mercredi 07 septembre 2011 (2)

7 Sep

Haïti – Politique :

Le Président Martelly nomme les Délégués Départementaux

07/09/2011 08:47:31


Après une allocution adressée aux futurs Délégués, le Président Michel Martelly a procédé hier mardi 6 septembre 2011 à la nomination des 10 Délégués départementaux.
« M. le Ministre de l’intérieur,
Messieurs les délégués,
Membres du gouvernement,
Aujourd’hui, il m’est cher en ma qualité de Premier citoyen de la Nation, de vous accueillir dans la maison nationale afin de concrétiser l’une des prérogatives les plus importantes qui m’est conférée constitutionnellement. Ainsi, conformément au vœu de l’article 85 de la Constitution, j’éprouve un réel plaisir à vous investir dans votre nouvelle charge de délégué. Vous allez, à partir de ce moment solennel, être mes représentants directs, respectivement dans vos départements géographiques. Investi en quelque sorte, d’une parcelle de la puissance publique, je déclare solennellement que je place ma confiance en vous, pour m’aider à mener à bien le noble combat contre les forces de l’inertie, de la misère et de l’insécurité, pour qu’enfin notre chère Haïti puisse renaître de ses cendres.
En vous nommant délégué, je fais le pari aujourd’hui, de continuer à travailler sans relâche tous au long de mon mandat au relèvement des villes de provinces qui méritent une attention spéciale et qui constituent sans conteste, un élément incontournable dans la croisade du renouveau socio-économique attendu par tout et chacun et que je prône depuis mon accession à la présidence.
Vous être appelé à remplir une noble et haute fonction empreinte de grandes responsabilités, d’après les prescrits de l’article 86 de la Constitution, il vous incombe en tout premier lieu, d’assurer la coordination et le contrôle des services publiques, d’ailleurs, une séance de travail, tenue sous ma présidence et animée par des experts nationaux avait été organisé en vue de vous mettre en face des droits et devoirs inhérents à votre fonction.
Je suis en train de lancer et cette fois pour de bon, le pays vers un État de droit, où l’accent sera mit sur le respect de l’autorité de l’État, le bien-être généralisé de tous les citoyens et le fonctionnement rationalisé des organes constitutionnels et des services publics. Cependant, je vous met en garde de verser dans l’arbitraire, les exactions et les abus d’autorité, car la loi mère de la Nation vous rappelle que vous ne devez exercer aucune fonction de police répressive.
Messieurs les délégués, l’heure n’est pas au long discours mais de préférence à l’action positive. Sitôt retourné dans vos différents chef-lieu de département, mettez-vous au travail et prenez à cœur votre tâche, tout en ayant pour boussole le décret du 31 mai 1990 établissant le vade-mecum de la fonction de délégué.
Bonne besogne et la République entière vous sera reconnaissante »

Suite a son allocution, le Chef de l’État, par un décret en date du 6 septembre 2011, signé par le Président de la République, Michel Joseph Martelly, le Premier Ministre, Jean Max Bellerive et le Ministre de l’intérieur et des collectivités territoriales, M. Paul Antoine Bien-Aimé, a procédé à la nomination des 10 Délégués départementaux.
Liste des Délégués nommés par le Président Martelly :
Gonzague Day, Délégué départemental de l’Ouest
Yvon Alteon, Délégué départemental du Nord
Gabriel Fortuné, Délégué départemental du Sud
Pierre-Michel Lafontant, Délégué départemental du Sud-Est
Norman Weiner, Délégué départemental de la Grande-Anse
Hugo Charles, Délégué départemental du Nord-Est
Emmanuel Remy, Délégué départemental du Nord-Ouest
Jean-Michel Auguste, Délégué départemental de l’Artibonite
Georges Garnier, Délégué départemental du Centre
Alex Tropnas, Délégué départemental des Nippes

S/ HaïtiLibre

 

Le chef de la MINUSTAH convoqué aux Affaires étrangères, la présidence condamne le viol

