mardi 13 septembre 2011

13 Sep

Haïti – Politique :

Michel Martelly, renouvelle officiellement sa confiance au Dr Garry Conille

13/09/2011 08:44:58

imageHier lundi, dans une importante réunion de travail au Palais National entre le Chef de l’Etat, le Premier Ministre désigné, le Directeur du Cabinet, Thierry Mayard-Paul et d’autres membres du Cabinet du Président a été l’occasion pour le Chef de l’Etat de renouveler sa confiance au Dr Conille et de signifier l’inconditionnel support de toute l’équipe au nouveau candidat à la Primature. Une façon de démentir officiellement de nombreuses rumeurs infondées faisant état de divisions au sein du cabinet.
Le Président Martelly a insisté sur l’obligation de travailler en parfaite synergie en vue de matérialiser sa vision du développement dans l’intérêt collectif. Le Directeur du Cabinet, Me Thierry Mayard-Paul, a abondé dans le même sens, prônant l’esprit d’équipe, condition sine qua non pouvant mener au changement tant souhaité par le peuple haïtien.

image

Dans son intervention, le Premier Ministre désigné a assuré que son gouvernement travaillera en étroite collaboration avec la Présidence et les différents secteurs de la vie nationale. Le Dr Conille a proposé une approche axée sur l’identification des contraintes pour dénouer les grands défis de l’heure. Tout en saluant le travail déjà effectué par l’équipe présidentielle, il a promis de mettre toute son expérience et son savoir-faire au service du pays.

HL/ HaïtiLibre

 

G59 : la nouvelle force

La chambre basse a une nouvelle majorité. Désormais le GPR est relégué en second plan. C’est ce qu’a voulu démontrer lundi les députés regroupés au sein du groupe des 59 fraîchement composé, dénommé majorité fonctionnelle.

13/09/2011

La chambre basse a une nouvelle majorité. Désormais le GPR est relégué en second plan. C’est ce qu’a voulu démontrer lundi les députés regroupés au sein du groupe des 59 fraîchement composé, dénommé majorité fonctionnelle.
Au sein de ce nouveau groupement cohabitent les membres du regroupement des parlementaires pour le changement (RPC), les parlementaires pour le progrès et la démocratie (PDP), ceux d’Ansanm nou fò ainsi qu’une douzaine de députés qui ont déserté les rangs du GPR.
Selon Fritz Chéry, président du bloc RPC, le retard enregistré hier pour débuter la séance en assemblée nationale devant clôturer la session ordinaire était voulu. C’était une preuve que les cartes ont été redistribuées et qu’il y avait une nouvelle majorité. Le président Saurel Jacinthe a été élu par une majorité, pourtant malgré la présence de celle-ci il ne peut y avoir de séance, ironise-t-il.
Danton Léger, président du bloc Ansanm nou fò, explique pour sa part que ce nouveau regroupement de parlementaires n’est pas assujetti à la cause du président, mais constitue de préférence une majorité fonctionnelle. Il aura pour tâche, informe-t-il, d’assurer le bon fonctionnement de la chambre basse et le quorum tout en permettant au pays de se doter de nouvelles lois.
S’il est vrai que cette nouvelle mouvance politique n’est pas régulièrement inscrite au bureau de la chambre basse, elle constitue toutefois une force réelle capable d’influencer les débats. En tout cas, la ratification de Garry Conille permettra assez tôt d’éprouver la solidité de ce grand bloc à qui déjà certains prédisent un très court avenir.

Lionel Edouard

 

La fin des hostilités entre la Présidence et l’Inité favorisera la formation d’un gouvernement

image

Le Premier Ministre désigné, Gary Conille, devrait bénéficier d’une harmonie dans les relations entre la Présidence et la majorité parlementaire de l’Inité.
Le chef de file de la majorité au Sénat, Joseph Lambert, a annoncé hier que le courant passe entre lui et le président Martelly. M. Lambert qui avait affiché son opposition au chef d’Etat lors des rejets des deux Premiers Ministres désignés, a estimé nécessaire que le pays soit doté d’un gouvernement dans les prochaines semaines.
Dans le même temps le chef d’Etat s’est dit confiant de la ratification de son Premier Ministre. Nous sommes dans la bonne direction a martelé M. Martelly qui dit compter sur une majorité dans les deux chambres. Il se réjouit que les deux parties aient pris conscience de la nécessité de doter le pays d’un gouvernement.
Entre temps la commission spéciale a débuté l’analyse des dossiers de m. Conille. Les députés, qui ont bouclé hier la deuxième session ordinaire, n’auront pas droit à des vacances puisqu’ils ont été convoqués en session extraordinaire.
LLM / radio Métropole Haïti

 

L’Assemblée nationale a clôturé la deuxième session ordinaire

imageLes députés et sénateurs se sont réunis en assemblée nationale ce lundi pour clôturer la deuxième session ordinaire de l’année législative et ont procédé du même coup à l’ouverture de la troisième session extraordinaire de la 49ème législature.
Lors de cette séance de fermeture, le président du sénat, Rodolphe Joazile, a qualifié de réussi l’ensemble des travaux menés jusque-là par les parlementaires durant cette session.
« Honorables députés et sénateurs de la république, n’ayons pas peur de dire à la nation que durant cette session nous ne sommes pas arrivé à jouer dûment notre rôle de législateurs et à exercer notre pouvoir de contrôle sur les différentes actions du gouvernement », a martelé Rodolphe Joazile qui impute d’ailleurs la responsabilité a l’exécutif qui n’a fait dépôt auprès du parlement d’aucun projet de loi.
La validation en juin dernier du mandat des députés et sénateurs qui se trouvaient en difficulté suite aux résultats du deuxième tour des dernières élections ; le remaniement des commissions permanentes au niveau des deux chambres ; l’amendement de la constitution ; le vote par l’assemblée des sénateurs des juges devant combler les postes vacants de la cour de cassation , sont entre autres points avancés par le président du grand corps pour tenter de prouver que la 49ème législature s’est élevé tant bien que mal à la hauteur de sa tâche.
Notons que pour ces quatre mois, la 49ème législature a réalisé seulement sept séances en assemblée nationale ; le sénat a réalisé une douzaine de séances plénières, et la chambre basse à pour sa part réalisé six séances.
EJ/Radio Métropole Haïti

 

Conille poursuit ses consultations politiques en vue de sa ratification

imageLe Premier Ministre désigné, Gary Conille, se dit satisfait des séances de travail avec les acteurs politiques dans le cadre du processus de ratification. Au cours des derniers jours M. Conille a eu plusieurs séances de travail avec les parlementaires membres des divers blocs et les chefs de file des partis politiques.
L’ex haut fonctionnaire de l’ONU affirme que les rencontres avec les parlementaires ne doivent pas être considérées comme des négociations. Selon M. Conille aucun parlementaire n’a sollicité un quelconque avantage en échange de son vote.
Toutefois il inscrit sa démarche dans un contexte de partage des responsabilités qui n’implique pas forcement une distribution de postes ministériels. Nous discutons des objectifs et des moyens de faire atterrir la vision du chef d’Etat, insiste M. Conille faisant remarquer que les échanges portent également sur les passerelles de communication à établir ainsi que les instruments et priorités à définir.
Le partage des responsabilités dans cette optique sera bénéfique pour les acteurs, assure M. Conille soulignant que le succès ou l’échec sera collectif. M. Conille qui opte pour une politique d’ouverture à l’égard des acteurs révèle que cette option est une requête du président Martelly.
M. Conille veut être à l’écoute des parlementaires, des représentants des partis politiques, de la communauté internationale, du secteur privé et de la société civile afin de pouvoir élaborer une politique générale reflétant les intérêts des secteurs de la vie nationale. La relance de l’économie par la création massive d’emplois sera l’une des principales priorités de la politique générale de M. Conille.
Interrogé sur ses attentes M. Conille se dit confiant mais soutient qu’il ne défend pas ses intérêts personnels. Je veux faire atterrir la vision du président et trouver une harmonie dans le projet commun à élaborer pour la nation.
LLM / radio Métropole Haïti

 

