samedi 01 octobre 2011

1 Oct

Bras de fer Martelly – Benoit:

jusqu’où ne pas aller trop loin?

Vision 2000 / vendredi 30 septembre 2011 à 16:35

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Le chef de l’Etat s’en prend au parlementaire suite aux critiques, en début de semaine, de ce dernier à son encontre. Michel Martelly parle ‘’d’accident’’ le fait par le sénateur Benoit d’avoir été l’instigateur de la loi sur le salaire minimum.

Le parlementaire qui, de son coté, dit ne pas vouloir polémiquer avec Martelly, révèle que le président de république souhaiterait qu’il échoue au sénat, ce qui réduirait ses chances d’élire président d’Haïti au cas il aurait l’intention de se porter candidat en 2015.

La réponse du président Michel Martelly au sénateur Steven Benoit, son ami de longue date, ne s’est pas faite attendre. 4 jours après que le premier sénateur de l’Ouest eut dénoncé publiquement les dérives du chef de l’Etat et annoncé qu’il passe à l’opposition, Michel Martelly a répliqué en ces termes.

Michel Martelly parle de coup de chance le fait par le sénateur Benoit d’avoir été à l’origine de la loi sur le salaire minimum. Ce qui prouve que le courant ne passe plus entre les deux hommes de Pétion-Ville. Pourtant, le parlementaire ne veut du tout pas entretenir une polémique avec le chef de l’Exécutif.

Toutefois, le parlementaire de l’Alternative a tenu à souligner que Michel Martelly lui donne l’impression qu’il se réjouirait de son échec au sénat de la république. D’ailleurs, précise le sénateur Benoit, Martelly a très peur qu’il le remplace à la présidence d’Haïti lors des élections de 2015.

Alors qu’il avait clairement dit qu’il passe à l’opposition, le responsable de la commission anti-corruption au sénat de la République a fait un revirement qui pourrait surprendre plus d’uns. « Je ne suis pas en opposition à Michel Martelly pour le moment », martèle-t-il.

Steven Benoit a beau tirer les foudres de Michel Martelly mais n’entend pas courber l’échine. Il dit déterminer à faire son travail de parlementaire comme il se doit quitte à ce que cela dérange.

C’est le mardi 27 septembre dernier que le sénateur Steven Benoit avait publiquement annoncé son divorce d’avec Michel Martelly dont il était un fervent supporter. Il avait expliqué sa décision par le fait que le chef de l’Etat a commis plusieurs dérives notamment la non publication de la loi électorale amendée, le dysfonctionnement de la Cour de cassation, la soumission exclusivement à la communauté internationale du plan de constitution d’une nouvelle Force de Défense nationale et le revirement du chef de l’Etat dans le dossier de la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti, CIRH.

Jusqu’où ne pas aller trop loin ?

 

Premier Ministre: Rapport favorable, vote encore indécis

Un vote favorable à Garry Conille est recommandé par la commission spéciale des sénateurs, chargées d’analyser les pièces du Premier ministre désigné. Le rapport déposé au bureau du Grand Corps attendait, jusqu’à vendredi après-midi, les signatures de trois des huit membres de ladite commission. Reportage.

Simon Dieusul Desras, président de la commission spécial

Le Premier ministre désigné Garry Conille

Les membres de la commission spéciale

(Photo: James Alexis)

Crédité d’un rapport favorable de la commission spéciale qui a passé au crible ses pièces au Sénat, Garry Conille n’est toujours pas assuré de son ascension à la tête de la Primature, siège du gouvernement. « Dans le document rédigé en 14 pages, la commission a recommandé, sans langue de bois, un vote favorable à Garry Conille », a confié au journal, sous le couvert de l’anonymat, un sénateur qui a dirigé l’une des sous-commissions.
Interrogé sur la conclusion et les recommandations du rapport, le président de ladite commission, Simon Dieuseul Desras, entend garder le secret entier jusqu’à sa présentation en assemblée dans l’après-midi du lundi 3 octobre prochain. Trois tendances se sont dégagées au sein de la commission avant la conclusion du rapport, a indiqué le sénateur de l’Organisation Lavni, interrogé par moult journalistes. « Recommander recommander un vote favorable au Premier ministre désigné ; un vote défavorable à ce dernier ou demander à l’Assemblée de décider souverainement ont été les divers cas de figure envisagés par les membres de la commission », a expliqué le sénateur Desras. Finalement, a-t-il ajouté, la majorité des membres ont convenu de la nécessité de produire un rapport avec une conclusion et des recommandations.
Au lendemain de son dépôt au bureau du Sénat, le rapport attendait encore la signature de trois des huit membres de la commission. « Les sénateurs François Annick Joseph et Moïse Jean-charles n’ont pas encore signé parce qu’ils sont en province ; et Nènèl Cassy est au chevet de sa femme atteinte, jeudi soir, d’une balle », a précisé le président de la commission. La majorité des huit membres, a noté M. Desras, est d’accord sur le principe du rapport.
Le sénateur Steven Benoît, qui a récemment énuméré « les douze dérives » du président Michel Martelly, figure parmi les signataires du rapport. « J’ai signé le rapport en dépit de mes désaccords avec mes collègues sur certains points », a indiqué le parlementaire élu sous la bannière de la plateforme Alternative. Une mention des désaccords dans le rapport n’a pas été prise en compte par ses collègues qui ont préféré parler de controverses. « J’aurai à exprimer publiquement mes désaccords à l’issue de la présentation du rapport à l’Assemblée », a indiqué le sénateur de l’Ouest.
Le sénateur Moïse Jean-Charles, selon une source proche de la commission, ne serait pas enclin à la signature du rapport. Le bruyant sénateur du Nord, qui a été faire des investigations à l’Office national d’identification (ONI) et à la mairie de Pétion-Ville, a revelé des irrégularités dans les pièces de Garry Conille au regard de l’article 157 de la Constitution de 1987. « Garry Conille n’est pas enregistré dans le système de l’Office national d’identification », a insisté le sénateur Jean-Charles, en marge d’une ultime rencontre entre le Premier ministre désigné et le groupe des 16 sénateurs, majoritaire, au Grand Corps.
La question de résidence du Dr Conille n’est toujours pas élucidée, selon le parlementaire. Le sénateur de la plateforme INITE prédit « un vote politique » au Sénat qui ouvrira davantage les portes de le Primature à Garry Conille qui n’a pas voté aux élections organisées dans le pays depuis l’instauration de la Carte d’identification nationale (CIN) sous la présidence provisoire de Bonniface Alexandre (2004-2006).
« Un marché aux puces »
Le vote favorable recommandé par la commission spéciale du Sénat n’a toutefois pas assuré que Garry Conille va sauter le second écueil dans le processus de la ratification de son choix. Le niveau d’adhésion du G16 au candidat à la Primature est évalué à 60% par le sénateur Evallière Beauplan. A l’approche du vote, le président Michel Martelly est d’accord sur le principe des « partages de responsabilités », a fait savoir M. Beauplan, qui s’exprimait à l’issue d’une ultime rencontre entre le Premier ministre désigné et le Groupe des 16.
Au moins un ministère sur une liste de trois ciblés (Agriculture, Santé ou Environnement) pourrait tomber dans l’escarcelle du G16. Le sénateur Joseph Lambert, en fin de mandat à l’instar de Kély C. Bastien et d’Evallière Beauplan, se voit déjà à la tête de l’Environnement si l’Exécutif et ses compagnons de lutte n’y sont pas opposés. « Nous exigeons des ministères selon nos profils », a déclaré Evallière Beauplan, médecin de profession. Identifiant le coordonnateur du G16, Joseph Lambert comme agronome et Kély C. Bastien comme médecin, il n’espère obtenir aucun ministère régalien pour ses collègues qui ont les yeux rivés sur les directions générales et les missions diplomatiques.
Le Parti Ayiti Ann Aksyon (AAA), composante du Groupe des 12, traversé lui aussi par des déchirures, est également intéressé à des postes nominatifs dans le prochain gouvernement. Le sénateur William Jeanty assimile à « un marché aux puces » les négociations de postes ministériels, de directions générales et des missions diplomatiques pour ratifier le choix de Garry Conille.
La plateforme Alternative n’a pas donné encore de consigne à ses neuf membres au Sénat de la République. Le directoire et les élus de la plateforme se réuniront au cours du week-end, a confié le sénateur Steven Benoît. « Nous allons faire de notre mieux pour que tous les sénateurs de la plateforme Alternative votent dans le même sens », a fait savoir le sénateur Benoît.
Claude Gilles

