jeudi 08 septembre 2011

8 Sep

Résidence ou non du Dr Conille ? Mirlande Manigat explique…

08/09/2011 09:07:19

Haïti - Politique : Résidence ou non du Dr Conille ? Mirlande Manigat explique...La question de résidence de Dr. Garry Conille, troisième Premier Ministre désigné, par le Chef de l’État fait débat. Mirlande Manigat explique ce qui pourrait être considéré comme résidence et ce qui ne peut pas l’être. N’ayant pas connaissance des pièces présentées par le candidat, Mirlande Manigat ne prétend pas apporter une réponse catégorique sur le sujet, mais son intervention devrait apporter quelques éléments pertinents sur la question de résidence tant controversée.
«…Le Dr. Conille, je ne le connait absolument pas, je ne peux pas dire non plus que le nom de son père m’est plus familier que le sien propre. En ce qui concerne le respect des conditions énumérées à l’article 157, concernant la résidence, j’ai entendu avec beaucoup d’intérêt des déclarations faites par-ci par-là. Le statut de fonctionnaire international, ce n’est pas celui d’un diplomate, non plus le statut d’un Haïtien qui représente Haïti dans une organisation internationale. Éric Pierre par exemple, par deux fois avait été pressenti pour être Premier Ministre, il représentait Haïti à la Banque Interaméricaine de Développement [BID], donc il bénéficiait de ce qu’on appelle l’extraterritorialité dont bénéficie les diplomates. Le diplomate par définition, ne vis pas en Haïti, il représente son pays et bénéficie de l’extraterritorialité. Tandis que des haïtiens qui travaillent dans des organisations internationales, NON, ils n’ont pas le statut de diplomate et ne bénéficient pas de l’extraterritorialité.
Maintenant, il faudrait voir le dossier [du Dr Conille] au complet pour savoir si oui ou non son dossier répond aux exigences de l’article 157. Je peux simplement intervenir sur ce point précis, j’ai entendu parler des conventions de Vienne de 1962; les conventions de Vienne concernent la vie diplomatique et consulaire, pas le cas d’un fonctionnaire des Nations Unis, ou de la Banque Interaméricaine ou de l’UNESCO qui travaille pour l’UNESCO, pour la Banque Interaméricaine, pour l’ONU mais ne représente pas Haïti. Vous voyez, c’est ça la petite différence. J’ai entendu dire aussi, que d’après une résolution des Nations Unis que je connais, que lorsqu’il remplit une feuille pour sa nomination, on lui demande quel est son lieu de résidence… Est-ce qu’il a mit Haïti avec une adresse ? Je ne sais pas, il faudrait donc voir s’il a mis Haïti et une adresse en Haïti et que cette adresse est permanente. Comment évalue t-on la permanence d’une adresse ? Par l’impôt locatif s’il est propriétaire. Si j’ai une adresse en Haïti, j’ai une maison en Haïti, je paie un impôt locatif à la DGI chaque année, voilà une preuve. Donc, il faut voir quels sont les documents qu’il va présenter, pour l’instant je ne peux intervenir que sur le plan du principe, à savoir qu’un fonctionnaire international, n’a pas le statut d’un diplomate donc il ne bénéficie pas de l’extraterritorialité […]
…on peut présumer sinon qu’il [Dr. Conille] est le choix de M. Clinton, qu’il a l’approbation de M. Clinton. Ce qu’on peut dire aussi, c’est que ça va poser un problème au niveau de la CIRH, […] il va se trouver que ce Premier Ministre haïtien soit aussi un collaborateur très proche de M. Clinton… donc il sera peut-être un M. Clinton bis […] on a des présomptions…
Le fait qu’il est fait une carrière internationale n’est pas cela qui pourrait le frapper d’une sorte d’incapacité juridique ou politique, il y a les circonstances, le contexte général dans lequel cette nomination a été effectuée [qu’il faut considérer]… »

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3754-haiti-politique-debats-passionnes-autour-de-la-candidature-de-garry-conille.html
HL/ HaïtiLibre

 

Haïti – Sécurité :

L’Inspecteur Général de la PNH démissionne

08/09/2011 11:59:33

Haïti - Sécurité : L’Inspecteur Général de l’IGPNH démissionneFritz jean, l’Inspecteur Général de l’Inspection Générale de la Police Nationale d’Haïti (IGPNH), a remis sa démission au Ministre de Justice et de la Sécurité Publique par intérim, Jean-Max Bellerive.
Cette démission intervient suite à un conflit qui oppose l’IGPNH à Mario Andrésol, Directeur Général de la Police Nationale d’Haïti (PNH) dans la mort inexpliquée de Serge Démosthène, dans le dossier de l’assassinat du Président du Conseil d’Administration de la Banque Nationale de Crédit (BNC), Guiteau Toussaint.
Fritz jean explique également, qu’il lui est impossible d’empêcher les violations des droits de l’homme au sein de la PNH en raison d’obstruction à ses efforts, par le Directeur Général Mario Andrésol.


De plus, il se plaint de la décision récente du Directeur Général de la PNH, de transférer le seul inspecteur qui l’assistait, alors que l’IGPNH, aurait besoin de 6 inspecteurs pour fonctionner efficacement….


« J’attire l’attention des autorités de l’État, de mes supérieurs et de la société, que ce transfert survenu suite au résultat de l’enquête diligentée autour du décès du nommé Serge Démosthène au commissariat de Pétion-ville, est orchestré par le directeur général en vue de détruire l’élan, le dynamisme et surtout l’indépendance de l’IGPNH dans la conduite de ses enquêtes » affirme Fritz jean dans sa lettre.
lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3306-haiti-police-nouveau-commissaire-de-police-a-petion-ville.html
HL/ HaïtiLibre

 

L’Uruguay présente ses excuses à Haïti

Ce mardi 6 août, le président uruguayen José Mujica, par lettre transmise au président Michel Martelly -dont le Nouvelliste a obtenu copie- a présenté ses excuses au peuple haïtien. Alors que la mission de l’Onu en Haïti (MINUSTAH) et les services du Secrétaire général des Nations-unies jouent la prudence, c’est la première victoire que la présidence et le peuple haïtien obtiennent dans le dossier du viol présumé d’un adolescent par des soldats uruguayens à Port-Salut.
Autre victoire morale, ce mercredi matin, c’est un journal uruguayen, La Juventud, qui publie en première page une tribune avec ce titre : « Que le peuple haïtien juge les criminels » !
L’auteur, rapporte RFI, explique que ces crimes, s’ils sont avérés, doivent être sévèrement punis mais que le peuple haïtien a le droit d’exercer sa justice.
Selon les conventions de l’ONU, tout soldat d’une force onusienne doit être jugé dans son pays d’origine. L’Uruguay a d’ores et déjà annoncé qu’ils seront extradés et jugés dans leur pays. Le journal se fait aussi l’écho du mécontentement du peuple et du parlement haïtien, souligne la radio mondiale.
Dans sa lettre signée aussi du ministre de la Défense de l’Uruguay, le président Mujica s’est excusé auprès du président et du peuple d’Haïti pour l’agression sexuelle alléguée commise contre un jeune Haïtien par des casques bleus de son pays. Il s’est dit honteux et a promis les sanctions les plus sévères contre les responsables.
Premier président d’une des composantes de la Minustah a s’excuser pour des faits commis par des soldats de son pays, José Mujica demande pardon au président et «au peuple héroïque et bien-aimé d’Haïti», pour ce qu’il décrit comme «le comportement criminel et embarrassant» de quelques Uruguayens.
Le président Mujica se dit d’accord avec M. Martelly, qui a décrit l’agression sexuelle alléguée comme un affront «à la conscience nationale du peuple haïtien».
« Je partage votre tristesse que je ressens comme la mienne », indique le président uruguayen, José Mujica. Toutefois, il souligne que les dommages sont irréparables.
Ces excuses officielles sont venues quelques heures après la comparution du ministre de la défense de l’Uruguay, Fernandez Huidobro, devant le comité de défense de la chambre des députés concernant le rapport de l’enquête menée contre cinq officiers impliqués dans ce scandale d’abus sexuels, selon le site haïtien Alterpresse.
M. Mujica a affirmé se sentir personnellement honteux pour ses compatriotes et a offert ses excuses au nom des forces armées uruguayennes. Il a aussi promis une enquête complète et affirmé que les responsables écoperaient des peines les plus sévères. La lettre portait aussi la signature du ministre uruguayen de la Défense, Eleuterio Fernandez Huidobro, rapporte le site du journal Metro de Montréal.
Des collaborateurs de M. Huidobro ont déclaré mercredi à l’Associated Press que le ministre leur avait interdit de divulguer d’autres informations sur cette affaire après qu’un porte-parole eut décrit l’incident comme une «mauvaise blague».
Le scandale a éclaté la semaine dernière quand un casque bleu uruguayen a prêté son téléphone cellulaire à de jeunes Haïtiens, qui y ont découvert une vidéo montrant le jeune homme de 18 ans apparemment agressé dans une base de l’ONU. Dans la vidéo, on entend la victime alléguée répéter «pas de problème», tandis que les casques bleus crient et le maintiennent sur un matelas pendant que l’un des soldats simule un acte sexuel entre ses jambes et le frappe.
Cette affaire de viol arrive à un mauvais moment pour la Minustah, les ministres de la Défense et des Affaires étrangères des pays de l’UNASUR comptant des casques bleus en Haïti se réuniront ce jeudi 8 septembre à Montevideo pour discuter d’un possible « retrait progressif » de leurs troupes du pays.
Cette éventualité a été évoquée pendant des mois par le Brésil qui dirige la Minustah et qui estime nécessaire de réduire progressivement la présence de plus de 12. 000 hommes en Haïti. «Le maintien des troupes en Haïti ne serait pas bénéfique pour le pays dans le long terme », a déclaré le lundi 5 septembre le nouveau ministre brésilien de la Défense, Celso Amorim sur les ondes de BBC Brasilia. Ces déclarations ont été confirmées par le bureau de presse du ministère de la Défense, qui a précisé cependant qu’il n’y avait pas de calendrier pour commencer le retrait des troupes.
F.D
avec RFI, Alterpresse, HPN et Metro

