haiti-social-kyung-wha-kang-en-visite-en-haiti-du-2-au-6-juillet.html
TB/ HaïtiLibre

La désignation de Bernard Gousse comme Premier ministre ne fait pas l’unanimité en Haïti

La nomination de Bernard Gousse (G) comme Premier ministre pourrait être rejetée par le Parlement haïtien.

La nomination de Bernard Gousse (G) comme Premier ministre pourrait être rejetée par le Parlement haïtien.

AFP PHOTO/Thony BELIZAIRE/FILES

Par RFI

En Haïti, près de deux mois après l’investiture de Michel Martelly à la présidence, le pays n’a toujours pas de gouvernement car la nomination du Premier ministre pose problème. Le premier nom choisi par le président a été refusé par le Parlement et le second est loin de faire l’unanimité.

Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron

Le bras de fer débute entre Michel Martelly et le Parlement. Les sénateurs de la majorité ont fait savoir qu’ils ne veulent pas de Bernard Gousse au poste de Premier ministre mais à son retour d’Espagne samedi soir, Michel Martelly a affirmé avec fermeté sa volonté d’avoir ce juriste, ancien ministre de la Justice, comme chef de son gouvernement.

« Jusqu’à présent, je ne sais pas si c’est du jeu ou de la politique, nous avons déjà 18 sénateurs qui sont prêts pour ratifier Monsieur Gousse. Dès ce soir, nous allons faire des négociations, des mobilisations, une sensibilisation pour que Monsieur Bernard Gousse soit ratifier et pour que la situation du pays puisse se débloquer. Je ne peux même pas imaginer la possibilité que Monsieur Gousse ne passe pas. Mais je vais vous dire une chose : des Haïtiens pensent que chaque fois qu’on me coupe l’herbe sous le pied je m’affaiblis. Je vous annonce une chose, et cela pour le monde entier, j’aurais plus vite fait de démissionner que de m’affaiblir. Et je ne démissionnerai pas, je suis là pour cinq ans ».

Michel Martelly a promis beaucoup durant sa campagne, il veut donc avancer vite. Mais il ne peut passer outre les négociations traditionnelles, et souvent longues avec le Parlement. La candidature de Bernard Gousse va être examinée au Sénat à partir de mardi. L’équipe présidentielle va devoir user de diplomatie auprès des sénateurs pour éviter un nouveau refus.

Haïti – Politique :

Rejet du Premier Ministre désigné par anticipation !

