mardi 20 septembre 2011

20 Sep

Riche semaine à New York

20/09/2011 10:37:00 Auteur(e) La Redaction

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Le président Michel Martelly est en déplacement. Entre deux réunions et des rencontres au sommet, il aura un tête-à-tête avec le président sénégalais Abdoulaye Wade, ami de ses amis. Il fera la tournée des milliardaires pour intéresser des investisseurs à venir planter leurs entreprises en Haïti. Il parlera aussi politique avec les grands de la planète. A deux doigts de faire ratifier son premier Premier ministre, Martelly est en passe de commencer à gouverner pour de vrai.
Déjà la tournée s’ouvre sur une demi victoire. On s’achemine, un an après la crise du choléra et plus de deux mois après le viol présumé d’un jeune haïtien à Port-Salut, vers une réduction graduelle des troupes de la Minustah. Ban Ki-moon le confirme.
Nous n’aurons cependant ni excuses ni réparation.
Dans un temps pas trop lointain, les forces internationales retrouveront leur effectif d’avant le tremblement de terre. 9000 hommes contre plus de 12 000 aujourd’hui. Il faut dire que cela fait des mois que cette décision aurait pu être annoncée. Mais comme pour les ONG, Haïti est le gagne-pain de bien de soldats qui s’ennuient chez eux. Cela ne dérangeait personne de les laisser sur nos terres.
Mais soyons honnêtes, il y avait aussi les élections après le séisme et l’arrivée de Michel Martelly au pouvoir était une plongée dans l’inconnu. Par précaution, sans doute, il ne fallait pas hâter le départ des soldats qui auraient pu être utile au cas où…
Maintenant que tout roule, à la veille de l’installation d’un nouveau gouvernement qui parle la langue de la coopération internationale, avec Garry Conille -pur produit du système des Nations unies- et devant la montée d’un sentiment d’exaspération suite aux multiples indélicatesses de nos amis, le timing est parfait pour un retrait.
Cette soustraction ne signifie point fin de mission. Mais les Haïtiens vont la prendre pour une victoire. La leur, doivent se dire les stratèges onusiens.
Sur un autre chapitre, Bill Clinton multiplie les avancées. Il s’installe dans le coeur de l’appareil de contrôle du pays. On le sens pressé de délivrer sa marchandise.

L’ancien président américain veut-il prouver son amour envers ce pays qui a été témoin de sa lune de miel? Veut-il se faire pardonner des mauvaises décisions de son administration, comme il l’a regretté un jour? Lui qui a collaboré de près avec trois présidents haïtiens a-t-il enfin identifié la perle rare en Martelly?
Visiblement, Martelly joue tout sur l’ancien gouverneur de l’Arkansas.
Tet Kale, a-t-il enfin compris, après les errements des cent premiers jours, que mieux vaut avoir un allié puissant qui a des amis sur le terrain que d’essayer de foncer dans le tas, de bousculer des forces politiques qui ne lui doivent rien?
Deux images diffusées sur la page Facebook du président donnent le ton de la visite du président Martelly à New York. Il y a celle où l’élu du 14 mai 2011 se trouve entre les deux Clinton: la Secrétaire d’Etat – qui en pleine crise égyptienne avait pris l’avion pour passer une journée en Haïti et consacrer la victoire de Martelly à un moment où tout pouvait encore basculer dans un autre sens- et l’autre Clinton, celui qui l’a aidé à résoudre ses différents avec les parlementaires en mettant de l’eau dans tous les vins…
L’autre photographie montre une délégation de parlementaires écoutant attentivement les débats ce lundi lors de l’une des rencontres organisées dans le cadre des assises de la Clinton Global Initiative. Comme le nouveau Premier ministre en devenir, ils sont indispensables dans les bagages de la délégation haïtienne.
Avec cette escapade à New York, on a comme l’impression que si tout n’est pas rose, l’horizon s’éclaircit. Un pacte pour gouverner le pays se met en place entre l’international, la présidence et les parlementaires.
Chacun y trouvera-t-il son compte? Telle est la grande inconnue.
Le secteur privé local ne va-t-il pas se sentir orphelin dans cette nouvelle géographie de la richesse que propose Clinton et ses amis? Les forces politiques toujours en appétit dans tous les camps vont-ils tous trouver place à la table du pouvoir? Martelly, président haïtien, va-t-il se laisser materner et viser le long terme?
Cette semaine à New York ne s’achève que vendredi avec la prise de parole du président devant l’Assemblée générale des Nations unies, mais déjà, elle se révèle riche en enseignements.

Frantz Duval et Le Nouvelliste

 

Miguel Insulza souligne l’importance du dossier du Président Martelly

20/09/2011 12:50:33

Haïti - Politique : Miguel Insulza souligne l'importance du dossier du Président MartellyJosé Miguel Insulza, le Secrétaire général de l’Organisation des États Américains (OEA), a participé hier à New-York, à la réunion ministérielle des « Amis d’Haïti » en marge de la 66ème Assemblée Générale de l’ONU. Cette réunion était présidée par le Président Michel Martelly et l’ancien Président des États-Unis Bill Clinton. Également présent : l’Ambassadeur Albert R. Ramdin, Secrétaire Général de l’OEA, Mariano Fernandez, le Chef de la Mission de Stabilisation des Nations Unies en Haïti (Minustah), Luis A. Moreno, Président de la Banque Interaméricaine de Développement (BID) et des Ministres des Affaires étrangères des pays coopérants.

Le Secrétaire général a mentionné dans son discours, qu’il considère trois points importants dans le travail de la Communauté Internationale, pour aider Haïti dans son processus de reconstruction et de consolidation de sa démocratie. 


Tout d’abord, il a souligné l’importance de prendre en compte le dossier présenté par le Président Martelly, qui comporte quatre priorités : créer un climat favorable aux investissements, construire des infrastructures, promouvoir l’éducation et stimuler la reconstruction de logements. Le Président Martelly et José Miguel Insulza ont souligné que tandis que l’aide internationale a été recueilli, ce qui a été retardé, c’est l’investissement privé international, un facteur d’une grande importance pour Haïti en quête de relance économique.


Deuxièmement, une majorité de représentants de l’OEA, ont rappelé la nécessité de renforcer les institutions étatiques et insisté sur la valeur en termes d’image, représentée par la présence aux côtés du Président Martelly, des parlementaires haïtiens. Soulignant comme très positif, le vote de ratification de la Chambre des Députés, du Premier Ministre désigné par le Président Martelly, le Dr Garry Conille, et sur l’importance de montrer l’unité [politique] d’Haïti devant la Communauté Internationale

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Troisièmement, le Secrétaire général Insulza a réitéré la nécessité d’une coordination de l’aide internationale à travers la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH), et le le Conseil Consultatif Présidentielle pour le développement économique et l’investissement
http://www.haitilibre.com/article-3766-haiti-economie-lancement-du-conseil-consultatif-presidentiel.html créé par le Président Martelly dans son cabinet afin de rationaliser les processus.
S/ HaïtiLibre

 

Haïti – Politique :

Réactions de Sénateurs à la ratification du Dr. Conille

20/09/2011 11:58:19

Haïti - Politique : Réactions de Sénateurs à la ratification du Dr. ConilleLa ratification à l’unanimité du Premier Ministre désigné, le Dr. Garry Conille ne cesse de provoquer des réactions chez les parlementaires. Trois Sénateurs ont fait hier des déclarations sur ce sujet.
Pour le Sénateur Evalière Beauplan (Nord’Ouest – PONT) ce vote unanime pourrait bien un jour se retourner contre le Président Martelly « … la Chambre des députées est indépendante de celle du Sénat, ils ont décidé en fonction de leur lecture de la situation, c’est donc la démocratie qui a triomphé […] lorsque que vous obtenez un vote à l’unanimité, je pense que c’est une chose qui doit faire mal dormir Garry Conille, à savoir que la responsabilité qui l’attend, ce n’est pas un jeu… Un beau matin, les Députés de cette majorité, peuvent également décider, s’ils sont frustrés, car leurs revendications ne sont pas satisfaites […] ou si l’entente que Michel Martelly et Garry Conille ont avec ces personnes ne marche pas, de voter contre l’équipe de Michel Martelly ou de Garry Conille… »
Le Sénateur Jean William Jeanty (Nippes – KONBA) farouche opposant au Premier Ministre désigné, n’est pas étonné de ce vote. Il croit que le Sénat ratifiera le Dr. Conille, mais il espère un sursaut de nationalisme, un sursaut patriotique qui peut-être les guidera… « …je ne suis pas surpris, je ne suis pas étonné du tout de ce qui c’est passé. La preuve, j’avais averti mes collègues, je leur avait dit, que de la façon dont-ils ont géré les deux premiers candidats […] que n’importe quelle personne qui allait être présenté, ils allaient se retrouver dans une situation où ils seraient obligé de le prendre. J’avais dis aussi que ce qui peut arriver, c’est que l’étranger va rentrer dans le débat de la même façon qu’il l’a fait lors de l’élection présidentielle, où c’est lui qui a donné les résultats. Pour moi, les mêmes causes produisent les mêmes effets, cela veut dire, que ce sont les mêmes groupes et partis politiques qui sont représentés au niveau des deux Chambres, donc je ne m’attends pas à ce qu’il y est trop de modification dans le vote, peut-être, comme on dit que les sénateurs c’est une assemblée de sage, peut-être qu’il y aura un sursaut de nationalisme, un sursaut patriotique, qui peut-être les guidera…»
Pour le Sénateur Andris Riché (Grand Anse / Alternative), les Députés ont esquivé les questions qui auraient pu expliquer la Présence du Dr. Garry Conille comme candidat à la Primature «… lorsque vous regardez ce qui c’est passé à la Chambre Basse, les députés ont esquivé tout ce qui  aurait pu amener des questions pour expliquer la présence de M. Conille en tant que Premier Ministre […] M. Conille travaille aux Nations Unis, mais il ne représente pas le peuple Haïtien […] je pense qu’il y a un minimum… le Parlement reste le dernier bastion de la souveraineté nationale, M. Conille est haïtien certes, mais M.Conille sait que tout pays vit avec une Constitution… »
S/ HaïtiLibre

 

Texte du Rapport de la Commission de ratification de la Chambre basse

20/09/2011 11:08:08

Haïti - Politique : Rapport de la Commission de ratification de la Chambre basseNombreux sont ceux, qui continuent à se poser des questions sur le contenu du rapport de la Commission chargée d’analyser les pièces du Dr. Garry Conille. Nous publions l’intégralité de ce rapport qui nous l’espérons apportera quelques réponses et offrira à nos lecteurs de nouvelles voies de réflexion.