 

Sans attendre le prochain gouvernement, Martelly donne l’investiture à dix nouveaux délégués départementaux

Affirmation de l’autorité de l’Etat, défense du bien public et abandon de toute velleité de se substituer à la police dans ses fonctions répressives, telle est la mission confiée par le chef de l’Etat à ses représentants directs, parmi eux certains de ses proches et l’ex-Sénateur du sud, Gabriel Fortuné

Publié le mercredi 7 septembre 2011

Le Président Michel Martelly a procédé mardi à l’installation de dix nouveaux délégués devant représenter l’Exécutif dans les différents départements géographiques du pays, une première vague de nominations qui pourrait annoncer un changement de cap politique avec un gouvernement démissionnaire aux commandes alors qu’une telle disposition ne peut être prise qu’en conseil des ministres, selon la constitution.

L’article 142 de la charte fondamentale stipule que « par arrêté pris en Conseil des Ministres, le Président de la République nomme les directeurs généraux de l’Administration publique, les délégués et vice-délégués des départements et arrondissements. Il nomme également, après approbation du Sénat, les conseils d’administration des organismes autonomes ».

Parmi les nouveaux responsables d’Etat figurent l’ancien Sénateur du sud, Gabriel Fortuné, affecté au même département, et Gonzague Day de la famille de l’ancien préfet de Port-au-Prince sous Duvalier, Edner Day, nommé dans l’ouest.

Dans les Nippes (sud-ouest), le choix de Martelly surnommé « Sweet Micky » s’est porté sur Alex Tropnas, un ex-guitariste de son groupe de Compas Direct.

Dans son allocution de circonstance, le chef de l’Etat a mis l’accent sur la mission confiée à ses représentants fondée sur le « respect de l’autorité de l’Etat et la recherche du bien-être généralisé au profit des citoyens » tout en les mettant en garde contre « l’arbitraire, les exactions et les abus d’autorité ». A ce propos, il a été explicitement souligné à leur attention que les délégués n’ont pas à exercer la fonction répressive dévolue à la police.

Cette cérémonie d’investiture s’est déroulée notamment en présence de plusieurs membres du gouvernement démissionnaire comme les ministres de l’intérieur, Paul Antoine Bien-Aimé, et de la santé, Alex Larsen, du directeur général de la Police Nationale, Mario Andrésol, de plusieurs parlementaires dont le Sénateur Edwin Zenny, très proche de M. Martelly, et de l’Atih national, Max Beauvoir, chef suprême des vodouisants.

Voici la liste complète des dix nouveaux délégués départementaux :

Gonzague Day (ouest) Yvon Altéon (nord) Hugo Charles (nord-est) Gabriel Fortuné (sud) Pierre Michel Lafontant (sud-est) Emmanuel Rémy (nord-ouest) Georges Garnier (centre) Jean Michel Auguste (Artibonite) Alex Tropnas (Nippes) Norman Wiener (Grand’Anse) spp/Radio Kiskeya

 

Nouvelle tâche pour l’ancien président Bill Clinton

08/09/2011

L’ex-président Bill Clinton est nommé président du « Conseil Consultatif Présidentiel pour le Développement Economique et l’Investissement » par le président haïtien Michel Martelly. Il sera investit aujourd’hui au Palais national.
Rappelons que M. Clinton co-préside la CIRH avec le premier ministre sortant Jean-Max Bellerive WPC/LM

 

Haïti – Télécommunication :

L’ère Natcom commence aujourd’hui…

08/09/2011 11:06:33

Haïti - Télécommunication : L’ère Natcom commence aujourd’hui...Le Président haïtien Michel Martelly, en compagnie du vice-Président Nguyen Manh Hung de la compagnie Viettel, du PDG de Viettel, de l’Ambassadeur du Vietnam à Cuba, de Charles Castel, Gouverneur de la Banque Centrale, membre du conseil d’administration de Natcom, de Robin Padberg, PDG de Voilà et d’autres représentants du secteur des affaires et plusieurs parlementaires, a procédé hier, au lancement officiel des services de la compagnie téléphonique haïtiano-vietnamienne Natcom.
Détenue à 60 % par la Viettel [cie vietnamienne] et 40 % par l’État Haïtien, la Natcom [ex Téléco] est la 4e compagnie de téléphonie mobile à se lancer sur le marché après Haitel, Comcel [Voilà ] et la Digicel.
Le Chef de l’État a annoncé que l’interconnexion que réclamaient depuis plusieurs mois les clients de la Natcom est désormais une réalité, entre Natcom et Digicel, bien que des négociations se poursuivent toujours avec la DIgicel, selon Yves Armand, Directeur-adjoint de la Natcom.
Le Président Martelly a déclaré que la Natcom va contribuer au développement de ce secteur et a également salué la nouvelle compagnie téléphonique pour ses activités humanitaires comme l’aide aux victimes du séisme de 2010, les services Internet pour les écoles et des tarifs préférentiels sur les services de téléphonie mobile pour les étudiants, la police et les plus démunis.
Dans son allocution, Yves Armand expliqué :
«… on a signé un contrat le 1er septembre de l’année dernière et aujourd’hui, le 7 septembre, un an après nous sommes prêt a commencer officiellement la commercialisation des produits de la Natcom […] après un an seulement, la Natcom est devenu le plus grand réseau de télécommunication en Haïti. En effet, avec plus de 3,000 km de fibre optique déjà posées [reliant les différentes communes du pays], 1,000 BTS (Base Transceiver Station), et 1000 antennes installées, la Natcom peut fièrement aujourd’hui dire qu’elle est le plus grand réseau d’Haïti […] aujourd’hui la Natcom compte plus d’antennes 2G et 3G à travers le pays que tous les autres opérateurs réunis.
La Natcom va offrir gratuitement l’Internet à toutes les écoles publiques du pays. Plus de 91 écoles reçoivent déjà les services d’Internet de la Natcom gratuitement et la compagnie a offert gratuitement, à tout les étudiants universitaire du pays, 50,000 cartes SIM pour leur besoin en éducation.
La Natcom de part son contrat qu’elle a signé avec l’État haïtien, a la vocation d’être non seulement une entreprise commerciale, mais une entreprise nationale branchée sur les besoins du pays. Elle va aider la population haïtienne, le gouvernement haïtien, toutes les institutions, le secteur de la santé à avoir des moyens de communication de meilleurs qualité et du plus haut niveau.
La Natcom compte aussi a aider le gouvernement à mieux gérer, contrôler toutes les activités au niveau du pays et elle a décidé d’offrir au gouvernement haïtien, 30 salles de vidéo-conférence. Ils n’ont qu’à nous dire où les installer, dés que le nouveau gouvernement sera formé […] 3 de ces salles sont déjà installées. »

