dimanche 28 août 2011

28 Août

Haïti – Politique :

Texte intégral de la déclaration du G16

28/08/2011 08:27:45

Haïti - Politique : Texte intégral de la déclaration du G16Le Groupe de Sénateurs majoritaires, appelé communément G16 (1), a présenté vendredi un plan, sous forme d’une déclaration, visant a restaurer dans un premier temps son image et suivant ses propos « arrêter, une fois pour toutes, les spéculations concernant les vrais motifs de son action et de sa position, le G-16 déclare publiquement à l’intention des Partis politiques, des regroupements politiques, de la société civile élargie, de la Communauté internationale, et en particulier des Amis d’Haïti, que la majorité qu’il regroupe au Sénat de la République ne constitue point une majorité de blocage ».
Deuxième objectif probable de ce « plan », qui reprend à son compte des éléments de la campagne présidentielle, des déclarations antérieures de la Société Civile et autres acteurs politiques ainsi que la plupart des promesses et engagements du Président de la République, depuis ces 100 derniers jours, c’est de pouvoir affirmer, après la déclaration de Politique Général du futur Premier Ministre, que la politique du Gouvernement, correspond « en tout point » a ce qu’a proposé le G16 dans cette déclaration.
Nous ne doutons pas que le G16 tentera d’en tirer le bénéfice, en s’en appropriant « la paternité… ». En résumé, le G16 se veut : constructif, positif, inclusif, ouvert, conscient, responsable etc…. préoccupé par les intérêts de la population… Celle dernière se laissera t-elle séduire par « ce chant des sirènes…» ? Rien n’est moins sûr…
Le Sénat
Groupe des 16 (G16)
DECLARATION
La conjoncture actuelle mérite, exige même, d’être étudiée et abordée avec lucidité et un sens élevé de l’Etat et du bien commun. L’homme d’Etat doit bien se pénétrer des contraintes et des défis du moment afin de résoudre au mieux de l’intérêt national l’équation politique et de lancer la machine de l’Etat qui s’enlise dans des débats jusque-là vains et infructueux.
L’équation est pourtant claire et sans inconnue : le Président de la République est élu avec une majorité d’électeurs confortable, mais ne dispose pas d’une majorité parlementaire. Il est donc impérieux d’ouvrir le dialogue entre l’Exécutif et le Législatif en vue d’installer un Premier Ministre qui s’appuie sur une majorité fonctionnelle qu’il se doit de forger en vue d’assurer la stabilité et l’efficacité de son gouvernement.
Deux (2) tentatives de faire ratifier un Premier Ministre ont échoué. Et il est clair que le pays et le peuple peuvent difficilement s’accommoder d’un troisième échec. Il est puéril d’imputer à l’un ou l’autre des opérateurs politiques la responsabilité de cet état de choses. La politique du bouc émissaire ne fait que retarder, pour l’un comme pour l’autre, la concrétisation des promesses électorales, en général si flamboyantes et si bien accueillies.
Il ne serait pas convenable de lancer pour le moment un ou plusieurs noms de candidat à la primature, sans un effort préalable d’aplanir les sentiers et d’ouvrir les voies du succès. Une volonté sincère d’installer un gouvernement devrait pousser les protagonistes à s’asseoir paisiblement pour un dialogue positif et concluant.
Cette forme expéditive et vouée à l’échec devrait être écartée in limine litis, pour permettre des POURPARLERS IMMEDIATS ET SERIEUX POUR L’INSTALLATION D’UN GOUVERNEMENT FONCTIONNEL ET DURABLE.
Le G-16 est plus que jamais conscient des urgences et des priorités nationales du moment. Avec des indices socio-économiques en rouge, avec un budget national supporté aux deux tiers par la Communauté internationale, avec des cris d’alarme de la FAO dénonçant les avancées de la famine dans certaines parties du pays, avec des enfants en âge d’être scolarisés et qui ne le seront point encore cette année, avec des concitoyens et citoyennes croupissant dans l’insalubrité des camps de fortune, ce groupe parlementaire estime devoir de s’apprêter à tous moments à rencontrer le Président de la République, en vue d’échanges, d’entretiens et de négociations devant mener à la désignation et à la ratification d’un premier Ministre compétent et intègre. Dans son souci d’arrêter – une fois pour toutes – les spéculations concernant les vrais motifs de son action et de sa position, le G-16 déclare publiquement à l’ intention des Partis politiques, des regroupements politiques, de la société civile élargie, de la Communauté internationale, et en particulier des Amis d’Haïti, que la majorité qu’il regroupe au Sénat de la République ne constitue point une majorité de blocage à la mise en oeuvre de la politique de changement prônée par le Pouvoir du 14 mai 2011. Au contraire, il forme un rassemblement unifié, propice à une interaction fructueuse entre le parlement et les différents pouvoirs. Il espère que le Pouvoir Exécutif accueillera cette démarche de bonne foi comme une étape déterminante dans la maturation politique des institutions haïtiennes. Il invite donc le pouvoir concerné à :
A.- Prendre le temps de conclure un compromis avec :