09/07/2011 09:12:20

Haïti - Politique : Rejet du Premier Ministre désigné par anticipation !Me Bernard Gousse, nouveau Premier Ministre désigné mercredi dernier par le Chef de l’État, en dépit des opinions défavorables de la majorité des parlementaires, fait face à une fronde des Sénateurs. Le Président Martelly qui n’est pas parvenu à convaincre les parlementaires de voter pour son nouveau candidat a tenu à préciser que des négociations ont bien eu lieu mais que « négociation ne signifie ni marchandage ni compromission ».
Dans une correspondance remise hier à Rodolphe Joazile, le Président du Sénat, 16 Sénateurs, dans un geste politique sans précédent, ont rejeté le candidat à la Primature du Chef de l’État, avant même le dépôt des pièces, prévues mardi prochain.
Les Sénateurs expliquent cette décision par leur volonté d’éviter la répétition de ce qui était arrivé en 2004, à un groupe de 3 sénateurs dont Rudy Hériveau et Louis Gerald Gilles, après le départ forcé du Président Jean Bertrand Aristide.
Les 16 Sénateurs affirment avoir pris en compte dans leur décision des « déclarations de diplomates étrangers, d’analystes politiques, de militants des droits humain, de chefs de parti politique sur l’implication directe de Bernard Gousse dans des cas d’arrestations arbitraires et illégales, d’assassinats et de répression politique. » De plus, ils estiment que Me Bernard Gousse ne respecte ni la loi ni la constitution, et n’a aucun respect pour les parlementaires, faisant référence à des déclarations récentes du candidat sur les ondes d’une radio de la capitale.
« Lorsque nous pensons au proverbe qui dit "la ki di nen pran kou je kouri dlo", la seule façon pour que nous évitions aux parlementaires de la 49ème ce qui c’est passé en 2004 […] aux militants Lavalas des quartiers populaires après le coup d’état contre Jean Bertrand Aristide, nous Sénateurs de la 49ème qui avons signé cette note, prenons l’engagement devant la Nation et le monde entier, de voter contre le choix de Bernard Gousse comme Premier Ministre. »
Le texte de ces Sénateurs, sonne le glas politique de la ratification de Me Bernard Gousse.
Le Sénateur Joazile a confirmé avoir reçu la correspondance de ses collègues, qu’il qualifie de « cas d’espèce », et compte l’acheminer au Chef de l’État et en informer Me Gousse, qui devra décider de poursuivre ou non ses démarches.
Le rejet, avant même le dépôt du dossier du candidat désigné à la Primature, constitue un deuxième échec annoncé, pour le Président Michel Martelly. Une démonstration de force qui confirme la détérioration croissante des relations entre l’Exécutif et le Parlement.
Des rumeurs laissent entendre, depuis quelques jours dans la capitale, que le Chef de l’État aurait l’intention de dissoudre le Parlement où tout au moins, de brandir la menace de cette dissolution… Himmler Rébu, le principal dirigeant du Grand Rassemblement pour l’Evolution d’Haïti (GREH), à fait savoir en réponse à ces rumeurs, que le Chef de l’État emprunterait un très mauvais chemin en agissant ainsi « Une telle mesure ne pourrait que se retourner contre lui » à affirmé M. Rébu.
Version originale en créole de la lettre des Sénateurs :
SENA REPIBLIK LA
Pozisyon nou menm senate nan karant neviem nan,
Le nou konsidere pozisyon sitwayen yo eksprime sou bena gous ke prezidan mateli chwazi pou vin premye minis,
Le nou konsidere deklarasyon diplomat etranje, analis politik, militan dwa moun, chef pati politik sou enplikasyon direk bena gous nan arestasyon abitre e ilegal, represyon, asasina ak pesekisyon politik,
Le nou konsidere menas ki peze sou tet palmante nan deklarasyon prezidan mateli fe e nan appel robo kap fet a pati de telefon digicel,
Le nou songe deklarasyon ke bena gous fe nan radyo metwopol ki montre a kle li pa gen okenn respe pou palmante,
Le nou songe aksyon malonet ki pa respekte lalwa ke li te fe sou twa palmante nan radyo karaib le li te minis jistis,
Le nou konnen ke bena gous se yon moun ki pa respekte ni lalwa, ni la konstitisyon,
Le nou songe pwoveb la ki di nen pran kou je kouri dlo, sel fason pou’ n evite sak te pase senate rudy herivo elatriye nan radio karaib pa rive sou palmante karant neviem nan ak lot militan lavalas nan katye popile apre koudeta 2004 kont jan betran aristid, nou menm senate nan karant neviem nan ki siyen not sa nou pran angajman devan nasyon an ak le mond antye pou nou vote kont chwa bena gouss kom premye minis.
NON PRENON DEPATMAN SIYATI
1 EXIUS Pierre Francky Sud
2 SAINVIL François Lucas Nord-Ouest
3 PRIVERT Jocelerme Nippes
4 LEBON Fritz Carlos Sud
5 LAMBERT Joseph Sud ‘Est
6 LAMBERT Wencesclass Sud ‘Est
7 JOHN Joseph Joël L’Ouest
8 BUISSERETH Yvon Sud
9 DESRAS Simon Dieuseul Centre
10 BEAUPLAN Evallière Nord-Ouest
11 BASTIEN Kelly C. Nord
12 CASSY Nenel Nippes
13 PIERRE LOUIS Derex Lucien Nord- Est
14 BIEN-AIME Jean-Baptiste Nord- Est
15 MOISE Jean-Charles Nord
16 WESNER Polycarpe Nord
Fèt nan Sena Repiblik la, jou ki te Vendredi 8 Jiyè 2011.
Pou otantifikasyon :
Joseph LAMBERT, Senatè

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3336-haiti-politique-depot-du-dossier-du-premier-ministre-reporte-dans-un-climat-d-hostilite.html
http://www.haitilibre.com/article-3322-haiti-politique-rien-n-est-joue-pour-le-premier-ministre-designe-bernard-gousse.html
http://www.haitilibre.com/article-3317-haiti-politique-bernard-gousse-bientot-premier-ministre-designe-source-maj-11h15.html
http://www.haitilibre.com/article-3282-haiti-politique-la-saga-du-premier-ministre-continue.html
HL/ HaïtiLibre

Haïti – Élections :

Élections Sénatoriales partielles à l’automne

09/07/2011 12:07:17

Haïti - Élections : Élections Sénatoriales partielles à l’automneLe mandat de 10 Sénateurs de la Chambre haute [Sénat] arrive à échéance en novembre 2011. Le Conseil Électoral Provisoire (CEP), dont le niveau de crédibilité est proche de zéro, présidé par Gaillot Dorsinvil objet d’allégations de fraudes et de corruptions, est en train d’élaborer une nouvelle proposition de loi électorale en vue de la réalisation du scrutin de cet automne, pour élire ou réélire, un tiers des Sénateurs. Selon les prescrits de la Constitution, les nouveaux élus entreront en fonction le deuxième lundi de janvier 2012.
D’après, Pierre Thibault Junior, le Responsable de la communication du CEP, le Conseil travaille sans chômer « avec des partenaires [juristes]sur la proposition d’une nouvelle loi électorale qui sera présentée au Parlement […] On est à une phase très avancée, près d’une dizaine de personnes travaillent là-dessus […] » 
« Le plan est déjà défini » et le CEP rencontrera le Chef de l’État dès que possible, pour lui présenter le projet, a fait savoir le responsable de la communication de l’organisme électoral.

