mercredi 31 août 2011

31 Août

Haïti – Politique :

Réactions parlementaires à l’éventuelle candidature de Gary Conille

31/08/2011 11:03:27

Haïti - Politique : Réactions parlementaires à l’éventuelle candidature de Gary ConilleLa rumeur de l’éventuelle désignation, par le Chef de l’État, du Dr. Gary Conille comme Premier Ministre suscite de nombreuses réactions chez les parlementaires, pour ou contre, Gary Conille ne laisse pas indifférent.
Au Sénat, le Dr. Kély Bastien qui entretien des relations amicales avec Dr. Gary Conille [ancien camarade de la faculté de médecine] crois que cette candidature pourrait mettre fin à la crise politique. Selon lui, le Dr Conille est très compétent et maîtrise parfaitement les relations institutionnels, de plus il précise que le fait que Gary Conille soit étranger au monde politique, cela serait un atout important qui favoriserait le dialogue entre les différents secteurs…
Le Député Jean Acklush Louis Jeune (Dame-Marie / Alternative) est beaucoup plus direct, pour lui, il ne fait aucun doute que « les blancs semblent avoir donné leur personne […] je ne le connais pas […] si c’est lui que le Président Martelly va choisir, ça veut dire que que c’est le blanc qui lui a donné, si c’est le blanc qui lui a donné, ça veut dire que c’est Clinton qui dirige Haïti…»
Le Sénateur Mélius Hyppolite du groupe minoritaire, bien que favorable au Président Martelly, exprime certaines réserves sur le profil de l’intéressé. Bien qu’il reconnaisse ne pas savoir qui est le Dr Gary Conille,.. Il se questionne sur sa capacité à bien comprendre la réalité haïtienne…
Quant au Sénateur Francky Exius, Premier Secrétaire du bureau du Sénat, il attend la décision officielle du Président Martelly avant de se prononcer. Souhaitant seulement que le dossier du candidat réponde aux exigences constitutionnelles. Néanmoins il croit lui aussi, que cet éventuelle candidature pourrait avoir été imposé par la Communauté Internationale, qui aurait d’après lui, fait des pressions sur le Chef de l’État.
Guy Gérard Georges, Député de Torbeck/Chantal (INITE) et Premier Secrétaire de la Chambre basse est plus prudent dans ses déclarations « Les Présidents du Sénat et de la Chambres des Députés n’ont donné aucun nom, mais c’est tout à fait naturelle […] seul le Président peut faire ça, pour ma part j’attends. Tout les faits que j’avance, je dois les prouver et je ne peux pas dire comme ça, que c’est une personne que la Communauté Internationale a imposé. Le Président de la République a le droit de choisir, si c’est le Président Martelly qui a fait le choix, je ne peux pas dire que c’est un choix imposé, mais vu que M. Martelly n’a pas encore dit qui il a choisi, nous devons attendre ce choix, à ce moment là, nous pourront réagir d’une meilleure façon. »
Sorel Jacinthe, Président Chambre des Députés, ménage le suspens « il y a plusieurs nom et nous avons dit au Président que nous voulons un seul nom, cependant, le Président nous a dit d’attendre d’en avoir fini avec les consultation avec tout les blocs politique au niveau du parlement, tout les partis politiques dans le pays […] je ne peux pas dire qui est en bonne ou en mauvaise position mais l’essentiel c’est qu’on attend un nom du Président de la République…»
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3695-haiti-politique-l-ex-chef-de-cabinet-de-la-fondation-clinton-candidat-a-la-primature.html
HL/ HaïtiLibre

 

Haïti – Politique :

