jeudi 29 septembre 2011

29 Sep

L’armée de Martelly se dévoile

Le Nouvelliste / 28-09-11

Le président Michel Joseph Martelly veut une armée nationale de 3 500 hommes d’ici juillet 2013 et la redynamisation du Service d’intelligence nationale (SIN). Le coût de ce projet ayant diverses composantes est, selon des estimations à prendre avec des pincettes, de 95 millions de dollars américains. Les amis d’Haïti, dont les Etats-Unis, ont été mis au parfum.Entre-temps, sur la toile, certains disent que le chef de l’Etat dévoile un projet qui donne froid dans le dos…Comme quoi, il se dévoile en dévoilant son plan sécuritaire.
La création de la nouvelle force armée nationale coûtera 50 000 000 de dollars us. Quelque 15 000 000 sont prévus pour indemniser les militaires démobilisés. Et 30 000 000 seront alloués à un service civique mixte obligatoire portant l’ardoise à 95 millions de dollars us, selon un projet comportant les grands axes de la politique de défense et de sécurité nationales du président Michel Joseph Martelly dont le journal a obtenu une copie.
Le projet du chef de l’Etat comporte aussi le retour du Service d’intelligence nationale (SIN) dont les missions consistent à rechercher, regrouper, traiter, archiver l’ensemble des informations collectées par différentes entités afin de permettre aux hautes autorités de l’État d’avoir une idée exacte de la situation sécuritaire du pays et de prendre des mesures préventives contre des activités susceptibles de porter atteinte à l’ordre public et à la sécurité nationale.
« La fragilité de l’État haïtien aujourd’hui le rend vulnérable aux risques de troubles internes pouvant plonger le pays dans l’anarchie. Dans un tel contexte, l’État haïtien doit se doter d’outils adéquats pour prévenir ces menaces plutôt que de se mettre dans une posture défensive », d’après ce document, qui indique que les objectifs du SIN sont de prévenir et lutter contre le terrorisme ; prévenir et de lutter contre toute forme d’activités maffieuses et de réseaux de trafiquants illégaux de toutes sortes; surveiller les organisations et mouvements extrémistes qui veulent semer l’anarchie dans le pays; prévenir et lutter contre les menaces internes et externes; lutter contre la cybercriminalité et surveiller les installations et sites stratégiques ».
Le projet déjà dévoilé
Gardé dans une relative discrétion, ce projet comportant les grands axes de la « politique de défense et de sécurité nationales » a déjà été présenté à des représentants de pays amis d’Haïti dont les Etats-Unis, la France, le Canada, le Chili ainsi qu’à la Minustah et au PNUD, deux jours avant le périple du président Martelly à l’ONU, a confié sous le couvert de l’anonymat un des conseillers de ce dernier pour les questions militaires.
« Les chiffres et dates qui figurent dans le document doivent être relativisés », a-t-il confié au journal, soulignant au passage une « réception positive » du projet par les pays amis d’Haïti.
Les mots des Etats-Unis
« Nous avons assisté à un briefing avec des bailleurs de fonds dans lequel le gouvernement haïtien a présenté des informations pour la création d’une deuxième force », a confirmé pour le journal le porte-parole de l’ambassade des Etats-Unis à Port-au-Prince, Jon E. Piechowski.
« Actuellement, nous étudions cette proposition du gouvernement haïtien », a expliqué Jon E. Piechowski, qui a souligné qu’il ne pouvait pas dire pour le moment si son pays allait ou non financer la création de cette nouvelle force ou fournir de l’assistance technique.
Jon E. Piechowski a rappelé que son pays supporte la PNH. « Nous avons supporté la PNH pendant longtemps et nous continuons d’appuyer le développement de la police haïtienne ». « Les pays qui appuient Haïti ont parlé de la nécessité d’augmenter l’effectif et l’efficacité de la PNH », a-t-il ajouté.
Le RNDDH voit d’autres priorités
« La création d’une nouvelle armée n’est pas la plus importante des priorités pour Haïti après le séisme du 12 janvier », a estimé Pierre Espérance du RNDDH, soulignant la précarité de ceux qui vivent sous des tentes et le taux de chômage très élevé dans le pays.
