lundi 10 octobre 2011

10 Oct

Armée d’Haïti : l’inquiétant retour

10/10/2011 12:06:00 Auteur(e) La Redaction

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Pour répondre à sa promesse de campagne, le président Martelly pourrait annoncer officiellement le 18 novembre prochain la création d’une nouvelle force armée nationale, qui devrait permettre de remplacer efficacement la Minustah. Cette nouvelle armée répond aux besoins urgents, informe-t-on, d’assurer la défense du territoire national, le contrôle des frontières et la création d’un climat sécuritaire afin de favoriser les investissements tant nationaux qu’internationaux. Cette armée, selon les vœux du chef de l’État, devra être apolitique et sera constituée de professionnels qui permettront à l’État d’apporter de meilleures réponses aux catastrophes naturelles et autres dangers qui menacent le pays. Avec la globalisation et cette tendance à transformer le monde en village global, défense et sécurité nationales deviennent une préoccupation mondiale et une priorité de tous les États. Toutefois, ces deux constantes ne peuvent être réduites à la simple dimension militaire. Pour les petits pays comme Haïti, suivant le document de 22 pages élaboré par la présidence à cet effet, il existe des nuances qui devraient être analysées au regard de la position géopolitique et de la vulnérabilité géographique du pays. Aussi cette force publique devra-t-elle intégrer un cadre plus large : le Conseil national de défense et de sécurité.
Des objectifs et stratégie…
Selon le document, Haïti n’a aucune visée hégémonique, ni d’ennemi déclaré dans son environnement immédiat. Conséquemment, la défense et la sécurité nationales se résument prioritairement à protéger la population, garantir la souveraineté, défendre l’intégrité du territoire en assurant le contrôle des frontières (terrestre, aérienne, maritime), protéger l’environnement, renforcer la protection civile.
Le Conseil national de défense et de sécurité (CNDS) intégrera toutes les directions des domaines sensibles : frontières, environnement, intelligence, économie, collectivités territoriales, service d’identification nationale, douanes, Ucref, ULCC, DGI. Cependant, ledit conseil aura comme pivot et outil d’exécution la nouvelle force publique sous le contrôle du chef de l’État.
Il est également prévu la création d’un cadre institutionnel pour appliquer la nouvelle politique de défense du territoire du chef de l’État. Les institutions visées qui concourront à la réussite de cet ambitieux projet seront d’abord : le secrétariat exécutif du Conseil national de défense et sécurité, le ministère de la Défense et de la Protection civile, le Bureau du secrétariat d’État à la Sécurité publique, le Service d’intelligence national (SIN), qui sera redynamisé, la Police nationale et les Forces armées.
Dans ce document qui traite de la constitution de cette force armée dont le nom à date n’a pas encore été officiellement dévoilé, aucune balise n’a été mise pour éviter les dérives et de renouer avec les souvenirs douloureux du passé. Le Conseil national de défense et de sécurité, qui sera présidé par le chef de l’État et composé de plusieurs ministres, notamment le Premier ministre, celui de la Justice, de la Défense, de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de l’Économie et des Finances, reste donc le seul organe civil et politique de contrôle qui devra assurer la protection des citoyens face aux exactions éventuelles des militaires.
Le ministère de la Défense et de la Protection civile devra assurer, pour sa part, la protection du territoire et de la population, mettre les moyens humains et matériels à la disposition des autres ministères, mobiliser des ressources en cas d’urgence, gérer les risques et les désastres. Aussi s’occupera-t-il de la protection de l’environnement, du contrôle des aires et équipements, de la sécurité et de la défense, de la formation et de l’éducation civique des jeunes et, en dernier lieu, des renseignements et contre-renseignements.
Le Bureau du secrétariat à la Sécurité publique (BSESP) sera, peut-on lire dans le document, réorienté afin de travailler à la prévention de la vulnérabilité des citoyens face aux risques de tout genre, notamment la problématique des déportés, le respect de la déontologie, de l’étique policière et du crime organisé.
SIN : la grande inquiétude…
Pour palier les risques de troubles internes et l’anarchie, le président de la République entend doter la nouvelle force d’un service d’intelligence. Celle-ci devra permettre à l’État haïtien de disposer en tout temps d’outils adéquats afin de prévenir les menaces. Le SIN aura pour mission, précise-t-on, de regrouper, rechercher, traiter et archiver l’ensemble des informations collectées par les différentes entités y afférentes. Ainsi permettra-t-il à l’État de disposer en tout temps d’informations sur la situation sécuritaire du pays afin de prendre les mesures préventives nécessaires.
En termes d’objectifs, le SIN devra aider dans la prévention et la lutte contre le terrorisme, les activités mafieuses et les réseaux de trafiquants illégaux. De plus, il aura un rôle de police des polices en assurant le respect de la déontologie et de l’éthique policière. Une réponse devra être accordée à certaines pratiques nouvelles dans la société haïtienne. Aussi le SIN jouera-t-il un rôle important dans la lutte contre le crime organisé et la cybercriminalité.
La création de la nouvelle force armée répond à la nécessité d’aider à la résolution du problème de chômage, selon les responsables. Et le Président l’a martelé à maintes reprises. « Cette force est un moyen pour l’État de créer des emplois », avait-il dit. Toutefois, cette affirmation peut être contestée par les esprits les plus simples, compte tenu du fait que la nouvelle armée comptera dans ses rangs seulement 3 500 hommes et que le pays est constitué de plus de 70 % de chômeurs, selon certains chiffres disponibles. Un programme de service social permettra de faire participer plus de jeunes au développement des collectivités territoriales et de les préparer pour des opérations de secours à la population en cas de catastrophe naturelle.
Des anciens militaires et du cadre légal
Le problème des anciens militaires devra être résolu en amont de la création de la nouvelle force, précise le document. Une enveloppe de 600 millions de gourdes sera allouée à l’indemnisation des militaires démobilisés. Une assistance judiciaire et la finalisation des fonds de pension sont, entre autres, des mesures qui seront prises en faveur des anciens membres des FAD’H.
Le cadre qui devra donner à la nouvelle force publique une base légale sera essentiellement axé sur les lois organiques des ministères de la Défense, de la Direction de la protection civile, du ministère de l’Intérieur et des Collectivités territoriales. Il tiendra également compte de la loi portant création, organisation et fonctionnement de la PNH ainsi que de celle organisant le Service d’intelligence national.
La nouvelle force armée que le président Michel Martelly entend mettre sur pied coûtera entre 25 à 30 millions de dollars à l’État chaque année. Le plan établi porte sur la formation d’un effectif de 3 500 hommes sur une période de trois ans et demi. Certains y voient déjà un délai qui doit permettre à la Minustah de rester dans le pays au moins jusqu’à la fin du mandat du président Martelly. Contrairement donc à la résolution du Sénat en date du 20 septembre 2011, le retrait de la force onusienne n’est pas pour demain.