Le Parlement salue la mémoire de Dionald Polyte

31/08/2011 08:50:31

Haïti - Politique : Le Parlement salue la mémoire de Dionald PolyteSorel Jacinthe, le Président de la Chambre des Députés, lors de la cérémonie de funérailles du Député Dionald Polyte, qui s’est déroulée hier dans la salle des séances de la Chambre, a salué une dernière fois, ce jeune Député qui nous a quitté si injustement.
«… En cette circonstance toute aussi solennelle qu’éprouvante, je prends la parole en tant que Président de la Chambre des Députés et au nom de mes collègues, pour saluer le départ du Député de Beaumont/Pestel/Duchity, notre collègue Dionald Polyte, pour pleurer en lui la disparition inattendu d’une si jeune pousse promise à un avenir politique brillant et chez qui, les fruits commençaient tout juste à répondre à la promesse des fleurs.
Dionald a été élu au dernière élections législative de 2011, élections parsemées de péripéties et d’obstacles qu’il a dû surmonter pendant et après son parcours de candidat. Persécution, intimidation, menace de mort, prédiction qu’il ne terminerait pas sain et sauf son mandat de Député, des comportements et des pronostiques funestes, qui ce sont soldés effectivement par la mort du Député Dionald le 25 juillet 2011, date pour date, 3 mois après sa prestation de serment le 25 avril 2011, dans des circonstance aussi suspectes qu’inadmissible que nous connaissons tous.
Parents éprouvés de Dionald, population de Duchity, de Pestel, de Beaumont et des autres localité limitrophes vous venez de perdre un leader naturel, un humaniste qui a toujours privilégié les contacts chaleureux avec les gens de sa communauté…»
Le Président Martelly, présent aux funérailles du Député de Beaumont/Pestel à renouvelé ses vœux de sympathie au Parlement Haïtien, aux Parents et aux amis du Député Dionald Polite.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3682-haiti-social-funerailles-de-dionald-polyte-le-30-et-31-aout.html
http://www.haitilibre.com/article-3448-haiti-securite-le-depute-dionald-polyte-inite-ne-siegera-plus-au-parlement.html
http://www.haitilibre.com/article-3451-haiti-politique-reactions-du-president-martelly.html
HL/ HaïtiLibre

 

Le CIR pour remettre Haïti dans le commerce multilatéral

Des délégations de spécialistes du commerce multilatéral de la CNUCED, de la Banque mondiale, de la Banque interaméricaine de développement (BID) se réunissent à Pétion-Ville durant trois jours (du 30 août-au 1er septembre) pour vendre les vertus du Cadre intégré renforcé (CIR)appelé à faciliter le retour d’Haïti dans le commerce avec les autres pays.

Josseline Colimon Féthière, ministre haïtienne du Commerce et de l’Industrie

Pierre-André Dunbar, directeur général du ministre haïtien du Commerce et de l’Industrie

Masoumeh Sahami, représentante de la CNUCED)

Sorasak Pan, secrétaire d’Etat au Commerce du royaume du Cambodge

Christiane Kraus, coordonnatrice au Secrétariat exécutif du CIR

(Photos: James Alexis)

« Haïti dispose d’atouts considérables pour son développement.» C’est l’avis de Masoumeh Sahami, représentante de la Conférence des Nations unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), qui est apparemment convaincue des potentialités dont dispose l’ancienne « Perle des Antilles ». La responsable de la CNUCED qui intervenait à l’ouverture d’un atelier de trois jours sur « la sensibilisation et la familiarisation au processus de mise en oeuvre du Cadre intégré renforcé » a campé Haïti, en matière commerciale, comme une ancienne colonie prospère de la France, pour les nombreux fonctionnaires de la Banque mondiale, de la Banque interaméricaine de développement (BID) et d’autres partenaires d’Haïti présents dans la salle.
Les nombreuses ressemblances au niveau de la taille de sa population et les différentes péripéties socio-économiques ont justifié le rapprochement du royaume de Cambodge (Sud-est de l’Asie) avec Haïti. Le secrétaire d’Etat au Commerce de ce pays, Sorasak Pan, est dans nos murs pour partager avec les autorités (haïtiennes) les multiples expériences de son pays dans la mise en oeuvre du CIR présentée comme une réussite par la CNUCED. Il a fait remarquer la disponibilité des acteurs du privé et de l’Etat dans des réunions semestrielles afin de jauger la progression et les ajustements nécessaires.
Mais à quoi sert le CIR? se demandent certains. Que vise-t-il ? Christiane Kraus, coordonatrice au secrétariat exécutif du Cadre intégré renforcé (CIR) précise les objectifs de l’atelier : « C’est informer, sensibiliser les parties prenantes au processus du CIR en Haïti. C’est également renforcer les capacités dans le domaine du commerce en vue d’une mise en oeuvre effective de l’ Etude diagnostique sur l’intégration du commerce (EDIC). Que le commerce puisse jouer son rôle dans le processus de reconstruction et de la croissance économique d’Haïti pour le bien-être de la population ».
En sa qualité de coorganisateur de l’atelier, le ministère du Commerce et de l’Industrie, par l’intermédiaire de Josseline Colimon Féthière, rappelle que sur la base d’un examen technique, Haïti a été admise en juin 2008 comme bénéficiaire à part entière du CIR. A ce titre, dit la ministre, Haïti a été autorisée à réaliser une étude diagnostique sur l’intégration du commerce dont l’objectif est d’identifier les contraintes liées à l’offre.
Le directeur général du ministère du Commerce et de l’industrie, Pierre-André Dunbar a, pour sa part, Insisté sur la nécessité pour le pays de diversifier sa production et ses exportations. « Les secteurs privé et public doivent jouer pleinement leur rôle dans la mise en oeuvre du CIR pour gagner le pari d’intégration du commerce multilatéral », a déclaré M. Dunbar, soulignant que les concernés doivent réfléchir intensément sur la façon dont ils vont mettre Haïti sur les rails du développement.
Les différents intervenants ont débattu des thèmes relatifs aux moyens pour sortir Haïti du rang des PMA par le développement de son commerce. C’est pour cela que les organisateurs ont choisi le Cambodge comme modèle pour Haïti.