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3258-haiti-politique-dorsinvil-affirme-etre-une-personne-de-parole.html
HL/ HaïtiLibre

Haïti – Politique :

La Diaspora appelle au dépassement politique

09/07/2011 10:10:45

Haïti - Politique : La Diaspora appelle au dépassement politiqueDans une note de presse, le Regroupement des Organisations et Associations de Haïtiens Vivants à l’Étranger (ROAHVE) se dit préoccupé par la situation politique qui prévaut en Haïti depuis l’ascension au pouvoir du Président Michel joseph Martelly. Un processus démocratique qui bat de l’aile et cherche sa voie dans le tumulte des intérêts de clans et des combats d’arrière garde, rappelant que pendant ce temps « les femmes, les jeunes, les enfants et les paysans qui constituent la plus grande majorité de la population sont en attente de l’amélioration de leur quotidien. »
Le regroupement appuie la désignation de Me Bernard Gousse, comme prochain Premier Ministre du Gouvernement, restant convaincu que c’est « un homme d’expérience, de rigueur, de courage en mesure de relever les défis de gouvernance et de stabilité en Haïti. »
Le ROAHVE croit encore, dans le dépassement des acteurs politiques haïtiens pour trouver une solution, qu’il estime être une opportunité patriotique au profit de l’intérêt commun.
Le regroupement met en garde les Parlementaires contre les dérives sectaires et les règlements de compte futiles « nous exhortons les élus du peuple à prendre en considération les 10 millions d’haïtiens qui croupissent dans la misère et qui n’ont pas accès au service de base. Les paysans qui sont encore à la merci de la nature pour subvenir à leurs besoins. Aux milliers de famille sous les tentes qui voient arriver l’ouverture des classes sans avoir les moyens pour y faire face » Le regroupement lance un appel solennel aux mandataires du peuple, pour qu’ils donnent un vote de confiance a Me Bernard Gousse « sans renier leur conviction, mais au contraire pour faciliter la dynamique de la démocratie dans sa compréhension classique qui est le jeu du compromis, ultime recours à toute crise politique. »
Pour le regroupement :
Gérard MATHIEU, Coordinateur Internationale
Claude Joseph, Association des Jeunes Cadres Haïtiens de La Diaspora
Pierrot Exama,
Jusnold Marcellus, Haitian American for Haiti
Davidson Audain, Real State Association
Mario Luma, Collectif pour la Dignité des Haïtiens de l’Etranger
Marc Enigue, Ligue des Entrepreneurs et Investisseurs Haïtiens
Raymond Desulme, Associations Décision-Jeune de Paris
Shiler Lazare, FEUH-France
Jude Mary Cherizier Generation Medecins Hatiens a l’Etranger
Rachelle Simon, Association des Femmes professionnelles de Miami
Frantz Bellange, POwerEx de Floride

HL/ HaïtiLibre

Haïti-Insécurité :

La police affirme « reprendre la main »

samedi 9 juillet 2011

P-au-P, 9 juil. 2011 [AlterPresse] — La Police Nationale d’Haiti (PNH), déclare avoir le contrôle de la situation marquée par une remontée de l’insécurité qui frappe en particulier la capitale haitienne depuis plusieurs semaines.

Le porte parole de la PNH, Frantz Lerebours, tente de « rassurer la population » en affirmant, lors d’une conférence de presse le 8 juillet, que « la police a reprend la main ».

« Il y a un ensemble de dispositions que la direction départementale de l’ouest a adoptées », indique-t-il, en précisant que le centre commercial de la capitale est « complètement fermé par la Police ».

Une présence policière renforcée est observée au centre de la capitale où les commerçants et acheteurs se plaignent quotidiennement de nombreux actes de banditisme.

D’un autre coté, Lerebours assure que l’enquête sur l’assassinat du président du conseil d’administration de la banque nationale de crédit (BNC), Guiteau Toussaint, le 12 juin dernier, « avance sérieusement ».

Aujourd’hui, les enquêteurs travaillent sur les meilleures pistes. Aucune nouvelle arrestation n’a eu lieu.

La police se dit déterminée à faire aboutir l’enquête et « trouver l’auteur intellectuel » du crime et « toutes les personnes impliquées », selon Frantz Lerebours.

Quant au meurtre de l’ingénieur Yves Dorval, la police judiciaire est chargée de l’enquête et une seule piste est considérée jusque-là.

Sur un plan plus général, le porte-parole de l’institution policière informe que le nombre d’affaires traitées par la PNH, pour les mois de mai et de juin, ont montré une amélioration de la situation.

La police continue de faire appel à la collaboration de la population pour l’établissement d’un climat de paix. [rh gp apr 09/7/2011 10:00]

L’édito

INITE annonce-t-elle les hostilités ?

