mercredi 17 août 2011

17 Août

 Haïti – Économie :

Bill Clinton annonce 20 millions de dollars pour les entreprises

17/08/2011 09:44:33

Haïti - Économie : Bill Clinton annonce 20 millions de dollars pour les entreprisesL’ex-Président américain Bill Clinton a lancé hier, un nouveau programme de prêts, doté de 20 millions de dollars, destiné aux entrepreneurs haïtiens en vue de relancer l’économie du pays…
Selon Bill Clinton, l’un des plus grands freins à la croissance de l’économie haïtienne est le manque de structures offrant des prêts à des conditions favorables aux petites entreprises. Il s’est dit « troublé » par les conditions de prêt proposées aux entreprises haïtiennes, même si elles disposent d’un dossier de crédit parfait…
Mr Clinton a annoncé que le premier prêt, de ce nouveau programme, sera accordé à Caribbean Crafts [située près de l’aéroport International], qui produit des objets d’artisanat destinés à l’exportation et dont l’atelier avait été détruit lors du séisme de 2010.
Caribbean Crafts, recevra un prêt d’un montant de 415,000 dollars américains et les intérêts seront reversés dans la caisse du programme pour soutenir des prêts aux autres entreprises, a expliqué M. Clinton, soulignant que ce prêt, permettra à l’entreprise d’embaucher 200 employés supplémentaires.
« L’espace que nous avons est si petit, que nous ne pouvons pas accueillir suffisamment de personnes pour poursuivre les commandes, » a déclaré Magalie Dresse, la propriétaire de Caribbean Craft, ajoutant que « sur le marché haïtien, le prêt le plus bas, nous aurions eu aurait été de 12 et 15%, en plus des frais… », ce prêt à 6,5% va « nous permettre de répondre à la demande que nous avons aujourd’hui »
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3562-haiti-economie-2-millions-de-dollars-pour-les-petites-entreprises-en-croissance.html
http://www.haitilibre.com/article-3501-haiti-economie-850-000-dollars-d-aide-pour-les-femmes-micro-entrepreneurs.html
S/ HaïtiLibre

 

Editorial

100 premiers jours « ni roses ni blancs » !

Publié le mercredi 17 août 2011

Le 14 août 2011 a marqué le 3ème mois de la prestation de serment du 56ème président haïtien, Michel Joseph Martelly.

Il s’agit des « 100 premiers jours » du chef de l’État. Ordinairement, les 100 jours d’un gouvernement offrent l’occasion de faire des bilans dans les « grandes démocraties ». On réalise alors dans quelle direction s’oriente la barque gouvernementale. Les commentaires et réactions vont généralement dans le sens des retouches à apporter ici ou des renforcements à effectuer là.

Par le fait qu’une telle période suffit à évaluer l’action gouvernementale, les 100 premiers jours marquent aussi la fin de la traditionnelle « période de grâce ». Les acrimonies refont alors surface. L’opposition définit ses quartiers. La presse se montre moins complaisante. La société civile organisée, les syndicats et les organisations de base, font monter d’un cran, ou même de plusieurs, leur potentiel revendicatif.

On est vraiment très loin d’un tel schéma dans l’Haïti « rose et blanc » de l’an de grâce 2011. Parce que, c’est encore l’expectative un peu partout. Le sentiment est largement partagé qu’on tourne en rond et que la machine a du mal à démarrer. Autant le pouvoir paraît s’évaporer, autant les secteurs politiques paraissent déliquescents. La société civile organisée tonitruante autrefois, se tait. Haïti est devenu un bateau désorienté dans la mer des Caraïbes. Vers quelles rives dérivons-nous ?

