vendredi 09 septembre 2011

9 Sep

Garry Conille dépose ses pièces à la Chambre basse

Le sort du Premier ministre désigné, le Dr Garry Conille, pourrait être fixé dès la semaine prochaine à la Chambre basse. La commission spéciale chargée de vérifier les 26 documents soumis par le Dr Conille promet de se mettre au travail dès demain matin.

Le Premier ministre désigné, Garry Conille, a fait jeudi le dépôt de ses pièces à la Chambre des députés. Le Premier ministre pressenti a remis un lot de 26 documents, dont des passeports, les actes de naissance de ses parents et de ses grands-parents, un certificat de résidence, etc. Garry Conille, qui était accompagné de l’ancien ministre de la Justice Gary Lissade et du Dr Emile Hérard, a donné la garantie que ses pièces sont conformes aux prescrits de la Constitution de 1987.
« On n’a pas encore pris connaissance de toutes les pièces soumises par le Premier ministre désigné », a indiqué le député Descolines Abel, secrétaire-rapporteur de la commission spéciale chargée d’étudier les pièces du Dr Conille. Il a par ailleurs informé que l’intéressé a fourni plus de pièces que la commission a requises.
La commission, selon le parlementaire, va se mettre au travail dès vendredi matin. Comme c’était le cas lors de la vérification des pièces de Daniel Rouzier, la commission entend se diviser en plusieurs sous-commissions pour effectuer le travail. « Les sous-commissions vont se rendre dans les institutions publiques concernées pour vérifier l’authenticité des pièces soumises par le Premier ministre désigné », a précisé le journaliste devenu parlementaire.
La commission spéciale chargée d’analyser les pièces de Dr Garry Conille dit accorder le bénéfice de l’urgence au processus de ratification de son choix. D’après Descolines Abel, le rapport de la commission devrait être prêt avant la fin de la semaine prochaine.
Entre-temps, les débats se poursuivent dans les médias comme dans les couloirs du Parlement sur la désignation de Daniel Rouzier. Contrairement au climat hostile qui régnait dans les deux Chambres à propos de la désignation de Bernard Gousse, les parlementaires se montrent de plus en plus favorables à Garry Conille. Même le groupe des 16 au Sénat n’ose pas se positionner clairement. « Il n’y a pas encore de position arrêtée au sein du groupe », répètent-ils comme un refrain. A la Chambre basse, beaucoup de députés se prononcent ouvertement en faveur du choix de Garry Conille.
Jean Pharès Jérôme

 

Conille, en plein dans la réalité !

Michel Martelly a proposé Garry Conille. Un choix qui fait déjà couler beaucoup d’encre. Il revient maintenant au parlement de décider. Le vote sera-t-il politique, économique ou technique ? Les avis sont partagés. La 49e a, dit-on, rendez-vous avec l’histoire.