Cadre intégré
Il y va d’un partenariat de l’aide pour le commerce établi à l’intention exclusive des pays les moins avancés (PMA). Ce programme multi-donateur appuie les PMA dans leur quête d’un rôle plus actif dans le système commercial multilatéral en leur apportant l’assistance qu’il leur faut pour résoudre les contraintes d’ordre quantitatif et qualitatif liées à l’offre.
Le cadre intégré fournit un encadrement institutionnel pour l’articulation des initiatives publiques, privées ou mixtes ayant rapport au développement du commerce. Sa finalité esr d’assurer une plus grande cohésion au niveau des actions respectives des secteurs concernés, et a fortiori, une meilleure efficacité d’ensemble.

Le Cadre intégré renforcé (CIR)
L’expression Cadre intégré renforcé est donc liée à trois questions spécifiques: la prise en charge (c’est-a-dire l’appropriation) du processus par les pays eux-mêmes, l’augmentation du Fonds d’affectation spéciale pour une meilleure prise en compte des besoins de financement des pays bénéficiaires et la mise en place des organes nationaux de direction et de gestion du CIR. Celui-ci est entièrement opérationnel depuis juillet 2009, selon un document du ministère haïtien du Commerce et de l’Industrie.
Le terme Commerce ici embrasse un sens plus large que celui de simples opérations d’achat et de vente de marchandises vers l’investissement productif et créateur de richesses et d’emplois. L’objectif du Cadre intégré renforcé étant d’aider à l’intégration des pays les moins avancés dans le système commercial multilatéral, il convient d’intensifier les investissements liés à la production comme moyens d’y parvenir. En effet, le commerce ne crée de valeurs et ne génère d’emplois durables que s’il s’appuie sur des investissements et un système de production de biens et de services supporté par des entreprises compétitives, dynamiques, créatives et bien imbues des rouages des marchés internationaux.

Dieudonné Joachim
djoachim@lenouvelliste.com

 

Pour relever l’Université d’Etat d’Haïti : campus commun ou uniformisation académique ?