Les groupes politiques au Parlement : majorité, minorité et indépendants… Pas question d’ignorer ou de négliger minorité et indépendants. Plus le groupe du consensus est large, moins il existera d’aléas dans la conduite de la politique gouvernementale ;

La classe politique : chefs de partis représentés au Parlement et autres formations jugées utiles… Il serait enfantin de croire que les directoires des partis n’ont aucune influence sur leurs élus. Pour ténus que soient les liens entre eux, ils existent tout de même et les élus se rabattent toujours finalement sur ces directoires pour analyse et conseils ;

La société civile : organisations, syndicats et autres à identifier… Engager tous les acteurs dans le consensus garantit la paix sociale et la stabilité gouvernementale.

B.- Base du compromis : obligation assumée d’implications et partage raisonnable des responsabilités dans l’exécution d’un programme minimal :
Ce programme minimal couvre divers domaines en rapport avec les exigences conjoncturelles et les besoins fondamentaux de la société haïtienne. Bornons-nous à considérer ici les niveaux essentiels: institutionnel, politique, économique et financier, social, etc.
Niveau institutionnel

Publication de l’amendement constitutionnel, préalable indissociable pour l’accomplissement des trois points suivants, et surtout super-motivant pour la diaspora si régulièrement sollicitée, notamment dans le programme d’éducation gratuite prévu par l’article 32-1 de la Constitution et supporté par le Président de la République.

Nomination des Juges de la Cour de Cassation sur une liste soumise par le Sénat

Institution du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire.

Formation du CEP permanent tel que prévu par la nouvelle constitution, pour la tenue des prochaines élections du tiers du Sénat et des Collectivités.
N.B : La constitution d’un CEP provisoire de consensus risque de provoquer trop de remous et de conflits de personnes et d’intérêts entre les protagonistes. C’est pour le moins inopportun dans les conditions actuelles de fragilité.

Elaboration par le CEP nouveau de la Loi électorale devant être votée avant novembre

Mise en place du Conseil Constitutionnel

Reconduction éventuelle de la CIRH, avec les corrections appropriées et largement discutées

Réorientation du mandat et de la mission de la MINUSTAH ; et / ou élaboration d’un calendrier de retrait progressif concomitant à la mise en place d’une force nationale de sécurité.

Mise en application sereine du projet d’éducation gratuite prévu par l’article 32-1 de la Constitution et supporté par le Président de la République ou d’un corollaire acceptable, avant octobre.

Renforcement de la diplomatie haïtienne par le rajeunissement et la dynamisation des cadres

N.B. Les points 7 et 8 ne peuvent attendre ; ils devraient être soumis à l’analyse et au vote du Parlement avant la fin-septembre, pour qu’au début d’octobre tout soit clair pour tout le monde.
Niveau politique
Niveau politique
1. Etude consciencieuse et sereine du profil d’un Premier Ministre. Dans la conjoncture actuelle, un Premier Ministre, au-delà des prescrits constitutionnels, devrait être une personne :

Responsable et dotée d’une forte personnalité ;

Compétente aux points de vue académique, technique, administratif … ;

Ayant un rayonnement social et une bonne maîtrise des dossiers internationaux. Haïti vit un moment crucial où l’amitié et l’influence de l’international sont déterminantes. Un Premier Ministre qui jouirait du support des grandes instances financières et politiques nationales et internationales, et qui aurait ainsi la capacité de les rassurer et de les engager en faveur du programme de redressement et de reconstruction nationale serait l’idéal.