 

Haïti – Premier Ministre :

Des tractations au marchandage, Gary Conille a du pain sur la planche

Signal FM / Vendredi, 30 Septembre 2011 22:24

Tractation, marchandage, ce sont entre autres vocables qui sont associés à la situation du premier ministre désigné, Gary Conille au Sénat de la République. Alors que la commission sénatoriale spéciale d’analyse a remis au bureau du Grand Corps le rapport de son travail avec une recommandation favorable au candidat à la Primature, Gary Conille a toujours du mal à dégager une majorité devant approuver son choix.

Jusqu’à jeudi, il multipliait des rencontres et en prévoyait d’autres, notamment avec le bloc majoritaire du Sénat, le Groupe 16 au sein duquel il ne faisait pas encore l’unanimité.

Le problème est qu’une majorité de sénateurs est convaincue que le dossier du premier ministre désigné n’est pas conforme aux prescrits de la constitution haïtienne. Si certains membres du Groupe 16 sont prêts pour un vote politique, d’autres restent perplexes et ne semblent pas prêts à violer la charte fondamentale.

Les sénateurs Joseph Lambert et Evalière Beauplan sont parmi ceux qui prônent un vote essentiellement politique. Leur collègue Moise Jean-Charles qui ne se décide pas encore a affirmé jeudi avoir dit clairement à M. Conille qu’il n’est pas en règle avec la loi mère.

Toutefois, les négociations devraient continuer et porter davantage sur la nécessité d’un partage de responsabilité. Et le sénateur Joseph Lambert, en fin de mandat, était on ne plus précis au début de la semaine lorsqu’il a annoncé son désir d’intégrer le prochain gouvernement.

L’élu du Sud-est vise le Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales. Agronome de formation, il dit avoir assez d’expérience dans ce secteur pour gérer ce ministère régalien. Au cas où le MICT lui serait refusé, Joseph Lambert accepterait le portefeuille de l’environnement.

S’il obtient ce poste, Joseph Lambert fera tout pour que le Groupe 16 soit acquis à la cause de Gary Conille. Dans le cas contraire, le premier ministre désigné doit compter avec les sénateurs minoritaires dont certains pourraient ne pas accepter de compromission.

Les sénateurs Steven Benoit et Edmonde Beauzile, par exemple, ont toujours opté pour le respect de la constitution. L’élue du département du Centre qui vient d’accéder à la tête de la Fusion des Sociaux-démocrates a toujours dit qu’elle voterait favorablement si la constitution est respectée.

Si l’OPL a demandé à ses élus d’approuver le choix de Gary Conille pourvu que son dossier soit en règle, le 2e responsable de cette organisation politique a été scandalisé après le vote du 16 Septembre à la Chambre Basse. Andrice Riché, à l’instar de son collègue Jean William Jeanty, a estimé, non seulement que la constitution a été violée, mais aussi les députés, par leur vote ont renforcé la tutelle. Andrice Riché a qualifié le vote des députés d’indécent.

Tout ceci laisse croire que Gary Conille a du pain sur la planche à quelques heures de la séance de la ratification de sa candidature à la Primature. Même si des voix s’élèvent un peu partout à travers Haïti et dans la communauté internationale pour dire aux sénateurs que le temps presse, il se pourrait que rien ne passe en dehors d’une transaction politique.

 

30 septembre:

Des partisans d’Aristide se rassemblent

Haïti: des partisans d'Aristide se rassemblent

THE ASSOCIATED PRESS / Publié: 30 septembre 2011 17:38

PORT-AU-PRINCE, Haïti – Des partisans de l’ancien président haïtien Jean-Bertrand Aristide ont organisé un rassemblement, vendredi, pour souligner le 20e anniversaire du coup d’État militaire qui l’a renversé lors de son premier mandat.
Ansyto Felix, du parti politique Fanmi Lavalas, a déclaré que le coup d’État de 1991 avait marqué une rupture dans la longue lutte des Haïtiens pour une société plus démocratique.
Le rassemblement de vendredi était le premier du genre depuis que Jean-Bertrand Aristide est rentré au pays, en mars, après un exil de sept ans en Afrique du Sud. M. Aristide, un ancien prête catholique, a été renversé une deuxième fois en 2004 par une rébellion armée.
Des milliers d’Haïtiens avaient assisté à son retour en mars, mais vendredi, le rassemblement n’a réuni que 200 personnes.