Jean Poincy / Le Nouvelliste

« Le projet est pris en compte. Je viens de recevoir un coup de fil d’un responsable de la CIRH et on attend encore deux semaines pour avoir une réponse concrète » a indiqué le recteur de l’Université d’Etat d’Haïti lors d’un entretien avec Le Nouvelliste. Selon le quotidien, il se montre optimiste quant à la réalisation du campus qui fera le bonheur de quelque 15 000 étudiants issus de onze entités de l’UEH à Port-au-Prince (Le Nouvelliste, 22 août 2011).
L’idée d’avoir un campus capable d’héberger les 11 facultés de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH) éparpillées depuis toujours est une obsession. Ils sont beaucoup, incluant les responsables, à attribuer le dysfonctionnement de l’UEH à l’absence d’un lieu commun où tous ses membres peuvent se retrouver pour remplir leurs fonctions, soit la recherche, l’enseignement académique, le quotidien administratif ou la gestion académique. Quand les étudiants se plaignent de leur pauvreté académique, manifestent violemment pour un meilleur traitement et réclament un campus universitaire commun, les responsables se déchargent de toute responsabilité pour accuser l’Etat de les avoir handicapés en traitant l’UEH en parent pauvre. Celui-là, de son côté, justifie son indifférence en reprochant à ses accusateurs de n’avoir pas mis l’Université au service du pays, outre la préparation médiocre des citoyens qui profitent de toute opportunité pour s’expatrier via des bourses dont la qualité de l’enseignement est douteuse et est loin d’être supérieure à ce que l’UEH prodiguait dans le temps. Pour comprendre le dilemme, ce texte :
I- Expose la perception erronée des responsables relative à la modernisation de l’UEH.
II- Identifie les démarches pratiques ‘modernisantes’ de l’UEH.
III- Propose plutôt une configuration axée sur des Quartiers Universitaires.
I : La perception erronée de modernisation de l’UEH
Selon les dires d’un responsable, le séisme du 12 janvier 2010, qui a quasiment détruit les immeubles des 11 entités, offre une excellente opportunité pour enfin concrétiser le rêve d’avoir un campus commun. Ce qu’il considère comme le levier de modernisation pouvant hisser l’UEH au mât des universités modernes. Pour le conseil exécutif, un tel site permettrait de répondre « …aux normes standards et internationaux… » et pourrait aussi « …symboliser la volonté des dirigeants de l’UEH de répondre aux attentes de la nation et de jouer son rôle constitutionnel. » (Le Nouvelliste No. 38462 samedi 26 et dimanche 27 février 2011 : Le projet de campus de l’UEH soumis à la CIRH.) S’il faut y croire, il est à comprendre que l’inexistence d’un campus réunissant toutes les facultés sous un même toit cause la déchéance de l’UEH.
Penser qu’il suffit de rassembler toutes les facultés pour remédier aux maux endémiques de l’UEH, c’est mettre la charrue avant les boeufs. Cela laisse supposer que les paramètres définissant le fonctionnement d’un système universitaire ne sont pas toujours cernés. S’il s’agit d’unifier l’UEH, aucune forme de rassemblement des facultés sur un même campus ne pourra le faire. Sans vouloir minimiser le besoin du réaménagement des lieux ou la construction d’un campus principal, l’approche par le biais d’un campus commun est totalement erronée.
Construire un tel campus avant une refonte académique risque d’être un coup d’épée dans l’eau. L’ironie est que si la refonte académique est faite, elle invalidera la démarche d’un campus commun. Si la fonction d’une université est la création et la transmission de connaissances, un système académique qui ne les favorise pas réduit tout campus universitaire moderne ou pas à sa plus simple fonction d’abri de matériel de fonctionnement, du personnel administratif et académique qui sans un système académique rationnel ne valent rien. Par contre, l’existence d’un tel système, en l’absence même d’un lieu de fonctionnement, peut permettre à une université de remplir efficacement sa fonction de création, de transmission de connaissances et de se mettre au service de sa société. Il suffit de surfer le web pour trouver une multiplicité de formations académiques offertes et diplômes décernés en ligne par des universités de renom.
II : Les démarches pratiques ‘modernisantes’ de l’UEH
Les 200 millions de dollars US prévus pour la construction d’un campus universitaire moderne serviraient mieux à refondre le système académique et reconstruire les sites existants des entités détruites par le séisme. L’espace de chaque faculté si bien aménagé, et le flux des étudiants et personnel académique et administratif bien géré, il n’y a aucune raison pour que chaque faculté ne fournisse pas un rendement optimal moyennant un cursus académique uniforme. Tout pour dire que la renaissance de l’UEH ne dépend nullement d’un campus commun, mais plutôt :
1. D’une refonte académique afin de prodiguer les mêmes connaissances répondant à la réalité de la société Ayitienne. Tous les étudiants de l’UEH auraient à suivre un même programme ou des cours de base communs indifféremment de leur champ d’intérêt.
2. D’un nouveau mode d’admission porté sur dossier en guise d’un concours d’admission administré par chaque faculté où un candidat peut s’inscrire dans plusieurs facultés et éventuellement être admis dans deux ou plusieurs facultés pour ôter la chance d’admission de quelqu’un d’autre injustement. En conséquence, tout candidat serait inscrit et admis à l’UEH et non à une faculté.