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Mariano Fernandez

Le chef de la MINUSTAH, Mariano Fernández, a été convoqué hier mardi à la chancellerie haïtienne par la ministre Marie-Michèle Rey pour fournir des explications sur le viol dont a été victime un adolescent haïtien dans la commune de Port-Salut, dans le sud du pays, rapporte une agence de presse en ligne.
M. Fernández était arrivé à la mi-journée au MAE dans le quartier du Bois-Verna, à Port-au-Prince.
Suite à la rencontre, une source digne de foi a indiqué à l’agence que la diplomatie haïtienne est déterminée à prendre toutes les dispositions nécessaires pour que la lumière soit faite et que justice soit rendue sur ce cas.
Le chef de la MINUSTAH avait appelé lundi le Premier ministre Jean-Max Bellerive pour lui présenter ses excuses pour l’acte ignoble.
Dans une note rendue publique le dimanche 4 septembre dernier, la présidence avait dit prendre acte du viol collectif perpétré sur un jeune haïtien dans la commune de Port-Salut où des soldats uruguayens de la Mission des Nations Unies en Haïti sont nommément accusés par la victime.
« La présidence condamne vigoureusement cet acte qui révolte la conscience nationale et attend un rapport détaillé rétablissant l’exactitude et les circonstances des faits », avait indiqué la note.
« Tout acte de viol, sans égards au genre de la victime, ni du bourreau, constitue un délit grave qui ne saurait être toléré. Il est ainsi demandé aux instances concernées de se réunir en urgence avec les responsables de la Minustah pour que des mesures soient immédiatement prises pour éviter la reproduction de tels actes ».
« En attendant que toute la lumière soit faite sur ce délit, et que justice soit rendue, la Présidence partage l’émotion de tout le peuple haïtien et donne la garantie que les coupables et complices d’un tel acte ne resteront pas impunis ».

 

EDITO

Haïti: Signaux de fumée

Le président Martelly, mardi, a installé dans leurs fonctions les délégués départementaux qui ont la tâche de le représenter à travers le pays. C’est la première grande décision publique de nomination de responsables prise par le président après la désignation de son Chef de cabinet. Les représentants du chef de l’Etat dans les ministères, s’ils ont un pouvoir certain, n’ont pas d’existence légale.
Les observateurs n’ont pas manqué de remarquer la présence de musiciens ou de proches du monde du spectacle dans la liste des représentants du président. Cela va de soi. Comme celle de grands noms du régime des Duvalier. Là encore, la proximité était connue.
Avec ces nominations éminemment politiques, le président semble donner le signal qu’il s’éloigne de la plateforme politique Peyizan qui l’avait conduite au pouvoir pour se recentrer sur ses amis. Cela aussi est de bonne guerre. Une constante dans l’histoire de nos élections depuis 1990. Les bourriques peinent pour que les chevaux prennent du galon.
Après le déploiement des délégués, les vice-délégués vont sans doute suivre, puis les maires, et – qui sait – d’autres responsables. Pour les maires, les mandats des édiles sont épuisés. Seule une décision de l’administration précédente les garde en place. Martelly, dans la perspective du renouvellement du tiers du Sénat qui pointe à l’horizon, va sans doute commencer à préparer sa base électorale.
Dans un autre registre, le parlement se divise sur le choix de Garry Conille comme potentiel Premier ministre. Il y a déjà les pour-yeux-fermés et les tièdes. On se demande même s’il ne va pas y avoir un revirement majeur : ceux qui étaient contre Rouzier et Gousse voteront Conille, alors que les alliés d’hier de Michel Martelly bouderont la réconciliation. Sauf que, coup de théâtre encore possible, une unanimité touchante peut accompagner à la primature le jeune désigné.
Conille a l’avantage de n’être pas marqué politiquement (il est le fils de son père, mais ne pouvait pas faire autrement), de n’avoir pas participé aux luttes des dernières années autour ou pour le pouvoir, d’être revenu au pays dans les bagages de Bill Clinton et de la CIRH dans un rôle sans pouvoir de décision.
En passant, on annonce pour cette semaine une visite de Cherryl Mills dans le pays. Le chef de cabinet de Madame Clinton viendra-t-elle apporter son appui à l’ancien chef de cabinet de Monsieur Clinton ?
N’allons pas vite en besogne, la route est longue du palais à la primature.
Frantz Duval / duval@lenouvelliste.com

 

Haïti – Politique :