 

Haïti: Suspicion, crainte, préoccupation

L’idée de la création d’une force militaire de 3 500 soldats que le chef de l’Etat a présentée à la communauté internationale a soulevé bien de questions dans divers secteurs de la société. Ce serait une milice gouvernementale, de l’avis du sénateur Jean William Jeanty. Cela devrait se faire sur la base d’un consensus national, et il n’est pas normal que Michel Martelly ait tenu à l’écart le Parlement et la population, a renchéri Antonal Mortimé, secrétaire exécutif de la POHDH. Favorable à la création d’une force armée, Evans Paul de l’Alternative croit qu’il y a un amalgame dans le plan du président.
Le retour des Forces armées d’Haïti, le départ progressif de la Minustah, le président Martelly a tout prévu dans son plan de 22 pages présenté aux ambassades accréditées à Port-au-Prince. Mais l’opinion publique n’était pas préparée à accueillir si soudainement la création d’une force militaire. La POHDH dit craindre que le plan de cette armée de 3 500 soldats annoncé par le président Michel Martelly ne s’inscrive dans l’idée de la création d’une armée contrôlée et utilisée par le palais national. « Dans ce pays, la plupart des nouveaux présidents ont mis sur pied leurs propres groupes armés. On se rappelle encore toutes les exactions des  » Tonton makout » de l’ancien président François Duvalier, et récemment les chimères de l’ex-président Jean-Bertrand Aristide », s’est exprimé Antonal Mortimé, secrétaire exécutif de la Plateforme des Organisations haïtiennes des Droits humains (POHDH).
« Il y a un amalgame dans la façon dont le chef de l’Etat tente de mettre sur pied la nouvelle force de sécurité nationale, appelée à protéger le pays contre les menaces provenant à la fois de l’intérieur et de l’extérieur », a soutenu Evans Paul, membre de la plateforme Alternative, vendredi sur les ondes de Radio Magik 9. L’ancien maire de Port-au-Prince qui, cependant, se dit favorable à la création d’une nouvelle force armée, a expliqué que ces deux missions ne peuvent relever d’un seul corps. Le leader politique a cité l’exemple du FBI et de la CIA aux Etats-Unis. Le premier protège les Etats -Unis contre les menaces intérieures et la seconde contre celles provenant de l’extérieur.
Evans Paul a exprimé de profondes inquiétudes par rapport au Service d’intelligence nationale (SIN) que compte relancer le président de la République à travers sa politique de défense nationale. Les objectifs de cette structure consistent à prévenir et à lutter contre le terrorisme, contre toute forme d’activités maffieuses et de réseaux de trafiquants illégaux de toutes sortes, surveiller les organisations et mouvements extrémistes qui veulent semer l’anarchie dans le pays, prévenir et lutter contre les menaces internes et externes, lutter contre la cybercriminalité et surveiller les installations et sites stratégiques.
« Haïti n’est pas menacée par le terrorisme », a avancé M. Paul, qui estime que cette structure, par rapport à ses objectifs, rappelle le Service d’intelligence créé par le régime des Duvalier pour persécuter leurs opposants. « Si cette structure vise à restreindre le droit des citoyens de s’exprimer librement, elle ne passera pas », a-t-il poursuivi, redoutant en ce sens la création d’un groupe d’espions.
De l’avis du sénateur Jean William Jeanty, cette force armée dont l’idée est prônée par M. Martelly s’apparente à une milice gouvernementale. Selon lui, l’ancienne armée d’Haïti a bloqué l’avancement de la démocratie dans le pays. « Aucune armée nationale ne pourra empêcher les militaires américains de fouler le sol national », a-t-il fulminé, ce vendredi, sur les ondes de Radio Magik 9. Pour le parlementaire, avec cette idée, le chef de l’Etat tourne en dérision l’intelligence de la population.
Antonal Mortimé a estimé que c’est inquiétant la façon dont le président a procédé. « Notre inquiétude est d’autant plus grande quand le chef de l’Etat n’a pas consulté le Parlement, codétenteur de la souveraineté nationale. Il a ignoré la population sur ce sujet. C’est à travers la presse que M. Martelly dit avoir présenté un plan de sécurité aux ambassades accréditées en Haïti », a-t-il dénoncé.
Selon lui, la formation d’une armée devrait être l’objet d’un débat national au cours duquel tous les secteurs de la société donneraient leur point de vue pour dégager ensemble un consensus sur le dossier.
Parallèlement, ces hommes veulent tous le départ des Casques bleus. « Je ne sais pas quelle pourrait être la différence entre la présence et l’absence de la Minustah. Aujourd’hui, l’insécurité se répand à travers tout le pays. Elle a failli à sa mission », a déclaré le patron de la POHDH.
« L’armée, c’est la volonté de protéger le territoire », a lancé le responsable de parti politique, qui invite les dirigeants à ne pas répéter les mêmes erreurs. Evans Paul a rappelé que ce sont les excès de pouvoir des FAD’H qui ont conduit à leur démobilisation.
Robenson Geffrard
et Danio Darius

 

Haïti – Armée :

La nouvelle force d’ici au 18 Novembre 2011

Signal FM / Jeudi, 29 Septembre 2011 19:46

L’arrêté présidentiel consacrant le retour des Forces Armées d’Haïti sortira en Octobre prochain. Il annulera du coup celui du 6 Janvier 1995 consacrant la caducité des FAD’H.

La période du 18 Novembre 2011 au 18 Janvier 2012 sera consacrée au recrutement de la première promotion de la nouvelle de Force de Sécurité Nationale. Mais avant, un état-major intérimaire doit être constitué. Il est aussi prévu la reconstitution des carrières militaires, l’indemnisation des membres des anciennes forces armées, la liste des mises à retraite, l’évaluation du personnel militaire apte au service actif et l’identification de quartiers généraux à travers le pays.

Au cours du mois d’Octobre jusqu’au 18 Novembre, le personnel militaire remobilisé, environ 150 officiers et 500 soldats, sera recyclé. C’est à cette période que démarreront les opérations de recrutement des premiers 500 soldats. Une cérémonie symbolique de commémoration du 18 Novembre est prévue, vraisemblablement avec la participation du personnel de la nouvelle force.

L’agence HPN présente le reste du calendrier de constitution de la nouvelle force de défense nationale ainsi :

« Du 18 novembre 2011 à janvier 2012 : finalisation du recrutement de la première promotion, et processus d’implantation des bases militaires de l’armée de terre, des bases navales et pistes d’atterrissage

De février 2012 à juin 2012 : Démarrage de la formation de la première promotion, et continuation des opérations de recrutement  et du processus d’implantation des bases militaires.

