mercredi 20 juillet 2011

20 Juil

Haïti-Politique :

A 24 heures du dépôt des pièces de Gousse au sénat

P-au-P., 20 juil. 2011 [AlterPresse] — Les 16 sénateurs ayant paraphé, le 8 juillet en cours, une pétition pour demander au président Michel Martelly de désigner un autre premier ministre à la place de Bernard Gousse, ont durci le ton à moins d’un jour du dépôt des pièces de celui-ci au bureau du Sénat.

« Il n’est pas question pour le groupe des seize de changer d’avis. Nous demeurons fidèle à notre position jusqu’à la séance de ratification. Les seize signataires de la pétition vont tous voter contre Bernard Gousse », déclare à des journalistes, le sénateur Jean-Baptiste Bien Aimé.

« Il n’y a eu aucune défection au sein du groupe des seize », signale, de son coté, le sénateur Dera Simon Dieusseul, alors que la perspective d’une rencontre entre le groupe et le président Martelly a été à la base de persistantes rumeurs.

« Nous sommes tous déterminés et motivés à donner un vote défavorable à Bernard Gousse. Nous n’allons pas faire marche arrière », insiste Dieusseul.

Selon les deux sénateurs, le président Martelly, autant qu’il le désire, peut gagner du temps tout en maintenant son choix en la personne de Bernard Gousse comme premier ministre. « Mais, disent-ils, l’affaire Gousse est une page déjà tournée. »

Par ailleurs, le sénateur Jean-Baptiste Bien Aimé dénonce des menaces de mort qui seraient proférées par des proches du président Michel Martelly à l’encontre de plusieurs membres du groupe des 16 sénateurs pour les forcer à revenir sur leur décision.

A propos d’une éventuelle rencontre avec Martelly, le sénateur Kelly C. Bastien, un des 16 signataires de la pétition, fait savoir qu’il ne devrait pas être question pour le chef de l’État de « convaincre les seize sénateurs à revenir sur leur position ».

« Au contraire cette rencontre sera l’occasion de définir un cadre globale de gouvernabilité pour le pays », prévient Kelly Bastien.

Parallèlement, une minorité de sénateurs se disent disposer à voter en faveur de la ratification de Gousse et souhaitent que Martelly et les sénateurs du Groupe des 16 parviennent à une entente qui favorise le déblocage de la situation.

Jointe au téléphone, la sénatrice Edmonde Beauzile promet de voter favorablement pour Bernard Gousse si ses pièces sont conformes aux prescrits de la Constitution.

« Si les pièces du premier ministre désigné sont correctes je lui donnerai mon vote. Je tiendrai compte notamment des normes constitutionnelles car la loi mère du pays dit clairement ce qu’il faut faire », déclare Edmonde Beauzile.

Pour elle, le pays doit être doté d’un nouveau gouvernement. « Nous ne devons pas laisser la nation à la dérive. Tout le monde doit assumer ses responsabilités… afin de sortir le pays de l’impasse difficile où il se trouve », ajoute Beauzile.

Le premier ministre désigné, Bernard Gousse, qui était attendu, le jeudi 14 juillet, pour déposer son dossier devant les responsables législatifs, ne s’était présenté au bureau du président du Sénat, Jean Rodolphe Joazile, que pour demander un délai supplémentaire de huit jours pour réunir son dossier. [sfd gp apr 20/07/2011 13:00 ]

 

Haïti – Éducation :

La promesse d’éducation gratuite, devient une réalité

20/07/2011 10:11:34

Haïti - Éducation : La promesse d'éducation gratuite, devient une réalitéLe Président Michel Martelly a fait savoir que près de 4 millions de dollars ont déjà été collecté dans le Fonds National pour l’Éducation (FNE) qui est alimenté à partir du prélèvement sur les appels téléphoniques entrant et les transferts d’argent.
« …le programme d’éducation fonctionne bien, nous avons dans notre fonds près de 4 millions de dollars américains que nous avons collecté au travers des 5 centimes et d’ici la fin de la semaine, nous devrions avoir les noms, numéros de téléphone et adresse des 100,000 premiers enfants qui vont allez à l’école gratuitement… » a déclaré le Chef de l’État.
Dans un premier temps, le projet pilote d’éducation gratuite, sera lancé à la prochaine rentrée scolaire, au Cayes. Une liste de 100,000 noms d’enfants est en train d’être préparée par une équipe dirigée par Gaston Georges Merisier (ancien Ministre de l’éducation, pressenti à ce poste dans le nouveau Gouvernement Martelly) a précisé Michel Martelly.
Le Chef de l’État a fait savoir à ceux qui critiquent le manque de transparence et de cadre juridique de ce fonds, qu’il ne s’opposait nullement à ce qu’une loi régisse ce fonds, mais que sa priorité pour le moment, est d’offrir une scolarité gratuite à 100,000 enfants pour la prochaine rentrée scolaire.
Des organisations d’enseignants favorables au projet, rappellent au Chef de l’État, qu’au delà de la scolarisation des enfants, le Gouvernement doit aussi prendre en compte les professeurs qui doivent dispenser l’enseignement et leurs conditions de travail.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3034-haiti-education-lancement-du-fonds-national-pour-l-education-fne-par-martelly-maj-13h03.html
http://www.haitilibre.com/article-3045-haiti-education-le-fonds-national-pour-l-education-fne-a-t-il-besoin-d-un-cadre-legal-maj-17h38.html
PI/ HaïtiLibre

 

