vendredi 30 septembre 2011

30 Sep

Le G-16 appuie Conille dans la division

Des négociations directes avec le Premier ministre désigné n’ont pas suffi à unifier le groupe majoritaire qui, selon le Sénateur Evalière Beauplan, entend propulser le candidat à la Primature moyennant l’attribution de ministères, directions générales et missions diplomatiques ; pour sa part, la commission spéciale aurait du mal à soumettre son rapport en raison de profonds désaccords sur les recommandations favorables à Garry Conille, affirme le Sénateur Moïse Jean-Charles qui fait partie des dissidents

Publié le jeudi 29 septembre 2011

Le Groupe des 16, majoritaire au Sénat, a eu jeudi une rencontre axée sur le « partage des responsabilités » avec le Premier ministre désigné, Garry Conille, question pour cette entité de conditionner à des concessions politiques importantes son vote à la veille de la séance de ratification.

« C’était une excellente rencontre », a dit Conille, après plusieurs heures de discussions au siège du parti Konba (membre de la plateforme INITE), ajoutant qu’il en est sorti pleinement satisfait. Très peu loquace, l’aspirant à la Primature s’est montré une fois de plus confiant en ses chances d’obtenir le feu vert des Sénateurs après avoir fait le plein à la Chambre des Députés.

Pour le reste, le Dr Conille a préféré laisser à ses interlocuteurs le soin de révéler le contenu de la conversation. Ce dont s’est chargé le Sénateur Evallière Beauplan qui affirme, sans donner davantage de précisions, que le Premier ministre désigné a parfaitement compris la nécessité du « partage des responsabilités ». Dans cette perspective, il a identifié le ministère de l’agriculture parmi les portefeuilles que le G-16 peut aisément décrocher au sein du prochain gouvernement. Conscient que les ambitions de pouvoir du groupe avaient aussi leurs limites, le parlementaire du nord-ouest a indiqué que les ministères régaliens sont pratiquement hors d’atteinte.

En revanche, Beauplan a clairement prévenu que les négociations ne s’arrêteraient pas au cabinet ministériel et engloberaient tout naturellement diverses directions générales et missions diplomatiques d’Haïti.

Il a estimé à 60% le niveau d’adhésion du Groupe des seize à la candidature de Garry Conille. Des efforts visant à convaincre les élus hostiles ou réticents étaient en cours afin d’éviter que la division ne gagne les rangs de la majorité lors du vote.

Mais, on devait apprendre jeudi soir que le groupe n’a pu parvenir à une position unitaire à l’issue d’une réunion spéciale consacrée à la séance de ratification.

Un des membres de la commission spéciale ayant examiné les pièces du potentiel futur Premier ministre, le Sénateur Moïse Jean-Charles, n’a pas caché son opposition à Conille dont le dossier présente, à son avis, des anomalies techniques. 75% des élus du G-16 se sont exprimés en sa faveur, affirme le parlementaire du nord en prédisant que le bloc majoritaire étalerait au grand jour ses contradictions.

Le désaccord ne s’est pas limité au G-16 et risque de marquer également la présentation du rapport de la commission sénatoriale. Selon Moïse Jean-Charles, tard jeudi après-midi, le document n’était toujours pas remis au bureau de l’assemblée en raison des contestations émises contre des recommandations favorables au Dr Conille. Certains membres de la commission refuseraient même de signer le rapport dans la version proposée.

Aucune date n’a encore été avancée officiellement pour la tenue de la séance au cours de laquelle, sauf surprise, l’ancien fonctionnaire onusien et proche collaborateur de Bill Clinton à la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH) devrait accéder à la Primature. spp/Radio Kiskeya