Bénéficiant de la confiance du Président de la République et partageant sa vision des politiques publiques à mettre en place pour le développement du pays.

Ayant la capacité et la volonté d’assurer un dialogue continu entre les trois pouvoirs.

Respectueux en toute circonstance de la prééminence du Chef de l’Etat. Ceci est capital pour la cohésion de l’Exécutif.

Cependant, il appartient au Chef de l’Etat, et à lui seul, d’arrêter son choix ou d’élargir la plate-forme des options à proposer. De même, le G-16 continuera à exercer son pouvoir dans les limites de ses attributions, dans le respect absolu du territoire de chacun des acteurs politiques et institutionnels.
2. Lancement du dialogue national pour l’établissement du Pacte de Gouvernabilité. C’est là une démarche d’envergure qui devrait séduire et interpeller tous les secteurs de la vie nationale sincèrement désireux de dépasser les cloisons et les clivages purement artificiels qui nous retiennent dans la division improductive, nous empêchent de retrouver l’unité nationale afin de nous atteler à la tâche du relèvement et de la reconstruction nationale. Le Président d’Haïti devrait s’approprier les leviers de cette opération salutaire et sonner vigoureusement le ralliement derrière un tel projet qui aurait la vertu de vider les contentieux sociaux et politiques, de calmer les acrimonies et de renouer les liens du vouloir-vivre-ensemble qui constitue le ciment d’une nation, dans sa définition sociologique, sentimentale et émotionnelle.
Niveau économique et financier.
La situation économique du pays ne cesse de se dégrader. Les indicateurs macro-économiques accusent des signes évidents d’inquiétude. Parmi les plus visibles, on retient :

Une nette accélération du taux d’inflation passant de 6% en début d’année à 9.3% au cours de ce mois de juin ;

La chute des importations avec toutes ses conséquences sur les recettes fiscales tenant du poids des impôts sur le commerce extérieur dans la structure fiscale nationale ;

Les indicateurs dans le secteur agricole qui n’inspirent pas la quiétude d’esprit selon la Coordination Nationale pour la Sécurité alimentaire (CNSA) ;

Le surplus de liquidité qui dort actuellement dans les comptes des banques commerciales et qui est évalué à environ 56 milliards de gourdes. Ces fonds auraient pu être utilisés pour la relance de l’investissement particulièrement dans le secteur de l’immobilier. Or de l’avis de plus d’un, le crédit est loin d’atteindre les prévisions.

Le projet loi de finances de l’exercice 2011-2012 n’a pas été, conformément à la loi, soumise au Parlement à la date du 30 juin écoulé. Au premier octobre 2011, le pays risque de se réveiller avec une nouvelle reconduction de la loi de finances de l’exercice 2009-2010. Les opérateurs, devant l’évidence d’une telle situation, sont dans l’incapacité d’identifier:

Les principales priorités du nouveau Président dans le domaine économique et financier ;

Le cadre macro-économique dans lequel va s’exercer l’action gouvernementale ;

Les grandes orientations de la politique fiscale et de la politique d’investissement du nouveau Pouvoir ;

Le volume de ressources publiques qu’entend mobiliser le Gouvernement pour répondre aux principaux engagements électoraux.

La mise en application du programme de scolarisation universelle obligatoire et gratuite annoncé prévu par l’article 32-1 de la Constitution et supporté par le Président de la République et auquel le Parlement, dans son intégralité a adhéré, risque aussi d’en souffrir. Aucune provision légale, pour l’instant, n’autorise ni la création du Fonds National de l’Education, ni l’utilisation des ressources collectées par la BRH et le CONATEL pour son financement.