Garry Conille peut compter sur le vote de l’OPL si ses pièces sont correctes

imageL’Organisation du peuple en Lutte (OPL) se dit prête à accorder un vote favorable au premier ministre désigné si ses pièces répondent aux prescrits de la constitution.
Intervenant a la rubrique le point ce mardi, le professeur Sauveur Pierre Etienne a fait remarquer qu’il revient aux membres de la commission chargée d’examiner les pièces de Garry Conille de décider si oui ou non ce dernier répond aux exigences fixées par la constitution de 1987.
Selon Sauveur Pierre Etienne, les parlementaires élus sous la bannière du parti entendent doter le pays d’un gouvernement vu l’urgence de l’heure.
Toutefois le coordonnateur de l’OPL n’avait pas souhaité trop élaborer sur la question de résidence du premier ministre désigné qui alimente les débats.
Monsieur Pierre Etienne a indiqué, par ailleurs, qu’Haïti n’est plus un état souverain et donc on ne peut évoquer la question de residence pour monsieur Conille puisqu’il est un fonctionnaire des Nations Unies.
Rappelons que Sauveur Pierre Etienne a été élu coordonateur général de l’OPL, lors des dernières élections réalisées par cette formation politique.
EJ/Radio Métropole Haïti

 

17 nouveaux cas d’infection au choléra à Hinche

Environ 2 mille habitantes et habitants de la localité Ahibon, dans la section communale de Marmont, près de Hinche (chef-lieu du département géographique du Plateau central, au Nord-Est d’Haïti) frôlent une crise humanitaire, en raison d’une pénurie d’eau et de nourriture.
Des dizaines de personnes souffrent de maux de ventre, tandis que 17 nouveaux cas d’infection sont enregistrés à Marmont, indique le coordonnateur du conseil d’administration de la section communale (Casec) de Marmont.
Les paysans doivent parcourir plusieurs kilomètres avant d’atteindre une fontaine publique à Thomonde, commune située au sud de Marmont.
Les paysans de Ahibon craignent de fréquenter la rivière Ahibon, aux environs de laquelle (à Fort Marmont) des matières fécales ont été entreposées le 20 août 2011.
Une pénurie d’eau menace plus d’un millier de personnes (plus de 300 familles) à Ahibon, où les paysans craignent de s’approvisionner dans la rivière polluée par un déversement de matières fécales le 20 août 2011, observe l’agence en ligne AlterPresse.
Des femmes enceintes, des vieillards et des enfants risquent de mourir de soif.
C’est une grave crise humanitaire. Environ 2 mille personnes font face à une situation difficile pour se procurer de l’eau », indique Gimps André, coordonnateur du Casec de Marmont, qui lance un appel au secours au ministère de la santé publique et de la population (Mspp).
Les paysans doivent marcher plus de 5 km, en direction de Thomonde, avant de trouver une fontaine publique. Pour avoir bu, par erreur, de l’eau en provenance de la source Ahibon, 17 personnes de la localité de Wana se sont retrouvées infectées au choléra, tandis que des dizaines d’autres sont affectées par des maux de ventre.
« Nous voulons de l’eau potable, et nous réclamons, du même coup, le départ pur et simple de la mission des Nations Unies de stabilisation en Haïti (Minustah) », déclarent des habitants de Ahibon, qui menacent de bloquer la route nationale #3 si rien n’est fait pour satisfaire leurs revendications.
 » Nous mourrons de soif, il n y a personne pour nous aider. Les mairies de Thomonde et de Hinche nous ont promis de l’eau en abondance, mais jusqu’ici rien n’est réglé », déplore le comité de crise récemment créé à Ahibon, dont les membres affirment leur détermination à défendre leurs droits fondamentaux.
Une grande quantité de matières fécales a été déversée, sur une ligne de canalisation d’environ 15 mètres de long, tôt dans la matinée du 21 août dernier. Par cette canalisation, les déchets humains atteignent la rivière Ahibon, qui se jette dans la rivière de Thomonde, affluent du fleuve Artibonite.
Sis à 15 km au sud de Hinche, le Fort Marmont a été, lui aussi souillé, par ces déchets.
Le Fort Marmont est l’ancien lieu de prédilection de Charlemagne Péralte, héros et grande figure de la résistance haïtienne à l’occupation américaine (1915-1934).
Ronel Odatte
Alterpresse

 

Attirer les investissements directs étrangers en Haïti

Le président de la république Michel Joseph Martelly vient d’innover dans l’administration publique haïtienne avec le lancement officiel, la semaine écoulée, du Conseil Consultatif pour le Développement Economique et les Investissements. Coprésident de cette entité inédite, le PDG de la Global Voice, Laurent Lamothe a apporté sur les ondes de Magik9 des précisions sur la fonction et l’importance de ce conseil par rapport aux défis nationaux.

Laurent Lamothe

(Photo: (defend.ht))

« La mission du Conseil Consultatif Présidentiel pour le Développement Economique et les Investissements consiste à conseiller le chef de l’Etat sur les politiques publiques capables d’attirer de l’investissement dans le pays et à projeter une image positive d’Haïti au reste du monde » a tenu à préciser, dans une interview accordée à PanelMagik, l’entrepreneur Laurent Lamothe, coprésident de ce nouveau conseil avec l’ancien président américain William Jefferson « Bill » Clinton. A en croire les propos du conseiller spécial du président, cette nouvelle structure, la première de ce genre dans l’administration de l’Etat haïtien, s’occupera surtout de conseiller la présidence « mais l’implémentation des politiques proposées sera assurée par les haïtiens eux-mêmes via les différents organes gouvernementaux ».
« Le plus grand besoin de la population haïtienne n’est autre que la création d’emplois » reconnaît Laurent Lamothe. Conscient de la décapitalisation du secteur privé haïtien après la catastrophe du 12 janvier 2010, il recommande pour relever l’économie haïtienne un influx massif de capital étranger. » Haïti actuellement n’a pas seulement besoin d’assistance humanitaire, mais surtout de l’installation sur tout le territoire national de nouvelles entreprises étrangères dans les différents secteurs afin de créer un développement durable dans la société » a martelé le conseiller présidentiel, manifestement certain de la richesse du pays en matière d’opportunités économiques.
« Le conseil, fraîchement créé, renferme des personnalités les plus qualifiées dans leurs sphères d’activités et les plus connues à travers le monde pour contrebalancer les informations négatives diffusées sur le pays  » a fait remarquer l’entrepreneur, également membre du conseil d’administration de la CIRH. Selon lui, le monde doit commencer à découvrir qu’Haïti n’est pas seulement un pays de choléra et de turbulences sociopolitiques. Ce travail de promotion et de consultation sera assuré par une équipe de 25 membres triés sur le volet. Il s’agit, en effet, de hautes personnalités des cinq continents comme le prix Nobel de la Paix Muhammad Yunus, des hommes d’affaires dont Dennis O’Brien de la Digicel, des anciens présidents tels que le colombien Alvaro Uribe et l’américain Bill Clinton ainsi que des personnalités de haute marque comme la star haïtienne de renom international Wyclef Jean. « Dans cette équipe, nous comptons une gallérie d’hommes d’affaires prêts à témoigner au monde de leurs expériences enrichissantes en Haïti  » a ajouté, optimiste, le PDG de la Global Voice qui entend avec ce conseil présidentiel apporter des solutions simples aux problèmes complexes du pays.
« Ce que nous cherchons, c’est de l’investissement direct privé mais pour atteindre cet objectif, il faut offrir un cadre règlementaire incitatif aux potentiels investisseurs pour démarrer sans difficulté leurs entreprises. Or, Haïti, en raison de ses nombreuses procédures administratives et juridico-légales dans la légalisation d’entreprises, est classé en 162e position sur 183 pays pour sa facilité de faire des affaires.  » Il faut passer treize étapes différentes pour lancer une entreprise dans le pays alors qu’il ne suffit que de huit à Saint-Domingue et de six à la Jamaïque » a déclaré Laurent Lamothe, désireux de faire d’Haïti, à travers ce nouveau conseil présidentiel, un lieu beaucoup plus propice à l’investissement qu’aujourd’hui.
D’après l’entrepreneur, Haïti a beaucoup à offrir au monde, notamment sa main-d’oeuvre relativement bon marché, ses plages sous-exploitées et la soif de sa population à travailler.  » Avec les essoufflements de l’économie mondiale, il est stratégique aujourd’hui d’attirer les investissements privés dans le pays » soutient Laurent Lamothe qui mise sur leur effet multiplicateur dans l’économie pour satisfaire toutes les couches de la population haïtienne. « Prenons l’exemple de Digicel et de Voilà, il s’agit là de deux sociétés privées qui ont consenti d’importants risques financiers : ils ont investi plusieurs millions de dollars en Haïti; maintenant ces entreprises fonctionnent sur le marché et la population bénéficie de leurs produits, de leurs services de même que de leurs opportunités d’emplois directs et indirects » a souligné le conseiller présidentiel non seulement pour illustrer les retombées positives des récents investissements directs étrangers en Haïti mais aussi pour démontrer l’intérêt d’inclure d’avantages d’opérateurs économiques sur le marché haïtien évalué à plus de dix millions d’habitants.
Le Conseil Consultatif Présidentiel pour le Développement Economique et les Investissements a été officiellement lancé pour un mandat de cinq ans en Haïti le 8 septembre 2011 au palais national. Mais, d’après les informations fournies par Laurent Lamothe, le lancement mondial de ce conseil est annoncé pour le 21 septembre prochain lors de l’Assemblée Générale des Nations-Unies à New-York.
Carl-Henry CADET
aloccarlo@hotmail.com

 

Haïti: Nouveaux fonds pour l’éducation

La Banque mondiale va octroyer 70 millions de dollars pour financer les frais scolaire, les programmes de cantine scolaire et des initiatives communautaires en faveur des zones éloignées qui ne disposent pas d’infrastructures de l’éducation.