Garry Conille: Haut fonctionnaire public international

Par Kurdy Larèche et Jean Abner Charles

Depuis la désignation du docteur Garry Conille comme Premier ministre par le Président de la République, beaucoup se posent des questions ; à savoir, ce fonctionnaire des Nations unies est-il un haut fonctionnaire public international ? Jouit-il du statut diplomatique ou bénéficie-t-il du principe de l’extraterritorialité ? Autant de questions pour autant de réponses dans un contexte politique qui, à la lumière des analyses objectives, éclaireront la lanterne de toutes celles et tous ceux qui ont encore des doutes sur la situation de M. Conille, et sur son éligibilité au poste de Premier ministre.
La désignation du docteur Garry Conille au poste de Premier ministre aura favorisé dans l’opinion publique nationale la vulgarisation de concepts essentiels en matière de Droit international, à savoir : diplomatie multilatérale, fonction publique internationale, etc. En plus, elle aura suscité dans le milieu un vif débat à caractère intellectuel et académique digne du plus grand intérêt. Cependant, seul(e) saura se positionner avec justesse et objectivité celui (celle) qui aura choisi d’effectuer ne serait-ce qu’un court périple à travers les grands textes internationaux.
En fait, les expressions « diplomatie multilatérale et fonctionnaire public international » sont apparues dans l’histoire diplomatique avec la création de la première organisation internationale à vocation universelle, la Société des Nations. Éclatée en 1939 à l’occasion de la Seconde Guerre mondiale, la SDN sera remplacée par l’Organisation des Nations unies aussitôt après le conflit, en vertu de la Charte de San Francisco adoptée en 1945 et révisée le 24 octobre 2005. Cette dernière est constituée d’organes principaux, subsidiaires et d’institutions spécialisées. Elle dispose naturellement des ressources humaines nécessaires, appelées à agir en son nom et pour son compte. Car, pour toutes les organisations internationales, il s’agit d’assurer la permanence de leur mission et de maintenir leur indépendance par rapport aux États. La fonction publique internationale est donc née.
Pour Philippe Blachèr, auteur du « Droit des Relations Internationales », citant la Cour Internationale de Justice (CIJ) : Un agent international est « quiconque, fonctionnaire ou non, employé à titre permanent ou non, a été chargé par un organe de l’Organisation d’exercer ou de l’aider à exercer l’une des fonctions de celle-ci, bref, toute personne par qui l’Organisation agit.
D’un autre côté, l’article 1.1, chapitre I du Statut du personnel des Nations unies stipule en son alinéa (e) : « Le statut du personnel s’applique à tous les fonctionnaires de toutes les classes, y compris les fonctionnaires des organismes dotés d’un budget distinct, qui sont titulaires d’engagements relevant du Règlement du personnel ».
En clair, bénéficient du statut de fonctionnaires internationaux toutes personnes travaillant pour le compte d’une organisation internationale ; quand même elles ne se retrouvent pas toutes au même niveau. On distingue, en effet, différentes catégories de fonctionnaires dont les P-1, P-2, P-3, P-4 et P-5 ; puis les D-1 et D-2 ; et enfin, au sommet de la hiérarchie, le SSG et le SGA. Cependant, selon l’article 101, paragraphe 1 de la Charte de l’Organisation, tous sont nommés par le Secrétaire général, qui lui-même est nommé par le Conseil de Sécurité sur recommandation de l’Assemblée générale.
Bien entendu, le statut de haut fonctionnaire international confère au bénéficiaire un ensemble de privilèges et d’immunités clairement définis par la doctrine du Droit international public et les Conventions de l’ONU. En effet, l’auteur du « Droit des relations internationales » précise : « Pour remplir ses missions, le personnel d’une Organisation internationale dispose des privilèges et immunités reconnus aux diplomates ». Selon lui, il ne fait aucun doute que le haut fonctionnaire international bénéficie du rang de diplomate. Il s’agit toutefois de diplomatie multilatérale ; c’est-a-dire, la représentation d’une organisation internationale auprès d’un État ou inversement. La convention de l’ONU sur les privilèges et immunités du13 février 1946 conforte d’ailleurs M. Blachèr dans sa prise de position.
Le manuel de Droit diplomatique de Jean Salmon explique : « outre les privilèges et immunités prévus aux sections 19 et 20 de la Convention sur les privilèges et immunités adoptée le 13 Février 1946 par l’Assemblée générale des Nations unies, le Directeur général de chaque institution spécialisée, ainsi que tout fonctionnaire agissant au nom du Secrétaire général en son absence, tant en ce qui le concerne qu’en ce qui concerne ses conjoints et ses enfants mineurs, jouira des privilèges, immunités, exemptions et facilités accordés, conformément au Droit international, aux envoyés diplomatiques ».
Les haut fonctionnaires des Nations unies jouissent donc pleinement du statut de diplomate. On en veut, entre autres, pour l’établir qu’il est de rigueur qu’ils soient munis d’une lettre de créance, à remettre à telle autorité légale dans le pays hôte avant de prendre charge. Exactement comme il en est en diplomatie bilatérale, le système de représentativité des États entre eux.
D’autre part, la même CONVENTION SUR LES PRIVILÈGES ET IMMUNITÉS de février 1946 accorde aux hauts fonctionnaires des Nations unies le privilège de l’exemption d’impôts. Laquelle exemption n’est cependant pas complète. Ils ne sont pas exempts des impôts indirects, des droits de succession, des impôts et taxes sur les revenus privés et sur les biens meubles privés situés sur le territoire de l’Etat accréditaire, selon la convention de Vienne de 1961 sur les Relations Diplomatiques.
Tout compte fait, les privilèges et immunités reconnus en diplomatie bilatérale et multilatérale ne se diffèrent en rien. Les haut fonctionnaires internationaux sont donc fondés à se réclamer notamment de l’exemption d’impôts et du droit à l’extraterritorialité ; c’est-a-dire, le prolongement du territoire national dans n’importe quel pays hôte. Ce qui, dans le cas d’espèce en discussion ces derniers temps, tend à conférer au docteur Garry Conille la qualité qu’exige le poste politique où il est appelé actuellement. Compte tenu de son statut de haut fonctionnaire international de niveau D-1.
Kurdy Larèche
Professeur de Relations Internationales
Email : kurdy62000@yahoo.fr
Jean Abner Charles
Professeur de Relations Publiques et d’Histoire Moderne et Contemporaine
Email : jeanabnercharles@yahoo.fr