Force est d’admettre que cette situation d’incertitude est facteur d’instabilité macro-économique. Elle n’encourage et n’incite pas à l’investissement. La création d’emplois au coeur de cette politique économique de relance maintes fois avancée par le Président de la République dans ses différentes interventions publiques, va demeurer un slogan électoral, aussi longtemps que persiste ce vide gouvernemental.
Niveau social
Plus que tout autre, le contenu social du compromis fascine le Groupe des 16. Car, somme toute, notre mission, notre vocation, en tant qu’élus du peuple, se résume à satisfaire les besoins et les aspirations de nos mandants. A côté de nos attributions constitutionnelles de législateurs et de contrôleurs de l’action gouvernementale, un droit usuel et coutumier haïtien, plus impératif que le droit écrit, nous assigne une fonction de représentation locale qui fait de l’élu un père ou une mère de famille pour tous, un havre, une assurance contre les tempêtes de l’existence, un conseiller, un supporteur, un agent de développement, astreint à la tâche de contribuer au bonheur de chacun et de tous. A cet égard, il ne peut se désintéresser totalement du profil ni de la posture ni de la composition ni du programme du gouvernement qu’il ratifie. Ce programme ne devrait pas ignorer les questions qui compliquent la situation actuelle. Le G-16 tient à apporter sa collaboration en vue de :

Dégager le plus rapidement possible les moyens de construire des dizaines de milliers de maisons, à Port-au-Prince et dans certaines villes de provinces. Créer même, patiemment, de nouveaux villages avec tous les services de base et les commodités modernes d’urbanisme ;

Libérer le Champ-de-Mars et les places publiques de la capitale et des métropoles dans le plus bref délai, en offrant aux actuels occupants des logements décents, des services et des commodités honorables pour la condition et la dignité humaines ;

Réaménager les infrastructures agricoles dans la dynamique d’une politique objective de relance de la production nationale ; subventionner les intrants agricoles, engrais et outils agricoles ; créer des moyens et primes d’incitation pour fixer le paysan à sa terre et lui redonner le goût du travail agricole ;

Intensifier la lutte contre le choléra, surtout au lendemain du cyclone Irène qui a causé des inondations susceptibles de potentialiser l’expansion et l’extension de l’épidémie ;

Construire, dans chaque section communale, des centres de santé avec lits, desservis par un personnel médical compétent et présent en tout temps ;

Réhabiliter les routes secondaires, désenclaver les sections communales, greniers du pays, pour permettre la circulation aisée des personnes et des denrées qui ne devraient plus pourrir dans les provinces, faute de voies et de moyens pour les écouler et les transporter vers les marchés ;

Construire et faire fonctionner en deux vacations une ou deux écoles nationales dans chaque section communale : c’est là un procédé utile pour appliquer le programme de l’éducation gratuite du Chef de l’Etat ;

Considérer vaillamment le problème des employés révoqués ; envisager les moyens de payer les arriérés de salaire, de trouver avec ces frustrés un compromis valable en vue de les réinsérer dans le circuit du travail, de la production et de leur restituer le sens de l’utilité sociale ;

Statuer rapidement sur le 14ème mois aux employés de la fonction publique ;

Former le personnel éducatif, utile au programme de scolarisation universelle et gratuite ;

Résoudre de façon rationnelle, cohérente et équitable le cas des professeurs travaillant depuis plusieurs mois sans lettre d’emploi ni salaire ;

Mettre en place un programme de crédit au secteur informel, appuyer la classe moyenne pour potentialiser les capacités de production, d’éducation et de développement ;

Renforcer et intensifier les grands projets d’infrastructure nationale.