Lionel Edouard / Source: Le Matin

 

On ne peut pas créer une force publique, sans un cadre légal

10/10/2011 10:01:22

Haïti - Sécurité : On ne peut pas créer une force publique, sans un cadre légalAlors que Brésil attends le feu vert de l’ONU ce mois-ci pour commencer le retrait progressif de ses troupes à compter de mars 2012 et que le Président Martelly envisage déjà le recrutement des 500 premiers éléments de la nouvelle force de sécurité Nationale, le Sénateur Youri Latortue, favorable à cette « nouvelle armée d’Haïti » rappelle que rien ne peut se faire sans un solide cadre légal
«… depuis 2007 comme Sénateur, j’ai toujours dit qu’il faut renforcer les structures de sécurité haïtienne, il faut aller vers la souveraineté sécuritaire en matière de force publique. Donc dans ce sens, je pense que notre objectif était d’arriver à la mise sur pied d’une police professionnelle et d’une armée de métier.
Nous avons beaucoup fait cette bataille sous le Président Préval et ce n’est pas arrivée […] aujourd’hui, il y a un Président qui est entrée dans la droite ligne de la mise sur pied d’une autre force publique, qui est l’armée nationale […]
On ne peut pas créer une force publique, sans un cadre légal. Premièrement, il faut avoir un vis-à-vis, un Ministre de la Défense, deuxièmement, il faut avoir différentes lois sur les réglements généraux de cette force. Il faut avoir la loi sur le personnel militaire, il faut avoir la loi sur la justice militaire […] il faut bien les définir avant, afin d’éviter toutes déviations dans la futur et pouvoir les sanctionner. »

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3703-haiti-insecurite-une-force-nationale-de-securite-et-une-agence-de-renseignements.html
S/ HaïtiLibre

 

Jean-Bertrand Aristide, en embuscade à Port-au-Prince

LEMONDE | 10.10.11 | 15h19  / par Jean-Michel Caroit (Saint-Domingue, correspondant)

Que fait Jean-Bertrand Aristide de ses journées ? « C’est la question à 100 000 euros », répond un de ses anciens ambassadeurs. Le retour à Port-au-Prince de l’ancien président, après sept ans d’exil en Afrique du Sud, avait suscité l’inquiétude des « pays amis » d’Haïti. Les Etats-Unis et la France avaient tenté, sans succès, de le retarder, craignant qu’il ne perturbât l’élection présidentielle du 20 mars.

Défiant Paris et Washington, Jean-Bertrand Aristide est rentré deux jours avant le scrutin, et deux mois après l’ancien dictateur Jean-Claude Duvalier, au pouvoir de 1971 à 1986. Peu après sa descente d’avion, l’ancien prêtre des bidonvilles, chassé du pouvoir en 1991 puis en 2004, a dénoncé la mise à l’écart de son parti dans le processus électoral. « L’exclusion de Lavalas, c’est l’exclusion de la majorité des Haïtiens », a-t-il lancé dans ce discours, le seul qu’il ait prononcé depuis son retour en Haïti.

A la fin de son exil, l’ancien président avait annoncé qu’il se consacrerait à l’éducation et aux victimes du séisme de janvier 2010. Selon l’ancien sénateur Gérald Gilles, l’un de ses proches, il se consacre à la relance de la faculté de médecine de l’université de la Fondation Docteur Aristide, créée en 2001 puis fermée en 2004.

« A ma connaissance, depuis son retour, il n’est sorti qu’une fois de sa résidence de Tabarre (près de Port-au-Prince). Il reçoit quotidiennement des visites d’anciens collaborateurs, de diplomates, de personnalités étrangères et de responsables de son parti », raconte l’un de ces visiteurs. Mais il continue de refuser toute interview.

Ce silence donne lieu à diverses interprétations. M. Aristide est toujours « secrétaire général à vie » de Famille Lavalas, un parti qui a connu des scissions durant son exil. Il est question de préparer un congrès du parti et d’arrêter une position avant les élections sénatoriales, prévues en novembre.

« Nombreux sont ceux qui pensent qu’il prépare son retour »

« Dans les milieux politiques et médiatiques, nombreux sont ceux qui pensent que l’ancien président prépare son retour, dit l’ex-diplomate. Il attend sans doute le dégonflement du phénomène Martelly, dont on perçoit les premiers signes, liés aux difficultés de la rentrée scolaire et au débat sur le départ de la Minustah » (Mission des Nations unies en Haïti) », dont le mandat doit s’achever le 15 octobre.

Il a fallu plus de quatre mois au président Martelly pour nommer un premier ministre. Ses deux premiers choix ont été refusés par le Parlement. Le troisième, Garry Conille, un fonctionnaire international, vient d’être accepté par le Sénat.

« Le groupe des 16 – les sénateurs qui ont rejeté les deux premiers candidats – est lié à Aristide », soutient l’analyste Robert Benodin. Deuxième choix de M. Martelly, Bernard Gousse a été vivement critiqué par plusieurs responsables de la Famille Lavalas. Ils lui reprochaient d’avoir réprimé les militants de ce parti alors qu’il était ministre de l’intérieur du gouvernement provisoire, après le départ en exil de Jean-Bertrand Aristide.