I. MISE EN CONTEXTE
Dans la perspective de contribuer au fonctionnement régulier de l’Etat, le Président de la République, Son Excellence Monsieur Joseph Michel Martelly, a adressé au Président de la chambre des Députés, l’honorable Député Sorel JACINTHE, une lettre datée du 5 septembre 2011pour l’informer que suite aux consultations exigées par l’article 137 de la constitution il a fait « choix du Docteur Garry Conille comme Premier Ministre pour conduire la politique du Gouvernement, tout en l’invitant à mettre en œuvre la procédure parlementaire de ratification en vue de la mise en place du gouvernement« .
Conformément aux règlements intérieurs de la Chambre des Députés et donnant suite à la réquisition du Chef de l’Etat, le Président de ladite chambre a, en date du 7 septembre 2011, adressé une correspondance au Président de la République pour inviter le Premier ministre désigné à faire le dépôt des pièces justifiant son éligibilité à la fonction de chef de gouvernement, ce, au regard de la législation haïtienne.
Suite à cette correspondance, dont la teneur a été communiquée par la présidence au Premier Ministre désigné, ce dernier, le docteur Garry Conille, a, à son tour, adressé au Président de la chambre des Députés,aux membres du bureau de ladite Chambre et à la Commission spéciale chargée d’étudier le dossier du Premier Ministre désigné, une correspondance, en date du 8 septembre 2011, dans laquelle il a exprimé le privilège qu’il a de déposer sur les bureaux de ladite Chambre toutes les pièces exigées par la Constitution.
La Commission spéciale chargée d’étudier le dossier du Premier Ministre désigné, monsieur Garry CONILLE, constituée suivant les prescrits de l’article 50 du règlement intérieur de ladite Chambre, est composée des Honorables députés LEVAILLANT Louis Jeune, Président;LAGUERRE Joseph Benoit, vice président, DESCOLLINES Abel,Secrétaire-rapporteur, BAPTISTE Lamarre, LABBE Ruffine, LOCHARDJean René, PERRILUS Worms, OSCAR Jean Ronald et GUSTAVE AndréLouis, membres.
Sous la direction de son Président, de son vice-président, et de son Secrétaire rapporteur, les Honorables Députés LEVAILLANT Louis Jeune,LAGUERRE Joseph Benoit, DESCOLLINES Abel, la Commission a tenu sa première séance de travail le lundi 12 septembre 2011, avec l’appui d’experts de formation et de compétences plurielles. Au cours de cette séance, les membres de la Commission Spéciale ont formulé le voeu de produire un rapport tissé d’objectivité et qui devra être assorti de recommandations claires et conformes tant à la Constitution qu’aux autres règles faisant partie du système normatif haïtien.
C’est dans cet état d’esprit que la susdite Commission s’est mise au travail et a produit le présent rapport dont la méthodologie est ainsi conçue.
II. METHODOLOGIE
La méthodologie utilisée inclut les points suivants:
1. La vérification de l’authenticité des pièces soumises auprès des Instances qui les ont délivrées.
2. L’analyse des pièces du Premier Ministre désigné suivant les prescrits de la Constitution et de toutes autres règles faisant partie du système normatif haïtien;
3. L’analyse au fond
4. Les Recommandations
III. DE LA VERIFICATION DE L’AUTHENTICITE DES PIECES DU PREMIER MINISTRE DESIGNE
La Commission Parlementaire Spéciale a adressé au Ministère des Affaires Etrangères, à la Direction Générale des Impôts, à la Direction de l’Immigration et de l’Emigration, à la Direction Centrale de la Police Judiciaire, au Tribunal de Paix de Pétion-Ville, à la Mairie de Pétion-Villedes lettres aux fins de vérifier l’authenticité de certaines pièces versées au dossier.
Toutes les Institutions sus-mentionnées ont attesté de l’authenticité des pièces soumises par le Premier Ministre désigné, ce qui a autorisé la Commission à franchir l’étape consistant en l’analyse de ces pièces à la lumière des prescrits de la Constitution et de toutes autres règles faisant partie du système normatif haïtien.
IV. L’ANALYSE DES PIECES DU PREMIER MINISTRE DESIGNE ALA LUMIERE DE LA CONSTITUTION ET DE TOUTES AUTRES REGLES RELEVANT DU SYSTEME NORMATIF HAITIEN
La Constitution, en son article 157, prescrit les critères fondamentaux et intangibles pour être Premier Ministre. Elle dispose ainsi :
« Pour être Premier Ministre, il faut :

  • Etre Haïtien d’origine et n’avoir jamais renoncé à sa nationalité;
  • Etre âgé de trente (30) ans accomplis;
  • Jouir de ses droits civils et politiques et n’avoir jamais été condamné à une peine afflictive et infamante;
  • Etre propriétaire en Haïti ou y exercer une profession;
  • Résider dans le pays depuis cinq (5) années consécutives;
  • Avoir reçu décharge de sa gestion si on a été comptable des deniers publics. »

  • Il y a lieu à cette phase de porter à la connaissance de l’Assemblée que la Constitution définit certaines conditions d’éligibilité à la fonction de Premier Ministre mais ne fixe ni le nombre, ni la nature des pièces qui doivent être soumises afin de vérifier la conformité du dossier. L’analyse des pièces soumises par le Premier Ministre désigné, au regard des cinq premiers critères définis à l’article 157, a révélé ce qui suit :
    1) la qualité d’Haïtien d’origine / de la non renonciation à sa nationalité
    Monsieur Garry CONILLE, né à Port au Prince le 26 Février 1966, des œuvres légitimes Guy Serge Benoit CONILLE et de Madame Antoinette DARBOUZE, est haïtien d’origine puisque fils par reconnaissance de père et de mère haïtiens qui eux-mêmes, descendants respectifs de Beausséjour CONILLE et de Edouard DARBOUZE sont nés haïtiens conformément à l’article 11 de la Constitution haïtienne.
    La Commission parlementaire Spéciale, s’agissant de l’impératif de la « non-renonciation à la nationalité haïtienne » tant par Monsieur Garry CONILLE que par ses, père et mère, ne dispose pas d’éléments suffisants pour vérifier si ces derniers au moment de la naissance de monsieur Garry CONILLE, n’avaient pas renoncé à la nationalité haïtienne. Il en est de même pour monsieur Garry CONILLE qui, suivant les documents d’état civil fournis, est né haïtien. En fait, rien dans le dossier ne permet d’établir que le Premier Ministre désigné, ainsi que ses, père et mère, aient, à un moment de leur vie, renoncé à la nationalité haïtienne. Donc, Monsieur Garry CONILLE obéit logiquement à ce premier critère définit par l’article 157 de la Constitution.
    2) De l’âge requis pour être Premier Ministre
    L’acte de naissance versé par Monsieur Garry CONILLE à son dossier atteste qu’il est né à Port au Prince le 26 Février 1966. Ainsi, pour avoir pris naissance à cette date et pour être âgé de quarante cinq (45) ans et cinq (5) mois, Monsieur Garry CONILLE répond au critère de l’âge requis par l’article 157.2 de la Constitution en vue d’occuper la fonction de Premier Ministre.
    3) De l’exercice des droits civils et politiques
    Il est révélé, après analyse des pièces fournies par Monsieur Garry CONILLE, que ce dernier jouit pleinement de ses droits civils et politiques puisqu’il dispose, d’une part, d’un certificat de casier judiciaire daté du 7Septembre 2011, délivré par le Greffe du Tribunal de Première Instance de Port au Prince, attestant que le Premier Ministre désigné n’a jamais été condamné à aucune peine correctionnelle ou criminelle et, d’autre p art, d’un certificat daté du 11 juillet 2011, délivré par le Bureau de Renseignements Judiciaires (BRJ) de la Direction Centrale de la Police Judiciaire précisant que le premier Ministre désigné n’est pas recherché par la Police Nationale d’Haïti.
    S’il est constaté l’absence de la carte d’identification nationale au dossier du Premier Ministre désigné, il n’en demeure pas moins que ce défaut de formalité est couvert par un certificat délivré par l’Office National d’Identification (ONI) en date du 7 Septembre 2011 attestant que « Monsieur Garry CONILLE a produit une demande d’inscription au registre national d’inscription. Il ne lui sera pas possible de générer rapidement le numéro d’identification nationale en raison des difficultés d’ordre technique au niveau du système de comparaison des empreintes (…) » (sic).
    Plus d’un diraient, mais certainement à tort, que Monsieur Garry CONILLE, pour n’être pas détenteur d’une Carte d’identification nationale ne répond pas à la condition additionnelle en vue de son éligibilité fixée par l’article 11, alinéa a du décret du 1er Juillet 2005 régissant la Carte d’Identification Nationale. Cependant, cet argument ne tient absolument pas puisque le Premier Ministre désigné en a formellement fait la demande comme l’atteste le certificat de l’ONI, d’une part, et d’autre part le Premier Ministre désigné, Docteur Garry CONILLE, ne saurait être responsable de la défaillance des Institutions de l’Etat. De plus, l’article 3 du Décret du 1er Juillet 2005 régissant la Carte d’Identification Nationale stipule clairement  » (…) La délivrance de la Carte d’identification nationale est une obligation de l’Etat (…) « . En conséquence, le dossier du Docteur CONILLE est conforme aux prescrits de l’article 157.3 de la Constitution.
    4) De l’exercice du droit de propriété ou d’une profession
    Comme l’atteste un certificat délivré par le notaire Gary BrissonCASSAGNOL en date du 7 Septembre 2011, monsieur Garry CONILLE,est propriétaire d’un terrain dépendant de l’habitation Moreau au morne de l’hôpital d’une superficie de un carreau. Ces documents attestent sansconteste que le premier Ministre désigné obéit fidèlement aux critères prescrits par l’article 157.4 de la constitution relatif à la propriété et à l’exercice d’une profession.
    5) L’obligation de résider dans le pays depuis cinq années consécutives
    Raymond Guilien et Jean VINCENT, dans le lexique des termes juridiques, 15ème édition 2006, Dalloz, page 462 définit la « résidence » comme : « LE LIEU OU SE TROUVE EN FAIT UNE PERSONNE« . Suivant cette conception doctrinale de la notion de « résidence » celui ou celle qui prétend avoir la « résidence » d’un lieu doit y demeurer effectivement, donc,physiquement. Et suivant les prescrits de la constitution haïtienne, celui ou celle qui se réclame de la résidence en Haïti et qui veut s’en prévaloir pour accéder à la fonction de Premier Ministre a « l’Obligation de résider dans le pays depuis cinq années consécutives« .
    D’aucuns disent que cette règle parait intangible et ne semble souffrir d’aucune exception. Pourtant, il s’agit d’une norme qui fléchit en fonction du statut de la personne. En effet, s’agissant du diplomate, que ce dernier relève de la diplomatie bilatérale ou de la diplomatie multilatérale, sa résidence demeure son pays d’origine puisque, en raison du principe de l’extraterritorialité, le lieu où il vit est réputé excroissance de son pays d’origine.
    Dans le dossier du Premier Ministre désigné, lequel a été soumis à l’appréciation de la Commission, il a été constaté que Docteur Garry CONILLE a été nommé « REPRESENTANT RESIDENT DU PROGRAMME DES NATIONS UNIES POUR LE DEVELOPPEMENT AU NIGER« . Aussi,a-t-il occupé parallèlement la fonction de « COORDONNATEUR RESIDENT DES ACTIVITES OPERATIONNELLES DE DEVELOPPEMENT DU SYSTEME DES NATIONS UNIES AU NIGER« 
    A ce titre, la Commission a compris que le Premier Ministre désigné,Docteur Garry CONILLE, relève de la diplomatie multilatérale. Il a statut de diplomate puisque, conformément au droit des Nations-Unies dont Haïti est membre, il a soumis à monsieur Brigi Raffini, Premier Ministre de la République du Niger, en date du 9 Juin 2011, des lettres de créances l’ayant habilité à occuper cette fonction diplomatique relevant de la Haute fonction publique internationale.
    Le statut de diplomate de monsieur le Premier Ministre Désigné,Docteur Garry CONILLE, est défini par la CONVENTION DE VIENNE SUR LES PRIVILEGES ET IMMUNITES DES NATIONS-UNIES DE 1946, en son article V, Section 18 a et c, régissant les Fonctionnaires.
    Ladite Section stipule ce qui suit:
    « LES FONCTIONNAIRES DE L’ORGANISATION DES NATIONSUNIES »
    a) Jouiront de l’immunité de juridiction pour les actes accomplis par eux en leur qualité officielle (y compris leurs paroles et écrits)
    b) (…)
    c) (…)
    d) (…)
    e) Jouiront, en ce qui concerne les facilités de change, desmêmes privilèges que les fonctionnaires d’un rangcomparable appartenant aux Missions diplomatiques accréditées auprès du Gouvernement intéressé.