Tels sont, de façon succincte, les aspects institutionnel, politique, économique et social de la collaboration que le Groupe des 16 du Sénat entend offrir au Pouvoir Exécutif pour sortir de l’impasse actuelle.
Ce groupe parlementaire réaffirme ici qu’il ne saurait constituer un élément de blocage. Son intention et ses projets, au contraire, visent à trouver des solutions utiles à l’intérêt national. Il invite tous ceux, acteurs politiques, leaders, groupes organisés de la politique et de la société civile, tous les patriotes conscients des enjeux, des défis et des périls du moment à se joindre à lui pour trouver avec le Président de la République la voie sereine et pacifique du déblocage.
Une fois de plus, le Groupe des 16 encourage la communauté internationale à continuer à accompagner le peuple haïtien dans sa quête de changement par le renforcement des institutions démocratiques.
Enfin, il nous faut travailler ensemble pour rétablir la confiance, préserver la stabilité propice aux investissements nationaux et internationaux, à la génération d’emplois, de revenus et de richesses et à l’amélioration des conditions de vie des populations haïtiennes.
Que Dieu sauve Haïti !
Fait à Port-au-Prince au Sénat de la République, le 26 août 2011.
(1)Sénateurs membres du G16 :
1 EXIUS Pierre Francky Sud
2 SAINVIL François Lucas Nord-Ouest
3 PRIVERT Jocelerme Nippes
4 LEBON Fritz Carlos Sud
5 LAMBERT Joseph Sud ‘Est
6 LAMBERT Wencesclass Sud ‘Est
7 JOHN Joseph Joël L’Ouest
8 BUISSERETH Yvon Sud
9 DESRAS Simon Dieuseul Centre
10 BEAUPLAN Evallière Nord-Ouest
11 BASTIEN Kelly C. Nord
12 CASSY Nenel Nippes
13 PIERRE LOUIS Derex Lucien Nord- Est
14 BIEN-AIME Jean-Baptiste Nord- Est
15 MOISE Jean-Charles Nord
16 WESNER Polycarpe Nord
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3340-haiti-politique-rejet-du-premier-ministre-designe-par-anticipation.html
http://www.haitilibre.com/article-3536-haiti-politique-un-senateur-du-g16-tend-un-rameau-de-paix-au-president-martelly.html
http://www.haitilibre.com/article-3678-haiti-politique-ou-veut-en-venir-le-g16.html
http://www.haitilibre.com/article-3679-haiti-politique-le-president-martelly-a-rencontre-joseph-lambert-en-prive.html
HL/ HaïtiLibre

 

Haïti – Politique :

Le Président Martelly a rencontré Joseph Lambert en privé

27/08/2011 16:24:31

Haïti - Politique : Le Président Martelly a rencontré Joseph Lambert en privéAlors que le G16 se plaint du manque de dialogue entre le Chef de l’État et le groupe majoritaire, le Président Michel Martelly à rencontré hier, en privé, à son bureau au Palais National, le Sénateur Joseph Lambert, coordonnateur de la plateforme INITE.
«…Hier, j’ai eu une rencontre avec le Président Martelly, cette rencontre a durée plus de quatre heures, l’atmosphère était correcte, cordiale, très amicale, nous étions seulement deux à discuter calmement à son bureau. Nous avons surtout parlé de la nécessité de mettre en place un Gouvernement fonctionnel et durable au plus vite. Nous avons regardé les étapes, et nous avons vu d’abord la nécessité d’avoir une majorité, que je pourrais appeler ‘majorité fonctionnelle’, une majorité durable pour permettre l’établissement d’un Gouvernement fonctionnel et durable.
[…] le Président Martelly a parlé très franchement avec moi, il a souligné que c’est nous qui sommes élu, que nous devons travailler ensemble et nous mettre d’accord sur le strict minimum. C’est nous qui devons faire en sorte que le pays puisse bénéficier des retombées de ce travail collectif […] Pour des raisons majeures, étant donnée que je n’ai pas encore terminé de communiquer à tout mes collègues Sénateurs, tous les éléments de la rencontre avec le Président Martelly, j’ai choisi pour le moment de ne pas communiquer certains détails.
Une chose est certaine, le Président Martelly croit qu’il y a des étapes que nous devons franchir, qui sont d’abord une majorité fonctionnelle, je pense également la même chose. Après ça, nous croyons que nous devons nous assoir et que nous pourrons appeler le Premier Ministre. Le Premier Ministre c’est le Président de la République qui doit le désigner, c’est une injonction que la Constitution lui fait […] Dans un souci de travailler ensemble, par rapport aux deux nominations qui ont échoué au Parlement, il a demandé qu’une réunion soit faite sur le profil, sur le personnage et sur ce qu’il aura comme responsabilités par rapport à l’attente de la population et que nous même avons défini […]
L’équation est simple, l’équation est tellement simple qu’elle n’a pas d’inconnue, le Président a été élu avec une majorité confortable, mais il ne dispose pas d’une majorité parlementaire, par conséquent il est impérieux que nous ouvrions un dialogue entre l’Exécutif et le Législatif pour que nous installions un Premier Ministre et mettions en place un gouvernement appuyé par une majorité fonctionnelle, pour que nous puissions nous assurer de la stabilité et de l’efficacité du gouvernement.
Voila, nous avons abordé tous ça, nous en avons discuté et le Président a dit que ce n’est pas une question de G-16 ou du groupe GPR dans la Chambre des Députés, c’est une question de G-30, parce que c’est tous les Sénateurs qui ont été élus, c’est une question de G-95 parce que c’est tous les Députés qui ont été élus, pour que lui-même, comme élu, s’associe avec nous, pour que nous fassions avancer le pays et pour faire en sorte que la population n’est pas une mauvaise perception et croit que nous rejetons les responsabilités…»
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3678-haiti-politique-ou-veut-en-venir-le-g16.html
HL/ HaïtiLibre

