samedi 03 septembre 2011

3 Sep

Haïti – Politique :

Premier Ministre, toujours rien ce matin

03/09/2011 07:07:04

Haïti - Politique : Premier Ministre, toujours rien ce matinSamedi matin, il n’y a toujours pas l’ombre d’une lettre envoyée aux Présidents des deux chambres, désignant de manière officielle le nom du troisième Premier Ministre désigné, malgré que jeudi le Chef de l’État, en visite au Cap haïtien, avait dit qu’il s’apprêtait à faire connaître dans les prochaines 24 heures le nom de son nouveau Premier Ministre désigné… Alors que la population, les parlementaires et bon nombre d’acteurs de la société civile attendent ce nom, le Président Martelly était, hier, au Stade Sylvio Cator pour assister au match de football Haïti – Iles Vierges Américaines, match gagné 6-0 par les Grenadiers.
Entre temps, Ronald Lareche, le député de Mont-Organisé, membre du GPR et vice-Président de la chambre des député a déclaré « Personnellement et même au niveau du GPR nous avons la volonté, s’ils envoient le Dr. Garry Conille au niveau du Parlement nous voterons pour lui. […] »
Pour savoir qui est Garry Conille : http://www.haitilibre.com/article-3713-haiti-politique-cv-de-garry-conille-md-mph.html
Vilson Romelus, le coordonnateur de l’Initiative des Citoyens Responsables pour un État de Droit (ICRED) demande l’installation d’un gouvernement rapidement pour l’application de l’article 22 de la constitution «…nous demandons un gouvernement à la tête du pays et ce rapidement, pour que les revendications de la masse populaire puissent aboutir, pour que l’article 22 L’Etat reconnaît le droit de tout citoyen à un logement décent, à l’éducation, à l’alimentation et à la sécurité sociale. de la constitution soit appliqué…»
Michaëlle Jean, envoyée spéciale de l’UNESCO pour Haïti et ancienne gouverneure générale du Canada qui est en Haïti depuis le 31 août dans le cadre d’une mission de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), déclare qu’il y a de l’inquiétude au niveau de la communauté internationale et que son organisation attend avec impatience qu’il y est un Premier Ministre « Le Président a beaucoup circulé dans le pays, il est allé discuter avec la population, écouté leur aspirations. Je pense que c’est une partie de la gouvernance qui est importante […] Cependant, j’espère que très bientôt nous aurons un gouvernement, mais cela dit pour une organisation internationale comme l’UNESCO nous attendons avec beaucoup d’impatience qu’il y est un Premier Ministre, qu’un gouvernement soit formé pour que nous puissions commencer à réaliser le plan opérationnel de toutes les stratégies de relèvements et de reconstruction du pays. Il est évidement que plus c’est étapes prennent de temps, plus nous courons le risque de provoquer des découragements au niveau de la communauté international […] il y a de l’inquiétude, il y a des personnes qui sont découragées et qui disent que ce passe t-il ? Ce n’est pas possible il faut que les autorités politique se focalisent sur les intérêts supérieures du pays, de la population… mais j’ai l’espoir que très bientôt la crise sera résolue… »
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3714-haiti-politique-premier-ministre-joazile-attend-la-lettre-de-martelly.html
HL/ HaïtiLibre

 

Le groupe des 16 n’a pas arrêté sa position sur M. Conille

Des conflits d’intérêts rendent complexe la désignation du Premier Ministre c’est la lecture du sénateur Kelly C. Bastien (Inité).
Ce membre influent du groupe des 16 affirme que le bloc majoritaire au Sénat n’a pas encore pris une position officielle en ce qui concerne Gary Conille. L’ex président du Sénat désapprouve les interventions publiques de M. Conille alors que sa désignation n’est toujours pas officielle.
Dans sa première interview M. Conille avait rejeté les allégations faisant croire qu’il ne remplit pas les critères prévues par l’article 157 de la constitution. L’ex chef de cabinet de Bill Clinton assure qu’en tant que haut fonctionnaire de l’ONU il a sa résidence permanente en Haïti.
Même si les sénateurs majoritaires sont dans l’attente de la désignation officielle de M. Conille pour rendre public leurs remarquer il n’en est pas moins vrai qu’ils poursuivent le débat sur ce dossier. Il faut transcender des questions d’intérêts, martèle M. Bastien qui préconise un accord politique après l’identification des programmes prioritaires pour la nation.
Interrogé sur ses relations personnelles avec M. Conille, le sénateur Bastien donne l’assurance qu’il privilégiera la position commune du groupe des 16. Les choix politiques ne doivent pas dépendre des sentiments ou émotions mais des critères insiste M. Bastien qui veut privilégier les intérêts de la nation.
LLM / radio Métropole