Le projet de reconstitution de l’armée, annoncé par Michel Martelly, ouvre un nouveau terrain d’affrontements. Responsable de multiples coups d’Etat et utilisée pour réprimer les opposants, l’armée a été dissoute par Jean-Bertrand Aristide en 1995. Avant même d’en informer le Parlement, le président Martelly a présenté à plusieurs ambassadeurs un projet de 95 millions de dollars pour reconstituer une armée de 3 500 soldats et un service de renseignement, afin de combattre les « menaces terroristes et les organisations criminelles » ou de « surveiller les organisations extrémistes et les mouvements destinés à répandre l’anarchie ».

Cette proposition a suscité « la suspicion, la crainte et la préoccupation » des défenseurs des droits de l’homme et de plusieurs responsables politiques, qui souhaitent plutôt un renforcement de la police afin de préparer le départ des casques bleus.

 

Une leader de la communauté dominicaine kidnappée et exécutée à Port-au-Prince

Secrétaire générale de l’association des dominicains vivant en Haïti et dynamique femme d’affaires établie depuis près de 25 ans à Pétion-Ville, Gloria Pérez Guzmàn dite Josefina a été exécutée après neuf jours de séquestration,en dépit du versement d’une rançon de 20.000 dollars

Publié le lundi 10 octobre 2011

L’association des dominicains vivant en Haïti est durement frappée par la disparition brutale de sa secrétaire générale, Gloria Pérez Guzmàn (Josefina), 50 ans, retrouvée assassinée à Port-au-Prince neuf jours après son enlèvement, malgré le versement d’une rançon à ses ravisseurs.

Dans son édition dominicale, le quotidien dominicain El Caribe précise que les malfaiteurs, qui réclamaient à la famille de la victime un montant de 150 mille dollars, en avaient empoché 20 mille au moment de l’exécuter.

Peu de détails étaient disponibles sur les circonstances de ce drame. On sait seulement que le corps a été découvert vendredi matin à Bois Moquette, un quartier de Pétion-Ville (banlieue est de la capitale).

Gloria Pérez Guzmàn résidait depuis 24 ans en Haïti ou elle a donné naissance à ses deux filles qui vivent aujourd’hui en Allemagne.

Très connue dans certains milieux à Pétion-Ville, la ressortissante dominicaine était une femme d’affaires dynamique qui possédait un salon de beauté, un studio photo, une fleuristerie et un petit restaurant. Selon sa famille, elle venait tout juste de fonder une compagnie de construction afin de profiter des opportunités existant dans ce secteur depuis le séisme dévastateur du 12 janvier 2010.

L’ambassade dominicaine à Port-au-Prince a pris en charge les formalités relatives au rapatriement de la dépouille de Gloria Pérez Guzmàn dont la famille habite le quartier Los Frailes, à l’est de Santo Domingo.

Mlagré le démantèlement annoncé de plusieurs gangs et l’arrestation d’un certain nombre d’évadés de prison, les kidnappings crapuleux ont fait, ces derniers mois, plusieurs victimes dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. L’un des cas les plus récents a été celui du notaire Emile Giordani. spp/Radio Kiskeya

 

Agenda hebdomadaire du 10 au 16 octobre

Survol de l’actualité et rappels historiques

Publié le lundi 10 octobre 2011

Lundi 10 octobre : Finalisation probable de la formation du cabinet ministériel suivie au cours de la semaine de l’exposé, devant les deux Chambres du Parlement, de la déclaration de politique générale du Premier ministre ratifié, Garry Conille.

Jeudi 13 octobre : 24e anniversaire de l’assassinat, le 13 octobre 1987 devant le service d’investigation et anti-gang de la police de Port-au-Prince, de Me Yves Volel, ancien officier de l’armée et dirigeant du Rassemblement des démocrates chrétiens (RDC). Il avait été abattu en tenant une conférence de presse sur place en vue de réclamer la libération de détenus incarcérés illégalement.

Vendredi 14 octobre : 18e anniversaire de l’assassinat, le 14 octobre 1993 sur la route de Turgeau (centre-est de Port-au-Prince), de Me François Guy Malary alors ministre de la justice du gouvernement constitutionnel du Premier ministre Robert Malval, durant l’exil à Washington du Président Jean-Bertrand Aristide.

Me Malary venait à peine de participer à une réunion importante en plein processus de séparation (depuis avorté) de la police et des Forces Armées d’Haïti lorsqu’il a été pris en chasse et abattu, en compagnie de plusieurs collaborateurs, par un commando lourdement armé agissant avec la complicité des putschistes.

Samedi 15 octobre : 17e anniversaire du retour d’exil dans les fourgons de l’armée américaine de Jean-Bertrand Aristide, le Président légitime de l’époque, victime trois ans plus tot, au tout début de son premier mandat, d’un sanglant coup d’Etat orchestré par le général Raoul Cédras et le colonel Michel François.

A la suite d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU, une force multinationale commandée par les Etats-Unis de Bill Clinton occupait le territoire national depuis septembre.

Au terme de trois années de chaos politique et de désastre économique provoqué par un embargo de l’Organisation des Etats américains (OEA), le 15 octobre 1994, un avion américain ramenait à Port-au-Prince l’ancien « prêtre des pauvres » accompagné du Secrétaire d’Etat, Warren Christopher.

Dimanche 16 octobre : Célébration de la journée mondiale de l’alimentation proclamée en 1979 par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). spp/Radio Kiskeya

 

Haïti-politique:

Liste des membres du prochain cabinet ministériel

Dimanche, 09 Octobre 2011 17:10 HPN

Le président Michel Martelly et le Premier ministre ratifié Garry Conille ont longuement travaillé ce week-end sur la formation du cabinet ministériel du premier gouvernement qui sera présenté cette semaine au Parlement, voici le profil du cabinet, selon une liste non-officielle et donc non définitive obtenue par Haiti Press Network.

Selon une liste partielle et non-officielle en circulation, les proches du chef de l’état seraient en charge des postes des Affaires étrangères, des Finances et de l’Intérieur.

Aussi, le ministère des Affaires étrangères reviendrait au sociologue Daniel Supplice déjà présenté par le président Martelly comme son conseiller dans ce secteur et qui a voyagé avec lui à maintes reprises à l’étranger.

La grosse surprise du cabinet viendrait de la nomination du chef de cabinet du président, le jeune Thierry Mayard-Paul, au ministère de l’Intérieur et de Collectivités territoriales.