 

Haïti: Bellerive serait ratifié sans tracas

Le président Michel Joseph Martelly et le sénateur Joseph Lambert ont eu un tête-à-tête de plus de quatre heures vendredi. Les deux hommes ont évoqué la nécessité d’une collaboration entre le chef de l’Etat et une « majorité fonctionnelle » en construction. Mais, sans forcer la main de Martelly, Lambert, sur Magik 9, a indiqué samedi que si Jean Max Bellerive était désigné à nouveau comme Premier ministre, « il serait ratifié sans tracas ». (chapo)
Le président de la République Michel Joseph Martlly et le très influent sénateur de Inite Joseph Lambert, porte-parole du groupe des 16 sénateurs qui représentent la majorité au grand corps, se sont entretenus au palais national pendant plus quatre heures le vendredi 27 aout 2011. « La rencontre a été fructueuse », a confié l’air optimiste le sénateur Lambert sur les ondes de Magik 9, samedi, en milieu d’après midi. « Le président Martelly, a-t-il poursuivi, était de tout oreille pendant cette rencontre au cours de laquelle la réalité du Parlement a été abordée après une analyse de la situation du pays ».
Le chef de l’Etat a fait part de son intention de « collaborer avec la majorité fonctionnelle » qui sortira des discussions entre le GPR, groupe majoritaire, (tombeur des deux Premiers ministres désigné par Martelly Daniel Rouzier et Bernard H. Gousse) et le groupe minoritaire au sénat, a expliqué le sénateur Lambert, insistant sur l’urgence de rétablir la confiance entre le président Martelly et le Parlement.
Les discussions avec le chef de l’Etat n’ont pas porté sur le choix du prochain Premier ministre, a souligné Joseph Lambert. Cependant, le sénateur du Sud- Est a indiqué que si le président, dans ses prérogatives constitutionnelles, choisirait de confirmer Jean-Max Bellerive à son poste, ce dernier « serait ratifié sans tracas ». « Cela ne signifie pas que le Parlement donnerait un blanc seing à M. Bellerive en abdiquant son pouvoir de contrôle », a nuancé Joseph Lambert qui croit qu’il faut de la sérénité en vue de faire face aux innombrables défis que sont la rentrée des classes et la construction de maisons pour les sinistrés du 12 janvier 2010…
Interrogé sur les rumeurs qui veulent faire croire que le président Martelly s’apprête à nommer des ministres et des directeurs généraux avant la ratification d’un Premier ministre, le sénateur Lambert a déclaré que de nouveaux ministres ou directeurs généraux seraient des démissionnaires s’ils rentrent dans un gouvernement démissionnaire. Cependant, le sénateur estime que le président de la République peut aisément nommer des délégués départementaux qui sont ses représentants directs sans problème.
Le président Martelly s’est engagé à publier l’amendement de la constitution de 1987, comme il l’avait déjà décidé, a indiqué Joseph Lambert qui doit avoir une nouvelle rencontre avec le chef de l’Etat la semaine prochaine.
Décontracté, le sénateur Joseph Lambert a révélé que le groupe de seize a déjà rencontré à leur propre demande, l’ambassadeur américain, Kenneth H.Merten, le chef de la Minustah, le Nonce apostolique et d’autres ambassadeurs accrédités en Haiti… « Nous leur avons expliqué nos points de vue », a-t-il dit, démentant avoir subi des pressions ou reçu d’injonctions de la part de l’ambassadeur des Etats-Unis. « Nous avons trouvé en l’ambassadeur américain une personnalité venue entendre et comprendre pour bien éclairer son pays sur la situation en Haïti », a souligné le parlementaire.
Le sénateur Lambert a révélé qu’il aura une nouvelle rencontre avec le président Martelly la semaine prochaine. La rencontre entre deux des hommes politiques les plus influents de la République actuellement intervient à un moment où le forum économique du secteur privé, des pays amis d’Haïti et des associations de la société civile ont exprimé leur préoccupations face à l’incapacité de la présidence et du Parlement à s’entendre en vue de doter le pays d’un nouveau Premier ministre au plus vite.

