vendredi 22 juillet 2011

22 Juil

Gousse à la merci du Sénat

L’air confiant, le visage moins tendu que la veille, Bernard Gousse se remet entre les mains des parlementaires. Ce jeudi, l’ancien ministre de Justice a fait le dépôt de ses pièces au Sénat. « Ce sera pour moi un grand honneur de servir mon pays » a-t-il dit, tout en promettant d’être un rassembleur. Le président de la commission sénatoriale a promis un travail technique et impartial. « Cependant, a rétorqué pour sa part le président du Grand Corps, Michel Martelly doit poursuivre les négociations s’il veut que le choix de son Premier ministre soit ratifié ».

« Le processus de ratification du choix de Bernard Gousse est véritablement enclenché maintenant. 14 pièces au total ont été déposées au Sénat pour analyse. D’autres pièces pourraient lui être demandées au besoin », a souligné le président de la commission spéciale sénatoriale qui va vérifier l’authenticité des documents soumis. « Un certain nombre de pièces a été déposé en fonction de l’article 157 de la Constitution. Nous allons les analyser. Si nous avons besoin d’autres, nous allons les lui demander. On ne peut pas dire d’avance que les documents sont complets… », a fait savoir le sénateur Jean William Jeanty.
Pour sa part, le Premier ministre désigné a promis d’être à l’écoute et de travailler avec tout le monde. Bref, il se veut rassembleur. « Avec le dépôt de mes pièces au Sénat, j’entame le chemin qui me mettra au service du pays. Si le Parlement me le permet, ce sera un grand honneur pour moi de servir une population fière et digne. Ce travail, je le ferai avec le président Michel Martelly et de concert avec tous les partis représentés au Parlement… Aucun bras n’est suffisant ni trop maigre pour sortir le pays de la situation où il se trouve…Je serai à l’écoute et travaillerai avec tout le monde », a avancé Bernard Gousse, dans une courte déclaration à sa sortie du Sénat.
Le président de la commission spéciale sénatoriale qui va vérifier l’authenticité des documents soumis n’est pas en mesure de donner une date pour la fin du travail de la commission. Cependant, le sénateur Jean William Jeanty dit être conscient de l’urgence de l’heure et a promis de subdiviser son équipe afin d’aller un peu plus vite tout en réalisant un travail de qualité.
Le parlementaire a également donné la garantie que la commission fera son travail correctement, en dépit du fait que cinq des neuf membres de ladite commission font partie du groupe des 16 sénateurs anti-Gousse.
Pour prouver qu’il a rempli toutes les conditions pour être chef de gouvernement, l’ancien ministre de la Justice a soumis à la commission son acte de naissance et ceux de sa mère, de son père, de sa grand-mère, et de son grand-père. Il a également soumis son certificat de nationalité, quatre passeports haïtiens, son matricule fiscal, sa carte d’identification nationale, un certificat de la police judiciaire, une attestation de résidence, un certificat de décharge, entre autres.
Mais, tout ceci ne vaudra rien si le président Martelly ne trouve pas la bonne formule pour dégager une majorité au Parlement, de l’avis du président du Sénat. Selon le sénateur Rodolphe Joazile, le vote sera politique, même si le travail de la commission est technique.
La ratification du choix de Bernard Gousse dépendra, a-t-il ajouté, de la capacité du chef de l’Etat de convaincre la majorité. « Nous avons plusieurs tendances au Sénat. Maintenant, il revient au président et au Premier ministre désigné d’utiliser des stratégies pour rallier les différents groupes à leur cause. Si aucun consensus n’est trouvé, le choix sera rejeté », a expliqué le sénateur Rodolphe Joazile.
Le parlementaire souligne avoir mis le président Martelly et le Premier ministre désigné au courant de la réalité au Parlement.
Ce jeudi encore, le chef de l’Etat n’était pas parvenu à une entente avec le groupe des 16 sénateurs anti-Gousse. 24 heures avant le dépôt des pièces de Bernard Gousse, les deux parties ont passé 7 heures à discuter en vue de trouver une solution à la crise. « Les deux parties ont décidé de faire le retrait de leur position initiale pour continuer une séance de travail de telle sorte que dans les prochaines 24 heures une décision commune soit prise pour débloquer le pays », avait déclaré le chef de l’Etat. Une décision qui se fait attendre.
Robenson Geffrard
rgeffrard@lenouvelliste.com

 

Clinton, décoré et remis en selle

L’un a des mots, sa volonté,son charme ;l’autre, le carnet d’adresses des donateurs et investisseurs. Ensemble, ils ont fait le pari de travailler à la reconstruction d’Haïti quitte a remettre en selle une structure critiquée à cause de son inefficacité : la CIRH.

Le président Michel Joseph Martelly et l’ancien président américain Bill Clinton lors d’une visite à Zoranger

(Photo: AFP)

Le président Martelly en passe de décorer Bill Clinton, co-président de la CIRH

 