« L’Etat haïtien ne peut même pas équiper la PNH », a signalé Pierre Espérance. « L’important, a poursuivi le militant des droits de l’homme, c’est de renforcer les unités spécialisées de la PNH pour qu’elles puissent faire leur travail ».
« Nous ne sommes pas contre l’armée, aujourd’hui, nous disons tout simplement que ce n’est pas la priorité », selon Pierre Espérance qui croit que c’est possible dans 10 à 15 ans, après la résolution de certains problèmes socio-économiques.
« Tout nouveau pouvoir en Haïti a tendance à constituer son propre groupe armé pour se consolider. L’Etat de droit ne peut fonctionner comme ça », a insisté Pierre Espérance, l’un des responsables du RNDDH qui, mi-juin, avait invité le chef de l’Etat, Michel Joseph Martelly, à se séparer d’ex-policiers à la moralité douteuse dans son entourage.
Selon des sources concordantes, certains responsables de la sécurité du pays dont des membres du CSPN, n’ont pas eu connaissance de ce plan. « C’est un diplomate étranger qui m’a donné une copie », a confié, laconiquement l’un d’eux au journal, mercredi 28 septembre, en début de soirée.
Ils vont créer un monstre
Sur la toile, ceux qui ont lu le document comportant les grands axes de la politique de défense et de sécurité nationales s’alarment. « Ce sont les prémices d’un Etat policier qui s’annoncent. On va surveiller les gens et assassiner au nom de la sécurité nationale », selon un observateur inquiet.
Un diagramme de différentes entités qui seront vraisemblablement surveillées par le SIN figure une catégorie qui fait le buzz dans lequel on retrouve : hôtels, casinos, bordels, médias, ect.
Comme balancier
Le président Michel Joseph Martelly avait confié sa crainte à la tribune des Nations unies à New York : Haïti, pays instable, risque de sombrer dans l’anarchie si la Minustah s’en va de manière désordonnée. Et, sans se voiler la face, il avait souligné que ceux qui réclament ce départ dans l’immédiat font de la politique pour déstabiliser le pays.
La mission onusienne, déployée mi- 2004, véritable balancier politique en Haïti, sert les desseins du chef de l’Etat qui – avec une commission composée d’experts militaires- a élaboré ce projet comportant les grands axes de la « politique de défense et de sécurité nationales ». Le président, selon ce document, « continue d’insister sur les négociations à mener avec les puissances amies d’Haïti, dont la contribution reste nécessaire pour la remobilisation de la composante militaire de la force publique tant dans sa formation technique, son entraînement que dans son équipement ».
Cette force, d’après le président Michel Joseph Martelly, doit être « une armée nationale dans sa conception, apolitique dans son fonctionnement, défensive dans ses opérations et qui compte dans ses rangs des professionnels (médecins, agronomes, ingénieurs, etc.), des techniciens environnementaux et des agents forestiers adéquatement entraînés. Ces cadres constitueront la base logistique du pays et les « réserves » de la force publique pour une meilleure réponse aux catastrophes naturelles ou tous autres dangers mettant en péril la vie et les biens des citoyens ».
Le plan de mise en oeuvre de cette nouvelle force, lit-on dans ce document, tient compte de l’apport éventuel de la Minustah quant à sa participation à la formation des recrues et à la disponibilité de ses bases pour les séances de formation et d’entraînement. Il comporte aussi la formation d’un effectif de 3 500 hommes sur une période de trois ans et demi, selon le chronogramme ayant par exemple, entre le 18 novembre 2011 et janvier 2012, des activités visant à finaliser le recrutement de la première promotion, l’implantation des bases militaires de l’armée de terre, des bases navales et pistes d’atterrissage jusqu’au mois de juillet 2013 où le désengagement progressif de la Minustah sera entamé.
Le président Michel Joseph Martelly, arrivé au pouvoir il y a quatre mois, avait promis de garantir la sécurité des vies et des biens et l’instauration d’un Etat de droit. L’un des quatre E…
Roberson Alphonse
ralphonse@lenouvelliste.com