Alexandre Abrantes, envoyé spécial de la Banque mondiale en Haïti

(Photo: James Alexis)

Pamela Cox, vice-présidente pour la région Amérique latine et les Caraïbes

(Photo: James Alexis)

«Les fonds qui seront engagés par la Banque mondiale dans des projets d’éducation (cher au président Michel J. Martelly) sont tout à fait nouveaux. L’envoyé spécial de la Banque mondiale en Haïti, Alexandre Abrantes, l’a confirmé : 70 millions de dollars financeront les frais scolaires, les cantines scolaires et la mise sur pied d’écoles communautaires en faveur des zones éloignées qui ne disposent pas d’infrastructures de l’éducation.
En poste dans le pays après le tremblement de terre (avril 2010), Alexandre Abrantes déclare que pour le moment le système de dons se maintient. Il précise que 70 % des fonds annoncés par la Banque mondiale après le tremblement de terre ont été décaissés. « Nous décaissons 10 à 11 millions de dollars mensuellement », rappelle-t-il.
C’est beaucoup plus que ce qu’on décaisse pour les pays plus développés de l’Amérique du Sud et de l’Amérique centrale », s’est félicité M. Abrantes à l’issue de la visite de deux jours en Haïti de Pamela Cox, vice-présidente pour la région Amérique latine et les Caraïbes et de Axel van Trotsenburg, vice-président chargé des Finances concessionnaires et des associations globales.
A la question de savoir si l’absence d’un gouvernement ne constitue pas un obstacle dans la coopération Banque mondiale-Haïti, le représentant de cette institution dans le pays s’est affirmé en ces termes : « L’absence de gouvernement gêne. Mais on peut travailler quand même. Même démissionnaire, il y a en place un Premier ministre, un ministre des Finances…les projets financés par la Banque mondiale sont toujours en activité, ils ne sont pas paralysés. »
Aux yeux du fonctionnaire de la Banque mondiale, même si tout ne fonctionne pas extraordinairement bien, l’institution ne peut pas se plaindre d’un quelconque blocage. D’ailleurs, fait-il remarquer, la nouvelle équipe maintient les projets. « Nous organisons régulièrement des révisions de projets. Une anomalie serait vite remarquée et corrigée », ajoute le Brésilien, qui croit que les 17 projets financés en Haïti correspondent aux besoins immédiats du pays.
Dans un récent entretien avec Le Nouvelliste, Alexandre Abrantes a précisé qu’il y a une formule mathématique appliquée dans l’allocation des fonds à chaque pays. L’octroi de dons ou prêts dépendent de la performance, de la population, des indicateurs économiques…du pays en question.
Avant de quitter Haïti, Pamela Cox n’a pas eu le temps de rencontrer un petit groupe de journalistes qui l’attendait au salon diplomatique de l’aéroport Toussaint Louverture de Port-au-Prince. Mme Cox, qui a dû affronter les brusques précipitations de vendredi qui ont bouleversé la capitale et ses environs, est partie sans s’adresser aux quatre journalistes qui l’attendaient.
Durant son séjour, la délégation conduite par Pamela Cox a notamment rencontré le président de la République, Michel J. Martelly, le ministre des Travaux publics, Transports et Communications, Jacques Gabriel. Comme à Delmas 32, elle a aussi rendu visite aux bénéficiaires de projets financés par la Banque mondiale en Haïti.
Dieudonné Joachim
djoachim@lenouvelliste.com

 

« Haïti doit prendre en considération l’importance de la Caricom »

Les autorités gouvernementales sont invitées à travailler pour mettre en marche toute la machine administrative- qui existait avant le séisme du 12 janvier – afin qu’Haïti puisse intégrer complètement le Marché économique unique de la Caricom (CSME). C’est la déduction des discours de différents chefs de département du secrétariat général de la Caricom basé à Guyana, qui croient que la corporation régionale, incluant Haïti, est aussi très importante qu’une simple question d’échanges commerciales.

Le siège social de la Caricom à Guyana

Le Nouvelliste, la Télévision nationale d’Haïti et la Radio Télé Ginen ont été invités par le bureau de la représentation de la Caricom en Haïti à une tournée d’une semaine à la Barbade et à Guyana dans le but d’informer le public haïtien à propos de la Caricom et du CSME. Durant cette visite, nous avons pu visiter les différents bureaux de la Communauté des Caraïbes à la Barbade ainsi qu’à Guyana où se trouve le siège central de l’institution. Nous avons aussi eu le privilège de discuter avec le secrétaire général de la Caricom, l’ambassadeur Irwin LaRocque, et différents chefs de département.
Toutes les personnalités rencontrées ont insisté sur l’importance d’Haïti dans la Caricom. Cependant, Haïti ne peut pas encore jouir de tous les privilèges dont bénéficient d’autres Etats membres. A en croire ces différents responsables, cela est dû à une question de procédure. Haïti, ont-ils souligné, n’a pas encore complété certains documents relatifs aux accords entre tous les Etats membres. Et certains de ces documents, ont indiqué des chefs de département du secrétariat général de la Caricom, ont disparu lors du séisme du 12 janvier 2010.
« Nous attendons le moment où Haïti sera prête. Nous sommes aussi en mesure d’assister Haïti et nous sommes même impatients de voir Haïti compléter tous ses dossiers (…) », a déclaré le secrétaire général, le vendredi 9 septembre 2011, en son bureau.
Questionné par Le Nouvelliste sur la capacité compétitive d’Haïti dans les échanges avec les autres pays, M. LaRocque estime que tous les Etats membres ont des parties de leurs productions qui sont compétitives. Et, selon l’ambassadeur, la compétitivité d’Haïti passera par le développement de son industrie. Une fois que tous les prérequis auront été complétés au niveau des accords, le Fonds de développement de la Caricom (CDF en anglais), a assuré le diplomate, aidera le pays à cet effet. « Le CDF peut être l’élément clé pour aider Haïti à développer son industrie », a indiqué le secrétaire général.
« Je crois que le premier pas a été déjà fait avec l’acceptation des 42 produits haïtiens qui peuvent être exportés sans frais de douane. Il y a aussi des modes de redressement pour les pays les moins développés et le Caribean Export est là pour assister ces pays à être plus compétitifs », a ajouté M. Irwin LaRocque, soulignant que l’institution a fourni des séances de formation aux entrepreneurs pour être plus complétifs et cette pratique, dit-il, va continuer.
Pour tous ceux qui estiment qu’Haïti n’a pas intérêt à intégrer la Caricom, tous les responsables rencontrés, à la Barbade où se trouvent les sièges du CSME, de l’OTN ou du CDF, rappellent que la Caricom n’est pas seulement le commerce. C’est une corporation régionale incluant la santé, l’éducation, pour ne citer que celles-là.
« Nou pale pi fò lè nou pale ansanm », a lancé l’ambassadeur originaire de la Dominique.
Par ailleurs, en ce qui a trait à la question des visas qui, selon plus d’un, est un obstacle à la facilitation des échanges, les responsables de la Barbade, de même que la ministre des Affaires étrangères de la Guyana, Carolyn Rodrigues, qui nous a accueillis, assurent que des mesures sont en train d’être prises pour mieux faciliter l’intégration économique.
« Haïti est un partenaire très important. Guyana est l’un des pays qui est pour l’intégration d’Haïti dans la Caricom. Et en ce qui a trait aux visas, je pense qu’il faut enlever les barrières qui empêchent les gens de rester en contact. Nous sommes donc décidés politiquement à travailler ensemble », a déclaré la ministre.
En tout cas, si l’on peut croire tous les hauts cadres de la Caricom que nous avons eu la chance de rencontrer, tout est une question de procédure pour Haïti – qui contribue comme membre à part entière de la Caricom – afin de jouir pleinement des avantages que procure cette institution. Il faut accélérer le processus, tirer certains documents des tiroirs, ratifier certains accords…
« C’est une question de procédure. Par exemple, Haïti n’a pas rempli toutes les conditions, surtout au niveau du traité révisé de Chaguaramas. Nous sommes quand même très patients (…) Et il a été donné à Haïti plus de temps pour préparer ses documents. Car certains d’entre eux ont disparu lors du séisme du 12 janvier 2010. Sinon Haïti aurait déjà signé pour être membre du CSME », a déclaré de son côté M. Bevan Narinesingh, officier supérieur du département des affaires légales du secrétariat de la Caricom.
« Haïti doit prendre en considération l’importance de la Caricom », a-t-il ajouté.
Haïti présidera la prochaine conférence annuelle de la Caricom qui aura lieu de janvier à juin 2012. Chaque six mois, il y a une rotation qui se fait pour renouveler la présidence de cette conférence annuelle.
Valéry DAUDIER