Costume beige foncé, nez passablement rougi, Bill Clinton retient ses larmes quand Michel Joseph Martelly passe autour de son cou l’une des plus hautes distinctions de l’Etat haïtien : Grand Croix plaqué or de l’Ordre national Honneur et Mérite. Humble, l’ancien président américain, envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon incline la tête en écoutant les éloges dus à son « engagement pour faire avancer la cause d’Haïti ». « Je ne pense pas que les anciens présidents américains aient besoin de décoration, mais celle là, je la reçois avec honneur », confie Bill Clinton, remise en selle avec son chapeau de co-président de la CIRH dont le bilan est pour le moins maigre et mitigé.
Le pari de Martelly
« Le président que je suis doit être objectif en reconnaissant que la CIRH peut-être un bon outil pour aider au développement d’Haïti si les problèmes auxquels elle est confrontée sont résolus », explique Martelly, moins mordant que lors de sa campagne électorale par rapport à cette structure dont il est en passe de solliciter un rallonge d’une année auprès du Parlement haïtien. « Rien n’a changé par rapport à ma position critique », rassure sans convaincre le chef de l’Etat qui croit avoir trouvé une panacée aux maux de cette entité née à la conférence des donateurs du 31 mars 2010 à New York où près de 9 milliards de dollars avaient promis pour la reconstruction du pays après le séisme dévastateur du 12 janvier.
« Aujourd’hui, nous sommes venus avec un nouveau comité pour réparer les erreurs de celui qui était là par le passé », selon Martelly, sans entrer dans les détails sur la façon de résoudre les principaux problèmes de la CIRH : manque de transparence, problème de coordination, absence de stratégie cohérente pour aider effectivement au renforcement de l’Etat haïtien…
Combinaison parfaite
Optimiste, Michel Joseph Martelly, aussi perspicace qu’un vendeur de chaussures Vittiello, vante les mérites du décoré, Bill Clinton. « Je pars à la recherche de ce qui reste de l’argent promis à Haïti. Si Clinton n’est pas là, je ne sais pas où aller, qui contacter, explique Martelly, résolument décidé à mettre la main à la pate, de donner du sien aux cotés de l’ex-gouverneur de l’Arkansas dans l’effort pour reconstruire Haïti, attirer les investissements. Cette combinaison entre celui qui a le carnet d’adresse des donateurs, des investisseurs et l’énergie, la fougue, le charme et l’honnêteté donnera des résultats », gage le président Michel Joseph Martelly qui s’est demandé qu’est-ce qui a été fait avec les quelque 4 milliards de dollars donnés à Haïti.
Martelly, charmeur, mise sur les investissements. A la limite, l’argent ne m’intéresse pas au premier chef. Je souhaite que l’on construise des routes, des hôpitaux, des centrales électriques en vue de rendre le pays plus attractifs, révèle-t-il, moins de 24 heures avant une nouvelle réunion du conseil d’administration de la CIRH à l’Hôtel Montana.
Cette réunion intervient après un certain flou sur l’avenir en l’état de la CIRH suite à de nombreuses critiques et une reconnaissance d’inefficacité à peine voilée de l’adjoint de Bill Clinton, Paul Farmer il y a quelques semaines. « Le fait que 99% du financement de secours contourne les institutions publiques haïtiennes rend par exemple le leadership du gouvernement d’autant plus difficile », reconnait M. Farmer dans un rapport titré (L’aide a-t-elle changé ? Acheminement de l’aide à Haïti avant et après le séisme ).
Quelques critiques
« La CIRH entre dans une logique d’affaiblissement et de substitution de l’Etat », avait rappelé l’économiste Camille Charlmers de la PAPDA, qui souligne que les priorités de décaissements de fonds en faveur des ONG n’ont pas changé. Cette logique, selon Charlmers, a conduit à la dispersion, à l’absence de coordination qui nuisent à l’efficacité des interventions. L’économiste altermondialiste avait, dans la foulée, plaidé en faveur d’un changement de paradigme de la coopération internationale avec Haïti en vue d’accepter une prise en charge locale du développement. Il faut renforcer les institutions étatiques, s’assurer qu’elles soient plus démocratiques, transparentes. Ainsi, avait indiqué Charlmers, la confiance sera rétablie dans la perspective d’un rapport qualitatif entre les institutions et la population.
Si les bailleurs ont jusqu’à aujourd’hui fourni quelque 37 % des fonds promis, l’économiste Kesner Pharel avait déploré la logique du « capitalisme de désastre » et les interventions peu structurantes, pérennes des ONG dans un pays comme Haïti, en proie à des catastrophes naturelles. « Très souvent, dans la logique du capitalisme de désastre, l’argent dépensé ne contribue pas à créer de la richesse ni de la valeur ajoutée dans l’économie », avait expliqué Kesner Pharel, qui souligne quelques effets néfastes de cette façon de faire. Injecter des fonds uniquement pour la consommation est susceptible de créer des déséquilibres monétaires, poser des problèmes sur le marché du travail avec les salaires trop élevés octroyés à des employés d’ONG.
L’économiste avait par ailleurs souligné la nécessité pour les responsables de la CIRH de rendre des comptes. « Ces responsables doivent démontrer quels secteurs de l’économie ont bénéficié des retombées de l’injection de quelque 2 milliards de dollars américains dans l’économie. De la santé à la construction, en passant par la production agricole », avait-t-il dit.
ONG, Clinton ne lâche pas
Cependant, malgré le rapport Farmer, Bill Clinton, n’a pas lâché les ONG. « Je veux que les ONG soient très actives », plaide Clinton, flanqué de ses décorations. « Les ONG doivent entrer dans le cadre du plan établi par le gouvernement haïtien », souligne Clinton, quelques semaines après une déclaration d’impuissance du Premier ministre Jean-Max Bellerive, ministre de la Planification face aux ONG lors d’une audition de ce dernier au Sénat de la République. Il y a un vide juridique et le ministre de la Planification ne supervise pas les ONG, avait-il dit.
Décoré, remis en selle, Bill Clinton disposera d’au moins d’un an pour mieux faire si le Parlement prolonge le mandat de la CIRH. Car dissoudre cette comission consacrerait l’échec Bill Clinton, un ancien président américain respecté à travers le monde.
Roberson Alphonse

 

Haïti-Politique :

Finalement Bernard Gousse dépose son dossier au sénat (Multimédia)

jeudi 21 juillet 2011

P-au-P, 21 juil. 2011 [AlterPresse] — Le premier ministre désigné Bernard Gousse vient de déposer son dossier au Parlement, constate AlterPresse.

Cette première étape dans le processus de validation s’accomplit finalement après que le juriste eut demandé, à deux reprises, de repousser le délai.

Bernard Gousse affirme que par le dépôt de son dossier il « commence à se mettre à la disposition » de la nation.

 
Le sénateur William Jeanty, président de la commission chargée d’étudier les documents du premier ministre désigné, pour sa part, donne la garantie que le travail de la commission n’obéira à « aucune influence politique ».

La ratification de Bernard Gousse suscite de nombreuses incertitudes. 16 sénateurs se disent ouvertement opposés à sa désignation. Et le chef de l’Etat évalue lui-même ses chances à 50%.

Hier, 20 juillet, Michel Martelly a rencontré le groupe des 16 sénateurs qui rejettent le choix de Gousse. Aucun terrain d’entente n’a été dégagé mais les deux parties se sont promis de poursuivre les négociations. [kft/jsr gp apr 21/07/2011 12 :20]

 

Des policiers investissent les locaux du CEP

Le Matin – 21/07/2011

Des policiers du bureau de recherche et d’intervention (BRI), un corps spécialisé faisant partie de la police nationale d’Haïti (PNH), se sont rendus ce jeudi après-midi au local du Conseil électoral provisoire (CEP), où trois conseillers font l’objet d’un mandat d’amener lancé par le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Me Sonel Jean François.
Les conseillers recherchés, Gaillot Dorsinvil, Ribel Pierre et Léonel Raphael, n’étaient pas présents au Conseil au moment de l’irruption des policiers qui ont inspecté tout le bâtiment abritant le CEP à Pétion-ville.
EL /LM

 

Qu’est-ce qui s’est passé véritablement au Karibe Convention Center ?

Jeudi, 21 Juillet 2011 20:12

MartellyLambertTous les observateurs de la conjoncture haïtienne doivent se poser la question. Apres 7 heures d’échanges, de discussion, et d’attente, le président Michel Martelly et les sénateurs du Groupe des Parlementaires du Renouveau se sont séparés sans pratiquement rien dire à la presse. Malgré tout, c’est pour la première fois depuis la désignation de Me Bernard Gousse comme premier ministre qu’on a vu le président et ces parlementaires du Grand Corps parler le même langage.