08/09/2011

Garry Conille, le choix du président ? C’est en tout cas ce que tente de faire croire Michel Martelly. Le président de la République a foi en son premier ministre désigné. « C’est l’homme de la situation ». Si l’ombre de l’internationale plane sur ce choix, le président s’en défend toutefois. « C’est mon choix ! Mes premiers ministres désignés ont chacun un profil particulier. J’ai de la famille, j’aurais pu choisir parmi elle. J’ai choisi la compétence », insiste le chef de l’Etat pour justifier ce que certains parlementaires appellent le choix de la capitulation.
En tout cas, le groupe majoritaire au sénat avec sa proposition pour une sortie de crise en dix points a ouvert la brèche. Le chef de l’Etat s’y est engouffré. Il propose au parlement un homme inconnu du pays. Un fonctionnaire des Nations-Unies. Un produit de l’étranger qui a eu comme tuteur, Bill Clinton, co-président de l’instance de reconstruction, la CIRH, laquelle fut menacée de dissolution par Daniel Gérard Rouzier. L’international assure ses arrières, dit-on.
Ce nouvel apôtre du changement devra convaincre le parlement qu’il est l’homme de la situation. Réconcilier le pays avec lui-même, assurer un développement économique et social pour sortir Haïti du bourbier sont certains des problèmes que M. Conille devra rapidement adresser. Plus que quiconque, le premier Ministre désigné doit s’ériger en instrument de résolution de la crise. La tâche ne s’annonce pas aisée. M. Conille ne répond pas, selon certains, à la notion de « premier ministre de consensus » recherché. Les alliés naturels du chef de l’Etat, déjà font marche arrière.
Ce serait le cas pour certains éléments du groupe des 12 sénateurs, notamment William Jeanty. L’élu des Nippes croit que Garry Conille symbolise la mainmise de l’international sur le pays. Le contraire de tout ce qu’il a défendu au cours de son mandat. « Moi je défend l’intérêt supérieur de la nation. Le choix de Conille c’est la capitulation. C’est une déchéance totale », explique-t-il. Nous sommes les codétenteurs de la souveraineté, sur cette base, rappelle-t-il, tout parlementaire cohérent devrait éviter cette entrave. Si M. Conille, devient premier ministre il sera automatiquement co-président de la CIRH, quel intérêt va-t-il défendre ? s’interroge William Jeanty, arguant qu’en cas de vote favorable au parlement, le premier ministre cohabitera avec son ancien patron, Bill Clinton à la tête de la commission. De plus, M. Conille a toujours revendiqué son appartenance à l’international, notamment l’ONU, fait remarquer le sénateur. Conséquemment, le retrait de la Minustah et la dissolution de la CIRH, priorités du sénateur et de ses alliés ne se concrétiseront pas.
Haïti est en train une nouvelle fois de rater une chance de réunir ses fils et ses filles autour d’un projet commun. M. Conille est diamétralement opposé à la vision du groupe des 12 sénateurs. Contrairement aux idées véhiculées tant par la classe politique, notamment l’Alternative que par la société civile, le pacte de gouvernabilité ne sera pas dégagé pour faciliter une sortie de crise. La rupture avec l’ancien système est jusqu’alors un vœu pieux. Le président ne fait que répéter René Préval, regrette William Jeanty. L’obstacle Lavalas…
Les parlementaires de tendance Lavalas entendent protéger la constitution. Anel Bélizaire croit qu’il y a une carence d’homme sérieux et intègre dans le pays. Ce manque est à l’origine de la crise de société à laquelle nous sommes confrontés, fait-il prévaloir. « M. Conille disait qu’il voulait servir, si sa volonté est réelle pourquoi demander une autorisation au blanc. C’est un serviteur du blanc », a-t-il lancé.
M. Conille n’est pas l’homme de la situation, selon Anel Bélizaire. Il va se battre, promet-il, en compagnie de ses collègues qui ont encore une certaine crédibilité pour convaincre l’assemblée des députés de rejeter ce choix. « Je ne voterai pas pour faire plaisir au blanc et encore moins pour remplir ma poche » a déclaré rageusement le lavalassien avant de dénoncer la mainmise de l’international sur la politique haïtienne. La constitution doit-être respectée argumente Bélizaire. Le pays ne peut plus attendre, toutefois nous lui ferons plus de mal en le dotant d’un premier ministre qui ne répond pas aux critères constitutionnels. Près de 43 sénateurs réunis autour du slogan « ceux qui se ressemblent se rassemblent » seraient prêts à se dresser sur la route de M. Conille, a conclu le député de Delmas/Tabarre.
Très vocal lors des deux premiers choix du chef de l’Etat, le GPR s’est tu. Leur silence est éloquent, très lourd de signification. Le président a-t-il pris le pouls de ses principaux adversaires ? Le GPR est-il convaincu que Garry Conille est l’homme de la situation ? Pas sûr. De source proche ils attendent le bon moment, après le dépôt des pièces. Garry Conille est maintenant loin de la réalité onusienne, en plein dans la réalité haïtienne. Attendons de voir ce qui va en sortir !

Lionel Edouard / doulion29@yahoo.fr

 

Lancement officiel du Conseil consultatif présidentiel

Le Conseil consultatif présidentiel pour le développement économique et les investissements a été officiellement lancé ce jeudi 8 septembre 2011 au palais national. Une initiative qui, bien que courante ailleurs, était encore inédite en Haïti. L’ex-président Bill Clinton, qui copréside la CIRH avec le Premier ministre sortant Jean-Max Bellerive, est nommé président de ce Conseil consultatif présidentiel par le président haïtien Michel Martelly. Le but avoué est de promouvoir une image positive d’Haïti et de renforcer la confiance des investisseurs.

