jeudi 22 septembre 2011

22 Sep

Qui a signé les arrêtés de nomination des nouveaux directeurs généraux ?

22/09/2011 12:30:00 Auteur(e) La Redaction

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De nouveaux directeurs généraux ont été installés, alors que les arrêtés présidentiels de ces nominations sont introuvables. Selon les explications du secrétaire général du palais national, Me Jean Renel Sanon, une résolution en date du 6 juillet 2011 a été prise et signée en conseil des ministres donnant au chef de l’Etat le pouvoir de faire ces nominations. « Faux », s’insurgent deux ministres démissionnaires contactés par Le Nouvelliste. « Nous n’avons jamais signé cette résolution », disent-ils.

« Toutes les nominations sont conformes à la loi, a soutenu Me Jean Renel Sanon dans une interview accordée au téléphone mercredi soir au Nouvelliste. La décision de la nomination des directeurs généraux était arrêtée depuis le conseil des ministres le 6 juillet 2011 où les ministres ont signé une résolution permettant au président de faire ces nominations», a-t-il précisé.
« C’est en vertu de cette résolution que les nominations ont été faites, a indiqué le secrétaire général du Palais national. Les arrêtés présidentiels ont été publiés avant les installations des directeurs généraux», a-t-il ajouté.
« Je n’ai signé aucun arrêté présidentiel ni de résolution pour ces nominations. Je n’ai jamais signé ces genres de choses… », a fulminé un ministre requérant l’anonymat joint au téléphone par Le Nouvelliste. Il a reconnu toutefois que « le projet de la résolution a été effectivement discuté en conseil des ministres, mais personne ne l’a signé ».
« Il n’y a pas eu de résolution. Il s’agissait d’un draft qui n’avait même pas l’assentiment de tous les ministres. La majorité d’entre nous était contre ce projet. Il était question que chaque ministre envoie par écrit sa position sur le draft et le secrétaire de la Primature devrait rédiger un texte final avec la position de tout le monde. Ce qui n’a jamais été fait », a expliqué le ministre démissionnaire.
« Je ne sais pas si à d’autres niveaux, entre le Premier ministre et la Présidence s’il y a eu quelque chose, mais ce n’est pas en conseil des ministres que cette résolution a été signée », a-t-il ajouté. Il y a eu deux conseils des ministres après celui au cours duquel la proposition a été faite, a précisé le haut fonctionnaire de l’Etat soulignant qu’il n’y avait pas de représentants de la Présidence à ces réunions.
Un autre ministre contacté par Le Nouvelliste a déclaré laconiquement, « Je n’ai pas signé d’arrêté présidentiel pour ces nominations. La résolution a été discutée, mais jamais signée. »
Selon un troisième ministre du gouvernement démissionnaire, tout le monde était d’accord avec la résolution. Cependant, il n’était pas en mesure de confirmer si elle a été signée.

Sur ce dossier, l’article 142 de la Constitution de 1987 stipule que : « Par arrêté pris en conseil des ministres, le président de la République nomme les directeurs généraux de l’Administration publique, les délégués et vice-délégués des départements et arrondissements. Il nomme également, après approbation du Sénat, les conseils d’administration des organismes autonomes. »
En ce sens, le sénateur Jean-Baptiste Bien-Aimé a demandé au président du Sénat d’écrire au Premier ministre Jean-Max Bellerive pour solliciter les minutes du conseil des ministres au cours duquel a été décidé la nomination des directeurs généraux.
Par ailleurs, Le Nouvelliste a appris que le ministre de l’Economie et des Finances n’a pas encore reçu de spécimens de signature pour les nouveaux directeurs généraux, alors que les anciens ont arrêté automatiquement de travailler après leur remplacement. Ce qui porte logiquement à croire que les nouveaux nommés ont les mains liées pour l’instant. Une situation de blocage dans la plupart des institutions publiques.
Dans un autre registre, pour ceux qui estiment anormal que Me Jean Renel Sanon procède seul aux installations des nouveaux directeurs généraux, ce dernier leur répond ainsi : « le secrétaire général du Palais national a le rang de ministre. Tout est conforme à la loi. »
L’absence des directeurs généraux sortants lors de l’installation des nouveaux ne veut rien dire, si l’on croit les déclarations de Me Sanon. Pour lui, cela va de soi. Il a souligné le fait que cette situation n’est pas généralisée.
Le président de la République a présenté vendredi dernier au palais national de nouveaux directeurs généraux à la tête de certains organismes publics importants du pays.
Yves Germain a été nommé directeur général du Centre national des équipements (CNE) ; Jean-Marc Flambert est à la tête de l’OFNAC ; Jean-Marie Guillaume prend les rênes du CONATEL ; Donald Paraison pour diriger le Service métropolitain de collecte des résidus solides (SMCRS) ; Francel Saintilien aux commandes de l’Administration générale des douanes (AGD) ; Pierre André Laguerre est directeur général de l’Autorité aéroportuaire nationale (AAN) et Josefa R. Gauthier pour diriger le Fonds d’assistance économique et sociale (FAES).
Claude Raymond Jr a été nommé directeur adjoint du Service de l’Immigration et de l’Emigration et Patricia Dominique J. Martin, coordonnateur au Programme national de cantines scolaires (PNCS).
La plupart d’entre eux ont été installés cette semaine par le secrétaire général du palais national, Me Jean Renel Sanon.

Robenson Geffrard
rgeffrard@lenouvelliste.com Source Le Nouvelliste

 