Haïti/Ratification:

Rencontre ce jeudi entre Garry Conille et le G16 au complet

mercredi 28 septembre 2011 à 16:27

imagesCAAJNE1KUne rencontre entre le docteur Garry Conille et tous les membres du groupe des 16 est prévue pour ce jeudi.

Le dossier du partage des responsabilités sera au centre des pourparlers, a indiqué le sénateur du Sud-est d’est d’Haïti, Joseph Lambert.

Le portefeuille du ministère de l’environnement, sauf surprise, sera attribué au chef de file du groupe majoritaire qui avait pourtant jeté son dévolu sur  celui de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales.

Cette réunion sera aussi l’occasion pour Garry Conille de convaincre les parlementaires du G16 encore réticents de voter en sa faveur

Conille, il y a un peu d’eau dans le gaz

Voté à l’unanimité par la Chambre des députés, Garry Conille peine à renouveler l’exploit au Sénat qui détient désormais la clef de la Primature. Tant du côté du G-16 – majoritaire au Grand Corps – que chez le groupe minoritaire, il y a de l’eau dans le gaz. Reportage.

Jeudi 28 septembre, 10 heures a.m., Garry Connille va jouer son va-tout face au G-16, majoritaire au Sénat mais indécis sur le choix du Premier ministre désigné. Dans les locaux de la plateforme INITE, dans le quartier de Bois-Patate, M. Conille, plébiscité il y a deux semaines à la Chambre basse, sera face au bloc majoritaire pour discuter de son avenir, dans la longue marche vers le poste de chef de gouvernement. Cette ultime rencontre précédera de quelques heures le rapport de la commission spéciale chargée d’analyser les pièces du Premier ministre désigné. « Le rapport sera déposé dans l’après-midi de ce jeudi au bureau du Sénat », a annoncé Simon Dieuseul Desras, président de la commission de huit membres.
En attendant la présentation du rapport à l’Assemblée, annoncée pour le début de la semaine prochaine, les fissures sont visibles chez les tombeurs de Bernard Gousse, ex-Premier ministre désigné par le président Michel Martelly. « Il y a des voix discordantes au sein du groupe », a admis le sénateur Joseph Lambert, coordonnateur du G-16. Mon devoir, dit-il, est d’évacuer le malaise et trouver la formule que le groupe des 16 sénateurs, majoritaire au Sénat, puisse réaffirmer sa cohésion habituelle.
La divergence sur le choix de Conille serait d’ordre idéologique, selon le sénateur du Sud-Est. Certains collègues hostiles à la politique néolibérale, a expliqué le sénateur Lambert, considèrent le Premier ministre désigné comme un transfuge de Bill Clinton, ancien président des Etats-Unis, symbole du capitalisme. « Ça suffoque et a des répercussions sur le groupe », se désole Joseph Lambert, qui attend l’ultime rencontre qui se tiendra avec Garry Conille avant de fixer la position éventuellement commune de sa bande.
L’apôtre de la politique anti-néolibérale au sein du G-16 se nomme Moïse Jean-Charles, déjà en opposition au chef de l’Etat, Michel Joseph Martelly. « Nous sommes divisés au sein du groupe et je ne suis pas prêt à violer l’article 157 de la Constitution », lance-t-il tout de go dans un entretien au journal. Le bruyant sénateur a ajouté, « j’ai été toujours contre l’application de la politique néolibérale dans le pays et je ne peux pas agir en dehors de mes convictions idéologieques. »
Membre de la commission spéciale chargée d’analyser les pièces du Premier ministre au Sénat, l’ex-maire de Milot dit avoir rélevé des anomalies dans certains des vingt-quatre documents déposés. Le parlementaire – qui traite avec son collègue Willy Jean-Baptiste la question de la résidence et de la Carte d’identification nationale du Dr Conille – s’est gardé de rélevées la nature des irrégularités révélées dans les pièces du prétendant à la Primature. Chose certaine, a assuré Moïse Jean-Charles, « le vote sera politique tout court ». L’aspect technique, a implicitement indiqué le sénateur, ne servira que de prétexte.
Interrogé sur les tendances du vote au sein du G-16, l’ancien conseiller de René Préval ne veut pas avancer de chiffres. « La voix minoritaire sera très importante », a fait savoir Jean-Charles à la veille de la rencontre de son groupe avec le Premier ministre désigné. Cette rencontre précédera l’acheminement avant la fin de la semaine du rapport de la commission spéciale au bureau du Sénat. La présentation du rapport à l’Assemblée des sénateurs pourrait avoir lieu le 3 octobre prochain.