Haïti – Reconstruction :

On parle de performance et de corruption à la CIRH

29/09/2011 17:26:36

Haïti - Reconstruction : On parle de performance et de corruption à la CIRH

Le Bureau de performance et de lutte contre la corruption (BPLC) de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH) a tenu une session d’information à la salle Edna de l’Hôtel Montana le 28 septembre 2011 pour discuter des questions de performance et de corruption dans les passations de marchés. Cette séance est la première d’une série qui se tiendront avec la communauté travaillant en Haïti sur le suivi et l’évaluation de projets, ainsi que tous les partenaires intéressés à la reconstruction d’Haïti.
Les participants à cette séance ont pu explorer comment la corruption peut avoir un impact sur les passations de marchés dans un contexte de développement. A partir des discussions, ils ont pu comprendre comment certains schémas de corruption fonctionnent dans la pratique et examiner les différents mécanismes juridiques et contractuels qui ont été établis, à travers le monde, pour combattre ce fléau. Cette session, qui s’est déroulée de façon interactive, a servi aussi à lancer un appel à l’action pour les parties intéressées au sein du gouvernement, du secteur privé et de la communauté internationale à travailler avec la CIRH et la BPLC pour garantir l’application des pratiques de pointe au regard des protocoles opérationnels de la CIRH.
La CIRH a été créée pour coordonner et gérer l’aide en Haïti après le séisme dévastateur de janvier 2010. Elle vise à éviter la duplication et le gaspillage des ressources consacrées au développement et à la reconstruction. Au sein de la CIRH, le BPLC joue un rôle de surveillance indépendante. Il favorise la transparence et la reddition de comptes à la population haïtienne. Dans le cadre de ses attributions, le BPLC a récemment publié un rapport exhaustif des projets, mis à jour afin de présenter des informations détaillées, opérationnelles et financières pour chaque projet approuvé par la CIRH avant avril 2011. En plus de démontrer la transparence et la responsabilisation du processus, ce rapport du BPLC aide à faciliter une intégration plus poussée de la CIRH dans la reconstruction d’Haïti.
Marilyn B. Allein, Présidente de la Fondation Héritage a participé à la session avec un groupe d’étudiants, membres de la Jeunesse haïtienne contre la corruption (JHACCO). « Nous apprécions l’effort de la CIRH à être responsable et accessible au public haïtien. Nous avons besoin d’exhorter la société civile, le public, et en particulier les jeunes en Haïti à lutter contre la corruption et prendre part à ce combat » a déclaré, en substance, Mme Allein.
Didier Lavion, conseiller principal au BPLC, au cours de son intervention, a souligné l’importance de cette session. « La rencontre d’aujourd’hui entre des représentants du gouvernement, des ONG et de la société civile est la première de toute une série d’ateliers qui seront animés par le BPLC. Le haut degré d’engagement de ce groupe diversifié de participants à cette première session indique que cette initiative arrive à un moment décisif dans le processus de reconstruction d’Haïti. »
En savoir plus sur la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH) :
La CIRH a été créée par arrêté présidentiel le 21 avril 2010 dans le sillage du tremblement de terre dévastateur qui a frappé Haïti le 12 janvier 2010. La CIRH a pour mandat de procéder rapidement à la planification, la coordination et la facilitation des projets et des priorités du pays dans le domaine du développement, notamment l’examen et l’approbation des projets et programmes financés par les bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux, les ONG et le secteur privé. La CIRH est coprésidée par le Premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive et l’ex-Président Bill Clinton. Elle est placée sous la direction d’un Conseil d’administration, qui regroupe les parties prenantes haïtiennes et non-haïtiennes dans les efforts de reconstruction.
HL/ HaïtiLibre

Cinquième mission du Club de Madrid en Haïti

29 septembre 2011

La délégation du Club de Madrid a achevé, le 29 septembre, sa cinquième mission en Haïti au cours de laquelle ses membres ont eu des rencontres avec les plus hautes autorités du pays et avec les représentants des institutions internationales.

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Photo : Jesus Redondo Serrano – UN/MINUSTAH

« Conclure le processus de reconstruction et avancer vers le développement », tel était l’objectif de cette mission de quatre jours conduite par l’ancien Président de l’ile Maurice, Cassam Uteem, et l’ancien Premier ministre du Canada et Vice-président de la Global Leadership Foundation, Joe Clark.