« …la Natcom est de très loin le meilleur et le plus grand réseau d’Haïti », affirme Yves Armand précisant que Natcom est la seule compagnie à couvrir les dix départements et la totalité des communes haïtiennes. Selon lui, l’installation de 1,000 BTS à travers le pays est un nombre 30% supérieur à tous les BTS installés par la Digicel ces 10 dernière années…
La nouvelle compagnie entend s’imposer grâce a ses atouts technologiques et un marketing agressif. « Les innovations que compte apporter la Natcom sont au niveau de l’exploitation de la fibre optique, du téléphone filaire, de la DSL, de l’Internet à haut débit et à grande vitesse », a indiqué M. Armand. Par ailleurs, via la fibre optique sous-marine qui relie Haïti avec les USA en passant par les Bahamas, la compagnie ouvre son champ de connexion d’Internet en Haïti vers l’étranger.
Selon ses dirigeants, Natcom est elle est la première compagnie et pour le moment la seule à offrir le service 3G. Natcom entend faire baisser les prix des minutes d’appels, « de 20% », à en croire son Directeur-adjoint et introduire en Haïti des programmes sociaux qui ont déjà fait leurs preuves ailleurs.
Les dirigeants de la compagnie ont annoncé que la Natcom, va apporter une contribution de 0,5 centime de plus que les autres opérateurs téléphoniques au Fonds National pour l’Éducation (FNE) créé à l’initiative du chef de l’Etat
La compagnie avait déjà 250 000 abonnés plus d’un mois avant son lancement officiel, selon Yves Armand et fin 2012 Natcom vise deux millions d’abonnés à ses services cellulaires.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3751-haiti-telecommunication-accord-d-interconnexion-entre-digicel-et-natcom.html
HL/ HaïtiLibre

 

Natcom et Digicel désormais interconnectées, selon Michel Martelly

Cette annonce qui devait se concrétiser mercredi soir, le chef de l’Etat l’a faite lors du lancement officiel des opérations commerciales de la compagnie téléphonique haïtiano-vietnamienne

Publié le jeudi 8 septembre 2011

Le Président Michel Martelly a annoncé que l’interconnexion que réclamaient depuis plusieurs mois les clients devait être effective mercredi soir entre Digicel et Natcom, lors du lancement officiel des services de la compagnie téléphonique haïtiano-vietnamienne au Karibe Convention Center.

Fruit d’un accord conclu en 2009 entre l’Etat haïtien et la firme vietnamienne Viettel, Natcom avait, ces dernières semaines, lors de plusieurs auditions réalisées au Sénat, appelé les autorités à imposer la règle de l’interconnexion à tous les concurrents présents sur le marché.

Les dirigeants de la compagnie ont également profité du démarrage des opérations commerciales pour annoncer que Natcom va apporter une contribution de 0,5 centime de plus que les autres opérateurs téléphoniques au Fonds national de l’éducation (FNE) créé à l’initiative du chef de l’Etat –mais, en dehors de tout cadre légal- en vue de financer le projet de scolarisation universelle gratuite.

La cérémonie de lancement s’est déroulée en présence de nombreuses personnalités dont le PDG de Viettel, l’ambassadeur du Vietnam à Cuba, le gouverneur de la Banque centrale, Charles Castel, membre du conseil d’administration de Natcom, Robin Padberg, PDG de Voilà, deuxième opérateur mobile sur le marché, d’autres représentants du secteur privé des affaires et plusieurs parlementaires.

Utilisant une stratégie de marketing très agressive, la direction de Natcom mise aussi, pour s’imposer dans un environnement concurrentiel dynamique, sur une panoplie d’atouts technologiques allant du programme 3G à la mise en place d’un réseau national de 3.000 kilomètres de fibre optique en passant par l’installation gratuite de connexions internet dans plusieurs écoles et la promesse d’un don de 30 centres de téléconférence à l’Etat haïtien.

Depuis la disparition de la compagnie d’Etat TELECO suite à une politique de démantèlement des entreprises publiques, les vietnamiens contrôlent 60% des actions de Natcom contre 40% conservées par la partie haïtienne. spp/Radio Kiskeya

 

Natcom ne cédera pas aux « intimidations »

La Natcom a officiellement lancé, ce mercredi, ses opérations en Haïti. En cette occasion, la compagnie téléphonique a mis en garde ses concurrents et promet de faciliter l’accès à l’internet dans tout le pays.

Yves Armand, assistant directeur général de Natcom

Hung Nguyen Manh, directeur général adjoint de Viettel

La National Communication (Natcom), qui a lancé officiellement, ce mercredi, ses opérations en Haïti, a fait comprendre à ses concurrents et à la population haïtienne qu’elle ne se laissera pas intimidée. Ses responsables promettent de respecter les lois haïtiennes en mettant en relief quelques réalisations : après moins d’une année, la totalité des communes du territoire est déjà desservie. Selon la compagnie, 250 000 abonnés sont déjà souscrits à son service mobile après un mois d’essais, 3 000 kms de fibres optiques déployés sur toute l’étendue du territoire. Natcom promet de faire chuter les prix jusqu’à 50% de ce qu’ils représentent aujourd’hui sur le grouillant marché des télécommunications.
Natcom est arrivée sur un terrain où trois operateurs de téléphonie mobile se partageaient déjà le marché. Mais des difficultés jonchent le secteur. En témoigne, l’épineuse question de l’interconnexion avec la Digicel. Le problème de l’interconnexion constitue, aux dires de l’assistant directeur général de Natcom, Yves Armand, un blocage à l’entrée de la Natcom sur le marché haïtien. « …Tous ceux qui se font là maintenant, ce sont des barrières dressées pour empêcher à la Natcom de rentrer sur le marché […] Nous sommes en train de travailler afin de trouver les moyens qu’il faut pour faire disparaitre les barrières », a-t-il déclaré devant un groupe de journalistes.
Yves Armand, s’enorgueillit du programme d’accès à internet gratuit offert à toutes les écoles publiques haïtiennes. M. Armand à qui il manquait de mots pour qualifier l’originalité et l’unicité du programme de prise en charge de la jeunesse haïtienne rappelle : « La Natcom a décidé d’offrir l’internet à haut débit à toutes les écoles publiques. Environ 50 000 étudiants ont bénéficié d’une carte SIM 3G pouvant leur permettre d’effectuer des recherches sur internet ». Il fait remarquer que des programmes sociaux du même type exécutés par le Groupe Viettel- compagnie mère de la Natcom- au Laos et au Cambodge ont déjà porté fruit.
« La Natcom a réussi la prouesse de dépasser largement son objectif seulement en un mois d’essai. Toutes les communes sont desservies. Pourtant, dans les documents contractuels, Viettel s’était engagé à fournir ses services au niveau de cinq arrondissements du département de l’Ouest et les grandes villes des autres départements », se réjouissent les responsables de la Natcom.
Le directeur général du Groupe Vietel, Thanh Nguyen Duc, qui a assisté à la cérémonie de lancement s’est beaucoup attardé sur les avantages offerts par son réseau 3G. Il promet d’accompagner tous les secteurs vitaux du pays pour le développement de la nation. Il a notamment établi la différence entre cette technologie et son prédécesseur la 2G.
La Natcom promet d’aider le gouvernement haïtien à mieux gérer ses activités. « Nous offrons à l’Etat haïtien trente salles de vidéoconférences », a indiqué M. Armand précisant que la Natcom est une compagnie haïtienne renforcée avec des capitaux du Vietnam.
Le 7 janvier 2010, cinq jours avant le tremblement de terre qui allait bouleverser Haïti et ses infrastructures, le groupe vietnamien Viettel a remporté l’appel d’offres pour la « modernisation du réseau des télécommunications de la Téléco ».Viettel est propriétaire de 60% du capital de la Natcom, Téléco et la Banque de la république d’Haïti (BRH) détiennent les 40 % restants.
Ce groupe possède trois réseaux mobiles au Vietnam et deux autres marchés étrangers : le Laos et le Cambodge. Selon un communiqué de la compagnie Viettel a atteint un record durant quatre années successives (2005-2009) en doublant son revenu par rapport à 2004. En 2010, son revenu a atteint 5 milliards de dollars américains, soit une croissance de 52% par rapport à 2009.
Dieudonné Joachim
djoachim@lenouvelliste.com
Gerard Jeanty Junior
gjeantyjr@lenouvelliste.com

 

Michaëlle Jean : sortir du chacun pour soi et pour son clan

Dans deux prises de parole ce mardi Michaëlle Jean en a mis pour chacun selon son grade en utilisant les mots de l’ancienne journaliste vedette de Radio Canada plus que le ton suave de l’ancienne représentante de la Reine d’Angleterre. Il faut que l’élite haïtienne joue son vrai rôle. Il faut un gouvernement. Il ne suffit pas d’asseoir des enfants dans des salles de classe, il faut s’assurer qu’ils aient des maîtres compétents. Il revient à nous et à nous seuls de prendre en main la destinée de ce pays. Ce n’est pas à la communauté internationale de la faire à notre place. Retour sur les temps forts de la journée.