Le ministère de la justice sera confiée à Josué Pierre-Louis, un ancien directeur général à ce même ministère.

George Mérisier est confirmée au ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle tandis que Lemercier George serait conduit au ministère de l’Economie et des Finances. L’économiste Wilson Laleau était longtemps pressenti à ce poste et reste un candidat sérieux.

Les autres postes ministériels : Jacques Rousseau pourrait être nommé au ministère des Travaux publics transport et communication, Madame Florence Duperval au ministère de la santé publique et de la population.

La jeune Stéphanie Vildrouin sera placé au ministère du tourisme.
Trois porte-feuilles ministériels seraient confiés à des personnalités recommandées par les partis INITE ET Ayiti en action, a appris Haiti Press Network.

L’actuel ministre de lagriculture et des Ressources naturelles Joanas pourrait être reconduit, mais selon la nouvelles liste, ce ministère pourrait être confié à l’agronome Hébert Docteur.

Le Premier ministre Garry Conille compte conserver le porte-feuille de la Planification et de la Coopération externe, maisw il pourrait être secondé par un secrétaire d’état, Jean Valcin.

 

Haïti – Michaëlle Jean :

Vers un changement de paradigme au pays

09/10/2011 08:32:41

Haïti - Michaëlle Jean : Vers un changement de paradigme au paysDans une interview accordée à la chaîne TV5 dans le cadre de l’émission « L’invité », Michaëlle Jean, l’envoyée spéciale de l’UNESCO en Haïti, a déclarée que « c’est fabuleux, c’est fantastique de voir l’énergie qu’il y a dans ce pays, même lorsqu’à distance on a l’impression que rien ne se passe, par exemple le Président a du mal à former son gouvernement […] mais malgré tout, ça bouge en Haïti, c’est un pays en effervescence constante » précisant que le pays a « besoin d’investissement » elle dit penser « que ce qui est en train de se dessiner en Haïti, c’est un changement complet de paradigme, c’est-à-dire sortir de la logique d’assistanat qui n’a produit que dépendance, […] mais n’a jamais rien produit de durable pour « pour passer à une logique d’investissement […] l’investissement économique pour le développent socio-économique du pays, mais aussi l’investissement des capacités. C’est ce que fait l’UNESCO, c’est-à-dire renforcer les capacités au niveau de la gouvernance même des institutions. Notamment l’éducation, […] c’est fondamental, on ne peut pas penser reconstruction en Haïti, si on ne met pas l’emphase sur l’éducation et sur la formation professionnelle. C’est un pays de jeunesse et si la reconstruction d’abouti pas à la création d’opportunités, de formation et au renforcement des capacités pour tout ce bassin de jeunes, qui sont souvent en situation extrêmement risquées, on ira nulle part en Haïti. »
Concernant l’aide internationale, Michaëlle Jean préconise que le pays se prenne en main totalement « on ne peut plus penser à un développement durable dans ce pays, sur la base d’une dépendance totale de l’aide internationale, ce n’est plus possible […] cet éparpillement qui a transformé le pays en véritable laboratoire, où on a des dizaines de milliers d’ONG, qui font en sorte que l’État, est de plus en plus dépossédé de moyens, pour mettre en œuvre ses politiques. Vous prenez trois ONG importantes en Haïti, vous mettez leurs budgets ensemble et elles ont plus de ressources financières que l’État lui-même, c’est un non-sens total ! Cela crée une sorte d’État parallèle, c’est pour cela que l’on parle de la République des ONG en Haïti. Ce n’est pas possible, si l’on veut qu’il y est un avancement majeur au niveau de la gouvernance, il faut un État avec des moyens pour vraiment mettre de l’avant ses politiques. Haïti a des plans, il y a un plan haïtien pour l’éducation, un plan haïtien pour le développement, pour la lutte contre la pauvreté, il faut aller avec ces paramètres là. »
HL/ HaïtiLibre

 

Haïti – Reconstruction :

La Reine Sofía d’Espagne et le Président Martelly à Titanyen

09/10/2011 12:56:07

Haïti - Reconstruction : La Reine Sofía d'Espagne et le Président Martelly à TitanyenSamedi, pour le dernier jour de sa visite en Haïti, la Reine Sofía d’Espagne, s’est rendue en hélicoptère, en compagnie du Président Martelly, à Titanyen [au Nord de Port-au-Prince], pour s’informer de l’avancement des travaux de construction d’une usine de traitement des eaux usées.
Le Président Michel Martelly a annoncé avoir publié un décret déclarant d’utilité publique les terres où est construit l’usine. Des terres qui avaient fait l’objet de revendications en janvier 2011, d’un groupe de familles haïtiennes, qui avaient fait bloquer les travaux, alors que 80% du projet était déjà complété.
La paralysie de la station d’épuration de Titanyen [près de 2 millions de dollars investis par l’Espagne], avait été une très mauvaise nouvelle pour le bon déroulement de la coopération et des relations haïtiano-espagnole. Le Président Martelly ayant réglé ce problème terrien, les travaux vont reprendre sans délai et l’usine devrait être en service, selon les prévisions, dans les prochains mois.
La Reine Sofía a déclaré que cette usine de traitement des eaux, montre que les deux pays sont capables d’agir ensemble pour le développement d’Haïti. De son côté, le Président Martelly a fait savoir que l’ouverture de cette importante station d’épuration, « est un signe de la renaissance d’Haïti et cela prouve que le pays s’achemine vers une nouvelle ère de grands progrès et de bien-être pour la population. »
Soraya Rodriguez, la Secrétaire d’Etat à la Coopération internationale, qui accompagnait la Reine Sofía dans sa visite en Haïti, avait déclaré la veille que « l’Espagne est le pays premier donateur de l’Union Europénne » avec 346 millions d’euros d’aide a Haïti [pour la période 2010-2013]. La Secrétaire d’État a précisé que 67% des montants promis avait déjà été déboursé par l’Espagne, rappelant qu’Haïti est l’un des principaux pays bénéficiaires du Fonds de coopération pour l’eau et l’assainissement, de l’Agence Espagnole pour la Coopération Internationale au Développement (AECID), soit une centaine de millions de dollars pour le traitement et l’assainissement des eaux.