En effet, le président Michel Martelly et le patron du GPR, Joseph Lambert n’ont eu aucune difficulté à s’accorder quand il était question de s’adresser aux journalistes. D’un même ton, les deux hommes ont tenu le même refrain. Rendez-vous vingt-quatre heures pour dire quoi ? Ce que plus d’uns ont décelé entre les lignes.

A défaut de déclaration publique, le miroir des interprétations n’était autre que l’expression du visage des acteurs. D’un coté on a retrouvé le président de la République très peu jovial, ce qui est contraire à ses habitudes ; de l’autre le sénateur Joseph Lambert, harcelé par les journalistes lui demandant de dire deux mots, qui, finalement a accepté d’en dire trois, à savoir, I love you, sans parler de la bribe de déclarations de l’élu du Nord-est faisant allusion à un troisième choix du président Martelly ou encore de la sortie prématurée de Me Gousse de la salle des négociations.

La relation la plus difficile à établir entre les différents éléments de l’équation est a savoir si les sénateurs ont imposé du même coup au président Martelly un nom ou se sont-ils courbés cette fois-ci aux ordres du chef du Palais National.

De toute façon, des vingt-quatre heures, il n’en reste plus que quelques-unes. Autant les attendre patiemment pour pénétrer cette nébuleuse et savoir si cette fois les acteurs parviendront finalement à s’entendre pour le décollage du pays. L.J. / Signal FM

 

Haiti-Politique :

Il faut poursuivre les négociations pour la ratification de Gousse, préconise le président du sénat

jeudi 21 juillet 2011

P-au-P., 21 juil. 2011 [AlterPresse] — Le président du sénat, Roldoph Joazile, souhaite que le premier ministre désigné Me Bernard Gousse et le président Michel Martelly continuent à négocier avec le groupe des 16 sénateurs qui se prononcent contre la ratification de Gousse.

C’est au premier ministre désigné et au président Michel Martelly de trouver un terrain d’entente avec les 16 parlementaires, estime le président du sénat.

 
Le sénateur Joazile a fait cette déclaration quelques minutes après avoir reçu dans son bureau le premier ministre désigné qui venait de faire le dépôt de ses pièces, qui doivent être analysées par une commission spéciale en vue de sa ratification ou non.

La rencontre s’est déroulée en présence des sénateurs Wenceclass Lambert, Steeven Benoit et Melius Hypolitte.

Selon le sénateur Joazile des négociations sont encore possible pour la ratification du premier ministre désigné.

Le président du sénat espère que la commission parlementaire chargée d’étudier les pièces soumises par Me Gousse ne va pas tarder à donner son rapport sur ce dossier. [jsr gp apr 21/07/2011 16 :50]

 

Haiti-Politique :

Insulza encourage le dialogue entre Martelly et les parlementaires

jeudi 21 juillet 2011

P-au-P., 21 juil. 2011 [AlterPresse] — Le Secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), José Miguel Insulza, invite les pouvoirs exécutif et législatif à maintenir le dialogue pour parvenir à un accord de manière à être en mesure d’aborder les grands défis du pays.

« Je formule l’espoir qu’un accord soit rapidement trouvé entre le Président et le Parlement, et qu’un gouvernement puisse rapidement être mis sur pied, afin de relancer les grands chantiers de la reconstruction et du développement », déclare Insulza lors d’une conférence de presse organisée par l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation de la mission d’Haïti (MINUSTAH).

« Il est important que ce dialogue ait lieu prenne place pour que l’on puisse enfin donner l’élan dont le pays a besoin pour entreprendre les grands chantiers urgents et prioritaires », ajoute Insulza.

Depuis l’arrivée au pouvoir de Michel Martelly, le 14 mai dernier, le pays demeure sans un nouveau gouvernement, tandis que le gouvernement actuel ne gère que les affaires courantes.

Le premier ministre désigné, Bernard Gousse, a remis ce 21 juillet ses documents au sénat en vue de sa ratification ou non, après que l’homme d’affaires Daniel Rouzier a été rejeté par la Chambre des députés.

Des négociations sont en cours entre Martelly et un groupe de 16 sénateurs qui rejettent par avance la désignation de Gousse comme premier ministre. [gp apr 21/07/2011 21:00]

 

Haïti-Musique :

Funérailles annoncées de Azor

jeudi 21 juillet 2011

P-au-P, 21 juillet 2011 [AlterPresse] — Le tambourineur et chanteur Lenor Fortuné, dit Azor, décédé le 16 juillet à l’âge de 46 ans, sera porté en terre le 23 juillet, annonce un communiqué de la mairie de Port-au-Prince.

Le chanteur tambourineur du groupe Rasin Mapou a popularisé la musique vodou et l’a amenée hors de nos frontières, souligne la mairie qui « salue le départ de ce grand mapou de notre culture ».

La mort de Azor « laisse un sentiment de perte socioculturelle énorme », ajoute la mairie dans cette note transmise à AlterPresse.

Le musicien qu’on disait depuis un certain temps malade, a ressenti le 16 juillet un malaise durant une prestation lors de la fête de Notre Dame de Mont-Carmel à Saut d’eau (est), haut lieu de pèlerinage vaudou.

Lenor Fortuné est décédé après avoir été conduit à l’hôpital Bernard Mevs à Port-au-Prince.

Le décès de Azor a suscité beaucoup d’émotion et de nombreuses réactions tant dans les milieux officiels que culturels.

En 2006, il avait été distingué par le titre de Trésor National aux côtés de l’intellectuelle et ex-premier ministre Michèle Duvivier Pierre Louis et l’écrivain Franketienne. [kft gp apr 21/07/2011 16:00]

 

Pas encore de logements pour les petites bourses

Deux projets de logements ont été lancés au cours de la Semaine de la reconstruction. Il s’agit de « Kay pam » pour les fonctionnaires et les socioprofessionnels et l’Expo habitat Zoranje dont les prototypes de maisons exposés sont accessibles aux moyennes bourses, selon le commissaire de l’exposition.
Si permettre à tout citoyen quelque soit sa couche sociale de se procurer d’un logement décent respectant la dignité humaine est le rêve du président Martelly, personne n’a semble-t-il pensé aux couches les plus défavorisées.
Quand on sait que le projet de Kay Pa’m est destiné aux agents de la fonction publique et aux employés du secteur privé qui détiennent un emploi stable et que le taux d’intérêts est de 8%, il faut se questionner quant au projet lancé à Zoranje ce jeudi, c’est le commissaire de l’exposition lui-même qui a précisé que les logements sont accessibles aux moyennes bourses.
M. Trouillot n’avait pas l’intention de discriminer personne en faisant cette déclaration, qui ne fait que refléter une certaine réalité. Par exemple, une maison en bois sur 60 m2 avec deux chambres, un salon et une cuisine coûte 22.000 dollars US en dehors du terrain.
En tout cas, des voix des couches défavorisées se sont élevées pour avoir leur place dans ce vaste projet de reconstruction lancé cette semaine en Haïti. « Et ceux qui ne travaillent pas », ont lancé quelques voix à travers les applaudissements entrecoupant le speech du président qui encourageait les employés du secteur public et privé à aller à la BNC et à la BPH pour prêter de l’argent afin de construire leur logement.
HPN