Dans un exposé tranchant, incisif, qui bouscule le politiquement correct, Michaëlle Jean, envoyée spéciale de l’UNESCO en Haïti sur les questions éducatives, qui animait une conférence à l’université Quisqueya, appelle les élites haïtiennes à « sortir du chacun pour soi et pour son clan » afin de « garder comme point de mire l’intérêt de la collectivité ». Cette tradition de bras de fer qui oppose les Haïtiens les uns aux autres et entrave la gestion politique du pays doit s’effacer au profit d’une prise de conscience essentielle. « Il nous faut baisser cet écran d’indifférence », a martelé madame Jean, comme pour dire halte à cette dégringolade qui nous enfonce davantage dans le gouffre.
L’Haitiano-Canadienne, ex-gouverneure générale du Canada, n’a pas fermé les yeux sur la brulante actualité politique marquée par l’absence d’un Premier ministre plus de trois mois après l’arrivée au pouvoir du président Michel Joseph Martelly. « Il est important d’avoir au plus vite des interlocuteurs », a-t-elle lâché comme signe évident d’impatience de la communauté internationale face à ce vide gouvernemental. A la question d’un journaliste, en marge de la conférence, sur son appréciation de la personne de Garry Conille désigné officiellement pour succéder à Jean-Max Bellerive à la Primature et les suspicions soulevées sur sa candidature, madame Jean a fait montre d’une remarquable prudence : « Il faut attendre que Garry Conille complète la procédure et qu’il prenne la parole lui-même ».
Mais la vérité dans ce tohu-bohu politique, c’est le pays qui ne peut plus attendre ; c’est la masse des infortunés qui croupissent sous des tentes de fortune. « Le chantier est immense », a enchaîné Michaëlle Jean, citant en exemple le programme d’éducation gratuite mis en oeuvre par Michel Martelly qui cible, à ses débuts, environ 140 000 enfants. « Il ne suffit pas d’asseoir ces enfants dans des salles de classe, il faut s’assurer qu’ils aient des maîtres compétents. L’UNESCO dispose, des fonds pour accompagner ce projet spécifiquement dans la formation des maîtres. »
Malgré les grands défis auxquels fait face le pays, l’envoyée spéciale du Canada ne désespère pas. « Les Haïtiens peuvent faire la différence », a-t-elle déclaré, persuadée qu’il y a beaucoup de compétences dans ce pays, malgré le fait que nous disposons de très peu de moyens. La capacité de création des jeunes est un bon atout pour rebondir, ajoute madame Jean, qui met en avant la prodigieuse créativité des jeunes de Martissant et d’autres quartiers populaires qu’elle a visités pendant sa croisade en Haïti.
Cette différence dont les Haïtiens sont capables ne sera visible que lorsque les élites haïtiennes assument leurs responsabilités : celles d’imprimer dans les mentalités d’autres façons de voir, d’agir, de développer une conscience citoyenne et de forcer la communauté internationale à changer de stratégie dans ses interventions. « Il revient à nous et à nous seuls de prendre en main la destinée de ce pays. Ce n’est pas à la communauté internationale de la faire à notre place », a insisté madame Michaëlle Jean, qui invite les étudiants, force vive de ce pays, à jouer leur rôle de groupe de pression pour porter les autorités à prendre conscience de l’importance du bien commun et à créer un autre environnement où il fait bon vivre.
L’Unesco promet d’accompagner Haïti à long terme, mais la mise en place d’un nouveau gouvernement est nécessaire, a encore déclaré mardi l’Envoyée spéciale de l’organisme onusien en Haïti, Michaëlle Jean.
Un gouvernement légitime pour débloquer les fonds disponibles de l’Unesco, a exhorté Michaëlle Jean qui, lors d’un point de presse mardi à Port-au-Prince, rendait compte d’une visite d’environ une semaine en Haïti en vue de promouvoir notamment l’éducation, secteur dans lequel intervient l’organisation dont elle l’Envoyée spéciale.
Au cours de « visites de terrain », l’ancienne gouverneure générale du Canada est allée dans plusieurs endroits et rencontré personnalités comme le Président Martelly et le recteur de l’université d’Etat d’Haïti, Jean-Henry Vernet.
L’objectif de cette visite : entreprendre des démarches et s’entretenir avec les responsables de secteurs que l’Unesco veut soutenir dans le pays, tels l’éducation, le secteur socio-économique via le tourisme et les collectivités territoriales.
« L’Unesco veut accompagner Haïti à long terme, non sur la base d’assistanat, mais en renforçant les capacités proprement haïtiennes », a soutenu Mme Jean qui ajoute que l’organisation internationale veut impliquer les acteurs haïtiens.
Mme Jean a réitéré la volonté de l’Unesco de soutenir l’état haïtien dans son programme d’éducation universelle et gratuite, mais elle prône plutôt une éducation de qualité.
D’un autre côté, Mme Jean dit s’engager dans une véritable croisade dans plusieurs pays du monde pour qu’Haïti reste toujours dans leur agenda. Elle a partagé l’inquiétude de la communauté internationale face au vide gouvernemental dans le pays.
Selon la diplomate haïtiano-canadienne, l’Unesco dispose déjà des fonds garantis pour soutenir Haïti au niveau de l’éducation et du développement du secteur touristique et culturel. « Mais tout mais tout ça doit passer par la mise en place d’un gouvernement légitime ».
De ce fait, elle appelle les protagonistes politiques à privilégier les intérêts de la nation pour doter le pays d’un Premier ministre le plus tôt que possible.
Nélio Joseph
avec HPN

 

Lancement, ce jeudi, du Conseil consultatif présidentiel

Après quelques semaines de recherche, de prise de contacts et de consultations, le Conseil consultatif pour le développement économique et les investissements sera officiellement lancé. Coiffé par l’ancien président américain Bill Clinton, il est composé d’éminentes personnalités internationales. L’idée est de présenter une autre image d’Haïti afin d’attirer les investisseurs dans le pays. Paulson Philippe-Pierre, responsable de la mise en place de ce projet, a répondu aux questions du Nouvelliste.