Membre lui aussi du G-16, le sénateur Lucas St-Vil n’est pas hostile au choix de Garry Conille comme Premier ministre. « Il faut doter le pays d’un Premier ministre pour mettre fin aux nombreux cas d’irrégularités constatés dans les ministères et à la présidence », a mis en avant le sénateur du Nord-Ouest. Le chef de l’Etat, estime l’ancien coordonateur de la Concertation des parlementaires progressistes (CPP), utilise l’absence d’un gouvernement légitime pour multiplier ses irrégularités. Au-delà de sa sympathie pour le Premier ministre désigné, le sénateur St-Vil se dit prêt à voter selon les consignes du G-16. « La position du groupe sera la mienne », a fait savoir le parlementaire, qui évalue à 75% les voix du G-16 favorables à la ratification du choix de Garry Conille.
Déchirure chez les minoritaires aussi
Le choix du médecin qui a fait carrière dans le système des Nations unies ne fait pas non plus l’unanimité au sein du G-12, minoritaire au Sénat. « La déchirure est très grande en notre sein », a noté le sénateur Francisco De Lacruz. Ce groupe composé de sénateurs de diverses tendances politiques, a précisé l’élu du Plateau central, est une alliance circonstancielle. Le parlementaire se dit prêt à voter dans le sens de la plateforme Alternative dont il fait partie, « Sauf s’il y a de graves irrégularités dans le dossier de Garry Conille ». Jusque-là, la plateforme Alternative représentée par neuf membres au Sénat n’a pas encore donné de consignes à ses membres. Ses membres à la Chambre des députés avaient approuvé le choix de Conille, plébiscité d’ailleurs par tous ceux qui avaient répondu à l’appel nominal.
Tonitruant comme d’habitude, le sénateur Andris Riché s’est relativement calmé à l’approche de la présentation du rapport de la commission qui passe au crible les pièces du Premier ministre désigné. « J’attends un Premier ministre rassembleur, capable de sauver ce qui reste à sauver dans le pays », philosophe le pasteur devenu sénateur pour la deuxième fois consécutive. Anxieux après le vote massif obtenu par le Premier ministre désigné à la Chambre basse, le sénateur assimilait à « une honte » la décision des députés. Coordonnateur adjoint de l’Organisation du peuple en lutte (OPL) l’une des composantes de la plateforme Alternative, le sénateur Riché attend le rapport de la commission spéciale pour « voir si les pièces de Garry Conille sont conformes aux prescrits de l’article 157 de la Constitution ».
Steven Benoît en mode silence
Dressé, la veille, en opposition au chef de l’Etat, le sénateur Steven Benoît s’est gardé de révéler le sens de son prochain vote. « En tant que membre de la commission chargée d’analyser les pièces du Premier ministre désigné, je ne peux pas émettre d’opinion sur le sens de mon vote ; mais je sais comment je vais voter », a déclaré le sénateur de l’Ouest sur les ondes de Magik 9. Le père de la loi sur le salaire minimum a énuméré, mardi, les douze dérives de son ami Michel Joseph Martelly dans la gestion du pouvoir, avant de passer à l’opposition. Le pays va mal, dit-il, je passe à l’opposition. Le sénateur Benoît n’a pas indiqué encore si son opposition ira jusqu’à bloquer un Premier ministre désigné par l’ancienne vedette du compas direct.
Électron libre au Sénat, Jean-Hector Anacacis, lui, n’attend les consignes d’aucun groupe pour faire son choix. Le parlementaire – qui ne s’est pas encore remis du vote massif accordé par les députés à Garry Conille – fera abstention le jour du vote. « Je suis étonné de voir l’Assemblée des députés ratifier le choix de Garry Conille sans débat et sans aucun souci pour les articles 52 et 52.1 de la Constitution, qui stipulent clairement qu’à la qualité du citoyen se rattache le devoir civique et qu’il faut voter aux élections sans contrainte », a tempêté Jean-Hector Anacacis.
Une abstention qui risque de ne pas valoir de pesant d’or dans la balance si la majorité approuve le rapport qui, selon le sénateur Nènèl Cassy, serait à 70% favorable au choix de Garry Conille.
Claude Gilles
gonaibo73@yahoo.fr

Félix Léger : nouveau chef du parquet de Port-au-Prince

Le nouveau commissaire du gouvernement a.i de Port-au-Prince, Félix Léger annonce qu’il va travailler d’arrache-pied, afin de traiter certains dossiers qui sont dans les tiroirs du parquet depuis quelques temps.
Dans une interview accordée à Radio Télé Métropole Me Félix Léger a fait remarquer qu’un protocole de travail des magistrats a été créé en vue de faire le suivi de certains dossiers.
Le magistrat promet par ailleurs de poursuivre le programme « pas un jour de plus » initié par la doyenne du tribunal civil de Port-au-Prince, Jocelyne Casimir, afin de lutter contre la détention préventive prolongée.
Le nouveau commissaire du gouvernement a critiqué la méthode de travail de ses prédécesseurs. Il affirme qu’il envisage de privilégier les procédures techniques en ce qui concerne certains dossiers pendants.
Il fait appelle à la compétence et à la bonne foi des magistrats en vue de faire avancer les dossiers en dépit de leur maigre moyen.
Rappelons que Me Félix Léger remplace à ce poste, Sonel Jean François qui a été limogé par le ministre .ai de la justice jean Max Bellerive qui n’était pas content de certaines décisions prises par l’ancien Chef du Parquet, notamment la convocation du ministre de l’intérieur Paul Antoine Bien-Aimé.

Le 27e bulletin de l’ISPAN dédié à la Citadelle Henry

L’Institut de sauvegarde du patrimoine national vient de publier le 27e numéro de son bulletin électronique sur les biens immobiliers à valeur culturelle et historique d’Haïti. L’équipe de l’ISPAN consacre cette nouvelle publication notamment à la Citadelle Henry, l’une des prodigieuses forteresses de notre temps, classée au patrimoine mondial de l’humanité, et à la cathédrale du Cap vandalisée.

La Citadelle Henry, précédée du Bastion Coidavid, son principal élément d’identification

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La Batterie Coidavid et son éperon