Construit sur la base d’un dialogue direct entre les grands investisseurs et la présidence haïtienne, le Conseil consultatif présidentiel pour le développement économique et les investissements rassemble les P.D.G. des plus importantes entreprises internationales et les plus hauts responsables haïtiens et étrangers. C’est le fruit des efforts conjugués du chef de l’Etat haïtien et d’entrepreneurs étrangers pour améliorer le climat d’investissement.
Supporté financièrement par la BID et l’USAID, cette initiative sera un succès, a estimé le responsable de la mise en place de ce projet, Paulson Philippe-Pierre, qui introduisait la cérémonie. Selon lui, cela va contribuer à un véritable changement en Haïti, un changement qui va éventuellement transformer des vies et aider à transformer également la manière dont le monde considère notre pays à l’étranger.
Le coprésident du Conseil, M. Laurent Lamothe, dans sa prise de parole, a expliqué qu’une commission dont le but est de chercher les meilleurs moyens d’attirer les investisseurs a été mise sur pied par le président Martelly au lendemain de son investiture. L’idée était de parvenir à transformer ce pays d’un centre où les gens en général viennent faire de la charité en un centre ou ils viendront investir. Ainsi ont-ils réuni plus de trente des plus hautes personnalités du monde pour travailler jour et nuit, dans le but d’attirer des investissements directs dans le pays. Conscients de la réalité économique mondiale, il leur a fallu lancer des initiatives concrètes qui touchent à des problèmes réels et qui mettent l’accent sur des solutions spécifiques, a avancé le coprésident, faisant remarquer que le secteur manufacturier et la branche du commerce ont été les plus touchés par le séisme de janvier 2010. L’investissement direct étranger et la dynamisation de l’économie nationale sont donc fondamentaux, d’après lui.
« Nous devons envisager des mesures législatives qui permettront de faciliter la création et l’implantation d’entreprises en Haïti. Nous devons de manière générale mieux positionner le pays pour conquérir de nouveaux marchés », a-t-il affirmé. Il nous faut beaucoup plus que des discours. « Le cadre actuel de règlementation du commerce externe et interne est inadéquat et entrave depuis trop longtemps la circulation de la monnaie et des investissements à l’échelle nationale. Une société ne devrait pas prendre plus de 150 jours pour être créée, alors que les pays compétitifs prennent moins de 24 heures », a-t-il poursuivi, ajoutant qu’il y a beaucoup de capacité de développement en Haïti, de nombreuses opportunités pour des investissements qui stimuleront le secteur de la production afin de créer des emplois nécessaires.
Le porte-parole du Conseil, Edwin Phanord, a voulu faire refléter la perception d’Haïti aux yeux des investisseurs étrangers. « D’après la Banque mondiale, aujourd’hui, Haïti est placée parmi les pays où il est le plus difficile d’ouvrir une entreprise. Elle occupe malheureusement la 162e place sur une liste de 167 pays. En moyenne, pour ouvrir une entreprise, il faut compter 105 jours pour obtenir tous les documents et permis nécessaires. En comparaison, chez les voisins de la Jamaïque, il ne faut que huit jours, et dix-neuf jours en République dominicaine. Quant à la compétition des investisseurs, Haïti est classée 167e sur 167 », a expliqué le porte-parole, précisant qu’un tel tableau ne saurait être favorable dans l’optique d’attirer des investissements étrangers. « Les chiffres sont là pour rendre un témoignage très peu flatteur. De 2001 à 2009, Haïti a reçu près de 360 000 000 de dollars d’investissements étrangers, en comparaison, durant la même période, la Jamaïque a reçu 7,3 milliards et la République Dominicaine, 13,3 milliards », a-t-il ajouté.
Selon lui, ce conseil aura pour mission non seulement de promouvoir l’image de marque nationale à l’étranger et d’attirer des investissements générateurs d’emplois durables, mais aussi de conseiller la présidence et le gouvernement sur des stratégies visant à améliorer notre compétitivité en tant que pays, par le biais de ces cinq comités. Constitué de leaders politiques et d’hommes d’affaires du monde entier qui fourniront des conseils sur divers aspects, ce conseil se réunira au complet au moins trois fois par an; chacune de ces rencontres aura lieu dans une région du pays pour en accentuer les atouts, a-t-il expliqué.
Ces comités seront coiffés du conseil d’anciens dirigeants mondiaux qui est un réseau d’anciens chefs d’Etat et d’anciens chefs de gouvernement mobilisés pour conseiller collectivement les comités dans chacune de leur mission. Les comités se réuniront de manière plus fréquente que le conseil au complet, suivant les explications de M. Phanord.
La grande star internationale haïtienne Wyclef Jean, membre de ce Conseil, qui intervenait également dans la cérémonie, a souligné qu’à plusieurs reprises, il a fait visiter le pays par des stars de Hollywood. Il a agi ainsi afin de les encourager à y investir. Toutefois, Wyclef Jean croit que pour que cela soit possible, nous avons notre part de travail à faire; « Si quelqu’un va bâtir un hôtel maintenant, qui est-ce qui va y travailler? », s’est-il demandé, indiquant que nous devons commencer par préparer des cadres pour le futur en créant des écoles professionnelles dotées de technologies.
Pour sa part, L’ex-président américain William Jefferson Clinton a estimé qu’il est indispensable de parvenir à l’établissement de mécanismes favorisant la création d’entreprises, dont le processus demeure encore très lent auprès des institutions nationales.
Pour lui, les faiblesses en infrastructures sont des difficultés à surmonter pour améliorer l’environnement des affaires. L’alimentation régulière en électricité publique, par exemple, coûte trop cher, a-t-il estimé, « Ça coûte trop cher, ça prend trop de temps pour faire les affaires », s’est-il plaint.
Le président de la République, remerciant les différents membres du Conseil, a réitéré une fois de plus sa volonté de travailler à l’amélioration des conditions de vie de la population haïtienne.
John Smith Sanon / jsmithsanon@gmail.com

 