Rencontre prévue entre le président Martelly et le groupe des 16 sénateurs

20/07/2011 11:10:00 Auteur(e) La Redaction

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Le président Michel Martelly devrait rencontrer  les membres du groupe majoritaire  des 16  sénateurs qui se sont positionnés contre la ratification du premier ministre désigné, Bernard Gousse, accusé de violation de droits humains sous le régime intérimaire de 2004/2006, alors qu’il était ministre de la justice.
Me Gousse doit faire le dépôt de ses pièces jeudi selon ce qu’il a annoncé, à la suite de deux reports.
Selon le troisième sénateur du Nord, Kély Bastien, le groupe des 16 reste attaché à sa position et minimise les risques de défection. « Discuter avec le chef de l’état ne signifie pas renier notre positionquant au rejet de Bernard Gousse» a fait valoir le parlementaire.
Il précisé cependant que des échanges sur des projets de développement portant sur l’éducation et l’environnement entre autres seront au menu des discussions avec le chef de l’état.
Le premier sénateur de l’Ouest Steven Benoit qui déclare n’avoir participé  à aucune  rencontre dans le cadre des négociations en vue de la ratification de Me Gousse, assure  pourtant  de sa volonté de voter pour ce dernier si ses pièces sont conformes aux exigences de la constitution.
Il a exprimé le souhait que le président trouve un terrain d’entente avec le bloc majoritaire au parlement afin de doter le pays d’un gouvernement dans le meilleur délai.
Le chef de l’Etat avait rejeté dimanche lors d’une tournée dans la region des Nippes, une proposition du sénateur Benoit qui l’invitait à parler avec les anciens présidents Preval et Aristide, pour tenter de s’assurer d’une majorité au Parlement.
Michel Martelly avait dit vouloir s’en tenir à la constitution.

AHP

 

Haïti – Reconstruction :

Le programme «Kay Pa’m» est lancé

20/07/2011 13:02:26

Haïti - Reconstruction : Le programme «Kay Pa’m» est lancéLe projet « Kay pa’m » a été lancé hier mardi, en présence du Président Michel Martelly, de Charles Castel, Gouverneur de la Banque Centrale et des responsables de la BNC et de la BPH.
Doté d’un fonds de 100 millions de dollars au départ (environ 4 milliards de gourdes), « Kay pa’m » vise plusieurs objectifs, entre autres, faciliter l’accès à la propriété privée, favoriser le processus de la reconstruction ou la réparation d’immeubles résidentiels et permettre au plus grand nombre d’Haïtiens d’avoir leur « chez soi » a déclaré Jean-Philippe Vixamar, vice-Président du Conseil d’Administration de la BNC.
«…Kay pa’m est un programme de prêt au logement qui a été initialement conçu pour les agents de la fonction publique et qu’on a ouvert à toutes les autres catégories d’emplois pourvu que la personne est un emploi stable et un revenu garanti. […] Le projet Kay pa’m n’est pas limité à la zone métropolitaine de Port-au-Prince […] si vous voulez remplir un formulaire d’application pour Kay pa’m, vous devez vous présenter dans n’importe quel succursale de la Banque National de Crédit ou de la Banque Populaire Haïtienne […] c’est un crédit immobilier, soumit aux mêmes règles de notre politique générale de crédit. Il y aura un comité de crédit, qui analysera les demandes de crédit, parce que ce sont des prêts qui seront garanti par hypothèque. Je n’ai pas besoin de vous rappeler que les titres de propriétés doivent être bien assis, nous avons un bureau de contentieux qui est là pour analyser les titres de propriétés, si votre titre de propriétés n’est pas bon, cela peut vous causer des problèmes pour accéder à Kay pa’m… »
Steven Benoit juge que le programme « Kay pa’m » est une très bonne initiative mais estime que le montant alloué est nettement insuffisant, compte tenu de la demande en logements au sein de la catégorie sociale visée, à savoir la classe moyenne. Le Sénateur a expliqué que la vie dans les appartements en Haïti est incontournable, « avec 27 mille kilomètres carrés, l’haïtien doit s’habituer à ce mode de vie, d’autant que la plupart des citoyens ne pourront jamais posséder seuls, une maison. » Favorable à une logique de copropriété au lieu du financement de construction de maisons individuelles, le Sénateur à souligné, qu’aucune aucune loi sur la copropriété n’existe  en Haïti.
« C’est une opportunité qui s’offre au système bancaire haïtien avec ce projet », a commenter pour sa part l’économiste Kesner Pharel, qui a insisté sur la nécessité d’ouvrir ce programme aux autres villes de province. « La décentralisation nécessite la création d’opportunités dans d’autres régions d’Haïti. 86% des dépôts d’argent à l’intérieur du pays sont faits dans les banques à Port-au-Prince, les 14 % restant concernent les autres banques de la République. De plus, en dehors de la capitale, suivant une étude du groupe croissance, moins de 5% des détenteurs d’un compte en banque ont accès au crédit bancaire. Cela témoigne de l’injustice qu’il y a dans le système »
Au cours de son intervention le Chef d’Etat a salué la mémoire de Guyto Toussaint « Si Mr Guiteau [assassiné le 12 juin 2011] laisse le Kay Pa’m orphelin, l’héritage reste intact et s’inscrit parfaitement dans la vision de ma présidence […] ce projet ambitieux et novateur, porté par la BNC et la BPH, constitue un exemple éloquent de ce que peut réaliser une équipe dynamique et compétente lorsqu’elle oeuvre au bien de la collectivité. […] C’est un soulagement pour la population, imaginez combien de policiers qui maintiennent la sécurité dans le pays, vivent sous une tente… aujourd’hui ils ont une possibilité de devenir propriétaire. Imaginez combien de personnes qui travaillent au niveau de l’État, de la fonction publique, dorment sous des tentes… aujourd’hui, ils ont une porte qui leur est ouverte […] Je pense que c’est une grande première, je suis très content et je supporte ce programme à 100%. […] c’est un programme pour venir en aide à la population, donc, à chaque fois qu’elles [les banques], accorderont un crédit à une personne, ce sera une fierté pour la banque, une fierté pour l’histoire que nous voulons créer. […] L’habitat rural, majoritaire dans le pays, sera au centre de mes préoccupations. Immédiatement opérationnel, le projet Kay Pa’m a le mérite de renforcer mon message quant à l’urgente nécessité de se tourner vers la reconstruction définitive. Il se voudrait également porteur d’une relance économique plus que jamais nécessaire aujourd’hui face à l’impatience de tout un pays en attente d’un gouvernement.»
Le Chef de l’État a également annoncé le lancement prochain d’un projet d’urbanisation et de réhabilitation de 16 quartiers populaires liés à la fermeture des 6 camps d’hébergement prioritaires [liste rouge].
En savoir plus Projet Kay pa’m : (source BNC)
Objectifs du Programme :
Faciliter l’accès à la propriété privée ;
Favoriser la reconstruction ou la réparation d’immeubles résidentiels ;
Simplifier par là, la vie d’un plus grand nombre d’Haïtiens.
Avantages :
Financement allant jusqu’à 100% du projet ;
Délai de remboursement supérieur aux normes traditionnelles du marché (30 ans)
Taux d’intérêt fixe sur toute la durée du projet ;
Financement :
Acquisition ou construction de résidence principale ;
Acquisition de terrain et construction ;
Agrandissement ou aménagement de maison ;
Public Cible :
Agents de la fonction Publique ;
Employés du secteur privé ;
Socio-professionnels ;
Tout particulier répondant aux conditions d’éligibilités
Zone Cible :
Les dix (10) départements géographiques du pays.
Conditions d’éligibilité :
Etre âgé de 18 à 65 ans ;
Bénéficier d’un emploi stable depuis au moins trois (3) ans dans la fonction publique ou dans une entreprise privée ;
Disposer d’un revenu professionnel régulier et suffisant ;
Posséder un titre de propriété valide et détenir un permis de construire, pour une demande de financement en vue de bâtir ou rénover une maison ;
Ne pas figurer sur la liste des mauvais débiteur du système
Conditions préalables :
Les titres de propriété seront soumis à une analyse préalable avant toute considération de la demande de financement.
HL/ HaïtiLibre