Parmi les membres de la délégation figuraient aussi le Secrétaire général adjoint du Club, Maria Elena Agüero, et l’Expert international et ancien responsable onusien, Juan Gabriel Valdés.

Pour ce dernier,  « le but de la visite est d’appuyer le processus d’institutionnalisation politique, ainsi que le dialogue politique en Haïti».

Arrivés à Port-au-Prince le 26 septembre, les membres du Club de Madrid ont rencontré le président Michel Joseph Martelly avant d’avoir des séances de travail avec les sénateurs et les députés au cours desquelles l’accent a été mis sur « le travail parlementaire en situation de cohabitation ainsi que sur les relations entre le Parlement et la société civile ».

La délégation a aussi eu une réunion de travail avec le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies et chef de la MINUSTAH, Mariano Fernández Amunátegui,
et avec le Directeur régional pour l’Amérique Latine et les Caraïbes du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), Heraldo Muñoz, qui lui aussi était en mission en Haïti durant le même période.

Le Club de Madrid s’est également entretenu avec le Premier ministre sortant Jean Max Bellerive, le Premier ministre désigné, Gary Conille, le représentant spécial adjoint et Coordonnateur humanitaire, Nigel Fisher, et avec la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH), dans le but « d’accompagner le début d’un processus de réflexion sur l’aide extérieure comme instrument pour la prestation de services nécessaires ».

Le 29 septembre, la délégation du Club de Madrid s’est rendue au Cap-Haïtien -département du Nord- en compagnie du chef de la MINUSTAH pour une importante rencontre avec les maires et autres élus locaux  afin de partager leurs expériences en matière de décentralisation, dans le cadre du renforcement des capacités institutionnelles du pays.

Le Club de Madrid est une organisation indépendante dédiée au renforcement des valeurs et leadership démocratiques aux quatre coins du monde. Elle fait appel à l’expérience unique de ses membres – 80 anciens Chefs d’Etat et Gouvernement de plus de 56 pays – qui mobilisent leur temps, expérience et connaissances pour mener à bien leur mission. Le Club de Madrid constitue le plus grand forum d’anciens Présidents et Premiers Ministres au monde, offrant aux dirigeants actuels une source inégalée de connaissances et expériences politiques. La mission du Club de Madrid en Haïti fait partie du projet « Leadership Global pour la Reconstruction d’Haïti », une initiative du financièrement appuyée par l’Union européenne.

Haïti – Police :

Formation en dactyloscopie…

29/09/2011 13:23:56

Haïti - Police : Formation en dactyloscopie...La semaine dernière, la Police des Nations Unies (UNPol) a formé une quinzaine d’agents de la police judiciaire et de l’administration pénitentiaire à la dactyloscopie (technique d’identification par les empreintes digitales), à la gestion des scènes de crimes, les constats, la protection des traces et des indices. La signalisation des personnes, le classement et la documentation ont également été abordés lors de cette formation.
Selon David de Giles, le coordonnateur terrain du projet État de droit du PNUD « cette formation entre dans le cadre du projet justice, police et prison pour lequel le PNUD fournit son assistance technique à l’État haïtien ».
Parmi ses objectifs, faciliter le suivi des dossiers judiciaires des récidivistes, renforcer la capacité technique des officiers de police judiciaire dans l’identification judiciaire, établir un système de données d’identité judiciaire de toutes les personnes prévenues de crime ou délit, mettre en place un outil d’information et de renseignements judiciaires fiable qui sera à la disposition des autorités judiciaires, policières et pénitentiaires, notamment en ce qui concerne la délivrance des casiers judiciaires.
Le Commissaire François Dukene Rodnez, Directeur départemental du Sud-Est de la police, s’est dit « rassuré », estimant que « dorénavant, les policiers formés, s’acquitteront de leurs fonctions avec beaucoup plus de professionnalisme ». De son côté, Me Jean Antoine Féhaud, Commissaire du Gouvernement auprès le Tribunal de Première Instance de Jacmel, a indiqué que cette formation « très utile, facilitera beaucoup le travail et la coopération entre la police et la justice et nul ne sera arrêté à la place de l’autre. »  
Exécuté à titre expérimental, ce projet résulte d’une collaboration entre le PNUD, l’UNPOL, la Direction Départementale de la Police Nationale d’Haïti et le Parquet du Tribunal de Première Instance de Jacmel.
S/ HaïtiLibre