EDITO

Haïti: Clinton, comme un passeport

Le Premier ministre désigné Garry Conille a déposé, jeudi, devant la commission de la Chambre basse qui doit étudier son dossier, un catalogue. 26 pièces contre une moyenne de 10 pour les autres prétendants depuis 1988 que nous avons des Premiers ministres à ratifier. Abondance ne nuit pas, semble être sa devise en la matière.
Sur le papier, Garry Conille paraît armé. De plus en plus de voix s’élèvent pour, au nom du pays qui n’en peut plus de vivoter sans gouvernement, demander sa ratification per fas et nefas, comme on disait dans les temps anciens.
Entre-temps, les défections se multiplient chez les députés dans le camp des anciens majoritaires du Groupe des Parlementaires pour le Renouveau (GPR). Plus personne ne sait combien de membres il reste au Groupe des 16. Il y a comme un empressement à rejoindre le camp d’en face pour ne pas rater sa part dans le court-bouillon de poisson qui se prépare sur les rives de la Cité de l’Exposition, là où siègent les deux Chambres.
Conille, pour sa première sortie officielle, s’est fait accompagné de maître Gary Lissade, membre de la CIRH, ancien bâtonnier de l’Ordre des avocats au temps du coup d’Etat et ancien ministre de la Justice de Jean Bertrand Aristide. Dans la suite du dernier choix du président Martelly, les journalistes ont aussi remarqué le Dr Emile Hérald Charles, grande figure du mouvement étudiant de la fin des années 80 et ancien directeur général du ministère de la Santé publique et de la Fondation Sogebank.
La première visite du Premier ministre désigné au palais législatif s’est déroulée ce jeudi alors que dans un autre palais de la République, le président Michel Martelly intronisait le président Bill Clinton à la tête d’un nouveau conseil qui va l’épauler et rechercher de potentiels investisseurs pour venir à la rescousse de l’emploi en Haïti.
500 000 jobs sont espérés par le président Martelly pour les années qui viennent grâce à ce nouveau aréopage de chefs de grandes entreprises étrangères, de stars internationales comme Wyclef Jean et d’anciens présidents ou chefs de gouvernement.
Ce qui a surpris, c’est la liste des mêmes personnages qui reviennent à chaque fois que le président Martelly veut sortir une nouvelle béquille pour l’économie haïtienne. Il y a toujours un Clinton, un O’Brien, un Wyclef, un Laurent Lamothe dans la liste. CIRH, décorations, Conseil consultatif, conseillers; on prend les mêmes, on recommence et on sort un argumentaire qui relève de la Méthode Coué.
« Avec l’autosuggestion, Emile Coué est le père du Coaching moderne et de sa nouvelle approche : la thérapie orientée solutions », rapporte-t-on dans un manuel qui connaît bien l’oeuvre du Français. Martelly applique à merveille cette approche.
Le président Martelly déploie aussi une stratégie claire avec des alliés dont les atouts sont connus. La désignation de Garry Conille s’inscrit-elle dans cette même logique?
Pour revenir à l’homme du jour, Bill Clinton, ce dernier est en passe de devenir citoyen haïtien tant il s’implique dans nos affaires et accepte des responsabilités. Quelle casquette lui reste-t-il à accepter?
Est-ce Bill Clinton, lui qui fréquente depuis les années les avenues et impasses du pouvoir haïtien, qui a permis, comme on le dit, l’alignement du parlement sur le choix de Conille ?
Si ce n’est pas pour un mal, ce sera pour un bien, et dans la bonne tradition haïtienne disons: Clinton vle n ap bali !!! Et cette fois, personne ne pourra ignorer qui est le soldat de la guerre perdue ou l’heureux compagnon de la victoire.
Frantz Duval / duval@lenouvelliste.com

 

Haïti-administration :

3 nouveaux directeurs généraux nommés

09/09/2011 11:21:00 Auteur(e) La Redaction

Le président Michel Martelly a nommé trois nouveaux directeurs généraux dans l’administration entamant les premiers changements au sein de l’appareil gouvernemental, a appris Haïti Press Network.

M. Martelly a notamment nommé un nouveau directeur général au Conseil national des télécommunications (Conatel). Il s’agit de Jean Marie Guillaume qui remplace Jean Jaunasse Elysée.

Un nouveau directeur général est également à l’Office national de l’aviation civile (OFNAC). C’est M. Jean Marc Flambert qui va diriger cet organisme.

Au Conseil national des équipements (CNE), Yves Germain est le nouveau directeur général de cette institution que dirigeait l’ex-candidat à la présidence Jude Célestin.

D’autres nominations seront faites dans les prochains jours, a appris Haïti Press Network.

 

Le pont du Bois Morquette détruit par la Ravine Miyette: au moins 4 personnes emportées, selon des habitants de la zone

09/09/2011 02:34:00 Auteur(e) La Redaction

Le pont du Bois Morquette qui donne accès à la localité Marlick dans la commune de Pétion-Ville, a été emportée jeudi soir par la ravine Miyette, suite  aux pluies torrentieles qui se sont abattues sur la plupart des quartiers de la capitale.
Des habitants rapportent qu’un véhicule qui se trouvait sur le pont a été emporté par les eaux  avec deux personnes qui s’y trouvaient.
Un autre citoyen qui attendait de pouvoir traverser le pont aurait également été emporté  avec un enfant.
Un mort a été retrouvé.
Le président Michel Martelly s’est également rendu sur les lieux.
Des habitants rapportent encore que lorsque cette ravine est en crue, elle est vraiment dangereuse et emporte tout sur son passage.
Le pont du Bois Morquette récemment construit n’avait pas encore été inauguré. Un autre pont, celui de  Girardo situé dans la region de Péguy-Ville, a egalement eté detruit, a appris l’AHP.
Les pluies de jeudi soir  auraient également provoqué des inondations sur la Route de Tabarre, non loin de l’Ambassade américaine. Une maison se serait effondrée à Delmas 60. Des victimes ont été signalées.
La route de Frères bloquée à chaque averse, n’a pas été épargnée une fois de plus par des embouteillages montres.
AHP

 

Attirer des investissements, une priorité de Michel Martelly

jeudi 08 septembre 2011 à 19:33

imagesLe Chef de l’Etat a lancé officiellement ce jeudi le Conseil Consultatif présidentiel pour le Développement Economique et l’investissement.Constituée notamment d’anciens Chefs d’Etat de pays amis, d’hommes d’affaires et de techniciens, cette structure a pour mission de développer des stratégies novatrices visant à attirer des investissements étrangers directs en Haïti, a précisé Michel Martelly.

Le président de la République a souligné que ces investissements sont nécessaires à la création d’emplois.