 

Haïti-Economie :

Le Plateau Central se détournerait de l’agriculture

jeudi 21 juillet 2011

Correspondance – Ronel Audate

Hinche, 13 juillet 2011 [AlterPresse] — Au Plateau Central on vend de tout et on produit peu, alors que les habitudes alimentaires changent et que les regards se tournent de plus en plus vers la République Dominicaine et Port-au-Prince.

« Maintenant je peux gagner ma vie honorablement et je n’ai plus besoin de me faire du souci pour ce qui concerne les saisons sèches ou pluvieuses. Et je n’ai plus besoin d’une houe ou d’une machette, maintenant tout est réglé », affirme Selondieu Odius.

Comme beaucoup d’autres paysans agriculteurs de Juanaria (section communale de Hinche), il a vendu sa portion de terre pour s’acheter une moto qu’il utilise pour faire le taxi.

A Hinche de plus en plus de personnes se détournent de l’agriculture au profit du commerce de boissons gazeuses et de matériaux de construction. Certains ont la préférence de la vente des produits alimentaires tels, entre autres, le riz, le pois, le mais moulu ou le poisson, des produits alimentaires importés des Etats-Unis et de la République Dominicaine voisine d’Haïti.

Dans certaines régions il est des gens qui ne veulent plus entendre parler des produits locaux comme l’igname, le manioc, ou la patate, alors qu’ils adorent les saucisses en provenance de l’autre côté de la frontière, les poulets, les poissons emboités, et le riz américain (diri miyami en Créole haïtien).

Des ONG internationales établies dans la région distribuent régulièrement des kits alimentaires à des centaines de familles dites nécessiteuses. Celles-ci reçoivent mensuellement des coupons leur permettant de se procurer les produits alimentaires de premières nécessités. Mais ces distributions de nourriture loin d’apporter une solution durable, affectent les paysans.

« Une marmite de maïs coûte 25 gourdes et personne ne veut en manger, on préfère le riz ou le blé distribués par des ONG. Quel choix me reste t-il ? », déplore Macelin Paul un paysan originaire de la section de Marmont (Hinche). A Maissade, la tendance observée chez les jeunes est de migrer vers la République dominicaine ou Port-au-Prince à la recherche d’un emploi.

« Si tout va bien, au retour ils ouvrent leurs petits commerces de gazeuses ou des petites banques de borlettes (lotterie) », constate le docteur Camille Joseph, cadre de l’ONG Agronome et Vétérinaire Sans Frontière (AVSF).

« Partout c’est la misère et la faim. On est en train de payer la conséquence de l’inconséquence de nos dirigeants », déplore t-il.

Le Plateau Central dont la production a été mise à mal par l’épidémie de cholera, semble frôler une grave crise alimentaire. Tout concourt à favoriser cette situation, notamment l’insécurité foncière et la politique du marché libre qui décourage le travailleur paysan.

Pour Despinos Edouard, technicien en agriculture, la commune de Hinche aurait toutes les possibilités de faire face à une éventuelle crise alimentaire. Selon lui les sections de Marmont, de Juanaria et d’Aguahedionde offrent de grandes possibilités agricoles.

La région du Plateau Central possède en outre des ressources hydriques énormes, à l’image de la commune de Maissade.

« Elle est traversée par la rivière Rio Frio, la rivière Canot et d’autres cours d’eau qui pourraient irriguer des centaines d’hectares de terre durant la saison sèche, alors que ces opportunités ne sont pas exploitées. Maïssade, qui était la principale fournisseuse de riz du Plateau Central, ne peut rien offrir aujourd’hui », explique l’agronome Lyps Maitre, spécialiste en foresterie et cadre du ministère de l’agriculture. [ro kft gp apr 21/07/2011 15:00]

 

Le HCDH réitère sa recommandation aux autorités de s’assurer que la fermeture des camps soit faite de manière planifiée et respectueuse du droit au logement

Port-au-Prince, le 21 juillet 2011

Suite à la fermeture, le week-end dernier, du camp situé dans l’enceinte du Stade Sylvio Cator dans lequel vivaient plus de 400 familles, la Section des Droits de l’Homme de la MINUSTAH, représentant du Bureau du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme (HCDH) en Haïti,  réitère l’importance du respect du droit de tous les haïtiens à un logement convenable, et ce plus particulièrement s’agissant des personnes vivant dans les camps qui se sont formés après le séisme et dans les communautés informelles – parfois appelées bidonvilles.

Le Bureau du Haut Commissariat aux Droits de l’Homme estime qu’une reconstruction réussie ainsi qu’une sécurisation et une stabilisation à long terme du pays dépendront en partie de la réalisation du droit à un logement convenable.

Tout au long de l’année 2010, le HCDH à plusieurs reprises, a encouragé le Gouvernement haïtien à adopter une approche globale prévoyant des délais raisonnables pour la fermeture des camps, assortie des logements alternatifs. Le HCDH a insisté pour que le plan englobe tous les camps et inclue des dispositions pour améliorer les conditions de vie dans des établissements informels, et qu’il envisage la transformation d’un nombre restreint de camps en quartiers informels destinés à perdurer. Étant donné le cycle continuel de mouvements des quartiers aux camps, le HCDH reste convaincu que seul un plan global peut permettre de faire avancer la cause du progrès durable et du respect des droits de l’homme. Ceci implique notamment l’élaboration d’un calendrier pour la fermeture des sites dans des délais raisonnables et le respect des droits des personnes vivant dans les camps.