Oser parler du bilan des trois mois du chef de l’Etat, c’est courir le risque de se faire « identifier » par les « amis » du président comme l’a piteusement fait l’un d’entre eux il y a une semaine, à la télévision d’État. Mais, comme le pays n’appartient pas qu’à ces derniers et que la triste situation dans laquelle nous nous trouvons risque d’empirer, il faut bien prendre le risque de parler. Il ne faut surtout pas se laisser intimider par les rumeurs relatives à la reconstitution d’une puissante police secrète par des gens des anciens régimes, qui s’y connaissent certainement. Ce n’est pas forcément vrai. Cependant, les tentations de s’imposer et de régner en maître et seigneur, du côté tant du chef de l’État que de ses « amis », risquent bien de les amener à ces sentiers battus. Comme les mêmes causes produisent les mêmes effets, on n’a alors pas besoin d’être grand clerc pour prédire l’avenir, au cas où seraient de nouveau empruntées des voies aussi périlleuses.

Les trois premiers mois sont caractérisés par l’absence visible de réalisations. Ce serait vraiment forcer la note ou même défier « tèt kaleman » l’intelligence d’oser prétendre qu’ils sont « roses ».

Le pouvoir peut toujours revendiquer la constitution du Fond National de l’Education (FNE) à partir des prélèvements opérés sur les appels téléphoniques et les transferts ; le lancement à tour de bras des semaines thématiques : semaines de la reconstruction, du tourisme et de la technologie ; (la dernière en date, au-delà des trois mois, c’était hier, la semaine de la gouvernance) ; il faut également mettre à l’actif de l’Exécutif la proposition au Sénat de la liste des noms des membres des conseils d’administration de la BRH et de la BNC.

Et après ? « Anyen », répondrait Pyram dans Pèlen Tèt » de Frankétienne.

Ce qu’il convient vraiment de retenir, pendant ces 3 mois, se résume à quelques inquiétants constats : une hyperactivité du chef de l’État qui laisse croire à la continuation de la campagne électorale ; un président qui ne consacre pas suffisamment de temps à l’étude et à l’analyse des dossiers ; des discours « improvisés » dénotant un manque flagrant de compréhension et de maîtrise des problématiques (dans l’entourage du chef l’on doit bien souvent retenir son souffle à chaque prise de parole, par peur qu’il ne lance de nouveaux pavés dans la marre) ; une incapacité manifeste à adopter des mesures d’État relevant strictement des prérogatives présidentielles, dans l’attente de l’installation d’un nouveau gouvernement ; une distance marquée par rapport aux différents secteurs de la société qui ne sont pas consultés en ce qui concerne les orientations à adopter ; l’absence d’une politique parlementaire et d’une réelle volonté de dialogue et de compromis qui eurent pu éviter les échecs successifs dans le choix du premier ministre.

Par le refus d’appliquer une telle politique, le chef de l’Etat ne semble pas trop préoccupé (comme l’ont déjà fait remarquer plus d’uns) par la nécessité d’élargir sa base sociale et populaire, ayant été tout de même élu par un électorat relativement faible lors d’un scrutin assez problématique.

La tentation est forte à la tête de l’Exécutif de vouloir en faire à sa guise, d’évoluer en dehors du système défini dans la constitution et du cadre établi par les lois. On en veut pour preuve les prélèvements sur les appels téléphoniques et les transferts que la présidence refuse de présenter comme des taxes, mais pour lesquels, malheureusement, la nomenclature économique n’a d’autre dénomination. Alors là, il fallait encore composer avec le parlement. On ose croire que celui-ci ne prendrait pas le risque de sombrer dans l’impopularité en faisant obstruction à des taxes qui iraient droit vers l’éducation gratuite. Députés et sénateurs prendraient peut-être « tèt kale » le train du succès politique.

L’on réalise alors que, soit le président n’a pas d’équipe, soit que son équipe est incompétente ou qu’elle craint d’affronter le caractère réputé très explosif du « chef ». Le moins qu’on puisse dire à ce propos est qu’on est conseiller ou qu’on ne l’est pas. Il faut savoir avancer et défendre ses points de vue et, au demeurant, se retirer quand on n’est pas pris en considération. Car, il s’agit bien d’un pays et non de la république des petits copains. Il s’agit encore moins d’un « orchestre » dans lequel, comme dans le jazz, le soliste virtuose peut, solennellement, exploser et donner, même momentanément, l’impression que les autres musiciens ont cessé d’exister.

