samedi 15 octobre 2011

15 Oct

Les députés approuvent la politique du Premier ministre

81 pour, 7 abstentions, 0 contre, Haïti à enfin son Premier Ministre

15/10/2011 08:51:51

Haïti - Politique : 81 pour, 7 abstentions, 0 contre, Haïti à enfin son Premier MinistreCe vendredi 14 octobre 2011, le nouveau Premier Ministre, le Dr. Garry Conille a fait lecture de l’énoncé de la Politique Générale du Gouvernement devant la chambre des Députés. Après lecture, l’ensemble des Députés présent ont prit la parole pour discuter du document, attirer l’attention et poser des questions au Premier Ministre, certains députés ont demandé que des aspects relatifs à leur circonscriptions respectives, non-présent dans le document, soient prit en compte dans la politique, le programme du gouvernement et plans d’actions. L’exercice a duré un peu plus de 11 heures pour s’achever ce samedi à 8h19 du matin par un vote favorable.
À l’appel nominatif des députés, 88 ont répondu présent.
«…je crois que l’Assemblé est édifiée, je demande, à tous mes collègues qui sont d’accord, tout les Députés qui sont d’accord avec l’énoncé de déclaration Politique Générale du Premier Ministre, ceux qui sont pour de lever vos mains, les députés qui sont contre, les députés qui s’abstiennent […] » a déclaré Sorel Jacinthe le Président du Sénat.
Le Premier Secrétaire a annoncé les résultats du vote :
pour 81
abstentions 7
contre 0 
Suite à ce résultat, le Président du Sénat s’est adressé au Premier Ministre «… Premier Ministre, le bureau avec toute l’équipe vous donne ses félicitations. Le vote que la Chambre des députés vous a donné aujourd’hui, je crois que vous le savez, ce n’est pas un chèque en blanc […] Monsieur le Premier Ministre, nous vous faisons confiance, […] nous vous disons bonne chance, nous sommes avec vous mais attention, le monde vous regarde et le pays attend beaucoup de vous. »
Le Premier Ministre, le Dr. Garry Conille s’est adressé ensuite a l’Assemblée des Députés «…Messieurs les membres du bureau, honorables Députés je ne serais pas trop long, ça fait pratiquement 14 heures de débats qui sont pour moi un événement vraiment historique. Je vous remercie beaucoup pour la confiance que vous avez placé en moi, au nom de mes collègues je veux vous remercier pour la confiance que vous avez placé en nous, nous ne prenons pas ça comme un chèque en blanc au contraire, nous avons entendu les réserves, les conseils , les questionnements et nous nous engageons aujourd’hui à continuer le travail, le dialogue, les discussions parce que comme je l’ai dit dans le document, le peuple ne peut pas attendre encore. Merci beaucoup » a déclaré le Nouveau Premier Ministre d’Haïti, le Dr. Garry Conille.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-4023-haiti-politique-reactions-du-premier-ministre-au-vote-favorable-du-senat.html
HL/ HaïtiLibre

 

Dernière journée de travail de Sophia Martelly à Brasilia

15/10/2011 09:01:21

Haïti - Social : Dernière journée de travail de Sophia Martelly à BrasiliaMme Sophia Martelly, la Première Dame d’Haïti a terminé hier vendredi, sa deuxième et dernière journée de travail à Brasilia, dans le cadre d’une série de démarches vers le lancement en Haïti « d’Aba grangou », un vaste programme d’appui à l’alimentation des couches défavorisées.
Vendredi matin, Mme Martelly a visité le Jardin d’Enfant 321 Nord, une école publique du district fédéral, où elle a fait l’expérience des cantines scolaires en vue d’une approche comparative quant à ce qui se fait en Haïti.
L’après-midi, elle a rencontré Antonio Patriota, Ministre des Affaires Étrangères du Brésil. Le Chancelier a félicité Mme Martelly pour son engagement dans la lutte contre la faim avant de souligner qu’Haïti peut beaucoup gagner de l’expérience positive du Brésil ; compte tenu des similarités sociales existant entre les deux pays.
La Première Dame a aussi rencontré M. Marco Farani, Ministre Directeur de l’Agence Brésilienne de Coopération (ABC), qui propose de mettre à la disposition d’Haïti les ressources techniques nécessaires en guise d’accompagnement dans l’élaboration de sa stratégie de lutte contre la faim. Ce dernier a aussi promis d’aider dans la mobilisation des ressources financières nécessaires à la réalisation d’ABA GRANGOU.

Cette visite d’exploration de la stratégie « FOME ZERO », a permis à la délégation de comprendre que la réussite du programme nécessite une bonne coordination, l’implication de plusieurs secteurs et une décentralisation des services. Les programmes de sécurité sociale, tels que conçus au Brésil, ne représentent pas des dépenses pour l’état, mais un investissement qui stimule l’économie. « FOME ZERO » a permis à des millions de familles de sortir de la pauvreté.
La délégation sera de retour à Port-au-Prince ce dimanche 16 octobre 2011.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-4020-haiti-social-premiere-journee-de-travail-de-sophia-martelly-au-bresil.html
http://www.haitilibre.com/article-4015-haiti-social-la-premiere-dame-d-haiti-sophia-martelly-au-bresil.html
HL/ HaïtiLibre

 

FIFA: Dr. Yves Jean Bart recoit un avertissement de la Commission d’Ethique

15/10/2011 01:08:00 Auteur(e) La Redaction

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La Commission d’Éthique de la FIFA, présidée par Claudio Sulser (Suisse), a, aujourd’hui 14 octobre 2011, pris des décisions dans le cadre des procédures disciplinaires menées à l’encontre de plusieurs officiels de l’Union Caribéenne de Football (CFU). Les procédures ont été ouvertes eu égard à d’apparentes violations du Code d’éthique liées à l’enquête sur l’affaire de la réunion spéciale de la CFU, tenue à Trinité-et-Tobago les 10 et 11 mai 2011.

La Commission d’Éthique a pris les décisions suivantes :
Franka Pickering (Iles Vierges britanniques) a été suspendue pour une période de 18 mois de toute activité liée au football (administrative, sportive ou autre) et a écopé d’une amende de CHF 500.

Horace Burrell (Jamaïque) a été suspendu pour une période de six mois – dont trois mois ferme – de toute activité liée au football (administrative, sportive ou autre). La Commission d’Éthique a décidé de suspendre partiellement trois mois de la sanction ; ce sursis étant imparti d’un délai d’épreuve de deux ans.

Osiris Guzman (République dominicaine) a été suspendu pour une période de 30 jours – dont 15 jours ferme – de toute activité liée au football (administrative, sportive ou autre) et a écopé d’une amende de CHF 300. La Commission d’Éthique a décidé de suspendre partiellement 15 jours de la sanction ; ce sursis étant imparti d’un délai d’épreuve de six mois.

Ian Hypolite (Saint-Vincent-et-les-Grenadines) a été suspendu pour une période de 30 jours – dont 15 jours ferme – de toute activité liée au football (administrative, sportive ou autre) et a écopé d’une amende de CHF 300. La Commission d’Éthique a décidé de suspendre partiellement 15 jours de la sanction ; ce sursis étant imparti d’un délai d’épreuve de six mois.

Aubrey Liburd (Iles Vierges britanniques) a écopé d’un blâme ainsi que d’une amende de CHF 300.

Hillaren Frederick (Iles Vierges américaines) a écopé d’un blâme ainsi que d’une amende de CHF 300.

Anthony Johnson (Saint-Kitts-et-Nevis) a écopé d’un blâme mais d’aucune amende.

Les officiels suivants ont reçu un avertissement :
David Hinds (Barbade), Mark Bob Forde (Barbade), Richard Groden (Trinité-et-Tobago), Yves Jean-Bart (Haïti) et Horace Reid (Jamaïque).

Felix Ledesma (République dominicaine) n’a pas été jugé coupable d’une violation quelconque.

L’audition de Noel Adonis (Guyana) a été repoussée, tandis que dans le cas de Patrick Mathurin (Sainte-Lucie), plus d’informations ont été requises et aucune décision n’a ainsi été prise à ce stade.

Les cas de David Frederick (Iles Caïmans) et de Joseph Delves (Saint-Vincent-et-les-Grenadines) ont été fermés étant donné que ceux-ci ne sont aujourd’hui plus officiels de football. Si ces personnes venaient à reprendre un poste d’officiel de football, leurs cas seraient alors à nouveau examinés par la Commission d’Ethique.

 

Présidence/Parlement :

Dispute en haut lieu

Le président Michel Joseph Martelly demande à la justice « d’ouvrir l’oeil » sur des repris de justice, des évadés de prison en mal d’immunité retranchés au Parlement, comme, sans le citer nommément, le député Arnel Belizaire avec qui il a eut mercredi des échanges musclés émaillés de propos menaçants et orduriers au palais national. Le député Bélizaire souligne qu’il a été victime de « persécution politique » lors de ses arrestaions entre 2004 et 2005 et refuse de commenter les propos du chef de l’Etat.

         

Le président Michel Martelly              Le député Arnel Bélizaire  

Au début, c’était une « rumeur ». Mais, très vite, les échos, difficiles à contenir, ont enflé et fait les choux gras de la presse. Le président de la République, Michel Joseph Martelly, sorti de ses gonds, mercredi soir, en pleine rencontre avec le « Groupe 58 », a eu un échange musclé, émaillé de propos « orduriers » et « menaçants » avec le député de Delmas/Tabarre, Arnel Bélizaire, membre influent de l’organisation politique « Veyo Yo », créée par le feu père Gérard Jean-Juste, un lavalassien convaincu et fidèle à Jean-Bertrand Aristide.
« Le président Martelly a eu le dessus sur Arnel Bélizaire, prostré dans un silence obligé face au déchaînement du président Martelly qui multipliait les menaces d’arrestation à l’endroit du député, qualifié d’évadé de prison, de repris de justice », a confié, sous le couvert de l’anonymat, une source à la présidence, vendredi 14 octobre 2011 en début de matinée.
Et, entre-temps, des députés, touchés dans leur orgueil, se sont dit « humiliés » par les agissements du chef de l’Etat. Ce n’était qu’une infime partie de l’iceberg, car, quelques heures avant la séance de présentation de la politique générale du Premier ministre Gary Conille devant la Chambre des députés, le chef de l’Etat, avant de se rendre en Républicaine Dominicaine où il doit participer à un forum, a « grondé » face aux caméras. « Pendant mon quinquennat, personne ne viendra au palais et manquer de respect au président Michel Martelly », a indiqué Martelly, sans citer nommément le député Arnel Bélizaire. Menaçant, le président a enfoncé le clou. « Je demande à la justice de garder un oeil sur les repris de justice et évadés de prison refugiés au Parlement », a-t-il dit, relevant que « ceux-là parlent plus fort ».
Inquisiteur, le président Martelly a dit avoir constaté les failles du CEP et d’autres institutions dont le travail consiste àpasser au crible certains candidats à des postes législatifs.« Le désordre du CEP a permis a des repris de justice, des évadés de prison de se cacher au Parlement afin de bénéficier de l’impunité », a ajouté le président Michel Joseph Martelly qui jure ses grands dieux de corriger cette situation en sa qualité de responsable principal du renforcement des institutions et de l’Etat de droit pour le bon fonctionnement du pays.
En début de soirée, l’incident du palais national, ayant divisé les députés sur sa gravité et l’importance à y accorder ont été appréciées en direct sur la TNH. Mais, une question demeure : Arnel Bélizaire est-il, comme le dit le chef de l’Etat, un repris de justice, un évadé ?
Si Michel Joseph Martelly n’a pas donné de détails, jusqu’à plus ample informé, Arnel Bélizaire, déporté des Etats-Unis entre 1998 et 1999 pour « voyage illégale » est fiché au Bureau de l’enseignement judicaire (BRJ), selon un gradé de la PNH sous le couvert de l’anonymat.
Et, au début du mois d’octobre 2004, lors de l’arrestation à Radio Caraïbes de Louis Gérard Gilles, ex-sénateur, de l’ex-sénateur Yvon Feuillé et de l’ex-député Rudy Hériveaux, Arnel Bélizaire a été lui aussi arrêté pour détention d’un fusil d’assaut T-65, a ajouté cette source, incapable de confirmer si M .Bélizaire, aujourd’hui député, a été blanchi par la justice suite à ces arrestations que les lavalassiens avaient qualifié de « politiques ».
Cependant, une source proche d’une organisation de défense des droits humains, a révélé que Arnel Bélizaire, après son arrestation le 4 octobre 2004, à Radio Caraïbes, a été écroué à la prison civile de Port-au-Prince dans le cadre d’une instruction pour « meurtre et détention d’arme à feu » avec comme numéro de dossier PN 04-10-100. Et, le 19 février 2005, M. Bélizaire ainsi que 481 détenus se sont évadés de la prison.
La version des faits d’Arnel Bélizaire
Joint au téphone au beau milieu de la séance de ratification de la politique du Premier ministre Gary Conille, séance précédée de débats sur une résolution demandant au président Martelly de conseiller à un de ses proches de ne plus avoir des comportements agressif à l’égard des parlementaires —en référence à l’incident de St- Michel de l’Attalaye —, Arnel Bélizaire aujourd’hui député a démenti avoir été déporté des Etats-Unis. Cependant, il a reconnu avoir été arrêté en possession d’un fusil T-65 en assurant la sécurité de « sénateurs en fonction ». « Cette arrestation était politique », a-t-il dit, sans nier avoir quitté la prison lors de cette évasion. « J’avais déclaré publiquement avoir laissé la prison », a ajouté Arnel Bélizaire qui confie s’être réfugié en République dominicaine avant d’être arrêté et renvoyé en Haïti à la demande du gouvernement haïtien d’alors en juillet 2005.
Le ton posé, Arnel Bélizaire, a souligné qu’il a été blanchi par la justice. « Les documents sont là, disponibles au tribunal de première instance de Port-au-Prince », a confié Arnel Bélizaire.
« Je ne réponds pas au président Martelly. Il veut attaquer tout le monde », a réagi le député qui rappelle que « le retour à la dictature n’est plus possible en Haïti ».
Le président Michel Joseph Martelly, ex-chanteur populaire aux frasques décapants et aux propos obscènes, ne souffre d’aucune retenue quand il s’énerve, a remarqué un de ses collaborateurs. « Il aboie mais ne mord pas », a-t-il plaisanté, même certains relèvent toutefois l’appel lancé par le président à la justice, pour qu’elle sévisse contre « les parlementaires bruyants » mais pas immaculés.
Roberson Alphonse
ralphonse@lenouvelliste.com

 

Conille à la chambre basse, toujours pas de quorum

Vendredi, 14 Octobre 2011 21:46

GaryconilAprès le sénat où il a eu un vote favorable dans la matinée de vendredi, le nouveau premier ministre haïtien, Gary Conille met le cap sur la Chambre Basse. Les mises en place sont en cours en vue de la tenue de la séance au cours de laquelle les députés statueront sur son programme gouvernemental.

L’appel nominal avait même déjà commencé, mais elle a été suspendue en raison de l’absence de la majorité des députés dans la salle. Le Groupe 58 est actuellement en concertation en vue de dégager une position commune et solidaire de son membre Anel Bélisaire, qui, selon les informations que nous disposons, avait eu une altercation avec le président Michel Martelly mercredi au Palais National.

Lors d’une rencontre visant à faciliter la ratification de la politique général du nouveau gouvernement, les deux hommes auraient failli en venir aux mains. Des menaces auraient été proférées.

A raison de 16 pour, 4 contre et 5 abstentions, l’assemblée des sénateurs a approuvé dans la matinée de vendredi la politique générale et le cabinet ministériel de Gary Conille.