Le Conseil Consultatif est également un excellent outil devant contribuer à améliorer l’image d’Haïti à l’étranger, a déclaré le chef de l’Etat.

 

Haïti-Economie :

L’ancien président Clinton de plus en plus impliqué dans l’orientation de la politique de développement national

Une alternative à la Cirh ?

P-au-P, 08 sept. 2011 [AlterPresse] — Déjà coprésident (depuis mai 2010) de la structure controversée dénommée commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (Cirh), l’ancien président démocrate étasunien, William Jefferson (Bill) Clinton partage, pour 5 ans (correspondant au mandat du président haïtien Michel Martelly), à partir de ce jeudi 8 septembre 2011, la présidence d’une nouvelle structure appelée “conseil consultatif présidentiel pour le développement économique et l’investissement”, selon les informations obtenues par l’agence en ligne AlterPresse.

Clinton co-dirige la nouvelle structure économique, créée par Martelly, avec l’homme d’affaires haïtien Laurent Lamothe, fondateur de la compagnie Global Voice, nommé récemment conseiller du nouveau président.

Il s’agit d’une initiative visant à attirer le capital étranger en Haïti en améliorant l’image de la république caribéenne, selon divers intervenants, dont le président Martelly, à la cérémonie de lancement ce jeudi 8 septembre 2011 à Port-au-Prince.

« La vision stratégique de mon gouvernement pour Haïti met l’accent sur la création de 500 mille emplois sur les trois prochaines années en accélérant les moteurs de la croissance haïtienne, dans divers pôles comme le tourisme, l’élevage, l’éducation », déclare Martelly dans un discours de circonstance.

« Le conseil consultatif est appelé à accompagner mon administration à lever les freins à l’investissement pour libérer la croissance haïtienne », ajoute t-il promettant des textes légaux capables de faciliter les investissements.

Pour leur part, Clinton et Lamothe estiment indispensable de parvenir à la mise en place de mécanismes susceptibles de favoriser la création d’entreprises, dont le processus demeure encore lent, voire trop long auprès des institutions nationales.

« Le cadre actuel de régulation du commerce interne et externe est inadéquat et entrave, depuis trop longtemps, la circulation de la monnaie et des investissements à l’échelle nationale. Une société ne devrait pas prendre plus de 150 jours pour être créée, alors que les pays compétitifs prennent moins de 24 heures », déplore Lamothe affirmant sa détermination à amener « un changement de paradigme ».

Abondant dans le sens d’efforts pour l’implantation d’emplois durables en Haïti, Clinton considère combien les faiblesses en infrastructures (comme l’alimentation régulière en électricité publique qui coûte trop cher) comme des difficultés à surmonter pour améliorer l’environnement des affaires.

« Ça coûte trop cher, ça prend trop de temps pour faire les affaires », renchérit Bill Clinton.

Dans les milieux politiques en Haïti, Bill Clinton est qualifié de “gouverneur d’Haïti, avec son implication active dans plusieurs structures d’orientation de la reconstruction depuis le tremblement de terre du 12 janvier 2010.

Font partie de la structure plus d’une trentaine de personnalités, hommes d’affaires, anciens chefs d’Etat étrangers, et célébrités, à l’image de l’ex-président de la Colombie Alvaro Uribe, de la star haïtienne du hip-hop Wyclef Jean, de l’actuelle envoyée spéciale du fonds des nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) Michaelle Jean 9ancienne gouverneure du Canada), des anciens premiers ministres Jose Maria Aznar de l’Espagne et de Percival Patterson de la Jamaïque, de l’actionnaire principal de la compagnie Digicel Dennis O’Brien.

Un petit air de famille

Le conseil consultatif présidentiel pour le développement économique et l’investissement est lancé, alors que s’achève en octobre 2011 le mandat de la Cirh. L’avenir de la structure de reconstruction, que co-dirige Bill Clinton avec le premier ministre sortant Joseph Jean-max Bellerive, qui n’est pas certain, dépend du vote du parlement haïtien.

Le conseil consultatif présidentiel, qui aurait moins de soucis à se faire, a une durée de 5 ans (correspondant au mandat de Martelly qui prend fin le 7 février 2016).

Le lancement de cette initiative s’est réalisé en présence de plusieurs parlementaires, dont le président du Senat, Rodolphe Joazile.

Notre rôle, c’est de « conseiller au président et au parlement ce que nous pensons qu’il est important pour Haïti de faire, afin de participer au monde des affaires », explique Bill Clinton.

« Le peuple est bien, mais le système est dysfonctionnel », ajoute Clinton. L’idée c’est de travailler avec le président « pour que le système marche » et que « le monde entier sache que le peuple est bien », fait-il savoir.

Avec une structure assez complexe, le conseil consultatif pour le développement économique et les investissements devrait utiliser également le centre de facilitation des investissements (Cfi), organisme public autonome créé en 2006 avec la mission d’aider au développement des affaires en Haïti. [kft rc apr 08/09/2011 16:26]

 

Haïti-Police nationale :

La démission de l’inspecteur général Fritz Jean serait infondée

P-au-P, 8 sept. 2011 [AlterPresse] — Le porte-parole de la police nationale d’Haïti (Pnh), le commissaire Frantz Lerebours, s’inscrit en faux contre l’information faisant état de la démission de l’inspecteur général Fritz Jean de l’institution policière, au cours d’un entretien téléphonique avec l’agence d’information en ligne AlterPresse.