Si le pouvoir ne réalise pas la gravité de la situation, il fera face tôt ou tard à la contestation populaire. Car, les besoins sont immenses et urgents. Les fuites en avant, consistant à jouer la carte traditionnelle de la paranoïa et à voir des ennemis partout jusqu’à les persécuter, ne conduira pas au succès. On s’attend à ce que, pour se voiler la face, des boucs émissaires seront recherchés dans divers secteurs : dans les milieux politiques, des dirigeants et des ex-chefs d’Etat peuvent être ciblés ; dans la presse, des médias et des journalistes seront « identifiés » comme l’a récemment fait un proche du chef de l’Etat ; la communauté internationale pourra aussi être l’objet de maints reproches. Et, ces accusations conduiront inévitablement à des actions s’inscrivant dans la triste tradition des régimes autoritaires haïtiens.

Que l’on ne s’y méprenne pas : le peuple haïtien a soupé de ces recettes et ne se laissera pas utiliser dans de folles et sordides entreprises. Certes, on a toujours vu des sbires. Et, ils doivent encore être légion ces hommes de sac et de corde, ces hommes de main utilisés par tous les régimes. Ils sont peut être déjà prêts à livrer l’assaut contre la presse, contre les secteurs politiques et le parlement accusé déjà d’exercer la dictature. Cependant, il ne faut jamais oublier que les mêmes causes produisent les mêmes effets et que les systèmes répressifs ont fait leur temps que ce soit en Haïti, ou ailleurs. Les régimes autoritaires de Tunisie et d’Egypte viennent d’en faire l’expérience. En Syrie, la dictature s’enfonce désespérément dans les crimes contre l’humanité. Bachar Al Assad devra tôt ou tard se présenter par-devant le tribunal de l’Histoire ; Khadaffi est dans un bourbier en Libye. Pour ne citer que ceux-là.

La voie pour Haïti est irrémédiablement dans la recherche commune d’une solution à nos problèmes. Cela implique : une claire volonté de dialogue de la part de tous ; l’engagement sincère à conclure des accords pour la résolution des problèmes fondamentaux du pays ; l’élaboration d’un plan qui porterait sur plusieurs années et par rapport auquel toutes les forces vives du pays seraient contraintes de s’engager ; la volonté commune d’évoluer dans le cadre défini par la Constitution et les lois.

Le caudillisme, ainsi que l’amateurisme arrogant et suffisant n’apporteront pas le salut à un pays exsangue comme le nôtre. Qu’aucun pasteur ou prêtre ou prélat, qu’aucun président, qu’aucun conseiller de la présidence, qu’aucun acteur étranger motivé par des projets de tutelle ne nous le propose ou nous l’impose. Pour Haïti, aujourd’hui plus que jamais, l’option c’est la démocratie, la vraie. Hors la démocratie, point de salut !

Marvel DANDIN

 

La chambre basse serait prête à ratifier le prochain premier ministre

imageDes parlementaires se sont mis d’accord pour élaborer conjointement avec l’exécutif un pacte de gouvernabilité, avant la désignation d’un premier ministre. C’est ce qu’a annoncé le président du GPR, Jean Tolbert Alexis.
Selon le président du groupe de parlementaires du renouveau (GPR), Jean Tolbert Alexis, les protagonistes décident de décréter la permanence en vue de finaliser le document.
Intervenant à la rubrique le point de Métropole le député Jean Tolbert Alexis a indiqué que le contexte a changé et il est prêt à accorder son vote au nouveau premier ministre qui sera désigné par le président Martelly.
Dun autre coté le parlement a fait remarquer que le président Martelly peut miser d’ores et déjà sur une majorité au parlement.
Des parlementaires seraient déjà disposés à ratifier le prochain premier ministre que le président Martelly aura à choisir.
Toutefois l’élu de la Croix des Bouquets a affirmé que les consultations n’ont pas encore débuté entre l’exécutif et le parlement dans le cadre de la désignation d’un nouveau chef de gouvernement.