 

Le Trophée des Arts afro-caribéens pour « Haïti, une traversée littéraire »

13/09/2011 16:25:00 Auteur(e) La Redaction

image

Les écrivains haïtiens Lyonel Trouillot et Louis-Philippe Dalembert ont été couronnés par le Trophée des Arts afro-caribéens 2011 pour leur essai « Haïti, une traversée littéraire », ont annoncé mardi les éditeurs de ce livre.

L’intégralité des recettes de la vente de cet ouvrage, coédité par l’Institut français, les éditions Philippe Rey, les Presses nationales d’Haïti et l’INA, a été reversée en faveur de la reconstruction de la Bibliothèque nationale d’Haïti, en partenariat avec l’ONG Bibliothèque sans Frontières, précisent-ils dans un communiqué.

Un don de 3.000 exemplaires du livre a été fait par ailleurs dans les établissements scolaires et les centres culturels d’Haïti.

L’ouvrage propose un voyage à travers la riche littérature haïtienne, telle qu’elle s’est créée, se crée et se diffuse de nos jours. Une anthologie de textes sélectionnés par Louis-Philippe Dalembert et Lyonel Trouillot, ainsi qu’un CD audio d’archives sonores, complètent cette traversée littéraire.

Lyonel Trouillot est écrivain, poète, journaliste et professeur de littérature. Vivant dans la capitale haïtienne, après avoir passé une partie de sa jeunesse aux Etats-Unis, il a publié une quinzaine de livres, dont sept romans aux éditions Actes Sud. Le dernier, « La belle amour humaine », figure dans la première sélection du prix Goncourt.

Après Port-au-Prince, sa ville natale, Nancy, Paris, Rome, Jérusalem et Florence, Louis-Philippe Dalembert vit aujourd’hui à Berlin. Il a publié une quinzaine d’ouvrages, romans, recueils de nouvelles et de poésie, dont « Le Roman de Cuba » (Le Rocher, 2009).

Les Trophées des Arts afro-caribéens sont des récompenses décernées chaque année depuis 2007 aux artistes et personnalités de la diaspora noire francophone.

© 2011 AFP

 

Haïti: Coup de pouce à la production du café

Avec cinq dollars américains la livre, le café haïtien détient le meilleur prix sur le marché mondial. Malgré cette appréciation, la production du café ne fait que régresser en Haïti. Pour redresser la barre, l’Institut national du café d’Haïti (INCAH) a lancé un programme de sensibilisation pour relancer la filière.

Visite dans un centre de traitement de Café à Beaumont

Cerises de café dans les hauteurs de Beaumont

L’agronome Joubert C. Angrand, coordonateur de l’INCAH

Beaumont, commune de 30 000 habitants du département de la Grand-Anse, représente la plus grande zone caféière du pays. Il a une potentialité de 250 000 sacs de 60 kilos de café vert, selon l’Institut national du café d’Haïti (INCAH) qui a jeté son dévolu sur cette commune pour relancer et redynamiser la filière. Le café fait face à de nombreux problèmes dans la zone en dépit de l’installation de certaines infrastructures pour améliorer la qualité. Certains producteurs abandonnent le café au profit d’autres cultures dont l’igname et le haricot. La production est également menacée par le rapport entretenu par producteurs et spéculateurs.
« Augmenter la surface caféière au niveau de la zone ainsi que le rendement. Des travaux de régénération devront aussi s’effectuer avec la mise en place de nouvelles pépinières. Environ 200 000 plantules sont mobilisées à cet effet. Une augmentation de 40% devrait être enregistrée d’ici 2014 », projette le coordonateur de l’INCAH, l’agronome Joubert C. Angrand, en marge d’une rencontre spéciale tenue, vendredi 9 septembre, afin de sensibiliser et mobiliser les acteurs du secteur.
De plus, il a affirmé que le café haïtien se porte bien sur le marché international, ce qu’il faut c’est augmenter le volume sans négliger la qualité. « Sur les marchés italien et chinois, le café haïtien se vend à cinq dollars américains la livre. Les autres se vendent autour de deux à trois dollars US. Toutefois, la production est vraiment faible dans le pays », a-t-il poursuivi, révélant qu’à Beaumont la production du café est inférieure à 20 000 sacs.
Le coordonnateur de l’INCAH semble être conscient du rôle que doit jour les autorités étatiques. De son point de vue, la sensibilisation ne serait nullement avérée efficace sans l’accompagnement des décideurs au niveau de l’Etat. En ce sens, le gouvernement a défini un plan stratégique qui a bénéficié d’un accompagnement de la banque interaméricaine de développement (BID).
La production et la recherche constituent l’axe stratégique le plus important dans ce plan. La recherche consiste à découvrir d’autres cultures qui peuvent subsister à côté du café. Il s’agit par là de trouver une compensation afin de réduire les risques économiques au niveau de la filière café.
En plus d’être rentable, soutient l’agronome Angrand, la culture café contribue à la protection de l’environnement. C’est en ce sens que l’INCAH, une entité du ministère de l’agriculture a formulé ainsi le thème du programme : « Ann bay kilti kafe jarèt pou anviwònman ak ekonomi peyi Dayiti ka kanpe ». Ce programme qui vient d’être lancé à Beaumont devrait toucher d’autres endroits du pays en vue de sensibiliser et d’encadrer tous les producteurs du café.
« Je me rappelle, autrefois, je pouvais acheter environ 200 sacs de café à Beaumont. Pour mon dernier achat, il y a trois ans, je me suis procuré seulement 30 sacs, car le rendement des cultivateurs devient de plus en plus faible », a indiqué Locker Saint Armand, producteur de café à Beaumont. Il dit espérer un coup de pouce de l’Etat haïtien pour relancer la production du café dans tout le département.
Les cultivateurs de café de Beaumont se plaignent du manque de semences et d’encadrement technique. Regroupés au sein de la plateforme des planteurs de café, ils disent attendre des réponses concrètes de la part des autorités pour relancer la production du café. L’Oxfam Italie et le CRS qui ont participé à la rencontre promettent d’agencer leur plan d’action avec celui du gouvernement haïtien.
Gerard Jeanty Junior
gjeantyjr@lenouvelliste.com

 

Garry Conille, Mayard Paul, Moïse Jean-Charles: qui dit vrai ?

Le chef de cabinet du président de la République, Me Thierry Mayard Paul, a formellement rejeté les allégations faisant croire qu’il a demandé, samedi dernier, au Premier ministre désigné de signer une lettre de démission bien avant sa ratification. Pour Garry Conille, c’est une rumeur qui ne mérite pas son opinion. Le sénateur Moïse Jean-Charles, qui a révélé l’affaire à la presse, a juré sur sa vie qu’il dit la vérité et que Michel Martelly est un  »Mèt dam » et Me Mayard Paul un menteur.