Garry Conille pourrait déposer son dossier dès demain

07/09/2011 09:49:24

Haïti - Politique : Garry Conille pourrait déposer son dossier dès demainGarry Conille, le Premier ministre désigné a été présenté hier soir, par le Chef de l’État, à divers blocs politiques. Garry Conille en a profité pour exposer brièvement sa vision de l’avenir du pays s’il était ratifié.
Mardi, la Chambre basse, divisée sur le choix du Chef de l’État, a lancé le processus de ratification du nouveau Premier ministre désigné en formant la Commission chargée d’étudier les pièces du dossier du nouveau candidat à la Primature. Cette commission, composée de 9 membres sera présidée par le Député Levaillant Louis Jeune [Desdunes] secondé par Benoit Laguerre comme Vice-président.
Le bureau de la Chambre, présidé par le Député Sorel Jacinthe, invite Garry Conille à faire le dépôt de son dossier rapidement. Selon Jean Tholbert Alexis, le Président du bloc majoritaire à la Chambre basse, le Premier Ministre désigné. Garry Conille, devrait déposer ses pièces demain jeudi.
Au sénat, le Sénateur Fritz Carlos Lebon (Sud / INITE) a fait savoir que «…M. Garry Conille va devoir faire le dépôt de ses pièces dans les jours qui viennent, après que la Commission sénatoriale de vérification aura été formée, pour analyser le dossier de Garry Conille, pour savoir si oui ou non, il est capable d’être le Premier Ministre du pays.
Je ne connais pas M. Garry Conille, j’ai seulement entendu parler de lui, il a été désigné, mais nous ne pouvons pas dire si c’est un choix favorable ou non, il faut que son dossier soit analysé, il faut que nous prenions contact avec plusieurs secteurs dans le pays pour voir si, c’est cette personne que le pays a besoin pour le moment. C’est seulement après ces contacts et l’analyse, que nous pourrons savoir si c’est un bon choix.
Est-ce que le vote d’un parlementaire peut être connu à l’avance, non, il ne peut pas être connu. Vu que c’est une assemblée politique, c’est une décision politique […] il faut des analyses politiques autour du dossier […] on ne peut pas encore parler de ratification, nous ne connaissons pas encore le dossier de Garry Conille […] aujourd’hui, nous cherchons une personne qui puisse répondre aux revendications du peuple haïtien et qui puisse combler ces attentes…»
CV de Garry Conille, MD, MPH :
http://www.haitilibre.com/article-3713-haiti-politique-cv-de-garry-conille-md-mph.html
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3744-haiti-politique-la-ratification-de-garry-conille-risque-d-etre-plus-politique-que-technique.html
http://www.haitilibre.com/article-3743-haiti-politique-dr-garry-conille-3eme-premier-ministre-designe.html
http://www.haitilibre.com/article-3711-haiti-politique-premier-ministre-le-vote-sera-eminemment-politique.html
http://www.haitilibre.com/article-3710-haiti-politique-garry-conille-pourrait-etre-ratifie-selon-joseph-lambert-si.html
http://www.haitilibre.com/article-3699-haiti-politique-reactions-parlementaires-a-l-eventuelle-candidature-de-garry-conille.html
HL/ HaïtiLibre

 

Garry Conille, un choix qui divise les parlementaires

Le sénateur Jean William Jeanty ne voit d’un bon œil le choix de Garry Conille au poste de premier ministre.
Selon l’élu des Nippes, le candidat à la primature n’est pas sorti d’un consensus entre l’exécutif et les différentes sensibilités représentées au parlement.
« Nous nous étions entretenu avec le président Martelly sur la nécessité de dégager un consensus minimum qui s’articule autour de cinq points : le non-renouvellement de la CIRH, la mise en place d’un autre conseil.
électoral provisoire, le remaniement de la loi électorale, la désignation d’un premier ministre de consensus et l’élaboration d’un calendrier du retrait progressif de la MINUSTAH, mais le chef de l’Etat en a procédé d’une autre manière », déplore Jean William Jeanty qui précise par ailleurs que le chef de cabinet de Bill Clinton ne satisfait pas aux exigences de l’article 157 de la constitution haïtienne.
Qualifiant de parfait inconnu le candidat à la primature, le sénateur Fritz Carlos Lebon, membre du groupe majoritaire au Sénat, annonce que c’est la conformité ou non des pièces de Garry Conille qui conditionnera son vote.
Quant à lui, le sénateur Wenceslas Lambert pense que Garry Conille a de forte chance de trouver la bénédiction du groupe majoritaire au Sénat. Pour sa part, le premier sénateur du Sud-est, Edwin Zenny, proche du président Michel Joseph Martelly, se dit prêt lui aussi à accorder un vote favorable au premier ministre désigné.
« Ma décision de voter en faveur de Monsieur. Conille ne saurait me rallier à mes collègues du groupe des 16 », précise le sénateur Zenny.
Depuis la désignation du Docteur Conille, le parlement est devenu le terrain où s’affrontent les idées. Si certains parlementaires se disent partisans du vote technique, d’autres ne s’attachent qu’au coté politique du vote en vue de la ratification du prochain premier ministre. GA/Radio Métropole Haïti