Lors de sa visite de travail en Haïti du 8 au11 Juin 2011, la Rapporteur Spéciale des Nations Unies sur le droit à un logement convenable, Mme Raquel Rolnik, avait formulé des recommandations sur la situation du logement et des efforts de reconstruction  au Gouvernement d’Haïti et à la communauté internationale. Le HCDH et la Rapporteur Spéciale avaient félicité les autorités nouvellement élues d’avoir manifesté la volonté de travailler avec la communauté humanitaire et de préparer une stratégie initiale pour la fermeture de six camps et la réhabilitation concomitante de 16 quartiers dont la plupart des personnes vivant dans ces camps sont originaires

Le HCDH est préoccupé par les conditions dans lesquelles les familles qui vivaient dans le Camp Silvio Cator (Port-au-Prince) initialement identifié comme une priorité, ont été expulsées à partir du 15 juillet moyennant une somme  de 10,000 gourdes par famille.  Le HCDH a pu constater que la solution de relocalisation proposée par la mairie ne respecte pas le droit à un logement convenable. L’absence de services de base ainsi que la qualité insuffisante des abris distribués placent les personnes dans une situation de vulnérabilité supérieure à celle dans laquelle elles se trouvaient dans le camp Silvio Cator. Enfin, concernant les familles qui ont choisi de chercher leur propre logement alternatif suite à leur expulsion, il n’existe aucune garantie que ces dernières aient réellement trouvé une solution de relogement.

Le HCDH réitère sa recommandation aux autorités haïtiennes  de s’assurer que la fermeture des camps soit réalisée d’une façon planifiée, dans le respect des standards internationaux des droits de l’homme et que celle-ci s’insère dans une stratégie plus large visant à améliorer l’accès au logement convenable.

 

Les conditions de vie s’améliorent dans les horrifiantes prisons d’Haïti

Publié par Associated Press le jeudi 21 juillet 2011 à 16h47.

Les conditions de vie s'améliorent dans les horrifiantes prisons d'Haïti

Eduardo Verdugo / The Associated Press

PORT-AU-PRINCE, Haïti – Dix-huit mois après le séisme dévastateur de janvier 2010, la vie commence enfin à s’améliorer un peu pour au moins une catégorie d’Haïtiens: les prisonniers.

Alors que des dizaines de milliers de survivants du séisme vivent toujours dans des abris de fortune à travers la capitale, certaines des prisons du pays bénéficient d’importantes améliorations.
Les États-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, les Nations unies et le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) ont lancé des projets visant à améliorer les conditions de vie dans les prisons haïtiennes, décrites comme parmi les pires du monde.
Certains projets internationaux avaient déjà été lancés avant le séisme. Mais les conditions déplorables des prisons et la faiblesse du système judiciaire haïtien ont été exacerbées par la catastrophe, lors de laquelle des détenus du Pénitencier national ont mis le feu à leurs unités, permettant à plus de 4200 prisonniers de s’enfuir.
Quelque 70 pour cent des prisonniers en Haïti n’ont jamais été formellement accusés, selon un rapport du département d’État américain publié en 2010. À cause de la corruption et de l’engorgement du système judiciaire, les détenus sont emprisonnés indéfiniment en attendant leur éventuel procès, et certains d’entre eux passent plus de temps en prison qu’ils ne l’auraient fait s’ils avaient été condamnés pour un crime.
Les prisonniers qui attendent un procès et un verdict sont confinés dans des cellules suffocantes infestées par les rats, où les maladies se propagent rapidement. Le choléra a tué des dizaines d’hommes au Pénitencier national au cours de la dernière année, selon le Dr John May, un médecin de la Floride qui livre des fournitures médicales à la prison depuis une dizaine d’années.
La surpopulation des prisons haïtiennes est si grave que des détenus couchent dans des hamacs sales suspendus au plafond, ou dorment sur le sol à tour de rôle.
«Les détenus les plus forts dorment toute la nuit. Les plus faibles, non», explique Riccardo Conti, chef de la délégation du CICR en Haïti.
De nombreux détenus sont accusés de délits mineurs qui, dans un système judiciaire efficace, n’auraient probablement pas mérité une peine de prison, selon Mario Leclerc, policier canadien et conseiller pénitentiaire auprès du Programme des Nations unies pour le développement.
«Tout le monde peut faire une erreur dans sa vie. Si vous êtres emprisonné pendant cinq ans parce vous avez volé une chèvre parce que vous aviez faim ou deviez nourrir votre famille, je ne crois pas que vous devriez rester en prison», estime M. Leclerc.
En 2008, la Cour interaméricaine des droits de l’homme avait ordonné à Haïti d’améliorer ses prisons «inhumaines» au niveau minimal des standards internationaux. Mais le séisme de janvier 2010 a suspendu les efforts en ce sens.
Des organisations internationales se sont remises à cette tâche environ six mois après le séisme. Alors que la reconstruction des maisons a été freinée par de nombreuses disputes liées à la propriété des terres, par les troubles électoraux et par l’absence d’un gouvernement efficace, les organisations internationales ont connu un certain succès dans leurs projets de rénovation des prisons.
Les résultats sont perceptibles au Pénitencier national, dont la plus grande aile est baptisée «Titanic», un nom dérivé de son immense tour de ciment. Le CICR a investi 260 000 $ dans cette aile pour repeindre les murs crasseux, fournir des lits sommaires aux prisonniers et installer des toilettes qui fonctionnent. Le CICR tente maintenant d’installer l’eau potable pour les détenus dans les autres ailes de la prison.
«Ce sont des avancées significatives», estime le Dr May.
Dans le nord-est de la capitale haïtienne, le gouvernement canadien et l’Organisation internationale pour les migrations ont déjà fini de construire un nouveau bâtiment pénitentiaire qui permettra d’abriter 750 détenus.
Les 96 nouvelles cellules de la prison, conçues pour loger huit détenus chacune, comportent deux fois plus d’espace que les cellules du Pénitencier national, qui sont conçues pour 12 détenus mais qui en logent parfois jusqu’à 80.
Les États-Unis ont promis plus de 30 millions $ pour former les agents correctionnels. Ils prévoient aussi construire une nouvelle prison pour femmes et rénover la prison pour femmes actuelle, située dans le quartier Carrefour.
Le Programme des Nations unies pour le développement a contribué à la formation des inspecteurs des prisons et a mis sur pied une base de données pour regrouper les informations importantes sur les détenus. Le Royaume-Uni a quant à lui rénové un centre de détention pour mineurs et un autre établissement pénitentiaire.
Mais pour les organisations de défense des droits de la personne, il reste encore beaucoup de travail à faire.
Selon Brian Concannon, avocat et directeur de l’Institut pour la justice et la démocratie en Haïti, les nouvelles prisons vont permettre de réduire la surpopulation carcérale, mais la vraie solution au problème exige de s’attaquer aux déficiences du système judiciaire.
Les taux de détention avant procès pourraient diminuer si les juges et les procureurs recevaient un salaire décent, ce qui les rendrait moins sensibles aux tentatives de corruption, estime M. Concannon.
Le nouveau président d’Haïti, Michel Martelly, a affirmé qu’il voulait reconstruire le système judiciaire, mais il n’a pas beaucoup avancé depuis qu’il a pris ses fonctions, en mai. Les parlementaires n’ont même pas encore approuvé le premier ministre qu’il a désigné.
Néanmoins, le Dr May voit des progrès. «Il y a encore un long chemin à faire, mais il y a beaucoup de choses pour lesquelles nous pouvons avoir de l’espoir.»