    

La nouvelle ou la rumeur a eu l’effet d’une bombe à fragmentation samedi dernier. Partout sur le net et via le téléphone, les gens commentent cette affaire. Des proches de Michel Martelly auraient demandé à Garry Conille de signer une lettre de démission non datée avant même sa ratification. Elle viserait à avoir la garantie de remplacer le Premier ministre à n’importe quel moment. Le Dr Conille aurait menacé de se retirer du processus de ratification au lieu d’accepter de signer cette démission anticipée.
« Je ne vais pas opiner sur des rumeurs», a déclaré lundi sur les ondes de radio Magik 9 le Premier ministre désigné. Invité spécial à l’émission Panel Magik, Garry Conille a expliqué que tout ce qui se dit autour de cette affaire n’a aucun fondement. Cependant, il n’a pas voulu dire si oui ou non des proches de Martelly lui auraient demandé de signer sa démission bien avant sa ratification.
« Le président et moi avons de très bons rapports. Il m’appelle à chaque fois pour me renouveler tout son support. C’est ce qui est le plus important et ce sur quoi je voulais attirer l’attention de la population », a avancé le Dr Garry Conille, qui a insisté sur le fait que nous ne pouvons pas passer notre temps à opiner sur des rumeurs. Le chef de gouvernement pressenti n’a pas voulu toutefois étaler sur la place publique l’objet de ses discussions avec le chef de l’Etat.
Les relations avec les membres du cabinet du président ne sont pas moins bonnes. « Nous avons régulièrement des discussions », a fait remarquer M. Conille, dont la résidence ou pas dans le pays ces cinq dernières années fait peser bien des doutes et alimente les débats au Parlement.
« Ces rumeurs ne sont que des paroles sans fondement, a soutenu de son côté le chef de cabinet du président Martelly, toujours sur radio Magik 9. La dernière fois que j’ai vu le Dr Conille, c’était vendredi dernier. Je peux vous donner la garantie qu’aucune lettre ne lui a été envoyée. Ca n’existe pas, cela n’a jamais existé. Le Premier ministre désigné et nous autres et le président avons les meilleures relations du monde, a souligné Me Thierry Mayard Paul. »
« Sur la demande du chef de l’Etat, nous avons décidé de lui apporter notre collaboration pleine et entière », a-t-il rassuré. Pour montrer qu’il n’a jamais été question de lettre de démission, Me Mayard Paul a déclaré qu’il a programmé une rencontre ce lundi avec toute l’équipe de la Présidence pour leur présenter le Dr Garry Conille et commencer à travailler avec ce dernier.
Mensonge, la lettre existe, selon le sénateur Moïse Jean-Charles
« Samedi dernier, Port-au-Prince était  »tèt anba ». Le Dr Garry Conille avait remis le véhicule et renvoyé les agents de sécurité à sa disposition après avoir reçu une délégation de l’équipe Martelly avec une lettre de démission non datée lui demandant de la signer », a rétorqué le parlementaire sur la même station de radio. Moïse est on ne peut plus sûr de l’existence de la lettre.
« M. le Président, je vous remercie d’avoir fait choix de moi pour devenir le Premier ministre du pays. Un poste honorable. Je me trouve en difficulté de répondre aux desiderata de la population. Je vous remets ma démission et vous souhaite bon travail », c’est en substance le contenu de cette fameuse lettre, selon le sénateur Moïse Jean-Charles. D’après lui, le Dr Conille a été invité par l’équipe de Martelly de signer la lettre. « Heureusement, M. Conille ne l’a pas fait », a déclaré le parlementaire.
Le fait que Garry Conille n’a dit ni oui ni non concernant la rumeur, « il a encore une chance avec nous, même si cela ne veut pas dire qu’il a un chèque en blanc… Mais quant à Me Mayard Paul, le pays sait qui il est…un menteur… », a fulminé l’élu du Nord.
Pour le sénateur, le président Martelly est un  »mèt dam ». « Le président n’a nullement la volonté de former un gouvernement. Il veut installer un pouvoir dictatorial… », a dénoncé Moïse Jean-Charles.
C’est un vote « technico-politique » qui attend le Premier ministre désigné au Parlement, a indiqué l’élu du Nord. Selon lui, le groupe des 16 ne s’est pas encore positionné officiellement. Il attend les pièces du concerné avant de le faire.
Garry Conille : sans tracas pour l’article 157
« Si mes documents n’étaient pas conformes à l’article 157 de la Constitution, je n’aurais jamais laissé le chef de l’Etat me désigner comme son Premier ministre, a répondu Garry Conille à ceux qui doutent de la situation. Il n’a pas voulu non plus opiner sur le fait que l’équipe de Michel Martelly lui aurait imposé une politique générale toute faite.
« Ma déclaration de politique générale sera basée essentiellement sur la vision du président de la République. Elle reflétera aussi les discussions avec les différents secteurs », s’est il contenté de préciser pour l’équipe de Panel Magik.
Depuis sa désignation, Garry Conille, qui a refusé d’utiliser le terme de « négociation », a eu de nombreuses rencontres avec des députés et des sénateurs, notamment ceux du bloc GPR. « Les discussions sont jusqu’à présent fructueuses. Tous les parlementaires que j’ai rencontrés ont montré qu’ils ont compris la nécessité pour que les choses avancent. Nous avons tous pratiquement les mêmes objectifs », a dit Garry Conille, qui croit fondamentale la notion de partage des responsabilités, mais sans partage de postes ministériels ni de directions générales.
Robenson Geffrard et Danio Darius

 