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-2177-haiti-espagne-blocage-de-travaux-inadmissible.html
HL/ HaïtiLibre

 

La mairie de Port-au-Prince présente son Plan Éducatif Communale

09/10/2011 10:08:01

Haïti - Éducation : La mairie de Port-au-Prince présente son Plan Éducatif CommunaleVendredi dernier, la mairie de Port-au-Prince a présenté son Plan Éducatif Communale, axé sur l’éducation, la citoyenneté et l’environnement, qui vise à l’émergence d’une nouvelle société.
Nadège Joachim Augustin, maire assesseur de Port-au-Prince a expliquée «… ce plan local de politique éducative dit que dans l’école, les enfants ne sont pas là seulement pour apprendre à lire et à écrire […] mais qu’il y a une quantité de choses qui doivent être intégrées dans l’éducation, pour que les enfants, ne sachent pas seulement lire et écrire, mais pour que nous formions des citoyens. Les deux points qui sont le plus important dans notre plan d’éducation local cette année, c’est l’éducation à la citoyenneté et à l’environnement […]
La citoyenneté c’est parce que nous voulons former des personnes […] qui puissent vivre dans une société, qui on un savoir-vivre, un savoir-faire […] nous formons aussi des apprenants, ça veut dire que lorsque l’enfant sort de l’école il est prêt à continuer à apprendre […] nous voulons reconstruire son esprit l’aider à reconstruire sa vie pour qu’il devienne une personne utile aujourd’hui et demain également, un ambassadeur pour former une nouvelle société.
[…] si vous regardez l’aspect environnemental, nous avons vraiment besoin d’une prise en charge de l’environnement. Nous devons commencer avec […] les très jeunes enfants, car ils ont une facilité d’apprentissage, l’esprit ouvert et ce sont eux qui sont appelés à devenir la société de demain […] Nous pensons que c’est l’investissement le plus durable que nous pouvons faire au niveau sur cette question avec les enfants.
Nous voulons reformer la société à partir de l’éducation que nous allons donner aux enfants. Aujourd’hui, ce n’est pas un outil que nous avons fait pour le conseil municipal, c’est un outil pour la ville, pour les écoles communales, pour l’éducation. Que ce soit nous-mêmes ou un autre conseil municipal qui vienne après nous, c’est un outil qui va continuer à servir pour l’éducation […]
Cette politique est applicable dans les écoles municipales. C’est l’éducation nationale qui s’occupe de l’école en générale, mais nous avons plein pouvoir sur les écoles municipales. Ce programme peut-être appliqué, car ce n’est pas un programme qui sort de ce que l’éducation nationale propose, c’est seulement une façon que nous avons choisi, pour proposer ce programme…»
BF/ HaïtiLibre

 

Haïti-insécurité:

Une fusillade fait 4 blessés à Delmas 57

Samedi, 08 Octobre 2011 15:30 LJO/HPN

Une fusillade fait 4 blessés à Delmas 57 quand des bandits armés ont attaqué un individu qui revenait de la banque ce samedi en début d’après-midi, a appris Haïti Press Network.
Les deux bandits qui étaient à bord d’une motocyclette ont fait des coups de feu contre la victime principale qui venait de faire une transaction dans une banque de la zone.
Un chauffeur qui accompagnait le poursuivi qui était lui aussi à moto, et deux autres personnes qui se trouvaient dans un salon de coiffure près de la scène ont été blessés.
Les bandits ont ensuite pris la fuite en emportant avec eux l’argent qui était en possession de leur victime.

 

Haïti-Politique-Éditorial

Dix scories et pièges qui font d’un Chef d’État un « Chef d’un tas »

Obstacles majeurs au changement véritable

Publié le samedi 8 octobre 2011

À ce nouveau carrefour de la vie nationale marqué par l’accession d’un nouveau Chef de l’État le 14 mai dernier, il importe de réaliser, à titre de rappel et/ou de mise en garde à qui veut bien entendre, l’inventaire des scories et des pièges dans lesquels tombe généralement un « Chef d’État », qui devient dès lors un « Chef d’un tas » entraînant son pays dans la dérive.

Il en est de ces facteurs qui se présentent à lui et dont il ne peut s’en défaire avec facilité. Ce sont, à proprement parler, les « attributs » du système. Il y en a d’autres qui sont en rapport direct avec sa personnalité, sa formation politique, sa vision du pays et sa conception de son statut de « Chef ».

Pour peu qu’un « Chef » n’y prenne garde, et dès que son profil psychologique et politique s’y prêtent volontiers, le voilà parti pour les aventures que l’on connaît et le destin fatidique qui y est généralement associé.

1- A relever dans le profil du « Chef » haïtien : sa soumission servile à la volonté de l’étranger

Rares sont les chefs d’État haïtiens qui ont su afficher un comportement digne et responsable face aux représentants des gouvernements et des centres de décision étrangers. L’intérêt national passe généralement au second plan. Le « blanc » dicte sa volonté. Or, il est avéré que les solutions proposées par l’étranger n’ont jamais tenu compte de la spécificité de nos problèmes. L’occupation d’Haïti par les États-Unis a duré 19 ans (1915-1934). Elle n’a pas transformé pour autant de façon significative les structures de la formation sociale haïtienne. Les « occupations » postérieures, jusqu’à celle d’aujourd’hui assurée par la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), n’ont pas concrétisé leurs promesses.

D’une manière générale, l’étranger a toujours procédé de manière unilatérale, pour ne pas dire « impériale ». Un laboratoire basé en Occident, bien souvent une institution financière internationale, définit le modèle auquel les « petits pays » doivent s’ajuster. Dans notre cas, c’est le Fond Monétaire International (FMI) qui donne le ton, avec le concours agissant de l’Union européenne, de la Banque Mondiale et de la Banque Interaméricaine de Développement (BID). La cohorte met efficacement à contribution les moyens financiers, diplomatiques, politiques et militaires de Washington, Paris, Bruxelles et Ottawa.