Roberson Alphonse
ralphonse@lenouvelliste.com

 

Haïti – Politique :

Où veut en venir le G16…?

27/08/2011 15:16:32

Haïti - Politique : Où veut en venir le G16...?Marginalisé par le Chef de l’État, dans le processus de négociations en vue de la désignation du prochain Premier Ministre, le G16 a présenté vendredi, 2 jours après la réunion avec les diplomates américains, un plan « de gouvernement » qui exprime d’avantage leur frustration qu’il apporte des solutions ou des idées nouvelles. Une opération de communication afin de les replacer sur la scène médiatique faute de l’être sur celle de la politique, dans le bras de fer qui les opposent au Chef du Gouvernement ou une façon de reprendre l’initiative de l’offensive….
Dès le début, le G16 donne le ton « L’équation est pourtant claire et sans inconnue le Président de la République est élu avec une majorité confortable d’électeurs mais ne dispose pas d’une majorité parlementaire. Il est donc impératif d’ouvrir le dialogue entre l’Exécutif et le Législatif en vue d’installer un Premier Ministre qui s’appuie sur une majorité fonctionnelle, qu’il se doit de forger en vue d’assurer la stabilité et l’efficacité de son gouvernement. »
Principal responsable du rejet du second Premier Ministre désigné, Me Bernard Gousse, le G16 déclare « Il est puéril d’imputer à l’un ou l’autre des opérateurs politiques la responsabilité de cet état de choses. La politique du bouc est émissaire ne fait que retarder, pour l’un comme pour l’autre, la concrétisation des promesses électorales… »
Alors que depuis près de 3 semaines, le G16 ne cesse de presser le Président Martelly de désigner le prochain Premier Ministre, le G16 déclare maintenant « Il ne serait pas convenable de lancer pour le moment un ou plusieurs noms de candidat à la Primature sans un effort préalable d’ouvrir les voies du succès. Une volonté sincère d’installer un gouvernement devrait pousser les acteurs à s’assoir paisiblement pour un dialogue positif et concluant…»
Le Sénateur Évallière Beauplan déplore que le Chef de l’Etat refuse de les rencontrer « 25 jours après le rejet du choix de Bernard Gousse, le président n’a jamais eu de rencontre avec nous, or, c’est nous la majorité. Son Premier ministre désigné ne pourra pas passer le cap au Sénat sans la majorité » Reprochant au Chef de l’État de passer la majorité de son temps « à des gesticulations inutiles »
Propos d’autant plus surprenant que les Sénateurs ne cessent de brandir la Constitution pour rappeler au Chef de l’État, qu’il doit dialoguer non pas avec les parlementaires, mais avec les Présidents des deux Chambres pour la désignation du prochain candidat à la Primature.
Reprenant des déclarations précédentes, le G16 revient à nouveau sur le profil idéal du prochain Chef de gouvernement et affirme l’impérieux besoin d’un dialogue inclusif, sans distinction aucune…. insistant sur l’obligation de trouver un compromis sur un partage raisonnable des responsabilités.
Le G16 prône le dialogue national [!] « Le Président d’Haïti devrait s’approprier les leviers de cette opération salutaire et sonner vigoureusement le ralliement derrière un tel projet qui aurait la vertu de vider les contentieux sociaux et politiques, de calmer les acrimonies et de renouer les liens du vouloir-vivre-ensemble qui constitue le ciment d’une nation, dans sa définition sociologique, sentimentale et émotionnelle »