    L’analyse de ce postulat de la CONVENTION DE VIENNE SUR LES PRIVILEGES ET IMMUNITES DES NATIONS-UNIES DE 1946 révèle que l’article 157 de la Constitution relatif à la résidence continue pendant cinq années consécutives dans le pays n’est pas opposable à Monsieur Garry CONILLE puisque, d’une part, ce dernier est diplomate des Nations-Unies,Organisation à vocation universelle dont Haïti est membre fondateur, et d’autre part, sa représentation pour et au nom des Nations-Unies au Niger a été décidée conformément aux règlements des Nations-Unies portant sur le statut du personnel, ce, suivant une représentativité géographique. A ce titre, Monsieur Garry CONILLE représente les Nations-Unies auprès de la République du Niger non seulement en sa qualité de citoyen haïtien avec statut diplomatique mais aussi les pays de la Caraïbe, y compris Haïti. Donc, sa représentation au Niger pour et au nom des Nations-Unies est la sommes des représentations des Etats de la caraïbe.
    Aussi, la Commission porte-t-elle à la connaissance de l’assemblée que, outre les conventions des Nations-Unies régissant le statut des fonctionnaires et les résolutions de l’Assemblée générale y afférentes, le statut du personnel souligne que le Diplomate multilatéral des Nations-Unies n’a pas résidence dan le pays accréditaire, ni dans l’Etat du siège social des Nations-Unies, mais dans son pays d’origine. Pour ainsi dire,Garry CONILLE, au regard du droit des Nations-Unies auquel Haïti a souscrit, a sa résidence dans son pays d’origine, c’est-a-dire en Haïti. A cepropos, le Département des Ressources humaines de l’Organisation des Nations-Unies, au terme d’un certificat daté du 8 Septembre 2011, a certifié en soulignant à l’eau forte que monsieur Gary CONILLE a toujours résidé en Haïti au regard des Conventions des Nations-Unies.
    En effet, le Curriculum Vitae présenté par le premier Ministre désigné, son passeport et surtout le certificat délivré par le Programme des Nations Unies pour le Développement du (PNUD) justifiant que le Docteur Garry CONILLE est un membre du staff des nations. Par conséquent, pour déterminer sa résidence, il faut d’abord préciser  son statut dans le système des Nations Unies et ensuite dégager les liens qui existent entre les instruments internationaux relatifs au statut du personnel des nations unies et le Droit interne.
    Quel fut le statut du premier Ministre désigné avant sa désignation par le Président Joseph Michel Martelly?
    D’après les documents soumis par le premier Ministre désigné, il est entré dans le système des nations unies en 1999, en qualité de chargé de projet pour le Fond des Nations Unies pour la Population (FNUAP). Il est donc un Haut Fonctionnaire Public International au regard de l’article 1.1 du statut du personnel des Nations Unies, adopté le 27 mai 2009 et publié le 1er juillet de la même année qui précise : « Les membres du personnel sont des fonctionnaires internationaux. Leurs responsabilités en cette qualité ne sont pas d’ordre national, mais exclusivement international« . Jean Salmon dans le manuel de droit diplomatique souligne : « il est tellement évident que les hauts fonctionnaires des nations unies jouissent pleinement du statut de diplomate qu’ils sont en principe munis d’une lettre de créance qu’ils remettent à l’autorité compétente dans le pays hôte avant de prendre charge« 
    La Commission constate que d’après les pièces soumises par le Premier Ministre désigné qu’il avait effectivement soumis sa lettre de créance à Mr Brigi Raffini, alors Premier Ministre de la république du Niger. Est donc versée à son dossier la copie d’une lettre datée du 8 septembre2008, signée de Mr Denis Kristensen et de Erika Cordes attestant qu’il est Représentant Résident et coordonnateur résident du PNUD au Niger et que sa résidence se trouve en Haïti, son pays d’origine. Aussi, le principe de l’extraterritorialité résout-il également la question. En ce sens, en quelque lieu que puisse se trouver l’agent diplomatique, il est considéré comme ayant sa résidence dans son pays d’origine.
    Encore faut-il qu’il justifie qu’il n’avait pas eu une autre résidence avant son entrée dans le système de Nations Unies, considérant qu’il a déjà plus de cinq années de service dans le système des nations unies. En effet, les 4 passeports soumis par le Premier Ministre désigné prouvent qu’il rentre régulièrement en Haïti pour prendre ses vacances, conformément à l’article 5.3 du statut du personnel des nations unies qui édicte : « Les fonctionnaires qui remplissent les conditions requises bénéficient d’un congé dans les foyers, une fois tous les 24 mois,toutefois s’ils sont en poste dans un lieu d’affectation où les conditions de vie et de travail sont très difficiles, les fonctionnaires qui remplissent les conditions requises bénéficient d’un congé dans les foyers une fois tous les douze mois, les fonctionnaires qui sont en poste dans leur pays d’origine« .
    Y a-t-il antinomie entre les instruments internationaux évoqués pour justifier la situation du premier Ministre désigné et l’article 157 de laconstitution du 29 mars 1987?
    La constitution du 29 mars 1987 confère aux instruments internationaux une portée infra-constitutionnelle et supra légale. Dans cette perspective, le premier Ministre Garry Conille ne serait pas éligible à la fonction de Premier Ministre. Cependant le droit international public faitobligation aux Etats de respecter les engagements internationaux auregard du principe bien connu en droit international « LES CONVENTIONSDUMENT RATIFIEES PAR LES ETATS DOIVENT ETRE APPLIQUEES DE BONNE FOI » (Pacta sunt servanda). De plus, ce principe est consacré par la convention sur le droit des traités adoptée par les nations unies le 23mai 1969, sanctionné par le décret du 27 février 1980, publié dans le moniteur No 29 du 7 avril 1980.
    D’après l’article 27 de ladite convention, une partie ne peut invoquer les dispositions de son droit interne comme justifiant la non-exécution d’un traité. Cette règle est sans préjudices de l’article 46 qui, à son tour, précise:
    1) « Le fait que le consentement d’un Etat à être lié par un traité aété en violation d’une disposition de son droit interne concernant la compétence pour conclure des traits ne peut être invoqué par cet état comme viciant son consentement, à moins que cette violation n’ait été manifeste et ne concerne une règle de son droit interne d’importance fondamentale« 
    2) « Une violation est manifeste si elle est objectivement évidente pour tout Etat se comportant en la matière conformément à la pratique habituelle et de bonne foi« 
    Enfin, l’article 42 précise les conditions de validité et de maintien en vigueur des traités. Il édicte : « la validité d’un traité ou du consentement d’un Etat à être lié par un traité ne peut être contestée qu’en application de la présente convention« . L’extinction d’un traité, sa dénonciation ou le retrait d’une partie ne peuvent avoir lieu qu’en application des dispositions du traité ou de la présente convention. La même règle vaut pour la suspension de l’application d’un traité.
    La commission fait remarquer aux honorables Députés que l’Etat haïtien n’a jamais présenté de demande d’amendement de la convention sur le droit des traités, conformément à l’article 39 de ladite convention. Par conséquent l’obligation de respecter la conventions sur le droit des traités est entière,d’autant plus qu’elle échappe à la sanction du Parlement, pour lui être antérieure. D’ailleurs, s’il en était autrement d’après la pratique haïtienne, les ambassadeurs haïtiens ne bénéficieraient pas du principe de l’extraterritorialité.
    Par ailleurs, en raison de son statut de Résident Permanent du Programme des Nations-Unies pour le Développement au Niger, d’aucuns disent que Monsieur Garry CONILLE, pour avoir exercé une fonction diplomatique, n’a pas su remplir ses redevances fiscales à l’endroit du pays. Néanmoins, son statut de Haut Fonctionnaire International offre une autre lecture de son dossier.
    En effet, en référence À LA CONVENTION SUR LES PRIVILÈGES ET IMMUNITÉS adoptée le 13 février 1986, les Hauts Fonctionnaires des Nations Unies jouissent de l’exemption d’impôt relatif aux activités qui les lient à ladite organisation. L’exemption d’impôt évoquée à l’article 5, section 18- a et b, approuvée par l’assemblée générale des Nations Unies et publiée en annexe à l’ordonnance souveraine numéro 64 en date du 17mai 2005, n’entend pas accorder aux fonctionnaires une exemption complète. En effet, les fonctionnaires des Nations Unies, au regard de la convention de Vienne de 1961 sur les relations Diplomatiques, en son article 34, précise que les fonctionnaires diplomatiques ne sont pas exempts des impôts indirects, des droits de succession, des impôts et taxes sur les revenus privés et sur les biens meubles privés situés sur le territoire de l’Etat accréditaire.
    Le statut diplomatique du Premier Ministre désigné, M. Garry Conillea été prouvé, après consultations et analyses au niveau du droit international général et des conventions liant les Etats entre eux et aux organisations internationales, en particulier à l’organisation des Nations Unies. A ce propos, il a fait ses déclarations définitives à la Direction Générale des Impôts qui a reconnu elle-même qu’en vertu des dispositions de la Convention de Vienne de 1961 sur les relations diplomatiques de 1961 qu’il n’était pas imposable. Donc, M. Garry Conille jouit entièrement non seulement du droit d’exemption d’impôt accordé aux diplomates mais également aux fonctionnaires des Nations Unies, ceci pour éviter la double imposition.
    Aussi, l’article 3.3 du statut du personnel des Nations Unies stipule-t-il que tous les fonctionnaires de l’organisation sont soumis au régime detraitement en vigueur, c’est-à-dire que des prélèvements sont faits à la source sur les revenus de tout le personnel annuellement. Les recettes qui proviennent des contributions du personnel et qui ne sont pas utilisées à d’autres fins au terme d’une résolution de l’assemblée générale sont portées au crédit des fonds de péréquation des impôts constitué en vertu de la résolution 973 A (X) de l’assemblée générale.
    En conséquence, Monsieur Garry CONILLE, Premier Ministre désigné, Haut fonctionnaire des Nations-Unies ayant rang de diplomate multilatéral, satisfait amplement et sans aucune équivocité aux obligations fiscales que requièrent les lois de la République et les Conventions internationales y afférentes ratifiées par l’Etat haïtien.
    6) Avoir reçu décharge de sa gestion si on a été comptable des deniers publics
    Le présent alinéa de l’article 157 de la Constitution n’est pas applicable en l’espèce vu que le Premier Ministre désigné, le Docteur Garry CONILLE, n’a occupé en Haïti à aucun moment de sa vie des fonctions relevant de la comptabilité de deniers publiques.
    V. RECOMMANDATIONS
    La Commission Parlementaire Spéciale a constaté que le dossier du premier Ministre désigné, Docteur Garry Conille, a soulevé des polémiques doctrinales de toute sorte. Une analyse minutieuse de l’ensemble des pièces a été faite tant à la lumière des prescrits constitutionnels, qu’à celles des Conventions internationales ratifiées par Haïti. La Commission a estimé nécessaire, après avoir analysé les pièces avec la plus grande rigueur, de conclure à la conformité de l’ensemble du dossier au droit haïtien. Le présent rapport, avons-nous estimé, doit participer, en fonction de son objectivité et de sa haute technicité, à l’Institution de l’Etat de droit.Nous avons, autant que faire se peut, essayer de corroborer nos arguments par des textes de loi et même par des références doctrinales,ce, pour combler le silence du droit. La commission ne s’était pas contentée d’analyser les pièces du dossier en vérifiant les informations qu’elles fournissent, mais également leur authenticité. En conséquence, au constat de la conformité du dossier tant à la constitution de la République qu’aux conventions internationales ratifiées par Haïti, la Commission Parlementaire Spéciale a le privilège de recommander à l’Assemblée de la Chambre des Députés d’accorder un vote favorable à la ratification du choix du Premier Ministre désigné, Docteur Garry CONILLE.
    Suivent les Noms, Prénoms et Signatures de:
    LOUIS JEUNE Levaillant
    Président
    LAGUERRE Joseph Benoit
    Vice-Président
    DESCOLLINES Abel
    Secrétaire/Rapporteur
    LABBE Ruffine
    Membre
    LOCHARD Jean René
    Membre
    PERILUS Worms
    Membre
    OSCAR Jean Ron
    Membre
    BAPTISTE Lamarre
    Membre
    GUSTAVE André Louis
    Membre
    Lire aussi :
    \
    http://www.haitilibre.com/article-3825-haiti-politique-michel-martelly-c-est-une-victoire-pour-haiti.html
    http://www.haitilibre.com/article-3824-haiti-politique-premieres-reactions-apres-le-vote-de-sorel-jacinthe.html
    http://www.haitilibre.com/article-3822-haiti-politique-le-dr-garry-conille-ratifie-89-0.html
    http://www.haitilibre.com/article-3823-haiti-politique-declaration-du-dr-garry-conille-suite-a-sa-ratification.html
    HL/ HaïtiLibre