EJ/Radio Métropole Haïti

 

Martelly présente ses ministres de la justice et de l’éducation

S’accaparant le rôle de Premier ministre, le chef de l’Etat confirme l’attribution de ces deux portefeuilles à MM. Josué Pierre-Louis et Georges Mérisier ; le CSPJ sera enfin une réalité, début octobre, promet le Président

Publié le mardi 16 août 2011

Sans attendre la ratification de son Premier ministre dont la désignation n’est même pas encore effective, le Président Michel Martelly a pratiquement commencé à esquisser mardi le profil du futur gouvernement en avançant les noms de Josué Pierre-Louis et de Georges Mérisier pour occuper respectivement les portefeuilles de la justice et de l’éducation nationale. A l’occasion du lancement de la semaine de la gouvernance au siège de l’Ecole de la magistrature (EMA) et à la Cour de cassation, le chef de l’Etat se trouvait en compagnie de Me Pierre-Louis qui, dit-il, sera le prochain ministre de la justice et de la sécurité publique.

Avec à ses côtés l’actuel chargé de mission à ce ministère, M. Martelly a insisté sur la nécessité d’instaurer en Haïti une nouvelle forme de gouvernance fondée sur l’indépendance de la justice en annonçant que les membres du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) prendront leur fonction officiellement début octobre, lors de la rentrée des tribunaux.

Parlant de son sujet de prédilection, la scolarisation gratuite qui devrait être effective pour près de 150.000 nouveaux élèves dès l’ouverture de l’année académique, dans quelques semaines, le Président de la république a invité les journalistes à consulter son prochain ministre de l’éducation nationale, Georges Mérisier.

Après une première annonce en ce sens, Michel Martelly a laissé entrevoir un probable report de la date initialement retenue pour la reprise activités scolaires, soit le 5 septembre.

Mardi, le dirigeant haïtien, parvenu à ses 100 premiers jours de pouvoir sans être capable de mettre en place un nouveau gouvernement, s’est livré à son deuxième exercice public de présentation des membres du cabinet ministériel.

Il y a, plusieurs semaines, il avait déjà fait fi de la tradition et des procédures constitutionnelles en attribuant les ministères des affaires étrangères et des finances respectivement à ses conseillers Daniel Supplice et Wilson Laleau. spp/radio Kiskeya

 

Martelly prévient que la subvention scolaire ne s’étend pas à toutes les écoles

imageLe programme de subvention scolaire du président Martelly touchera plus de 146 000 enfants vulnérables au cours de cette année académique. Ce programme, qui suscite un grand intérêt chez des parents confrontés à des frais scolaires faramineux, ne pourra pas être mis en œuvre dans tous les établissements privés. De nombreux parents interrogés par radio Métropole sont dans l’attente de la réalisation de ce programme alors que d’autres doutent de sa faisabilité.
Le chef d’Etat haïtien est formel le programme de subvention s’adressera principalement aux couches les plus vulnérables notamment dans les régions reculées du pays. Dans les quartiers populeux et les bidonvilles plusieurs établissements scolaires accueilleront des élèves gratuitement.
Il s’agit d’enfants déjà inscrits dans le programme, précise M. Martelly. Parmi ces enfants certains n’avaient jamais fréquenté une école explique le président qui concède qu’autres étaient déjà intégrés dans le système scolaire.
Le programme touchera 9 départements au cours de cette année scolaire 2011 – 2012. Les autres établissements scolaires non impliqués dans le programme continueront à percevoir leurs frais scolaires comme d’habitude. Le président Martelly demande aux medias de faire passer le message pour éviter toute confusion.
A ce stade rien n’est encore prévu pour les autres parents. Plusieurs syndicats d’enseignants et d’associations de parents réclament la publication de la loi réglementant les frais scolaires. Les dirigeants de ces associations font valoir que ceci permettra d’améliorer l’accès a l’éducation pour des enfants vulnérables.
LLM / radio Métropole Haïti