 

Caraïbes (Haïti) : Pour une réparation des dommages coloniaux

P-au-P, 21 juil. 2011 [AlterPresse] — Un comité, devant favoriser la réparation des pays victimes des pratiques coloniales, du XV e au XIX e siècles, a été institué au cours d’un symposium tenu à la Guadeloupe du 15 au 17 juillet 2011, apprend l’agence en ligne AlterPresse.

« Les responsables de ces crimes contre l’humanité, aujourd’hui reconnus, doivent être contraints à la réparation », exigent les organisateurs de l’activité.

Le comité formé se chargera de l’application des résolutions retenues, notamment la matérialisation d’une auto-réparation consistant particulièrement en le développement d’une « économie » qui soit propre au pays victime d’esclavage, de traite négrière, et du pillage colonial.

« Quelles stratégies de développement pour le monde noir, basées sur les réparations ? » est le thème autour duquel s’est déroulé ce colloque.

Une dizaine d’institutions et de personnalités, en particulier le professeur et économiste Fritz Deshommes, vice recteur à la recherche de l’Université d’État d’Haiti (Ueh), ont participé au symposium. [rh rc apr 21/07/2011 12:50]

 

Les avocats des conseillers électoraux contre-attaquent

Ils réclament la destitution du Chef du Parquet du Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, Sonel JEAN-FRANÇOIS pour abus d’autorité, excès et détournement de pouvoir au regard des articles 29 et 30 du Code d’Instruction Criminelle et 90 du Code Pénal.
Port-au-Prince, le 19 juillet 2011
Monsieur Rodolphe Joazile
Président du Sénat de la République
Et Honorables Membres du Bureau du Sénat
Parlement Haïtien.-
Réf.- La Commission d’enquête du Sénat sur les élections et les dérives commanditées du commissaire du gouvernement près le Tribunal civil de Port-au-Prince Me. Sonel JEAN-FRANÇOIS.
Monsieur le président du Sénat,
distingués et honorables sénateurs, membres du bureau,
La présente fait suite à l’entretien que nous avons eu avec vous, en votre Bureau, hier lundi 18 juillet 2011, et relatif aux agissements pour le moins étranges, tendancieux, arbitraires, illégaux et politiquement motivés du commissaire du gouvernement a.i. près le Tribunal de Première instance de Port-au-Prince Me. Sonel JEAN-FRANÇOIS, fonctionnaire relevant du Directeur général du Ministère de la Justice via le Directeur des Affaires Judiciaires qui semble dépendre, paraît-il, de la Commission d’enquête du Sénat formée « pour recueillir des informations sur des faits » entourant le processus électoral 2011, au point d’outre passer toutes les limites constitutionnelles, légales, administratives et morales attachées à sa fonction de « représentant de l’Exécutif dans le judiciaire national » pour décerner des mandats d’amener contre des conseillers électoraux – Hauts fonctionnaires de l’Etat qui ont, dans notre Protocole, rangs de Ministres, de Sénateurs et d’ambassadeurs de la République… Les manoeuvres qui émanent de ces tractations politiques à caractère judiciaire vous ont été racontées et expliquées avec force détails.
En effet, le Commissaire du gouvernement, à la demande de la Commission d’enquête du Sénat, par sa correspondance à lui adressée, a d’abord décidé de prendre des mesures d’intediction de départ contre le Directeur général du CEP et certains Conseillers Electoraux pour ensuite lever certaines et maintenir d’autres suivant la bonne volonté et/ou les bonnes relations de certains avec la Commission d’enquête. Par la suite, toujours à la demande de la Commission, agissant dans le cadre de l’enquête ouverte pour « association de malfaiteurs » et sur la base de la même correspondance de la Commission d’Enquête, le Chef du parquet – en service commandé – a tout simplement décerné des mandats d’amener contre ceux qui, respectueux de principes et des dispositions obligatoires de la Constitution (article 195) et de la loi électorale (article 233) ainsi que celles 29 et 30 du Code d’instruction criminelle, et 90 du Code Pénal, ont invité le Commissaire du Gouvernement à se conformer à la Constitution et à la loi…, alors que le Rapport de cette Commission n’est même pas encore sur Votre Bureau de Président qui aurait, à sa réception, convoqué l’Assemblée des sénateurs pour l’approuver, la modifier ou la rejeter. Ce qui dénote l’opération dangeureusement concoctée d’une fuite en avant et témoigne d’un malaise moral embarassant de règlements de comptes politiques, sous couverture d’action judiciaire comme paravent. C’est inacceptable!
Nous nous élevons contre de telles pratiques nocives de manipulations politiques qui sont, à nos yeux, beaucoup plus graves que les actes de corruption et de fraudes reprochés à certains acteurs impliqués dans la mécanique électorale : du Président du CEP aux électeurs, en passant par les Conseillers électoraux, le Directeur général, les responsables des BED, des BEC et des superviseurs et gardes électoraux de ce CEP mis en accusation par les vaincus/perdants des élections qu’il avait osé organiser et qui enquêtent contre le CEP, pour eux-mêmes les vaincus-perdants. Quelle affaire!
Il s’évidente, par les faits, que la Commission d’enquête du Sénat formée pour « recueillir des informations » sur les élections, (trop interessée), ne s’est pas montrée impartiale, n’a pas fait preuve de neutralité ni de respect dans la rigueur pour les gens honnêtes impliqués dans ce processus électoral, et qu’en règlements de comptes politiques, elle s’est discréditée et disqualifiée par une gestion menaçante des vulnérabilités du Commissaire du Gouvernement près le Tribunal de Première instance de Port-au-Prince nommé, paraît-il, à cette seule fin politicienne dangereuse et qui, lui, malheureusement, a commis les erreurs ci-après :