Le palais du gouverneur de la Citadelle et ses dépendances

La cathédrale Notre-Dame de l’Asomption du Cap-Haïtien

Ce nouveau numéro s’inscrit dans le contexte historique et social qui a conduit aux fortifications érigées un peu partout à travers le pays, d’où l’essence de la construction de ce que l’architecte en chef des monuments historiques de France, Georges Duval, appelle « une oeuvre cyclopéenne » dans le département du Nord, dépassant le cadre fonctionnel strict d’un ouvrage militaire de défense pour se transformer en un monument, dédié à la victoire de 1803.
« L’attente d’un retour en force vengeur français est à craindre et entrave tout effort de construction du nouvel Etat. Pour parer à toute éventualité, un train de mesures est immédiatement pris. […] Tirant leçon de toutes les expériences précédentes de défense de ce territoire, Haïti va produire, en ce début de siècle, une série de fortifications jusque-là inédite dans les Amériques, correspondant aux exigences de défense d’une nation. Pas moins d’une trentaine d’ouvrages de défense seront érigés […] », lit-on dans le bulletin de l’ISPAN récemment publié sur le web.
La Citadelle Henry, selon le bulletin, est une pièce hors norme, tant par ses surprenantes dimensions que par la force de son symbolisme, de ce prodigieux réseaux d’ouvrages militaires. Cette forteresse est une singularité, un laboratoire social, une expérience unique dans l’histoire des premières années qui suivirent l’Indépendance, alors qu’en France, les débats se poursuivent autour de la Déclaration universelle des Droits de l’Homme. L’appel à la liberté et à la révolution qui fait grandement écho à Saint-Domingue à la fin du XVIIIe siècle.
Ils ont érigé dans le Nord la Citadelle Henry, « Une montagne sur la montagne », dont la silhouette massive, haute de quarante-cinq mètres, renferme d’importants trésors. Mais le lecteur relèvera que c’est surtout de l’artillerie militaire, notamment d’anciens canons se trouvant au sein de cette forteresse, dont parle le périodique de l’ISPAN. Son plan s’étalant sur un hectare et ses batteries, ses magasins, ses casernements, ses poudrières, ses escaliers s’étageant sur cinq niveaux, forment des paysages réels qui évoquent les dessins imaginaires gravés par Piranèse.
Le Bulletin, qui a fait des recommandations au Centre historique de Port-au-Prince, s’est arrêté à la ville du Cap-Haïtien après les actes de vandalisme perpétrés contre le monument aux Héros de la Bataille de Vertières et la profanation de la cathédrale Notre-Dame de l’Assomption en août dernier.
Le 27e numéro, une publication de l’Institut de sauvegarde du patrimoine national (ISPAN) destinée à informer le public sur l’actualité de la protection et la mise en valeur des biens immobiliers à valeur culturelle et historique de la République d’Haïti, termine avec la chronique des monuments et sites historiques d’Haïti.
Angie Marie Beeline Joseph
jbeeline@gmail.com

Inauguration du programme FORMAT de Yélé Haïti à Jacmel

La fondation Yélé Haïti a inauguré officiellement son programme de Formation professionnelle aux Métiers de l’Accueil touristique (FORMAT) au cours d’une cérémonie organisée à Jacmel, ce mardi 27 septembre 2011. Financé par Yélé Haïti et soutenu par le ministère du Tourisme, ce programme de formation est un projet pilote destiné à former 120 étudiants aux compétences de base de l’accueil hôtelier et des services touristiques.

L’ensemble des bénéficiaires du programme FORMAT.

(Photo: John Smith Sanon)

Derek Johnson, président de Yélé Haiti.

(Photo: John Smith Sanon)

Parris E. Jordan, président de HVS pour la région Caraïbes.

(Photo: John Smith Sanon)