 

L’interconnexion Digicel-Natcom toujours dans l’impasse

La commission travaux publics transport et communication du sénat s’est entretenu ce mardi avec les responsables de la Digicel et de la Natcom, ainsi que le ministre des TPTC, Jacques Gabriel et le directeur du Conseil National des Télécommunications, autour de l’interconnexion entre les deux compagnies.
« Techniquement tout est prêt pour rendre effective cette interconnexion, mais le tarif des appels renvoie dos à dos les responsables des deux réseaux », a laissé entendre Jean Jaunasse Elysée.
Alors que la Digicel envisage de fixer les appels sortants à quatre gourdes la minute, la Natcom propose un cout moins élevé, soit trente centimes de gourde.
D’ici le début de la semaine prochaine, un accord commercial sera conclu entre la Digicel et la Natcom, promet le directeur du Conatel.
Pour le président de la commission TPTC du sénat, le sénateur Jean William Jeanty, seule une entente commerciale pourrait favoriser l’interconnexion des deux compagnies, vu le caractère désuet de la loi sur les télécommunications en Haïti qui date de 1977.
Ainsi, le parlementaire dit souhaiter que la 49ème législature votera de nouvelles lois relatives à la modernisation et l’actualisation du secteur des télécommunications dans le pays.
L’élu des Nippes estime nécessaire que les concernés, notamment l’organe régulateur, Conatel, prennent le temps qu’il faut afin de résoudre les problèmes auxquels sont confrontés les opérateurs qui, selon lui, vont au-delà du simple coût des appels.
GA/Radio Métropole Haïti

 

Culture et éducation au cœur du programme de Michaelle Jean en Haiti

7 septembre 2011

En visite en Haïti du 31 août au 7 septembre 2011, l’Envoyée spéciale pour ce pays de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO), Michaelle Jean, en plus de rencontrer les plus hautes autorités du pays et les représentants des organisations internationales à Port-au-Prince, a visité les sites historiques et touristiques de Jacmel, Léogâne et du Cap-Haïtien et eu des échanges avec les autorités locales de ces villes où s’est rendue.

LE TITRE DE L’ARTICLE

galeriePhoto : Victoria Hazou – UN/MINUSTAH

Lors d’une conférence de presse organisée la veille de son départ, Michaelle Jean a prôné « le renforcement des capacités proprement haïtiennes » tout en reconnaissant qu’Haïti avait besoin d’être « accompagnée sur le long terme ».

L’éducation gratuite au cœur du programme du président Joseph Martelly -qu’elle a rencontré deux fois-, a tenu une bonne place dans l’agenda de Mme Jean qui a rappelé qu’il y avait des accords entre l’UNESCO et Haïti sur ce thème. L’Envoyée spéciale a toutefois insisté sur la « bonne qualité de l’éducation », indiquant que son organisation était « fin prête pour passer à l’action concernant l’éducation gratuite ».  

« Je suis venue soutenir le grand projet de la reconstruction du système d’éducation publique par le renforcement des capacités institutionnelles, construire les contenus, les curricula, la réglementation qui devrait régir l’ensemble des écoles en Haïti », a déclaré Mme Jean.

En plus de l’éducation, la culture a aussi été un des volets du séjour de Mme Jean qui a souligné « que des fonds étaient disponibles pour la culture ».