     

    Haïti – Économie :

    Martelly parle d’investissements à la Clinton Global Initiative

    20/09/2011 10:10:05

    Haïti - Économie : Martelly parle d’investissements à la Clinton Global InitiativeEn marge de la 66ème Assemblée Générale de l’ONU, qui se tient présentement à New-York, le Président Martelly a présenté la situation d’Haïti, devant un groupe d’hommes d’affaires, pour les encourager à venir investir et leur montrer les avantages qu’il y a au pays pour les affaires.
    Cette rencontre s’est déroulée sous l’obédience de la Fondation Clinton avec la participation entre autres : de l’ancien Président Américain Bill Clinton, Luis A. Moreno, le Président de la Banque Interaméricaine de Développement (BID), Dennis O’Brien, Président du Groupe Digicel et W. K. Kim, Président de la compagnie SAE-A Trading Co, leader mondial coréen du textile, qui investit 78 millions de dollars dans le Parc industriel du Nord.
    C’est sous de nombreux applaudissements des participants, qui se sont levé plusieurs fois pour des ovations, que le Président Martelly a expliqué les avantages d’Haïti. Il s’est engagé à prendre plus de décisions pour faciliter la venue de personnes intéressées à venir faire des affaires en Haïti, comme proposer au Parlement, deux lois pour réduire le temps que prend l’État à accorder, autorisations et licences, pour mettre sur pieds une entreprise.

    L’ancien Président Bill Clinton, devant une audience composée de personnes à la recherche d’opportunités d’investissements, a appuyé la position du Président Martelly, et donné un coup de chapeau, non seulement à la volonté qu’ont les haïtiens de travailler, mais aussi à la bonne renommée qu’ils ont partout comme travailleurs.
    Les Présidents Kim et Denis O’Brien ont raconté comment ils ont prit la décision d’investir en Haïti dans une période difficile, pour tenter de convaincre plusieurs des investisseurs potentiels présent, de faire de même.
    Le Président Martelly, a fait le tour des mesures que le nouveau gouvernement va prendre pour protéger les investissements, soulignant l’importance qu’Haïti divorce de l’idée des dirigeants qui font paraitre le pays plus mal qu’il est. « Désormais ça va changer » a affirmé le Chef de l’État, « c’est la condition pour que les personnes viennent investir et donner du travail au peuple d’Haïti. »
    Il a rappelé qu’il avait mis sur pied le Conseil Consultatif Présidentielle pour le développement économique et l’investissement
    http://www.haitilibre.com/article-3766-haiti-economie-lancement-du-conseil-consultatif-presidentiel.html composé de nombreuses personnalités importantes, qui auront comme travail de développer des stratégies novatrices pour attirer des investissements directs et étrangers en Haïti.
    S/ HaïtiLibre

     

    Des sénateurs estiment que Conille accentuera la tutelle étrangère

    Rares sont les sénateurs qui affichent ouvertement leur opposition au Premier Ministre désigné Gary Conille. Les sénateurs Jean William Jeanty et Andrice Riché, influents membres du groupe minoritaire, ne sont peut être pas parvenus à convaincre leurs collègues de la nécessité de rejeter le choix de M. Conille. Même s’ils ne se font pas d’illusion sur une ratification probable de M. Conille, ces parlementaires espèrent un sursaut de leurs collègues.
    Par ses prises de position contre M. Conille, le sénateur William Jeanty démontre ainsi la cohérence de son discours nationaliste. Il s’était toujours opposé à la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH) et la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (Minustah). Bill Clinton et par voie de conséquence, Gary Conille, ex chef de cabinet de M. Clinton, sont dans le collimateur de l’unique sénateur du parti Konba.
    M. Jeanty compare la situation actuelle à l’occupation américaine entre 1915 et 1934. Cependant il se dit déçu parce que les parlementaires actuels, contrairement à leurs ainés, ne sont pas prêts à s’opposer à la tutelle.
    C’est également l’avis du sénateur Andrice Riché (OPL) qui veut défendre l’honneur de la patrie.
    Tout en lançant un cri d’alarme, M. Riché exhorte ses collègues à respecter les prescrits constitutionnels dans l’analyse du dossier de Conille. Il souhaite visiblement le rejet du Premier Ministre désigné qui  » ne bénéficie pas de l’ex territorialité et qui n’est pas détenteur d’une carte d’identification nationale ».
    M. Riché qualifie d’indécent le vote de la quasi-totalité des députés en faveur de M. Conille.
    LLM / radio Métropole Haïti

     

    Garry Conille a bien un statut de diplomate

    imageSelon le professeur de droit international Larèreche Kurdy, le premier ministre désigné Garry Conille en tant que haut fonctionnaire des Nations-Unies bénéficie du statut de diplomate.
    Intervenant à la rubrique le point de Radio et Télé Métropole, le professeur a indiqué que la question de résidence n’est plus de mise pour monsieur Conille, puisque les hauts fonctionnaires de l’ONU conservent leur résidence d’origine.
    Il précise que les responsables des Nations Unies ont indiqué dans la correspondance adressée au parlement que monsieur Conille n’a jamais effectué de changement d’adresse ou de résidence, depuis qu’il travaille pour l’ONU.
    Selon le principe de l’extraterritorialité, Dr Conille en qualité de représentant résident du système des Nations-Unies conserve l’adresse de son pays de résidence a soutenu le professeur Larèche Kurdy.
    Par ailleurs interrogé sur la présence de la mission onusienne dans le pays, le spécialiste en relations internationales, a exprimé son désaccord avec tout ceux et toutes celles qui considèrent la Minustah comme une force d’occupation.
    Monsieur Kurdy a fait remarquer que c’est l’état haïtien qui avait demandé à l’ONU d’envoyer des soldats sur le territoire haïtien face à la dégradation du climat sécuritaire au lendemain du départ de l’ancien président Jean Bertrand Aristide en 2004.