3. D’une réorganisation des curricula pour éliminer les cours doublons, soit un même cours enseigné par un même professeur dans plusieurs facultés en contrepartie d’un salaire dans chaque faculté. Les avantages seraient non seulement de réduire les coûts d’enseignement et aussi d’éviter l’absurdité de reprendre ce même cours enseigné par le même professeur dans une autre faculté qui décide de ne pas honorer la note de passage reçue dans une autre faculté de l’UEH.
4. De la professionnalisation du corps professoral permanent à temps plein moyennant un salaire alléchant et des obligations de recherche pour la production de connaissances, d’enseignement, de gestion académique de ses cours et d’encadrement des étudiants.
5. D’un système de gestion d’information informatisé pour faciliter le suivi académique des étudiants et l’administration du système. Finalement, l’université pourrait mieux évaluer la population estudiantine et gérer le temps mis pour compléter un cycle d’études, et corriger les écarts là où c’est nécessaire.
6. D’une bibliothèque centrale moderne garnie de nombreux ouvrages et revues scientifiques couvrant les différents domaines d’études portés par les facultés. Mettre au service de la communauté académique de l’UEH quelques revues scientifiques coûterait peu et n’amputerait pas le budget actuel. Une bibliothèque centrale ou centre de documentation central serait le point de convergence académique naturel où les étudiants, professeurs, chercheurs en quête de connaissances se retrouveraient. Ce lieu serait aménagé de telle manière à pouvoir conduire des conférences ou colloques pour débattre les idées. La création d’une bibliothèque ne saurait empêcher la reconstruction des bibliothèques spécialisées de chaque faculté.
7. D’un laboratoire informatique devant faciliter les recherches et travaux académiques des étudiants, professeurs et chercheurs.
III : Quartiers universitaires en guise de campus commun
Tout cela est possible sans que les facultés évoluent sur un même site, déjà qu’elles ne sont pas si éloignées les unes des autres au point de déranger le fonctionnement d’un système académique uniformisé et qu’il ne nécessite aucune synergie. Concrètement, faire de la construction d’un campus capable de réunir toutes les facultés est une échappatoire pour ne pas aborder les vrais problèmes de l’UEH. Moderniser l’UEH ne dépend pas de la coexistence des 11 facultés dans un même espace, mais plutôt de la gestion du cursus universitaire et de la qualité de l’enseignement.
Considérant la configuration actuelle des facultés l’une par rapport à l’autre, il n’y aucune raison de penser à un campus commun pour mieux faire fonctionner l’UEH. N’étant pas trop éloignées l’une de l’autre, il suffit d’harmoniser le cursus pour mieux permettre la tenue des cours spécifiques à un domaine que plusieurs étudiants doivent suivre ensemble indifféremment de leurs champs de concentration. Voyager d’une faculté à une autre ne serait que quelques minutes de marche où à la rigueur rendre disponible une navette desservant un circuit quelconque.
Tenant compte de la position de chaque faculté l’une par rapport à l’autre dans un même quartier, il est possible de les regrouper en Quartiers Universitaires (QU). Si des 11 entités 6 se retrouvent dans une même zone où il faut approximativement 5 à 15 minutes de marche entre elles, 3 dans une autre pour seulement 2 minutes de marche, et avec seulement 2 facultés relativement éloignées, il est possible d’imaginer deux grands quartiers universitaires:
Le QU 1 formerait un triangle avec la rue Oswald Durand où se trouvent les facultés de Médecine/Pharmacie, Odontologie, Droit et Sciences Economiques, la rue Monseigneur Guilloux logeant les facultés des Sciences et l’Ecole Normale Supérieure, et l’avenue Magloire Ambroise près du Champ-de-Mars où se trouve la faculté d’Ethnologie. Entre ces facultés, la durée de marche ne dépasse pas quinze minutes. Le QU 2 rapprocherait l’Institut National d’Administration et de Gestion des Hautes Internationales (INAGHEI), la Faculté des Sciences Humaines, et l’Institut Supérieur d’Etudes et de Recherches en Sciences Sociales – Institut d’Etudes et de Recherches Africaines (ISERSS-IERAH) où la durée de marche serait très négligeable.
Garder les deux autres, les facultés d’Agronomie et de Linguistique Appliquée, où elles sont ne dérangerait aucunement le fonctionnement de l’UEH avec deux grands quartiers universitaires. Toutefois, il serait possible de les intégrer dans une des deux QU. Cette configuration était possible avant le séisme, et l’est encore considérant que les emplacements demeurent la propriété de l’UEH. Donc tout débours de reconstruction devrait être dirigé plutôt vers la réhabilitation de ces facultés. En fin de mandat, le conseil exécutif de l’UEH ne doit pas rater une dernière opportunité pour poser des actions pragmatiques capables de sortir l’UEH de sa détresse académique. Un campus commun à Damien n’en est pas une et est loin de traduire la vision de la communauté de l’UEH d’un campus commun.
Jean POINCY
caineve@yahoo.fr
http://poincy.blogspot.com/