Paulson Philippe-Pierre

Le Nouvelliste (LN): En quoi a consisté votre contribution dans la mise en place de ce projet?
Paulson Philippe-Pierre (PPP): Ma contribution consistait d’abord en la mise en place du projet en tant que tel, tous les préparatifs, la planification du projet, la mise en place de la structure, la sélection des membres, en la détermination du cadre légal, de tout ce qui est opérationnel, de quoi ce Conseil sera formé. Le president de la République annoncera officiellement la création de ce Conseil ce jeudi 9 septembre 2011.
LN.: Où siégera le Conseil consultatif pour le développement économique et les investissements?
PPP.: Au palais national. Il sera rattaché au cabinet particulier du président. L’espace officiel du Conseil sera ici. Cependant, il y aura des membres venant de l’étranger. Il est fort probable que des réunions du Conseil se tiennent à l’étranger.
LN.: Quels sont les objectifs visés par ce Conseil?
PPP.: Le Conseil a pour objectif de faire en sorte qu’il y ait la promotion d’une nouvelle image d’ Haïti à l’étranger. Dans l’état actuel des choses, on ne peut pas attirer les investisseurs. Il faut corriger cette image négative qui caractérise souvent notre pays et faire la promotion d’ Haïti au niveau international. Le Conseil consultatif, de par ses membres, leurs réseaux, leurs contacts, contribuera à attirer les investisseurs en Haïti en se basant sur leurs profils, leurs expériences.
LN.: Il s’agit d’une oeuvre colossale. Ne pourrait-on pas parler d’une énorme machine de communication?
PPP.: Absolument, il y a toute une machine de communication qu’il faut mettre en place. Car cet aspect est essentiel à l’implémentation de cette initiative. On l’a prévu dans la structure; on a aussi pensé aux réseaux sociaux, aux sites web, etc. Il y a des firmes qui ont été engagées à cet effet.
LN.: Cela va demander de nombreuses ressources humaines. Et au niveau des investissements, comment le Conseil va-t-il s’y prendre?
PPP.: La stature des membres du Conseil est importante. Il y aura environ 8 anciens chefs d’Etat, des patrons de compagnies à travers le monde. Par leurs expériences de la gouvernance, leurs réseaux, ils pourraient toucher certains milieux internationaux, certains forums. Dans cette perspective de promotion, c’est en montrant une autre Haïti qu’on va tenter d’attirer des investisseurs étrangers et faire la promotion des différentes opportunités d’affaires. Haïti est quand même un espace d’opportunités.
LN.: Ne faudrait-il pas faire un peu de ménage à l’intérieur avant d’attirer l’extérieur? Comment comptez-vous vous y prendre?
PPP.: Le Conseil a une fonction consultative, de telle sorte qu’il y aura des comités qui seront formés. Au niveau des différents constats qui seront faits sur le pays en matière de promotion des investissements, il y aura des recommandations qui seront faites à la présidence. L’accent sera mis sur une meilleure articulation des politiques publiques de façon à mieux articuler la machine administrative et ainsi créer les conditions pour attirer les investisseurs étrangers. Il s’agit de faire un constat actuel de l’état des choses et faire des recommandations.
LN.: Vous savez que les investisseurs ont leurs critères avant d’entrer dans un pays. Si ceux-ci ne sont pas remplis, ils hésitent. Tiendrez-vous compte des problèmes de structures, d’insécurité, tout ce qui peut décourager un investisseur?
PPP.: Il faut bien préciser que le conseil a une fonction consultative. Elle ne va, pas elle-même, effectuer les changements qui s’imposent. Elle n’a pas de fonction exécutive. Pour modifier certaines choses,il faut savoir leur état actuel, faire un diagnostic du secteur des investissements, car c’est lui qu’on veut toucher. Déterminer ce qui ne marche pas et proposer éventuellement des solutions et des recommandations au niveau des politiques publiques à mettre en place.
LN.: Pouvez-vous nous révéler les identités de certains membres du Conseil consultatif?
PPP.: Il y a un ancien président bolivien, une ex-mandataire philippine, Mme Michaëlle Jean, l’ancien Premier ministre jamaïcain, Percival Patterson, Bill Clinton et le professeur bengladais, Mohamed Yunus, prix Nobel d’économie, entre autres.
LN.: D’anciens mandataires haïtiens figurent-ils dans la liste des membres du Conseil consultatif?
PPP.: Non. Il n’ y a pas d’anciens chefs d’Etat haïtiens dans cette liste. Mais ses autres membres sont issus de réseaux internationaux forts au niveau de la planète. C’est pour cela qu’on s’est tourné vers des chefs d’Etat étrangers.
LN.: Combien de temps prendrez-vous pour savoir si les pions placés à l’étranger ont porté leurs fruits?
PPP.: Le Conseil a un mandat de cinq ans qui correspond à la durée du quinquenat du président Martelly. La première phase est un état des lieux. Il faut que cet état des lieux soit établi pour faire des recommandations qui seront acheminées au niveau de la présidence. Une fois que des recommandations et des propositions seront faites au niveau de la présidence, on pourra dire que le Conseil commence à faire son travail. D’ici à un an ou deux, nos recommandations pourront permettre d’attirer des investisseurs en Haïti.
LN.: Une question que je ne vous ai pas posée. Ce serait laquelle?
PPP.: Ce serait peut-être pourquoi je me suis engagé dans une initiative aussi gigantesque. Je suis Haïtien, j’ ai vécu au Canada pendant 15 ans. Je suis revenu au pays. Un peu par hasard, j’ai accepté cette fonction. Car en tant qu’ Haïtien vivant à l’extérieur, je me suis engagé à travailler pour changer l’image de mon pays. A l’étranger, notre image est mal comprise, déformée. Si je peux contribuer positivement à changer cette perception, ce sera quelque chose de noble.
Propos receuillis par Belmondo Ndengué
bndengue@yahoo.com

 

Haïti-Education gratuite :

Inquiétudes dans le Sud sur la promesse de Michel Martelly

Correspondance – Joseph Serisier

Cayes (Haïti), 08 sept. 2011 [AlterPresse] — À moins d’un mois de la réouverture [officielle] des classes – renvoyée à début octobre 2011 au lieu de septembre (malgré une reprise effective, le 5 septembre 2011, dans certains établissements scolaires à curricula internationaux) -, la possibilité de rendre l’accès gratuit à l’éducation dans le Sud est remise en question dans ce département géographique en Haïti.

Beaucoup de parents, dans le Sud, se disent désespérés, dans un contexte d’augmentation des frais scolaires dans les écoles privées, contrôlant à environ 80 % l’offre nationale en éducation (celle du secteur public étant encore très faible en 2011), selon les informations obtenues par l’agence en ligne AlterPresse.

La coordonnatrice départementale du Sud de l’union nationale des normaliens d’Haïti (Unnoh), Marie-Anne France, exprime les préoccupations de son organisation quant à la réalisation effective de la promesse du président Michel Joseph Martelly de scolariser gratuitement plusieurs milliers d’enfants durant son quinquennat (14 mai 2011 – 7 fevrier 2016).

Les problèmes administratifs et structurels au ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (Menfp), dont les directions départementales et les structures décentralisées, pourraient entraver cet effort, craint l’Unnoh du Sud d’Haïti.

Marie-Anne France souligne également des faiblesses techniques et pédagogiques dans le plan de Martelly.

La nomination de plusieurs centaines de professeurs (en attente de lettres administratives officielles) depuis des années, les arriérés de prestations dues aux enseignantes et enseignants, les conditions difficiles dans les lesquelles ces derniers dispensent le pain de l’instruction, sont au nombre des problèmes à considérer avant de parler d’école gratuite, ajoute t-elle.

Entre-temps les frais scolaires au niveau des écoles privées auraient subi une augmentation substantielle.

Interrogés par AlterPresse, des bouquinistes de la ville des Cayes (chef-lieu du département géographique du Sud) font état d’une baisse considérable de la vente de manuels scolaires, à quelques semaines de la rentrée des classes d’octobre 2011, comparativement aux années précédentes.

« Nous ne savons plus à quels saints nous vouer pour pouvoir envoyer nos enfants à l’école », déclarent de nombreux parents aux sources de revenus précaires.

« Nous avons reçu un coup très dur en apprenant que le programme (de Martelly) touchera uniquement les enfants, âgés entre 6 et 12 ans, qui n’ont été jamais à l’école ». affirment certains parents, dans le département du Sud d’Haïti, qui avaient fondé des espoirs sur une concrétisation de la promesse électorale d’école gratuite faite par Martelly.

Plus de 24 mille enfants en âge scolaire n’ont jamais été scolarisés dans le Sud, suivant les chiffres officiels.

Cependant, le programme envisage par Martelly ne touchera pas tous ces enfants, du moins pas dans un premier temps, indique le directeur départemental de l’éducation nationale, Régil’homme Joseph.

Une séance de formation a eu lieu, fin août 2011 dans le Sud, à l’intention des inspecteurs et conseillers pédagogiques du niveau fondamental dans le cadre de ce programme spécial.

A leur tour, les inspecteurs et conseillers pédagogiques du niveau fondamental dans le Sud auront à former des maîtres spéciaux pour la scolarisation des enfants de 6 à 12 ans.

Les enfants, retenus pour le programme présidentiel, seront accueillis par les écoles nationales dans l’après-midi, précise le directeur départemental, du Menfp.

Dans le Sud, les lycées communaux fonctionnent dans l’après-midi au même local que les écoles nationales. Le manque d’espaces, pour accueillir tout ces écoliers, est à craindre. [js kft rc apr 08/09/2011 1:43]

 

Garry Conille est l’homme de la situation selon Hervé Denis

image Le Dr Garry Conille a toutes les compétences nécessaires compétentes pour occuper le poste de premier ministre. C’est ce qu’a fait savoir le président de la chambre de commerce et d’industrie d’Haïti Herve Denis.
Intervenant à la rubrique le point de Radio et Télé Métropole, le responsable de la chambre de commerce et d’industrie d’Haïti a fait remarquer que Monsieur Conille a déjà prouvé ce dont il est capable au sein de l’organisation des Nations-Unies.
Monsieur Denis qui est aussi un ancien diplomate estime que la notion de résidence du premier ministre désigné ne devrait poser aucun problème étant donné son statut.
Par ailleurs le président de la chambre de commerce et d’industrie d’Haïti déplore l’insécurité qui menace les commerçants au centre-ville de Port-au-Prince.
Selon Herve Denis le centre commercial de Port-au-Prince est devenu ces derniers jours une zone de non-droit.
Il dit espérer qu’un nouveau gouvernement soit installé à la tête du pays afin de prendre les décisions visant à enrayer ce phénomène.
EJ/Radio Métropole Haïti

 

Haïti- Reconstruction :

Il faut passer de l’assistanat à l’investissement, prône Michaëlle Jean

mercredi 7 septembre 2011

P-au-P, 7 sept.2011 [AlterPresse] — L’envoyée spéciale de l’Unesco pour Haïti, Michaëlle Jean, estime que l’accompagnement promis à Haïti pour sa reconstruction doit passer d’une logique d’assistanat à une perspective d’investissement.