De juin 2012 à juillet 2012 : graduation première promotion, et désengagement de la Minustah dans le Nord-ouest et Prise en charge par les Nouvelles Forces Armées.

De juillet 2012 à juillet 2013 : Recrutement et formation, Finalisation processus d’implantation des bases militaires, et désengagement progressif de la Minustah ».

 

Edito

Haïti: La rentrée buissonnière

Les dysfonctionnements épouvantables de notre système éducatif sont à la base de cette école à plusieurs vitesses, avec plusieurs rentrées : une rentrée pour les écoles congréganistes ou confessionnelles, une rentrée pour les écoles publiques, une rentrée pour les écoles étrangères, une rentrée pour les écoles «borlette», etc. Dans l’ensemble, 90,5% des écoles secondaires sont privées. La majorité d’entre elles (78,1%) se trouvent situées en milieu urbain, notamment dans le département de l’Ouest (47,8%). La gouvernance actuelle du ministère de l’Education nationale se limite au réseau des 8% d’établissements publics.
Intégrer le maximum d’enfants au sein du système est un louable et stimulant défi. L’Education pour tous est désormais un enjeu planétaire. Mais arriver à établir un strict respect du calendrier scolaire pour toutes les catégories d’école à travers l’ensemble du pays, voilà une prouesse d’envergure à accomplir par un Etat soucieux du bon fonctionnement de nos différentes catégories d’école à cet égard. Au même titre que la disponibilité du matériel didactique, le même nombre de jours de classe pour toutes les écoles, indépendamment de leur localisation et de leur composition socio-économique, représente donc un vaste sujet de réflexion pour nos responsables.
Haïti est un pays arriéré en ce qui a trait au respect de la moyenne internationale des jours de classe (200 jours comme au Japon et en Allemagne, par exemple). Les derniers calendriers scolaires concoctés par les responsables prévoyaient au total moins de 200 jours de classe. Sans les grèves répétées, les innombrables cas d’absentéisme des professeurs et des élèves, d’abandon, d’inattention en série, sans les heures perdues à cause de l’incompétence professorale et de l’inexistence de l’inspection scolaire.
Tant que prévaudront dans notre pays tant de surâgés, d’enfants non scolarisés, d’enfants en domesticité, d’enfants des rues, un taux aussi élevé de déperdition scolaire, l’école haïtienne, dans sa grande majorité et dans son fonctionnement, sera à l’image de notre société : un oasis pour les privilégiés, une infime minorité, un mât suifé pour la grande majorité des fils et filles de nos concitoyens vulnérables, en butte à toutes sortes de difficultés matérielles.
Pour la grande majorité de nos écoliers, pour de très nombreuses familles haïtiennes, notamment monoparentales féminines, la réouverture des classes est un exercice traumatisant, un cauchemar ! Les problèmes d’accessibilité, de qualité, d’efficacité et de capacité institutionnelle ne sont pas liés uniquement à la volatilité des calendriers scolaires mais aussi à l’absence des registres scolaires fiables dans la presque totalité de nos écoles, du préscolaire au niveau universitaire.
On comprend alors la complexité déroutante de la question éducative haïtienne que seuls l’apport de l’Etat et l’engagement du secteur privé, guidés par une vision partagée, pourront, au fil des ans, nous permettre sinon de résoudre, du moins de maîtriser ! Une école qui n’arrive pas à respecter un calendrier maximaliste est une école, comment dire, buissonnière. Lorsque nous arriverons à résoudre ce problème de gouvernance, l’école haïtienne connaîtra certainement des jours meilleurs.

 

Nouvelles mesures d e la présidence dans le cadre de la rentrée des classes

Signal FM / Vendredi, 30 Septembre 2011 22:21

La Présidence de la République annonce de nouvelles dispositions à l’occasion de la rentrée des classes. Elles concernent le transport des écoliers. En effet, les deux cent vint-neuf (229) autobus de la compagnie Dignité seront disponibles pour conduire les élèves à l’école et les ramener. Et les parents ne consentiront un sou en contrepartie, selon Lucien Jura, porte-parole de la Présidence.

Ces dispositions viennent s’ajouter à toute une série prise dans le cadre du programme d’éducation gratuite.

Interrogé sur le cafouillage que de telles dispositions pourraient provoquer devant le portail des véhicules, Lucien Jura a annoncé que des mesures d’accompagnement sont envisagées. « Un policier en uniforme sera affecté à chaque autobus pour sécuriser  les écoliers », a-t-il expliqué.

« Il suffit que l’élève soit en uniforme pour qu’il accède à l’autobus », a ajouté Lucien Jura.

Le porte-parole de la présidence confirme par ailleurs que les 772 mille enfants retenus dans le programme d’éducation gratuite vont à l’école à partir du 3 Octobre 2011.

« Les bénéficiaires sont au nombre de 772 mille à raison de 120 mille pour l’Ouest l’Artibonite au niveau de la première année fondamentale, 142 mille au niveau des 8 autres départements sans compter les 20 mille recrutés dans les quartiers les plus défavorisés de la capitale qui seront repartis dans 200 établissements scolaires », a poursuivi M. Jura.

A rappeler qu’au niveau des écoles nationales, les parents n’auront plus à payer les frais annuels. « La présidence a tout pris en charge », si l’on en croit son porte-parole.

 

Carlos Hercule : nouveau bâtonnier à l’ordre des avocats

cliquez pour agrandirMe Carlos Hercule, le nouveau bâtonnier à l’ordre des avocats. Il a été élu à 155 voix contre 49 pour son adversaire, Me Patrick Laurent

(Photo: Francis Concite)

 

 