En adoptant vendredi une résolution pour rejeter d’avance le dossier du Premier ministre désigné Bernard Gousse avant même l’analyse des pièces de l’intéressé par la commission spéciale y afférente, les sénateurs de INITE, regroupés au sein du Groupe des parlementaires pour le renouveau (GPR), ont pris une décision sans précédent dans l’histoire législative haïtienne depuis l’adoption de la Constitution de 1987. Aucune des deux Assemblées législatives n’avait pris auparavant une telle initiative sur la désignation des dix-neuf Premiers ministres soumis au Parlement. Ces seize sénateurs de INITE, qui ont adhéré à cette résolution au quartier général du parti, ont voulu exprimer par cet acte la suprématie de ce regroupement politique au sein des deux Assemblées législatives.
La résolution du regroupement INITE ne peut en aucun cas stopper la procédure régulière relative à l’analyse du dossier de Bernard Gousse par la commission spéciale présidée par le sénateur Jean William Jeanty. Le Premier ministre désigné doit acheminer son dossier à la commission spéciale, et c’est l’Assemblée des sénateurs, en séance plénière, qui devra consacrer cette décision par vote majoritaire. Si la décision des sénateurs de INITE se confirme, le gouvernement Bellerive restera encore pendant quelque temps jusqu’à la ratification du choix d’un nouveau Premier ministre par le Parlement et l’approbation de sa déclaration de politique générale.
Sur le plan de la gouvernance, cette décision sera lourde de conséquences. Aucun accord, contrat ou convention ne peut être négocié par ce gouvernement démissionnaire, et les promesses électorales du président de la République resteront encore lettre morte, car le budget de l’exercice 2011- 2012 qui devra refléter les priorités du chef de l’État ne peut être déposé au Parlement que par un gouvernement qui aura l’aval des deux Chambres. Le président pourrait se trouver dans la pénible situation de ne pas avoir un nouveau budget à l’ouverture de l’année fiscale le premier octobre prochain si les deux parties durcissent leur position sur le dossier du Premier ministre. La Chambre des députés sera en vacances le deuxième 2e lundi de septembre qui marque la fin de la deuxième session annuelle du Parlement.
Si le Premier ministre désigné Bernard Gousse doit connaître le même sort que son prédécesseur, il y aura peu de chance que le président Michel Martelly choisisse un nouveau Premier ministre sans tarder. Après le rejet de Daniel Gérard Rouzier par la Chambre des députés, la plupart des observateurs avaient conseillé au chef de l’Etat de trouver une entente avec le parti majoritaire au Parlement avant de choisir un nouveau Premier ministre. Le fonctionnement du régime mi-parlementaire, mi-présidentiel avait été évoqué pour convaincre Michel Martelly de choisir la voie de la négociation. La commission spéciale créée par le président de la République dans le cadre de ce dossier n’a, semble-t-il, pas produit les effets escomptés, puisque les deux parties ne s’étaient jamais mises d’accord sur les solutions appropriées au blocage du Premier ministre. Les interventions dans les médias du coordonnateur de INITE, Joseph Lambert, prouvent qu’aucun accord n’avait été trouvé dans les différentes négociations initiées avec le nouveau pouvoir.
Si effectivement Gousse va échouer, combien de temps Michel Martelly va-t-il prendre avant de choisir un troisième Premier ministre pour le plaisir des parlementaires de INITE ?

Lemoine Bonneau / bonneau@lenouvelliste.com

Succès pour Martelly en Espagne

Audience avec Juan Carlos Roi d’Espagne, séance de travail avec le Premier ministre espagnol José Luis Zapatero, participation à un forum économique dédié à Haïti, petit tour au stade Santiago Bernabeu qui loge le Real Madrid, et, tournant majeur dans les manières haïtiennes, un appel clair et direct aux investisseurs espagnols pour qu’ils viennent en Haïti. C’est un fait, la visite de Michel Martelly en Espagne est un succès. Quelques heures avant le retour du président, qui revient à la case crise avec la résolution prise ce vendredi par seize sénateurs qui rejettent à l’avance son deuxième Premier ministre désigné – Bernard Gousse -, retour sur les moments forts de la visite au pays qui nous envoya Christophe Colomb en 1492.

La délégation haïtienne avec le roi d’Espagne, Juan Carlos. De gauche à droite : Daniel Supplice, le président Martelly, le roi Juan Carlos, un responsable espagnol et l’ambassadeur d’Haïti en Espagne Yolette Azor Charles