Michaëlle Jean s’est exprimée ainsi lors d’une conférence de presse au terme d’une mission de 8 jours qu’elle a conduite en Haïti entre le 31 août et le 7 septembre.

« Haïti a besoin d’être accompagné sur le long terme à contre courant de la logique de l’assistanat mais dans une logique qui s’impose, une logique d’investissement », déclare t-elle.

Jean indique que cet investissement doit se matérialiser dans « les capacités des haïtiens et l’économie du pays ». « L’assistanat a trop duré et n’a produit rien de vraiment durable dans le pays », ajoute t-elle.

Selon elle, pour attirer des investissements il faut projeter une image différente d’Haïti poussée par l’amélioration des conditions de vie de tous les haïtiens, en particulier les plus défavorisés.

Ces personnes vivent dans des conditions « inacceptables et totalement indignes », soutient l’ancienne gouverneure générale du Canada, appelant à une mobilisation nationale pour dépasser « le seuil de tolérance de ces conditions ». [rh kft gp apr 7/09/2011 12 :55]

 

Haïti-Analphabétisme :

Cinquante pour cent des adultes haïtiens analphabètes, selon l’UNESCO

P-au-P, 7 sept. 2011 [AlterPresse] — Haïti apparait sur une liste de 11 pays dont 50% des adultes sont analphabètes, selon des données issues de l’Institut de Statistique de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO).

En tout, sept cent quatre vingt treize (793) millions d’adultes, en majorité des jeunes filles et des femmes, ne savent ni lire ni écrire dans le monde, indiquent les données.

L’UNESCO attire l’attention sur ce chiffre à la veille de la journée internationale de l’alphabétisation ce 8 septembre, centrée en 2011 autour la relation entre l’alphabétisation et la paix.

Soixante sept (67) millions d’enfants attendent de rejoindre les classes du niveau primaire et soixante douze (72) millions d’adolescents ne jouissent pas encore de leur droit à l’éducation secondaire, à en croire l’UNESCO.

La directrice générale de l’entité onusienne, Irina Bokova, appelle pour cela à un engagement accru en faveur de l’alphabétisation, animé par des ressources suffisantes. [jep kft apr 7/09/2011 13 :41]

 

Les titres de l’actualité sur Vision 2000

mercredi 07 septembre 2011 à 21:12

images (5)L’inspecteur général en chef de la Police Nationale d’Haïti s’est demis de ses fonctions. A l’origine de sa décision, le refus de Mario Andresol, directeur général  de revenir sur le transfert de l’inspecteur Général Jude Altidor. Fritz Jean estime que le directeur général cherche à détruire l’élan, le dynamisme et l’indépendance de l’inspection générale dans la conduite de ses enquêtes en prenant une telle mesure. Rappelons que le transfert  de Jude Altidor est intervenu suite au résultat de l’enquête autour de l’assassinat de Serge Démosthène au commissariat de Pétion-Ville. La victime aurait été  interpellée dans le cadre de l’enquête sur le meurtre du président du conseil d’administration de la Banque Nationale de Crédit, Guiteau Toussaint.

La fillette de 6 ans Dahalina Bien-Aimé, enlevée depuis deux semaines a été libérée ce matin au cours d’une opération policière. L’enfant avait été séquestrée à Bois-Morquette dans les hauteurs de Pétion-Ville, Est de Port-au-Prince. Aucune arrestation n’a effectuée selon le porte parole de la PNH, Frantz Lerebours.

Le bloc Ansanm nou fò, (un parti politique) et alliés regroupant 13 députés favorables au choix de Gary Conille comme premier ministre. Danton Léger, président du groupe  justifie cette position par le fait que le chef de gouvernement désigné  répond aux exigences de l’article 157 de la constitution et que le pays ne fait qu’attendre  l’installation du nouveau gouvernement.

Le docteur Gary Conille est-il qualifié pour ou non occuper la fonction de premier ministre ? Cette question fait toujours débat. Que dit la convention sur les privilèges et immunités des Nations Unies sur les statuts de hauts fonctionnaires onusiens ?

Une rencontre a eu lieu ce mercredi au Parlement entre le Bureau de la Chambre basse et plusieurs organisations de la société civile. La publication de la constitution amendée, la nomination des juges manquants à la cour de Cassation et la mise en place d’un nouveau gouvernement, tels sont entre autres points abordés au cours de cette réunion de travail de 3 heures.

 

Haïti: L’agriculture et l’industrialisation

Il est un fait indeniable que l’agriculture represente un majeur facteur dans l’economie d’un pays. Aucun pays ne peut cependant formuler des plans de developpement economique en pensant seulement a developper le secteur agricole. Il est aussi indispensable de promouvoir le secteur industriel pour augmenter substantiellement la croissance économique. Mais, dans la conjoncture actuelle de l’économie haïtienne, je pense qu’il est important de concentrer nos efforts sur l’agriculture pour beaucoup de raisons.
a) L’une des raisons pour laquelle nous devons donner une certaine priorité à l’agriculture dans la marche vers le progrès économique est le fait que la production agricole et rurale peut être accrue rapidement et avec peu de ressources financières. Nous savons aussi que si nous prenons vraiment conscience du rôle vital de l’agriculture dans le pays et essaient de supporter son développement, nous pourrons dans un proche futur, accumuler un surplus de produits agricoles de base. Par contre, le développement industriel nécessaire pour diminuer le sous-emploi dans le pays, et pour soutenir le processus de développement économique prend beaucoup plus de temps et exige une infusion massive de capitaux. L’accumulation de tels capitaux dans un futur proche parait improbable pour le pays.
b) L’industrialisation sur une large échelle est empêchée non seulement par le manque de capitaux, mais aussi par le manque d’administrateurs, d’entrepreneurs, d’institutions organisées, de structures sociales adéquates telles que: transport, communications et réseaux energetiques. Un temps considérable se serait écoulé avant que ces sructures de base nécesaire à l’expansion de l’industrie sur une large échelle deviennent disponibles.
Par contre, des rentrées rapides et larges, provenant du secteur agricole, peuvent être réalisées avec des changements technologiques relativement simples , que l’ensemble de la population attachée à la culuture de la terre serait capable de faire et serait disposé à faire avec le support du gouvernement.
c) Outre la rareté des capitaux domestiques, le pays fait face à une pénurie de ressources externes. Le développement de la production agricole est souvent la façon la plus rapide de réduire les besoins d’importation et d’augmenter le volume d’exportation pour un pays comme Haïti. Le développement de la production agricole est très important pour le pays du fait que cela peut contribuer dans un temps relativement court a une augmentation de denree agricoles qui pourraient etre dirigees vers l’etranger en echage de devises.
d) Dans beaucoup de pays sous-développés comme HAITI, l’augmentation du revenu qui est le résultat du progrès économique se traduit principalement par une augmentation de la demande pour la nourriture et le vêtement. La production agricole doit par conséquent augmenter pour repondre a cette demande.Cela fait partie integrante du processus de développement.
Ce point est aussi important en considérant le support populaire qui est essentiel à chaque programme de développement. L’augmentation de la production agricole satisfait le besoin le plus urgent de l’ensemble de la population et constitue la démonstration de progrès la plus rapide et la plus dramatique pour la grande majorité du peuple. Une évidence tangible de progrès, même de petite envergure, est essentielle pour maintenir l’adhésion de la population durant les premières étapes de développement, quand les nécessités de réinvestir ne permettent à la population de bénéficier que d’une fraction des bénéfices de la production.
Pour une nation avec un revenu comme le nôtre, il existe plusieurs opportunités pour une expansion considérable des investissement dans l’agriculture. La rapidité avec laquelle ces investissements seront transformés en profits, dépendra de l’environnement social et du changement technologique. Mais si la transformation économique doit poursuivre sa course d’une manière satisfaisante, une partie considérable des profits provenant du secteur agricole doit être reintegree dans la promotion de l’agriculture,une partie consacrée au financement des investissements en infrastructure agricole et une partie réservée aux paysans pour satisfaire leurs besoins financiers dans leurs efforts pour promouvoir l’agriculture.
L’agriculture, representant le plus large secteur de l’économie haïtienne, est le réservoir de main-d’oeuvre pour l’expansion industrielle, l’origine de produits d’exportation en échange de biens industriels et la principale source d’épargne pour l’investissement non-agricole.
Dans l’état actuel de l’économie haïtienne, le secteur agricole doit  » etre en controle  » d’une grande partie des terres, de la main-d’oeuvre, des capitaux, et doit produire une large proportion du revenu national mais à mesure que le secteur industriel se développe, les ressources employées dans l’agriculture doivent se réduire en proportion au bénéfice de ce dernier.
Joseph Dejoie
Pdejoie291@aol.com