 

Haïti – Politique :

Une nouvelle gouvernance est incontournable en Haïti

17/08/2011 09:08:27

Haïti - Politique : Une nouvelle gouvernance est incontournable en HaïtiÀ l’occasion de sa visite hier à l’École Nationale de la Magistrature (EMA) le Chef de l’État s’est expliqué sur ce qu’il entendait par une nouvelle gouvernance :
«… je voudrais réaffirmer qu’une nouvelle gouvernance est incontournable en Haïti. Au cœur de mes priorités, […] figure l’établissement d’un système judiciaire plus juste, équitable et au service des citoyens. Je ne cesserai de répéter que l’État haïtien est au service des citoyens, et s’il ne l’est pas, il doit être au service des citoyens. La reconstruction et l’amélioration du cadre de fonctionnement des tribunaux ne concerne pas seulement les infrastructures physiques à mettre en place, elle doit être pour nous, l’opportunité de renforcer les capacité des ressources humaines disponibles au sein du ministère de la justice et des tribunaux […]
je peux dire que pratiquement, c’est un pouvoir dysfonctionnel, parce que sur 12 juges, nous en avons seulement 6 en fonctions et lorsque vous regardez le local là où ils travaillent… vous vous demander si c’est vrai […] Nous sommes supposé avoir un palais de justice… qui n’existe pas… [le palais de justice a été détruit lors du séisme de janvier 2010], il est important de remettre le palais sur pied, pour permettre au pouvoir judiciaire de jouer son rôle, parce que dans un pays où la justice ne peut pas jouer son rôle, c’est un pays qui est livré à lui-même, donc en ce sens, nous avons fait cette visite ce lundi, premièrement pour rassurer ce pouvoir tel qu’il est aujourd’hui et lui faire savoir que nous avons les yeux sur lui. Nous allons travailler avec lui, d’ailleurs nous allons lancer le signal de la reconstruction du centre ville sous peu. Peut être que nous attendons la mise en place du gouvernement, mais nous devons commencer la construction du palais de justice […] En Haïti, ce pouvoir a toujours été comme un pouvoir de seconde classe, je crois que la justice que nous voulons, commencera lorsque nous donnerons au pouvoir judiciaire, le respect et la valeur qu’il mérite…»
Le Président Martelly en a profité pour annoncer que le portefeuille de la Justice dans son prochain Gouvernement, pourrait revenir à Me Pierre-Louis, qui était présent aux côtés du Chef de l’État, lors de cette visite.
Revenant sur la notion de bonne Gouvernance, le même jour, au cours d’une visite, à la Direction Générale des Impôts (DGI) le Chef de l’État a tenu à préciser : «… lorsque je dis bonne gouvernance, je veux parler de transparence au niveau des comptes de la Nation, tout le monde doit savoir ce qui est fait avec l’argent de l’État et il faut que l’argent de l’État soit au service de la population. Il faut qu’il soit là pour la population, pour renforcer l’État et mener à bien le développement dans le pays. La bonne gouvernance veut dire également une bonne gestion des finances publiques, une bonne gestion des finances publiques à l’intérieur même des institutions […] Pour délivrer notre rêve à la population, il faut que l’argent soit bien gérer, donc nous sommes obligé de nous informer de la situation financière de la DGI et de l’Administration Général des Douanes, ce sont ces deux entités qui apportent l’argent à l’État […]
Nous allons encourager tous les opérateurs économiques, tous les propriétaires d’entreprises, tous les contribuables en général à payer leurs taxes normalement… »
HL/ HaïtiLibre

 