Martelly hésite à désamorcer la bombe électorale

Le président Michel Joseph Martelly aurait reculé devant la bombe électorale qu’il tenterait de désamorcer à son retour des Nations unies. Les législatives controversées du 20 mars dernier pourront être reprises dans deux circonscriptions.
« L’équipe présidentielle a fait certaines recommandations au chef de l’Etat, Michel Martelly. Il est réticent et n’a pas décidé encore de la publication des résultats », a indiqué Jean Lucien Jurat, porte-parole du président.
Les recommandations de l’équipe présidentielle consisteraient à valider deux des quatre sièges législatifs qui sont toujours en conflit dans autant de circonscriptions, a expliqué le porte-parole, qui s’est gardé de révéler les noms des heureux « élus » et leur circonscription. Les élections, selon les recommandations, devraient être reprises dans les deux autres circonscriptions.
Le président Michel Martelly, à son retour, dimanche dernier, de New York où il a participé à la 66e Assemblée générale de l’ONU, avait annoncé sa velléité de publier dans Le Moniteur, journal officiel du pays, les résultats pour deux circonscriptions qui ne sont pas représentées encore à la Chambre des députés et de reprendre les scrutins dans deux autres circonscriptions.
Les noms des candidats de la plateforme INITE à Jacmel et à Bonbon/Abricots, respectivement Patrick Domond et Jean-Rigaud Bélizaire, seraient ceux qui allaient être publiés par le président Martelly, selon une source contactée par Radio Vision 2000. « Ce serait justice et ce serait aussi bon pour la démocratie », a réagi le sénateur Joseph Lambert, coordonnateur de la plateforme INITE – créée sous le leadership de l’ancien président René Préval. « Cela va créer une atmosphère de détente », a poursuivi le sénateur Lambert sur les ondes de Radio Vision 2000.
« Sur quelle base ces résultats seront proclamés trois mois après les controverses ? », s’interroge le sénateur Steven Benoît, dénonçant certaines dérives du président Michel Martelly. « S’agit-il d’un deal politique ? », s’est encore interrogé le sénateur de l’Ouest, élu sous la bannière de la plateforme Alternative.
« Quatre sièges de députés n’avaient pas été comblés après le second tour et même après toutes les séances du tribunal du Conseil électoral provisoire. Il paraîit le président de la République tente de se substituer à l’institution électorale pour offrir ces sièges comme une faveur présidentielle », s’étonne Steven Benoît dans un document remis à la presse ce vendredi au chef de l’Etat. Ceci, trois mois plus tard s’exclame le sénateur, qui s’est toujours présenté comme l’ami personnel de Michel Martelly. « Un cadeau politique pour services rendus ou à rendre ? », poursuit le parlementaire dans une série d’interrogations dans la lettre ouverte au chef de l’Etat.
La publication des résultats définitifs du second tour le 20 avril 2011 avait provoqué de violentes protestations, particulièrement à Belladère où un employé de Zanmi Lasante a été tué. Le CEP, tiraillé, a dû alors mettre sur pied un Bureau de contentieux électoral spécial pour se pencher sur les dossiers des 17 députés contestés et sur ceux de leurs adversaires, alors que l’OEA, appelée à nouveau à la rescousse, fit maintes recommandations dont le maintien de la liste des résultats préliminaires du 4 avril.

 

Haïti: La Fondation Digicel s’engage à construire 80 autres écoles

Denis O’Brien, Michel Martelly et Bill Clinton à la réunion annuelle de la CGI

«L’éducation est la voie à prendre pour assurer à Haïti un avenir brillant». Tels ont été les propos tenus par M. Denis O’Brien, le P.D.G. de Digicel Haïti et également créateur de la Fondation Digicel qui continue son plaidoyer pour un meilleur système éducatif en faveur des enfants haïtiens, qui intervenait à la réunion annuelle de la Clinton Global Initiative à New York la semaine écoulée en présence de l’ex-président américain, Bill Clinton, et le président haïtien, Michel Martelly, M. O’Brien a félicité ce dernier pour son grand engagement en faveur de l’éducation.
En effet, plus de 700 000 enfants retournent à l’école cette année dans de meilleures conditions, parmi lesquels 140 000 iront à l’école pour la première fois de leur vie, informe un communiqué de la Digicel qui, depuis 2007, travaille au renforcement de l’école haïtienne à travers un vaste programme de construction d’écoles. Dans le cadre de ce programme, 20 000 enfants occuperont des salles de classe construites par la Fondation Digicel au cours du mois d’octobre 2011.
«Nous sommes heureux d’appuyer l’administration du président Martelly en fournissant des écoles sûres et sécurisées pour les enfants partout en Haïti», a déclaré Denis O’Brien, qui annonce que la Fondation entreprend un programme de construction de 80 autres écoles, notamment en dehors de Port-au-Prince et dans les zones rurales.
« C’est un investissement de 15 millions de dollars dans les deux prochaines années, et nous sommes ravis de travailler avec des partenaires en Haïti, tel Concern, qui partagent notre vision de ce qui doit être clairement fait dans le domaine de l’éducation ».
Plus loin, l’homme d’affaires irlandais fait remarquer que désormais le temps des analyses est révolu. « Haïti a besoin de nous pour s’en sortir et faire avancer les choses, ce qui signifie dans notre cas : la construction d’écoles et la formation des enseignants. Les familles haïtiennes investissent énormément dans l’éducation de leurs enfants, qu’ils jugent comme étant très importante, et le moins que nous puissions faire est d’aider à fournir des établissements sécuritaires et une éducation de qualité. »
La Fondation Digicel a construit 42 écoles au cours des 12 derniers mois. Ces écoles, parasismiques et anticycloniques, comprennent six salles de classe mesurant généralement 50 mètres carrés, un bureau d’administration, des toilettes. Les établissements sont entièrement meublés par la Fondation, conclut le communiqué.

 

L’absence d’infrastructures compromet la venue d’investisseurs en Haïti

Une passerelle pour comprendre les mécanismes de compétitivité et de progrès.
Atouts indispensable, les routes, ponts, ports, aéroports, l’eau, l’électricité, la bonne gouvernance et la sécurité sont quelques-unes des conditions requises pour créer un environnement favorable au développement durable. L’existence d’institutions fiables, l’environnement macroéconomique, la santé et l’éducation de base, l’éducation supérieure et la formation, le fonctionnement du marché des biens, l’efficacité du marché du travail, du développement du système financier, la taille du marché, la sophistication des activités commerciales et l’innovation sont des facteurs déterminants. Des conditions qu’Haïti ne remplit pas encore et qui l’ont reléguée à la 141e place sur 142 pays, au classement 2011-2012 du Forum économique mondial sur la compétitivité.
Réagissant à ces résultats, le patron du Group Croissance, Kesner Pharel, a estimé mercredi que « La position d’Haïti montre que son économie affiche de grandes faiblesses sur les plans institutionnel et structurel ».
Faire des affaires dans un pays étranger peut procurer de nombreuses opportunités aux entreprises impliquées dans cette expérience, aux investisseurs et à la population. La sécurité de l’investissement et les garanties offertes en matière d’infrastructure et en matière fiscale entrent en ligne de compte dans la décision de ceux qui sont tentés de placer leurs capitaux ailleurs. L’objectif à atteindre étant la réalisation des bénéfices et l’accroissement de leurs chiffres d’affaires.
Depuis son accession au pouvoir il y a quatre mois, le président Michel Joseph Martelly a entrepris de nombreux voyages à l’étranger, lançant à chaque étape un appel aux investisseurs, afin qu’ils viennent s’installer en Haïti. Dans la foulée des mesures incitatives, un Conseil consultatif présidentiel pour l’investissement a vu le jour début septembre. Sa mission : faire du lobbying pour Haïti aux fins de corriger son image négative véhiculée à l’étranger, et d’attirer des hommes d’affaires et des touristes. Pour l’économiste Kesner Pharel, « Les mauvais résultats obtenus au classement mondial sur la compétitivité n’interpellent pas l’exécutif tout seul, mais aussi le Parlement, le secteur privé et les collectivités territoriales.
La corruption fait partie des paramètres d’évaluation de la santé économique et sociale. « Moins un pays est corrompu, plus son environnement est propice aux affaires. La qualité de vie s’améliore, s’en ressent bien meilleure », note l’économiste, pour qui « Tant que l’ordre ne sera pas mis pour surmonter tous les obstacles qui compromettent le compétitivité d’Haïti, il sera extrêmement difficile d’attirer des hommes d’affaires, qui seront plus enclins à drainer leurs capitaux vers les îles voisines.
Belmondo Ndengué
bndengue@yahoo.com