Les Sénateurs Wencesclass Lambert, Evallière Beauplan et Simon Dieuseul Desras, moins nuancés, exigent de la Présidence, l’établissement d’un dialogue.
Reprenant à son compte, les récentes déclarations de la Société Civile
http://www.haitilibre.com/article-3664-haiti-politique-critiques-et-preoccupations-de-la-societe-civile.html le G16 réclame la publication de l’amendement de la Constitution, la formation d’un Conseil Électoral Permanent, la reconduction de la CIRH conditionnel au départ de la Minsutah…
Sur le plan économique entre inflation et sécurité alimentaire on trouve l’absence du projet de loi des finances pour l’exercice 2011-2012 qui ne peut conduire qu’à la reconduction de la loi des finances de l’exercice 2009-2010… déplore le G16.
Quant au volet social, entre conseils, recommandations et exigences, c’est presque une déclaration de politique générale… la liste est interminable : construire des dizaines de milliers de logements, vider les camps et offrir des logements décents aux personnes déplacées, réaménager les infrastructures agricole, subventionner les intrants agricole, lutter contre le choléra, construire des routes et des hôpitaux ou accorder un 14 ème mois aux employés de la fonction publique… il ne manque que quelques ratons laveurs pour en faire «L’inventaire » de Jacques Prévert…
Un plan, dont l’application, conditionne le processus de ratification du nouveau Premier ministre ni plus, ni moins… semble dire entre les lignes le G16, qui dans cette démarche, sort de son rôle et emprunte dans ce rapport… celui d’un Premier Ministre…
Texte intégral de la déclaration du G16
http://www.haitilibre.com/article-3680-haiti-politique-texte-integral-de-la-declaration-du-g16.html
HL/ HaïtiLibre

 

Haïti : un Américain enlevé

AFP Publié le 27/08/2011 à 22:20

Un notaire haïtien enlevé HIER par des inconnus a été assassiné par ses ravisseurs et un citoyen américain a été kidnappé le même jour à Port-au-Prince, a appris ce samedi l’AFP de source policière.
« Le notaire, Gilbert Giordanni, a été enlevé vendredi et son corps a été retrouvé à côté de sa voiture samedi dans une rue de la capitale », a indiqué le porte-parole de la police Frantz Lerebours, faisant remarquer que les ravisseurs n’avaient pas demandé de rançon.
Il a d’autre part annoncé l’enlèvement d’un Américain d’origine haïtienne qui travaille dans une école américaine.
La police haïtienne recherchait en outre trois autres personnes kidnappées, dont une fillette de six ans.
« Concernant l’enlèvement de l’Américain, nous avons ouvert une enquête, les recherches se poursuivent, mais nous n’avons pour l’instant aucune indication », a déclaré à l’AFP le commissaire François-Henry Dossous responsable de la cellule de la police haïtienne chargée des affaires d’enlèvements.
L’ambassade des Etats-Unis en Haïti fait circuler une note sur le réseau twitter à l’attention des ressortissants américains dans le pays recommandant la prudence.
La police nationale d’Haïti (PNH) a procédé ces derniers jours à de vastes opérations de fouilles de véhicules dans plusieurs quartiers de la capitale, a-t-on constaté.

 

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