    EJ/Radio Métropole Haïti

     

    Les soldats accusés de viol en Haïti incarcérés et inculpés en Uruguay

    La justice militaire uruguayenne a incarcéré et inculpé cinq Casques bleus uruguayens de la mission des Nations unies en Haïti (Minustah) accusés d’être impliqués dans le viol d’un jeune Haïtien, a annoncé lundi le Tribunal militaire suprême.
    « L’enquête a été ouverte vendredi, et la justice militaire les a inculpés (dimanche soir) immédiatement après leur retour au pays », a rapporté à l’AFP Marta Iturvide, avocate au Tribunal militaire suprême.
    Ces cinq soldats sont au centre d’un scandale qui a éclaté autour de la diffusion récente sur internet d’images filmées par un téléphone portable les montrant en train de violer un jeune Haïtien de 18 ans.
    Ils ont été inculpés de désobéissance et d’avoir failli à leur mission. Le premier chef d’accusation est passible de quatre 4 mois à quatre ans de prison, et le deuxième prévoit jusqu’à trois ans de prison.
    Depuis la révélation de cette affaire début septembre, les suspects avaient été placés en isolement dans le sud d’Haïti et le président uruguayen, José Mujica, a présenté ses excuses à son homologue haïtien pour « l’outrage » commis, s’engageant à « appliquer les sanctions les plus sévères aux responsables ».
    Le 5 septembre, le ministère de la Défense avait également déposé une plainte devant les tribunaux civils uruguayens. Une enquête a aussi été ouverte en Haïti.
    La Minustah a de son côté exprimé « les regrets de l’ONU » et assuré que la mission prendrait en charge les victimes en offrant un soutien médical, et éventuellement matériel et financier.
    Vendredi, le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a estimé que le temps était venu pour un « retrait progressif » de la Minustah, dont les effectifs étaient passés de 9.000 à 12.250 après le séisme du 12 janvier 2010.
    AFP

     

    Jacmel, conférence-débats: Daly Valet s’adresse à la jeunesse

    20/09/11 | Par Pierre-Paul ANCION

    ‘’Pour résoudre les problèmes d’Haïti, tout doit commencer par les diagnostiquer…’’ idée principale du directeur général du journal ‘’Le Matin’’ Daly Valet animant une conférence le samedi 17 Septembre 2011 au concorde NC sur le thème ’’La jeunesse haïtienne face à ses responsabilités citoyennes’’, une initiative du journaliste politologue jacmélien Roland Joseph réalisée par le Groupe inter-action et de débats (GIAD).

    Riches en échanges, en réflexions, et en débats, les centaines de participants à cette conférence ont transformé le Concorde NC en un véritable parlement où les problèmes, les difficultés socio politico économiques du pays ont été mis à nu sous la direction du politologue Valet.
    Cette conférence a permis à la majorité des participants de comprendre que l’effritement d’Haïti est du à un problème de mentalité, de conscience et de comportement. Il a donne de nombreux conseils à la jeunesse.
    M. Valet souhaite une introspection et une investigation sociales pour remonter à la source de la désintégration d’Haïti comme nation.
    ‘’L’assassinat de l’empereur Jean Jacques Dessalines (Jacques 1er) est pour moi l’élément initiant la dérive du pays vers l’abîme…’’ a affirmé en substance monsieur Daly Valet, qui plus loin souhaite que l’intérêt national doit transcender l’intérêt individuel pour arriver à redresser la barre.
    Ce dernier a également parlé de la construction de l’identité citoyenne comme un élément important sur lequel médité.
    ‘’Il ne suffit pas maintenant de se baser sur une simple carte d’identification nationale, sur un morceau de papier pour s’identifier comme citoyen, il faut avant tout se responsabiliser comme citoyen…’’ a expliqué en substance monsieur Valet Daly, l’enfant terrible de la presse haïtienne, pour citer Roland Joseph.
    Participant aussi à cette conférence, le dirigeant du Mouvement pour la Reconstruction Nationale (MRN), Omar Garat, a supporté le point de vue du conférencier sur l’élément catalyseur de la dérive du pays, cependant, M. Garat a cité l’internationale, les Etats-Unis d’Amérique particulièrement comme secteur œuvrant ardemment à anéantir Haïti.
    Selon Garat les Etats Unis s’arrangent pour que les ‘’Drug dealer’’ soient élus au parlement haïtien et au palais national, parce qu’ils (les Etats Unis) savent que ces élus corrompus ne pourront pas leur tenir tête par peur d’être arrêtés et conduits aux Etats Unis pour trafic illicite.
    M. Vilmann Pierre-Vil un enseignant de Jacmel, lui, a démontré qu’il important de définir le profil du citoyen qu’on souhaite promouvoir dans le pays dans toutes démarches entamées en ce sens.
    D’un autre côté, un professeur de grammaire française dans les collèges de Jacmel, lui a accusé la presse dans sa majorité comme secteur contribuant à l’effritement d’Haïti.
    M. Jean Robert Désigné a cité l’Isis de l’ambassade américaine comme patron de certains médias, ce qui explique le comportement irresponsables de ceux-ci dans des dossiers clés et préjudiciables au pays. Accusation rejetée par le conférencier Daly Valet.
    Notons que sur demandes des participants l’organisateur de cette conférence a du organiser une rencontre à l’extraordinaire entre Daly Valet et le public, le dimanche 18 septembre sur la place publique de Jacmel.
    Soulignons également que cette a été largement supportée par madame Miralda Jeameau du Plan Haïti, et de monsieur Gerald Mathurin de la Crose.

    Source:bonzouti.com

     

    Haïti : la bibliothèque numérique ouvrira le 30 septembre

    Reconstruire, de manière pertinente.

    Rédigé par Nathalie Gentaz, le mardi 20 septembre 2011 à 12h49

    L’Université d’Etat d’Haïti (UEH) vient d’annoncer dans un communiqué que sa bibliothèque numérique va ouvrir ses portes le 30 septembre. Première du genre dans le pays, cette bibliothèque permettra aux chercheurs, professeurs et aux 15.000 étudiants de l’UEH de Port-au-Prince, de profiter des nouvelles technologies et maîtriser les enjeux du numérique.

    Crédit image: BSF

    Première du genre, la bibliothèque numérique donnera accès à des millions de ressources électroniques : ouvrages virtuels, outils collaboratifs en ligne, revues et périodiques universitaires. La bibliothèque sera dotée de 60 postes informatiques, tous équipés d’une connexion internet haut débit.
    La Bibliothèque Numérique permettra également de former ses usagers à la recherche documentaire en ligne et de développer l’accès aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, informe le communiqué.
    Un pas vers la modernité judicieusement effectué alors que 9 des 11 bibliothèques de l’Université d’Etat d’Haïti à Port-au-Prince ont été gravement endommagées dans le séisme du 12 Janvier 2011 et demeurent inaccessibles depuis.
    Pour parer à toutes éventuelles catastrophes, le nouveau bâtiment répond aux normes antisismiques et anticycloniques internationales.
    Le projet réalisé par l’Université d’Etat d’Haïti (UEH) et Wolters Kluwer, en collaboration avec Bibliothèques Sans Frontières, a reçu le soutien financier de la Fondation Louis D. / Institut de France.

     

    Haïti – Sécurité :

    Ban Ki-moon confirme le retrait progressif de la Minustah

    19/09/2011 16:29:36

    Le Secrétaire Général Ban Ki-moon, qui avait annoncé vendredi dernier que le temps d’un retrait progressif de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) était venu, a confirmé ce lundi 19 septembre 2011, au Président Michel Martelly, son intention de réduire au cours de l’année à venir l’effectif de la Mission en Haïti, au niveau d’avant le séisme. Rappelons que les forces de la Minustah était passé de 9,000 avant le 12 janvier 2010 à 12,500 hommes aujourd’hui.
    Le Secrétaire Général Ban Ki-moon a également informé le Président que le projet de retrait progressif de la Minustah, devrait être mis en œuvre en étroite collaboration avec le gouvernement haïtien.
    Lors de cette rencontre ils ont également discuté de la coopération entre les Nations Unies et le Gouvernement d’Haïti, notamment la question de la Gouvernance et de l’État de Droit.

    Lire aussi :
    http://www.haitilibre.com/article-3827-haiti-securite-precisions-sur-le-retrait-des-effectifs-de-la-minustah.html
    http://www.haitilibre.com/article-3820-haiti-politique-ban-ki-moon-declare-le-temps-d-un-retrait-progressif-est-venu.html
    HL/ HaïtiLibre

     

    Haïti/L’OPL invite Martelly à se plier à la constitution

    lundi 19 septembre 2011 à 15:51

    Le porte-parole de l’Organisation du Peuple en Lutte dénonce le caractère illégal des nominations de directeurs généraux et de délégués départementaux effectuées par le Chef de l’Etat.

    Harry Marsan invite Michel Martelly à se ressaisir en se pliant aux dispositions de l’article 142 de la Constitution de 1987.

    S’il persiste sur cette voie, le président de la République sera le grand perdant, avertit le responsable de l’OPL.

     

    Haïti/Martelly agit-il dans la légalité ou l’illégalité ?

    Radio Vision 2000 / lundi 19 septembre 2011 à 15:00

    indexLe Chef de l’Etat agit-il dans l’illégalité en procédant à la nomination de directeurs généraux et de délégués départementaux en l’absence d’un gouvernement ?

    Pas forcément, répond le dirigeant duGrand Rassemblement pour l’Evolution d’Haïti, GREH.