Edito

Haïti: Du bon usage des rumeurs

Garry Conille, 45 ans, s’est révélé fin diplomate ou habile joueur de poker lors de son intervention ce lundi sur Magik 9.
Le Premier ministre désigné, invité à faire le point sur la rumeur la plus fameuse de la fin de la semaine écoulée, a préféré conjuguer la langue de bois : il n’a rien démenti tout en insistant qu’il ne va pas passer son temps à réagir aux rumeurs.
Ceux qui l’ont écouté parler peuvent se faire une religion, mais le Dr Conille n’a rien divulgué ni n’a rien nié.
Quelle est la rumeur dont Conille ne veut pas parler ?
Samedi, le journaliste vedette Gary Pierre Paul Charles de Scoop FM annonce que Conille menace de donner sa démission; de renoncer à son statut de 3e Premier ministre désigné par le président Michel Martelly. La raison : un conseiller du président lui a demandé de signer une lettre de démission sans date avant même sa ratification comme Premier ministre, précise la radio.
La nouvelle fait la une. Les téléphones s’affolent. Jusqu’à ce lundi matin, personne ne dément.
Conille qui intervient tôt lundi matin sur Vision 2000, puis sur Magik 9, prend ses distances avec ce qu’il qualifie de rumeur. Cependant, il ne dément rien. Sa seule précaution est de réaffirmer que ses relations avec le président Michel Martelly se portent bien.
Sur Magik 9, son ton, quand il parle de l’équipe du président, laisse entrevoir qu’il y a peut-être anguille sous roche. Rien de plus.
Quelques minutes plus tard, toujours sur Magik 9, maître Thierry Mayard Paul, chef de cabinet du président Martelly, lui, dément l’existence de toute lettre que la présidence aurait écrite au Premier ministre désigné. Tout va bien, à le croire, entre Conille, l’équipe du président et le président lui-même.
Mayard Paul fait cependant référence à une rencontre de travail tenue vendredi au palais national entre le Premier ministre désigné et le premier cercle du président Martelly. Y participent, outre le président et le Premier ministre désigné Garry Conille, la première dame, deux conseillers du président (son ami Laurent Lamothe, son beau-frère Gesner Champagne et la femme de celui-ci), Thierry Mayard Paul, avocat et chef de cabinet du président. C’est une réunion au sommet du clan Martelly avec le nouveau venu dans le décor, remarque-t-on. Le chef de cabinet ne dit pas quels points ont fait l’objet des discussions.
A écouter Thierry Mayard Paul tout va bien. L’affaire Conille n’a pas de fondement et le processus de ratification a tout l’appui de la présidence.
Quelques minutes après, toujours sur Magik 9, c’est au tour de Moïse Jean – Charles, sénateur de la République, de déclarer péremptoirement que la lettre que les conseillers de Martelly voulaient que Conille signe sans date existe bel et bien. Et l’élu, proche du groupe des 16 anti-Bernard Gousse, mais aujourd’hui plutôt favorable à Conille, d’en dévoiler à l’antenne le contenu obtenu selon des sources que l’honorable et bruyant sénateur ne cite pas.
Pris dans l’excitation de sa prise de parole, avec ses excuses aux auditeurs avant de s’exécuter, le sénateur a fait le serment que cette affaire de lettre de démission sans date est la vérité avant d’avancer que l’une des raisons qui pousse le camp de la présidence à se méfier de Garry Conille serait l’appui que lui porte le Parlement.
En effet, toutes les sources du Nouvelliste indiquent que Garry Conille aura le vote technico-politique des parlementaires de tous les groupes. Ce terme de « technico-politique » est le nouveau code pour dire que Conille peut passer le test du Parlement en dépit des voix qui s’élèvent pour souligner que, plus que les deux précédents Premier ministres désignés, le fonctionnaire de l’ONU est en contravention flagrante avec l’article 157 de la Constitution de 1987 qui oblige tout Premier ministre à résider dans le pays cinq années consécutives avant leur désignation.
Pour des observateurs de la scène politique, Garry Conille est un type de Premier ministre inédit. C’est un Gérard Latortue d’un nouveau genre. Il a l’appui d’une bonne partie de la communauté internationale, des appuis politiques tant dans le camp des duvaliéristes – qui reviennent au devant de la scène – que dans celui des GPR (mélange des ex-alliés de René Préval, des pro lavalas et des parlementaires en mal de ban) qui cherchent une branche à laquelle s’accrocher. Cela permet à Conille d’avoir des appuis au Parlement sans dépendre de la présidence. Du temps de Latortue, pendant la transition 2004-2006, il n’y avait pas de Parlement fonctionnel.
Pour d’autres, la rumeur et le dénouement de l’affaire de la lettre de démission sans date constituent l’acte de naissance de Garry Conille comme homme politique. En menaçant de rendre son tablier avant de prendre charge et devant les appuis venus à son secours, le camp présidentiel a reculé. Conille vient de gagner le premier set du délicat match que chaque Premier ministre joue avec le président de la République qui l’a nommé. Enjeux: assumer son existence ou se coucher devant les désirs du chef.
Que cette affaire soit vraie ou fausse, montée de toutes pièces par des scénaristes habiles ou vécue comme une douloureuse et silencieuse bérézina par le camp du président Martelly, Conille vient de se faire des alliés inattendus : tous les Haïtiens qui prennent fait et cause pour les plus faibles (dans ce cas le petit Conille) face aux méchants (les avocats madrés de la présidence) sont de son côté.
Manipulation splendide qui tombe dans l’actualité plate d’un samedi sans une vague ou coup d’Etat manqué, cette affaire de la lettre de démission non datée nous ramène au souvenir que, sitôt ratifié, le Premier ministre, en vertu de la Constitution de 1987, ne peut être démis que par l’une des deux Chambres du Parlement… Le président ne peut que lui mettre des bâtons dans les roues, pas le renvoyer.
Avons-nous assisté au début de la course à l’autonomie du Premier ministre ou à une manoeuvre pour donner du corps à un candidat qui a bien de choses à faire oublier avant de prendre place dans le fauteuil du premier des ministres ?
L’illustre inconnu de Premier ministre désigné a pourtant besoin de Martelly qui est le dépositaire de la sanction du vote populaire. Martelly a besoin des appuis de Conille auprès des premiers amis d’Haïti, les Américains. Ils sont condamnés à s’entendre, car la présidence a le dos au mur après deux échecs et cela, Conille le sait.
Frantz Duval
duval@lenouvelliste.com

 

Haïti – Politique :

Les élus de la Plateforme Alternative approuveront le choix de Gary Conille si ses pièces sont conformes

Lundi, 12 Septembre 2011 21:54

Garry_conille_120911Le Sénateur Steven Benoit est impatient de voir démarrer la « machine Martelly ». C’est pourquoi il approuvera sans hésiter le choix de Gary Conille comme Premier Ministre si le dossier soumis par ce dernier est conforme aux prescrits de la constitution haïtienne.

« Le président va avoir 4 mois et rien n’a démarré. Etant donné que j’ai hâte de voir la machine Martelly démarrée et que je lui ai donné une période de grâce de 6 mois (….) je prie à ce que ses pièces (celles du premier ministre désigné) soient conformes (à la constitution) pour qu’arrivé au Sénat je puisse voter pour », a expliqué l’élu du Député de l’Ouest.

Jeudi, le député Eloune Doréus avait déclaré que la Plateforme Alternative passerait des instructions à ses parlementaires pour approuver le choix de Gary Conille comme premier ministre si son dossier est conforme aux prescrits constitutionnels.

Eloune Doréus a dit n’avoir aucune objection personnellement par rapport à la désignation de ce fonctionnaire onusien. L’élu de Mole Saint-Nicolas a insisté sur la nécessité d’un gouvernement légitime devant œuvrer à l’amélioration des conditions de vie des citoyens. Le sénateur Andris Riché, membre influant de l’Alternative a toujours plaidé en faveur de la ratification du choix du premier ministre désigné si toutefois il est en règle avec la constitution.

« La position de l’Alternative est claire : nous allons voter techniquement. Si les pièces sont bonnes, nous voterons pour », a indiqué Steven Benoit qui reste persuadé que le vote est purement technique.

Le député Fritz Chéry, membre d’un bloc minoritaire, a déclaré vendredi que 80% des parlementaires seraient prêts à ratifier le choix de Gary Conille comme  premier ministre.

 

Haïti – Social :

Commémoration du 10ème anniversaire du 11 septembre 2001

12/09/2011 18:38:42

L’Ambassade des Etats-Unis à Port-au-Prince a commémoré le 10ème anniversaire des attaques terroristes du 11 septembre 2001, dans la matinée du lundi 12 septembre 2011. Plusieurs personnalités ont partagé leur expérience et l’emphase a été mise sur l’importance du travail en communauté et l’engagement des citoyens avec un nouveau regard vers l’avenir.
Un moment de silence a été observé à la mémoire des victimes de ces attaques terroristes sur New York et Washington le 11 septembre 2001.
Dans son allocution de circonstance, l’Ambassadeur Kenneth Merten a rappelé que les victimes n’étaient pas seulement des Américains, mais faisaient partie de plus de 90 nations y compris Haïti. Il a poursuivit en disant qu’au-delà de l’hommage aux victimes, « nous rendons également hommage à nos communautés qui ont démontré qu’elles sont au-dessus de toute peur. Nous honorons ceux qui se levaient tous les matins et continuaient à poursuivre leurs ambitions pour eux-mêmes et leurs enfants, et ce faisant, ont atteint des niveaux plus élevés d’éducation, ont créé de nouvelles opportunités économiques et amélioré leurs gouvernements ».
Monsieur Leslie Honoré, un Détective de la Police de New York (NYPD), qui travaille actuellement en Haïti dans la formation de la Police Nationale d’Haïti, s’était rendu sur les lieux de l’attaque pour secourir les victimes a parlé de la façon dont ils sont devenus une famille. Il a ajouté : « J’ai été profondément touché par la façon dont les New-Yorkais se sont unis et l’Amérique toute entière s’est tendue la main durant des jours, des mois et des années après le 11 septembre. Nous n’oublierons jamais ceux qui ont perdu leurs vies ce 11 septembre car ils seront à jamais nos héros. »