Le prix de la gratuité de l’éducation…

A partir du lundi 3 octobre, 142 000 enfants de 6 à 12 ans qui n’ont jamais été à l’école, issus de huit départements du pays, vont finalement débuter leur scolarisation, a rassuré ce jeudi au Nouvelliste Georges Gaston Mérisier, conseiller en éducation du président de la République. Pas de nouvelles constructions d’écoles, encore moins des ajouts de salles de classe. M. Mérisier a expliqué que 80% de ces enfants sont inscrits dans des écoles publiques qui vont fonctionner en double vacation. Par ailleurs, il a rappelé que l’Etat annule cette année les frais scolaires réclamés dans les écoles nationales à travers le pays…

Georges Gaston Mérisier, conseiller en éducation de Michel Martelly

A écouter le chef de l’Etat ou son conseiller en éducation, Georges Gaston Mérisier, à partir du lundi 3 octobre, date de la réouverture des classes, on ne verra plus d’enfants de 6 à 12 ans errer dans les rues des départements du Sud, du Sud-Est, des Nippes, de la Grand’Anse, du Centre, du Nord, du Nord-est et du Nord-Ouest, sans aller à l’école. Car tous les enfants qui n’ont jamais été à l’école ou qui ont fait leur première ou deuxième année sans pouvoir terminer, ont été répertoriés et inscrits dans une école.
« Depuis environ deux mois, le ministère de l’Education nationale a mobilisé toutes ses structures, que ce soient les cadres au niveau central ou les directions départementales. Nous avons été chercher ces enfants partout, que ce soit dans les sections communales pour les inscrire à une école », a indiqué ce jeudi Georges Mérisier au Nouvelliste.
« Non seulement nous avons été chercher ces enfants sans distinction, mais aussi, nous prenons aujourd’hui le soin de n’oublier aucun d’entre eux », ajoute-t-il, soulignant que ces enfants ont été répertoriés à partir d’une méthode de porte à porte.
80% de ces enfants, poursuit le conseiller du chef de l’Etat, ont été inscrits dans les écoles publiques des départements concernés et les 20% restants dans des écoles communautaires, presbytérales et missionnaires.
« Un accord va être signé avec les responsables de ces écoles et l’Etat paiera pour les 20% de ces enfants », a expliqué le conseiller, soulignant que la subvention des matériels scolaires octroyée depuis quelques années aux parents continue.
Des écoles dans les sections communales !
En ce qui a trait aux enfants issus des sections communales reculées qui parcourent plusieurs kilomètres à pied pour se rendre à l’école, Georges Mérisier a aussi annoncé la couleur à travers le programme d’Education gratuite. « Dans les sections communales dépourvues d’écoles, les enfants vont suivre leurs cours dans des espaces temporaires en attendant la construction des bâtiments au cours de l’année scolaire. Nous avons déjà panifié la construction de ces écoles », a confié celui qui est pressenti par le président pour être ministre de l’Education.
« Nous voulons faire en sorte que l’enfant ne parcoure pas une longue distance pour aller à l’école. Nous privilégions la proximité », a ajouté Georges Gaston Mérisier.
Quelle pédagogie appliquée ?
On n’a pas encore d’informations sur le nombre d’enfants qui seront repartis par salle de classe, encore moins le niveau des enseignants recrutés pour ce programme; toutefois le conseiller du président a assuré que les enfants, selon leur âge, seront divisés en trois groupes, soit en trois classes.
« Nous avons un groupe de 6 à 7ans, c’est une première classe. Ce sont des enfants qui ont l’âge normal d’aller à l’école. Ils vont passer six ans avant de boucler leur fin d’études primaires », explique Georges Mérisier.
Il y a un groupe de 8 à 9 ans qui forme une deuxième classe, poursuit-il. « Nous avons élaboré un programme spécial pour ces enfants. Au lieu de passer six ans avant de boucler la sixième année, ils vont le faire en quatre ans », fait remarquer Mérisier.
Dans le dernier groupe se trouvent les enfants de 10 à 12 ans pour lesquels nous avons également développé un programme accéléré de trois ans. Ce groupe aura à subir les examens de certificat d’études primaires après trois ans. Reste à expérimenter l’efficacité d’un tel programme et le nombre d’heures qui sera consacré à cet effet. Faire en trois ans ce que l’on n’arrive pas souvent à faire en six ans est plus qu’un défi, et la qualité de l’éducation devrait être aussi remise en question.
L’Ouest et l’Artibonite pour l’année prochaine
Les départements de l’Ouest et de l’Artibonite ne sont pas concernés cette année par le programme d’éducation gratuite. L’Artibonite n’est pas concerné cette année, a souligné le conseiller du président, du fait que c’est le département ayant bénéficié beaucoup plus du programme baptisé « Education pour Tous » du ministère de l’Education nationale.
« Il y a une raison objective qui a fait renvoyer à l’année prochaine le programme d’éducation gratuite dans l’Ouest. Beaucoup de familles vivent encore dans les camps avec les enfants. Or, le gouvernement prévoit de les reloger. Il sera donc difficile de retracer ces enfants », a expliqué Georges Gaston Mérisier.
« Pour l’Ouest et l’Artibonite, l’Etat a pris des dispositions pour rendre gratuite la scolarisation de tous les enfants inscrits dans une école privée en première année fondamentale, toujours dans la logique de la gratuité de la scolarisation », a-t-il confié. 120 00 enfants, prévoit-il, vont en bénéficier.
Annulation des frais scolaires dans les écoles publiques
A en croire le conseiller en éducation du chef de l’Etat, les frais scolaires (100 à 200 gourdes) habituellement réclamés dans les écoles nationales, de la 1ere à la 6e année fondamentale, ont été annulées cette année à l’échelle du pays. Les parents n’ont pas à verser un sou à ces écoles.
« Le pouvoir central va octroyer une allocation budgétaire par enfant à ces écoles pour leur fonctionnement », a indiqué Georges Mérisier.
« Notre objectif, c’est de ne plus voir d’enfants en âge scolaire vagabonder dans les rues. Nous avons mis des structures en place à cet effet, maintenant il reste à vérifier si tout marche bien », a fait savoir le conseiller du président. Tout le monde est mobilisé, dit-il, pour s’assurer que tous les enfants de 6 à 12 ans – qui doivent être à l’école – sont à l’école.
Il suffira de confronter les discours avec les faits!
Valéry DAUDIER
vdaudier@lenouvelliste.com