 

Haïti: La Minustah et son futur

Ces derniers jours j’ai entendu de nombreuses opinions sur l’action de la Mission des nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah). Afin de contribuer à mieux éclairer l’opinion, permettez-moi de préciser ce qui suit :
1 – La Minustah est la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haiti, créée par une résolution du Conseil de Sécurité en 2004, avec l’objet de coopérer à la normalisation de la vie politique en Haiti, ainsi qu’à assurer la paix et la sécurité de ses habitants, compte tenu des conditions politiques et sociales existantes à l’époque dans le pays, qui se trouvait dans une situation pratiquement ingouvernable.
2- L’engagement des Nations Unies en Haiti a débuté en 1990, avec une mission de vérification des élections (ONUVEH). Au lendemain du coup d’Etat de 1991, une mission civile conjointe, Nations Unies-OAS (MICIVIH) a été déployée en février 1993. Entre 1994 et 2000, le Conseil de Sécurité a successivement autorisé le déploiement de plusieurs missions, notamment UNMIH, UNSMIH, UNTMIH, and MIPONUH. En mars 2000, cette présence des Nations Unies s’est transformée en une mission de consolidation de la paix, la MICAH, dont le mandat a pris fin en 2001. Au début de février 2004, et suite à un conflit interne, le Conseil de Sécurité a adopté la résolution 1529, autorisant une force multinationale intérimaire (MIF) et déclarant sa disponibilité à établir une force de stabilisation en soutien au maintien d’un environnement sur et stable. En conséquence, la MINUSTAH a été établie le 30 avril 2004.
3 – Avec le temps la situation générale en Haiti s’est améliorée progressivement, et en 2009, la Minustah était en train d’examiner la réduction de ses activités lorsque la catastrophe du tremblement de terre du 12 janvier 2010 est arrivée qui a non seulement fait plus de 200,000 victimes, détruit une partie importante des infrastructures du pays, y compris des bâtiments qui faisaient partie du patrimoine national dans plusieurs régions, paralysant ainsi pratiquement la gestion publique, et le développement économique, et augmentant la situation de précarité et de souffrance sociales.
4 – La Minustah a oeuvré ardument au processus de recouvrement d’Haiti malgré le désastre et a mis à contribution son personnel militaire, policier et civil prenant ainsi part de manière significative à la tache de reconstruction et de normalisation de la vie quotidienne, malgré le fait que nul ne peut cacher qu’il reste encore beaucoup à faire dans plusieurs domaines
5 – La Minustah et la communauté internationale ont eu une contribution décisive dans l’organisation des élections en Haiti, qui ont finalement permis au peuple haïtien d’élire un nouveau chef de l’Etat, et pour la première fois de l’histoire d’Haiti le transfert du pouvoir d’un président légitimement élu a un autre président de l’opposition, légitimement élu par un vote populaire.
6 – Cinq mois après son installation à la tête de l’Etat, le président Michel Martelly rencontre toujours de difficultés pour nommer un nouveau premier ministre et son cabinet. Malgré ces difficultés, et prenant en compte les progrès enregistrés dans le processus de démocratisation et la nécessité de revenir au nombre de fonctionnaires militaires et policiers d’avant le tremblement de terre, dont la présence en Haiti n’était plus justifiée, nous avons initié dès le milieu du mois de juillet une évaluation interne, avec l’appui d’une mission venue de New-York, qui a conclu qu’il était possible d’envisager un processus de réduction progressif de la MINUSTAH.
7 – Ce sont ces conclusions qui ont été présentées aux pays contributeurs de troupes et au Conseil de Sécurité et qui n’ont rencontré aucun désaccord, aussi bien en ce qui concerne la prorogation du mandat de la Minustah pour une nouvelle année, que pour ramener le nombre des troupes au niveau où elles se trouvaient en 2009. Les personnes familières de la situation en Haiti et du système des Nations Unies ont noté que les missions précédentes sont retournées car ses habitants n’ont pas réussi à vivre dans la stabilité et la tolérance.
8 – Nous sommes d’avis que cette fois-ci, la stratégie de sortie de la Minustah a pour but de ne jamais revenir, car Haiti mérite de vivre comme un pays en charge de sa sécurité intérieure, et ainsi être en mesure d’assurer des emplois, des logements, l’éducation et la santé à ses habitants. Et par conséquent, nous sommes attentifs à l’évolution de l’ensemble de la situation politique, économique, sociale et culturelle de telle manière que nos mesures consisteront à accompagner et appuyer la consolidation de ces progrès qui nous permettront de travailler sur un calendrier précis et réaliste de notre retrait.
9 – Nous ne pouvons ignorer que nous voyons avec une certaine inquiétude la lenteur dans le renforcement, la création ou la consolidation de certaines institutions fondamentales pour l’Etat de Droit en Haiti. En d’autres termes, pour le départ de la MINUSTAH il est d’une importance primordiale de s’assurer du bon fonctionnement de ces institutions qui protègent les droits des citoyens, ainsi que celles qui les obligent à accomplir leurs devoirs. C’est ainsi qu’il est évident qu’il faut avoir un sens citoyen et un sens des responsabilités politiques pour doter le pays d’une Cour de cassation et d’un Conseil supérieur de la magistrature, d’un Conseil électoral permanent, d’un registre d’état-civil, d’un cadastre, etc…. autant d’institutions fondamentales pour le fonctionnement d’un pays autodéterminé et sans aucune limitation à l’exercice de sa souveraineté, à la protection de ses droits et à l’accomplissement de ses obligations.
10 – Toute oeuvre humaine est imparfaite et nous avons vivement désavoué et exprimé notre tolérance zéro suite aux fautes graves ou même légères commises par le personnel qui travaille pour les Nations Unies, mais nous espérons que les abus inacceptables d’une poignée ne vont pas ternir toute la contribution des Nations Unies en Haiti, particulièrement si l’on observe que outre les taches normales de paix et de sécurité réalisées sur l’ensemble du territoire, 24 heures sur 24, toute l’année, nous pouvons dire que nous avons réalisé et que nous réalisons encore de multiples projets en faveur de la communauté et nous espérons qu’elles ont contribué à la stabilisation et à l’amélioration des conditions de vie des Haïtiens.
11- Au fur et à mesure que les progrès vers la stabilisation d’Haiti se consolident, le Conseil de Sécurité des Nations Unies, dont la MINUSTAH dépend, sera en meilleure condition pour prendre la décision de mettre fin à la présence de la MINUSTAH en Haiti. Le plus grand succès d’une opération de paix est de quitter le pays dans lequel elle était déployée, car cela signifie que son objectif a été accompli. C’est ce à quoi nous aspirons en Haiti.
Mariano Fernandez Amunategui
Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Haïti
Port-au-Prince, le 3 octobre 2011-09-30

 

Haïti – Humanitaire :

La crise humanitaire en Haïti n’est pas terminée

30/09/2011 14:26:49

Haïti - Humanitaire : La crise humanitaire en Haïti n’est pas terminéeLa Secrétaire générale adjointe aux affaires humanitaires des Nations Unies, Valérie Amos, est arrivée mercredi en Haïti pour 48 heures, afin d’évaluer la situation humanitaire et la réponse actuelle au séisme de janvier 2010.
Mercredi, Mme Amos a rencontré le Président haïtien Michel Martelly a qui elle dit qu’il était crucial de ne pas oublier les centaines de milliers de personnes vulnérables vivant encore dans les camps et qui dépendent d’une aide humanitaire vitale pour survivre. Elle a également rencontré Nigel Fisher, le Coordonnateur de l’action humanitaire des Nations Unies en Haïti et de hauts représentants des agences des Nations Unies et des ONG internationales. Ils ont insisté sur le besoin essentiel de s’attaquer aux défis structurels du pays, afin de permettre la transition de la phase humanitaire à celle du relèvement durable.
Hier Jeudi, dernier jour de sa visite, la Secrétaire générale a rencontré Mariano Fernández, le Chef de la mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah). Au cours de la journée elle a visité le camp Accra ainsi qu’un nouveau centre d’assainissement à Morne Cabri, financé par le Fonds Central d’Intervention.
«… le but principal de ma visite était de faire une évaluation des besoins humanitaires qui sont toujours présent sur le terrain […] Près de 600,000 personnes vivent toujours dans des camps de déplacés et de nombreuses personnes déplacées sont en train de vivre une situation d’éviction et vont être forcés de quitter les camps […] Je viens de visiter le camp Accra où il y a 25,000 personnes et j’ai vu les situations difficiles qu’ils sont en train de vivre. Ces gens peuvent rester dans le camp Accra grâce à une médiation qui a été faite avec le propriétaire du terrain, mais ils voudraient quitter ce camp avec leur famille car la situation n’est pas bonne.
Nous faisons un travail pro-actif avec le gouvernement pour nous assurer que les gens qui sont dans ces camps ont l’opportunité de les quitter, mais d’une manière digne avec leur famille. Je suis très contente de voir que le Président Martelly a dit avec beaucoup de force, qu’il n’est pas d’accord avec les évictions forcées.
Dans le camp Accra beaucoup de gens m’ont dit que la situation était en train de se détériorer, spécialement pour l’eau potable et l’assainissement en raison du départ d’ONG parce qu’elles n’avaient plus d’argent […] Les femmes m’ont expliqué qu’elles ont beaucoup de problèmes avec la sécurité et aussi avec la violence qui continue à se manifester dans le camp.
J’ai aussi visité une usine pour le traitement des excréments et des eaux usées à Morne Cabri et c’est la seule installation de ce type qui existe en Haïti. Nous avons besoin de ce type de facilité, si nous voulons gagner le combat contre le choléra. L’absence de ce type d’installation […] va nous empêcher d’éradiquer totalement cette épidémie.
Il est clair qu’il y a toujours des besoin en Haïti en terme d’eau potable, d’assainissement, d’alimentation […] la crise humanitaire en Haïti n’est pas terminée. Bien que des efforts importants soient en cours pour mettre le pays sur la voie du relèvement, les besoins humanitaires restent importants et il est nécessaire d’y répondre […] Nous avons vu beaucoup de générosité envers Haïti ces deux dernières années… »
HL/ HaïtiLibre

 

Haïti: L’ENARTS en mouvement

Deux plasticiens de l’ENARTS participent à la réalisation de la fresque  »Vil visage » sous la direction du plasticien camerounais Boris Nzebo (à l’extrême gauche)

Réveil Enold peint une fresque sous la direction du franco-guadeloupéen Marc Hunt