edito

Haïti: Armée ou pas, là n’est pas la question

Comme le monstre du Loch Ness, périodiquement, le fantôme de l’armée revient nous hanter. Il y en a qui jurent voir à l’horizon son retour imminent et ceux qui repoussent d’un revers de main l’éventualité du remembrement des compagnies des Forces Armées d’Haïti (FADH).
Pendant que les débats se poursuivent, la limite d’âge atteint inexorablement les promotions. Il y aura un jour une armée, mais avec d’autres militaires, pronostiquent les plus optimistes.
L’Armée, depuis la valeureuse Armée indigène et ses cohortes de sublimes va-nu-pieds qui nous ont donné l’indépendance, écrit l’histoire de ce pays.
Dommage qu’elle soit aussi l’Armée de la honte de 1937 et celle tourmentée par les tentations et les coups d’États entre 1986 et 1995, l’année de son débandement.
De sa débandade, disent les anti-militaristes convaincus.
L’interrogation qui agite les cercles de nos jours concerne l’opportunité de revenir avec une armée. Pour remplacer ou renforcer la PNH? Ce point provoque des litiges.
L’armée n’étant plus là, mieux vaut renforcer la PNH, disent ceux qui savent que nous n’avons ni les moyens ni le besoin de deux forces.
Les pour avancent l’histoire, la nécessité de défendre le territoire, de le désoccuper, d’assurer la sécurité de façon autonome, de restaurer l’honneur et le prestige d’une institution consubstantielle de ce pays. Il y en a même qui poussent le bouchon en présentant l’armée comme un vecteur de développement.
Armée ou pas, nous avons toujours eu des gens d’armes qui font la pluie et le beau temps. Qui provoquent l’insécurité ou essaient de mettre de l’ordre. Ce n’est pas demain que cette situation évoluera.
Pendant que la bataille sur l’appellation se poursuit, qui se demande: police ou armée, pourquoi faire? Avec quelle doctrine? Quelles missions? Quels moyens? Pour faire face à quelles menaces? Combattre quels ennemis? Remporter quelle guerre?
Comme une pierre dans notre jardin, les Etats-Unis ont fait part de leurs recommandations sur la question, eux qui nous créent des armées, les équipent, les désarment, depuis 1915.
Dans une interview accordée ce mercredi à la Voix de l’Amérique et rapportée par l’agence en ligne HPN, le coordonnateur spécial pour Haïti au département d’Etat, Thomas Adams, a déclaré que les Etats-Unis sont pour une réduction du nombre des Casques bleus en Haïti. Cependant, des efforts doivent être réalisés pour doubler l’effectif de la Police nationale avant le retrait, conseille-t-il.
« Les Etats-Unis vont travailler avec le gouvernement haïtien et les Nations unies en vue de renforcer les forces de sécurité publique en Haïti, notamment la PNH, dont le nombre d’agents doit être doublé et mieux entraîné pour combler un éventuel vide de la Minustah. »
Cela ne signifie point que l’armée n’ait pas sa place dans le décor… simplement que notre théâtre d’ombres peut s’en passer pour le moment.
Frantz Duval
duval@lenouvelliste.com

 

Réactions du Sénateur Steven Benoît sur l’éditorial du New York Times

22/09/2011 10:13:00 Auteur(e) La Redaction

imageLes réactions empreintes de nationalisme continuent de pleuvoir après que le New York Times, dans un éditorial paru en date du 19 septembre, a estimé qu’Haïti n’a pas besoin d’une armée. « L’éditorialiste ne comprend absolument rien », dit Steven Benoît, invité ce mercredi à Radio Magik 9. Le sénateur de l’Ouest, l’amcien militaire, dit relever une incohérence flagrante dans la position de l’éditorialiste.
« Que font les soldats des Nations unies en Haïti si effectivement nous n’avons pas besoin d’une armée ?», se demande Steven Benoît pour expliquer l’incohérence de l’éditorialiste du journal américain très prisé. Selon le parlementaire, pour qui il ne revient pas aux étrangers de nous dire si oui ou non nous avons besoin d’une armée, le rédacteur du New York Times ne parle que pour lui-même et non pour les Haïtiens. D’ailleurs, a-t-il poursuivi, ce dernier ignore totalement les actes d’insécurité dont sont victimes à longueur de journée les citoyens haïtiens.
« La Police nationale d’Haïti ne peut pas accomplir toutes les tâches. Elle n’a pas les moyens ni la formation adéquate. Les événements survenus dans le pays de 2001 à aujourd’hui l’ont clairement prouvé », dit Steven Benoît, qui fait référence à l’existence de gangs lourdement armés dans certains quartiers populaires de la capitale. Le sénateur cite également les trafics illicites au niveau de la frontière haïtiano-dominicaine et les catastrophes naturelles qui, selon lui, exigent des modes d’intervention au-dessus des capacités de la PNH.
Les sénateurs ont adopté mardi deux résolutions relatives à la Minustah, dans lesquelles ils exigent que soient dédommagés Johnny Jean, le jeune garçon de 18 ans violé par quatre soldats uruguayens à Port-Salut, et les familles victimes de l’épidémie de choléra en Haïti. Ils exigent en outre le retrait progressif des troupes des Nations unies à partir d’octobre 2012. Les parlementaires souhaitent parallèlement qu’une force armée soit créée en vue de remplacer la Minustah. « Il nous faut une autre force de sécurité publique », recommande Steven Benoît, qui souhaite que le président analyse calmement le document et discute du contenu avec les sénateurs.
« Même si ces résolutions ne sont pas contraignantes, leur non-application par le chef de l’Etat peut lui causer des ennuis avec les sénateurs », confie Steven Benoît, qui a par ailleurs réitéré sa proposition de rediriger des officiers des anciennes Forces armées d’Haïti, qui sont aujourd’hui au sein de la PNH, vers la nouvelle force de sécurité publique. Une initiative qui, selon lui, doit résulter d’un vetting.
La décision de démobiliser les Forces armées d’Haïti avait été prise en 1995 par l’ancien président Jean-Bertrand Aristide, revenu dans le pays après son premier exil . Une décision qualifiée d’émotionnelle par le sénateur Steven Benoît, qui ajoute que la communauté internationale était disposée à l’époque à reformer l’institution militaire et à mettre sur pied parallèlement une force de police.
D’autres citoyens, tels l’historien Georges Michel et l’essayiste Pierre Raymond Dumas, avaient critiqué l’éditorial du New York Times qui, selon eux, traduit la vision d’une partie de la communauté internationale qui veut maintenir les soldats étrangers en Haïti et combattre la création d’une force nationale.

Danio Darius – Source Le Nouvelliste

 

Haïti – Canada :

Déclaration à New-York du Ministre Bernard Valcourt au sujet d’Haïti

22/09/2011 12:14:35

 Haïti - Canada : Déclaration à New-York du Ministre Bernard Valcourt au sujet d’HaïtiDans son discours, à la réunion de concertation ministérielle informelle, de la Francophonie sur les transitions politiques majeures dans l’espace francophone, en marge de la 66ème Assemblée Générale de l’ONU, à New York, le Ministre d’État canadien Bernard Valcourt a déclaré concernant Haïti :
«…Nos gouvernements ont des responsabilités parce qu’ils prennent des engagements lors des sommets de la Francophonie. Faisant écho justement à ces engagements, le Canada est fier de soutenir Haïti en matière de démocratie, de bonne gouvernance et de développement comme en fait foi notre contribution de plus d’un milliard de dollars de 2006 à 2012. À titre d’exemple, le Canada finance des initiatives visant, entre autres, à accroître l’accès au système de justice en Haïti et à le renforcer ainsi qu’à soutenir les différents processus électoraux.
La situation politique actuelle et la faiblesse de l’état de droit dans ce pays nous préoccupent grandement. Notre engagement à poursuivre nos efforts en Haïti exige désormais d’accorder une plus grande importance à la volonté politique, à la bonne gouvernance et à la primauté du droit. Ces aspects sont essentiels à la réussite de tous les efforts, aussi bien ceux des Haïtiens que ceux de la communauté internationale.
À cet égard, nous soutenons fortement la toute récente proposition du Secrétaire général des Nations Unies de développer un pacte sur l’état de droit en Haïti afin de progresser durablement dans la reconstruction et le développement d’Haïti. »

HL/ HaïtiLibre

 

Haïti: Gare à l’exclusivisme

Le président Michel Joseph Martelly suscite l’inquiétude au sein des forces d’argent d’Haïti. « Le président consulte des membres du secteur privé des affaires, mais pas les associations », révèle un homme d’affaires sous le couvert de l’anonymat.  » Il s’entoure d’un petit cercle d’amis qui tissent des liens avec le réseau de Clinton. Si l’on n’est pas dans le clan du président, on est exclu », poursuit-il, reconnaissant que cette pratique n’est pas nouvelle en Haïti. Le comportement du chef de l’Etat crée des tentions et une expectative angoissante dans le secteur, ajoute-t-il, à un moment où Martelly claironne qu’Haïti est ouverte au business.
Les investisseurs déjà établis doivent être rassurés pour que le développement économique soutenable, réalisable, soit harmonieux, équitable. Le développement économique durable d’Haïti est réalisable, comme l’a dit Bill Clinton, s’il y a de nouveaux investissements, de nouveaux emplois, de nouvelles entreprises. Mais, supplanter les entreprises déjà établies, les priver des mêmes avantages que toutes les autres ayant des accointances avec le pouvoir est potentiellement explosif, souligne un analyste.
« L’Etat doit être pro-marché, un régulateur équitable, encourageant une concurrence saine et ouverte », rappelle l’économiste Kesner Pharel, conjurant toute tentation d’un « Etat pro-business » dispensateur de faveurs à des entreprises et des hommes d’affaires ayant des accointances avec le pouvoir.
Si l’inquiétude existe au sein du secteur des affaires, certains estiment qu’il est trop tôt pour dire que le président s’enferme dans le cercle de ses amis.
Il commence maintenant à poser des actes pour marquer le pouvoir de son empreinte, croit un journaliste, qui a déjà vu des mouvements de contestations d’hommes d’affaires emporter des présidents de la République incapables de faire l’équilibre, la répartition intelligente des parts de marchés et de calmer les forces d’argent. « L’exclusivisme, poursuit-il, ne me surprend pas, c’est quand il est outrancier, arrogant que cela pose problème ».
Roberson Alphonse
ralphonse@lenouvelliste.com

 

Haïti: Secteur privé/présidence: y a-t-il un malaise?

Le président Martelly ne parle que d’investissement pour sortir le pays de sa situation. Pourtant peu d’hommes d’affaires haïtiens l’accompagnent à New York. Il y a comme un malaise entre le secteur privé local et la présidence de Michel Martelly, quatre mois après la prise de fonction du président, relève le journal après des entretiens avec des membres éminents du monde des affaires. Eclairage.

   

Si plusieurs observateurs ont noté qu’il n’y a peu d’hommes d’affaires qui accompagnent le président dans son périple newyorkais, il y a des explications à cet état de fait. Tout se passe comme si le président veut avant tout provoquer l’émergence d’une nouvelle classe des affaires. Dans le même temps, Bill Clinton qui préside le Conseil consultatif présidentiel sur l’investissement ne prend au sérieux que ses propres amis étrangers et quelques Haïtiens.
Ce conseil présidentiel qui doit favoriser les investissements en Haïti regroupe avant tout des personnalités étrangères et voilà qu’il tient sa première réunion hors du pays.
« Le président se déplace avec des membres du secteur privé, mais seulement ceux qui sont membres de son cabinet privé ou qui sont de ses amis. Il n’a aucune relation institutionnelle formelle avec les associations du secteur privé », se désole un homme d’affaires qui veut garder l’anonymat.
« Pour le moment, nous ne savons pas quels sont ses plans pour le pays. Nous ne sommes informés que par ses déclarations dans la presse locale ou étrangère», regrette ce président d’association patronale.
« Je me demande même si la communauté internationale souhaite l’existence d’un secteur privé fort en Haïti. Depuis la résolution de la crise électorale, le secteur des affaires n’est plus vraiment consulté », précise-t-il. « Tout passe par des relations personnelles. »
Le directeur des communications de la présidence a cependant fait parvenir au Nouvelliste la liste des hommes d’affaires qui sont à New York cette semaine avec le président Martelly. On y relève, Hervé Denis (Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie d’Haïti), Georges Sassine (Président de l’Association des Industries d’Haïti), François Guillaume (de la Fédération des Haïtiens de la Diaspora), Marc Antoine Acra (ADIH), Reuven Bigio, Gregory Mevs, Jean Edouard Baker (COH) et Edwin Phanor.
Dans cette liste, plusieurs personnalités sont pressenties pour être ministres. Il y a aussi Michaelle Jean et Wyclef Jean, deux stars d’origine haïtienne.
Pour un banquier qui travaille depuis des années à renforcer les liens entre le secteur des affaires et l’Etat, « il est évident qu’il y a un sérieux malaise entre Martelly et le secteur privé traditionnel. »
« Le président Martelly, peut-être influencé par son entourage qui regorge d’hommes d’affaires, fait montre d’une certaine méfiance et entretient une distance avec la classe des hommes d’affaires qui occupent le haut du pavé depuis des décennies. »
Pour expliquer cette situation, ce grand connaisseur des petits secrets de nos élites économiques avance :« il y a eu cette affaire des sondages pendant les élections et le fait que les grands groupes du secteur privé n’aient pas financé le candidat Martelly, cela n’aide pas aux bonnes relations.»
Selon lui, il y a aussi que Martelly est très dépendant du support de la communauté internationale, particulièrement du président Bill Clinton, qui a sa vision du secteur privé haïtien.
Clinton, qui pilote Martelly, ne croit que dans les « bons hommes et femmes d’affaires » qui appartiennent à son entourage haïtien. Clinton est en train de fabriquer son propre secteur privé haïtien. L’appellation de Most Repugnant Elite (MRE) qui a été évoquée pendant la période du coup d’Etat (1990-1994) pendant qu’il était président, hante encore l’ancien président américain qui avait pour ennemi, à l’époque, une bonne partie du secteur privé qui est encore aux affaires aujourd’hui, estime-t-il.
Cependant, ce banquier plaide qu’il est trop tôt pour se faire une idée sur ce que sera la politique de Martelly envers le secteur privé.
« Le président Martelly ne parle que d’investissements privés. Il est en train de pousser pour que des projets sortent de terre. Il finira par comprendre que le gouvernement seul ne pourra par enclencher et alimenter le mouvement nécessaire à une reconstruction durable. L’aide internationale non plus n’est pas le carburant idéal pour le développement. Cela n’a suffi à aucun pays pour décoller.»
« Le malaise actuel, entre le président et le secteur privé institutionnel s’effacera avec le temps », espère-t-il.
Un troisième interlocuteur, issu lui des expatriés qui font affaire en Haïti, confirme lui aussi que la situation n’est pas rose entre les grands hommes d’affaires d’ici et le nouveau pouvoir.
« Le président Martelly est convaincu que les big boss du secteur privé appartiennent au passé. Ils forment l’équipe qui n’a jamais pu amener ce pays au développement. A tort ou à raison, c’est sans doute une question de génération aussi, il les perçoit comme appartenant à l’ancien régime.
A ses yeux, le secteur privé formel regorge d’amis de René Préval. Martelly cherche à plaire à ses amis, se reconnaît redevable à ceux qui ont voté pour lui. Le secteur privé traditionnel, dans ses manières, doit se moderniser et, dans ses rangs, faire entrer de nouveaux visages », argumente cet étranger, proche de Martelly, qui ne mâche pas ses mots.
Interrogé sur l’absence d’hommes d’affaires dans la délégation qui fait la tournée avec le président Martelly, il confie que deux Haïtiens, à sa connaissance, sont membres du Clinton Global Initiative. « Ils sont à New York cette semaine parce qu’ils paient vingt mille dollars par an pour être dans ce club select. »
Combien de businessman haïtiens étaient prêts à prendre en charge leur déplacement pour accompagner Martelly à New York ? Tout le monde espérait une invitation. Ce n’est pas ainsi que le développement va se faire ni que les affaires vont prospérer… laisse-t-il comprendre entre les lignes.
En attendant un retour vers des sentiments meilleurs de part et d’autre, tous nos interlocuteurs, qui ont tenu à garder l’anonymat, voient dans le prochain Premier ministre, Garry Conille, une porte d’entrée vers de nouvelles politiques plus favorables à un secteur privé au sens large du terme. Pas seulement réduit aux amis de la présidence ni assujetti aux humeurs du président.
Frantz Duval
duval@lenouvelliste.com

 

Les pièces du Dr. Conille, entre les mains de la Commission sénatoriale

22/09/2011 08:52:01

Haïti - Politique : Les pièces du Dr. Conille, entre les mains de la Commission sénatorialeLe Premier Ministre désigné, le Dr. Garry Conille, déposé en personne, mercredi ses pièces au bureau du Sénat. Les pièces ont ensuite été transmise au Sénateur Simon Dieuseul Desras (Centre / Lavni), Président de la Commission spéciale (1) chargée d’analyser les pièces soumises « … Monsieur le Premier Ministre désigné, la Commission vous donne acte, conformément à l’article 157 de la Constitution et vos pièces sont déposées… […] nous vous donnons la garantie que votre dossier sera traité avec objectivité et impartialité […] nous allons travailler sans relâche, nous allons travailler tout le weekend, nous ne pouvons pas dire à quelle date le rapport sera prêt, mais nous allons faire des efforts pour terminer rapidement, nous allons faire notre travail correctement c’est la seule garantie que nous donnons […]
[…] toutes les pièces requises par la Constitution, extrait de naissance du premier Ministre désigné, extrait de naissance de son père et de sa mère, l’acte de naissance de ses grands-parents, sa carte d’identification nationale notifié par un certificat, ses titres de propriétés, son certificat de résidence, son casier judiciaire, quitus fiscale, Curriculum vitae, certificat de nationalité et différents passeports jusqu’au dernier passeport qui est valide au moment où nous parlons, et son certificat de résidence en Haïti, nous répétons qu’il a un certificat [de résidence] parce qu’actuellement le matériel à l’Office Nationale de l’Identification est défectueux il lui ont donné un certificat pour dire qu’il a une carte d’identification, et ce certificat atteste qu’il est détenteur d’une telle carte. »
Tout comme ses collègues de la Commission spéciale de la Chambre basse, le Président de la Commission sénatoriale a indiqué que les membres de la Commission consulteront dans leur analyse, différents experts en droits fiscal, constitutionnel et international afin de produire un travail de qualité.
De son côté, Rodolphe Joazile, Président du Sénat, a insisté sur l’aspect technique de cette étape pour assurer l’objectivité du rapport, expliquant que la Commission sénatoriale pourrait tenir compte du travail effectué par la Commission de la chambre basse, précisant toutefois, que cette prise compte ne conditionnerait pas les conclusions du rapport.
Le Dr. Garry Conille s’est dit confiant du vote du Sénat et a fait savoir qu’il était à la disposition de la Commission pour toutes informations supplémentaires «…nous sommes très heureux d’apporter nos pièces aujourd’hui, comme la Constitution le demande et nous restons évidement à la disposition de la commission pour toutes les autres questions ou informations supplémentaires qu’elle aurait besoin.
Nous n’avons aucun doute, mais nous sommes content que le Sénateur [Simon Dieuseul Desras] nous ai rassuré que c’est un travail qui va être fait, en toute objectivité. Au fur et à mesure que les choses vont avancer, nous serons disponible pour répondre aux questions.
Nous sommes très confiant que le rapport sera favorable, sur la base des démarches que nous avons entreprises jusqu’à présent. Il n’y a pas de négociations maintenant, car la Commission a, à faire un travail objectif. Nous sommes confiant, que sur la base de ce travail objectif, ils vont trouver tout ce que la Constitution demande comme exigence… »
Bien que l’opinion générale des observateurs prédisent un vote favorable au Dr. Conille, les commentaires défavorables exprimés au Sénat et dans la classe politique, laissent croire que contrairement à la Chambre basse, son éventuelle ratification par le Sénat pourrait ne pas être, une simple formalité.
(1) La Commission est composée des Sénateurs :
Nènel Cassy (Nippes / INITE)
Jean Willy Jean Baptiste (Artibonite / AAA)
François Anik Joseph (Artibonite / ALTENATIV)
Steven Irvenson Benoît (Ouest / ALTENATIV)
Jean-Charles Moïse (Nord / INITE)
Lebron Fritz Carlos (Sud / INITE) — Président
Yvon Buissereth (Sud / Lavalas)
Simon Dieuseul Desras (Centre / Lavni) — Secrétaire rapporteur
HL/ HaïtiLibre

 

Les sénateurs William Jeanty et Anacacis Jean Hector s’accordent pour s’opposer à Conille

Les sénateurs Anacacis Jean Hector et William Jeanty se sont toujours opposés lors des débats importants au Grand corps. M. Jeanty qui avait combattu ardemment le gouvernement de l’Inité est sur la même longueur d’ondes avec le sénateur Jean Hector dans le cadre du processus de ratification du choix du Premier Ministre désigné.
C’est la défense de la constitution qui semble rapprocher provisoirement ces deux élus qui ont toujours eu une évolution aux antipodes. Les sénateurs Jean Hector et Jeanty sont visiblement hostiles à l’ex représentant du système de l’ONU au Niger. Ils expriment tous deux leur colère en raison du vote favorable accordé par la chambre des députés au Premier Ministre désigné, Gary Conille. Qualifiant ce vote de dérive les sénateurs Jeanty et Jean Hector font valoir que les députés ont été influencés par les avis des experts en relations internationales.
L’élu des Nippes se méfie des experts en relations internationales et assure qu’ils peuvent argumenter sur une chose et son contraire selon les intérêts. Dans ce contexte c’est l’opinion d’un législateur contre un autre, dit-il rappelant que l’arbitre doit être la constitution. Le sénateur Jeanty rappelle que la loi mère définit clairement les conditions d’éligibilité d’un Premier Ministre. Il veut prendre en compte notamment les preuves fiscales de la résidence.
C’est également l’avis de M. Jean Hector. Il rappelle que la constitution en son article 52 identifie les devoirs civiques et politiques inhérents au titre de citoyen. Entres autres le paiement des redevances au fisc et l’exercice du droit de vote.
Interrogé sur leur capacité à provoquer un changement de cap de leurs collègues, M. Jeanty et M. Jean Hector ne se font pas d’illusion. Le sénateur Jeanty fait remarquer que le Sénat a pratiquement la même configuration politique que la chambre basse.
Cependant M. Jean Hector dit avoir noté une certaine prise de conscience. La situation ne sera pas facile pour M. Conille au Sénat, prédit l’ex candidat à la présidence.
Tout en admettant l’urgence de former un gouvernement les deux parlementaires soutiennent que cette situation ne nous oblige pas à ratifier un Premier Ministre dans n’importe quelle condition.

LLM / radio Métropole Haïti

 

Volte-face de Martelly sur le Conseil d’Administration de la BRH

22/09/2011 10:17:54

Haïti - Politique : Volte-face de Martelly sur le Conseil d’Administration de la BRHDans une lettre adressée à la Commission finance et budget du Sénat de la République, datée du 20 septembre 2011, le Président Michel Martelly, revient sur sa décision du 19 juillet dernier, de reconduire en bloc le Conseil d’Administration de la Banque de la République d’Haïti (BRH) et propose de remplacer 3 des 5 membres du Conseil.
Les membres qui n’ont plus la faveur du Chef de l’État sont : Philippe Lahens (vice-Gouverneur), Marc-Hebert Ignace (Directeur général) et Henry Volmar (membre du conseil d’administration). Ils sont remplacés respectivement, par : Georges Henry Fils, Jean Badin Dubois et Georgette Jean Louis.
Charles Castel (Gouverneur), et Fritz Duroseau (membre du Conseil), seront dorénavant les deux seuls membres du Conseil en place du Gouvernement Préval.
« Contre toute attente, le Président Michel Martelly a modifié le Conseil d’administration de la BRH », a confirmé le Président de la Commission Sénatoriale, Jocelerme Privert « Ce même Conseil d’Administration avait été reconduit par le Président Martelly le 19 juillet dernier […] Le Président a cette prérogative, mais pourquoi est-il revenu sur une décision déjà prise ? » s’interroge le Sénateur qui indique que la Commission va devoir reprendre son rapport qui devait être présenté à l’Assemblée.
S/ HaïtiLibre

 

Haïti : il faut traduire Jean-Claude Duvalier en justice

Amnesty International – 22/09/2011

Haiti Jean-Claude Duvalier © APGraphicsBank

Jean-Claude Duvalier © APGraphicsBank

Amnesty International exhorte les autorités haïtiennes à déférer à la justice l’ancien président Jean-Claude Duvalier – surnommé « Bébé Doc » – pour les violations des droits humains commises sous son régime entre 1971 et 1986.

Cet appel coïncide avec la publication par Amnesty International d’un nouveau rapport contenant des témoignages de détentions arbitraires, de torture, de morts en détention, d’homicides et de disparitions survenus durant les années de présidence de Jean-Claude Duvalier.

« Il existe suffisamment d’éléments permettant de poursuivre en justice Jean-Claude Duvalier pour les nombreux cas de détention arbitraire, de torture, de mort en détention, d’homicide et de disparition qui ont eu lieu sous son régime et dont certains s’apparentent à des crimes contre l’humanité, a déclaré Javier Zúñiga, conseiller spécial d’Amnesty International.

« Il importe que la nouvelle équipe dirigeante d’Haïti manifeste la volonté politique de respecter ses obligations internationales et d’accomplir son devoir envers toutes les victimes de ces atteintes aux droits humains. »

Jean-Claude Duvalier est retourné en Haïti en janvier 2011, après 25 ans d’exil en France.

Il a été inculpé par les autorités haïtiennes de détournement et de vol de fonds publics ainsi que de crimes contre l’humanité commis au cours de sa présidence.

Pendant cette période, Amnesty International avait fourni au procureur de Port-au-Prince, le commissaire au gouvernement, des éléments qui établissaient la preuve que des atteintes aux droits humains avaient été commises sous Jean-Claude Duvalier. Ces éléments d’information ont été versés au dossier à l’appui de l’enquête.

Entre 1971 et 1986, des dirigeants politiques, des journalistes, des syndicalistes et des personnes soupçonnées d’être des opposants au gouvernement risquaient tout particulièrement d’être victimes de détention arbitraire, de torture, d’homicide à caractère politique et de disparition forcée. Il était courant que des prisonniers politiques meurent en détention, tout comme il était courant qu’ils soient torturés et souffrent de maladies et d’un manque de nourriture et d’installations sanitaires.

La justice n’est intervenue que dans les très rares cas qui ont largement attiré l’attention de la communauté internationale, mais le gouvernement de Jean-Claude Duvalier n’a jamais reconnu l’existence de prisonniers politiques.

Augustin Auguste, membre d’un parti d’opposition, aurait été arrêté le 28 janvier 1986 à Port-au-Prince par des membres de la milice armée appelée les « tontons macoutes ». Il a été vu à l’hôpital militaire puis emmené à la prison de Fort Dimanche, où il aurait été tué par balle le 3 février.

On ne l’a plus jamais revu, et sa famille n’a jamais reçu aucune explication officielle de ce qui lui est arrivé. Augustin Auguste avait déjà été arrêté auparavant, à plusieurs reprises, en raison de son appartenance au Parti démocrate-chrétien haïtien (PDCH). Il a été l’une des milliers de victimes du régime Duvalier.

Un ancien prisonnier politique a décrit les conditions de détention en janvier 1973 : « Les cellules individuelles ont en général 7 pieds de long, 7 de haut et 3 de large [2 mètres de long, 2 mètres de haut et 1 mètre de large]. Certaines sont des niches où le prisonnier peut rester allongé ou recroquevillé, mais il lui est impossible de s‘y tenir debout. Les cellules collectives de trois mètres par trois, logent parfois jusqu’à 15 prisonniers. On doit dormir à tour de rôle, accroupi ou debout. Il n’existe aucune ouverture pour l’aération de la cellule. La lumière du jour n’y entre pas. Une ampoule de forte intensité y est allumée jour et nuit. Aussi un grand nombre de prisonniers souffrent de la vue. »

« Il est probable que les affaires de violations des droits humains sur lesquelles nous avons rassemblé des informations ne constituent qu’une faible proportion des cas réels survenus pendant que Jean-Claude Duvalier était au pouvoir. Nous ne connaîtrons probablement jamais la véritable étendue de l’horreur, mais le fait de mener des enquêtes en bonne et due forme permettra de faire un grand pas vers la justice, a dit Javier Zúñiga.

« L’ouverture d’une enquête pour crimes contre l’humanité après le retour de Jean-Claude Duvalier constitue non seulement la première étape vers une garantie de justice et de réparations pour les victimes de violations des droits humains, mais aussi une occasion historique de commencer la construction d’un Etat haïtien qui protège et défende, enfin, les droits humains en Haïti », a déclaré Javier Zúñiga.

 

Haïti allié d’Israël, sera-t-elle aux côtés de la Palestine ?

La position officielle d’Haïti n’est pas encore connue dans le dossier de la Palestine. En attendant, le Sénat de la République, dans une résolution adoptée mardi soir, a invité l’Exécutif à embrasser la cause de l’ennemi juré d’Israël qui veut devenir un Etat indépendant et souverain.

L’expression du vote des sénateurs L’expression du vote des sénateurs concernant le dossier de la Palestine

Le premier sénateur de la Grand’Anse, le pasteur Andris Riché, l’initiateur de cette résolution

L’idée de la résolution sur la Palestine est venue du premier sénateur de la Grand’Anse, le pasteur Andris Riché. Seul le sénateur Wencesclass Lambert, au moment des discussions sur la résolution lue par le sénateur Anick Joseph, a invité l’Assemblée à la prudence compte tenu de l’opposition des États-Unis à la création de l’État palestinien. Ses collègues, notamment Anick Joseph, ont trouvé mille et une raisons pour lui montrer le bon côté de la décision. « Je vais faire abstention », a lancé le sénateur Lambert, comme pour dire qu’il n’est pas convaincu.
Le Sénat, dans sa résolution, dit appuyer la création d’un État palestinien indépendant et souverain. Les parlementaires invitent l’Exécutif à donner l’ordre à son représentant aux Nations unies de voter en faveur de la Palestine. Ce vote, d’après les parlementaires, fera honneur à Haïti qui, en deux fois, a joué un rôle décisif durant ces assises, en apportant son plein soutien à la création de l’État d’Israël et de la Libye.
La résolution du Sénat ne laisse pas indifférents certains spécialistes du droit international. « Cette résolution du Sénat est une bonne initiative », juge Kurdy Larèche, spécialiste en droit international. Il a par ailleurs précisé que l’Exécutif n’est pas lié par la résolution du Sénat. « Seul l’Exécutif, d’après la Constitution, est chargé de définir la politique extérieure du pays », a-t-il souligné.
Pour Me Camille Édouard Jr, professeur de droit international public, la résolution du Sénat est destinée à la consommation locale. De ce fait, elle n’a aucun effet sur le plan international. Même si la résolution n’engage que ceux qui l’ont votée, Me Édouard croit que l’Exécutif doit la prendre en compte dans le cadre des réflexions sur le dossier de la Palestine. « Il revient cependant à l’Exécutif de prendre la dernière décision », a-t-il déclaré.
Et si Haïti vote en faveur de la Palestine
En novembre 1949, Haïti, par le biais de son ambassadeur accrédité à l’ONU, Émile St-Lot, figurait parmi les 33 derniers pays à voter en faveur de la création de l’État d’Israël. Malgré ses multiples problèmes, Haïti – pays membre de plusieurs organisations internationales; a toujours une présence remarquable aux assises internationales. Haïti doit aujourd’hui choisir entre l’État hébreu et la Palestine, l’ennemi d’Israël de toujours. « On ne peut pas être pour Israël et pour la Palestine en même temps », a indiqué Kurdy Larèche, invitant les autorités haïtiennes à bien réfléchir avant de se fixer. Il estime par ailleurs qu’Haïti doit s’attendre à des conséquences sur le plan diplomatique s’il s’arrange aux côtés de la Palestine. « Surtout que les États-Unis, notre plus grand bailleur de fonds, sont contre la création de l’État palestinien », a-t-il ajouté.
Interrogé sur les incidences d’un éventuel vote d’Haïti en faveur de la Palestine, Me Camille Édouard Jr s’est gardé de se prononcer. « Je me garde de dire si Haïti à l’intérêt ou non de se lancer dans une telle aventure », a-t-il répondu.
Un peu d’histoire
En 1947, les Nations unies votent la séparation de la Palestine, alors sous mandat britannique, en deux États, l’un Arabe et l’autre Juif, avec une zone internationale autour de Jérusalem (Résolution 181). Un partage en deux entités qui ne sera jamais concrétisé : lorsque Israël proclame son « indépendance » le 14 mai 1948, ses voisins arabes la rejettent et entrent en guerre contre le nouvel Etat. A la fin du conflit, Israël occupe 77% du territoire de la Palestine. Ce n’est que 40 années plus tard, soit le 15 novembre 1988, que les Palestiniens décident de déclarer « unilatéralement » leur indépendance.
Et dans une déclaration politique qui l’accompagne, les Palestiniens ont accepté de négocier sur la base des résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité de l’ONU, appelant au retrait israélien des territoires occupés en 1967. Ils admettent de ce fait explicitement pour la première fois le partage de la Palestine et donc la perspective de « deux États », palestinien et israélien, vivant côte à côte. À la suite de cette déclaration, plus d’une centaine d’États dans le monde ont reconnu l’État palestinien.
Une reconnaissance inacceptable
Pour les Israéliens, la reconnaissance unilatérale de l’État palestinien à l’ONU n’est pas une option acceptable. Elle constitue pour eux une violation des Accords d’Oslo. Les Israéliens, qui redoutent qu’un accès aux organisations internationales telles que la Cour pénale internationale (CPI) soit donné aux palestiniens avant le règlement du conflit, s’opposent avec force arguments à la démarche palestinienne. A cet effet, le vice-ministre israélien des Affaires étrangères, Danny Ayalon, a ainsi prévenu à la radio publique israélienne qu’une demande d’adhésion d’un État de Palestine à l’ONU « signifierait l’annulation de tous les accords, libérerait Israël de tous ses engagements et les palestiniens en porteraient l’entière responsabilité ».
Les Israéliens soulignent en outre que « l’Autorité palestinienne ne répond pas à un critère de base définissant la souveraineté d’un État car elle ne contrôle pas l’ensemble de son territoire, Gaza, étant administré par le Hamas ». Ils affirment par ailleurs que reconnaître un État palestinien fondé sur la réconciliation entre le Fatah et le Hamas « constituerait dans les faits la reconnaissance par l’ONU d’une organisation terroriste ».
Débat sur la reconnaissance d’un État palestinien à l’ONU
Selon la grande presse, les pressions internationales s’intensifiaient mardi sur les palestiniens à New York, où sont arrivés plusieurs chefs d’État, dans l’espoir d’éviter une confrontation sur la demande d’adhésion d’un État palestinien à la 66e Assemblée générale de l’ONU. Intervenant à cette assemblée, le président français, Nicolas Sarkozy, a dans son discours demandé à l’Assemblée générale de «se mettre à la place d’Israël» et de comprendre que l’État juif recherche des «garanties» solides pour sa sécurité. Il a aussi réaffirmé l’engagement de la France envers la sécurité des Israéliens.
Mais il a exhorté les Israéliens à faire leur part du chemin. «Écoutez ce que criait la jeunesse des printemps arabes», a-t-il lancé: «Ils criaient ‘Vive la liberté!’, ils ne criaient pas ‘A bas Israël !’. Vous ne pouvez pas rester immobiles alors que ce vent de liberté et de démocratie souffle dans votre région». Nicolas Sarkozy, qui s’est entretenu, mardi à New York, avec le président palestinien Mahmoud Abbas, s’efforce de relancer le processus de paix israélo-palestinien. Il rencontrera mercredi le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou en marge de cette grande rencontre internationale.
Un peu plus tôt, à la tribune, le président américain, Barack Obama a lui aussi appelé à la reprise des négociations directes entre Israël et l’autorité palestinienne, contrairement à son long discours de politique étrangère, prononcé il y a de cela un an dans lequel il rappelait la nécessité de voir se côtoyer « deux États pour deux peuples » (l’Israël et la Palestine) ainsi que de négocier les frontières « sur la base de celles de 1967 ».
« Une paix véritable ne peut être obtenue qu’entre les Israéliens et les Palestiniens eux-mêmes», a déclaré Obama. «Je suis convaincu qu’il n’existe pas de raccourci à la fin d’un conflit qui persiste depuis des décennies. La paix ne viendra pas de déclarations et de résolutions à l’ONU. Si c’était aussi facile, cela aurait déjà eu lieu à l’heure actuelle», a-t-il ajouté, rejetant une nouvelle fois la démarche des palestiniens, rapporte Le Figaro et d’autres médias internationaux. Le président américain s’exprimait juste avant un entretien avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou. Il doit aussi rencontrer son homologue palestinien, Mahmoud Abbas.
Par contre, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a déclaré à des journalistes à New York qu’un vote au Conseil de sécurité sur la demande des palestiniens d’admission à l’ONU n’interviendra pas avant « plusieurs semaines », ce qui donnera le temps d’éviter une confrontation diplomatique, » alors que les palestiniens s’apprêtent à présenter vendredi leur demande d’admission d’un État de Palestine à l’ONU.
En définitive, il faut rappeler que le vote du sénateur Emile St-Lot pour l’existence de La Lybie a été exprimé, contre l’avis du président haïtien d’alors, Dumarsais Estimé. En marge de la 66e Assemblée générale de l’ONU, le Sénat de la République d’Haïti a adopté mardi soir, une résolution exhortant l’Exécutif à soutenir la volonté de la Palestine qui veut devenir un Etat indépendant et souverain. Qu’en est-il de la position du président haïtien Michel Joseph Martelly et l’ambassadeur d’Haïti accrédité à l’ONU à ce sujet sensible ?
Jean Pharès Jérôme
pjerome@lenouvelliste.com
Amos Cincir
mcincir@lenouvelliste.com

 

Haïti – Économie :

Martelly lance officiellement le CCPI à New York

21/09/2011 17:44:32

Haïti - Économie : Martelly lance officiellement le CCPI à New YorkLe Président Michel Martelly, a lancé, mardi, de manière concrète et officielle, à New York, le Conseil Consultatif Présidentiel pour l’Investissement (CCPI), [The Presidential Investment Advisory Concil]. Cette démarche visionnaire du Président Martelly qui consiste à mettre sur un même plancher des personnalités de haut niveau du monde entier autour d’un intérêt commun, la prospérité d’Haïti, marque un tournant historique dans l’effort de développement du pays.
« C’est un Conseil consultatif, formé de personnalités éminentes et expérimentées dans la gestion des affaires et de la chose publique, appelé à accompagner le Président vers l’émergence d’une économie planifiée à même de répondre aux besoins essentiels des populations haïtiennes » comme l’a si bien décrit Mme Michaelle Jean, l’ancienne Gouverneure Générale du Canada dans son allocution au Palace hôtel, ce mercredi, à New York.
« Haïti est ouverte aux affaires », a déclaré le Président Martelly enthousiasmé « Nous sommes prêts pour de nouvelles idées et de nouvelles entreprises, et nous créons les conditions nécessaires pour qu’Haïti devienne une destination naturelle et attrayante pour les investissements étrangers »

Un diner de lancement a été organisé, mardi, en présence des principaux membres. Le Président Martelly a adressé ses félicitations aux membres du Conseil pour leur engagement historique. Ce mercredi, le CCPI a tenu sa première séance de travail et d’échanges dans le cadre de sa mission. Tous les membres qui ont pris la parole, ont avoué leur fierté de faire partie d’un tel mouvement qui a trop de ressources pour ne pas atteindre ses objectifs.
Les membres du CCPI qui se sont exprimés au cours de la séance inaugurale ont été :
Le prix Nobel de la Paix et d’économie, Dr Mohammed Yunus,
L’entrepreneur et star du hip-hop, Wyclef Jean,
L’ex-Premier Ministre de la Jamaique, Perival James Patterson,
Le PDG de la Digicel, Denis O’brien,
Le Maire de Montréal, Gerald Tremblay,
L’envoyée spéciale de l’UNESCO pour Haïti, Mme Michaelle Jean,
L’ex Président de la Colombie, Alvarez Uribe Velez,
Le Chef de Cabinet du Président Clinton, Laura Graham,
Le Conseiller Principal du Président, et co-Président du Conseil M. Laurent Lamothe
La plupart des membres du Conseil consultatif, qui comprend huit anciens chefs d’État, cinq dirigeants d’entreprises multinationales et un lauréat du prix Nobel, parmi d’autres dirigeants, ont souligné leur engagement personnel à apporter des investissements en Haïti et à créer des emplois. « Nous sommes tous grandement redevables à Haïti, du point de vue social et démocratique. Quand l’indépendance de la Colombie a été mise en doute, Haïti a été d’un grand soutien. Maintenant, Haïti a besoin de démonstrations concrètes de soutien et de la volonté d’aider le pays à progresser » a déclaré l’ancien Président colombien, Alvaro Uribe.
« Quelqu’un doit mettre le premier pied en avant et le Président l’a fait en prenant des mesures concrètes pour rendre plus facile de faire des affaires. Haïti est prêt à aller de l’avant » a déclaré l’artiste haïtien, Wyclef Jean.

Laurent Lamothe, co-Président du Conseil a souligné les énormes possibilités inexploitées en matière de logements, de tourisme, de la construction, de l’agro-industrie et pratiquement tous les autres secteurs en Haïti « Pour les investisseurs à travers le monde, qui peuvent regarder Haïti avec intérêt, mais qui attendent de voir, laissez-moi vous dire : La fenêtre d’opportunités est maintenant ouverte. Haïti a un nouveau Président et une nouvelle façon de penser sur les investissements étrangers et la création d’emplois comme puissants moteurs pour la croissance économique. »
Denis O’Brien, Président du Groupe Digicel abonde dans le même sens : « Haïti est à un carrefour, à un nouveau départ, avec une nouvelle direction et la stabilité politique. L’occasion de faire des investissements directs étrangers en Haïti n’a jamais été meilleure. Les principaux nouveaux investisseurs étrangers ont annoncé de nouveaux projets qui peuvent transformer le pays. J’encourage les gens à regarder vivement Haïti et les opportunités d’investissement. »
Pour sa part, le Dr Muhammad Yunus, Prix Nobel de la Paix et d’Économie, qui a lancé un Fonds social pour le droit des affaires en Haïti après le séisme, a fait remarquer que cette initiative a la possibilité de transformer le pays « Après le tremblement de terre il y avait un beaucoup d’argent qui a afflué, mais ces sommes ne résoudront pas les problèmes du pays. Toutefois, les entreprises sociales ne transforment pas seulement du profit, mais effectivement elles résoudront les problèmes du pays. »
Le Président Martelly, la Première Dame, Mme Sophia Martelly ainsi que les conseillers du Président poursuivent leur campagne à New York faisant en leur pouvoir pour canaliser des investissements privés vers Haïti en vue de la relance de l’économie.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3766-haiti-economie-lancement-du-conseil-consultatif-presidentiel.html
HL/ HaïtiLibre

 

Le Sénat formule des vœux à l’exécutif à travers trois résolutions

P-au-P, 21 sept. 2011 [AlterPresse] — Le Sénat haïtien est finalement sorti de son mutisme en votant mardi 20 septembre, trois résolutions, ont constaté des journalistes.

La première résolution porte sur le retrait de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH) d’ici octobre 2012. Cette résolution comporte un article sur la remobilisation des Forces Armées d’Haïti ou la création d’une nouvelle force de sécurité.

Entre temps à l’ONU et du coté de la présidence haïtienne de Michel Martelly, la tendance se dirige plutôt vers un renouvellement du mandat de la mission en octobre prochain, et un retrait progressif des troupes envoyées après le séisme entre janvier et juin 2012.

La deuxième résolution concerne le viol collectif commis à l’encontre d’un jeune homme de Port-salut par quatre soldats uruguayens et l’importation du choléra dans le pays par les soldats népalais de la MINUSTAH.

Le Senat recommande le dédommagement du jeune homme ainsi que des proches des personnes décédées du cholera par les Nations Unies.

Plus de 6 mille personnes sont mortes de la maladie introduite en Haïti en octobre 2010.

Le Senat souhaite dans une troisième résolution la reconnaissance par l’ONU d’un Etat palestinien.

Cette dernière résolution intervient plus de 60 ans après qu’Haïti ait voté en faveur de la création d’Israël.

Les trois résolutions ont été proposées par les sénateurs du Nord kelly C. Bastien, de l’Artibonite Yannic Pierre et de la Grand-Anse, Andris Riché. [jep kft apr 21/09/11 15:30]

 

Andrice Riché s’en prend à la chambre basse

imageLe sénateur Andrice Riché critique vertement le vote favorable et unanime que les députés ont accordé au premier ministre désigné, Garry Conille, le vendredi 16 septembre dernier.
« Ce vote est vraiment indécent », s’est indigné le premier sénateur de la Grande Anse qui, par ailleurs, dit reconnaitre que le pays souffre de l’absence d’un nouveau gouvernement tout en précisant que la loi-mère ne peut être violée sous aucun prétexte.
La résidence de Garry Conille est l’un des points autour duquel l’assemblée des députés aurait du mener de grands débats lors du vote alors qu’ils ont usé de tous les artifices pour prouver que le candidat à la primature est un haut fonctionnaire de l’ONU jouissant du statut de diplomate multilatéral, a regretté l’élu de la Grande Anse.
« Le vote favorable que Garry Conille a reçu à la chambre des députés consacre la mise sous tutelle d’Haïti par la communauté internationale qui était jusqu’ici voilée », déplore le parlementaire.
Par ailleurs, Andrice Riché dénonce la légèreté avec laquelle les députés ont traité l’absence de carte d’identification nationale dans le dossier soumis par l’éventuel Chef de gouvernement.
Rappelons que le sénateur Andrice Riché est membre de la plateforme Alternative, un regroupement politique avait demandé à ses adhérents (députés et sénateurs) de voter en faveur de Garry Conille au cas où ses pièces répondent aux exigences de l’article 157 de la constitution.
GA/Radio Métropole Haïti

 

Le sénat votera différemment selon François Anick Joseph

imageLe sénateur François Anick Joseph promet que la prochaine séance sénatoriale en vue de la ratification du premier ministre désigné sera différente de celle tenue à la chambre basse, le vendredi 16 septembre dernier.
Membre de la commission sénatoriale chargée d’examiner le dossier de Garry Conille, François Anick Joseph informe avoir déjà rentré en contact avec des experts en droit fiscal et en droit constitutionnel pour une analyse minutieuse des pièces du candidat à la primature.
« La commission dont je fais partie se fera le devoir de juger du dossier de Garry Conille en vertu des six critères d’éligibilité établis par l’article 157 de la constitution auxquels doit répondre tout prétendant à la primature », a précisé le premier sénateur de l’Artibonite qui n’a pas voulu donner son opinion sur le rapport favorable dont monsieur Conille a bénéficié au niveau de la chambre basse.
Contrairement à la commission spéciale de députes qui avait tenu secret la nature des pièces déposés par Garry Conille par devant le bureau de la chambre des députés, le sénateur François Anick Joseph atteste que le sénat agira autrement en portant à la connaissance du grand public une par une les pièces de la troisième personnalité choisie par le président Michel Joseph Martelly comme prochain chef de gouvernement.

G A/ Radio Métropole Haïti

 

L’inquiétude grandit au sein de certaines organisations de la société civile.

imageDes organisations de la société civile expriment leurs inquiétudes quant à l’avancement de certains dossiers importants, notamment celui relatif à l’amendement de la constitution de 1987.
Dans un document rendu public la semaine dernière les responsables de ces organisations se plaignent le fait que le président de la république n’ait pas encore publié le texte amendé de la constitution.
Elles regrettent aussi que le processus devant amener à l’établissement du Conseil Electoral Permanent n’ait pas été enclenché jusqu’ici.
Selon l’un des signataires de ce document Edouard Paultre du Conseil Haïtien des Acteurs Non Etatiques (COHNANE) il n’est pas concevable que plus de quatre mois après l’investiture du président Martelly que le pays se retrouve sans un nouveau gouvernement.
Notons que le président de la République a déjà opérer de nombreux changements au sein de l’administration publique quatre mois après son arrivée à la tête du pays. Monsieur Martelly a également nommé de nouveaux délégués départementaux.

EJ/Radio Métropole Haïti

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