 

Haïti – Insécurité :

Un agent UDMO perd la vie à la BRH

03/09/2011 09:10:56

Haïti - Insécurité : Un agent UDMO perd la vie à la BRHHier, en milieu de journée, Yacinthe Hudson, un agent de l’Unités Départementales de Maintien de l’Ordre (UDMO) affecté au commissariat de l’aéroport, a perdu la vie suite a une altercation avec un agent de sécurité. L’agent Hudson se serait rendu à la Banque de la République d’Haïti (BRH) pour effectuer une transaction, une altercation aurait eu lieu et il aurait reçu plusieurs projectiles de gros calibre.
Michel-Ange Gédéon, Chef de la Direction Départementale de l’Ouest (DDO) donne plus d’explication et informe qu’une enquête est ouverte « Il s’agit d’un policier qui était venu faire une transaction et suite à une altercation d’après les premières informations qu’ils nous on donné, ce monsieur à perdu la vie à l’intérieur de la banque. Le bureau des affaires criminelle, la police scientifique sont ici pour évaluer la scène du crime afin de faire la lumière sur ce qui c’est passé […] nous n’avons pas encore analysé les armes de l’agent [UDMO], il avait des armes sur lui. Il y avait une quantité de policiers à l’intérieur et des gens qui étaient venu faire des transactions, et suivant les témoignages, les premières informations que nous avons trouver montrent que les choses ne se sont pas nécessairement passées comme ils nous ont expliqué au préalable. Nous n’anticiperont pas sur l’enquête mais c’est sûre qu’il y a des personnes qui ont été témoin de l’incident, comme le caissier [3 caissiers au total] qui était devant, nous allons être obligé d’aller au commissariat avec eux pour prendre leur témoignage, de même que les agents de sécurité qui étaient en fonction dans cette espace. Nous allons aussi faire une étude balistique des armes de ces agents de sécurité pour voir qui a tiré. […] il a été atteint de plusieurs projectiles nous allons analyser le corps […] il paraitrait qu’il y aurait un agent de sécurité qui serait blessé à la jambe, nous allons également l’écouter pour avoir sa version […] »
Peu de temps après la direction de la BRH a émis une note signée de Philippe W. Lahens, Gouverneur-Adjoint de la BRH « La Banque de la République d’Haïti (BRH) informe l’opinion publique que dans la journée du 2 septembre 2011, un incident c’est produit dans ses guichets à la rue Pavée. Dans le cadre de cette incident, un homme armé a été tué. L’appareil judiciaire appelé sur les lieux a effectué le constat légal et les autorités policières ont été saisies de la question.
La BRH tient à déplorer cet incident et a eu l’assurance des autorités policières que des dispositions seront prises pour éviter la répétition de tel actes en vue du fonctionnement normal de l’institution et de la sécurité de la zone.
PI/ HaïtiLibre

 

Haïti – Sécurité :

Pare brise teinté, gyrophare et sirène

03/09/2011 10:34:20

Haïti - Sécurité : Pare brise teinté, gyrophare et sirèneLa Direction de la Circulation et de la Police routière (DCPR), rappelle dans une note de presse, au public en général, aux propriétaires et conducteurs de véhicules en particulier, que la disposition de l’article 154 du 26 mai 2006 relatif à l’immatriculation et à la circulation des véhicules, que les pare brises doivent être fait d’une matière inaltérable, parfaitement transparente et non susceptible de produire des éclats en cas de bris, ainsi à part ceux portant les plaques officiels et corps diplomatique, aucun véhicule n’est autorisé à avoir les vitres et pare brise teintés.
Les autorisations spéciales sur recommandation médicale relève de l’appréciation exclusive de la direction générale de la Police Nationale d’Haïti et seront rigoureusement analysées.
La Direction de la Circulation et de la Police routière rappelle en outre que l’usage du gyrophare et d’avertisseur sonore, donc des sirènes et réservé exclusivement aux véhicules de la police, de sapeurs pompiers et aux ambulances dument identifiées.
PI/ HaïtiLibre