Un atelier s’est tenu suite à la cérémonie officielle. Les participants à cette session y compris des agents du NYPD, de l’USCIS, du Consulat, d’anciens boursiers du gouvernement américain et des Ambassadeurs de la jeunesse ont discuté du rôle et de l’importance du service communautaire. L’atelier a également permis de découvrir les histoires positives de gens qui ont surmonté l’adversité, et les participants ont fait le point sur la façon dont les communautés à travers le monde ont fait face aux épreuves grâce à leur force et leur résilience.
De nombreuses cérémonies ont lieu à travers le globe en mémoire de tous ceux, y compris des Haïtiens qui ont péri dans ces attaques terroristes.
Le Président martelly, en cette circonstance à fait une déclaration
« Le peuple d’Haïti n’est pas étranger à la tragédie, et pour cette raison, nous sentons un lien particulier avec le peuple américain en ce jour historique. Le peuple d’Haïti n’oublierai jamais ce jour, nous nous sentons solidaires avec le peuple américain, tout comme le peuple américain, nous nous sommes retrouvés avec nos propres événements tragique.
Nous nous souvenons de ceux qui sont disparus dans les attaques terribles et injustes du 11 septembre à New York, Washington, DC et dans un champ éloigné en Pennsylvanie. Ce jour-là, le peuple d’Haïti a également été attaqué, quand nous avons perdu des ressortissants haïtiens qui appelaient New York « leur maison ». Ce fut, en effet, une attaque contre le monde, non seulement contre les États-Unis.
Nous comprenons que la meilleure façon de surmonter ces événements tragiques est d’être solide et d’ aller de l’avant, reconstruire nos vies, familles, et nos villes. C’est exactement ce que le peuple des États-Unis a fait au cours des 10 dernières années et ce que le peuple d’Haïti est en train de faire, moins de deux ans après notre propre tragédie.
En ce 10e anniversaire des attentats du 11 Septembre, votre réponse à ce jour fatidique est aussi une source d’inspiration pour notre propre peuple, en montrant que nous pouvons surmonter notre chagrin, et reconstruire nos vies.
En cette date particulière, permettez-moi, au nom du peuple haïtien, d’exprimer nos plus sincères condoléances et nos prières à tous le peuple américain. Les cœurs haïtiens sont avec vous.
Michel J. Martelly, Président »
HL/ HaïtiLibre

 

Haïti – Premier ministre :

Gary Conille a lâché prise, mais plus de peur que de mal

Lundi, 12 Septembre 2011 22:09

Des délégations de députés se déploient dès ce lundi 12 Septembre 2011 aux différentes instances concernées dans le cadre de l’analyse du dossier du Premier Ministre désigné, Gary Conille. La commission spéciale d’analyse a organisé sa première séance de travail vendredi et des sous-commissions spéciales ont été constituées ainsi qu’une méthodologie de travail.

Ces groupes de députés sont délégués dans les institutions telles, la Direction Générale des Impôts, le Ministère de l’Intérieur, la Chancellerie haïtienne et le Service de l’Immigration et de l’Emigration dans le cadre des travaux de validation des 26 pièces soumises par M. Conille.

Par ailleurs, de sources officielles, on apprend que le premier ministre désigné a failli abandonner la course à la primature sous pressions des conseillers du président de la République. Gary Conille aurait eu le temps de renvoyer ses gardes du corps et remis le véhicule mis à son service depuis sa nomination.

Les informations citent nommément, Me Thierry Mayard Paul et Patrick Rouzier, deux proches conseillers du président Martelly, qui auraient exercé de fortes pressions sur Gary Conille. Mais, il n’y a pas trop de précisions sur les motifs de leurs agissements. Ils auraient en tout cas reproché au premier ministre pressentis ses bons rapports avec les acteurs de la Plateforme INITE, l’un des protagonistes de la crise.

Il a fallu l’intervention du président Michel Martelly pour rassurer M. Conille et le convaincre de continuer dans la course.

Si tout se passe bien, la Chambre des Députés devrait statuer sur le choix du fonctionnaire onusien comme premier ministre avant le week-end.

 

Les haïtiens et la naissance du jazz à la Nouvelle-Orléans (1)

Par Claude Carré

http://www.caraibcreolenews.com/news,haiti,1,3531,13-09-2011-hay-ti-les-hay-tiens-et-la-naissance-du-jazz-yy-la-nouvelle-orly-ans-1-.html

Port au Prince. Lundi 12 septembre 2011. CCN. Notre collaborateur Claude Carré haïtien natif chroniqueur sur CCN est aussi un musicien de jazz. C’est à ce titre qu’il a rédigé cette très intéressante contribution sur la naissance du Jazz à la Nouvelle Orléans au regard de l’apport des haïtiens expatriés aux aurores du 20è siècle. 1ère Partie.

Introduction

L’histoire et la culture de la Nouvelle-Orléans sont inséparables de celles de Saint-Domingue et d’Haïti. Le journaliste New-Orléanais, Lolis Eric Elie après avoir visité Haïti en 1999 déclarait :
« Il y a tant d’haïtiens qui sont arrivés ici par vagues avant les années 1900, que j’ose affirmer que la majorité des New-Orléanais ont quelques gouttes de sang haïtien dans les veines.
La culture haïtienne a été créée à partir des mêmes ingrédients que la notre- les natifs d’Amérique, les Espagnols, les Africains de l’ouest et les Français. Il est difficile de déterminer ce qui nous est venu d’eux. Mais, en visitant l’île, j’ai vu les signes évidents, à la fois subtils et profonds, que nous avons beaucoup de choses en commun avec les Haïtiens. [ …] La persistance du Français et de la langue Créole à la Nouvelle-Orléans ainsi que la force des traits non-américains de notre culture sont le résultat, non seulement de l’influence française, mais de celle d’Haïti également. »
Les chercheurs et musicologues américains mentionnent fréquemment la piste saint-dominguoise lorsqu’ils scrutent les origines et tentent de dégager les antécédents du jazz. Cependant aucune étude systématique n’a jusqu ici été effectuée pouvant établir les liens historiques, biographiques et musicologiques de la musique de jazz, émergée à la Nouvelle-Orléans au commencement du XXIème siècle, avec les haïtiens et la culture haïtienne. A cet égard, la grande majorité des historiens se contentent d’invoquer le fameux « Congo Square » ; les pratiques de la religion Vodou avec ses sortilèges, zombi, gris-gris et autres divinités. En somme, non seulement les liens avec le jazz ne sont pas établit ; il n y a pas de continuité, la problématique fondamentale est escamotée et n’est même pas posée de façon réelle et concrète.
Notre intervention, fruit d’une recherche qui n’est qu’à ses débuts, a pour but de poser les bases d’une telle approche et d’indiquer des repères. Notre plan consiste donc à :
Donner un aperçu des antécédents historiques entre Saint-Domingue et la Nouvelle Orléans.
Présenter les facteurs d’émergence du jazz à la Nouvelle-Orléans et l’apport des émigrés de Saint-Domingue
Eclairer le rôle déterminant des créoles descendants des saint-dominguois dans la naissance de la musique de jazz.
Fournir des pistes pour la recherche musicologique.
La question de la naissance du jazz est sujette à controverses et ne fait pas l’unanimité des historiens. Nous sommes conscients de l’enjeu du débat d’autant plus que le jazz est généralement considéré aux Etats-Unis comme la seule forme d’art originale que cette nation ait produite. Nous tenons à souligner dès le départ que situer l’origine du jazz au sein de la communauté des descendants de Saint-Domingue émigrés à la Nouvelle-Orléans ne remet nullement en question le fait que le jazz soit un produit de la société américaine.

Antécédents historiques entre Saint-Domingue et la Nouvelle Orléans.