    Himler Rébu reconnait que l’article 142 de la Constitution oblige le chef de l’Etat à nommer les directeurs généraux de l’Administration publique ainsi que les délégués départementaux par arrêtés pris en Conseil des Ministres. Cependant, il souligne que l’article 136 de cette même Constitution fait du président de la République le garant de la bonne marche des institutions.

     

    Haïti. Les haïtiens et la naissance du jazz à la Nouvelle-Orléans (2)


    Par Claude Carré

    http://www.caraibcreolenews.com/news,haiti,1,3539,20-09-2011-hay-ti-les-hay-tiens-et-la-naissance-du-jazz-yy-la-nouvelle-orly-ans-2-.html

    Port au Prince. Lundi 12 septembre 2011. CCN. Notre collaborateur Claude Carré haïtien natif chroniqueur sur CCN est aussi un musicien de jazz. C’est à ce titre qu’il a rédigé cette très intéressante contribution sur la naissance du Jazz à la Nouvelle Orléans au regard de l’apport des haïtiens expatriés aux aurores du 20è siècle. 2ème Partie.

    Les facteurs d’émergence du jazz et l’apport des émigrés saint-dominguois.

    Expliquer l’apparition de la musique de jazz par la théorie du mélange entre les traits africains et européens ne résiste pas longtemps à l’analyse. Dans ce cas, le jazz aurait dû tout aussi bien germer dans les Caraïbes, au Brésil, au Portugal et en Afrique même ! En fait, dégager les origines ou expliquer l’émergence d’un genre artistique dans l’histoire d’une société, demeure un exercice difficile. Néanmoins, un genre nouveau ne descend pas du ciel. Sans tomber dans le réductionnisme, il importe de jeter un regard sur les genres musicaux qui ont précédés l’apparition du jazz tout faisant ressortir l’apport des émigrés saint-dominguois.
    Le jazz a de toute évidence germé de la pratique des genres musicaux que l’on retrouvait à la Nouvelle-Orléans vers la fin du XIXième siècle :
    – Les musiques des esclaves venus de l’Afrique de l’Ouest et des Caraïbes, constituées par la musique du Vodou et autres musiques coutumières de divertissement. Nous avons déjà, à cet égard, mentionné l’apport des esclaves saint-domiguois, mais on sait que la tradition Vodou est une religion vivante en Haïti et certaines danses pratiquées au Congo square entre 1786 et 1836 sont encore vivaces de nos jours en Haïti. La grande originalité du Vaudou haïtien tient au fait qu’elle est une confédération des religions des ethnies africaines transplantées à Saint-domingue, donc un facteur clé de la formation même du peuple haïtien. Les musiques du Vodou sont donc une encyclopédie des rythmes et mélodies des ethnies dahoméennes, nigériennes, bantous, etc. Ce phénomène de brassage inter-ethnique concrétisé par le Vodou n’a eu lieu qu’à Saint-Domingue et ainsi, le Vodou de la Nouvelle-Orléans n’est autre que celui apporté par les émigrés. Mentionnons à ce sujet que la célèbre prêtresse Vodou de la Nouvelle-Orléans, Marie Laveau, originaire de Saint-Domingue, entretenait d’étroites relations avec les musiciens créoles.
    – Le Blues originaire d’Afrique de l’ouest, a pris beaucoup d’importance chez les esclaves sous le joug des colonisateurs anglo-saxons. Ceux-ci, en interdisant de manière stricte les danses et les religions d’origine, ont confinés les esclaves dans la pratique des musiques d’invocation et de prière où le chant plaintif prédominait. Les « negro spirituals » émergent de la rencontre entre le blues ancestral d’une part et les chants et hymnes protestants et anglo-saxons d’autre part.
    – Les chants de travail, originaire d’Afrique. Ce genre était présent dans toutes les sociétés coloniales d’Amérique, et est encore pratiqué chez nous dans les associations de travail paysan dénommées « konbit ».
    – Les musiques créoles : le genre troubadours, résultat des rencontres entre les musiques européennes de tradition populaire, et celles africaines et caribéennes, la musique du Mardi Gras, ce dernier introduit à La Nouvelle-Orléans dès 1740. Le carnaval est aussi dans les colonies non anglo-saxonnes comme Saint-Domingue, Nouvelle-Orléans, Martinique, etc. L’historien du jazz Marshall W. Stearns nous précise qu’au fil des ans, l’instrumentation des musiciens de Congo square évolua pour inclure, en plus des tambours et autres instruments de percussions, le banjo et le « maniboula ». Le maniboula est encore joué en Haïti par les orchestres troubadour.
    – La musique populaire cubaine et hispanique (habanera, danza, danzòn, tango etc.), très prisée à la Nouvelle-Orléans pendant tout le XIXieme siècle.
    – Le ragtime, qui apparaît dans le sud des États-Unis, probablement à Saint-Louis Missouri, vers les années 1890, provient des contacts entre la musique de tradition européenne et les musiques africaines et créoles. Frank Johnson, l’un des précurseurs de ce style, pouvait, dès 1819, selon un observateur, « distordre n’importe qu’elle chanson sentimentale, belle et simple jusqu’à la transformer en une ‘reel ‘, une gigue, ou une danse paysanne (‘country dance’). D un point de vue contemporain, il apparaît que Johnson était en train de ‘ragger’ sa musique ou peut-être de la « jazzer« . »  Frank Johnson était né à la Martinique et s’est installé à Philadelphie en 1809 et selon l’historienne Eileen Southern, entretenait des rapports avec Saint-Domingue.
    Nombre d’aspects structurels de la musique « rag » seraient à scruter, mais cela dépasserait le cadre de notre présente intervention. Le ragtime lent (« slow rag ») ressemble comme deux gouttes d’eau à la meringue haïtienne.
    D’une manière générale, dès qu’un noir se met à exécuter une musique d’origine européenne, pour son simple plaisir personnel, des transformations rythmiques surgissent spontanément dans son jeu. Chacun est tributaire de sa propre culture, quand on apprend une langue étrangère, l’accent demeure.
    – Les musiques européennes de tradition classique telles les opéras, rondo, sonate, … et populaire telles les quadrilles, polkas, gavotte, gigue, contredanses, etc.
    – Les ménestrels : pratique typiquement anglo-saxonne qui pris corps en 1820 et qui consistait à mimer de manière bouffonne et grotesque la musique et la danse des esclaves. Après la guerre civile (1867), les noirs, devenus libres, remplacèrent les blancs dans les ménestrels, ce qui somme toute fut une ré-appropriation de leur culture. Signalons tout de même que selon l’historienne de la musique des noirs américains, Eileen Southern , bien avant 1867, les premiers noirs ayant participé aux représentations des ménestrels blancs étaient de la Nouvelle-Orléans. Enfin c’est grâce aux ménestrels et à travers eux que des noirs ont pu avoir accès au monde du « show business ».
    – On ne peut oublier la musique des « brass band » qui sont une survivance des fanfares militaires. Toujours selon Eileen Southern, «  En dépit du fait que Philadelphie produisit le plus célèbre des chefs d’orchestres de tout le XIXieme siècle,- Frank Jonson – [lui-même d’origine martiniquaise] c’est à la Nouvelle-Orléans que l’on retrouve le plus les bons orchestres de cuivre. » . Les fanfares militaires étaient très populaires à Saint-Domingue avant et après la révolution de 1804. L’empereur Dessalines organisait des réjouissances populaires dans lesquelles évoluaient des fanfares de 400 musiciens. De nos jours encore, les funérailles en Haïti sont accompagnées de fanfares comme à la Nouvelle-Orléans.
    Ce gigantesque bouillon de culture musicale n’existait qu’à la Nouvelle-Orléans et les créoles de couleur avaient raison de s’enorgueillir de cette culture, car, ils l’avaient assimilée.
    A la fin du XIXième siècle, à la Nouvelle-Orléans, on distinguait deux groupes de musiciens noirs: ceux qui habitaient le bas de la ville « downtown musicians », les anciens libres caractérisés par leur style de jeu « policé » à l européenne, et ceux qui habitaient le haut de la ville, les « uptown musicians », nouveaux libres au style « hot » fortement rythmé et « bluesy » témoignant de la fusion des éléments africains et anglo-saxons. C’est la rencontre historique entre ces deux groupes de musiciens, suite à l’américanisation progressive de la société, qui a donné naissance au jazz. Pourtant, les anciens libres ont été en grande partie les précurseurs, les initiateurs, les inventeurs de la musique de jazz. Alors comment expliquer cette présence décisive des créoles malgré l’importance du style « blue » des musiciens « uptown » essentiel au jazz? Dans la suite de notre intervention nous allons, à travers certains cas particuliers, donner des pistes qui peuvent révéler l’importance cruciale des descendants des haïtiens dans l’émergence du jazz, et formuler des hypothèses pouvant affiner notre compréhension sur la naissance du jazz à la Nouvelle-Orleans.


    La naissance du jazz et les créoles descendants des saint-dominguois
    Partant des précurseurs et des premiers musiciens de jazz il serait possible, en principe, de remonter jusqu’aux racines de cette sous-société. Cependant cette recherche est piégée et le défi est de taille.
    D’abord, une loi, promulguée en Louisiane en 1894, définissait comme nègre tout individu ayant du sang africain dans les veines. Dès lors, les créoles de couleur (mulâtres) perdront progressivement de leurs privilèges et de leur statut. Cette situation les ont conduit à se rapprocher des musiciens noirs de l’autre coté de la ville et en même temps à angliciser leurs noms afin d’échapper aux persécutions anglo-américaines. Cette petite liste de musiciens créoles, ayant anglicisé leur nom, nous donne une idée de l’ampleur du phénomène et de la difficulté de la recherche :
    Henri Francois Zénon, George Lewis; Albert Dominique, Don Albert; Harold Baquet, Harold Bakay ; Raymond Barrois, Raymond Burke; Elizabeth Marie Landreaux Pajaud, Lizzie Miles; Louis Alphonse Delisle, « Big eye«  Louis Nelson; Joseph Delacroix , Dee Dee Pierce; Marie Douroux, Dolly Adams. …
    Thomas Fiehrer rapporte que selon le « Soard’s New Orleans city directory, sur une liste de 103 musiciens professionnels recensés entre 1880 et 1915, la moitié portait des noms créoles et au moins 25 autres, malgré leurs noms anglophones, sont connus pour être des créoles », ce qui équivaut à au moins 75% du total.
    De plus, selon une autre loi en vigueur en Louisiane, personne ne peut consulter les documents d’archive tels les certificats de naissance, de mariage, etc., sans l’autorisation d’un membre de la famille de l’individu sur lequel la recherche est effectuée.
    Une autre approche plus pratique, serait donc de commencer avec la liste des premiers musiciens de jazz les plus importants. En partant de diverses publications, nous retrouvons invariablement ces noms que nous allons considérer tour à tour :
    Buddy Bolden (Charles Joseph) 1877-1931 –Trompette. C’est le patriarche, le précurseur, un noir de l’école « uptown ». Pourtant son vrai nom, Charles Joseph, indique clairement qu’il appartenait à la culture afro – française. En 1895, il est leader de son propre orchestre comprenant entre autre Frank Lewis et Willie Cornish. Selon « The new grove dictionnary of jazz » il est presque certain qu’il jouait un genre transitionnel entre le ragtime, le blues d’une part et le jazz d’autre part. Ses origines demeurent encore obscures jusqu à présent.
    Ensuite viennent les musiciens suivants :
    D’abord, les Robicheaux, les Tio, les Bocage, puis un autre groupe né entre 1880 et 1890 comprenant : Louis Armstrong, Sidney Bechet, Johny Dodds, King Oliver, Kid Ory, Freddie Keppard et Jelly « Roll«  Morton.
    Selon Fiehrer, les Robicheaux sont d’origine haïtienne . John (1886-1939) et Joseph (1900 -1965 ) Robicheaux représentent des figures importantes du jazz à ses débuts. L’orchestre de John Robicheaux (mentionné précédemment) s’engageait fréquemment dans des joutes musicales avec la formation de Buddy Bolden.
    Les Tio, malgré leur appellation hispanophone, étaient des créoles de couleurs, Lorenzo Tio jr a joué un rôle très important dans la formation des musiciens de jazz de cette période, et a été un membre important de l’orchestre de Peter Bocage.
    Les Bocages sont eux-mêmes d’origine haïtienne. Peter Bocage (1887-1967) cornet-violon, a joué avec King Oliver, Papa Célestin, dans le « Onward brass band », l’ « Excelsior brass band ». En 1923 il fonda « The creole serenaders », en 1945 il joua avec Sidney Bechet. Il a eu deux frères musiciens Harry et Charles.
    Johnny Dodds (1892-1940) clarinettiste, élève de Lorenzo Tio jr, a joué avec pratiquement tous les grands orchestres créoles de Nouvelle-Orleans, et fait donc parti de la famille musicale créole. Ses origines ne sont pas connues.
    King Oliver (Joe) (1885-1938) trompette, est le chef d’orchestre du fameux « King Oliver creole jazz band » au sein duquel a évolué Louis Armstrong, Honoré Dutrey, Baby et Johnny Dodds, Bill Johnson et Lil(lian) Hardin première épouse de Louis Armstrong. Kid Ory (Edward) (1886-1973) trombone, en plus d’avoir joué avec King Oliver et Jelly Roll Morton, fonda aussi son propre orchestre créole. Sur son certificat de naissance, disponible depuis 1999, on relève les informations suivantes : l’orthographe de son prénom est Edouard, ses parents s’appelaient Octavie Devezin et Ozemé Ory et non John Osenee et Octavie Ory, comme on le croyait, ses parrains et marraines s’appelaient respectivement Octave Thomas et Marie-Louise Louis. Tous ces noms français et créoles montrent encore une fois que les recherches sont loin d être terminées et peuvent à tout moment conduire vers Saint-Domingue.
    Freddie Keppard 1880-1933 trompette, fait le lien entre Buddy Bolden et Louis Armstrong il appartenait à cette même famille de musiciens créoles.
    (Daniel) Louis Armstrong (1901-1971) trompette et voix. Certains chercheurs ont tendance à présenter Louis Armstrong comme le représentant afro-anglophone des premiers musiciens de jazz. Pourtant ses origines restent jusqu à présent obscures. Son père s’appelait William Willie Armstrong, sa mère était sans doute une prostituée du nom de Mary Albert (ou Marie?), Louis l’appelait simplement « Maryann », ce qui est un surnom typiquement créole. La sœur du célèbre trompettiste s’appelait Béatrice Collins, sa grand-mère portait le nom de Joséphine Armstrong. Toutes ces appellations sont créoles et français, de même que le prénom Daniel passé à l’arrière plan.
    (Joseph) Sidney Bechet (1897-1959) est un créole qui a passé la majeure partie de sa carrière en France. Son grand-père Omer Homère , était, selon les dires de Sidney lui-même, un esclave et un célèbre musicien du Congo Square. L’origine de Sydney reste obscure jusqu’à présent, mais les pistes pointent fortement vers les Caraïbes.
    Ferdinand Joseph Lamothe (Jelly Roll Morton) 1890-1941, piano et voix.
    De tous les premiers musiciens de jazz Morton est, dans l’état actuel des recherches, celui qui a le plus de liens culturels et familiaux avec Saint-Domingue. En fait, pratiquement tout son environnement familial vient d’Haïti. Laurence Gushee, l’un des plus grands spécialistes actuels des recherches biographiques sur Ferdinand, nous fourni, dans son article sur les débuts de carrière de Ferdinand, d’abondantes indications sur ses origines que nous présentons ici sous forme condensée.
    Selon Gushee, la lignée des Lamothe remonte, probablement à Port-au-Prince ou Saint-Marc. Son père s’appelait Edward J. Lamothe (tromboniste), son grand-père, Martin J. Lamothe était membre de la Convention Constitutionnelle de la Louisiane en 1862. Nos premières recherches montrent qu’on retrouve à Saint-Domingue Pierre Lamothe (né en 1770) marié a Marie Couvertier (Couvertine) avec des descendants nés à Saint-Marc à Cuba et à la Nouvelle-Orleans. A partir de la troisième génération presque tous les Lamothe, descendants de Pierre, étaient déjà établit à la Nouvelle-Orléans. Mais y a t il un lien avec notre célèbre musicien Ludovic Lamothe 1882-1953 et Ferdinand Lamothe ? Le père de Ludovic s’appelait Louis Joseph Tacite (Tacète) Lamothe (pianiste), son grand père était le général Joseph Lamothe (violoniste) mort en 1891. Les recherches sont donc prometteuses.
    La lignée maternelle, à partir de Louise Monette, renvoie directement à Haïti car l’arrière-grand-père de celle-ci, Pierre Monette était né au Cap-Francais aujourd’hui Cap-Haïtien. Ferdinand, qui jusqu à l’age de 15 ans ne parlait pas encore l’anglais, a vécut une bonne partie de son enfance avec son arrière-grand-mère : Félicie Péché (née Baudoin) « qui [nous dit Gushee] a pu être son lien le plus important avec la culture des créoles de couleur parlant français, […] La mère ou possiblement la grand-mère de Félicie Baudouin, Eugène Sirette, était une saint-dominguoise ».
    Sa marraine portait le nom de Eulalie Hécaud , la famille Hécaud est originaire d’Haïti.
    Il est clair que les descendants des haïtiens sont partout présents au sein de cette communauté de musiciens ayant créé la musique de jazz !