L’inauguration du programme FORMAT de Yélé Haïti, dont l’objectif est d’accélérer la préparation des ressources humaines et de stimuler la croissance de l’industrie touristique « ré-émergente » d’Haïti, a eu lieu à l’école ménagère Anne-Marie Devarieux, annexe de Jacmel. La cérémonie s’est poursuivie à l’hôtel Cap Lamandou où une conférence de presse a été donnée par les initiateurs de ce projet pour en expliquer les différents points.
Pour concrétiser ce projet, Yélé Haïti s’est tournée vers HVS, une compagnie internationale spécialisée dans le conseil et les services en accueil touristique, explique Mme Claire Marie Massé, qui dirige le centre de formation de FORMAT. Ensemble, les deux partenaires ont retenu des formateurs pouvant faire bénéficier de leur expérience internationale, des enseignants haïtiens recrutés localement pour travailler ensemble durant les 6 mois du programme. Le cursus se concentre à la fois sur la formation générale aux services à la clientèle et les compétences hôtelières spécifiques dans des services comme le ménage (housekeeping), la réception (front desk) et boisson-restauration (Food and beverage), selon les explications fournies par madame Claire Marie Massé, également directrice de la Maison ménagère Anne-Marie Desvarieux, où se déroulera cette formation durant les six mois.
Selon Mme Massé, qui a conduit l’évaluation des candidats, 205 étudiants ont postulé pour bénéficier de cette formation, et 120 ont été retenus à l’issue d’une évaluation du niveau et des capacités des postulants dans 3 langues: créole, français et anglais. Le niveau minimum requis était la 9e année fondamentale.
Faire d’Haïti la première destination touristique dans la Caraïbe, tel est l’objectif poursuivi par le président de Yélé Haïti, Derek Johnson, qui explique que son organisation se concentre aujourd’hui sur l’aide à la reconstruction des vies en imaginant et en mettant en oeuvre des programmes qui permettent de trouver un emploi et des formations.
« C’est ce que ce programme FORMAT se propose de concrétiser, en donnant formation et assistance professionnelles à des Haïtiens qui sont prêts, capables et désireux de travailler, mais à qui il manque les compétences ou les opportunités nécessaires », ajoute-t-il.
Apres avoir fait un survol sur tout le pays, Derek Johnson a fini par faire choix de Jacmel (étant déjà une destination touristique) pour entamer ce programme parce que, selon lui, là-bas, plus d’entreprises étaient prêtes à accueillir les nouveaux employés.
«Des discussions sont déjà en cours avec le ministère du Tourisme pour explorer les possibilités de programmes de formation dans d’autres villes du sud d’Haïti », informe-t-il.
M. Johnson révèle que ce programme, financé à hauteur de 300 000 dollars, a nécessité cinq mois de planification, afin d’avoir un impact concret et durable. « Il a fallu d’abord chercher des emplois tout en préparant la formation », affirme-t-il, indiquant qu’un quart de ces 120 étudiants, qui proviennent de Jacmel et de ses environs, ont déjà un emploi dans l’hôtellerie. « L’ambition et la volonté de Yélé Haïti de trouver des opportunités d’emploi pour les futurs diplômés avant même de lancer le programme FORMAT représentaient un point crucial dans les efforts de la fondation. Résultats: les placements dans des hôtels, restaurants et bars locaux ainsi que d’autres opportunités dans le secteur du tourisme ont déjà étés identifiés pour près de 75 % des étudiants inscrits », fait-il remarquer.
Le directeur exécutif du programme, Parris E. Jordan, président de HVS pour la région caraïbe, met l’accent sur le fait qu’Haïti est située au bas de l’échelle en ce qui a trait aux chambres d’hôtel dans la Caraïbe. Cependant, souligne-t-il, Haïti est classée numéro quatre dans l’ordre des pays en construction de chambres d’hôtel dans la Caraïbe. « Bientôt, il y aura beaucoup de chambres, il faudra donc des gens pour travailler », ajoute-t-il.
« Ce programme, concocté sur mesure pour Yélé Haïti, devrait donner les moyens d’améliorer de façon significative les services de base à Jacmel, de stimuler le retour des visiteurs et l’économie locale en maintenant les efforts sur le long terme », confie Parris Jordan.
Le maire de Jacmel et le délégué départemental de l’Ouest, Pierre Michel Lafontant, présents à la cérémonie, ont remercié les initiateurs du programme et tous les autres acteurs ayant participé à sa réalisation. Ils espèrent que les jeunes pourront tirer un grand avantage de cette initiative qui, selon eux, vient toucher deux problèmes majeurs du pays : l’éducation et le chômage.
Notons que le lancement de ce programme coïncide avec la journée internationale du tourisme, 27 septembre, célébrée cette année autour du thème « Le tourisme et le rapprochement des cultures ».
John Smith Sanon
jsmithsanon@gmail.com

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