C’est en 1682 que l’explorateur Robert Cavalier, sieur de la Salle, partant du Canada, descendit le cours du Mississipi et à son arrivée à l’embouchure de ce fleuve, dans le golfe du Mexique, proclama cette immense vallée territoire français et lui donna le nom de La Louisiane. Cependant ce n’est qu’en 1699, avec l’arrivée d’une seconde expédition, conduite par Iberville et Jean-Baptiste le Moyne, que la colonisation Française débuta réellement.
Selon les historiens, pendant un temps, elle ne survécut que grâce aux soutiens en nourriture, équipements, et personnels des colons de Saint-Domingue. En 1719 les premiers esclaves furent amenés de la côte africaine et déjà en 1720 la colonie comptait 3.000 blancs pour 1.000 nègres. Deux ans plus tard, la Nouvelle-Orléans devint la capitale de la colonie. En 1723 on commença aussi à faire venir des esclaves de Saint-Domingue, et en 1725, 3.300 noirs constituaient la force de travail, pendant que dès cette époque se constituait déjà une classe d’affranchis (gens de couleur et noirs libres) en témoigne les multiples interdictions du code noir de 1723 visant à contrer les échanges interraciaux. Pourtant ce même code noir permettait aux esclaves d’acheter leur dimanche, donnant ainsi naissance aux festivités hebdomadaires du Congo square.
Lorsqu’en 1766 Don Uloa débarqua à la Nouvelle-Orléans pour en prendre possession suite à la cession de la colonie à l’Espagne, il n’y trouva que 5000 habitants. Beaucoup de colons avaient en effet préféré laisser la colonie plutôt que de subir le joug des Espagnols. Pourtant sous l’ère espagnole, la colonie a pu garder sa langue et développer sa culture Française. Vers 1790, la Nouvelle-Orléans se mua en un havre pour des réfugiés fuyant les révolutions et les guerres coloniales. Elle accueillit des anglo-américains fuyant la révolution américaine, des Acadiens chassés par les anglais au Canada, des aristocrates Français mis en déroute par la révolution en France, et des réfugiés pourchassés par la révolution anti-esclavagiste et anti-coloniale de Saint-Domingue.
La révolution des esclaves de Saint-Domingue (1791-1803) eu des répercussions profondes sur la Louisiane. En effet, l’expédition de 1802 conduite par le Général Leclerc et envoyée par Napoléon Bonaparte avait non seulement pour mission de mater la révolte des esclaves de l’île et d’y rétablir l’esclavage abolit depuis 1794, mais de plus, « le tout puissant Bonaparte se proposait de convertir la petite nation antillaise en place d’armes qui servirait de base pour l’occupation de la Louisiane ».
Ainsi la défaite des troupes françaises en 1803 à Saint-Domingue contraignit Bonaparte à renoncer « avec le plus grand regret » à ses rêves d’empire français en Amérique et à céder ces territoires au président américain Thomas Jefferson en cette même année.
Saint-Domingue était à cette époque de loin la plus prospère des colonies françaises, vers 1791 elle comptait 27,717 blancs 21,808 affranchis et 455,089 esclaves soit en tout 504,614 personnes. De 1791 à 1803 la révolution saint-dominguoise engendra un exode gigantesque de colons, d’affranchis et d’esclaves dans toute la Caraïbe et l’Amérique du Nord. A titre d’illustration citons Trinidad où un «  recensement de 1803 montre que sur une population de 8.000 blancs et de libres, le nombre de colons parlant français était presque le double de ceux parlant espagnol et plus du triple de ceux parlant anglais. La majorité des 21.000 esclaves parlaient français [créole]. ».Tous ces « français» provenaient de l’exode massif provoqué par la révolution de Saint-Domingue.
En 1793, 300 bateaux, avec à leur bord 10.000 soldats et civils, quittèrent précipitamment le Cap Français en direction de Baltimore, Norfolk.
En 1798 un grand nombre de fuyards échoueront à la Jamaïque mais furent ensuite chassés par les colons anglais et un grand nombre d’entre eux atterrirent, en fin de parcours, à la Nouvelle-Orléans.
En 1803, 30.000 s’enfuirent à Cuba. Vers 1809, 10.000 d’entre eux furent chassés à leur tour et bien entendu échouèrent à la Nouvelle-Orléans. Ce dernier arrivage comprenait 2.731 blancs, 3.102 affranchis et 3.226 esclaves. Donc près de 50.000 réfugiés quittèrent Saint-Domingue pendant la période révolutionnaire, c’est-à-dire 10% de la population de l’île.
Cette arrivée massive des saint-dominguois en Louisiane, en doublant d’un coup la population de la Nouvelle-Orléans, a été le facteur le plus important du maintien de la prédominance de la culture française jusqu’en 1840. Selon l’historien Paul F. Lachance « De 1790 à 1840, presque tous les hommes de couleurs libres, parlant français et venant de l’étranger, étaient nés à Saint-Domingue ou à Cuba de parents saint-dominguois. »

Le recensement de 1850 indique que 80% de ces réfugiés s’établirent à la Nouvelle-Orléans, au Vieux Carré, actuellement French Quarter et au Faubourg Marigny. En cette même année 80% de la population non-blanche à la Nouvelle-Orléans étaient créoles. Selon l’historien Thomas Fiehrer :

« Les premiers musiciens de jazz viennent pour la plupart du Vieux Quartier, du Faubourg Marigny et Marais-Treme […] où, beaucoup de leurs ancêtres ont littéralement bâti leur demeure. […] Les racines du jazz sont ancrées dans l’évolution de cette société au cours du XXIIème siècle, étant donné que la plupart des premiers musiciens de jazz étaient des créoles de la Louisiane et de quelque part dans le bassin caribéen. »
Il est impossible dans cette intervention de couvrir, ni même de donner une idée du rôle de la diaspora saint-dominguoise dans l’évolution de la société New-Orléanaise du XIXieme siècle. Mentionnons tout de même quelques faits ponctuels: James John Aududon (Jean Jacques Aududon) le célèbre naturaliste américain était né dans la ville des Cayes au sud d’Haïti, Henriette de Lille qui fonda une congrégation afro-américaine des sœurs était originaire de Saint-Domingue, Jean-Baptiste Point Dusable , fondateur de la ville de Chicago en 1796 également, de même que Paul Morphy champion du monde du jeu d’échec. Comme fait historique important, mentionnons la participation des gens de couleurs à la Bataille de la Nouvelle-Orléans en 1815 contre les Anglais aux cris de « grenadyé a laso, sa ki mouri zafè ya yo »`, chant de guerre de l’armée de Toussaint Louverture et Jean-Jacques Dessalines que l’on peut encore entendre aujourd’hui dans les manifestations de rues à Port-au-Prince. Au point de vue culturel, notons rapidement : l’architecture créole du Vieux quartier, la littérature, la cuisine créole, etc., et bien entendu, la musique.
Concernant la musique, citons hâtivement les faits suivants :
La chanteuse mulâtresse Minette (qui est la première femme de couleur à avoir donné un concert à l’opéra de Saint-Domingue) se retrouve de 1789 jusqu’à 1808 à la Nouvelle-Orléans chantant avec sa sœur Lise. Parmi les réfugiés venus de Saint-Domingue on dénote fréquemment des musiciens. En 1810 par exemple, le recensement de la Nouvelle-Orléans montre que le nombre de musiciens professionnels déclarés passe de dix à cinquante suite à l’arrivée des réfugiés saint-domiguois.
En 1811 la plus célèbre chanson troubadour créole de Saint-Domingue « lizet kité la plenn » est publiée à Philadelphie. Louis-Moreau Gottschalk, un blanc originaire de Saint-Domingue, et né en 1829 à Cuba, publie de nombreuses composition d’inspirations créoles, dont le Bamboula, Edmond Dédé (1827-1903) qui termina sa carrière en France, Lucien Lambert (1827-1896), Sidney Lambert (1883-c1900). Ce dernier émigra en Haïti en 1860 et devint professeur à l’École nationale de musique fondée par le gouvernement de Nicolas Geffrard . Mauléart Monton compositeur de la mélodie la plus célèbre d’Haïti, « Choucoune », était né à la Nouvelle-Orléans en 1855 avant de partir tout jeune en Haïti. Bazille Barès né en 1845, originaire de la Martinique …
Une étude biographique et musicologique sérieuse doit être menée afin de déterminer l’impact de tous ses compositeurs sur la génération subséquente des musiciens créoles qui seront les créateurs du jazz au début du XXIème siècle.
Quand aux esclaves venus de Saint-domingue, lors du fameux exode de 1810, ils étaient au nombre de 3.226. Ils y apportèrent leurs danses : kalinda, bamboula, jouba, karabiyié (cette dernière, dénommée tumba à Cuba et à la Nouvelle Orléans, apparut en Haïti en 1806, 2 ans après l’indépendance, au cours de la campagne de la partie de l’est de l’île par Jean-Jacques Dessalines), etc. . Ils animèrent les festivités du Congo square avec les nouvelles danses venues de Saint-Domingue et renforcèrent considérablement les cultes Vodou, le créole, les arts et apportèrent la culture des masses saint-dominguoises.
L’itinéraire de ces esclaves est plus difficile à suivre que celui des affranchis. On sait qu’en 1810 ils représentaient le tiers des esclaves de la Nouvelle-Orléans et de ses environs. Thomas Fiehrer cependant nous indique que « les réfugiées des trois castes [blancs, affranchis, esclaves] ont fait l’expérience commune de l’exode. Elles se sont senties unies par les liens de sang et les affinités culturelles et économiques. Elles partagèrent une longue et tumultueuse expérience et une sous-culture créole commune. Coincées dans les limites spatiales de la Nouvelle-Orléans, […] elles se rassemblèrent […] dans le faubourg Marigny, où leurs traditions de construction sont partout en évidence. »

Prochaines parties à suivre :
– Les facteurs d’émergence du jazz et l’apport des émigrés saint-dominguois.
– La naissance du jazz et les créoles descendants des saint-dominguois
– Conclusion

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :