SAMEDI 17 SEPTEMBRE 2011

17 Sep

Martelly nomme neuf nouveaux directeurs généraux

17/09/2011 11:04:00 Auteur(e) La Redaction

Le président Michel J. Martelly au milieu des nouveaux directeurs généraux

Le président Michel J. Martelly au milieu des neufs nouveaux directeurs généraux

Michel Martelly a donné l’investiture vendredi à une dizaine de nouveaux directeurs généraux qu’il vient de placer à la tête d’importantes institutions de l’Etat, dont des organismes autonomes déconcentrés, signe d’une volonté manifeste du Président de la république de marquer, de manière peu orthodoxe, son territoire à la veille de l’arrivée maintenant quasi-certaine d’un nouveau gouvernement.

Ces nominations marquent aussi la mise à l’écart de plusieurs fonctionnaires de carrière, qui étaient en poste sous l’ancienne administration Préval, et une représentation très significative au sein du pouvoir des duvaliéristes et alliés.

Affirmant avoir fait choix des nouveaux responsables sur la base de leur compétence, le chef de l’Etat a insisté sur la nécessité pour eux de mériter sa confiance et de tenir compte des attentes de la population dans la gestion des institutions publiques.

Michel Martelly s’exprimait lors d’une cérémonie organisée au Palais National (siège de la Présidence) au moment même où, au Parlement, les Députés ratifiaient massivement son Premier ministre désigné, Garry Conille.

Josefa Raymond Gauthier, nommée à la tête du Fonds d’assistance économique et sociale (FAES). Ancienne conseillère électorale et responsable de la fondation Digicel.

. Claude Raymond Jr, directeur général adjoint au service d’immigration et d’émigration où il assistera l’actuel directeur général Roland Chavannes, ancien général de l’armée.

Claude Raymond Jr est le fils de feu le général Claude Raymond.

. Francel Saintilien : directeur général de l’Administration générale des douanes (AGD), nommé en remplacement de Jean-Jacques Valentin.

. Pierre André Laguerre qui succède à l’Autorité aéroportuaire nationale (AAN) à Carl Ferrailleur

. Donald Paraison, directeur général du Service métropolitain de collecte des résidus solides (SMCRS) où il remplace Paulémon Germain

. Yves Germain nommé au Centre national des équipements (CNE)

. Jean Marc Flambert à l’Office national de l’aviation civile (OFNAC)

. Jean Marie Guillaume au Conseil national des télécommunications (CONATEL)

. Et Patricia Dominique J. Martin qui devient la coordonnatrice du Programme national de cantines scolaires (PNCS).

Ces nominations ainsi que celles des dix délégués départementaux ont fait l’objet de critiques de la part de juristes et parlementaires qui estiment que le Président Martelly -toujours privé de gouvernement- est en train de s’aventurer sur la pente dangereuse de la violation de la constitution. spp/Radio Kiskeya

 

Michel Martelly, «c’est une victoire pour Haïti»

17/09/2011 11:17:49

Haïti - Politique : Michel Martelly, «c’est une victoire pour Haïti»Suite à la ratification du Premier Ministre désigné, le Dr. Garry Conille, Le Président Michel Martelly a déclaré qu’il ne s’agissait pas d’une victoire personnelle, mais d’une victoire pour Haïti et que désormais c’est le Premier Ministre qui sera sous les feux des projecteurs…
«… je présente mes félicitations au Premier Ministre désigné Garry Conille qui a passé la première étape. Nous pensons également, qu’aux travers des discussions et rencontres que nous avons faites avec les parlementaires, au Sénat, que nous devrions avoir le même sorte de comportement, ce qui va nous permettre d’ici la semaine prochaine d’avoir un Premier Ministre ratifié.
C’est une victoire, non pas pour moi en tant que Michel Martelly, comme si c’était ma réussite ou grâce à moi, non, non, non, c’est une victoire pour Haïti. Nous avons un Premier Ministre qui est content, c’est sûr mais de la même façon que je l’ai dit, lorsque j’ai été élu, la victoire ce n’est pas ce jour, c’est le début du travail. Désormais, c’est plus de travail qu’il doit faire, de la même façon que je l’ai fait pour l’éducation. Très bientôt je vais me retirer des projecteurs, de beaucoup de dossiers, parce que j’ai été visionnaire, […] j’ai été le choix du peuple mais aujourd’hui, j’ai fait mon choix […] désormais, dans les jours qui viennent, vous serez beaucoup plus avec votre Premier Ministre, parce que c’est lui qui va  prendre la relève. J’ai essayé de faire des choses par moi-même, maintenant, nous allons avoir notre gouvernement. Bien sûr il [le Premier Ministre] appliquera notre vision, mais la façon qu’il va le faire, où il va le faire, comment et avec qui, dépendra de lui en collaboration avec la Présidence… »
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3824-haiti-politique-premieres-reactions-apres-le-vote-de-sorel-jacinthe.html
http://www.haitilibre.com/article-3822-haiti-politique-le-dr-garry-conille-ratifie-89-0.html
http://www.haitilibre.com/article-3823-haiti-politique-declaration-du-dr-garry-conille-suite-a-sa-ratification.html
HL/ HaïtiLibre

 

Déclaration du Dr. Garry Conille suite à sa ratification

17/09/2011 08:59:19

Haïti - Politique : Déclaration du Dr. Garry Conille suite à sa ratificationSuite à la ratification vendredi, par un vote unanime [89-0], du Premier Ministre désigné, le Dr Garry Conille satisfait, a remercié les Députés pour leur travail et attribué cette victoire aux efforts du Président Martelly, tout en se préparant à faire face au Sénat la semaine prochaine, dont il espère une décision favorable.
«… J’en profite pour remercier encore une fois, le Président, pour la confiance qu’il a placé en moi, et j’en profite également pour remercier la Chambre des Député qui a effectué un travail extraordinaire et qui a envoyé un message très clair aujourd’hui, que le pays a besoin de recommencer à travailler, qu’il y a une urgence, qu’il y a des personnes qui attendent des services, la sécurité et qu’on se mette au travail. C’est un message que nous avons reçu très très très bien et je vous assure déjà, que nous-mêmes, sommes prêt… Nous allons faire le dépôt des pièces en début de semaine prochaine et nous espérons que la décision du Sénat va être dans le même sens.
Dans le cadre même du processus, que le Président de la République a initié, je vais continuer dans la même ligne pour rencontrer et écouter toutes les personnes, c’est la directive que le Président a donné. Je crois que le Président de la République a crée une situation, un climat de dialogue, il a créé un espace pour que nous rencontrions tous les partenaires. Il a créé un espace pour nous entendre, pour que les uns travaillent avec les autres, pour que nous communiquions et je pense, que c’est ça qui a été fondamental dans la décision qui a été prise aujourd’hui. »
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3822-haiti-politique-le-dr-garry-conille-ratifie-89-0.html
http://www.haitilibre.com/article-3824-haiti-politique-premieres-reactions-apres-le-vote-de-sorel-jacinthe.html
http://www.haitilibre.com/article-3825-haiti-politique-michel-martelly-c-est-une-victoire-pour-haiti.html
HL/ HaïtiLibre

 

Premières réactions après le vote, de Sorel Jacinthe

17/09/2011 09:45:25

Haïti - Politique : Premières réactions après le vote, de Sorel JacintheSorel Jacinthe, le Président du Bureau de la Chambre basse, était visiblement heureux de ce vote, où 89 députés sur les 90 présents [le Président de la Chambre n’ayant pas le droit de vote] a permis la ratification du Premier Ministre désigné, le Dr. Garry Conille.
Sorel Jacinthe, explique « le peu de débats » en Chambre, au fait que les débats ont eu lieu dans les médias [?]. Visiblement confiant, il ne doute pas un instant que le Sénat donnera un vote favorable au candidat à la Primature et parle déjà, de l’énoncé de Politique Générale du Premier Ministre…
«… je vais informer le Président de la République qu’à 89 votes pour, 0 contre et 0 abstention 0 […] M. Garry Conille est bel est bien ratifié comme Premier Ministre […] je vais écrire aujourd’hui même au Président pour qu’il demande au Premier Ministre ratifié, de préparer l’énoncé de sa Politique Générale…
Le Sénat […] va former sa Commission et demander les pièces du Premier Ministre pour faire ce même travail, mais quand même, je crois que pour nous, l’on peut déjà demander […] de préparer l’énoncé de Politique Générale.
Je ne peux pas dire vraiment que le vote à été très sec… il y a quelques Députés qui ont demandé la parole sur des précisions, cependant, je pense que les vrais débats ont été fait à travers la radio, à travers la presse. […] le vrai débat c’était sur l’article 157, je pense qu’il a été prouvé, que suivant les conventions, suivant les lois de ce pays et la Constitution, que M. Garry Conille a sa résidence, il a une résidence suivant la loi extra territoriale. En tant que grand fonctionnaire de l’ONU, sa résidence est en Haïti. Donc c’est dans ce sens que nous nous sommes tous mis d’accord. C’est dans ce sens, que les Députés, après toutes les discussions qui ont été faites dans les médias […] que l’Assemblée, vraiment édifié sur l’article 157 a voté pour M. Conille comme Premier Ministre… »
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3822-haiti-politique-le-dr-garry-conille-ratifie-89-0.html
http://www.haitilibre.com/article-3823-haiti-politique-declaration-du-dr-garry-conille-suite-a-sa-ratification.html
http://www.haitilibre.com/article-3825-haiti-politique-michel-martelly-c-est-une-victoire-pour-haiti.html
HL/ HaïtiLibre

 

Garry Conille ratifié à l’unanimité

Avec 89 voix pour, zéro contre et zéro abstention, le Dr Garry Conille saute, sans difficulté aucune, un premier écueil dans sa marche vers la Primature.

Les parlementaires au moment du vote (Photo: James Alexis)

Les parlementaires au moment du vote (Photo: James Alexis)

cliquez pour agrandirLe président de la Chambre des députés, Saurel Jacinthe

cliquez pour agrandirLe rapporteur de la commission, Abel Descollines

Garry Conille, troisième personnalité désignée par le chef de l’Etat, a connu un après-midi tranquille à la Chambre des députés qui a ratifié son choix par acclamation. L’absence de Carte d’identification nationale dans son dossier, le seul point d’ombre dans son dossier, a été négligé par la commission chargée de passer au crible les 26 pièces déposées par le candidat à la Primature.
Ladite commission-présidée par Levaillant Louis-Jeune du Groupe des parlementaires pour le renouveau (GPR) – avait recommandé, sans manoeuvre dilatoire aucune, un vote favorable à Garry Conille. Le fonctionnaire onusien – qui obtient une mise en disponibilité – n’a pas de Carte d’identification, selon le rapport de la commission spéciale chargée n’analyser les pièces à la Chambre basse. Il a cependant formulé une demande le 7 septembre auprès de l’Office nationale d’identification (ONI).
« C’est un vote politico-technique », a estimé le député Eloune Doréus de la plateforme Alternativ, interrogé sur la flagrante absence de la « carte électorale » de Garry Conille alors qu’il a voté en sa faveur. « C’est une anomalie et c’est un manque d’intérêt politique de M. Conille par rapport à ses champs d’activités », a concédé le député Doréus du directoire de l’Organisation du peuple en lutte (OPL). Sa non-inscription à temps sur le registre de l’ONI, pour l’histoire, a été l’un des arguments évoqués par les députés en juin 2008 pour faire tomber Robert Manuel désigné par l’ancien président René Préval.
« Diplomate au Niger »
Le critère de cinq années de résidence pour devenir Premier ministre du pays ne tient pas, estime, pour sa part, le député Rodon A. Bien-Aimé du GPR. En analysant le Traité de Vienne et en considérant le statut de diplomate au Niger depuis juin 2011 de Gary Conille, dit-il, j’ai voté en sa faveur. Par ce vote, ajoute le représentant de Cerca-Cavajal à la 49e législature, « nous voulons mettre le président Michel Martelly à l’oeuvre pour qu’il puisse honorer ses promesses de campagne ». La grande expérience de Garry Conille au niveau international, espère Rodon A. Bien-Aimé, peut aider l’éventuel futur gouvernement à faire face aux multiples problèmes du pays. « Garry Conille faisait partie de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti », tient à rappeler le parlementaire tout en soulignant que le GPR n’est pas une structure de blocage de l’exécutif, mais d’orientation.
Après cette première étape du processus, l’éventuel successeur de Jean-Max Bellerive – Premier ministre sortant – doit soumettre ses pièces à l’examen du Sénat de la République dominé par le GPR. Si M. Conille saute l’écueil du Sénat, il sera confirmé par le chef de l’Etat, avant même de présenter séparément sa déclaration de politique générale devant les deux Chambres.
Claude Gilles et Jean-Pharès Jérôme

 

L’édito

Haïti: Carte blanche à Garry Conille

La Chambre des députés a ratifié, hier vendredi, à l’unanimité le choix de Garry Conille comme Premier ministre. Il devient le premier personnage désigné à ce poste qui est ratifié à l’unanimité par l’une des deux assemblées législatives. Le Premier ministre ratifié doit soumettre ses pièces sans délai à la Chambre haute qui doit décider de son sort. Jusqu’à aujourd’hui, une seule voix discordante s’exclame au Sénat contre Garry Conille. Jean William Jeanty maintient sa position de rejeter ce choix qui, selon lui, est inséparable de la vision de la Commission intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH), coprésidée par Bill Clinton et Jean-Max Bellerive. Le sénateur estime que l’accession de Garry Conille à la Primature lui permettra de coprésider la CIRH avec Bill Clinton dont il fut le représentant au sein de cette structure.
Alors que les choix de Daniel Gérard Rouzier et Bernard Honorat Gousse ont été rejetés successivement par la Chambre des députés et le Sénat – quoiqu’ils fussent en possession de toutes les pièces requises par l’article 157 de la Constitution – les députés ont ratifié le choix de Garry Conille en dépit du fait qu’il n’est pas détenteur de sa carte d’identification nationale qui aurait fait de lui un électeur ; et n’a pas résidé pendant les cinq années consécutives sur le territoire de la République.
En utilisant tous les mécanismes de dialogue avec les différents blocs politiques enregistrés à la Chambre des députés, Garry Conille préparait le chemin de la réussite là où ses deux prédécesseurs avaient échoué. Il faut avouer que le Premier ministre ratifié disposait des moyens d’action que Rouzier et Gousse n’avaient pas. Le partage des responsabilités avec les groupes et partis politiques dans la formation du nouveau gouvernement peut être considéré comme un atout majeur qu’il a su bien utiliser. Les inquiétudes exprimées par la plupart des diplomates étrangers accrédités à Port-au-Prince sur l’absence d’un gouvernement depuis l’arrivée de Martelly au pouvoir, ainsi que les interventions musclées dirigées par les uns et les autres dans la presse électronique contre les parlementaires sont en quelque sorte des variables qui ont joué en faveur de Garry Conille.
Vote politique ou vote technico-politique tel que commenté par un député ? Le Premier ministre ratifié va poursuivre sa course. La leçon que l’on doit tirer de cette procédure de ratification du choix du Premier ministre, c’est que le vote des parlementaires, dans certains cas, n’est pas réellement lié aux obligations constitutionnelles, mais plutôt aux intérêt des uns et des autres.
Lemoine Bonneau
bonneau@lenouvelliste.com

 

Rencontre entre les autorités policières haïtiennes et dominicaines

17/09/2011 13:15:00 Auteur(e) La Redaction

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Jose Polanco et Mario Andresol

Le chef de la police haïtienne et celui de le Police dominicaine se sont réunis ce vendredi 16 septembre 2011, dans la ville frontalière de Jimani, dans l’objectif de former des ateliers de travail en vue de renforcer les liens qui existent entre les autorités policières des deux pays voisins. Cette rencontre s’est inscrit dans le cadre de la lutte contre la criminalité transnationale.

Le directeur général de la Police nationale d’Haïti, Mario Andrésol, a rencontré pour la première fois son homologue dominicain, José A. Polanco Gomez, récemment installé à la tête de la police dominicaine. Les deux responsables ont convenu que la collaboration entre les deux polices est fondamentale dans la répression de la délinquance sur l’île.
« Il ne s’agit pas d’une grande première: nous avions l’habitude de rencontrer la police dominicaine, mais cette fois, nous nous trouvons dans une nécessité particulière de nous unir avec eux pour renforcer la coopération qui a toujours existé entre nous dans la lutte contre la drogue, la traite de personnes, le vol de véhicules et le trafic d’armes à feu », a souligné le directeur général de la police nationale d’Haïti.
« Il n’est pas possible que dans la région de l’Amérique latine, il y ait des pays qui, en 2010, ont eu des chiffres qui vont jusqu’à vingt milles morts. Actes de ces bandits, voleurs de véhicules, kidnappeurs et trafiquants de drogue », a révélé le chef de la police dominicaine, José A. Polanco Gomez, indiquant qu’il est très important que les forces de sécurité d’une île puissent unir leurs efforts afin de fermer tous les espaces qui favorisent des activités criminelles. « Seule la coopération internationale nous permettra d’améliorer la situation par rapport à ce qu’elle est aujourd’hui », a-t-il ajouté.
Durant cette journée de travail, tous les directeurs départementaux et certains commissaires principaux haîtiens présents à cette rencontre ont eu l’occasion de lier connaissance avec leurs homologues dominicains, puis ont discuté de thèmes liés au crime organisé et aux autres délits que les deux pays doivent affronter. La sensibilisation des populations haïtienne et dominicaine à ces phénomènes par l’éducation a été aussi abordée.

Trois voitures dominicaines, volées en République dominicaine et transférées en Haïti, ont été remises par le chef de la police haïtienne au directeur général de la police dominicaine en échange de deux prisonniers haïtiens, Samuel Beauplan et José Sonson, qui s’étaient évadés du pénitencier national d’Haïti, lors du tremblement de terre. « Ces trois voitures ont été remises symboliquement; il s’agit de 60 voitures dominicaines volées, que la PNH a récupérées sur le sol d’Haïti. Les autres voitures seront remises sous peu », a précisé le chef de la police haïtienne.
En outre, d’autres fugitifs et trafiquants de drogue haïtiens sont recherchés en République dominicaine. Une clé USB, contenant une liste d’environ cinq mille bandits, kidnappeurs et évadés de prison recherchés par la police haïtienne, a été également remise à la police dominicaine. Parallèlement, en Haïti, les noms et photos des criminels recherchés seront publiés dans les journaux, selon ce qu’a expliqué M. Andrésol.
« Cela constitue un signal clair que nous envoyons aux kidnappeurs qui ont quitté la République dominicaine pour venir évoluer en Haïti, aux trafiquants de drogue et à tous autres bandits qui utilisent la frontière pour mener des activités louches », a indiqué Mario Andrésol, faisant remarquer que les deux institutions se sont entendues sur un ensemble de points qui leur permettront de faire des échanges d’informations plus facilement et plus rapidement. « Nos liaisons se renforceront de façon à permettre que nos travaux se réalisent avec beaucoup plus d’efficacité », a-t-il dit.
Interrogé sur le traitement que subissent certains Haïtiens en terre dominicaine, le D.G. de la PNH a affirmé avoir soulevé ce problème à l’attention de son homologue dominicain qui a promis de renforcer la présence de la police dominicaine dans les zones frontalières afin d’éviter que nos compatriotes subissent des actes de violence provenant de bandits dominicains.
Mario Andrésol, qui reconnaît que la police dominicaine dispose de beaucoup plus de moyens que celle d’Haïti, a expliqué que les discussions porteront également sur des accords bilatéraux grâce auxquels des officiers de police haïtiens pourront participer en République dominicaine à des séances d’entraînement concernant les investigations sur la criminalité, une démarche qui permettra de remettre sur pied la police des frontières en Haïti.
John Smith Sanon
jsmithsanon@gmail.com Source: Le Nouvelliste

 

Paul Farmer en Haïti – L’indispensable optimisme

Caroline Montpetit / Le Devoir / 17 septembre 2011

Orich Florestal et Rosemond Altidon contemplent Port-au-Prince depuis les ruines de leur appartement dévasté par le tremblement de terre du 12 janvier 2010.<br />

Orich Florestal et Rosemond Altidon contemplent Port-au-Prince depuis les ruines de leur appartement dévasté par le tremblement de terre du 12 janvier 2010.

Photo : Agence Reuters Allison Shelley

Soulever les montagnes
Tracy Kidder, traduction de l’anglais par Daniel Poliquin
Boréal, Montréal, 2011
385 pages

Paul Farmer n’est pas pessimiste. Son métier ne le lui permet pas. Il faut dire que le médecin anthropologue œuvre depuis de nombreuses années en Haïti, l’un des pays les plus pauvres de la planète.
En anglais, le médecin vient de lancer le livre Haiti, After the Earthquake, aux éditions Public Affairs, en français, sa biographie, Soulever les montagnes, écrite par le journaliste Tracy Kidder, vient d’être traduite par Daniel Poliquin aux éditions du Boréal, avec une préface de Régine Chassagne, d’Arcade Fire.
On le joint au téléphone, à l’hôpital de Brigham, relié à l’Université Harvard, où Paul Farmer enseigne.
Tout récemment encore, il était en Haïti et mesurait, à travers son travail de tous les jours, le chemin parcouru depuis le terrible tremblement de terre du 12 janvier 2010. Et, en effet, pas question ici d’être pessimiste. «Nous avons reconstruit un centre de formation médical au centre d’Haïti, dit le directeur de l’organisation Partners in Health, qui soutient de nombreux projets pour la santé dans le monde. Le tremblement nous a obligés à être à la hauteur de promesses que nous faisions depuis longtemps de prodiguer une formation de meilleure qualité», dit-il.
Dans son livre, Tracy Kidder nous présente un homme profondément moral, hanté par la nécessité d’aspirer à un système de santé plus égalitaire, en Haïti comme ailleurs. Un homme qui, devant l’urgence des cas à traiter, réussit à faire baisser de façon phénoménale le prix des médicaments, pour traiter le sida et la tuberculose, par exemple.
«En ce qui concerne la trithérapie pour traiter le sida, nous avons réussi à obtenir des traitements qui reviennent à 150 $ par année en Haïti, plutôt que les 10 000 $ par patient et par année payés au Canada et aux États-Unis», dit-il en entrevue. En fait, selon les sources officielles, l’épidémie de sida en Haïti a été réduite de moitié, par la prévention et par les traitements.
Paul Farmer est également présenté dans la biographie de Kidder comme un admirateur de Cuba, que les deux hommes ont visité ensemble il y a quelques années.
Encore aujourd’hui, Paul Farmer aime citer la quantité de médecins cubains oeuvrant en Haïti, et ce, même avant le tremblement de terre. Aujourd’hui encore, il y a 1500 médecins cubains qui travaillent en Haïti, dit Farmer. «J’espère ne pas être trop romantique au sujet de Cuba», dit le médecin.
Reste que Paul Farmer ne donne pas une si bonne note au système de santé américain, qui ne peut garantir des soins, même de mauvaise qualité, aux personnes pauvres, et ce, bien qu’il compte des hôpitaux de très haut niveau. Et il ne donne pas non plus une bonne note au système de santé haïtien, calqué sur le système américain, à travers lequel environ 300 000 Haïtiens ont une assurance pour les soins de santé dans un pays de 10 millions d’habitants.
Anthropologue de formation, Paul Farmer insiste beaucoup auprès des médecins qu’il forme pour qu’ils apprennent la langue créole parlée en Haïti. «Je suis toujours étonné de voir à quel point c’est difficile à obtenir.»
Proche de Jean-Bertrand Aristide, selon Tracy Kidder, Paul Farmer dit agir essentiellement dans le domaine de la santé, et non de la politique. Reste qu’il croit que traiter la tuberculose sans traiter la malnutrition, c’est comme se laver les mains et les essuyer par terre.

 

Haïti: contre la «république des ONG»

Une fillette sous perfusion dans un centre de... (Photo: Jorge Silva, Archives Reuters)

Une fillette sous perfusion dans un centre de traitement anticholéra de Médecins sans frontières, à Port-au-Prince, en janvier dernier. Selon Paul Farmer, les ONG ne coopèrent pas assez entre elles et avec l’État haïtien.

Photo: Jorge Silva, Archives Reuters

Chantal Guy / La Presse

Même s’il travaille comme volontaire pour l’ONU, Paul Farmer n’a pas la langue de bois. Alors qu’Haïti connaît la pire épidémie de choléra sur la planète, cet infectiologue soutient qu’on doit en finir avec la «république des ONG», faire confiance à l’État haïtien et créer de l’emploi pour ses citoyens. Médecin et anthropologue de formation, cet Américain travaille depuis près de 30 ans à soigner gratuitement les plus pauvres. Cofondateur de l’organisme Partners in Health, qui oeuvre aujourd’hui dans une dizaine de pays, il a été nommé par Bill Clinton envoyé spécial adjoint de l’ONU en Haïti. Pour la sortie en français de sa biographie, Soulever les montagnes, nous nous sommes entretenue avec ce médecin, qui vient aussi de faire paraître en anglais l’essai Haiti After the Earthquake.

Q: Vous plaidez pour que l’aide internationale soit versée directement à l’État haïtien, afin de renforcer ses institutions puisque ce financement les contourne. Pourquoi ça ne se fait pas?

R: Il faut simplement reconnaître qu’il y a cette «république des ONG». C’était le cas avant le tremblement de terre, c’est maintenant plus prononcé. Si on a des milliers d’ONG qui passent par des filières qui n’incluent pas le secteur public, au bout du compte, on n’aide pas à grand-chose. Il n’y a pas encore de recette, mais c’est clair que ce qu’on fait collectivement, ça ne marche pas.

Q: Est-ce qu’il y a une concurrence entre les ONG sur le terrain et en quoi Partners in Health est différent?

R: Malheureusement oui, il y a beaucoup de concurrence pour les ressources, là où on aurait dû avoir de la coopération, de la complémentarité, y compris avec le secteur public. Ce qu’on fait de différent? Je vais vous donner un exemple. Nous avons fondé une organisation dans le domaine de la santé. Nos partenaires étaient les groupes de paysans, les femmes, les ONG, l’Église. Mais après 15 ans de ce travail, nous nous sommes demandé ce que nous n’avions pas fait de bien. Nous avons réalisé que pendant qu’on élargissait nos efforts, il y avait un déclin du secteur de la santé publique haïtien dans la zone où on travaillait. Nous nous sommes dit que c’était une erreur de notre part. Ce qu’il faut faire, c’est élargir nos efforts avec les institutions. Ce n’est pas si compliqué. Mais cela vous étonnerait de savoir combien d’ONG ne le font pas.

Q: Dans votre essai, vous insistez sur la création d’emplois en Haïti. En effet, que vaut l’aide internationale si elle encourage la dépendance envers elle?

R: Exactement. Combien d’emplois sont créés pour les Haïtiens? Après le séisme, j’ai noté qu’il y avait plus ou moins 2 milliards de dollars en aide, et moins d’un tiers de 1% a été donné au secteur public, qui est complètement détruit et qui a perdu 20% de ses employés. Pour beaucoup, l’attitude est qu’il vaut mieux laisser tomber et travailler avec des ONG. Mais mes collègues et moi, nous faisons de notre mieux pour travailler avec le secteur public, même si ça implique qu’on doit les rebâtir et y redresser les failles.

Q: La crise économique dans le monde occidental nuit-elle à l’aide en Haïti?

R: À vrai dire, cela n’a pas vraiment changé les contributions reçues. […] Le problème maintenant, c’est le choléra. C’est un symptôme du tremblement de terre. Nous avons dépensé 500 000$ par mois pour le choléra. C’est quelque chose qui n’existait pas il y a 11 mois, alors comment faire des budgets annuels avec ça? Les grandes bureaucraties ont besoin de planifications, mais on ne peut pas planifier un tremblement de terre ou le choléra. C’est une importante épidémie, la plus importante dans le monde actuellement.

Q: Pourtant, on n’en entend presque plus parler.

R: Oui, et je ne comprends pas pourquoi. C’est au moins trois à quatre fois plus important que tous les autres pays touchés mis ensemble. Et jusqu’à présent, on n’a vacciné personne, ce qui est très frustrant pour nous.

Q: Qu’est-ce que vous avez à dire à ceux qui estiment qu’aider Haïti est une perte de temps, que malgré les dons et les ONG, rien n’a jamais avancé?

R: C’est facile à dire si on ne sait rien de l’histoire, si on ne voit pas les liens entre les États-Unis, le Canada, La France et Haïti. C’est comme si on était là à la création d’un problème et qu’on dit que cela n’a rien à voir avec nous, que c’est leur problème. C’est faux. C’est notre problème. Il faut savoir que les gens qui disent ça, c’est souvent pour terminer la conversation, plutôt que d’avoir une conversation intéressante sur Haïti.

Soulever les montagnes -l’oeuvre du docteur Paul Farmer Biographie de Tracy Kidder, préface de Régine Chassagne Boréal En librairie mardi.

Haiti After the Earthquake Essai de Paul Farmer PublicAffairs

Paul Farmer donnera deux conférences à Montréal en compagnie de Régine Chassagne de la fondation Kanpe et de la biographe Tracy Kidder. Le 22 septembre, de 12h à 13h30 à la salle Marie-Gérin-Lajoie de l’UQAM, et de 17h30 à 18h45 au H-110 de l’édifice Henry F. Hall de l’Université Concordia.

 

Haïti, République dominicaine et Cuba :

Quand la culture occidentale domine et enfante des sociétés différentes

Point de départ similaire, trajectoire différente, le livre de Sauveur Pierre Etienne intitulé « Haïti, République dominicaine et Cuba », expose de manière systématique les éléments de la constitution des trois Etats, avec des retombées sociales et politiques divergentes.