En appliquant à la lettre les « suggestions obligatoires » de l’étranger, les dirigeants haïtiens en viennent à prendre de plus en plus de distance par rapport à la population. Car, les options adoptées ne sont pas le fruit de la concertation nationale. À un moment ou à un autre, ils deviennent impopulaires et sont projetés dans l’œil du cyclone du peuple revendicatif.

2- Soumission du « Chef » aux chants de sirène des « sousou-conseillers-rats de Palais » et des « amis-parents-alliés-kòkòday politik »

Pris en otage par son entourage, le Chef de l’État devient « Chef d’un tas » en perdant tout à fait le sens des réalités. Il évolue dans une bulle, n’entendant que l’écho de sa voix mêlée à celles des « sousou » ou sous-fifres dans une mièvre cacophonie.

Certains « Chefs d’un tas » ont connu plus ou moins de succès en cherchant à éviter un tel piège. L’un de leurs stratagèmes a été de constituer des cabinets formés de politiciens rivaux, de sorte que les avis des uns ne soient pas forcément ceux des autres. Le travail de ces « Chefs » a donc été, dans ces conditions, de réaliser la synthèse des opinions émises et de tracer leur propre ligne à partir de celles-ci.

Encore faut-il que la capacité de jugement du « Chef » soit au rendez-vous. Car, il peut bien disposer de recommandations et ne pas pouvoir les apprécier et les mettre à profit. Cette qualité est indispensable afin qu’il ne soit fourvoyé ni par les uns ni par les autres.

Cela soulève l’épineuse question de la capacité requise pour devenir Chef d’État. Car, ici, il semble que, de plus en plus, n’importe qui s’imagine pouvoir exercer une telle fonction. Suivez mon regard…

3- Distance entretenue par rapport à l’opinion publique : autre travers conduisant généralement à des incompréhensions dans un premier temps, puis, dans un second, à de sérieux malentendus entre la population et le « Chef »

Cette distance se traduit, entre autres attitudes, par le mépris et/ou l’hostilité envers la presse non soumise ou non officielle, quand les tentatives de cooptation échouent.

Aujourd’hui le slogan est « Taisez-vous ! ». A l’époque ‘’bleu-pintade’’, avec ironie et cynisme, on disait : « Bal la fini ».

Il s’agit là de l’attitude traditionnelle de refus des dirigeants haïtiens de pratiquer la transparence et de rendre des comptes. La gestion de la chose publique doit alors être frappée du sceau de l’ésotérisme parfait. Il ne faut pas que le « public » s’en mêle.

Même quand le « Chef » parle et parait être constamment en contact avec la population, son discours demeure allusif quant à la réelle gestion des affaires. Les dossiers ne sont pas étalés. Ils ne sont pas discutés. La population et ses mandataires du parlement et des collectivités territoriales ne sont en fait conviés à aucune participation effective.

Tout devient alors « secret d’Etat ». Les fonctionnaires savent qu’ils doivent retenir l’information et qu’ils jouent leurs postes en agissant différemment. Ils tomberont sous le coup de la loi sur la fonction publique qui consacre en ce sens l’Omerta (la loi du silence).

4- Refus d’ouverture et de dialogue : autre volet du refus de rendre des comptes

D’une manière ou d’une autre, l’opposition doit être contenue ou démantelée. Au mieux, dans la mesure où elle capitule, elle peut être hypocritement conviée au festin.

Les autres secteurs de la vie nationale qui, pour une raison ou une autre, souhaiteraient être impliqués dans les grandes décisions, doivent se soumettre aux caprices du « Chef ». Il les invite au débat, s’il l’entend. Ils n’ont aucun droit d’exiger d’être présents. Ils en sont davantage dépourvus s’ils s’avisent d’être critiques vis-à-vis de l’orientation des pouvoirs publics.

C’est donc le système parfait de l’exclusion.

« Dezyèm mitan an, se pou mwen », avait cyniquement déclaré René Préval au moment de « remettre à leurs parents » des membres de partis politiques ayant bénéficié de ses « largesses » lors de la 1ère mi-temps ou première moitié de son mandat.

Cette pratique d’exclusion marche de pair avec l’esprit de clan, de clique ou de bande que traduisent éminemment les slogans traditionnels « Nou pranl, nou pranl nèt ! Apre nou se nou ! Ti pas kout ! ».

« Attendez votre tour ! C’est nous qui avions remporté les élections. Nous exécutons notre politique », dit-on également.

Une telle position serait tout à fait acceptable dans un pays « normal », c’est-à-dire non dévasté par une quelconque catastrophe (naturelle ou politique) et où la solidité des institutions permet le libre jeu des tendances et des forces politiques. En Haïti post-séisme, qui peut se targuer de pouvoir, seul, tirer le pays de l’impasse ?

5- Messianisme rédempteur : autre travers du « Chef » découlant du refus de concertation et de participation

C’est le « Chef » qui apportera le bien-être à tous, à partir du Palais National. Tout le pays se rapporte à lui. Point n’est besoin de s’évertuer à s’impliquer, à participer. Le « Chef » y pense. Il y pourvoira. Pas nécessaire que le peuple se mobilise et compte sur ses propres forces. Il apportera l’eau, l’électricité, la sécurité, les emplois, l’école, la santé, elatriye…

Corollaire indispensable d’une telle posture : la concentration des pouvoirs. Tout se ramène au « chef » et à son cabinet particulier. Sur le plan institutionnel, cela se traduit par l’absence de décentralisation et même de déconcentration des pouvoirs publics. C’est ainsi qu’est née la République de Port-au-Prince.

Telles que se présentent les choses aujourd’hui, en dépit des grandes leçons du séisme dévastateur, et malgré les slogans trompeurs, on est bien contraint de constater, avec amertume certes, la toute puissance de la République de Port-au-Prince.

6-Autre tare non moins délétère caractérisant le « Chef » haïtien : son refus de s’entourer de cadres compétents pouvant éventuellement lui faire ombrage

Un ministre ou un directeur performant, dont le travail est reconnu, doit être démis de sa fonction avant qu’il ne se porte « candidat » sur la base de ses succès. Il est un rival potentiel, donc un adversaire réel.

Même quand des compétences sont réunies, leurs avis ne sont pas toujours suivis. Le « Chef » a sa propre compréhension des choses. Et c’est ce qui est déterminant.

Le président inaugure tout. Même des jardins d’enfants. A défaut de le faire, toute réalisation doit lui être attribuée. C’est sous son « haut patronage » que tout se fait.

On trouve comme conséquence d’un tel état de fait l’arrogance prétentieuse du « Chef » qui croit tout savoir. Il ne se réfère pas toujours aux dossiers et aux compétences appropriées quand il doit se prononcer ou prendre des décisions.

Le « Chef » s’immisce sans bagage aucun dans tous les dossiers, bradant sans crier gare les intérêts du pays. Certes, les conseillers sont présents. Ils produisent des avis et des recommandations. Mais, ils ne correspondent pas toujours à l’agenda politique du « Chef ».

7- Non respect du principe de l’équilibre des 3 pouvoirs de l’État : une des caractéristiques essentielles du présidentialisme haïtien

Seul l’Exécutif est un pouvoir. Il doit contrôler le judiciaire et le législatif. A défaut, il doit les neutraliser ou les anéantir.

L’Exécutif est détenteur et pourvoyeur de moyens indispensables au fonctionnement des deux autres « pouvoirs ». Il les distribue selon son agenda politique. De ce fait, le « Chef » de l’Exécutif estime être le « Chef » suprême de tous les pouvoirs. Sénateurs, députés, magistrats, tous doivent être à sa solde.

Un exemple de cette conception est le raidissement manifesté par le « Chef » à l’entrée en fonction du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) appelé à garantir l’indépendance effective du pouvoir judiciaire. L’entêtement d’un journaliste à vouloir que le « Chef » rende compte de sa décision à ce sujet lui a valu un ronflant juron de la part de ce dernier. C’est dire que cela ne regarde pas le public et que c’est lui, le « Chef », qui doit en débattre avec lui-même ou avec ses conseillers.

8- Non-respect de l’intégrité des institutions

Il arrive que les institutions subissent constamment des perturbations en relation avec l’agenda politique du « Chef » du moment.

On connaît l’histoire de l’armée réduite à sa plus simple expression par François Duvalier. Ce devait pourtant être une institution républicaine chargée de garantir la souveraineté nationale et l’évolution harmonieuse de l’ensemble des institutions sous l’égide de la Constitution. La création du Corps des VSN et la duvaliérisation de l’armée, passant par des purges successives et l’introduction au sein de l’institution d’un certain nombre d’officiers « politiques », a détourné cette institution de sa mission constitutionnelle.

Sous Aristide, la « chimérisation » de la police fut un autre cas d’espèce. La police semble être aujourd’hui encore sur le point de subir les mêmes assauts. Le « Chef » voudrait y introduire ses affidés.

Mais, ce ne sont pas uniquement les forces de sécurité qui font les frais des motivations d’ordre strictement politiques des dirigeants. Toutes les institutions sont touchées. A commencer par le parlement qui n’arrive jamais à remplir sa mission de contrôle de l’Exécutif. Les parlementaires sont généralement soudoyés soit directement, soit par l’intermédiaire de projets exécutés dans leurs départements et/ou dans leurs circonscriptions. Ils seraient alors bien malins de vouloir être à la fois contrôleurs et bénéficiaires/gestionnaires de deniers publics.

La Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif, principale institution chargée de vérifier les comptes publics, n’échappe pas au contrôle politique.

En définitive, les institutions ne sont jamais en mesure de remplir librement la mission qui est la leur. Le système est donc, de ce fait, en constant dysfonctionnement. L’agenda politique du « Chef » détermine le fonctionnement des institutions.

Ne pouvant pleinement exercer leur fonction, les institutions de contrôle assistent à la dimension prise par la corruption, laquelle s’étale dans toute sa splendeur.

9- Non-respect par le « Chef » des normes administratives de décaissement et d’utilisation de fonds

Des histoires de détournement et d’enrichissement illicite de chefs d’État et de leurs proches jalonnent l’histoire d’Haïti. Nous disposons de cas récents, ceux de Duvalier et d’Aristide, qui devraient encore faire l’objet d’investigations et de poursuites sérieuses.

Le manque de transparence aidant, les « Chefs » usent royalement des ressources publiques. Ils en distribuent à volonté à leurs proches et à leurs partisans. Ils en accumulent pour eux-mêmes et transfèrent des sommes faramineuses à l’étranger. Ils en utilisent aussi dans des projets-bidons, tels les fameux Petits Projets de la Présidence (PPP). De tels projets échappent au contrôle des organes d’État chargés de leur supervision. Ils constituent des sources par excellence d’enrichissement illicite.

La présidence se substitue ainsi bien souvent au gouvernement. Elle gère directement des projets alors que, selon la Constitution, son rôle consiste à assurer le bon fonctionnement des institutions. Cette réalité explique les antagonismes récurrents entre les deux « chefs » de l’Exécutif, le président et le premier ministre. S’ils ne sont pas ouvertement en compétition, l’un finit par avoir raison de l’autre. C’est toujours le président qui finit par l’emporter, compte tenu de la forte tradition de présidentialisme prévalant chez nous.

10- Primauté de la force sur le droit, pratiquée et consacrée en tout par le « Chef »

Il est une vérité ordinaire que les dirigeants haïtiens privilégient toujours la force sur le droit. On n’a encore vu aucun gouvernement haïtien qui ait dérogé à un tel principe. Certes, il y en a eu qui s’y sont donnés à cœur joie, sans retenue aucune : ce sont les dictatures clairement affirmées.

Il y en a d’autres qui ont couvert leur mépris de la légalité sous des dehors bon enfant, au moyen de discours doucereux délibérément trompeurs : ce sont les démocraties de façade fonctionnant à grand renfort de discours populistes et démagogiques, de vœux pieux et de promesses fallacieuses.

La réalité, dans ces régimes, a toujours été que la force s’imposait au droit quand bien même on jurait de vouloir instaurer l’État de Droit.

Au lieu de s’attaquer au dispositif longtemps mis en place pour que le système fonctionne toujours selon le principe du rapport des forces, le « Chef », qu’il soit de droite ou présumé de gauche, s’installe dans la tradition et tire avantage de celle-ci pour lui-même et pour les siens.

Les 10 facteurs énumérés et d’autres qui ne le sont certainement pas dans le présent article, représentent les défis majeurs qui se dressent sur la route du changement véritable en Haïti. Ils constituent l’aune à laquelle il faudra mesurer les dirigeants haïtiens. Il suffit d’analyser leurs actions au regard de l’un ou de l’autre de ces facteurs pour déterminer à quelle enseigne ils logent véritablement.

Cher dirigeant, voulez-vous vraiment changer Haïti ? Mirez-vous dans le miroir aux 10 palettes que représente le texte que vous venez juste de consulter. Et, bonne chance…

Marvel DANDIN

 

Visite de la Reine Sofía d’Espagne: Une coopération prioritaire avec Haïti

MINUSTHA.ORG / 8 octobre 2011

Les 7 et 8 octobre 2011, au cours d’une visite de 48 heures, la Reine Sofía d’Espagne a pu passer en revue des projets de coopération entre son royaume et Haïti, engagés dans un partenariat privilégié.

Visite de la Reine Sofía d’Espagne: Une coopération prioritaire avec Haïti

Photo :Victoria Hazou: UN/MINUSTAH

Parce que Haïti représente un « pays prioritaire », l’Espagne y déroule un Plan directeur quadriennal (2009-2012) d’un montant de quelque 100 millions de dollars américains, soit un minimum de 25 millions de dollars américains investis par an, et mis en oeuvre par l ‘Agence Espagnole de Coopération Internationale pour le Développement (AECID) dont la pr iorité est de «  lutter contre la pauvreté, l’exclusion sociale et l’inégalité, la paix et la prévention des conflits ou la dégradation de l’environnement ».

Pour atteindre cet objectif, l’AECID réalise plusieurs projets en partenariat avec des Organisations Non Gouvernementales (ONG), des pays tiers tels que l’Argentine ou le Brésil, et également des agences onusiennes entre autres le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), le Programme Alimentaire Mondial (PAM), le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF), le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés ( HCR ) et ONU Femmes.

Intervenant principalement dans le département du Sud-Est, l’AECID privilégie dix domaines d’action que sont l’établissement d’un Etat de droit  avec quatre projets de gouvernance démocratique; le développement rural et la lutte contre la faim par le développement de l’agriculture ; des programmes d’alphabétisation et d’appui à l’enseignement fondamental en vue d’améliorer l’accès et la qualité de l’éducation avec le PAM; concernant  la santé, l’amélioration de la santé infantile et maternelle avec l’appui d’ONU Femmes et de l’UNICEF, des programmes de prévention du sida avec des ONG ; l’accès à l’ eau potable et l’assainissement avec le PNUD et la Direction Nationale l’Eau Potable et de l’Assainissement (DINEPA) ; le renforcement de la pêche et du tourisme pour réduire la pauvreté ; des projets de reboisement des zones dégradées ; l’appui aux professi onnels de la culture ; le renforcement des capacités institutionnelles et organisationnelles du Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF) et enfin l ’action humanitaire.

C’est pour visiter quelques-uns de ces nombreux projets que la Reine s’est rendue à Titanyen, localité située à une trentaine de kilomètre au nord de Port-au-Prince, et dans les communes de Léogâne    et de Cité Soleil.

Au terme de sa visite, elle a été accueillie, ce samedi après-midi, par le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU et chef de la MINUSTAH, Mariano Fernández Amunátegui, au Quartier général de la Mission, où elle a déposé une gerbe de fleurs devant le Mémorial, en hommage aux 102 victimes des Nations Unies parmi lesquelles on compte Rosa Crespo Biel, originaire d’Espagne, qui faisait partie du contingent de la Policía Nacional (Force de police nationale espagnole).

L’Espagne contribue au sein de la Mission avec le déploiement depuis 2004 de policiers et gardes civils espagnols qui participent notamment à l’amélioration de la sécurité dans le pays et à la professionnalisation de la Police Nationale d’Haïti (PNH).

C’était la deuxième visite de la Reine en Haïti, la première remonte à janvier 2009.

Le président Michel Joseph Martelly s’était lui aussi rendu en Espagne en  juillet dernier.

 

L’Ecole Communale de la République de Slovénie est ouverte

08/10/2011 12:36:09

Haïti - Éducation : L'Ecole Communale de la République de Slovénie est ouverteRoman Kirn, l’Ambassadeur de Slovénie aux États-Unis et le Dr. Arthur B. Keys, Jr, Président et Directeur Général de « International Relief and Development » (IRD), ont ce mercredi, procédé officiellement à l’ouverture de l’Ecole Communale de la République de Slovénie à Carrefour, près de Port-au-Prince.
« Nous voulons inculquer un sentiment d’espoir au sein de la jeunesse d’Haïti », a déclaré Keys. « Ils sont l’avenir, et nous pensons qu’il est important de les soutenir et s’assurer qu’ils sont bien équipés pour gérer le développement à long terme et le succès de leur pays. »
L’établissement scolaire est composé de bâtiments modulaires, dont six salles de classe et une bibliothèque, la cour est un lieu de jeux pour les enfants avec terrain de basket-ball.
IRD Slovénie et « Slovenian Global Action » (SLOGA) se sont associé plus tôt cette année pour établir l’école et un espace adapté et convivial pour les enfants, dans la ville de Carrefour. L’école permettra d’éduquer 300 garçons et filles de la ville et des environs. En plus de cette nouvelle école, le programme comprend la formation des enseignants et un centres jeunesse qui va répondre aux besoins fondamentaux et fournir des informations sur l’entrepreneuriat et l’engagement civique. L’objectif est de donner aux jeunes une occasion d’élargir leurs connaissances et d’acquérir les compétences et la motivation nécessaires pour aider à rebâtir et à relancer leurs propres communautés.

Ce projet est financé par le ministère slovène des Affaires étrangères et mis en œuvre en partenariat avec l’ « Adventist Development and Relief Agency » (ADRA) et le gouvernement local haïtien. La Slovénie a alloué 240,000€ pour la mise en œuvre de ce projet.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3933-haiti-education-le-gouvernement-de-slovenie-aux-cotes-d-haiti.html
HL/ HaïtiLibre

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