C’est ainsi qu’elle a visité, le 2 septembre, à Jacmel, -dans département du Sud-Est-, des projets soutenus par l’UNESCO à travers l’Institut de Sauvegarde du Patrimoine National (ISPAN). Il s’agit de l’ancienne prison qui doit être transformée en musée, du Centre de l’artisanat du Sud-Est, de l’Atelier-Ecole de la Coopération espagnole et de l’Ecole de musique Dessaix Baptiste, « parce que », a-t-elle dit, « l’UNESCO a toute une stratégie qui voit la culture comme moteur de la reconstruction ».
Dans cette ville qui l’a vue naître, Mme Jean n’a pas manqué de s’entretenir avec le Délégué départemental, Ramilus Bolivard, et le maire adjoint de la ville, Ronald Andris.

L’étape de Léogâne -département de l’Ouest-, le 3 septembre, a été l’occasion pour rencontrer, outre les autorités locales, les détenteurs de la tradition, associés à des projets de l’UNESCO portant sur le patrimoine immatériel haïtien, « car l’idée n’est pas de faire les choses à leur place, mais de les accompagner, de faire avec eux ».

Le département du Nord a accueilli en fanfare, le 5 septembre, l’Envoyée spéciale de l’UNESCO, avec ballets, danses, et musiques diverses au programme. Elle y a visité  dans la commune de Milot, le Parc national historique -classé patrimoine mondial de l’UNESCO en 1982- qui abrite des monuments comme le Palais Sans-Souci, la Citadelle la Ferrière et le site des Ramiers. Située à près de 900 mètres d’altitude, La Citadelle La Ferrière domine la baie du Cap-Haïtien, la ville du Cap-Haïtien et les communes de la Plaine du Nord et de Grande Rivière du Nord.

« L’idée est d’établir un état des lieux et de voir l’état des travaux et des projets que l’UNESCO veut accompagner et soutenir », a fait savoir Mme Jean.

Arrivée au terme de sa visite, l’Envoyée spéciale a souhaité « la formation d’un gouvernement » afin d’avoir des interlocuteurs notamment aux ministères de l’Education et de la Culture, car « il y a des projets qui devraient débuter, aussitôt le gouvernement en place ».

 

Haïti-Education :

Ceaal-Haïti plaide pour un plan global de scolarisation et d’alphabétisation

P-au-P, 7 sept. 2011[AlterPresse] —Le collectif haïtien du conseil d’éducation des adultes pour l’Amérique Latine et les Caraïbes (Ceaal-Haïti) prône un plan global de scolarisation et d’alphabétisation, en marge d’un séminaire organisé, le 6 septembre 2011, pour marquer la 44e journée mondiale de l’alphabétisation (journée mondiale consacrée le 8 septembre de chaque année).

« Il faut un plan global pour que tout le monde (les enfants, les jeunes et les personnes âgées) puisse savoir lire et écrire », déclare William Thélusmond chargé de liaison au niveau du Ceaal-Haïti, qui critique le plan de scolarisation gratuite du président Michel Joseph Martelly.

Le président haïtien promet, en effet, de favoriser l’accès gratuit aux établissements scolaires à plusieurs centaines de milliers d’enfants au cours de son mandat.

Cependant, Thélusmond dit noter une modification dans le discours du chef de l’État sur le sujet.

« Le président parlait de tous les enfants lors de sa campagne électorale, maintenant cela commence à être différent. Le président parle, à présent, d’enfants de rue ou d’enfants habitant telles zones ou tels quartiers », déplore Thélusmond.

Pour lui, « tous les enfants doivent avoir accès à ce programme d’éducation gratuit(…), ce à tous les niveaux de leur cycle d’études scolaires ».

« Cela doit être clair et précis, il faut que la présidence intègre son programme dans un plan global tenant compte de la quantité d’enfants à scolariser dans tout le pays, où ils sont, puis quand et comment ils iront à l’école », ajoute t-il, recommandant « l’augmentation du nombre d’écoles publiques dans le pays ».

Pour concrétiser son projet, Martelly a lancé, après son investiture en mai 2011, le fonds national pour l’éducation (Fne), qui consiste à prélever, une certaine somme d’argent sur les transferts d’argent (en provenance de la diaspora) et sur les frais d’appels internationaux.