1. Le Commissaire du gouvernement n’a pas le droit de décerner des mandats ; ni lui, ni ses auxiliaires de la Justice de Paix, sauf une ordonnance qui doit être rédigée en Français et en KREYOL appelée mandat d’amener dans le cas de flagrant délit ; et dans ce cas, il y a un procès-verbal dressé qui contient les noms, prénoms, identités et comportant obligatoirement la signature du suspect à amener par comparution forcée devant lui. Il a donc violé les articles 27, 28, 29 et 30 du Code d’instruction criminelle. Or, ni le chef de la Police, ni le directeur de la DCPJ, et encore moins un officier ou agent de la Police Nationale d’Haïti, ne saurait cautionner cette grossière violation de la loi par le Commissaire du Gouvernement, en exécutant cet « ordre manifestement illégal ». Car la loi de 1995 créant la PNH et les Règlements intérieurs de cette institution armée de l’Etat prévoient très clairement que « la police ne peut ni ne doit exécuter un ordre manifestement illégal ». Et si, par excès de zèle, d’abus et de détournement de pouvoir, la PNH arrivait à exécuter cet ordre illégal, le Directeur général Mario ANDRESOL et ses proches collaborateurs deviendraient automatiquement complices de cet acte arbitraire ; ils en porteraient et assumeraient de gré ou de force, les responsabilités pénale, civile et administrative qui en découlent devant la loi ; et là, encore, conformément à l’article 27.1 de la Constitution, « la responsabilité s’étendra aussi à l’Etat ;
2. Le Commissaire du gouvernement n’a aucune autorité pour convoquer, auditionner, questionner, mettre en accusation, inculper, arrêter ou contraindre par corps, signer aucun ordre, aucun jugement ou ordonnance, signer un mandat quelconque contre un Haut fonctionnaire de l’Etat, sans l’autorisation préalable du chef de l’Etat (article 90 du Code Pénal) ;
Cet article 90 du Code Pénal punit de destitution tout magistrat ou Commissaire du gouvernement qui passerait outre à cette interdiction de la loi.
Pour avoir émis un mandat d’amener contre les Conseillers électoraux – Hauts fonctionnaires de l’Etat, recommandés par des secteurs vitaux de la Nation et nommés par Commissions du Président de la République, et qui ont rang protocolaire de ministres, sénateurs et ambassadeurs, Me. Sonel JEAN-FRANÇOIS est passible de destitution et de la perte de ses droits civils, politiques et de famille suivant les articles 18 et 19 du Code Pénal.
3. Les Conseillers électoraux, « en cas de faute grave commise dans l’exercice de leur fonction, relève de la Haute Cour de Justice » (article 195 de la Constitution) ;
Et la loi de septembre 2007 formant le Conseil Electoral de 2008 étend ces droits et privilèges aux membres du Conseil électoral provisoire actuels (article 233 de la loi électorale) ;
Aucun précédent, aucun accord, même volontaire du CEP lui-même, aucune déclaration ou consultation d’avocats, d’Hommes de loi, de juristes ou de défenseurs de droits improvisés et en transit politique, ne peuvent justifier de telles monstruosités juridiques! Voici un rapport d’une Commission du Sénat de la République qui est déjà dans la rue et qui pourtant n’est pas encore déposé au Bureau du Président pour être discuté en Assemblée de sénateurs! Et le Commissaire du Gouvernement agit par une correspondance de cette Commission du Sénat avant même ce Rapport! Quelle fuite en avant! N’est-ce pas le monde à l’envers!
D’ailleurs, on voit mal un Commissaire du Gouvernement qui tente d’accuser des Conseillers Electoraux qui ont organisé des élections de députés, de Sénateurs et du Président de la République, comme membres d’une association de malfaiteurs (?) Ne risque t-il pas d’y associer aussi les bénéficiaires desdites élections? N’est-ce pas une attaque indirecte contre tous les élus sortis vainqueurs de ces élections organisées par ces conseillers? Puisque aux yeux de la loi pénale le crime d »’association de malfaiteurs », punit des mêmes peines, les auteurs, les co-auteurs, les auteurs intellectuels, les complices et les bénficiaires de ce crime. Où veut aller Monsieur le Commissaire du gouvernement, manipulé et téléguidé à souhait, par cette fameuse  »Commission d’enquête du Sénat » aux pouvoirs illimités et étendus, à la fois législatif, exécutif et judiciaire? Et que cache vraiment ces invitations-accusations extrêmement graves commanditées par des membres intéressés de cette Commission d’enquête du Sénat juge et partie à la fois ?
Pour toutes ces raisons, il revient au Sénat de la République de prendre les mesures administratives et techniques que requèrent les circonstances et, sans qu’il devienne nécessaire que ce soit des « Experts étrangers » qui viendront trancher ce conflit à notre honte, il y a lieu de prendre les dispositions morales et légales nécessaire et utiles pour que le bureau du Sénat puisse faire corriger les erreurs commises (interdiction de départ – mandats d’amener) par Me. Sonel JEAN-FRANÇOIS lesquelles sont imputables aux travaux malheureusement mal dirigés de la Commission d’Enquête sur les élections en raison des intérêts partisans de ses membres juges et parties à la fois, au point d’être elle aussi frappée d’impartialité et de discrédit partisan .
Il y va de l’Honneur et de la respectabilité du Sénat de la République et du respect des attentes de la population.
Veuillez agréer, Monsieur le Président et membres du Bureau du Sénat, l’assurance respectueuse de nos salutations patriotiques.
(s) Me. Osner FEVRY (s) Me. Reynold GEORGES
– Avocat et celui constitué Ex-Sénateur et Constituant
de Ribel PIERRE, Conseiller Electoral Avocat et celui constitué
Représentant du Conseil National du Président du CEP
Des Partis Politiques Haïtiens Gaillot DORSINVIL,
au sein du CEP.- Conseiller Electoral.-
– Avocat et celui constitué
du Rév. Pasteur Raphaël LEONEL, Conseiller Electoral
Représentant du Secteur Protestant
Au sein du CEP,
par mandat et autorisation spéciale
de la Fédération Protestante d’Haïti (FPH).-
(s) Me. Durand R. JEANTY
Assistant directeur des Affaires Juridiques
du CEP
et Avocat constitué des Conseillers électoraux.-
DISPOSITIONS CONSTITUTIONNELLES ET LÉGALES À L’APPUI
DE LA DEMANDE DE DESTITUTION DU COMMISSAIRE DU GOUVERNEMENT
TITRE VI DE LA CONSTITUTION : DES INSTITUTIONS INDEPENDANTES
DU CONSEIL ELECTORAL
Article 195.- En cas de faute grave commise dans l’exercice de leur fonction, les Membres du Conseil Electoral Permanent sont passibles de la Haute Cour de Justice.

« LE MONITEUR » Spécial No. 6, Mercredi 24 septembre 2008
CHAPITRE XVIII
DISPOSITIONS TRANSITOIRES
Article 233.- Les dispositions de la présente Loi s’appliquent au Conseil Electoral nommé par arrêté présidentiel en date du 11 décembre 2007 jusqu’à la formation du Conseil Electoral Permanent suivant les prescrits de la Constitution.