Lettre du sénateur Steven Benoît au président du Sénat

Le sénateur Steven Benoît

Port-au-Prince, le 9 août 2011
Honorable Rodolphe JOAZIL
Sénateur de la République
Président de la Chambre du Sénat de la République d’Haïti
En ses bureaux
Monsieur le Président,
Je m’apprêtais à vous contacter lorsque j’ai reçu un texte abordant les mêmes sujets qui me préoccupent. Je me suis donc ravisé et j’ai plutôt décidé de vous adresser la présente.
Au cours de ces dernières semaines, en effet, j’ai dû en maintes fois aborder diverses questions concernant la vie parlementaire durant mes rencontres avec des journalistes. Je vous écris aujourd’hui dans le but de consigner ma position, tout en vous demandant de bien vouloir utiliser votre autorité, votre expérience et votre sagesse pour prendre les mesures adéquates.
Je voudrais commencer par la question cruciale de l’absentéisme au Sénat de la République. Elle constitue une insulte à la confiance placée en nous par nos mandants et il est urgent que nous trouvions un point d’entente à ce sujet. En ce sens, la publication hebdomadaire d’un tableau des présences aux séances du Sénat serait un bon début vers la normalisation des activités à la Chambre haute. Et, dans le même ordre d’idées, l’introduction du vote électronique me paraît une option indispensable à
la bonne marche de l’assemblée et à la transparence que nous devons à nos électeurs.
Il en est de même du cadre de travail général, où l’absence d’espace individuel constitue un handicap majeur au travail du Sénateur. Le bâtiment transitoire actuellement en construction ne prévoit rien de la sorte et je vois difficilement nos collègues dans cet environnement qui ne semble adapté qu’au travail en assemblée.
Le Parlement haïtien risque de perdre toute crédibilité si nous ne prenons pas en compte tous ces faits. Nous devons refléter les aspirations de ceux qui nous ont chargés de les représenter. Aujourd’hui qu’attendent-ils de nous? Sommes-nous, à leurs yeux, à la hauteur de notre tâche? Nous devrions nous consulter et nous interroger plus souvent à ce sujet.
En deuxième lieu, je vous saurais gré d’envisager une séance spéciale sur la version finale de la constitution amendée à publier au journal officiel de la République. Pour mettre fin au flou persistant et travailler avec l’Exécutif à sortir de l’impasse actuelle, je proposerais de nous réunir pour visionner ensemble la bande vidéo de la séance du vote de cette constitution amendée. Cette séance spéciale serait aussi retransmise en direct et tous ceux qui le veulent et qui le peuvent la suivraient et observeraient notre travail. La finalisation de ce dossier d’amendement est si importante, qu’elle serait la moindre des choses à offrir à nos mandants, une fois de plus, par respect pour eux.
Pendant que nous y sommes, pour quoi ne pas mettre en place une commission qui travaillerait avec les différents concernés de notre société à préparer les lois d’application des articles de la constitution. Ceci pour éviter tout malentendu entre esprit et texte de la loi mère, une fois pour toute!
La préoccupation dominante, qui occulte presque toutes les autres, touche au choix du nouveau Premier Ministre. Monsieur le Président, notre régime démocratique est de facture récente et de ce fait très vulnérable et très fragile. Bientôt nous serons à notre troisième tentative de ratification d’un Premier Ministre et déjà des voix s’élèvent au Parlement pour dire que X n’aura aucune chance … Je sais que les enjeux sont hautement politiques dans la ratification du choix d’un Premier ministre, cependant, comme le répète une bonne partie de notre opinion publique, notre constitution donne aussi au Parlement le pouvoir de censurer un gouvernement qui s’aviserait de s’écarter de la politique générale qu’Il aurait approuvée.
De ce fait, je vous suggérerais de mettre tout votre poids dans la balance pour obtenir que les différents groupes au Parlement, ensemble avec le Président de la République, se mettent d’accord pour régler cette épineuse question. Je me permets de vous rappeler que non résolution de ce problème est la source de l’insécurité qui commence à prendre des proportions très préoccupantes, sans parler des problèmes liés à la saison cyclonique en cours et à la prochaine réouverture des classes.
Maintenant, venons-en à la question du CEP. Cette institution est au plus bas de son histoire et pratiquement caduque suite au départ du pays des Conseillers Léonel Raphaël, Guerrier Anténor et Jacques Belzin. Par ailleurs, le président Gaillot Dorsainvil et les conseillers Ribel Pierre et Ginette Chérubin sont absents ou démissionnaire, sans parler du décès du conseiller Enel Désir. Nous en sommes donc réduits à un CEP privé, de manière fonctionnelle, de 7 de ses 9 membres. Comment prévoyons-nous l’organisation des élections devant permettre le renouvellement du tiers du Sénat et des collectivités en octobre ou novembre 2011? Nous aurons à statuer sur la proposition d’amendement de la loi électorale sous l’égide de laquelle se dérouleront justement ces importantes élections. Il est de notre devoir d’aller au-devant de toutes difficultés éventuelles à ce niveau.
Un autre sujet d’importance est la loi sur les partis politiques. Nous ne saurions aborder le cas du CEP et celui des prochaines élections sans évoquer la question du statut des partis politiques. Une loi sur les partis politiques est en débat au Sénat depuis septembre 2009, dont le vote s’était arrêté à l’article 32. Repris cette année
depuis plus d’un mois, le vote a été de nouveau suspendu et est ainsi bloqué depuis plus d’un mois (séance suspendue depuis plus d’un mois, non reprise jusqu’à ce jour). Terminons le vote et mettons fin au désordre des partis politiques à louer ou à vendre, travaillons à implanter solidement la démocratie en Haïti.
Finalement, n’est-il pas temps de publier le rapport de la Commission d’enquête présidée par l’honorable Sénateur Beauzile sur les falsifications relevées dans le texte de l’amendement supposément voté par l’Assemblée nationale et publié au Moniteur? La même question vaut pour le rapport de la Commission d’enquête de l’Honorable Sénateur Latortue sur les deux tours des élections si controversées de 2011. J’espère que les deux textes seront disponibles sous peu et que l’opinion
publique haïtienne pourra profiter du fruit des travaux desdites commissions sénatoriales.
Monsieur le Président, je sais combien vous et bon nombre de nos collègues partagez toutes ces préoccupations que je viens de vous rappeler. Je compte donc sur votre appui et sur votre compréhension. Je vous remercie de votre attention et je vous renouvelle l’assurance de ma très haute considération et de ma plus parfaite collaboration, pour le plus grand bien de notre chère patrie.
Steven I. BENOIT
Président de la Commission
Anticorruption et droits humains