Jusqu’ici, aucune loi ne régit ce fonds.

L’argent, pour alimenter le Fne, devrait être « tiré du budget de l’État dans le respect des normes fiscales », souhaite le chargé de liaison du Ceaal-Haïti.

« Un pays ne peut avoir de démocratie, un pays ne peut avoir de développement si près de la moitié de la population ne sait ni lire ni écrire », affirme Thélusmond, qui considère l’alphabétisation comme un outil fondamental dans tout pays démocratique et développé.

Le Ceaal-Haïti plaide pour une alphabétisation décentralisée qui implique les populations et les organisations de la société civile.

« L’alphabétisation ne doit pas être l’affaire de quelques mois », mais doit garantir aux alphabétisés une formation de niveau scolaire des classes fondamentales, y compris une formation technique, souligne le Ceaal-Haïti.

Le collectif préconise également l’intégration du Créole haïtien dans tous les espaces de la vie sociale et sa mise à profit dans le cadre de l’alphabétisation. [rh kft rc apr 07/09/2011 9:32]

 

Milot, une perle à mieux valoriser

Personne ne peut visiter Milot, l’une des communes du département du Nord, et repartir sans nourrir l’idée d’y retourner. A côté de l’hospitalité de ses 35 000 habitants, la commune abrite la citadelle La Ferrière, le palais Sans Soucis et l’hôpital Sacré-Coeur qui font sa renommée.