 

Le sexe pour survivre

Cyberpresse.ca / 31-08-11

par Agnès Gruda

Il y a Mona, qui a dû accoucher par terre, dans une tente, sans l’ombre d’une aide médicale. Il y a aussi Anita, qui n’a pas assez d’argent pour payer un taxi jusqu’à l’hôpital. Et cette autre femme qui a été refoulée par une maternité, faute d’argent pour payer sa césarienne.

Et puis, il y a Valmie, qui résume en trois phrases d’une cruelle lucidité le sort de trop nombreuses femmes haïtiennes, 17 mois après le tremblement de terre qui a dévasté leur pays. «Les filles qui n’ont pas de parents tombent facilement enceintes. Elles n’ont pas de ressources et elles doivent avoir des relations avec des hommes pour survivre. Les condoms, ça se trouve, mais les hommes ne veulent pas s’en servir.»

Valmie vit à Maïs Gaté, un de ces camps de la capitale où les rescapés du sinistre s’entassent par milliers. Réduites à la plus grande pauvreté, des milliers d’Haïtiennes s’y vendent parfois pour seulement 60 cents. Même quand ils veillent sur elles pendant quelques semaines, leurs amants de passage risquent fort de déguerpir dès qu’ils apprennent qu’elles attendent un bébé.

Mona, Anita, Valmie et des milliers d’autres femmes sont les grandes oubliées du séisme du 12 janvier 2010, constate Human Rights Watch dans un rapport rendu public hier. On y apprend qu’après le tremblement de terre, Haïti a connu un véritable baby-boom. Son taux de fertilité, en zone urbaine, est passé de 4 à 12%. Autrement dit, plus d’une femme en âge de procréer sur dix est enceinte!

Il n’est pas rare qu’une société fasse des bébés à la tonne après un grand traumatisme. C’est ce qui est arrivé en Occident après la Seconde Guerre mondiale: les jeunes couples ont tourné le dos à l’horreur et ont fabriqué des millions de baby-boomers.

Mais en Haïti, ce phénomène n’a rien de réjouissant. Les deux tiers de ces grossesses ne sont pas désirées. Et les Haïtiennes qui se retrouvent avec une bouche de plus à nourrir ne tournent le dos à rien. Elles sont simplement otages de leur misère.

Et maintenant, la question à cinq milliards: comment est-ce possible qu’avec toute l’aide qui s’est déversée sur Haïti depuis le fatidique 12 janvier, tant de femmes y soient toujours réduites à essayer d’avorter avec des médicaments contre les ulcères d’estomac, ou à accoucher dans la poussière d’un bébé conçu contre leur volonté, qu’elles n’ont pas les moyens de nourrir?

N’attendez pas de réponse unique à cette question. Il y a les ONG qui tirent chacune de leur bord, sans se coordonner. La reconstruction qui ne démarre pas assez vite. La difficulté de rejoindre ces femmes au milieu d’un camp de fortune, pour leur faire connaître les services auxquels elles ont droit.

Mais il y a aussi le blocage politique qui paralyse le pays depuis le printemps. Petit rappel: en mars dernier, les Haïtiens ont élu le chanteur populaire Michel Martelly à la présidence de leur pays. Depuis, celui-ci n’a pas encore réussi à faire nommer un premier ministre! À chaque initiative, son choix est bloqué par le Parlement – où la vaste majorité des députés appartiennent au camp politique adverse.

«Martelly croyait que son mandat tout neuf allait lui ouvrir des portes, mais les députés ont eux aussi été élus par la population», dit le rédacteur en chef du Nouvelliste de Port-au-Prince, Frantz Duval. Qui résume la situation ainsi: «Martelly s’attendait à un cadeau, mais le cadeau n’est pas venu. Maintenant, il doit se faire des alliés, sinon il ne pourra pas gouverner.»

Autrement dit, le gouvernement haïtien était paralysé après le séisme, puis il est entré en période électorale au cours de laquelle tout a été mis en suspens. Et depuis, il n’y a pas de gouvernement du tout…

Cette impasse semblait en voie de résolution, hier. Ce n’est pas trop tôt.

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