 

Les proches du chef d’Etat héritent des ministères les plus importants

imageLe Premier Ministre Gary Conille a présenté aux sénateurs les 17 membres de son cabinet ministériel. M. Conille donne l’assurance que ces techniciens hautement qualifié sont dévoués au service de la patrie.
Le Premier Ministre conserve le portefeuille de la planification et de la coopération externe dans ce gouvernement composé en grande partie de personnalités non impliquées dans la vie politique. Les membres de l’équipe du chef d’Etat occupent les 8 portefeuilles les plus importants dans ce gouvernement.
Thierry Mayard Paul, dirigera le super ministère de l’Intérieur, des collectivités territoriales et de la défense nationale. Chef de cabinet du président Martelly, le juriste Mayard Paul devra superviser plusieurs organismes autonomes, le fonctionnement des Mairies et le haut état major des forces armées.
Un autre proche du chef d’Etat, Laurent Lamothe, est le nouveau chancelier haïtien. Cet entrepreneur qui avait financé la campagne de M. Martelly obtient une nouvelle affectation. Il occupait déjà les fonctions de coordonnateur du conseil consultatif pour le développement et de membre de la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti.
Parmi les autres ministres figurent :
Florence Duperval Guillaume, réputée proche de la Première Dame, Ministre de la Santé Publique et de la Population.
Ricardo Théano , ancien candidat à la députation, est ministre délégué auprès du Parlement.
Wilson Laleau, ancien membre du rectorat de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH) est Ministre du Commerce et de l’Industrie.
Daniel Suplice, membre de la campagne de Martelly est Ministre à la Présidence chargé des Haïtiens vivant à l’étranger.
Josué Pierre-Louis, ancien directeur général du ministère de la justice revient comme principal responsable de ce ministère.
Stéphanie Balmir Villedrouin, conseillère de M. Martelly est Ministre du Tourisme.
L’absence de Georges Merisier, annoncé par Martelly comme ministre de l’éducation est la seule surprise du cabinet.
LLM / radio Métropole Haïti

 

L’ONU commence à réduire son effectif en Haïti

imageLe Conseil de sécurité a ordonné vendredi de retirer 3.300 Casques bleus aux effectifs de la mission de l’ONU en Haïti (Minustah) pour les ramener à des niveaux plus proches de ceux d’avant le tremblement de terre de janvier 2010.
Les policiers et les soldats de l’ONU seront ainsi près de 10.500 à rester en Haïti après ce retrait. Ils étaient près de 9.000 avant le séisme dévastateur du 12 janvier 2010.
Le retrait, qui sera conduit au cours des douze prochains mois, a été voté à l’unanimité par les 15 pays membres du conseil de sécurité.
Les Nations unies estiment qu’il est possible de réduire les effectifs de la Minustah maintenant que la situation politique est apaisée à Port-au-Prince avec un nouveau président et un nouveau Premier ministre aux manettes après plusieurs mois d’instabilité.
La Minustah va ainsi compter 7.340 soldats et 3.241 policiers après le retrait, soit 1.600 soldats et 1.700 policiers en moins.
Déployée depuis juin 2004 et commandée par le Brésil, la Minustah compte 18 pays contributeurs en effectifs, dont une majorité de pays latino-américains.
Le chef de l’ONU Ban Ki-moon avait confirmé le 19 septembre lors d’une rencontre avec le président haïtien Michel Martelly son intention de réduire les effectifs à son niveau d’avant le séisme.
Déjà accusée par plusieurs épidémiologistes d’avoir importé la souche de choléra responsable de l’épidémie qui a fait plus de 5.500 morts dans le pays, la mission était depuis quelques semaines au centre d’un nouveau scandale après la diffusion sur internet d’images montrant des Casques bleus uruguayens en train de violer un jeune Haïtien de 18 ans.
Le nombre de Casques Bleus déployés dans le monde a atteint un niveau record avec 120.000 personnes sur le terrain.
Le nouveau chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU, Hervé Ladsous, avait estimé jeudi qu’il fallait « réduire (les effectifs) là où nous le pouvons ».
EJ/Radio Métropole Haïti

 

François Bayrou sera en Haïti dimanche

Vendredi, 14 Octobre 2011 17:31 LJO/HPN

François Bayrou, homme politique français, sera en visite dimanche dans la capitale haïtienne, a appris Haïti press network d’une source proche de l’ambassade de France à Port-au-Prince.

Présent en république dominicaine pour ce week-end, M. Bayrou profitera de l’occasion pour effectuer une visite de quelques heures en Haïti.
Cette figure emblématique de politique française se rendra dans des camps de déplacés durant son court passage dans la capitale haïtienne.
Principal représentant du centre, M. Bayrou pourrait se porter comme candidat dans les présidentielle de 2012.
ljosepholivier@gmail.com

 

Michel Martelly, rencontre Muhammad Yunus

14/10/2011 13:32:26

Haïti - Économie : Michel Martelly, rencontre Muhammad YunusLe Président Michel Martelly, a chaleureusement accueilli, jeudi 13 octobre 2011, le double Prix Nobel bangladais [Paix et économie], Muhammad Yunus, qui en est à sa deuxième visite en Haïti.
Lors d’un point de presse conjoint tenu au Palais National, le Chef de l’État a déclaré qu’il était heureux et fier de recevoir une personnalité aussi importante que M. Yunus qui co-préside le Conseil Consultatif Présidentiel pour l’Investissement (CCPI), initié par la Présidence en vue d’attirer des investisseurs directs et étrangers dans le pays.
L’économiste Muhammad Yunus a fondé officiellement la Grameen Bank au Bangladesh en 1977, qui a permis à près de 300 millions de personnes dans le monde, de bénéficier directement ou indirectement de micro-crédits. Le Chef de l’Etat a profité de sa présence pour s’enquérir du concept de « Social business », dont la mise en œuvre, permettra d’obtenir en Haïti, des résultats concrets en faveur de l’amélioration des conditions de vie du peuple haïtien. La présidence a confirmé que des démarches et rencontres de travail avec des partenaires internationaux, se poursuivent à cet effet.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3853-haiti-economie-martelly-lance-officiellement-le-ccpi-a-new-york.html
http://www.haitilibre.com/article-3766-haiti-economie-lancement-du-conseil-consultatif-presidentiel.html

S/ HaïtiLibre

 

Le prix nobel de l’économie en tournée en Haïti

Vendredi, 14 Octobre 2011 19:31 PD/HPN

Mohamad Yunus, le Bangladais connu comme « le père du microcrédit », est en tournée en Haïti où il a rencontré au Palais National jeudi matin le président Michel Martelly et le Premier ministre ratifié Gary Conille et ses ministres, a appris HPN d’une source financière.

Intervenant jeudi, dans un hôtel de Pétion-Ville, face à un public composé de membres de la société civile, des ONG et quelques figures du secteur privé, Yunus a exposé sa conception des affaires qui consiste à « faciliter un partenariat économique entre des gens démunis et de grandes entreprises».

En exemple, le célèbre Bangladais a cité Danone, poids lourd français des produits laitiers, et Adidas, poids lourd allemand de matériels sportifs qui acceptent de collaborer avec des entrepreneurs sociaux.

« Haïti et Bangladesh ont des caractéristiques communes en termes d’opportunités à exploiter par les entrepreneurs sociaux. Une meilleure compréhension entre le politique, l’économique et le social peut apporter des bénéfices substantiels aux plus pauvres », a soutenu Mohamad Yunus.

En la circonstance, ont pris aussi la parole l’économiste Kesner Pharel de Group Croissance, Ann Hastings de Fonkoze et Lesly Jules, consultant en management.
Ce samedi Yunus se rendra à Mirebalais (Centre) pour visiter des projets sociaux.
« Le père du microcrédit » fait partie d’une commission présidentielle haïtienne pour la croissance en compagnie de plusieurs personnalités internationales, dont d’anciens Chefs d’État.

 

Haïti-Politique:

« Des évadés de prison au Parlement », a dénoncé Martelly

Vendredi, 14 Octobre 2011 17:28 HPN  

Le Président de la République, Michel Joseph Martelly, a dénoncé la présence des repris de justice et des évadés de prison au sein du parlement  haïtien. Le Chef de l’état rend le conseil électoral provisoire responsable de cette situation.

Avant son départ pour la République Dominicaine, le Président Martelly a déclaré que la 49e législature comporte en son sein des repris de justice et évadés de prison. M. Martelly a pointé du doigt le conseil électoral provisoire, qui d’après lui, a accepté les dossiers de ces individus.
Le Chef de l’état invite la justice à prendre ses responsabilités en poursuivant les parlementaires concernés.
Il faut préciser que le Président a tenu ces propos suite à une question sur une altercation qui aurait lieu entre lui et un député au palais national mercredi soir.
« Plus jamais, personne ne viendra m’insulter au palais national », a indiqué Martelly.

 

Première journée de travail de Sophia Martelly au Brésil

14/10/2011 09:26:42

Haïti - Social : Première journée de travail de Sophia Martelly au BrésilJeudi, Mme Sophia Martelly, la Première Dame d’Haïti, a bouclé sa première journée de travail à Brasilia [capitale du Brésil], où elle se trouve depuis mercredi. La délégation qui accompagne la Première Dame est composé de M. Klaus Eberwein, conseiller du Président, Béatrice Dalencour-Turnier, conseillère technique auprès de la Première Dame, Mme Myrta Kaulard, représentante du Programme Alimentaire Mondial (PAM) ainsi que Raphy Favre, expert du PAM.
Ce jeudi, la Première Dame de la République a eu des entretiens avec des responsables du Ministère de la Santé, du Ministère du Développement social et du combat contre la faim, du Ministère de l’Education et du Ministère de l’Agriculture, Elevage et Approvisionnements.
Ces rencontres ont permis à la délégation de se faire une idée de la nature et des mécanismes de gestion de la stratégie « FOME ZERO » ; afin de mieux procéder au lancement du programme « Aba Grangou » en Haïti. [un vaste programme d’appui à l’alimentation des plus défavorisées en Haïti], initié par la Présidence et placé sous les auspices du bureau de la Première Dame.
Le Brésil a été choisi compte tenu des résultats de leur stratégie « FOME ZERO » qui a permis d’apporter une réponse efficace aux problèmes de sécurité alimentaire des plus nécessiteux dans ce pays et de sortir des millions de brésiliens de la pauvreté.
Le Centre d’Excellence contre la Faim, (un programme commun du gouvernement Brésilien et le PAM) est prêt à recevoir 5 à 7 techniciens haïtiens devant bénéficier d’une formation de deux semaines sur la stratégie « FOME ZERO ». Ceci leur permettra d’étudier les mécanismes du programme et de faire des propositions concrètes. Ils ont aussi promis de détacher une équipe de techniciens brésiliens pour accompagner le Gouvernement haïtien dans la mise en place de sa stratégie de combat contre la faim.
Ce Vendredi, la Première Dame aura d’autres séances de travail avec le Ministre du Développement Agricole, le Président du Conseil de Sécurité Alimentaire. Elle visitera, également, une école publique du District Fédéral pour faire l’expérience des repas scolaires.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-4015-haiti-social-la-premiere-dame-d-haiti-sophia-martelly-au-bresil.html
HL/ HaïtiLibre

 

Joseph Lucien Jura, nouveau directeur du Bureau de Communication de la Présidence

Vision 2000 / vendredi 14 octobre 2011 à 10:01

Prime-Minister-Of-Haiti-300x247Port-au-Prince, le vendredi 14 Octobre 2011 : Le Bureau de Communication de la Présidence informe la Presse locale et étrangère que le Porte-Parole de la Présidence, Joseph Lucien Jura, devient le nouveau Directeur de cette structure en remplacement de Hérold Israël, appelé à d’autres fonctions au sein de l’administration.

Hérold Israël est présentement Conseiller en Relations Publiques et aux Affaires Sociales auprès de la Première Dame et est appelé à prendre les reines d’une Direction Générale dans les prochains jours.

Le Bureau de Communication de la Présidence renouvelle son engagement à faciliter de bonnes relations entre les médias et la Présidence dans ce même souci de transparence et de libre opinion prônées par le Chef de l’Etat depuis son entrée en fonction le 14 mai 2011.

Prière de noter le nouveau numéro de contact du bureau : 509 3182 8888.

Contact : Bureau de Communication

Phone : (509) 3182 8888

Email : communications@presidentmartelly.ht

 

Martelly rencontre l’ancien président Boniface Alexandre

Vendredi, 14 Octobre 2011 17:13 HPN

Dans le cadre d’une série de visite entamée cette semaine aux anciens chefs d’état haïtiens, le président Martelly  a rendu visite  ce vendredi à Boniface Alexandre qui a dirigé le pays durant la période de transition après le départ du président Jean Bertrand Aristide.

M. Boniface est le quatrième ancien Chef d’état après Prospère Avril, Jean Bertrand Aristide et Jean Claude Duvalier que l’actuel Président de la République a rendu visite cette semaine.

 

Haïti-Politique:

Martelly visite les anciens présidents Aristide et Duvalier (VIDEO)

Le président Martelly a visité les anciens présidents Aristide, Duvalier et Avril cette semaine. Haïti Press Network vous présente les grands moments des rencontres entre ces anciens chefs d’état et M. Martelly.

Haïti-Sénégal:

Un an plus tard, les étudiants haïtiens dans la nostalgie de leur pays

Jeudi, 13 Octobre 2011 18:35 FJP/HPN

Le 13 octobre 2010, 162 boursiers haïtiens ont laissé le pays pour se rendre à Dakar (Sénégal) afin de poursuivre leurs études universitaire. Un an plus tard, entre silence et scandale sur des cas d’agressions sexuelles présumées, Haïti Press Network fait le point sur cette première année passée en terre étrangère par ces jeunes haïtiens.

Retour sur le voyage : Il était une fois le 13 octobre 2010
Après le terrible tremblement de terre du 12 janvier 2010, à l’invitation du président sénégalais Abdoulaye Wade, 162 boursiers avaient quitté Port-au-Prince à bord d’un vol charter affrété par le Sénégal accompagné de deux ministres haïtiens celui de la jeunesse Evans Lescouflair et de la Condition féminine Marjorie Michel ainsi que quelques fonctionnaires du gouvernement et des journalistes haïtiens.
Des membres du gouvernement sénégalais, de l’armée et de l’opposition étaient venus à Port-au-Prince pour préparer avec les autorités haïtiennes le voyage de ces jeunes inscrits pour des études en médecine ou en économie, pour la plupart.

La situation à Dakar : Les études et l’hospitalité

Le niveau d’étude dans les universités sénégalaises sont nettement plus avancés que le niveau des universités d’Haïti, selon le témoignage des boursiers qui sont actuellement à Dakar.

« Etudiant en travail social, le niveau de cette école est nettement supérieur à celui de la faculté des sciences humaines (UEH/Université d’état d’Haïti). Les autres étudiants qui étaient à des universités privées en Haïti ont fait le même constat », a indiqué à HPN une boursière qui requiert l’anonymat.

Au début, des conflits ont éclaté entre les 162 jeunes haïtiens et les étudiants sénégalais pour des places dans les universités reprochant au président Wade de faire venir des étrangers. Ce problème est résolu suite à la belle performance académique des Haïtiens dans toutes les facultés.

Finalement, les Sénégalais ont adopté les Haitiens comme des « frères et sœurs » jusqu’à aider les boursiers à se frayer une place dans la vie estudiantine. « C’est la collaboration d’un peuple n’ayant pas beaucoup qui décide de donner à d’autre », estime les étudiants haïtiens.

Récemment la presse sénégalaise a révélé des cas d’agressions sexuelles dont sont victimes  des jeunes filles haïtiennes, une information qui n’est toutefois pas confirmée par des boursiers haïtiens contacté par HPN.

Finance : Manque de moyens économiques pour ces boursiers

Le gouvernement sénégalais a aidé les Haïtiens financièrement au début, mais c’est seulement au niveau des frais universitaire de 55 USD que les boursiers reçoivent ces derniers temps. Pour combler les dépenses, les parents en Haïti doivent envoyer de l’argent.

Retour en Haïti : dans l’ombre de la politique sénégalaise

Au moment de laisser le pays, ces jeunes avaient l’espoir de venir revoir leurs familles en Haïti durant l’été 2012. Les élections présidentielles au Sénégal pour février de l’année prochaine pourraient tout changer et mettre fin à l’aventure de ces boursiers.
« Le président qui succédera à Wade pourra ne pas respecter les promesses de ce dernier », craignent les boursiers.
Fédrick Jean Pierre
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L’Armée d’Haïti : autopsie d’une institution

Par Dr Eddy Arnold Jean – Le Matin – 13/10/2011

Comme la race des humains, les institutions ont la vie dure. Celles qui disparaissent au fil de l’histoire doivent leur extinction à l’absence de véritables valeurs morales et de compétences individuelles des populations toujours désarmées face aux tentations de l’absolutisme. L’armée en tant que balancier de la vie nationale, a souvent réagi pour mettre un terme aux dérives politiques dont foisonne l’histoire des nations qui se cherchent. Elle diffère des autres organisations en ce qu’elle est une institution totale ou presque fermée. Même quand c’est avec les civils qu’on fait généralement les militaires, le métier des armes n’est pas une profession semblable aux autres. Cependant, la distinction entre civils et militaires, fortement valorisée, ne privilégie nullement la fonction discriminatrice et unificatrice du port de l’uniforme. Elle doit plutôt être compensée comme un prolongement du parcours sociopolitique de chaque citoyen conscient de son appartenance à une entité plus large appelée : « Pays, Patrie, Nation ».
L’Armée d’Haïti peut-elle se constituer comme un obstacle majeur à l’émergence d’un système démocratique ? La question a toujours été posée sans que l’on fasse même valoir des propositions de réponse en regard de l’histoire de notre pays et d’une tradition de coup d’État inaugurée dans les années 40. Ainsi, en deux occasions, l’armée fit irruption sur la scène politique nationale pour donner suite à des options politiques dont la force motrice se trouvait en dehors des Forces Armées. De 1957 à la chute de Jean-Claude Duvalier, celles-ci restèrent cantonnées dans leurs casernes pour n’en sortir qu’à l’occasion des invasions de rebelles. Toutefois, en 1986, débuta le cycle d’instabilité politique dans lequel les militaires devinrent tant soit peu des acteurs déterminants dont le rôle grandissant porte les autres compétiteurs pour le pouvoir à prendre en considération ce qu’un spécialiste des sciences politiques appelle « le politicien armé » Plus que ses rivaux, celui-ci a le grand avantage de pouvoir, avec plus de rapidité et de façon inattendue, modifier ses finalités et déterminer de nouveaux adversaires préférentiels.
Historique de l’Armée
L’Armée est un instrument de répression au service d’un pouvoir fort. A ce compte, elle n’a pas trahi ses origines. Cette création des Américains supportait presque servilement les forces d’occupation comme on en a vu dans le Nicaragua des années 30. D’abord « Gendarmerie », ensuite « Garde d’Haïti » : ces noms ne pourraient faire oublier que ces soldats formés par les U.S.A étaient plutôt spécialisés dans la torture pratiquée sur des civils désarmés; on en a pour preuve le massacre de Marchaterre. En 1934, quand Vogel devait remettre la garde d’Haïti aux autorités de l’époque, l’officier américain tint à l’endroit de Démosthène Calixte, le premier commandant de la Nouvelle Armée, ce langage qui donna la mesure de l’instruction donnée à nos militaires. « Je vous remets la garde d’Haïti, dit-il, avec elle vous pouvez faire beaucoup de bien, et vous pouvez faire aussi beaucoup de mal ».
Cette armée n’a jamais été malheureusement un corps de métier. Et c’est à ce niveau que le bât blesse. D’ailleurs, elle ne tardera pas à s’agiter et à vouloir jouer les premiers rôles. Survint alors le premier coup d’État contre Vincent. Les militaires n’avaient pas suffisamment médité l’irruption sur la scène politique nicaraguayenne d’un colonel créé de toutes pièces par les Américains : Anastasio Samoza. Gracia Pérard est fusillé. Durcé Armand, Roger Dorsainville et Arthur Bonhomme arrêtés. Il semble qu’une page est bel et bien tournée, avec les trois glorieuses qui provoquèrent la chute d’Elie Lescot et l’entrée de l’Armée sur la scène politique haïtienne avec une junte composée de Lavaud, Levelt et Magloire. On était en 1946, et quatre ans plus tard, l’Armée devait récidiver en s’emparant du pouvoir. Une anecdote laisserait comprendre que François Duvalier aurait suffisamment manoeuvré, pour dresser le président Dumarsais Estimé contre le colonel Paul Magloire. Dans son maquis, l’ex-ministre des Affaires Sociales d’Estimé veillait. La traversée du désert allait durer six ans. Et à la suite d’une césarienne effectuée par Antoine Th. Kébreau, Duvalier prit le pouvoir.
Et François Duvalier vint