« Il (Fritz Jean) reste l’inspecteur général (de la police). Je ne suis pas au courant de sa démission », déclare Lerebours à AlterPresse.

L’agence en ligne AlterPresse a essayé en vain, ce 8 septembre 2011, de rejoindre l’inspecteur général de police Fritz Jean.

La nouvelle de la démission de l’inspecteur général de la police nationale a été annoncée, le 7 septembre 2011, par un média de la capitale.

D’éventuels différends auraient surgi, rapporte le média en question, entre la direction générale de la Pnh, conduite depuis juillet 2005 par Mario Andrésol, et l’inspection générale assurée, depuis septembre 2006, par Fritz Jean en remplacement de la commissaire Jessie Cameau Coicou, la première femme ayant occupé ce poste, de septembre 2005 à septembre 2006.

Par ailleurs, une fillette de 4 ans, Daraline Bien-Aimé, qui a été enlevée le 1er septembre 2011 dans les hauteurs de Pétionville (municipalité à l’est de la capitale), a été libérée le mercredi 7 septembre.

Cette libération est faite sans intervention de la police, précise le porte-parole de la Pnh, Frantz Lerebours.

Aucune rançon n’a été, non plus, versée aux ravisseurs qui étaient déjà « dans le collimateur de la police », ajoute Lerebours.

La police nationale est à la recherche de plusieurs individus, soupçonnés d’implication dans plusieurs actes d’enlèvement et de séquestration, informe le porte-parole de la Pnh [rh rc apr 08/09/2011 10:50]

 

Malaise et inquiétude au sein du haut commandement de la PNH

09/09/2011 11:12:00 Auteur(e) La Redaction

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Mario Andrésol, le directeur général de la Police Nationale d’Haiti était au bord de la crise de nerf lorsqu’il réagissait jeudi après-midi au micro du directeur de Infohaiti en Haiti, Jean-Monard Métellus sur la démission annoncée de l’Inspecteur général en chef de l’Institution policière, M. Fritz Jean. Celui-ci a qualifié de « fuite en avant » la décision du No 2 de la PNH qui aurait eu vent de sa mise à pied incessante et s’est empressé d’adresser une correspondance au premier ministre et ministre a.i de la Justice, Jean Max Bellerive pour se donner bonne presse et passer dans l’opinion publique pour un homme courageux et honnête.
« Il n’est rien de tout cela », s’est emporté le DG de la PNH qui souligne que le concerné fait preuve d’une insubordination telle que ses jours étaient effectivement comptés à la « Police des Polices ». Mario Andrésol confie qu’il a eu vent du départ de l’inspecteur général en chef de la PNH que par le truchement de la presse alors qu’en tant que supérieur de la police, il aurait du recevoir la lettre en question.
Dans sa lettre de démission, Fritz Jean a formellement accusé M. Andrésol de coucircuiter les efforts de sa direction pour faire respecter les droits de l’homme et conduire des enquêtes indépendantes à terme, sous-entendant que dans ce dossier, il y a eu conflit d’intérêt car, M. Andrésol avait des liens avec M. Demosthène qui était aussi son gardien.
« La dernière goutte d’eau qui devait faire déborder le vase est le transfert du seul inspecteur-enquêteur que j’avais et qui avait travailler sur le dossier Serge Demosthène décédé  à la suite de mauvais traitement subi par des policiers du Commissariat de Pétion Ville alors que je devrais avoir 6 pour me seconder »,avait déploré M. Jean qui a aussi indiqué que Mario Andrésol a même refusé en présence du chef du gouvernement de revenir sur son ordre de transfert. Là encore, Mario Andrésol a réfuté ces accusations arguant qu’il est la seule émanation du parlement pour avoir reçu un vote du sénat pour occuper ce poste et qu’à ce titre il est le supérieur hiérarchique de l’Inspecteur général en chef et la Constitution le dit très clairement.
A noter que dans ce dossier, l’ex-commissaire de police de Pétion-Ville, Vanel Lacroix est écroué au commissariat de Port-au-Prince (en attendant son procès éventuel) ainsi que quelques-uns de ses policiers. Mario Andrésol indique qu’il n’a cherché en aucune façon à influencer l’enquête et que les inspecteurs ont pu travailler en toute indépendance, contrairement aux accusations de M. Fritz Jean.
 

Info Haiti

 

Dossier Guiteau Toussaint : Le principal suspect libéré

08/09/2011

Le principal suspect dans l’assassinat du banquier Guiteau Toussaint a été libéré ce jeudi 8 septembre par le juge d’instruction en charge du dossier Me Jean Perez Paul. Fequel Plaisimond a été arrêté au même titre que le citoyen Serges Démosthène tué par la suite au commissariat de Pétion-vile.
Guiteau Toussaint était le président du Conseil d’administration de la banque nationale de crédit (BNC). Il a été assassiné chez lui le dimanche 12 juin 2011.
EL / LM

 

Haïti – Éducation :