Le président Martelly à un forum économique dédié à Haïti

Une audience a été accordée au président haïtien Michel Martelly à Madrid par le roi d’Espagne, don Juan Carlos de Borbón, informe le 8 juillet un communiqué du bureau de presse de la présidence.
Au cours de cette rencontre, S. M. le Roi a annoncé au Président Martelly que S. M. la Reine d’Espagne, doña Sofía, se rendra en Haïti en septembre prochain.
Le Président Martelly a bouclé jeudi sa première visite de travail en Espagne, selon la note de son service de presse.
Durant deux jours, il a partagé des expériences et participé à des réunions professionnelles au cours desquelles il a transmis la gratitude du peuple haïtien à toute l’Espagne pour les aides reçues, notamment après le tremblement de terre de 2010.
Michel Martelly a également rencontré le Président du gouvernement espagnol, José Luis Rodríguez Zapatero, qui a assuré le peuple haïtien de son appui et a souligné la qualité des relations entre les deux pays.
C’est dans ce même esprit que se sont exprimées Trinidad Jiménez, la ministre des Affaires étrangères et de la coopération, au cours d’un déjeuner privé à Madrid, et la secrétaire d’État à la Coopération internationale, Soraya Rodríguez.
Le Président haïtien a également rencontré le chef de l’opposition, le président du Partido Popular, Mariano Rajoy, ainsi que d’autres dirigeants aux échelons européen et régional.
Le programme de ces deux journées comportait aussi une visite à l’AECID, l’Agence espagnole de coopération pour le développement dont Michel Martelly a signé le Livre d’honneur, et au Secrétariat général ibéro-américain, ainsi qu’une rencontre avec des étudiants haïtiens en Espagne.
Le Président de la République s’est aussi entretenu avec le président du Real Madrid, Florentino Pérez, qu’il a remercié pour toutes les actions bénéfiques réalisées en faveur d’Haïti.
Le Président a enfin invité les entreprises espagnoles à investir dans son pays.
M. Martelly a remercié le Real Madrid pour son soutien à Haïti après le tremblement de terre de l’année dernière. Il a visité la salle du conseil où sont exposés les trophées du club Madrilène.
"Je suis impressionné de voir ce stade que je regarde à la télévision depuis des années, être ici en ce moment me donne la chair de poule. Le Real Madrid est impliqué en Haïti dans le domaine de l’éducation bien avant le séisme. Et après le tremblement de terre, ils ont aussi fourni une aide humanitaire. Je tiens à remercier le peuple de Madrid et le peuple du Real Madrid, le peuple haïtien leur apprécie beaucoup et ne les oubliera jamais", a déclaré M. Martelly.
Le chef de l’état a reçu un maillot dédicacé et une réplique du stade de Bernabeu par Perez au cours de cette visite. Il en a profité pour jouer durant quelques minutes au football sur le terrain de Bernabeu.
D’autre part, un fonds de 50 millions de dollars sera bientôt créé par le gouvernement espagnol pour renforcer les petites et moyennes entreprises d’Haïti, a annoncé jeudi le Premier ministre espagnol, José Luis Zapatero, au cours de la visite en Espagne du président Martelly .
« Octroyer des crédits à des conditions favorables », tel est l’objectif de ce fonds de 50 millions de dollars promis par l’Espagne à Haïti, lors d’une visite du Chef d’Etat haïtien dans l’ancienne puissance colonisatrice.
L’Espagne occupe la troisième place en termes de contribution de coopération bilatérale avec Haïti et la première au niveau européen. Elle veut rester l’un des principaux donateurs pour Haïti, a assuré le Premier ministre espagnol Zapatero.
L’aide espagnole va être axée sur le tourisme, l’éducation (formation des enseignants) et l’agriculture, a précisé M. Zapatero qui a annoncé une aide de 346 millions d’euros pour la période 2010-2013.
F.D  avec HPN

Bernard Gousse condamné avant d’être jugé

Inédit. Spectaculaire. Historique. Jamais dans l’histoire de la démocratie en Haïti un Premier ministre désigné n’a fait couler autant d’encre.Seize sénateurs du Groupe des parlementaires du renouveau (GPR) et alliés ont adopté, vendredi, une résolution pour demander au président Martelly de faire choix d’un autre chef de gouvernement. Le président du Sénat, Rodolphe Joazil, est chargé de l’acheminer au chef de l’Etat dans le plus bref délai.

« Il n’a même pas besoin de venir perdre son temps au Sénat mardi prochain », a martelé le coordonnateur de la plateforme politique INITE de qui est issu le GPR.« Dans le souci de gagner du temps, les seize sénateurs ont demandé au président Martelly de désigner un autre Premier ministre, a indiqué le sénateur Joseph Lambert. Le vote est déjà fait et il est éminemment politique. Pour nous autres les seize sénateurs, le dossier de Me Bernard Gousse est un dossier classé. Quelles que soient les conditions, s’il ne se ravise pas et se présente au Sénat, il aura un vote défavorable. »
« Nous déclarons, a-t-il poursuivi, que sa candidature est irrecevable et est considérée comme une page tournée. » Selon le sénateur Lambert, l’opinion publique nationale et internationale est en désaccord avec ce choix de Martelly. « Il est un véritable violateur de droits humains et n’a pas les qualités pour devenir Premier ministre… J’avais dit au président Martelly qu’il a l’autorité de désigner la personne de son choix. Cependant, par sagesse et pour gagner du temps, je lui ai proposé d’envoyer quelqu’un d’autre. Il a décidé de faire ce que bon lui semble. »
Pour le sénateur du Nord, Moïse Jean-Charles, très acide à l’endroit de Bernard Gousse, le Premier ministre désigné est politiquement mort. « Lorsqu’une personne meurt, on ne peut que l’inhumer. Au cours des années 2004 et 2005, M. Gousse symbolisait la terreur… », a déclaré le parlementaire.
De son côté, le président du Sénat a estimé que cette situation est un cas d’espèce, puisque cela n’est jamais arrivé auparavant dans le cadre de la ratification d’un Premier ministre. « Avant même que M. Gousse vienne faire le dépôt de ses pièces, je l’informerai de la situation. Il jugera lui-même de faire le dépôt ou s’il ira à la recherche de la majorité… Je ne dispose d’aucun élément légal pour lui dire de ne pas venir les déposer. Cela dépendra de lui », a expliqué le sénateur Rodolphe Joazil.
Alors que ce vendredi 8 juillet les sénateurs du GPR étaient en train de prendre leur résolution, Me Bernard Gousse, intervenant sur les ondes de Radio Scoop FM leur a tendu la main et leur a demandé d’oublier le passé pour aller de l’avant dans l’intérêt, a-t-il dit, de la population.
Comme pour jeter formellement son offre, le sénateur Joseph Lambert est intervenu lui-même sur cette station de radio- tandis que M. Gousse était encore au micro- pour annoncer à ce dernier que son sort était déjà scellé au Sénat. « Les chances de passer l’étape au Sénat sont presque nulles…C’est un vote défavorable qui l’attend », a-t-il fulminé.
« Le groupe GPR est souverain dans ses décisions. Nous prenons acte. Nous allons nous réunir avec le président Martelly et son équipe pour savoir la conduite à adopter », a répondu Me Bernard Gousse aux déclarations de Joseph Lambert.
Il est reproché à Me Bernard Gousse son implication présumée dans des arrestations arbitraires et illégales, des persécutions politiques, des assassinats, entre autres, lorsqu’il était ministre de la Justice et de la Sécurité publique sous le gouvernement de transition.
Même le sénateur du Sud-Est qui, jusque-là appuyait le choix de Martelly, semble baisser les bras après la signature de cette résolution au sein du GPR. « S’il est vrai que ces sénateurs ont signé, je laisserai tomber », a-t-il dit à la presse. Edwin Zenny a demandé au président Martelly de désigner quelqu’un d’autre dans un bref délai.
Voici la liste des sénateurs du GPR et alliés qui ont signé la résolution du vendredi 8 juillet: Joseph Lambert, John Joseph Joël, Kely C. Bastien, Jean-Lucien Derex Pierre-Louis, Jean-Baptiste Bien-Aimé, Moïse Jean-Charles, Wencesclass Lambert, Pierre Francky Exius, Ivon Buisreth, Fritz Carlos Lebon, Evallière Beauplan, Francois Lucas Sainvil, Jocelerme Privert, Nenel Cassy, Desra Simon Dieuseul, Wesner Polycarpe
Selon le sénateur Lambert, son collègue au Sénat Jean-Hector Anacacis, qui n’était pas à Port-au-Prince au moment de la signature de la résolution, est favorable à leur position. Il est aussi dit que d’autres sénateurs, anciens de Lavalas, seraient favorables à cette résolutiion sinon dans sa forme mais dans le fond.

Robenson Geffrard / rgeffrard@lenouvelliste.com

Fête Nationale des Etats-Unis

Propos de l’ambassadeur des Etats-Unis en Haiti

Monsieur Kenneth Merten,
A l’occasion de la célébration
de la fête de l’Indépendance des Etats-Unis
8 Juillet 2011
Port-au-Prince, Haiti