 

Regard (Chronique hebdo)

Haïti-Religion : Sortir du « moyen-âge » !

mercredi 17 août 2011

Par Roody Edmé * / Spécial pour AlterPresse

Un vent de fanatisme religieux a semblé souffler sur le pays ces derniers jours.

Il faut rappeler que, par le passé, la communauté vaudou a souffert, de manière sporadique mais violente, de ces poussées d’intolérance.

Le saccage de la cathédrale du Cap-Haïtien, à cause du « prestige » dont jouit le catholicisme romain au sein de nos élites, a donné froid dans le dos à plus d’un, est venu attirer l’attention de tous sur un fait de société qui, telle une méduse, nous guette à chaque carrefour « danjere » de notre Histoire tumultueuse.

Depuis quelque temps, que nous parlons de crise des valeurs, il est venu le moment d’une réaction à la hauteur de cette chute apparemment insondable. Il est venu le temps de l’état d’urgence « civique ».

Une réaction saine de la société et de l’Etat, en vue de renouer avec nos fondamentaux culturels, et cultiver les valeurs universelles de tolérance et du vivre ensemble.

Mais qui prendra la tête de cette « croisade » pour la bonne cause ? Un point de départ imminent à la question tant rabâchée de la refondation ?

Pour que l’être haïtien puisse se refonder, il faut le préserver du néant de l’individualisme forcené, de l’intolérance rampante et de l’égoïsme vulgaire du « gate manje ».

Une question qui est venue hanter mon esprit encore plus, avec la disparition du penseur Haïtien de l’éthique et de la solidarité que fut Jean-Claude Bajeux.