 

Le commissaire Lacroix et six autres policiers sanctionnés

Selon les conclusions du rapport de l’enquête de l’Inspection générale de la PNH, des policiers en présence du commissaire de police de Pétion-Ville, Vanel Lacroix ont infligés des traitements inhumains à Fekel Plaisimond et Serge Démosthène au moment d’un interrogatoire suite à leur arrestation à Vivi Mitchel. Ce dernier à trouver la mort après l’interrogation. En conséquence, les policiers Vanel Lacroix et Bien Aimé Jean Wesly ont été chassés de l’institution policière. Une suspension de 40 jours sans solde pour cinq autres.

« Le mercredi 15 juin 2011, le commissaire de police Vanel Lacroix, accompagné des policiers Bien Aimé Jean Wesly, Nery Nerismond, Estiverne Duquentz, Laguerre Hilaire, Théodore Mackenson et Dol Garry a procédé à l’arrestation des nommés Fekel Plaisimond et Serge Démosthène. Ces derniers ont été sauvagement bastonnés par le nommé Milot, ainsi connu, au bureau du commissaire Lacroix. Le premier a trouvé la mort à l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti quelques heures après son arrestation … », a révélé le rapport de l’enquête de l’Inspection générale de la PNH dont Le Nouvelliste a eu une copie.
Sans la présence d’un juge de paix, ces policiers ont effectué une perquisition au domicile de Serge Démosthène dont le résultat était négatif. Le policier Bien Aimé Jean Wesly a sévèrement battu une dame qui se trouvait dans la maison. Les deux appréhendés ont été conduits au commissariat de Pétion-Ville pour être interrogés et soumis à des traitements inhumains, a poursuivi le rapport de l’IGPNH. Les deux hommes ont été questionnés sur des faits relatifs à l’assassinat de Guiteau Toussaint, directeur du Conseil d’administration de la BNC.
Au cours de leur interrogation à l’Inspection générale, les policiers présumés impliqués dans la mort de Serge Démosthène ont fait des déclarations contradictoires.
Le commissaire Vanel Lacroix a fait savoir aux enquêteurs de l’Inspection générale que Serge Démosthène a été sévèrement battu à son bureau par l’un des agents rapprochés du commissaire du gouvernement, Me Auguste Harrycidas qui avait utilisé un fusil galil. L’officier de police a souligné que c’est lui qui a appelé l’ancien responsable du parquet de Port-au-Prince, question de lui mettre au courant de son important coup de filet pour interrogation.
Il a révélé que l’incident s’est déroulé en sa présence et également en présence des policiers Bien Aimé Jean Wesly, Nery Nerismond, Estiverne Duquentz, Théodore Mackenson et Lapré Réginald.
Contrairement au commissaire Lacroix, le policier Estiverne Duquentz a fait savoir que Serge Démosthène a été conduit au bureau de Vanel Lacroix où un certain Milot, un proche du commissaire avait administré de violent coup de bâton à la tête de Démosthène. Pour éviter qu’il soit blessé, un livre a été placé sur la tête de la victime…
Estiverne Duquentz a aussi révélé aux enquêteurs que Serge Démosthène a été également victime de sévice corporels par un agent de sécurité du commissaire de gouvernement, Me Auguste Harrycidas à l’aide d’un fusil de marque galil. Il a précisé que tout ceci a déroulé en présence de Vanel Lacroix et des policiers susmentionnés.
En outre, le policier Bien Aimé Wesly a lui aussi rapporté à l’Inspection générale qu’un agent du commissaire de gouvernement, Me Auguste Harrycidas avait bastonné Démosthène à l’aide d’un bâton de couleur noire qui se trouvait au bureau du commissaire Lacroix.
Dans un autre registre, l’une des victimes des agissements des policiers, Fekel Plaisimond a révélé qu’il a été giflé à deux reprises par le commissaire de police Vanel Lacroix et battu avec violence par les policiers au moment de son arrestation à Vivi Mitchel. Il a été interrogé au bureau du commissaire Lacroix sur la mort de l’épouse de l’ex-directeur départemental de l’Ouest de la PNH, Ralph Stanley Brice, sur la mort de Guiteau Toussaint, entre autres.
Tout en étant menotté, lui et Serge ont reçu des gifles et des coups aux genoux, à la hanche et au dos. « Le commissaire du gouvernement dès son arrivée au bureau de Vanel Lacroix avait ordonné aux policiers d’enlever les menottes aux mains de Serge Démosthène qui se trouvait dans un état critique, des crachats de couleur blanche sortaient de sa bouche », a déclaré Fekel Plaisimond tout en soulignant qu’aucun agent de Me Harrycidas n’avait frappé Serge Démosthène.
Pour sa part, Me Harrycidas Auguste a déclaré arrivé au bureau de Vanel Lacroix, il allait vite remarquer la présence d’un homme menotté à même le sol, ainsi que la présence de deux femmes et une présence policière. Il a donc fait appel à la police scientifique pour le prélèvement des empreintes. C’est aussi lui qui avait intimé l’ordre à Vanel Lacroix de transporter Serge Démosthène à l’Hôpital général où il a rendu l’âme.
Par ailleurs, l’épouse de Serge Démosthène, Roseline Similien Démosthène a fait remarquer que d’habitude son mari l’accompagnait dans ses activités commerciales à son restaurant. Elle a également révélé que son mari est le gardien de terrain du directeur général de la police nationale, selon le rapport de l’IGPNH.
Vanel Lacroix, a été auditionné mercredi dernier par le chef du parquet de Port-au-Prince, Me Sonel Jean-François quelques heures avant d’être révoqué par le Premier ministre Jean-Max Bellerive.
Me Jean-François a fait remarquer que le dossier de Vanel Lacroix sera transféré au cabinet d’instruction pour la suite de l’enquête. L’ancien officier de police et les six autres policiers présumés impliqués dans la mort de Serge Démosthène sont pour l’heure placés en détention préventive en attendant de paraître par devant de leur juge naturel.
Robenson Geffrard
rgeffrard@lenouvelliste.com

 

Le commerce pour sortir Haïti de la pauvreté

Le Nouvelliste / 2 Septembre 2011

La Conférence des Nations unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED), en collaboration avec le ministère du Commerce, a organisé récemment un atelier sur « La sensibilisation et la familiarisation au processus de mise en oeuvre du Cadre intégré renforcé CIR». Ce cadre n’est pas une fin en soi, mais pourrait aider Haïti à gagner des parts de marché et se libérer de la pauvreté si les plus hautes autorités jouent leur partition, selon Pierre André Dunbar, directeur général du ministère du Commerce. Nous publions l’intégralité de notre interview avec lui, à l’issue de l’atelier.

Pierre André Dunbar, directeur général du ministère du Commerce et de l’Industrie

(Photo: James Alexis)

Dieudonné Joachim (D.J.) : Après trois jours de causeries, d’échanges et d’observation y a-t-il lieu de dresser un certain bilan ?
Pierre André Dunbar (P.A.D.) : Peut-on vraiment parler de bilan après la tenue de cet atelier ? Je dirai qu’Haïti se trouve à la deuxième phase, c’est-à-dire pré-EDIC. L’atelier tenu du 30 août au 1er septembre faisait partie même de cette deuxième phase. En attendant que la Banque mondiale qui est l’instance chargée de réaliser l’étude puisse terminer cette étude diagnostique, du fait qu’il y a eu une bonne participation des secteurs public et privé. La première journée, on a eu des représentants de la société civile. En terme de participation ça a été un succès. Les thèmes qui ont été débattus durant les trois jours ont permis à tout à chacun de mieux comprendre ce qu’est l’Etude diagnostique sur l’intégration du commerce (EDIC), de mieux comprendre la place que peut jouer le commerce dans une stratégie nationale de développement et de réduction de la pauvreté.
D.J- : Quelles sont les leçons apprises des expériences du Cambodge qui a délégué son secrétaire d’Etat au Commerce en Haïti ?
P.A.D :. Nous apprécions énormément la présence du secrétaire d’Etat, Sorasak Pan. Le Cambodge partage avec nous en particulier les arrangements nationaux, des stratégies mises en place pour gérer le processus. Donc, le Cambodge a mis en oeuvre des structures assez solides qui permettent une bonne coordination entre les différentes parties prenantes. Ce qui pose problème déjà en Haïti, en dehors même du Cadre intégré renforcé (CIR), c’est que toutes les institutions étatiques et para-étatiques souffrent d’une absence de coordination. Je pense qu’à ce niveau le CIR peut aider à développer cette capacité de coordination et de synergies entre les institutions étatiques entre-elles, celles du privé et aussi entre les institutions de l’Etat et les bailleurs. Le CIR prévoit un facilitateur, et la BID, dont le représentant est M. Eduardo Almeida, remplit cette fonction. Il aura pour rôle principal de mobiliser des ressources auprès des autres bailleurs de fonds et de veiller à ce que les activités liées au commerce ne soient pas dispersées. Que cela se fasse de manière coordonnée.
D.J. : Dans la mise en oeuvre du CIR, les financements sont-ils déjà clairement identifiés?
P.A.D. : Pour le CIR, le financement existe. Il comprend différentes catégories de projets. Projets de catégorie 1et 2. Ceux de catégorie 1 font partie du pré- EDIC, comme le renforcement des capacités institutionnelles pour la mise en place des « arrangements nationaux », structures, appelant à gérer le CIR, par exemple l’unité de mise en oeuvre, le point focal. Des ordinateurs peuvent être, par exemple, offerts pour mettre sur pied ces structures.
D.J. : La mise en oeuvre du CIR va-t-elle permettre de faire changer le paradigme auprès des institutions comme le FMI ou la Banque mondiale, même à long terme ?
P.A.D.: Le CIR n’est pas une fin en soi. Nous ne devons pas nous attendre à ce que le CIR puisse tout faire. L’un des problèmes auxquels nos institutions font face est celui de la coordination dans les activités. La CIR peut aider à développer l’habitude de travailler ensemble. Voilà pourquoi je pense que c’est un pas important dans la bonne direction. Nous devrons saisir cette opportunité pour aller de l’avant. Jusque-là, le commerce est traité en parent pauvre. Entendez par là le commerce au sens large. Ce qui serait important, si on va placer le commerce dans notre stratégie nationale, on saura comment renforcer les capacités productives du pays et tirer profit du commerce régional, ou multilatéral. Si les producteurs de café ont bénéficié d’une assistance technique qui pourrait leur permettre non seulement d’augmenter leur production et aussi d’offrir un café de qualité, c’est-à-dire qui réponde aux normes internationales, ça permettrait aux producteurs de gagner davantage. Et si on arrive à transformer ce café en un autre produit, ce sera encore une façon de faire gagner beaucoup plus. C’est en ce sens qu’on parle de la contribution du commerce dans la réduction de la pauvreté. S’il y a amélioration de revenus, il y a certainement amélioration aussi du bien-être, la pauvreté recule sûrement.
D.J. : La balance commerciale d’Haïti est déficitaire, le peu que nous exportons est constitué de quels produits ?
P.A.D- : A plus de 80%, c’est le textile, les T-shirts, très peu de valeur ajoutée. Le deuxième poste les vétivers, la mangue, les produits extrêmement compétitifs. Le problème, notre principal marché d’exportation. Les Etats-Unis. Notre production n’est pas diversifiée, nos marchés ne sont pas diversifiés.
D.J. : N’y a-t-il pas un grand risque quand notre principal partenaire commercial est frappé par la crise financière, la récession ?
P.A.D. : Quand vous avez un seul partenaire qui fait face à des problèmes économiques, vous allez avoir des répercussions négatives dans votre économie. Comme c’est le cas pour les Etats-Unis actuellement. Autant dire qu’il y a nécessité de renforcer ses capacités commerciales. Produire afin non seulement d’augmenter les revenus mais aussi de diversifier les exportations et ses marchés. Pour revenir sur la mise en oeuvre du CIR, nous venons de réussir l’atelier. C’est un nouveau pas.
Il y a tellement d’aléas politiques, après le tremblement de terre. On a dû reporter la tenue de ces assises. Nous nous dirigeons vers une action plus concrète, l’élaboration de l’EDIC par la Banque mondiale. Nous avons déjà réalisé pas mal d’études diagnostiques; la B.M. ne va pas réinventer la roue. Toutes les études déjà réalisées seront sans doute actualisées, comme tout PMA, Haïti a un problème de l’offre. Nous ne produisons que quelques éléments. Nous n’exportons pas assez, nos produits ne sont pas très compétitifs. D’autres problèmes viennent se greffer sur ceux déjà existants. Difficile de respecter les normes phytosanitaires. Il faut tenir compte de tous ces obstacles. Une fois identifiées les contraintes, on va designer des projets. L’EDIC sera suivi d’une matrice d’actions. Les programmes de cette matrice d’actions feront partie des projets de catégorie 2.
D.J. : Quel est le niveau de la qualité de la collaboration avec le secteur privé ?
P.A.D. : Ce travail doit être continu. Les gens du secteur privé qui viennent participer à ce genre d’atelier ne vont pas rester. Ils assistent à la cérémonie d’ouverture et partent. Il revient à L’Etat haïtien, au ministère du Commerce de rechercher les meilleures formules. Je pense que nous allons vers eux afin de leur expliquer. Ça se passe ainsi partout ailleurs, les gens du privé ne vont pas rester durant tout l’atelier. Et comme il est impossible de réaliser ce travail sans le secteur privé, nous allons faire de notre mieux pour les impliquer. Dans une économie de marché, c’est le secteur privé qui commerce. Pour faire avancer le processus, nous devrons compter sur le secteur privé. L’esprit même du CIR est essentiellement participatif. Je m’en réjouis. La mise en oeuvre du CIR va développer dans nos institutions, cette capacité de coordination et de synergies qui nous manque. Je l’ai évoquée à plusieurs reprises.
D.J. : Organiser un atelier avec des personnalités qui viennent d’ailleurs c’est bien, mais quelle sera la prochaine étape de ce processus?
P.A.D. : Avec la collaboration de la Banque mondiale et nous autres, bien sûr, sera réalisée l’étude diagnostique sur l’intégration du commerce (EDIC). Rien ne sera imposé. Tout au long de ce processus, la Banque mondiale consultera les acteurs, les autres agences du CIR comme la CNUCED qui a ses approches, et ses expériences. Cette agence des Nations travaillebeaucoup avec les PMA. Donc la deuxième étape, c’est la réalisation l’EDIC, la troisième est l’élaboration de la matrice d’actions. A partir du moment où les projets sont identifiés et mis en oeuvre. Ils pourront nous permettre d’augmenter notre part de marché quand l’EDIC aura identifié les goulots d’étranglement. La mise en oeuvre des projets pourraient apporter les réponses appropriées afin de renforcer les capacités du ministère.
D.J. : Est-ce que tout est déjà mis en place pour aller très vite dans la mise en oeuvre du CIR comme cela se passe au Cambodge ? Les arrangements nationaux sont-ils en place ?
P.A.D. : Je suis triste de constater qu’on ne comprend pas encore le rôle du ministre du Commerce. Je dois vous le dire, tous les pays qui participent à ce processus ont déjà mis sur place leurs arrangement nationaux. Au ministère du Commerce, nous avons préparé un arrêté qui doit créer les organes de gestion du CIR. Mais cela est fait déjà longtemps, il n’est ni signé ni publié c’est pour moi un des défis.
D.J. : Avez-vous identifié d’autres obstacles ? Comment vous allez les surmonter ?
P.A.D. : Il parait qu’il y a tant d’urgences. Un autre facteur important dans la réussite du CIR dépend du niveau d’engagement des plus hautes autorités de l’Etat. Si ces dernières ne comprennent pas l’importance du Commerce dans une stratégie de développement, il sera difficile d’avancer. Elles doivent s’engager et accompagner le processus. C’est pourquoi au début j’avais dit que le CIR n’est pas une fin en soi.
Propos recueillis par Dieudonné Joachim
djoachim@lenouvelliste.com

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