    Pistes pour la recherche musicologique

    Vu le volume des informations existant sur les aspects musicologiques de la naissance du jazz et ses liens avec Haïti d’une part, et l’espace disponible ici d’autre part, nous allons nous concentrer sur certains aspects propre à Jelly Roll Morton principalement, et secondairement à Sidney Bechet. Cela nous permettra d’affiner notre compréhension et de mettre en relief la portée et l’enjeu de la problématique.
    La place de Ferdinand dans l’histoire du jazz est un sujet à controverse pour tous les chercheurs. Jelly Roll Morton a toujours proclamé qu’il était l’inventeur du jazz; sur sa carte de visite était écrit « Jelly Roll Morton Inventor of jazz » (inventeur du jazz). Dès sa plus tendre enfance, Ferdinand était exposé à toutes les influences musicales :
    -La musique classique européenne à travers les représentations du ‘French Opera House’ et son professeur de piano W.J. Nickerson accompagnateur du célèbre violoniste-compositeur créole Edmon Dédé.
    – Le blues qu’il a appris de « Mamie Desdunes« .
    – Les quadrilles francaises, le ragtime,
    – Les danzas espagnoles et cubaines
    – et toutes les danses populaires de l’époque.
    Selon Marshall W. Stearns, Ferdinand Roll Morton était un croyant et dévot [du Vodou]. Morton a été élevé par sa tante [marraine] Eulalie Hécaud, qu’il a en plusieurs occasions traité de prêtresse Vaudou [mambo]. Dans son enfance il a été en plusieurs fois « soigné » par le Vaudou. ce qui a donné une familiarité avec les rythmes et mélodies de la musique et du culte Vodou.
    En 1905 il entendit l’orchestre de Charles Joseph (Buddy Bolden) pour la première fois, en 1907 Freddie Keppard. Tout jeune il a vécu tantôt ‘downtown’ avec sa mère et son beau-père (Willie Mouton) et aussi avec ses oncles, tantôt ‘uptown’ avec sa marraine Eulalie Hécaud. Lorsque son père appris qu’il jouait le ragtime, le blues et autres genres populaires il lui administra une formidable fessée en le menaçant d’expulsion du toit familial. A seize (16) ans il quitta définitivement ses parents et sa grand-mère le répudia à jamais. Ce saut a été crucial dans sa vie et lui a permis de jouer les musiques des noirs d’ ‘uptown’ sans contraintes. En dépit des préjugés, affichés, de Morton vis-à-vis des musiciens plus foncés de peau, il aimait et apprit la musique des musiciens ‘uptown’ et leur manière de jouer. C’est cette particularité qui va maintenant retenir notre attention.
    Le jazz, est né du brassage et de la fusion de plusieurs genres. Morton connaissait tous les genres qui ont précédé le jazz, il a même pendant longtemps été un musicien de ménestrel. Mais comment comprenait t-il lui-même la spécificité du jazz ? Quels arguments avaient t-il pour corroborer ses prétentions d’avoir été l’inventeur du jazz? Commentant une partie de sa longue interview recueillie par Alan Lomax, Gunther Schuller, l’un des plus grands spécialistes de l’origine du jazz du point de vue musicologique, nous offre l’analyse suivante :
    « Dans la première décade du siècle (XXIème), Morton était encore capable de faire une nette distinction entre le jazz et le ragtime. ‘Le ragtime [dit-t-il] est une sorte de ‘ syncopation’ et seuls certains thèmes peuvent être joués de cette manière. Mais le jazz est un style qui peut-être appliqué à n’importe quel morceau de musique’. Morton ajouta qu’il commença à utiliser le terme jazz en 1902 spécialement pour ‘montrer aux gens la différence entre le jazz et le ragtime’. Pour appuyer ses dires, Morton ‘jazza’ en effet plusieurs genres, morceaux de ragtime, extraits d’opéras comme le Miserere de Il Travatore, quadrilles françaises [. ..], mélodies populaires françaises [ …], la fameuse chanson mexicaine La Paloma [ ..]. Il est clair qu’à travers la narration biographique de Morton, jazz, ragtime et blues étaient en ce temps là, trois catégories de musique distinctement séparées. [. ..] A ce stade, les déclarations de Morton selon lesquelles il serait l’inventeur du jazz commencent à acquérir un degré de plausibilité. Dans son esprit et peut-être aussi dans ses actes, Morton a pu circonscrire le jazz dans un domaine séparé du ragtime et du blues. Étant donné qu’il a appliqué une ‘syncopation’ plus fluide et plus swinguante, et un degré de liberté d’improvisation à un ensemble varié de musiques, comme ragtime, opéra, chansons populaires françaises et espagnoles, ses déclarations selon lesquelles il aurait inventé le jazz ne semblent plus aussi téméraires. »
    Plus loin, Gunther Schuller ajoute : « Des musiciens [comme] Sydney Bechet et Morton comprirent la différence [entre le styles ‘downton’ et ‘uptown’] et allièrent la technicité des musiciens ‘downtown’ avec la manière ‘hot’ , ‘bluesy’ et émotionnelle des noirs d’ ‘uptown’ ». Ailleurs, pour distinguer le jazz des autres genres, Morton fournit une explication étonnante ; « La différence, [dit t’il] vient de la main droite qui [ …] change la coloration du rouge au bleu ».
    Dans ce contexte ne faudrait t-il pas, parmi les hypothèses sur l’origine du mot jazz, accorder la priorité à celle qui le fait dériver du terme créole-français ‘jaser’? D’ailleurs au début de l’émergence de ce genre musical jazz s’écrivait ‘jas’, ce qui aurait sans doute constituée une anglicisation de plus.
    A la vérité nous devons pousser la réflexion encore plus loin. En fait, seuls des musiciens ayant, d’une manière ou d’une autre, reçus une formation académique ou semi-académique, ayant pratiqués tous les courants musicaux de cette société, et qui par la force des choses, en l’occurrence l’américanisation inéluctable de la société New-Orléanaise, ont du, pour survivre, vaincre les barrières des préjugés sociaux et raciaux, seuls eux ont pu faire la synthèse et créer cette nouvelle forme musicale appelée jazz. A ce stade, il apparaît que le jazz n’a pu émerger que de cette culture créole. En effet, elle s’est nourri tout au long de son histoire de la culture afro-latine (Vodou et musiques coutumières, musiques européennes, musiques créoles telles ragtime, meringues, danzas, etc.) à partir de la seconde moitié du XXieme siècle elle a embrassée la culture afro-anglo-saxonne (blues, ménestrels, negro spiriruals, etc.) sans toutefois reniée ses origines afro-latines.
    Mais il y aurait encore des tonnes d’informations à donner sur l’aspect musicologique de cette genèse. L’une d’elle est d ordre rythmique : Ferdinand était friand de danses espagnoles, et il accordait beaucoup d’importance à une formule baptisée par lui : ‘Spanish Tinge’. Cette fameuse ‘pincée’ espagnole a été toujours malencontreusement confondue avec le rythme « habanera ». Celui-ci en effet ne comprend pas de syncope, c’est le rythme bien connu des danzas cubanas de la Havane immortalisé par les compositions de Ignacio Cervantes présent entre autres dans l’opéra Carmen de Bizet et le tango argentin … Le ‘spanish tinge’ dont parle Ferdinand est formé de deux noires pointées plus une noire et comprend donc une syncope sur le deuxième temps. Cette particularité de taille a été introduite, nous rapporte l’historien cubain Alejo Carpentier, par les réfugiés nègres de Saint-Domingue, ceux-là même qui ont débarqués à la Nouvelle-Orléans en 1810. Ce ‘spanish tinge’, n’est autre que le tresillo ou le cinquillo apporté à Cuba par les réfugiés de Saint-Domingue de 1803 et connu en Haïti sous le nom de kata. Un article de Don Rouss disponible sur Internet à l’adresse suivante
    www.prjc.org/roots/nojazzandcarribe.html, fournit des indications musicologiques précieuses sur les origines caraïbes du jazz de la Nouvelle-Orléans. Il y montre la véritable fondation rythmique du jazz des origines, différente de celle des danzas, et donne une longue liste d’enregistrements à titre d’illustrations. Un article publié par moi et disponible sur Internet à l’adresse suivante http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/boutures/0103 retrace l’apparition de cette cellule rythmique à Cuba et sa présence dans la musique du compositeur haïtien du XIX ième siècle, Ludovic Lamothe.
    Ferdinand Joseph Lamothe voyait dans cette formule une alternative à l’accompagnement simple du ragtime et comme un aspect essentiel de la musique de jazz anticipant ainsi le « comping » du jazz moderne. A l’écoute par exemple de sa composition ‘New Orleans blues’ , on décèle la fusion entre le blues et les éléments caribéens ayant pour ancêtre le karabinyé, ou tumba francesa, dansé par les esclaves à Saint-Domigue, à Cuba et au Congo Square.


    Conclusion

    Nous avons voulu, dans cette intervention, donner des éléments qui montrent, sans l’ombre d’un doute, le rôle que la diaspora saint-dominguoise de 1790-1803 a joué dans le développement de la culture de la Nouvelle-Orléans en général, et dans l’émergence du jazz en particulier. Bien des points n’ont pu être abordés, c’est un travail historiographique, généalogique et musicologique substantiel


    ç ,« Haitian roots are buried deep in N.O« ., The Times Picayune, Monday August 30, 1999
    Lieu où les esclaves pouvaient, les dimanches, s adonner à leurs musiques et à leurs danses.
    Voir François Latortue, « Haïti et la Louisianne« Imprimeur II Port-au-Prince Haiti, novembre 2001 p.20 à 38
    Jose Luciano Franco, cité par François Latortue dans « Haïti et la Louisianne« Imprimeur II Port-au-Prince Haiti, novembre 2001 p.47
    The Saint-Domingue Newsletter, http://freepages.genealogy.rootsweb.com/~saintdomingue/Newsletter%20articles.htm
    Paul F. Lachance « The Foreign French«  p. 110 in « Creole New Orleans, race and americanization «  , Publié par Arnold R. Hirsch et Joseph Logsdon, Louisiana State University Press ,Baton Rouge and London 1992
    Thomas Fiehrer «  From quadrille to stomp, the Creole origine of jazz p.23 in « `Popular music vol 10 no. 1 Janvier 1991
    « Grenadiers chargez, ceux qui mourront tans pis pour eux« , chanson des combattants haïtiens à la bataille de Vertières en 1803.
    Voir http://freepages.genealogy.rootsweb.com/~saintdomingue/Babb%20Index.htm#c-d
    Voir à ce sujet un article de Jack Stewart « The other professors«  in « The jazz archivist«  Vol XI , May 1996
    Voir Constantin Dumervé « Histoire de la musique en Haïti«  Imprimerie des Antilles Port-au-Prince 1968 p.306
    Thomas Fiehrer « An unfathomed legacy«  p. 26 in « The road to Louisiana: the Saint-Domingue refugees 1792-1809« , édité et annoté par Carl A. Brisseaux et Glenn R. Conrad, publié par « The center for Louisiana studies« , University of Southwester Louisiana Lafayette.
    Voir «  L émergence de la peinture naïve en Haïti« , Jacques Gourgue , Bouture vol no
    Eileen Southern « The music of Black Americans, a history«  p 317 Norton & Company, Second Edition, 1983, les italiques ajoutés par nous.
    ibid. p. 108
    Ecoutez « Héliotrope Bouquet« , une composition de Scott Joplin et Louis Chauvin sur le site internet http://members.aol.com/ragtimers/helio.html.
    Voir Eileen Southern « The music of Black Americans«  p. 88-96
    Ibid. p. 254
    Thomas Fiehrer ibid. p. 32
    The new grove dictionnary of jazz , Barry Kernfeld p. 583
    Voir T. Fiehrer ibid p. 30
    Laurence Gushee, « Early career of Ferd « Jelly Roll«  Morton« , American music Vol. 3 no. 4 Winter 1983
    http// http://www.ancestor.com
    Voir Claude Carré « Danza no 3 de Ludovic Lamothe« , Boutures Vol 1 No 3 Septembre 2000
    Daniel Supllice « Dictionnaire des hommes polirtiques haitiens«  , Constantin Dumervé ibid. p.243
    Laurence Gushee ibid.
    Ibid. p.393
    Laurence Gushee ibid.
    Marshall W. Stearns, The story of jazz, Oxford University press, 1970 p.50
    ibid. p.392
    Le fait que jusqu a l age de quinze il ne parlait pas encore l anglais montre que dans cet environnement en ce temps la langue Française et le Créole étaient les langues dominantes.
    Voir David Ake, Creole culture and early New-Orleans jazz, Echo Vol. 1 issue 1 1999, http://www.hummet.ucla.edu/echo/Volum1-issuue1/ake/ake-articlr.html
    Propos de Morton recueillis par Alan Lomax en 1938 et conservés a la « Library of Congress« 
    Il avait alors 12 ans ce qui est quand-même bizarre !
    Gunther Schuller, Early jazz, its roots and musical developpement Oxford University press paperback 1986 p.139-140. Les italiques et caractères gras sont de nous.
    Ibid. p.141
    Ibid. p.140
    Voir Claude Carré « Danza no 3 de Ludovic Lamothe« , Boutures Vol. 1 No. 3 septembre 2000
    On peut écouter le premier chorus de cette composition jouée par Morton lui-même sur le site internet suivant : http://www.allaboutjazz.com.

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