Chaque fois que nous mettons en terre une de ces « Femmes debout à la barre, debout sous les étoiles » ou un de ces « Hommes debout à la barre, debout sous les étoiles », pour reprendre Yanick Lahens, il faut veiller à ce que le grain ne meure. Ce grain, que notre terre a besoin de faire fructifier pour offrir un espace de vie conviviale à ces millions de citoyennes et citoyens de fait, qui attendent de l’être dans toute l’acception du terme.

Il existe, chez nous, un fossé intergénérationnel à combler progressivement.

La pensée haïtienne, de Anténor Firmin à Jean-Price Mars, de Jacques Roumain à Jean-Claude Bajeux, en passant par Laennec Hurbon, n’est connue que d’une poignée de privilégiés.

Une démarche pédagogique novatrice, à côté de la gratuité de l’école républicaine, serait d’ouvrir largement les portes et fenêtres de nos écoles et universités pour faire entrer les penseuses et penseurs haïtiens vivants ou disparus, d’ici ou de notre riche diaspora.

Aucun pays ne peut penser son développement avec un simple racolage de slogans politiques, ou avec des conflits personnels, déguisés, pour les besoins de la cause, en enjeux nationaux.

Il est venu le temps d’ouvrir les colonnes de nos journaux et les micros de nos radios aux questions essentielles, et de ne pas réduire nos aspirations profondes de peuple à la « gaguère » politicienne de ses représentants.

A certains de nos politiques, qui portent cette lourde responsabilité de veiller sur la paix dans la Cité. A celles-là et ceux-là dont, précisément, le livre de chevet semble être « le Prince de Machiavel ».

Il faudrait, modestement, rappeler que celui-ci n’expose pas essentiellement une théorie politique « machiavélique », selon laquelle il faut tout sacrifier à la réussite par tous les moyens. Il contient aussi l’idée que l’histoire des femmes et des hommes n’est pas pure fatalité et qu’à certaines conditions, de grandes femmes et de grands hommes parviennent à construire des formes politiques qui sont nécessaires pour vivre, non comme des brutes, mais en paix.

Un grand mouvement civique, en rupture avec le poids de l’histoire, nourri par la pensée visionnaire de certaines de nos intellectuelles et de certains de nos intellectuels « organiques », enraciné dans nos écoles et universités, donnerait cette impulsion nécessaire au démarrage tant souhaité, mais toujours raté.

Pour transformer un État moribond, et avoir enfin des partis politiques dignes de ce nom, il faut une masse critique du changement, qui soit populaire et démocratique, éclairée et progressiste, qui divorcerait avec la politique du chien crevé au fil de l’eau et de « démocratie du lendemain ».

Sur le plan religieux, il se dessine une initiative grosse d’espérance, celle du haut conseil des religieux pour la paix, regroupant toutes les confessions religieuses : vaudou, catholique, protestante, musulmane. Dans une condamnation unanime des incidents du Cap-Haïtien, mais aussi pour une campagne massive de citoyenneté responsable.

Avec cette initiative, Haïti est en avance dans un monde trop souvent déchiré par de puissants malentendus religieux. C’est un fait de civilisation à ne pas prendre à la légère, à soutenir pour qu’elle ne se perde pas dans le feu d’artifice des initiatives sans suite.

Ce qui existe aujourd’hui, c’est un État virtuel, des regroupements politiques spontanés, des élites balkanisées, quelques chapelles politiques qui résistent à toute idée de mouvement organisé. Les lieux de savoirs, censés produire les lumières, sont eux-mêmes assiégés par les travers qu’ils sont censés combattre.

Des initiatives comme celles mentionnées plus haut, si elles dépassent les feux de la rampe de la simple conférence de presse, peuvent devenir un puissant mouvement fédérateur, en écho avec les pulsions revendicatrices de notre peuple qui, comme des coups de bélier, tambourinent aux portes de l’Histoire de ce nouveau siècle.

* Éducateur, éditorialiste

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