2011-09-16 16:51:12

A la lumière de la sociologie historique, le professeur Sauveur Pierre Etienne fait une étude comparative sur la construction et la formation de trois Etats, Haïti, la République dominicaine et Cuba. Le professeur utilise des faits historiques pour expliquer les trajectoires socio-politiques divergentes de ces pays.
« J’ai utilisé une approche socio-historique dans ce livre. Elle fait suite à ma thèse de doctorat dans laquelle j’avais étudié uniquement le cas d’Haiti. Je prends acte que notre Etat s’est effondré en 1915, 1994 et en 2004. Puisque c’est arrivé on se pose la question de savoir « qu’est ce qui justifie cette suite d’effondrements » ? J’ai été intéressé par trois pays de la Caraïbe : Haiti, République Dominicaine et Cuba. Car ces trois cas, bien qu’issus d’un même processus de colonisation et de décolonisation, ont abouti à des réalités sociales et politiques différentes », a expliqué le professeur soutenant l’existence d’un Etat fragile en Haïti, d’un Etat faible mais fonctionnel en République dominicaine et d’un Etat total non socialisé à Cuba.
La société, un tout homogène
Difficile d’établir une cloison étanche entre les différents aspects de la vie en société. Considérer la société comme une entité homogène, fait l’objet de grands débats d’ordre sociologique et anthropologique. Auguste Comte ne voyait pas d’inconvénient à extrapoler. Le père de la sociologie disait : la société humaine doit être considérée comme un seul homme qui a toujours existé. Dans un cadre plus restreint, on s’entend sur le fait que toutes les activités entreprises dans l’espace sociétal sont liées. Point de vue partagé par le professeur Pierre Etienne qui soutient que la sociologie historique se rend compte qu’il existe un rapport étroit entre la politique, l’économie et la société. Selon lui, pour comprendre le modèle d’Etat qui existe en Haiti, en République Dominicaine et à Cuba, il faut aller en amont examiner le départ et la trajectoire de ces pays. Le point de départ étant le même, si la trajectoire est différente c’est qu’il a eu ce qu’on appelle une rupture à un certain moment de la durée. A partir de quelle période ces pays ont-ils emprunté des chemins différents ? La question est posée.
Les considérations historiques
Le professeur Sauveur Pierre Etienne a essayé d’identifier ces moments de rupture qui font la singularité de ces pays. Dans le cas d’Haiti, le premier moment est l’échec des planteurs à Saint-Domingue en 1790. Qu’est ce qui s’est passé à l’époque ? Les planteurs blancs, autrement dit, les colons autonomistes ont essayé d’acquérir une certaine autonomie par rapport à la métropole, ils ont échoué. Aux Etats-Unis ce sont les colons qui sont devenus indépendants par rapport à la métropole. Ce n’est pas le cas à Saint-Domingue où beaucoup de colons accompagnés d’un certain nombre d’esclaves ont fui la colonie suite à l’échec du mouvement. Ces colons et affranchis se sont établis à Cuba et en Louisiane. Ils ont contribué au développement de l’industrie de la Canne à sucre à Cuba. L’île de Saint-Domingue a perdu un capital technologique, par exemple la substitution des moulins à eau en moulins à traction animale. On n’a jamais pu combler la fuite de ce capital culturel et financier. Avec cette rupture apocalyptique, Haïti a eu du mal à s’insérer dans le grand marché mondial capitaliste.
Quant à la République dominicaine, le professeur tient compte de la période de 1868 à 1878. Des socioprofessionnels dominicains ont installé leurs premières industries sucrières en 1874. L’Etat a dégagé des ressources afin de renforcer ses appareils répressifs et administratifs. Une suite de gouvernements ont assuré l’établissement du système capitaliste qui aura connu une autre étape avec Trujillo.
Le parcours de Cuba est beaucoup plus long et a débuté dans les années 1762 – 1763. La Grande Bretagne qui est sorti vainqueur de la guerre de 7 ans, a pris le contrôle de la Havane. Les britanniques avaient posé leur condition pour remettre Cuba à l’Espagne. C’était l’obligation d’ouvrir la Havane au commerce extérieur. L’Espagne a accepté et la dynamique capitaliste s’est alors installée à Cuba qui a beaucoup profité du marché des Etats-Unis indépendants en 1776.
Haiti, des rendez-vous manqués
Le capitalisme a réussi partiellement à Cuba et en République dominicaine mais a échoué en Haïti qui est devenue une pourvoyeuse de main-d’œuvre aux plantations sucrières de ces pays. Cuba et la République dominicaine ont eu des élites politiques éclairées qui ont crée des conditions pour le développement capitaliste. Ce qu’Haiti n’est jamais parvenue à faire. Haiti n’avait pas d’alternative à l’économie de plantation à l’exception d’ Henry Christophe, homme de grande vision. Sa mort en 1820 a mis fin à sa politique basée sur le modèle de la grande Bretagne.
1827 a été un coup terrible dans l’histoire d’Haïti qui paie encore le prix de l’acceptation de l’ordonnance de Charles 10 par Jean Pierre Boyer. C’est à cette période que la République dominicaine va se détacher d’Haïti et on a assisté à l’avènement de la crise de 1943. De Soulouque à Geffrard c’est la chute. L’effondrement. Haïti a raté un ensemble de rendez-vous notamment celui de 1957 avec l’agronome Louis Dejoie. Crise de l’élite. Absence de projets pour l’Etat-nation. Haïti n’a construit ni l’Etat ni la nation. C’est un grand défi à relever, estime le professeur Sauveur Pierre Etienne.

Interview réalisée par Lionel Edouard et Chanoine Joseph
Texte de Hudler Joseph
josephudler@yahoo.fr

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