 

Conclusion des operations de déguerpissement au Stade

20/07/2011 11:06:00 Auteur(e) La Redaction

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La mairie de Port-au-Prince a annoncé mardi la fin des opérations de déplacement des sans abris du séisme du 12 janvier qui s’étaient réfugiés au stade national de footbal Sylvio Cator.
Selon  le directeur de communication de l’administration municipale, Fresnel Louis, plusieurs sites ont été aménagés pour accueillir les 440 familles denombrées au début des operations vendredi, dont  un espace au bicentenaire et un terrain à Carroussel dans la zone de Martissant (sud de la capitale).
125 d’entre elles étaient en attente d’être relogées ce mardi.
Certaines familles ont toutefois choisi de retourner dans leurs quartiers d’origine, a-t-il fait savoir. Mais un modeste  chèque de 10 000 gourdes a toutefois été  remis à chaque famille.
Suite à la phase de déplacement des sinistrés, le stade fera l’objet d’une grande campagne d’assainissement, l’espace ayant été occupé par des infortunés qui vivaient dans des conditions infra-humaines caractérisées par l’insalubrité, a fait savoir  le directeur de communication de l’administration municipale.
Une firme hollandaise est chargée de réparer l’unique stade national du pays qui a subi des dommages considérables lors de la catastrophe de janvier 2010. Les travaux concerneront notamment la pelouse, les installations électriques, la tribune, etc.
Satisfaction et mise en garde
L’organisation dénommée Mouvement National de la Dessalinienne félicite la mairie de Port-au-Prince de ses démarches en vue de libérer les lieux publics de leurs occupants installés depuis  le lendemain du 12 janvier 2010.
L’une des responsables du MND, Viviane Gauthier encourage les autorités municipales à poursuivre ces opérations dans le strict respect des droits des citoyens et  à s’assurer que les espaces d’accueil des sans-abris offrent l’accès à  des services sociaux de base.
Plusieurs organisations de défense des droits humains dont le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) et Amnesty International ont demandé aux  instances concernées de surseoir à  « l‘expulsion des déplacés » en formulant des recommandations en faveur du respect de droits fondamentaux des citoyens.
Ces organismes ont par ailleurs recommandé l’élaboration d’une politique nationale de logement qui puisse prendre en compte les dispositions constitutionnelles sur la question.
Un comité a été mis sur pied pour la poursuite des opérations de délocalisation qui ciblent des places publiques de la capitale investies par des milliers de rescapés et converties pour la plupart en repaires de bandits.
1.5 millions de personnes avaient eté jetées dans la rue par le séisme dévastateur qui a fait plus de 310.000 morts principalement à Port-auPrince, Leogâne, Petit-Goâve, Grand-Goâve et Jacmel.
De nombreux secteurs critiquent l’action des Organismes gouvernementaux ayant reçu le gros de l’aide internationale à la reconstructionm, mais qui n’ont construit que de pseudos maisonspour les sinistrés, des baraques qui auraient servir d’abris provisoire au lendemain de la catastrophe.

 

Martelly propose des négociations directes avec les sénateurs anti-Gousse

Mercredi, 20 juillet 2011 09:36

imageLe président haïtien, Michel Martelly, ne cesse de multiplier les initiatives en vue de trouver une entente avec le bloc parlementaire majoritaire au sénat. Refusant de qualifier les multiples rencontres avec les leaders du Parlement de négociations, le président Martelly vient de franchir un nouveau pas en proposant une rencontre avec les 16 sénateurs opposés à la ratification du Premier Ministre désigné, Bernard Gousse.
Le sénateur Kelly Bastien (Inité), qui en a fait l’annonce, assure que ses collègues évaluent cette possibilité. Il fait remarquer que l’objet de cette rencontre ne saurait être uniquement la ratification de M. Gousse. Selon l’ex président du sénat les sénateurs pétitionnaires profiteront de la circonstance pour expliquer au chef d’Etat les raisons pour lesquelles ils ne ratifieront pas le choix de Bernard Gousse.
M. Bastien estime que cette rencontre doit être l’occasion de définir un cadre globale de gouvernabilité pour le pays. Il faudra identifier les méthodes pour lancer les projets prioritaires dans les secteurs de la santé, de l’éducation, des infrastructures et de la création d’emplois, martèle le sénateur Bastien.
Alors que l’exécutif attend une réponse formelle des pères conscrits, le sénateur Bastien, qui aurait déjà eu une rencontre avec le Premier Ministre désigné, met en garde contre toute mésinterprétation de la démarche. Se déclarant favorable à cette rencontre M. Bastien assure qu’elle ne doit pas être assimilée à une tentative de corruption.
Entre temps plusieurs autres membres du groupe majoritaire ont estimé que M. Gousse n’a aucune chance d’être ratifier.
Les sénateurs Jean Baptiste Bien Aimé et Dera Dieuseul confirment qu’il n’y a eu aucune défection dans les rangs du groupe majoritaire. Ils jugent que le président Martelly peut gagner du temps en désignant dans le meilleur délai un nouveau Premier Ministre.
LLM / radio Métropole Haïti

 

« Ansanm nou fò » votera sans émotion

Le Nouvelliste / 19-07-11

«Le vote des parlementaires élus sous la bannière  » de Ansanm Nou Fò » sera conditionné par la capacité de Bernard Gousse à travailler en vue d’améliorer les conditions de vie de la population », a indiqué Dismy Cézar, secrétaire exécutif du parti. Invité à Panel Magik ce lundi, le professeur a pris ses distances par rapport à certains de ses anciens collègues de Fanmi Lavalas, qui aujourd’hui font partie du groupe des 16 senateurs qui ont déjà pris position contre le Premier ministre désigné alors que ses pièces n’ont même pas encore été analysées.
« Nous voulons que nos parlementaires se placent au-dessus de la mêlée et qu’ils adoptent une position d’homme d’Etat. Ils doivent faire preuve de raison et non d’émotion dans l’analyse du dossier de l’ancien ministre de la justice », déclare Dismy Cézar, qui ne nie pas la « chasse aux sorcières » dont avaient été victimes ses anciens partisans.
« J’aurais pu être arrêté et jeté en prison comme le père Gérard Jean Juste car il y avait des rumeurs faisant croire que j’étais impliqué dans des distributions d’argent et d’armes à feu en vue d’alimenter l’Opération Bagdad », confie Dismy Cézar, avant d’ajouter qu’il a grandi aujourd’hui et transcendé tous ces rancoeurs.
« Des discussions ont déjà été entamées avec le Premier ministre désigné », a confirmé l’homme politique, pour qui la négociation entre les différents acteurs concernés est nécessaire pour débloquer la situation.
« Le président ne pourra jamais imposer son Premier ministre. Et puisqu’il n’a pas la majorité au parlement, il est contraint de composer et de négocier avec les différentes forces en présence au Sénat de la République et à la Chambre des députés. Ces pourparlers, qui se révèlent importants pour le pays, ne devraient pas se fonder sur des bases de préjugé », soutient Dismy Cézar, qui attribue l’incapacité de l’exécutif et du Parlement à trouver un consensus autour de la ratification d’un Premier ministre à un manque de « leadership », une absence de « projet national d’envergure » et du sens des « responsabilités ».
Le professeur n’écarte pas la possibilité de faire alliance avec les partis Veye Yo et Lavni, deux autres regroupements politiques issus de la mouvance Lavalas en vue de renforcer leur position au Parlement. Mais s’agissant des informations selon lesquelles des parlementaires élus sous la bannière de son parti seraient en train de négocier avec l’ancien président Jean-Bertrand Aristide en vue d’orienter leur choix dans le cadre de la ratification du Premier ministre désigné, Dismy Cézar apporte un démenti.
« Depuis le retour de l’ancien chef de l’Etat en Haïti, nous ne nous sommes jamais rencontrés. Il a certes toujours souhaité avoir des entretiens avec moi, mais je n’en ai pas encore le temps », déclare Dismy Cézar, qui a pourtant mis l’accent sur l’amitié qui le lie au leader charismatique.
« Nous ne nous sommes pas croisés dans le champ de la politique. On était amis bien avant. Mais contrairement à d’autres anciens membres du parti, qui n’ont jamais raté l’occasion d’aller faire leur allégeance à l’ancien chef, je préfère garder mes distances », précise le responsable de Ansanm Nou Fò, qui n’a jamais pris position en faveur du retour de l’ancien président Jean- Bertrand Aristide.
« La solution des problèmes auxquels est confrontée la population ne réside pas dans le retour au pays d’un homme », a-t-il toujours fait entendre. Une position qu’il dit maintenir encore.
Pour éviter toute confusion quant à l’appartenance idéologique de son parti, Dismy Cézar explique qu’ils sont plus Lavalas que le Lavalas. D’ailleurs, martèle-t-il, Lavalas est une façon de penser, une façon d’être.
Danio Darius

 

Kay Pa’m : vers une solution au problème du logement

Le Nouvelliste / 19-07-11

Le vice-président du conseil d’Administration de la BNC, Jean-Philippe Vixamar

(Photo: James Alexis)

Le président Michel Martelly

(Photo: James Alexis)

Le gouverneur Charles Castel

(Photo: James Alexis)

Une vue de l’assistance à la cérémonie de lancement de Kay Pa’m

(Photo: James Alexis)

Des membres du conseil de la BNC et de la BRH

(Photo: James Alexis)

La Banque nationale de crédit (BNC), de concert avec la Banque populaire haïtienne (BPH), vient de proposer une solution viable au problème du logement en Haïti en lançant officiellement ce mardi au Karibe Convention Center, Kay Pa’m. Ce nouveau service au label de la BNC, est un programme de prêt au logement à l’intention des agents de la fonction publique et de la clientèle des particuliers. Il s’agit d’une part, d’un produit capable de favoriser l’accès au logement à un large segment de la population haïtienne à travers l’octroi d’un crédit à un taux fixe, abordable sur longue période et d’autre part d’un produit capable de contribuer à l’offre de logement dans le pays.
L’expansion démographique exponentielle d’Haïti et le déficit chronique de logements adéquats sont des problèmes majeurs auxquels les gouvernements de ces dernières décennies n’ont pu apporter aucune solution. Déjà avant le 12 janvier 2010, on estimait à plus d’un million d’unités le déficit de logements dans la zone métropole de Port-au-Prince où les maisons de fortune et les bidonvilles fleurissent comme des champignons. Cette situation déjà précaire s’est aggravée au lendemain du 12 janvier 2010 suite au tremblement de terre qui a emporté 300 000 maison et occasionné plus de 1.5 millions de sans abri et enfoncé davantage le pays dans la pauvreté.
Ce sombre tableau de la réalité haïtienne n’a pas laissé indifférent certaines personnalités et institutions du pays qui ont travaillé durement à la recherche d’une solution à ce problème. A ce sujet, il convient de citer feu le président du conseil d’administration de la BNC, Guiteau Toussaint, dont l’ombre a plané ce mardi sur l’assistance à la cérémonie de lancement Kay Pa’m. Une minute de recueillement a été observée à la mémoire de cet illustre disparu tragiquement à la veille du lancement de ce produit qu’il a conduit sur les fonds baptismaux.
Le vice-président du conseil d’administration de la BNC, Jean-Philippe Vixamar en présentant Kay Pa’m assimile le produit à la concrétisation du rêve de Guiteau Toussaint de voir la BNC contribuer à l’essor de l’économie nationale en facilitant l’octroi de prêts sains et adéquatement garantis à la production, au logement résidentiel et commercial.
Dotées d’une longue expérience professionnelle en matière de financement de crédit bancaire, la BNC sous la conduite de Guiteau Toussaint, réfléchit depuis quelques années à la conception d’un produit susceptible de révolutionner le marché du crédit au logement en dépit des contraintes de tous ordres qui jalonnent le parcours du crédit immobilier en Haïti, explique Jean-Philippe Vixamar. Ce dirigeant de la BNC présente Kay Pa’m comme étant la solution aux problème de la centralisation des activités dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, la forte densité de la population dans les villes, la bidonvilisation et des constructions anarchiques, le non respect des normes de construction dans le pays.
Dans des propos à l’adresse du chef de l’Etat, M. Vixamar soutient que dans le secteur du logement, la BNC et la BPH sont prêtes à accompagner l’Etat haïtien. « Le programme de prêt au logement Kay Pa’m entend apporter des réponses significatives à ce défi. Ainsi, à travers ce programme, la BNC et la BPH entendent financer des maisons d’habitations décentes pour les fonctionnaires publiques, les cadres des entreprises du secteur privé des affaires et le socioprofessionnel vivant dans ce pays».
Ce programme de prêt prend en considération le niveau de revenu des clients et leur capacité de remboursement sur une longue période. BNC et BPH financeront aussi bien les réparations de maisons de résidence détruites par le séisme, l’agrandissement ou la réhabilitation de logement existant que l’acquisition et la construction de nouvelles maisons.
Les caractéristiques du programme Kay Pa’m
Kay Pa’m est un programme de prêt au logement au bénéfice des agents de la fonction publique et de la clientèle des particuliers sur une durée de 30 ans ou 360 mois. C’est un type de crédit au logement qui est financé conjointement par la BNC et la BPH à hauteur de 4 milliards de gourdes (100 millions de dollars) à un taux fixe de 8% l’an sur les 10 premières années. Le taux pourra être ajusté en fonction de l’évolution des taux d’intérêts sur le marché monétaire
L’apport initial du client est très réduit voire nul dans certains cas. Car le montant du crédit alloué dans le cadre ce programme va de 85% à 100% du cout total du projet à financer.
Le programme cible tout le territoire de la république comme un signal clair envoyé par la BNC dans son objectif de décentralisation.
En ce qui concerne l’égibilité du programme, Kay Pa’m s’adresse à toute personne physique ne figurant pas sur la liste des mauvais débiteurs du système bancaire ; se trouvant dans la limite d’âge entre 18 et 65 ans ; ayant au moins trois dans la fonction publique ou ayant une stabilité d’emploi dans une entreprise privée ou exerçant une profession libérale depuis trois ans ; disposant d’un revenu mensuel régulier et suffisant pouvant faire preuve de son apport personnel, le cas échéant ; détenant un titre de propriété de terrain.
Les charges mensuelles de remboursement ne doivent pas dépasser 40% du salaire brut de l’employé ou des revenus du couple. En ce qui concerne les conditions premières d’éligibilité à ce programme, Kay Pa’m n’assure que le financement de la résidence principale. Il ne finance pas les logements commerciaux ou industriels. En plus, le client ne doit figurer sur la liste des mauvais débiteurs du système, selon l’explication du vice-président la BNC qui considère Kay Pa’m comme étant un acte de foi dans le pays et un pari sur l’avenir.
De son côté, le gouverneur de la Banque Centrale Charles Castel s’est dit satisfait de participer à l’inauguration de ce programme. « C’est la première fois qu’on essaie d’aborder l’épineuse question de l’offre de logements formels à une certaine catégorie d’Haïtiens qu’il dénomme la colonne vertébrale d’Haïti », indique M. Castel qui croit que Kay Pa’m est un programme charnière pour le développement structuré de l’urbain en Haïti.
Alors que l’opinion publique critique la politique monétaire trop restrictive de la Banque centrale, Charles Castel a profité du lancement de Kay Pa’m pour vanter les bienfaits de la stabilisation macroéconomique qui va permettre aux Haïtiens de jouir des avantages du programme.
Depuis le tremblement de terre, le logement est en question en Haïti. Le logement est facteur de trois choses : coût du financement, coût du logement lui-même et les revenus de la population. « Il y a un avantage clair de la stabilisation du cadre macroéconomique, c’est le taux d’intérêt de 8% en gourdes que peut offrir ce programme-là aux Haïtiens. Ce sont des dividendes de la stabilisation macroéconomique. La banque centrale est attachée à cette stabilisation et nous espérons que la bonne coordination qu’on a vue dans le passé entre les politiques fiscales et monétaires perdurera pour continuer à offrir au pays ce bénéfice », insiste le gouverneur qui invite les banques privées à emboiter le pas.
« Nous sommes très ouverts pour les discussions avec les autres banques de la place, car il ne s’agit pas de garder l’exclusivité de ces arrangements pour les banques commerciales d’Etat », souligne le responsable de la banque des banques qui affirme que le projet Kay Pa’m inaugure une ère nouvelle d’attention spéciale à la colonne vertébrale d’Haïti pour un service public fort, une classe ouvrière forte, pour une nation forte et un Etat prospère.
Dernier intervenant à prendre la parole à la cérémonie de lancement, le président Joseph Michel Martelly a salué dans son discours la mémoire de Guiteau Toussaint figure modèle disparue dans des circonstances dramatique. « Si le M. Guiteau laisse le Kay Pa’m orphelin, l’héritage reste intacte et s’inscrit parfaitement dans la vision de ma présidence , qui a fait remarquer que ce projet ambitieux et novateur porté par la BNC et la BPH, constitue un exemple éloquent de ce que peut réaliser une équipe dynamique et compétente lorsqu’elle oeuvre au bien de la collectivité. Cette collectivité dont font partie intégrante les fonctionnaires de l’administration publique ».
Le président a annoncé la réalisation d’autres projets qui témoigneront son estime et son respect pour les employés de la fonction publique qui, selon lui, sont les gardiens de la continuité de l’Etat. Il a annoncé également le lancement prochain d’un projet d’urbanisation de 16 quartiers populaires liés à six camps prioritaires.
La classe paysanne n’est pas oublié par le chef de l’Etat. « L’habitat rural majoritaire dans le pays sera au centre de mes préoccupations. Immédiatement opérationnel, le projet Kay Pa’m aura le mérite de renforcer mon message quant à l’urgente nécessité de se tourner vers la reconstruction définitive. Il se voudrait également porteur d’une relance économique plus que jamais nécessaire aujourd’hui face à l’impatience de tout un pays en attente d’un gouvernement », conclut le président Martelly.
Cyprien L. Gary

 

A propos du Parc industriel du Nord…

Le Nouvelliste / 19-07-11

« L’amélioration des installations portuaires régionales, des investissements dans le secteur sanitaire et dans bien d’autres programmes d’infrastructures communautaires vont créer de nouvelles opportunités pour la population qui milite depuis longtemps pour obtenir des investissements sociaux et économiques dans la région », relate une note du ministère de l’Economie et des Finances, qui veut entendre qu’avec les 20 000 emplois qui seront créés et les autres avantages à tirer, le parc industriel dans la région Nord d’Haïti va au-delà de la simple construction dudit parc. Il comporte également un projet d’électricité fiable pour les communautés avoisinantes, un projet de logement résidentiel, une usine de traitement de l’eau de dernier cri, selon une note d’information.
Plus de 100 rencontres ont déjà eu lieu entre le gouvernement haïtien, celui des Etats Unis et ses Agences, la Banque interaméricaine de développement (BID) et les populations de Caracol, de Limonade, du Trou-du- Nord, de Quartier-Morin, de Terrier- Rouge et de Cap-Haïtien. Plusieurs programmes d’appui aux communautés ont déjà été réalisés, comme la rénovation de la mairie de Caracol, inaugurée récemment pour mettre à la disposition de la communauté un espace pour les échanges et le partage d’informations sur le projet et les bénéfices à tirer.
Les gouvernements d’Haïti, des Etats-Unis et la Banque interaméricaine de développement (BID) ont conclu le 11 janvier 2011 un accord visant à construire un parc industriel dans la région Nord d’Haïti avec la Sae-A Trading Co. Ltd, principal fabricant de vêtements coréen, comme locataire principal. Chacun des signataires s’est engagé à consentir des investissements soit dans les infrastructures du parc (voirie, alimentation en eau, traitement des eaux brutes et des eaux usées, bâtiments industriels, centrale électrique, etc.), soit dans les infrastructures en appui au développement du parc (routes d’accès, infrastructures portuaires, …) et la construction de logements.
Les études de faisabilité commandées par la BID avaient été menées à terme auparavant, en septembre 2010. Suite à la comparaison de 18 sites potentiels d’implantation entre Limonade et Fort-Liberté, celui situé à Fleury, dans la commune de Caracol, a été jugé le plus approprié, après une analyse géologique et hydrogéologique, menée en octobre 2010 par une équipe de l’Université Quisqueya, de deux sites répondant le mieux aux critères de sélection.
Le 24 novembre 2010, la Direction générale des impôts (DGI) a mis à la disposition de la Société nationale des parcs industriels (Sonapi) un terrain de 250 hectares dépendant de l’habitation Fleury, commune de Caracol, arrondissement de Trou-du-Nord, faisant partie du domaine privé de l’État, pour la construction d’un Parc Industriel. Le parc industriel de la région Nord (PIRN), propriété de la Sonapi), permettra de créer 20 000 emplois permanents directs s’étalant sur une période de 7 ans, uniquement par le biais de l’investissement de Sae-A. Il a un potentiel de création de 65 000 emplois directs. Sa constitution est en adéquation avec la priorité de décentralisation des activités économiques identifiée par le gouvernement haïtien et contribuera à la croissance et à une répartition géographique plus équilibrée des emplois.
Un protocole d’accord est intervenu le 23 février 2011 entre la Sonapi et le ministère de l’Économie et des Finances, déléguant à l’Unité technique d’éxécution (UTE) de ce ministère la maîtrise d’ouvrage des contrats qui seront conclus en vue de l’aménagement de ce parc industriel.
Une clôture provisoire légère du site a été mise en place (potelets en béton armé et lignes de fil de fer barbelé), dans le but de délimiter physiquement le périmètre concerné, ce qui était important pour convaincre l’investisseur que le terrain était bien à l’État. Les travaux ont débuté en urgence, ce qui a causé quelques difficultés. Ces dernières ont été résolues dans le dialogue avec les autorités locales et avec la communauté. La clôture provisoire n’empêche pas les allées et venues sur le site de ceux et celles qui y ont encore leurs intérêts. Son érection n’a donné lieu à aucune démolition, si ce n’est celle, partielle, d’une petite construction inachevée et inoccupée.
« Il a été convenu que les personnes qui ont subi des pertes directes (récoltes compromises, parcelles en exploitation endommagées) du fait de l’érection de cette clôture provisoire seraient, d’abord et en priorité, dédommagées pour leurs pertes. D’une façon plus globale, il est entendu que tous ceux qui exploitaient le site auront droit à une compensation juste et équitable », poursuit la note du ministère des Finances.
Actuellement, les enquêtes et évaluations nécessaires sont en cours sur le terrain, avec la participation active de la communauté qui, à plusieurs reprises, à travers ses autorités locales, ses leaders naturels, ses associations de base ou ses autorités religieuses, a exprimé son soutien au projet. Le plan de compensation auquel donneront lieu ces études devra être validé par les personnes directement affectées par le projet. Il sera assorti d’un calendrier de réalisation et les moyens nécessaires seront rendus disponibles.
Les questions environnementales, précise la note, sont également considérées avec beaucoup d’attention. Un rapport d’études sur la demande en eau du parc et la disponibilité des ressources ainsi qu’un premier rapport d’études environnementales et sociales ont été établis et diffusés. Des études complémentaires sont effectuées afin de garantir le respect des normes environnementales. Les lois et règlements nationaux et internationaux relatifs aux droits des travailleurs seront respectés.
L’appui de la BID et du gouvernement américain sont déterminants pour la réussite de ce projet, qui permettra, notamment, de tirer un meilleur parti de la Loi HELP (Haiti Economic Lift Program) votée au Congrès des États-Unis en mai 2010 et augmentant considérablement, jusqu’en 2020, les préférences commerciales des États-Unis pour le secteur haïtien du vêtement.
Un contrat de location a été signé le 10 juin 2012 entre la SONAPI et la Société Sae-A. Des démarches actives se poursuivent en vue d’attirer de nouveaux clients pour le Parc, pas seulement dans le secteur textile, mais aussi dans l’ameublement ou l’électronique.
« Selon les engagements pris, notamment par l’État, les premiers bâtiments doivent être livrés le 31 mars 2012, afin de permettre le démarrage des activités de production au niveau du PIRN, ce qui constituera un signal fort qu’« Haïti est ouverte aux affaires et prête à accueillir d’importants investissements directs étrangers », conclut la note du ministère de l’Economie et des Finances.

 

Discours du président de la République

Le Nouvelliste / 19-07-11

Le sénateur Jocelerme Privert et le président de la République, Michel Joseph Martelly

Le président de la République, Michel Joseph Martelly, dans son allocution

Depuis mon investiture, voila déjà 2 mois, j’ai, au travers de nombreuses inaugurations et rencontres, saisi l’opportunité de m’exprimer sur certains thèmes, une autre manière d’instaurer avec mon peuple un dialogue continu.
Cette relation empreinte de sincérité et de respect traduit bien ma conception du rôle présidentiel, tache lourde, grave, délicate, dans cet espace politique complexe.
Fonction néanmoins à la hauteur de mes rêves et tremplin à ma détermination d’imprimer à ce pays ce changement nécessaire et attendu, cette ouverture, ce style nouveau, dont j’ai pris l’engagement.
Aujourd’hui, l’invitation de la BRH à la présentation du projet architectural conçu par la Fondation Prince-Charles m’offre l’opportunité de fixer ma position sur la question de la reconstruction. Cette initiative est l’occasion de faire une rupture à la fois symbolique et tangible, avec la politique menée jusqu’ici en matière de réponse au tremblement de terre. Il faut définitivement quitter la logique de l’urgence et tourner le pays vers l’avenir, vers la reconstruction.
Après le 12 janvier 2010, l’action publique a été paralysée par l’ampleur de la catastrophe. Des décisions malheureuses ont été prises, et nous devons aujourd’hui en corriger les effets pervers et donner des directives claires à l’ensemble des acteurs impliqués.
Les camps représentent un risque sanitaire élevé, absorbent des ressources financières précieuses et n’apportent aucune dignité a ceux qui y vivent. Le gouvernement s’engage à accompagner respectueusement et encadrer les déplacés pour lancer la reconstruction dans le respect de la propriété. Des réponses courageuses seront apportées.
Les disponibilités financières existantes nous permettent aujourd’hui de:
– commencer la construction des ministères et autres bâtiments symboliques de l’Etat ;
– mettre à la disposition des employés du secteur public comme ceux du secteur privé un programme spécial de prêts immobiliers à des conditions préférentielles à travers la BNC et au BPH. Je profite de l’occasion pour rendre un hommage mérité à M. Guiteau Toussaint. Sa mort ne restera pas impunie, et je réitère ma volonté de trouver les coupables coûte que coûte. Malgré cette dure épreuve, le programme Kay Pam sera lancé demain, tel que l’aurait souhaité Guiteau.
J’insiste sur le fait que les bâtiments publics qui seront construits le seront en toute légalité, en tenant compte des droits des propriétaires et des prescrits de la loi en matière d’utilité publique. Cette question d’utilité publique dans le centre-ville et au nord de Port-au-Prince est déjà l’objet de toute mon attention.
Ces grands travaux d’érection des ministères, rendus possibles par le financement de la BRH, atteste de notre volonté réelle et de notre détermination de remettre notre pays au travail.
Outre la création d’espace adéquat pour le service public, je n’oublie pas l’importante question du logement qui est un obstacle insurmontable pour la plupart des citoyens. Le tremblement de terre a exacerbé un problème qui existait déjà et auquel il faut apporter une réponse, certes dans la zone affectée par le séisme, mais également dans l’ensemble du pays.
Au chapitre de la création de logement, 3 axes majeurs seront retenus :
1) Le développement de nouveaux quartiers dans la périphérie de Port-au-Prince et hors de la Capitale (incluant école, dispensaires et autres services) ;
2) La restructuration et l’urbanisation des quartiers existants (accès routiers, services de base comme l’eau et l’électricité, espaces verts, et centre communautaires). Les zones à risques seront identifiées et rendues non aedificandi ;
3) La densification des quartiers déjà urbanisés par la construction en hauteur.
De concert avec mon gouvernement nous veillerons à ce que tout ceci s’intègre dans un cadre global d’aménagement du territoire et dans une politique financière qui donnera accès à un crédit immobilier aux petites bourses. Il est entendu qu’il n’y aura pas de dons de logement.
La reconstruction ne devra pas profiter qu’à Port-au-Prince. La reconstruction signifiera également de nouveaux pôles de développement, des opportunités économiques certaines, et un code de construction définitif. Mon gouvernement une fois installé en fera la présentation et sera instruit de l’appliquer et de le faire appliquer.
Il s’agira à la fois de reconstruire l’homme haïtien, l’espace physique de l’homme haïtien, le cadre sociopolitique de l’homme haïtien. La reconstruction d’Haïti n’aurait pas de sens si elle ne s’accompagnait pas d’une réforme de notre mode de fonctionnement politique, institutionnel et également administratif. Le jeu politique sera assaini et les institutions joueront leur rôle au profit de tous les citoyens.
Cet effort de dépassement de soi, cette responsabilité, mon gouvernement l’assumera et l’assumera pleinement.
Je veux croire que c’est à ce compte, et à ce compte seulement que nous récupérerons la force de croire en une Haïti, plus belle, plus moderne, plus conforme à nos rêves et celui de nos enfants
A vous tous, merci,
S.E.M. Michel Joseph Martelly
Président de la République

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