Le président Martelly déclare la guerre à l’insécurité alimentaire

La première dame, Sophia Martelly, offrant un sac de produits alimentaires à une jeune dame

Des femmes portant sur leur tête des sacs de nourriture offerts par la Fondation Rose et blanc

« Aba grangou » ! C’est l’appellation d’un programme national contre la faim initié par le président de la République, Michel Joseph Martelly. Il s’agit d’apporter, à court, à moyen et à long terme, des réponses concrètes à la situation d’insécurité alimentaire qui sévit dans le pays. Le rêve du chef de l’Etat, c’est de voir que chaque Haïtien arrive enfin à s’alimenter trois fois par jour.
Pas moins de 4,5 millions d’Haïtiens, soit 45,2% des ménages, vivent dans l’insécurité alimentaire modérée sur tout le territoire national. Selon certaines études, 800 000 d’entre eux sont en situation critique, tandis que 200 000 autres se trouvent dans une situation de famine de niveau très élevé. Les départements les plus frappés sont: l’Artibonite (60%), le Nord-Ouest (57,7%), le Sud-Est (51,4%), le Sud (45,8%) et le Centre (43,9%). Sont mis en cause, entre autres, dans cet état de fait, la hausse des prix des produits de première nécessité sur le marché international, l’aggravation de la situation des ménages après le séisme du 12 janvier 2010 et aussi le retard des pluies enregistré en 2011, particulièrement dans le Grand Nord, et le fait que 78% de la population vivent en dessous du seuil de pauvreté.
Conscient de cet état de fait depuis bien avant son ascension au pouvoir, Michel Joseph Martelly s’est impliqué dans l’assistance sociale pendant 18 ans à titre de simple citoyen. Devenu président de la République – il y a seulement quatre mois -, il continue à accompagner les populations défavorisées en dépit de l’absence d’un nouveau Premier ministre. En effet, un plan d’actions, sur lequel il a travaillé avec son équipe, a été élaboré dès le début de la campagne et lui sert de guide dans la mise en branle du programme « Aba grangou ». L’un des objectifs de ce plan est d’apporter dans l’immédiat des réponses concrètes en faveur des personnes les plus affectées.
D’où la mise sur pied de ce programme national, dont le suivi est coordonné par le Bureau de la première dame et l’exécution sera assurée par les ministères concernés par la question et avec l’appui du Parlement.
A court, à moyen ou à long terme, ce programme de lutte contre la faim et de réduction de la pauvreté – qui s’étale sur cinq ans – comprend différents aspects :
– renforcement du Plan national de cantines scolaires (PNCS) afin d’atteindre plus d’enfants dès la réouverture des classes, le 3 octobre prochain. Selon le président Martelly, un élève qui n’arrive pas à manger à sa faim ne peut pas apprendre à l’école. En ce sens, des moyens de fonctionnement adéquats seront mis à la disposition de cette entité étatique ;
– distribution de kits alimentaires dans les communes et les quartiers où les personnes en situation d’insécurité alimentaire élevée seront identifiées pour être assistées. Cela doit débuter incessamment dans le souci du chef de l’Etat de gérer l’urgence ;
– transferts d’argent en faveur des gens les plus vulnérables, en commençant prioritairement par les mères de famille vivant seules avec leurs enfants. Chaque mois, elles bénéficieront d’une somme pour la nourriture. Cet aspect du programme sera effectif au début de l’année 2012 à travers le réseau national des banques mobiles. Cependant, le processus d’identification des bénéficiaires démarre très prochainement.
Le programme « Aba grangou » est basé sur quatre grands axes : accès à la nourriture (à travers les cantines populaires, la distribution de kits alimentaires et les transferts d’argent); gestion des risques contre la hausse des prix des produits alimentaires; développement de l’agriculture de subsistance; création de sources de revenus.
Ce programme d’assistance sociale sera couplé avec la valorisation de la production nationale. Dans cette perspective, le président Martelly, qui prône la relance effective de la production agricole, s’engage pour que les produits alimentaires à distribuer aux familles nécessiteuses soient des produits haïtiens. Des produits qui seront achetés surtout chez les petits producteurs locaux.
La lutte contre la faim a également rapport avec la problématique de l’accès à l’eau potable. A cet effet, le président de la République entend mobiliser tous les moyens nécessaires de l’Etat dans les zones où cette ressource se fait rare ou n’existe simplement pas du tout.
L’insécurité alimentaire est plus élevée dans les zones rurales. Toutefois, la situation de la région métropolitaine de Port-au-Prince (Ouest), avec 41% de personnes affectées, est préoccupante. A travers le programme « Aba grangou », la priorité est accordée d’abord aux 200 000 cas d’insécurité alimentaire élevée, ensuite aux 800 000 cas en situation critique. Le chef de l’Etat veut qu’à la fin de son quinquennat chaque famille haïtienne ait accès à une alimentation suffisante et nutritive.