Le plasticien camerounais Boris Nzebo en plein travail

Mitchel Monpremier à l’oeuvre

Le mouvement dont il est question dans l’article n’est pas cette constante négative, prise dans le sens haïtien du terme, qui restitue cette tradition de bras de fer entre étudiants et administrateurs de l’Ecole nationale des Arts et bouleverse, depuis des lustres, la vie académique de cette institution étatique considérée comme la seule école d’art du pays. Il s’agit plutôt d’une activité de création plastique et d’échanges culturels concoctée par le Forum transculturel d’art contemporain au sein même de l’ENARTS à l’aube de sa réouverture officielle, qui met en situation d’action et en interrelation artistes étrangers d’horizons divers, de conception et de philosophie artistique différentes, et jeunes diplômés.
A l’entrée même, sur la façade principale de l’institution, le public est interpellé par le gigantisme et la vivacité des couleurs d’une fresque trans-artistique  »vil visage » dirigée par le peintre Camerounais Boris Nzebo et l’exotisme des formes (de coiffure) qui caractérise l’essence de son art. Boris Nzebo développe une esthétique qui consiste à explorer et à sublimer l’espace urbain par l’étude de la coiffure. « Car une vie, selon le peintre, c’est d’abord des gens, donc des têtes ». Echange de vision, partage de vision et d’expérience, nous voilà donc en face d’un style de portrait vivant, peu orthodoxe, qui est loin des formes artisanales répétitives qui ornent nos salons de beauté en Haïti. Nzebo est entouré dans cette aventure de deux jeunes plasticiens de l’ENARTS. La conception visiblement est camerounaise, mais la touche haïtienne est là. « Les artistes haïtiens rentrent bien dans le schéma », se réjouit Nzebo « et c’est normal, lance Rodilus Valcourt, jeune diplômé de l’ENARTS, car les artistes parlent le même langage ».
A l’intérieur, la peinture, dans son langage contemporain cette fois, capte encore les regards. On est saisi par l’étrangeté des formes et la symbiose des couleurs jetées en vrac sur un morceau de « plywood » servant de panneau d’une salle de classe fraîchement aménagée. Ici, les diplômés de l’ENARTS travaillent sous la direction du franco-guadeloupéen Marc Hunt. Aucune velléité de nulle part d’imposer une vision du monde, une culture. Il s’agit véritablement d’un travail de partage et d’échange. « L’approche qu’ils ont est basée sur une esthétique intérieure. J’essaie de les sortir de cette esthétique pour qu’ils entrent dans l’expression », argumente Marc Hunt. Enold Réveil de l’ENARTS voit dans cette rencontre « une addition de soustractions ». Il s’explique : « On construit, il déconstruit pour reconstruire encore. Et la reconstruction, c’est l’oeuvre ». Fasciné par cette expérience, Enold Réveil appelle l’Etat et les institutions culturelle à répéter plus souvent l’expérience pour permettre aux artistes haïtiens d’enrichir leur art. Mitchel Monpremier abonde dans le même sens, ajoutant seulement que « cette méthode de travail offre à l’artiste un immense champ de liberté ».
Créations picturales à ciel ouvert, rencontres animées entre créateurs haïtiens et étrangers, va et vient incessant, tout donne l’impression que l’ENARTS, constamment secouée par des crises répétées, revit. Bien plus qu’une impression, l’ENARTS revit, selon Ipharès Blain, directeur des études de l’institution. « Environ 300 postulants sont inscrits en vue d’une nouvelle promotion », informe Ipharès Blain, qui annonce pour le 10 octobre l’ouverture officielle et le 18, la reprise des cours. Aujourd’hui, l’administration procède à l’aménagement du local endommagé par le séisme. « Les salles de classe ont été reconstruites en bois et le plancher de la salle de danse a été refait », enchaîne monsieur Blain, soutenant que « l’ENARTS n’a jamais fermé ses portes; l’administration vient de procéder à la graduation d’une promotion ». Plus loin il ajoute que les mouvements qui ont secoué l’administration ces derniers temps sont « l’oeuvre des  »groupes parasitaires » qui occupent indéfiniment l’espace après plus de 8 ans d’études ». Des dispositions sont prises cette année, avance Victor Léopold Loubert, directeur administratif, pour que l’institution fonctionne normalement. Mais, nuance Ipharès Blain, ces dispositions seraient encore des coups ratés si le ministère de la Culture et de la Communication ne les approuve pas, et mieux encore si le gouvernement haïtien n’assume pas ses responsabilités.
Nélio Joseph

 

Haïti, ce Québec renversé

Michel Lapierre 30 septembre 2011 16h44 Livres

Comprendre les Amériques à partir de deux nations que tout rapproche et oppose en même temps: Haïti et le Québec. Voilà le défi insolite qu’a relevé le géographe Jean Morisset, qui rappelle que les Haïtiens ont proclamé l’indépendance de leur pays dès 1804. «Tu vois où ça les a menés», lui disent des compatriotes québécois. Morisset leur réplique: «Oui, je vois. Je vois même où ça ne nous a pas menés.» Et vlan! Il nous transperce.

Dans des textes écrits en marge des événements qui ont bouleversé le pays de 1986 (chute du dictateur Jean-Claude Duvalier) à 1990 (victoire électorale de Jean-Bertrand Aristide), publiés sous le titre Haïti délibérée, Morisset insiste sur le témoignage d’un Haïtien qui, après avoir séjourné ici, voit le Québec «comme l’image inversée» de sa patrie. Cela confirme l’idée qui inspire le livre.

Pour étayer de façon objective cette idée, le géographe cite encore l’observateur: «Pour l’Haïtien, le Québécois, contrairement au Français, ne sait pas du tout comment jouer son rôle de Blanc… Le Québécois apparaît alors comme une espèce de Blanc non blanc qui dérange profondément l’élite haïtienne.» Il s’agit, comme l’explique Morisset, d’un être dominé politiquement par les Anglo-Saxons et culturellement par les Français, maîtres historiques de sa langue.

Comment aller plus loin que l’essayiste dans l’analyse de notre aliénation? En rappelant qu’Haïti, issue de l’ancien Saint-Domingue, constituait, avec le Canada, l’un des «pô-les» de l’aventure coloniale française au Nouveau Monde, Morisset souligne que la pauvreté spirituelle du Québec, cette société nantie, se compare à l’extrême pauvreté matérielle de son pendant antillais!

En 1990, il écrit des mots peut-être excessifs. Mais on ne saurait les écarter d’un revers de main: «Quant aux Canadiens, ils se sont laissé usurper leur nom, leur mémoire et leur symbole pour se transformer en Québécois, tout en luttant depuis trente ans pour réaliser une souveraineté avortée et sans cesse reportée. Un Québec perdu et macoutisé dans son esprit tout autant qu’Haïti, et ayant aussi honte de la couleur de son accent que les Haïtiens de leur peau.»

Morisset ne nous laisse plus perplexes, il nous envoûte lorsqu’il souligne qu’Haïti restera un modèle. Prélude à l’indépendance, la révolte des esclaves de Saint-Domingue en 1791 n’est-elle pas une date injustement négligée dans l’histoire des Amériques?

La cause de l’indépendance américaine bénéficia de l’aide française, mais Haïti, pour s’être libérée seule de la France, fut mise au ban des nations. C’est de ce pays ostracisé, où Bolívar avait séjourné, que s’étendit, contre l’Europe colonisatrice, un mouvement de libération dans toute l’Amérique latine.

Que la liberté acquise par les propres forces des opprimés soit née de notre double inversé, noir et miséreux, cela devrait provoquer en nous une honte positive, agissante.

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Collaborateur du Devoir

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Haïti délibérée / Jean Morisset / Mémoire d’encrier

Montréal, 2011, 290 pages

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