Propos de Michaëlle Jean à l’Université Quisqueya

08/09/2011 16:15:24

Haïti - Éducation : Propos de Michaëlle Jean à l’Université QuisqueyaAchevant son séjour commencé le 31 août, Michaëlle Jean, l’Envoyé spécial de l’UNESCO pour Haïti qui était venu, comme elle l’a déclaré, pour soutenir « le grand projet de la reconstruction du système d’éducation publique par le renforcement des capacités institutionnelles, construire les contenus, les curricula et la réglementation qui devrait régir l’ensemble des écoles en Haïti » a donné hier, une conférence sur son séjour autour de l’éducation avant de quitter Haïti.
«… c’est un bilan plutôt positif, il y a aussi beaucoup d’inquiétude en raison des tracasseries politiques actuelles, l’attente imminente de la formation du prochain gouvernement […] beaucoup de ce que j’ai vu durant mon séjour était assez encourageant. J’ai pris la peine d’aller écouter les gens, d’écouter beaucoup, de discuter aussi avec des lycéennes, de rencontrer des étudiants […] de parler aux gens du secteur de l’éducation ici à Port-au-Prince, de voir les gens à l’œuvre […] ce n’est pas l’immobilisme que l’on imagine, il n’y a pas d’immobilisme en Haïti, il y a des gens en mouvement constant et même du côté du gouvernement sortant, il y a encore des Ministres qui sont en poste et qui s’occupent des affaires courantes avec un sens de la responsabilité et du devoir.
J’ai eu de longues séances de travail avec le Président de la République, on a beaucoup parlé de la réalisation de ce vaste projet de la scolarisation de plus de 140,000 enfants qui sont en dehors du réseau scolaire en ce moment, sur la mise en place d’un système d’éducation de qualité, universel et accessible, des étapes à suivre pour y arriver. Nous nous avons dis, quand je dis nous c’est l’UNESCO, nous avons des fonds garanti pour commencer à travailler aussitôt que le prochain Ministre de l’éducation sera nommé, que le ministère sera en place on va commencer. On a des fonds pour la formation des professeurs, des enseignants, des maîtres, ce sont des fonds qui viennent largement du Canada, on est prêt à travailler avec ça et au niveau aussi d’initiatives où la culture devient un moteur de la reconstruction.
On a aussi une stratégie bien arrêtée […] le message que j’envoie à Haïti, c’est que nous somme prêt. Ce que j’ai trouvé ici, ce sont des gens de très grande qualité qui travaillent sur le terrain et qui eux aussi ont très très hâte que les efforts de reconstruction se mettent vraiment en branle.
Le Canada a mit à disposition de 4 à 5 millions de dollars, on a aussi d’autres fonds pour réaliser des statistiques scolaires, parce que vous savez, c’est compliqué de construire un système d’éducation, un enchâssement institutionnel qui doit être solide. Pour ce qui est de la culture, l’Espagne par exemple, est un partenaire extraordinaire qui déjà a répondu présent et décaissé des fonds. Le développement du secteur du tourisme culturel, un tourisme de qualité et bien diversifié parce qu’il y a de plus en plus de demande pour ça, Haïti à beaucoup à offrir, Haïti a énormément à offrir. »

HL/ HaïtiLibre

 

Haïti: Education :

Un revers de l’option gouvernementale

La cause majeure de non scolarisation de nombreux enfants est la MISERE

De mon temps, il y avait des écoles publiques de qualité. Ainsi, j’ai pris mon Brevet Elémentaire à l’Annexe de l’Ecole Normale d’Institutrices. Comme en ce temps-la, l’Education nationale donnait quelques résultats, j’étais première et une élève du Sacré-Coeur, deuxième. Preuve que cette école publique était de qualité.
J’ai poursuivi mes études à l’Ecole Normale d’Institutrices, seule grande école pour les filles, aussi réputée de grande qualité. L’examen d’admission était très sévère puisque le nombre d’admis était fort limité. L’examen final était fait par un jury devant lequel on passait les examens oraux en présence d’un public. Cas unique dans l’histoire de l’Ecole, dans ma promotion, la dernière avait eu plus de 8 de moyenne. Encore preuve de qualité.
De nos jours, pour la majorité nationale, envoyer son enfant à l’école publique est synonyme de pauvreté, puisqu’il y en a fort peu à être de qualité (celles-là sont en général gérées par des congrégations religieuses). Aussi, les parents qui le peuvent choisissent d’envoyer leurs enfants à l’école privée, dans l’espoir qu’elles sont de meilleure qualité que les écoles publiques.
Pour de nombreux parents, la gratuité annoncée par le gouvernement implique aussi la possibilité d’inscrire leurs enfants dans des écoles privées, supposées de qualité. Le désenchantement sera grand de ne pouvoir le faire.
Si j’étais le président, je lutterais pour multiplier les emplois, pour augmenter au maximum la richesse nationale afin que la majorité des parents puisse payer l’écolage de ses enfants.
Je concentrerais mes efforts dans la formation de maitres et dans le relèvement du niveau des écoles publiques; dans la multiplication d’écoles professionnelles et techniques et sur l’Université à rendre de qualité et répondant aux besoins du pays en cadres.
J’installerais dans chaque Département une Ecole normale de formation accélérée de maitres pour les nouvelles écoles publiques que j’y construirais. J’enrôlerais comme maitres à former des bacheliers recrutés au concours. ( il yen a tant qui sont nuls), originaires du département concerné. Je leur donnerais, pour les y fixer, des avantages comme le logement en location-vente et des moyens d’augmenter leurs salaires.
Pour respecter ma promesse, je scolariserais en priorité en première et en deuxième année, pour fermer la vanne d’enfants non scolarisés, laissant aux spécialistes le soin de chercher la solution pour les « sur-âgés ».
Tant que l’école publique ne sera pas réputée école de qualité, elle demeurera synonyme de misère.
Odette Roy Fombrun
1er septembre 2011