Les premiers résultats du recensement agricole

Le Recensement général de l’agriculture (RGA) livre ses premiers résultats. Le département du Sud-Est dispose de ses chiffres avant les autres. Mais les responsables assurent que département après département, les statistiques relatives au secteur agricole haïtien seront bien disponibles. Stratégie ou contraintes techniques, le ministère de l’Agriculture des Ressources naturelles et du Développement rural doit publier la synthèse générale d’ici le mois de mai 2012.

Exploitation de choux dans les hauteurs de Marigot

(Photo: Dieudonné Joachim)

L’enquête exploitation du Recensement général de l’agriculture (RGA) révèle que seulement 2,5% des parcelles du département du Sud-Est sont irriguées dans 86 409 exploitations agricoles. En réalité, 1,8% de la totale est irriguée. Et s’il faut faire la part de la situation, 69,7% des parcelles qui sont irriguées le sont par l’eau des fleuves et des rivières. Pour le reste des parcelles irriguées, les eaux proviennent de forage de puits (16,7%), des lacs et étangs (13,4%) et autres sources d’eau (0,2%). La quasi-absence d’irrigation n’est pas le seul problème de l’agriculture dans ce département.
L’accès au crédit dans le secteur agricole haïtien demeure un voeu pieux. Les premiers chiffres du RGA le confirment en partie : 5% des exploitants, représentant 6% de la superficie agricole utile, ont cherché à contracter un crédit. Seulement 31,4% de ces derniers ont pu l’obtenir, soit 1,6% de l’ensemble des exploitants du Sud-Est où l’enquête a recensé 179 859 parcelles. Ce département compte des exploitants aussi bien dans la production végétale que dans la production animale.
Différentes activités agricoles et para-agricoles sont pratiquées dans Sud-Est. L’enquête exploitation montre que 99,5% des exploitations sont impliquées dans la production végétale, 85,5 % pratiquent l’élevage de bétail, 84,6 % s’adonnent à l’aviculture et 18,2 produisent du charbon de bois. Il faut comprendre qu’un exploitant investit dans plusieurs secteurs à la fois.
Les superficies des grands groupes d’occupation du sol montrent que les céréales occupent 39% des superficies totales cultivées, dont 77,3% en première saison. Ensuite viennent les légumineuses avec 31,8% des superficies totales, dont 75,1% en première saison, les légumes : 11,4% des superficies totales et les fruits et les noix : 7,9% des superficies.
En qui concerne le statut juridique des 179 859 parcelles recensées dans le Sud-Est, 44,1% des superficies proviennent d’achat. Les parcelles représentent 0,33% carreau de terre en moyenne. 33,6% sont des héritages. Le reste concerne le partage/mineurs, 12,9% des superficies, 4,5% appartiennent à l’Etat et collectif (entre mineurs) 3,2%.
Une autre bonne explication de la léthargie de l’agriculture : l’éducation et la formation agricole des exploitants. L’enquête fait remarquer dans ce département que 63,3 % des exploitants ne savent ni lire ni écrire, seulement 0,3 % sont des universitaires, 97,9% ont appris le métier d’agriculteur sur le tas, contre 0,1% qui ont fréquenté l’université.
La situation des statistiques agricoles avant le RGA a été marquée par le vide informationnel dans le secteur et dans le monde rural en particulier, expliqué par : l’absence de données de base sur le secteur ; l’absence d’un système de génération de statistiques agricoles. Les rares données existantes sont des estimations effectuées depuis plus de 20 ans.
Elle est aussi caractérisée par un manque de coordination des activités statistiques traduit par la diversité des méthodes utilisées, le problème de validation des données générées, la multiplicité d’opérateurs générant des données pour leurs propres besoins. Devant ce constat, le Ministère de l’Agriculture des Ressources naturelles et du Développement rural (MARNDR) a décidé de réaliser le recensement général de l’agriculture dont les premiers résultats ont été présentés, le mardi 27 septembre, au ministre titulaire et aux partenaires par les agronomes Bruno Bolivar et Rideler Philius, respectivement coordonnateur national et coordonateur national adjoint du RGA.
« Le menu des statistiques agricoles de base du pays commence à être disponible. Les résultats des autres départements suivront progressivement. L’effort consenti pour générer aura sa raison d’être, lorsque, parallèlement au gouvernement, les autres catégories l’exploiteront », a affirmé le ministre démissionnaire de l’Agriculture, Joanas Gué, qui annonce que son ministère organisera vers la fin de l’année un atelier réunissant les générateurs et utilisateurs de statistiques agricoles.
Le RGA, lancé en septembre 2007, comprend deux opérations : l’enquête communautaire et l’enquête exploitation, cherche globalement à contribuer à la réduction de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire grâce à des stratégies et politiques plus efficaces définies et mises en oeuvre sur la base d’informations statistiques structurelles fiables, pertinentes et actuelles, selon le ministère de l’Agriculture. Cette enquête exhaustive réalisée entre mars et novembre 2009 dans toutes les sections communales du pays a mobilisé pas moins de 1 210 personnes, dont 1 005 enquêteurs, 171 contrôleurs…
Dieudonné Joachim
djoachim@lenouvelliste.com