Le Dr Bernès E. Chalumeau

Une vue de l’hôpital Sacré-Coeur

La façade principale de la mairie

Milot constitue pour Haïti une référence en matière de couverture végétale. Les mornes verdoyantes qui entourent le centre-ville, voire la commune, le protègent contre les cyclones et les inondations récurrentes qui ont frappé le pays ces dernières années. « La population participe à la protection de l’environnement », a répondu avec fierté le maire de Milot, Paul Telfort, quand on lui demande comment son administration arrive à garder la commune boisée.
Abritant la citadelle La ferrière et le palais Sans Soucis, Milot a tous les atouts pour être placé sur la carte touristique mondiale. « Grâce à cette héritage du roi Henri Christophe, la renommée de la commune dépasse les frontières d’Haïti, a souligné le maire Telfort. Des ressortissants de tous les pays viennent ici pour visiter la citadelle. » Il a par ailleurs rappelé que Milot avait reçu la visite des anciens présidents Bill Clinton et Léopold Sédar Senghor.
Cogéré par l’ISPAN et la mairie, le parc historique et touristique de Milot rapporte peu sur le plan financier. Comme partout dans le pays, les jeunes de la zone passent la majorité de leur temps à jouer aux cartes, au domino ou à blaguer. Il existe très peu de différence entre les jours fériés et les jours de travail. Le parc historique et touristique, les quelques institutions publiques et l’hôpital Sacré-Coeur sont les rares pourvoyeurs d’emplois dans la commune.
Pourtant, les fils et filles de Milot pourraient gagner leur vie dignement à partir du tourisme. En visitant la citadelle et le palais Sans Soucis, on se demande ce qui a été fait pour attirer les touristes étrangers, voire les Haïtiens de la diaspora. Jusqu’à la semaine écoulée, le cahier où est inscrit le nom des visiteurs au parc touristique de Milot pendant les vacances d’été n’avait que quelques pages de remplies. Et la plupart des visiteurs sont des écoliers venant du département du Nord. « Des fois, on passe une journée sans recevoir aucun touriste », a déclaré un jeune homme dans la trentaine rencontré au bureau d’accueil du site.
Les touristes qui choisissent de visiter la citadelle et le palais Sans Soucis repartent souvent émerveillés et satisfaits, mais sans trouver des offres pour vider leurs poches. Le parc historique, voire la commune de Milot, ne dispose pas de musée, ni de restaurant, ni de galerie d’art pouvant porter les touristes à mettre la main à la poche. Après avoir payé les frais de visite (5 dollars pour les étrangers et 25 gourdes pour les Haïtiens), le visiteur a le choix de payer un guide, louer un cheval ou une motocyclette pour se rendre à la citadelle. Et sur la route, il n’y a que des marchands en ordre dispersés qui offrent des produits artisanaux ou des fruits aux touristes. Un recueil de poèmes sur la citadelle et un poster sont les seuls produits disponibles sur les lieux. « Il est un fait que Milot n’exploite pas assez la citadelle La Ferrière », estime Monsabel Telfort, un entrepreneur de Milot. Il compte inaugurer bientôt un supermarché et un hôtel dans la commune qui l’a vu naître. Conscient du manque d’infrastructures qui caractérise la zone, M. Telfort dit vouloir s’engager à travailler avec d’autres professionnels natifs de Milot en vue d’aider à son développement.
Parallèlement au manque d’infrastructures, on constate que Milot perd peu à peu de sa beauté. Au su et vu des autorités communales, les gens remplacent les anciennes maisons de style colonial par des masses de béton.
L’hôpital Sacré-Coeur, l’âme de Milot
A côté du parc historique et touristique, l’hôpital Sacré-Coeur, fondé en 1986, constitue la plus importante institution à Milot. « Cette institution sanitaire représente l’âme de Milot du point de vue économique, social et communautaire », a commenté son directeur, le Dr Bernès E. Chalumeau. A part les soins de base (une clinique externe, les services de maternité complète, des soins en pédiatrie et un laboratoire complet), l’hôpital fournit aussi des soins spécialisés dans plusieurs domaines, notamment en chirurgie orthopédique et urologie. Et dans les prochains mois, la direction de l’hôpital compte rouvrir sa clinique cardio-vasculaire.
Même si l’institution est basée dans la commune de Milot, 75% de ses patients viennent d’ailleurs, surtout du Cap. Les 16 médecins de service, souvent avec l’aide de volontaires américains, auscultent jusqu’à 400 patients par jour. Avec trois salles d’opération, l’hôpital réalise quelque 3 000 interventions chirurgicales par an. Et le nombre de patients pris en charge annuellement oscillent entre 50 000 et 60 000.
Grâce aux subventions de la Fondation Crudem basée à Massachusetts aux Etats-Unis, l’hôpital Sacré-Coeur, institution privée à but non lucratif, fournit des soins de qualité à un prix abordable. « Notre objectif, c’est d’offrir des soins de qualité en partie envers les plus pauvres », a précisé le Dr Chalumeau. Il a par ailleurs ajouté que les prix sont non seulement abordables, mais ausi que le malade peut décider de payer lors de son admission ou après l’exeat.
L’hôpital entretient de bons rapports avec le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP). Sur les 312 employés de l’institution, 10 sont nommés et payés par l’Etat haïtien. De plus, l’hôpital reçoit des résidents en service social et fournit un rapport mensuel au MSPP sur son fonctionnement.
Après le séisme du 12 janvier 2010, l’hôpital Sacré-Coeur avait ouvert ses portes aux victimes. 618 sur les 1200 blessés admis ont été opérés avec l’aide de volontaires étrangers.
Qu’en est-il des sections communales ?
Si Milot est bien côté dans le domaine de la santé, tel n’est pas le cas pour ce qui concerne l’éducation. Selon le maire Paul Telfort, la commune dispose de plusieurs écoles privées et publiques arrivant jusqu’à la philo. La tourmente commence souvent après les études classiques. Il n’existe pour toutes les sections qu’une école normale d’instituteurs et d’une école professionnelle. Les jeunes voulant entrer à l’université sont contraints de se rendre au Cap-Haïtien, à Port-au-Prince ou en République dominicaine. « Pourtant sous le règne du roi Henri Christophe, Milot disposait d’une école de médecine, d’une académie militaire et d’une école des beaux-arts », a souligné le premier citoyen de la commune.
Même si Milot fait face à certains problèmes, notamment dans le domaine des infrastructures, ses habitants ou du moins ceux qui habitent le centre-ville n’ont pas trop à se plaindre. « La situation est différente dans les sections communales, a fait savoir le maire. Le manque d’infrastructures y est criant dans tous les domaines ».
Le passage du président Michel Martelly à Milot pendant la semaine touristique donne beaucoup d’espoirs à la population, surtout aux jeunes. Ils croient que leur commune va pouvoir tirer bientôt de grands profits de ses sites touristiques.
Jean Pharès Jérôme / pjerome@lenouvelliste.com

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