 

Conille, une obstination et des interrogations

C’est fait. Officiellement désigné Premier ministre par le président Michel Joseph Martelly, le docteur Gary Conille, 45 ans, déposera sous peu ses pièces au Parlement. Sa ratification, si elle doit se faire sur des bases « techniques », dépendra de la conformité de ses documents aux exigences de l’article 157 de la Constitution de 1987. La commission parlementaire, chargée d’analyser son dossier, cherchera à savoir si l’intéressé jouit de la nationalité haitienne, s’il a résidé en Haïti au cours des cinq dernières années, s’il a acquité ses redevances fiscales…
Et les copies du passeport haïtien, des fiches d’entrée, à l’immigration, à l’aéroport Toussaint Louverture, la déclaration définitive d’impôts,le contrat d’embauche du docteur Conille, fonctionnaire des Nations unies, ne seront vues et analysées que par une poignée d’ayants droit, aptes à « apprécier », et en bout de piste à distiller des informations sur celui qui est en passe d’occuper l’une des plus hautes fonctions de la République.
Sur la toile entre-temps, des puristes, mordus de transparence, crient déjà au scandale. On revient, clament-ils, au temps où la messe était dite en latin par le prêtre, le seul habilité à consulter la parole de Dieu pour en révéler les messages aux fidèles « Impossible », seraient tentés de dire les fans d’un Steeven Y. Benoit, d’un Youri Latortue, d’un Anacasis Jean Hector, d’un William Jeanty…, convaincus que ces pères conscrits n’accepteront pas, eu égard à leurs positions antérieures, de passer outre la Constitution.
Le compte à rebours est déclenché; les arguments sont affûtés; le chef de l’Etat ne voit aucune objection à ce que Conille devienne Premier ministre,les ententes sont ficelées, loin des jurons nationalistes sur le web, dans les rues et le dépit de voir le pays effectivement sous la coupe réglée des tuteurs à large sourire. Et des experts juridiques, dans cette grande poussée d’adrénaline au sommet de l’Etat, démontent sans grande difficulté les arguments tentant de justifier l’absence du docteur Gary Conille en Haïti pendant ces cinq dernières années.Ce dernier n’est pas un diplomate en représentation à l’étranger. Il est tout simplement un technicien haïtien bien formé offrant ses services au système des Nations unies.
La polémique s’amplifie. Mais, comme des amants de Sixto, bien calés dans leur fauteuil de spectateur, carte pelouse à la main, des analystes politiques, perplexes, se demandent pourquoi cette obsession du président à faire un autre choix aussi controversé.
A la décharge du chef de l’Etat, enfant confié à un tuteur, d’autres s’interrogent sur son obstination à avoir comme Premier ministre quelqu’un du sérail de Clinton et de la CIRH à la Primature ? Est-ce qu’il y a anguille sous roche? Une nécessité d’avoir les coudées franches pour les actions futures et la garantie qu’aucun énergumène impétueux, aucun fouineur patenté n’osera demander des comptes sur l’utilisation des fonds de la CIRH que les grands journaux occidentaux tardent encore à réclamer?
La seule certitude dans tout ça, c’est que Bill Clinton joue gros: un second échec en Haïti et une réputation susceptible d’être entachée après les dépenses de tant de milliards pour très peu, si ce n’est trop peu de résultats, estime plus d’un.
Cependant, en dépit de ce qu’on dit, Clinton, véritable poule aux oeufs d’or, dispose, selon Michel Martelly,du carnet d’adresses de ceux qui ont le fric. Et les 21 et 22 septembre, la fondation Clinton organisera des sessions à New York.On parlera bien évidemment d’Haïti et de son avenir…
Une bien bonne chose, même si ce doit être une réunion de plus dans la big apple. Mais, alors que le chef de l’Etat Haïtien chante les louanges de l’ex-président américain, la CIRH n’a pas encore eu l’amabilité de présenter un bilan de ses réalisations, ni un audit des fonds reçus, ni une évaluation de l’état d’avancement des projets financés.
Des détails insignifiants? Il faut le croire, car M.Martelly – qui a trouvé la solution magique pour faire fonctionner cette structure – n’est même pas encore au fait du fonctionnement de cette nébuleuse complexe. Ce qui n’empêche pas le chef de l’Etat et ses amis de rêver d’une chose : aller chercher le reste des fonds promis.
Quelle besogne! serait tenté de dire les journalistes du fait de l’actualité économique internationale dominée par la frilosité des marchés financiers depuis plus d’une semaine, avec des chutes d’indices jadis bien cotés. Sans compter la Grèce, l’Espagne, l’Italie et d’autres mauvais élèves dont les déficits publics sont responsables aujourd’hui de coupes budgétaires, de politiques d’austérité économique aux conséquences sociales redoutables: manifestations, grèves, heurts sociaux.
Au regard de cette conjoncture morose où il y a le spectre d’une nouvelle récession de l’économie mondiale, est-ce que le président Martelly et les gens de son entourage deviendraient aussi utopiques que notre chère « Pierrette » ?
Quoi que l’on puisse dire, en Haïti les marges de manoeuvre sont bien minces aussi bien que la nécessité de se serrer les coudes, une obligation pour sauver ce quinquenat, avec Conille ou pas… Car il serait intelligent aussi, alors que les invitations au bal des vautours sont distribuées, de dire au peuple de se serrer la ceinture, de mettre la main à la pâte… Il y a des nuages à l’horizon. Pas de bonbons roses sur la table de Michel Joseph Martelly dont les choix sont politiquement très risqués par rapport aux promesses de campagne.
Roberson Alphonse
ralphonse@lenouvelliste.com

 

Haïti: Questionnement

Pourquoi désigner comme Premier ministre un individu qui ne remplit pas les conditions de l’emploi ?
Pourquoi espérer obtenir la complicité de parlementaires qui n’ont fait que répéter à longueur d’émissions radiodiffusées qu’ils étaient prêts à ratifier le choix du président de la République, pourvu que soient remplis les prérequis exigés par la Constitution de notre pays ?
Doit-on y voir la manifestation d’un analphabétisme « bête » ou celle d’une incompétence politique inquiétante, ou plutôt, qui sait, l’expression d’un maître-coup politique ? Nos analystes politiques voudront bien faire le point.
Dans l’éventualité où les connaissances de monsieur Garry Conille sont tellement pointues dans le domaine international qu’il devient un élément incontournable dans la formation du gouvernement tant attendu, faut-il que ce soit nécessairement lui qui en tienne les rênes ? Ne serait-il pas tout autant à sa place comme secrétaire d’État à la coopération externe, chargé des relations avec la CIRH et placé sous l’autorité d’un chef de gouvernement désigné et ratifié « à la régulière » ?
Au cas où une mouche particulière aurait piqué nos parlementaires, leur enlevant à la fois jugeote et respectabilité, je leur conseillerais de préférer monsieur Clinton à monsieur Conille. Les raisons en sont simples : primo, monsieur Clinton a passé pendant les cinq dernières années plus de temps dans le pays que monsieur Conille ; secundo, monsieur Clinton peut être considéré comme un Haïtien à part entière ayant pu obtenir du chef de l’État une décoration qui équivaut quasiment à un brevet d’haïtianité ; et, finalement, ne vaut-il pas mieux travailler avec Dieu qu’avec son saint ?
Je plaisante direz-vous ! Mais, pas du tout. Il suffit simplement d’un vote majoritaire au niveau des deux Chambres pour faire avaler la pilule. Ces Messieurs les parlementaires, quand ils mettent en commun leurs savoirs- que l’on sait considérables -, quand ils font marcher leur matière grise, ils forment une société particulière, une sorte de cénacle qui prend le nom (choisi par eux) d’Assemblée politique. Ils ont alors le droit d’enlever pour le temps qui leur convient un ou plusieurs articles de la Constitution qui leur causent préjudice ; ils ont aussi, bien entendu, le droit de faire des ajouts. Ils se considèrent alors comme étant au-dessus de toutes les lois, même de la loi-mère.
Messieurs les parlementaires, veuillez respecter vos mandants. Vous avez pour rôle de voter des lois et de contrôler l’Exécutif. Le peuple espère se voir représenté par des hommes verticaux et non par des éléments rampants. Et si jamais il vous seyait de vous faire enc… par les gens de la communauté internationale – l’heure n’est-elle pas à la sodomisation -, prière de ne pas associer à cette forme de gymnastique que vous avez librement choisie. Nous nous y refusons tout net, mais, nous vous faisons une promesse : celle de ne jamais vous oublier afin que nos enfants sachent qui vous étiez.
Robert Jean-Louis