Edito

Haïti: 1991-2011 : l’Armée contre Lavalas

Que de mauvais souvenirs ! Que de cadavres !
Vingt ans après le «fameux» (au fond dévastateur) coup d’Etat du général Raoul Cédras contre le président constitutionnel Jean-Bertrand Aristide en 1991 (29-30 septembre), le pays ne se trouve ni en bonne santé ni en meilleure position. Un face-à-face que la communauté internationale allait exacerber non pas dans l’intérêt du pays, mais à des fins qui ne correspondent en rien aux règles d’un arbitrage objectif et sincère. Nourris par une tradition guerrière, les problèmes de fond qui rongent la société civile, le secteur des affaires et la classe politique n’ont pas disparu. Au contraire, avec les nouveaux acteurs et les mêmes figures, ils se sont transformés tristement en « dossiers » à l’usage des experts internationaux.
Que de drames, souvent sanglants, n’avons-nous connus !
La démobilisation des Forces Armées d’Haïti en janvier 1995 et l’exil forcé du président Jean-Bertrand Aristide en février 2004 en sont les plus spectaculaires. Irréductibles, les partisans du coup d’État de 1991 et, concomitamment, les supporters de l’embargo ont tous connu, comme dans une sorte de descente aux enfers, l’exil et les affres de la mort, le dechoukaj et la solitude. Cette période d’extrême souffrance et de faillite pour le pays, notamment pour d’honnêtes et laborieux entrepreneurs, a symbolisé, s’il en était besoin, l’effervescence d’une crise de transition inaugurée le 7 février 1986 avec le départ précipité de Jean-Claude Duvalier dans des conditions chaotiques.
Aujourd’hui encore, les causes fondamentales de l’échec du coup d’Etat et du retour à l’ordre constitutionnel ou démocratique en octobre 1994 constituent de véritables obstacles à l’implantation d’un Etat de droit stable et inclusif en Haïti. Avons-nous tiré de façon positive les terribles mais salutaires leçons de ces années de plomb ?
L’affrontement macabre entre putschistes et lavalassiens a ruiné le pays et terni son image à tous les nivaux. Les principes et les bases institutionnelles de l’Etat de droit n’ont pas été défendus ni renforcés, quoi qu’on dise. Sur fond de corruption et d’insécurité, les expériences gouvernementales catastrophiques et les nombreuses élections contentieuses ultérieures ont montré que ni la démobilisation des FAD’H ni la présence des Casques bleus sur notre sol ne sont, à bien y regarder, des gages d’une démocratie représentative et libérale digne de ce nom.
Vingt ans après, nous sommes encore en train de faire face à tous nos vieux démons : celui de l’exclusion et celui du cannibalisme politique; celui de la passion effrenée pour le pouvoir et celui du clientélisme « ti koulout». Tant d’années de lutte et de terreur pour rien, en fin de compte !
Pierre-Raymond Dumas
Courriel : padreramondumas@yahoo.com
Cell : 3903-8505 / 3557-9628

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