Mesdames et Messieurs,
Bonsoir, et merci d’être venus aujourd’hui ce huit juillet pour célébrer notre fête nationale du 4 juillet, jour de naissance de la nation américaine. Le 4 juillet 1776, le Congrès Continental adopta la Déclaration de l’Indépendance. Bien qu’avec du recul, l’indépendance américaine semblait prédestinée, les 56 hommes qui ont signé ce document ont posé cet acte à un moment de grande incertitude, puisque la rébellion contre la Couronne Britannique n’avait qu’à peine un an.
Mais, ils sont allés de l’avant, risquant leur vie, leur gagne-pain, et leurs biens en déclarant publiquement leur indépendance de la Grande Bretagne, l’un des pays les plus puissants du monde, et de sa Royauté.
Et depuis, ce jour a été un jour de festivités pour tous les Américains, la célébration de l’été. Les feux d’artifices, les parades, les concerts, et les lectures publiques de la déclaration ont marqué les premières commémorations qui ont eu lieu en dépit de la guerre de la révolution qui faisait rage. C’était également une raison pour célébrer. En 1778, George Washington a marqué le jour en distribuant des rations doubles de rhum à tous les soldats. Alors qu’ils se trouvaient sur les lieux le 4 juillet 1804, les explorateurs Lewis et Clark ont commémoré la fête de l’Indépendance pour la première fois dans l’Ouest de la Rivière du Mississipi.
Il continua avec la tradition et commanda du whisky supplémentaire pour tous leurs hommes. Les activités de loisirs ont varié depuis, et pour les Américains, le 4 juillet est synonyme de réunions de famille, de barbecues et de feux d’artifice.
Et c’est ce que j’ai voulu pour toute l’équipe de l’ambassade qui a si durement travaillé durant l’année écoulée: Célébrer le 4 juillet comme il faut, nous détendre avec des amis et la famille. C’est pourquoi nous faisons cette célébration aujourd’hui 8 juillet. Je crois que ce serait mieux que de commander du rhum Barbancourt pour tout le monde.
Les Américains qui travaillent ici à l’ambassade en Haïti viennent de tous les coins de notre pays, ils sont de milieux socioculturels et de formations divers, et travaillent pour différentes agences du gouvernement. Parmi eux, il y a des médecins, des officiers militaires, des diplomates et des experts en développement.
Mais nous avons au moins deux choses en commun. La première est que nous sommes des patriotes. Nous aimons les Etats-Unis et nous sommes très fiers de servir notre pays en travaillant pour notre gouvernement.
La deuxième que nous partageons, c’est un engagement envers Haiti. Nous vivons et respirons tous pour Haïti, et nous passons chaque jour à travailler avec vous pour aider votre pays à atteindre son plein potentiel. Que ce soit en supportant les classes de cadets de l’Académie de la Police Nationale d’Haiti, en travaillant avec les agriculteurs pour augmenter la production nationale, en réunissant des athlètes américains et haïtiens, ou en établissant des liens entre les hommes d’affaires qui souhaitent investir en Haïti, nos efforts sont coordonnés et dirigés vers cette Haiti meilleure que chacun de nous peut voir. Nous savons que le chemin est long, mais nous pouvons y arriver.
Depuis notre petite cérémonie de l’année dernière, beaucoup de choses se sont passées. Je suis fier du partenariat que nous, Américains – pas seulement ceux de l’Ambassade, mais également ceux travaillant dans le secteur privé et avec les ONGs – avons démontré à nos hôtes haïtiens au cours de l’année écoulée. Nous vous avons aidé à entamer le processus de reconstruction dans les zones affectées par le tremblement de terre, combattre l’épidémie de choléra, et préparer et gérer la saison cyclonique. L’une des choses dont je suis le plus fier c’est notre partenariat avec des Haïtiens qui désiraient l’organisation d’élections justes. On s’est tenu aux côtés de ces Haïtiens qui voulaient que leur voix soit entendue et que leur vote soit respecté. Nous continuons à accompagner le Président Martelly et le parlement haïtien pour qu’Haïti puisse se développer et prospérer. Nous voulons que Haïti, notre voisin et partenaire, connaisse le succès.
Je veux faire remarquer que nous avons des représentants d’entreprises et d’ONGs américaines ici derrière moi. Ils sont ici pour vous montrer ce que nous faisons pour représenter l’Amérique et aider Haïti à devenir plus prospère. J’espère que vous avez visité et apprécié l’exposition qui présent le travail que nous les américains réalisons en Haiti.
Mwen ta renmen di nou tout mèsi pou prezans nou. Ou se patnè ak zanmi nou. Ke Bondye beni nou. Ke Bondye beni Ayiti. Ke Bondye beni Lèzetazini Damerik !

Haïti: La Banque mondiale partenaire majeur de la reconstruction

Avec ses 17 projets mis en oeuvre et 11 millions de dollars décaissés en moyenne par mois, la Banque mondiale se targue d’être un partenaire important d’Haïti et encore plus après l’approbation de 500 millions de dollars en faveur d’Haïti pour les trois prochaines années. L’envoyé spécial de l’institution, Alexandre Abrantes, en poste dans le pays depuis plus d’un an, fait la part des choses en invitant les Haïtiens à considérer le chemin déjà parcouru, notamment après le séisme du 12 janvier.