CODE D’INSTRUCTION CRIMINELLE
Article 29.- Dans le cas de flagrant-délit, le Commissaire du Gouvernement fera saisir les prévenus présents, contre lesquels il existerait des indices graves, et, après les avoir interrogés, décernera contre eux le mandat de dépôt.- inst. Crim. 10, 31, 80, 83 et suiv.- C. pen. 7,8.
Si le prévenu n’est pas présent, le Commissaire du Gouvernement rendra une ordonnance à l’effet de le faire comparaitre : Cette ordonnance s’appelle mandat d’amener.- Inst. Crim. 35, 45, 77 et suiv. 87, 94, I88, 29I.
La dénonciation seule ne constitue pas une présomption suffisante pour décerner cette ordonnance contre un individu ayant domicile.- C. civ. 9I.- Inst. Crim. 20, 21.
Le Commissaire du Gouvernement interrogera sur le champ le prévenu amené devant lui, et, s’il y a lieu, décernera contre lui un mandat de dépôt.- Inst. crim. I63.

CODE PENAL
Article 90.- Seront punis de la destitution, tous officiers de police judiciaire, tous officiers du Ministère public, tous juges qui auront provoqué, donné ou signé un jugement, une ordonnance ou un mandat tendant à la poursuite personnelle ou accusation, soit d’un grand fonctionnaire, sans l’autorisation du Chef de l’Etat, soit d’un membre du Corps législatif, contre les dispositions de la Constitution, ou qui, hors les cas de flagrant délit ou de clameur publique, auront, sans ladite autorisation, ou contre lesdites dispositions, donné ou signé l’ordre ou le mandat de saisir ou d’arrêter un ou plusieurs grands fonctionnaires, ou membres du Corps législatif.

 

Carte blanche à Jean-Claude Boyer

Haïti: La corruption vue par Fernand Hibbert

Les indiscrétions, les révélations sont rarissimes, et quand un romancier de la trempe de Fernand Hibbert factualise le phénomène de la corruption, un mal de la société de son temps, c’est donc un témoignage de première main. Cent ans plus tard, le mal est endémique. Même romancé, le témoignage n’en est pas moins actuel.
En ce temps-là, les pots-de-vin, les dessous de table avaient un nom musical: calypsos. Mal endémique, le romancier s’est attardé à faire mesurer au lecteur son ampleur. Fernand Hibbert décrit les déboires de M. Démétrius Thazar, rude travailleur, honnête père de famille que le système de corruption devait acculer à la faillite professionnelle, et de là ses soucis familiaux. Dans «Les Thazar», Joseph Lamertume entreprend une démarche inopportune : demander la main de Cécile qui est promise, selon Mme Thazar, à un étranger pour le moment inconnu. On sait que le jeune, beau et talentueux Lionel Brion ne parviendra pas à faire fléchir Mme Valentine Thazar. M. Démétrius Thazar entreprend d’expliquer à Lamertume l’origine de ses déboires jusqu’à la perte de son autorité sur sa famille : un malencontreux contrat portant sur la gestion de l’eau dans son patelin. On lui fera voir de toutes les couleurs.
Pour une radiographie de ce travers dans la société de l’époque, pour décrire les mécanismes de la corruption, il n’y a pas plus compétent que M. Démétrius Thazar lui-même; pour cause : il en a été victime. Je devine que, dans la dénonciation de ce fléau social, M. Démétrius Thazar est le porte-voix de Fernand Hibbert.
Page 38 et 39, M. Thazar est desservi par l’angélisme qui guette la plupart des Haïtiens de bonne foi. Comment aurait-il pu imaginer la duplicité de ceux qui proclamaient le retour de la vertu ? Il s’apitoie de ce qu’il soit le seul exemple d’un homme ruiné par un contrat dans ce pays. La raison ? Parce qu’il l’a loyalement présenté aux pouvoirs exécutif et législatif, et qu’il l’à sincèrement exécuté. Il eut, en sus, la naïveté de croire dans les paroles patriotiques et humanitaires débitées pompeusement par de fieffés coquins. Il ne s’en est aperçu qu’au moment de présenter son contrat. Alors, ces messieurs lui firent comprendre qu’il ne parlait pas français. Il s’efforcera de s’exprimer le plus purement possible dans la langue de Pascal, de Bossuet et de Fénélon, mais, en vain ! il était de moins en moins compris. A la fin, le député Mangoussa lui fit comprendre que le parler français équivalait à de l’argent. Le malheureux commerçant dit vendre tous ses titres sur la caisse d’amortissement pour payer le rapport du comité des Travaux publics de la Chambre, présidé par Mangoussa. Fernand Hibbert continue de plus belle à rapporter les sollicitations pressantes auxquelles M. Démétrius Thazar dut répondre. En effet, il dut arroser d’autres députés, ce qu’Hibbert appelle d’autres sacrifices pour satisfaire la majorité au vote général. Sa maison ne désemplissait pas de visiteurs et, durant quatre mois, il n’est pas un mortel qui ne se soit adressé à lui autrement que pour lui soutirer de l’argent. Un cercle infernal !
Là ne s’arrêtent pas ses tracasseries. Hibbert expose que le contrat voté à la Chambre, M. Thazar crut toucher au port, mais voilà, le Sénat n’y voulut rien comprendre à son tour ! Au Sénat, il ne fut pas invité à parler français, la richesse du vocabulaire des corrompus donna naissance à un mot surprenant, inattendu et déroutant : «Agences!»
«C’est extraordinaire comme on se sert de métaphores expressives dans ce monde-là !», glisse délicieusement M. Thazar. Que fit le sollicité ? Il agença le Sénat, qui comprit immédiatement, rapporte Hibbert, les points les plus spéciaux du malheureux contrat, mais ne vota pas tout de suite ; il lui restait une dernière station à gravir, le suprême fond du calice à boire ! Latuile, Cambronne Latuile, ministre des Travaux publics, le tenait en échec devant le Grand Corps parce que le contrat lui semblait trop obscur. Obscur ! Un contrat de distribution d’eau ! Le couteau sur la gorge, il dut signer un bon de cinq mille dollars à Latuile, qui trouva aussitôt le contrat aveuglant de clarté ! Il obtient enfin le vote définitif, mais il était ruiné ou à peu près. «Et l’année suivante, la famille Poutret est venue m’achever !», lâche-t-il. Ah ! elle lui aura coûté cher l’expérience des hommes et des choses de son pays…
Tout est dit. Qu’ajouter d’autre ? Le mal est endémique, jusque de nos jours il sévit. Sur une plus grande échelle. Comment l’enrayer ? Et si on l’attaquait par un travail de pédagogie sociale en réhabilitant la vertu, en bannissant la compétition sociale qui pousse et avive le désir d’enrichissement rapide, en épousant la mesure en tout et que sais-je encore ! En tout cas, le réalisme de Fernand Hibbert fait que, sans fard, il dépeint une pratique détestable, je me suis laissé dire qu’en ce qui le concerne, il ne s’est pas tu sur un mal qui, un siècle plus tard, nous fait voiler la face !
Jean-Claude Boyer /
jc2boyer@yahoo.com

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