 

Garry Conille : un choix très malheureux, selon Camille Chalmers

Un mois après le rejet par le Sénat du choix de Me Bernard Gousse au poste de Premier ministre, le chef de l’Etat, Michel Joseph Martelly, a officiellement cette semaine jeté son dévolu sur le Dr Garry Conille, un fonctionnaire de l’ONU et de la CIRH. Quels sont les enjeux économiques d’un tel choix ? Invité au Panelmagik – émission de nouvelles de Radio Magik9 -, l’économiste Camille Chalmers a livré sans détour ses impressions sur la question.
« Le désignation de Garry Conille comme futur Premier ministre haïtien est un choix très malheureux sur le plan économique et risque de prolonger la dégradation de l’économie nationale et sa dépendance par rapport à l’extérieur « , soutient le professeur et altermondialiste Camille Chalmers. Selon ce dernier, ce choix s’aligne sur les traces d’un ensemble de décisions à tendance néolibérale de la communauté internationale et de certains acteurs nationaux, affaiblissantes pour les institutions haïtiennes depuis plus de vingt-cinq ans.
« Le fait que le Dr Conille ait travaillé pendant longtemps aux Nations unies et dans le cabinet de Bill Clinton {envoyé spécial de l’ONU en Haiti et coprésident de la CIRH} indique clairement qu’il a épousé l’idéologie néolibérale de cette institution internationale», a fait remarquer sur les ondes de Magik9 l’économiste Camille Charlmers, qui considère le troisième chef du gouvernement désigné par le président Michel Martelly comme un représentant de l’orthodoxie onusienne et un disciple de l’école libérale, susceptible de prolonger dans le pays les mêmes pratiques libérales, une fois élu Premier ministre.
Selon le secrétaire exécutif de la Plate-forme haïtienne de plaidoyer pour un développement alternatif (PAPDA), les Objectifs de Développement du Millénaire – dont Garry Conille fut le chef d’équipe au PNUD de septembre 2008 à mars 2010 – sont des objectifs minimalistes, sans aucun résultat pour les 23 pays les plus pauvres de la planète et s’inscrivent aussi dans la vision ultralibérale vectrice de la dépendance et de l’effondrement de l’économie haÏtienne.« Il est évident que les Nations unies exercent un poids très important dans les décisions écomiques du pays, surtout à partir de 2004 {année de l’arrivée des forces onusiennes à travers la MINUSTAH}. Si nous voulons pour de bon relever l’économie haÏtienne, nous devons véritablement entrer dans une logique de rupture par rapport à ces choix dont les résultats sont déjà clairs », a recommandé l’économiste altermondialiste.
Pour lui, la présentation de la politique générale du Premier ministre sera un exercice vide de sens dans la mesure où c’est la CIRH {Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haiti} qui, à la place du pouvoir exécutif, est la vraie détentrice de la planification nationale, des grands choix économiques et de la canalisation des ressources de l’aide externe. Camille Charlmers n’a pas fait économie de ses opinions pour dénoncer l’illégalité de cette institution créée en avril 2010 pour un mandat de 18 mois. Dans cette perspective, l’économiste conseille au Parlement de rejeter le projet de prolongement du mandat de la CIRH et d’exiger un autre montage institutionnel qui permettrait au pays d’envisager réellement la reconstruction nationale à partir d’une synergie entre des acteurs nationaux et des intérêts fondamentaux du peuple haitien.
Une question à double volet est au centre de la conjoncture actuelle, de l’avis du secrétaire exécutif de la PAPDA :« Voulons-nous actuellement que le pays reprenne sa souveraineté ou voulons-nous qu’il demeure une chambre d’enregistrement des décisions de Washington et de Bill Clinton qui veulent paralyser les institutions nationales pour garder le contrôle du pays? » « La situation de dépendance budgétaire d’Haiti est la résultante d’une stratégie d’affaiblissement de l’Etat », a expliqué le professeur. « Après deux cents ans, un Etat qui vivait de ses perceptions douanières a brusquement décidé de réduire ses taxes et de se priver de ses sources de revenus sans aucune stratégie transitoire capable de définir des sources de financement alternatives», a poursuivi Camille Chalmers, qui décèle à travers ce contexte une stratégie globale antinationale de certains acteurs externes de connivence avec certains nationaux pour exploiter l’économie du pays.
Si pour certains la point sensible pour la ratification du fonctionnaire onusien Garry Conille se situe au niveau de son lieu de résidence ( selon l’alinéa 5 de l’article 157 de la Constitution, il faudrait qu’il réside dans le pays depuis cinq années consécutives), beaucoup s’inquiètent déjà de la capacité de ce dernier, présenté comme un véritable protégé de la communauté internationale, à rétablir la souveraineté nationale, si chère au chef de l’Etat dans ses discours de campagne.
Carl-Henry CADET
aloccarlo@hotmail.com

 

L’histoire du soulèvement des esclaves de Saint-Domingue retracée avec ampleur et sensibilité par Isabel Allende

C’est un beau livre. Touffu, passionnant, sensible. Un lourd pavé qu’on traînera sûrement à la place, avide de savoir ce qui va se passer, quelles horreurs – effrayantes – et quelles tendresses – délicieuses – on va découvrir au fil de ces pages serrées. Il faut néanmoins prévenir les lecteurs qui détestent l’histoire (c’est leur droit) que cela se passe au temps de l’esclavage, entre 1789 et 1810, à Saint-Domingue, à Cuba et en Louisiane, avec de brèves excursions vers Boston et Paris.
Dans le fourmillement des acteurs, y a-t-il un personnage principal qu’on suivrait au fil de l’histoire ? On pourrait penser à Valmorin, un Parisien qui débarque un jour et s’installe dans une plantation près du Cap-haitien, peu importent ses motifs. C’est un faible, pensent ses voisins, un indécis à peine digne de son pouvoir. En réalité, c’est plutôt sa servante Zarité, dont il aura plusieurs enfants, qui inspire et conduit le récit. Cette esclave est fidèle à ses croyances ; dans les conditions infernales de sa vie, elle invoque le secours des dieux de l’île qu’évoquent le soir les tambours sacrés. On parle aussi beaucoup d’un jeune dynamique Espagnol de Cuba : ce Sancho est de toutes les fêtes, il a peu d’argent et moins encore de scrupules.
Inutile de chercher qui conduit le bal : le véritable personnage de ce livre est en réalité le peuple haïtien (le mot n’existait pas encore). C’est la masse sombre des esclaves : ceux qui viennent d’arriver d’Afrique et qui prient encore leurs divinités, ceux qui dansent la nuit sur les mornes, ceux qui souffrent dans l’atrocité des plantations, et ceux qui s’échappent pour fonder des communautés précaires dans les montagnes, constamment pourchassés par les milices ou les chasseurs de primes.
Ce sont eux qui vont bientôt conquérir leur liberté, avec des chefs comme, parmi d’autres, le célèbre Toussaint, dit Louverture, et malgré les tentatives de négociations menées par des républicains français comme l’habile – et sincère – Sonthonax.
C’est avec eux que parlera, le moment venu, l’intelligent Gambo, qui s’est échappé de la plantation sur les conseils d’une sorcière enflammée; il a compris qu’une révolte risquait d’attirer l’Angleterre ou l’Espagne, qui traiteraient les esclaves avec plus de dureté encore que la France républicaine. Il mourra bientôt au combat pour la liberté de son pays.
Les derniers chapitres montrent le destin des planteurs chassés précipitamment de l’île par la vigoureuse offensive des Noirs. La plupart se réfugient à La Nouvelle Orléans, alors française. Les préjugés, les relations internationales sont désormais différents, et plus encore lorsque la ville est vendue aux Etats-Unis par Bonaparte. Mais la petite communauté des anciens de Saint-Domingue parvient tant bien que mal à s’y installer, et l’auteur montre en détail les difficultés, les douleurs de cette adaptation. Les planteurs chassés de l’île parviennent à survivre sans trop perdre de leurs habitudes. Evoluant peu à peu néanmoins – au moins certains d’entre eux – vers un humanisme plus sincère.
Jean Soublin
Le Monde vendredi 8 juillet 2011

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