Alexandre V. Abrantes, l’envoyé spécial de la Banque mondiale en Haïti

« Il y a une formule mathématique appliquée dans l’allocation des fonds à chaque pays. Cela dépend de la performance, de la population, des indicateurs économiques…du pays en question », a répondu l’envoyé spécial de la Banque mondiale en Haïti, Alexandre V. Abrantes, à une question du Nouvelliste, relative à la récente plaidoirie du président Michel Martelly en faveur de l’accès d’Haïti à des fonds beaucoup plus importants. Cependant l’institution, selon son représentant, a consenti des efforts exceptionnels pour accorder une allocation de pays en crise dans le cas d’Haïti : 500 millions de dollars américains pour les trois prochaines années, suite à la demande formulée par le président Martelly.
Alexandre Abrantes comprend vite que l’approbation de ces fonds confère à la Banque mondiale une lourde responsabilité dans l’appui au gouvernement pour l’exécution de ses projets. Aussi, les responsables de la banque ont-ils pensé à renforcer son staff en Haïti. Estimé à près d’une dizaine d’employés avant le séisme, le personnel de la BM en Haïti tombe pratiquement à plat au lendemain du séisme. Elle est en train de remonter la pente. « Nous sommes une vingtaine dans la représentation, bientôt une trentaine. Nous avons des spécialistes dans tous les secteurs : le secteur privé, les infrastructures. Le secteur économique est dirigé par un spécialiste senior haïtien.
Fier de siéger en Haïti, le Portugais qui a roulé sa bosse dans divers pays de l’Amérique latine et de l’Afrique de l’Ouest livre mot après mot sa vision du développement. « La Banque mondiale s’intéresse à la relance du secteur agricole, à soutenir l’éducation. Un des projets en passe d’être financé doit aider le gouvernement à mettre en place une structure pour aider les enfants à avoir accès à l’éducation là où il n’y a ni écoles publiques ni privées. Nous allons débuter avec des initiatives communautaires comme on l’a fait en Colombie et en Amérique centrale », a confié M. Abrantes, conscient des difficultés de faire fonctionner une école à la campagne avec le personnel nécessaire.
La création d’emplois est aussi une priorité pour la Banque mondiale. « Nous voulons renforcer les pôles de développement dans le Nord, le Centre et l’Artibonite », informe le numéro un de la BM en Haïti. Le haut cadre de la Banque mondiale croit que son institution doit se concentrer sur les projets en cours particulièrement sur celui relatif au logement à Delmas et à Carrefour-Feuilles présenté comme emblématique dans les initiatives de l’institution en Haïti.
Si le projet se porte bien à Delmas, en revanche, à Carrefour-Feuilles, c’est différent, selon les appréciations de la Banque mondiale. « A Delmas, nous n’avons que le Camp Acra et celui du Pétion-Ville Club, géré par Sean Penn. Par contre, à Carrefour-Feuilles les gens sont éparpillés dans des camps divers », indique le responsable de la BM. Il affirme qu’il s’efforce de faire mieux. C’est-à-dire à ne pas reconstruire dans les zones inondables où les glissements de terrain sont fréquents. Les responsables exigent aussi des techniques antisismiques dans les constructions. « Et sur ce point, tous les bailleurs se sont accordés sur la même stratégie », rassure Alexandre Abrantes. Il faut faire mieux qu’avant.
Mais en Haïti les décaissements, pour l’homme de la rue comme pour le gouvernement, sont un sujet qui alimente tous les débats. Dans toutes les conversations, surtout en période d’installation d’un nouveau président. A ce sujet, Alexandre Abrantes rappelle que pas moins de 11 millions de dollars américains au profit d’Haïti sont décaissés chaque mois. « Est-ce peu ou beaucoup ? S’est-il demandé? "Comparé à ce que fait la Banque mondiale en Amérique latine, c’est beaucoup", dit-il. Et pour corroborer de la bonne santé de la coopération, le fonctionnaire met en relief les 17 projets de la Banque actuellement mis en oeuvre dans le pays. "Seize se portent bien, un seul accusé de retard, c’est un très bon ratio"
A la question de savoir si les fameuses conditionnalités de la BM ne gênent pas l’Etat haïtien, Abrantes réplique immédiatement : « Je ne sais pas si c’est la réalité. Cependant dans tous les pays, il y a une proportion des projets qui ne marchent pas à 100 %. Nous nous sommes rendus compte que bon nombre de projets rendaient le travail de la banque difficile », a souligné le Portugais, numéro un de la BM dans le pays. « C’est pourquoi nous avons développé un plan stratégique : au lieu de faire tout, nous complétons les travaux d’autres bailleurs. Ou tout simplement nous finançons ce que les autres ne font pas », ajoute-t-il.
« Pourquoi la Banque mondiale irait investir dans les routes quand l’Union européenne et la Banque interaméricaine de développement (BID) s’en occupent. Y aurait-il de la valeur ajoutée? Nous préférons les niches. Nous investissons dans des secteurs négligés par les autres bailleurs », dit-il en signalant que la période d’urgence due au séisme est terminée.
Dans les infrastructures routières, s’il y a un besoin, c’est dans l’entretien. On peut faire un projet complémentaire par rapport à ce que font les autres bailleurs. Par exemple la BID a engagé au niveau de l’éducation 100 millions de dollars dans la construction de bâtiments d’écoles publiques. « Il faut faire moins de projets mais plus grand suivant une stratégie déterminée », insiste Abrantes.
« A propos de la lenteur de la reconstruction dénoncée par plusieurs secteurs, Abrantes appelle à la patience et souligne qu’aux Etats-Unis d’Amérique, pour reloger les déplacés de Katrina, cela a pris du temps. Cinq ans après, des gens n’avaient pas d’abris. En Indonésie, ça a pris deux années avant que les gens commencent à quitter les camps, et quatre ans pour les déplacer définitivement. Pourtant, ces deux pays ont de loin plus de ressources qu’Haïti », nuance le représentant de la Banque mondiale en Haïti.
Pour lui, les efforts qui ont été consentis méritent d’être appréciés en dépit du fait que les camps comptent encore plus de 600 000 personnes. Il existe, dit-il, de moins en moins de déblais dans les rues. « Les Haïtiens sont très entreprenants, ils ont saisi l’opportunité offerte pour gagner de l’argent à partir des matériaux de récupération », constate-t-il.
Le fonctionnaire de la Banque mondiale n’est pas insensible aux passations des marchés. Il précise que la Commission nationale des marchés publics (CNMP) fait partie intégrante d’un accord avec le gouvernement pour le décaissement des fonds à l’appui budgétaire. « Nous avons assuré le suivi pour que cette commission ait un rôle de plus en plus important dans son domaine. Finalement, il y a plus de transparence dans le processus de passation de marché. Et cela va s’accentuer avec la fin de la période d’urgence qui permettait des raccourcis avec les normes de passation de marché public.
Dieudonné Joachim

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