 

Pour la renaissance de la cité de l’Indépendance

Gonaïves, la quatrième ville du pays, passe quasiment inaperçue aujourd’hui. Si tous les regards y étaient fixés en 2004 et en 2008, en 2011, on n’en parle plus. En fait, ce n’est pas nouveau, puisque pour peu qu’il faille le dire, notre conscience de peuple ne s’éveille que dans les catastrophes pour devenir amnésique après. A l’image du pays, Gonaïves se dégrade et garde encore les séquelles de ses maux. Malgré certains efforts au niveau des infrastructures, cette ville peine à se relever.

08/09/2011

En septembre 2004, lors du passage du cyclone Jeanne, près de 80% de la ville a été inondée ou ensevelie sous la boue. Plus de 3.000 personnes, parmi elles des enfants, ont été tuées ou portées disparues.
En fait, dire que Gonaïves a été traumatisée est un euphémisme. Toute la population a été touchée de près ou de loin. Selon un bilan des autorités haïtiennes, plus de 4.500 maisons ont été détruites, l’eau a été contaminée, des cultures anéanties. 70% des zones agricoles de la région ont été ravagées, 54 écoles secondaires endommagées et fermées. L’hôpital général a été fermé et la ville couverte de boue. Environ 592 000 mètres cubes de boue devaient être enlevés.
En août 2008, quatre ouragans ont laissé la ville sous les eaux, tuant des centaines de personnes. Vivre dans la ville était devenu un calvaire, des analystes et politiques parlaient même de déplacer la ville. Comme toujours dans ces situations beaucoup de projets et d’organisations ont pris naissance. Beaucoup de promesses ont été faites. Pourtant aujourd’hui encore, Gonaïves peine à cicatriser ses blessures. Entre temps certains travaux ont été réalisés.
566 kilomètres de murs d’enceinte pour la protection des collines ont été construits, plus de 14 600 mètres cubes de murs en maçonnerie sèche ont été érigés. 900 personnes ont été employées quotidiennement pendant une période de 20 mois. Environ 42 millions de dollars ont été accordés à la compagnie Estrella pour la construction de routes aux Gonaïves.
Si certains Gonaïviens se plaignent de la lenteur des travaux, d’autres croient au contraire que les responsables de cette compagnie font un excellent travail. Le tronçon de route reliant Gonaïves à Saint-Marc est construit. À l’intérieur de la ville, les travaux se poursuivent. Beaucoup de rues restent encore très poussiéreuses, telles les rues Jean Jacques Dessalines, Christophe, Toussaint… Les mêmes inquiétudes persistent quant à la vulnérabilité de la ville par rapport aux inondations. Il suffit qu’il commence à pleuviner pour que tout le monde soit en alerte. Le morne Bienac, dépourvu d’arbres, représente, selon les habitants de la ville, le plus grand danger pour Gonaïves.
Par ailleurs, les vrais originaires de la ville, se disent désolés de voir leur cité se dégrader telle une rose privée de ses pétales. C’est le point de vue de Joseph Alfred. Il a 72 ans et a toujours vécu aux Gonaïves. L’un des premiers à initier dans cette ville historique la radiodiffusion. Djo Ti Cay, comme on l’appelle, habite aux environs de l’Habitation Georges où Toussaint Louverture fut arrêté par les colons français. Il est l’un de ces hommes qui ont connu la ville des Gonaïves dans sa gloire. Il se dit désarçonné face à cette dégénérescence de sa ville en particulier mais du pays en général.
En plus d’être la cité de l’Indépendance, Djo Ti Cay reconnait en Gonaïves la capitale politique et mystique du pays. Selon lui aucun gouvernement ne peut se targuer d’être bien assis sans l’aval de la ville. « Dans son histoire politique récente, cette ville a déjà provoqué la chute de plusieurs gouvernements. Jean Claude Duvalier et Jean Bertrand Aristide sont les plus récents », fait-il remarquer. Si Jacmel est aujourd’hui la Capitale du carnaval haïtien, Gonaïves en fut la première dans les années 50, 60 et 70, nous rappelle Joseph Alfred.
Gonaïves, la ville de Jacques Stephen Alexis, de Clément Barbot, d’Edris Saint-Armant, a perdu toute sa sève. Pour Djo Ti Cay, on ne marche que sur les ruines de cette ville qui a toujours servi de repaire pour les hommes politiques du pays. La ville des Gonaïves, à 150 km au nord de Port-au-Prince, est située au Nord-Est du Golfe de la Gonâve, 19:27:00 de latitude Nord et 72:24:00 de longitude Ouest. Malgré tous les projets et discours après les désastres de 2004 et de 2008, la quatrième ville d’Haïti reste la ville la plus vulnérable sur le plan environnemental. Beaucoup de gens cherchent à se refugier ailleurs tant les conditions de vie dans la ville sont devenues précaires. Gonaïves doit enfin renaitre et redevenir un lieu sûr pour le bonheur de ses filles et fils qui ne demandent qu’à vivre chez eux.

Jackson Joseph

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