Son élection à la présidence ne s’est pas effectuée sans problème. Elle a été précédée de turpitudes qui ont fait beaucoup de mal à l’Armée, divisée en officiers mulâtres et noirs. Les premiers sont acquis au sénateur Louis Déjoie. Recrutés dans les classes moyennes, les seconds sympathisent avec le docteur François Duvalier et Clément Jumelle, tandis que les sous-officiers et soldats sont tournés vers le petit enseignant de maths, démagogue, Daniel Fignolé. Voilà l’Armée éclatée. On a senti alors combien pèse le climat de suspicion en ce tristement célèbre 25 Mai où certaines factions de l’Armée entrèrent en action, détruisirent par leur comportement insolite ce que l’on appelle la fraternité des armes. Car, depuis la prise des casernes Dessalines par les Pasquet, Dominique et Perpignan, François Duvalier, dans le but de pérenniser son pouvoir, procéda à une basse oeuvre de sape qui a vu le renvoi de l’Armée d’officiers non-duvaliéristes. Fermeture de l’académie militaire, promotion anarchique d’officiers sortis des rangs, institution d’une milice dévouée à sa personne ; tels sont les moyens utilisés par François Duvalier pour se maintenir au pouvoir. Pour contrebalancer l’influence de l’Armée dont Duvalier s’est toujours méfié, il fit fusiller dix-neuf officiers à la suite d’une mascarade de procès. On pouvait vraiment dire que Duvalier, en cette sombre journée de Juin, avait tenu la promesse qu’il avait formulée : enlever à l’armée son rôle de balancier dans les affaires nationales. La mutinerie des gardes-côtes prouva s’il en était besoin que le mutisme de l’Armée était plutôt pure feinte et qu’elle n’était pas aussi sage que Duvalier l’aurait souhaité.
Le crépuscule des mythes
De toute évidence, la mutinerie des gardes-côtes avait ouvert une brèche dans l’édifice duvaliérien. Seize ans plus tard, il allait s’écrouler. Le crépuscule des mythes avait sonné, en ce sept Février 1986, qui a vu le départ de Jean-Claude Duvalier. On ne dira pas assez que la chute du tyranneau avait été provoquée par l’armée, par des militaires inquiets de la gabegie administrative et l’incompétence manifeste du gouvernement des Duvalier, Lafontant etc. Le Général Henri Namphy assuma la présidence du Conseil National de Gouvernement formé de personnalités les plus en vue. Mais malheureusement, un pesant climat d’insécurité s’installa dans Port-au-Prince, dans Port-aux-Crimes, comme le président Louis Pierrot l’appelait. Et tout naturellement, les appétits furent débridés et la corruption gagna l’armée avec cette trilogie macabre : drogue, contrebande et crime. Le 29 Novembre 1987, ce fut l’hécatombe de la ruelle Vaillant, et le 11 Septembre 1987, l’Eglise St-Jean Bosco devint un théâtre où l’horreur et le crime se disputèrent.
Comme d’autres institutions du pays, l’armée haïtienne est l’une des grandes victimes du régime despotique de Duvalier. Pour l’édification des uns et des autres, il suffirait de rappeler le nombre de militaires portés disparus et passés par les armes durant cette période sombre de l’histoire nationale. Ainsi l’armée, ayant repris son souffle en 1986, a cru bon d’attiser la braise révolutionnaire et de participer à l’oeuvre commune de “changement”. Le commandant en chef, le général Henri Namphy dans un suprême élan de candide euphorie, prônait la bamboche démocratique qui, en réplique directe à trois décennies de dictature inouïe, devait se muer en un véritable désastre. Zorba le grec aurait parlé de beau désastre. Car, ce que l’on souhaitait être la liberté réelle d’organiser des manifestations publiques était pratiqué avec un tel excès que la liberté était assimilée à la licence. La liberté de s’exprimer n’ayant pas connu de limitations aboutit au verbiage démagogique. Le retour immédiat dans leurs foyers des exilés, s’il est une mesure de réparation très opportune, n’en donna pas moins lieu à une politique sans faconde. C’est dans cet espace intervalle de “bamboche démocratique” que l’autorisation de fonctionner fut accordée au Parti Unifié des communistes haïtiens, que l’on assista à la prolifération des partis et groupements politiques, que fut créé le Conseil consultatif pour le partage du pouvoir, et convoquée une Assemblée Constituante pour la mise sur pied d’une Nouvelle Charte fondamentale plus ouverte et plus libérale. Pressée d’aller au devant de ces revendications justes et légitimes, l’armée ne faisait au contraire que creuser sa propre fosse. Bien plus, les nouveaux prétendants au pouvoir qui n’ont en aucun temps manifesté la moindre collaboration avec l’institution militaire s’acharnaient à réclamer des réformes au sein de l’armée qui était bel et bien infiltrée par des éléments subversifs, des toxicomanes.
Des analystes de la question haïtienne sur deux siècles d’histoire pensent que sans une transformation profonde au niveau des mentalités et des structures, l’armée serait alors incapable d’exécuter sa partition dans l’élaboration et la réalisation d’un projet de société démocratique. De toute façon, les Forces Armées posent un problème incontournable. C’est que l’État-Major ou le Haut commandement se renouvelle constamment. Ainsi, chaque équipe de hauts-gradés qui arrive au pouvoir à la suite des coups d’État laisse l’impression d’ouvrir une étape différente de celle des prédécesseurs. On repart donc à zéro, sans faire valoir l’obligation d’un suivi qui aurait pour vertu de consolider les bases fragiles de l’État. Encore que les Forces Armées se retrouvent toujours dans l’avantageuse situation d’un acteur qui, sans scrupule aucun, peut faire tomber toute référence à l’histoire et imposer des vues qui le montrent souvent sous le jour d’un libérateur. La spécificité de la fondation de l’État haïtien plaide en faveur d’une vision qui tend à confondre l’Armée et la Nation.
Dans l’ensemble, les pouvoirs militaires qui se sont succédés depuis 1986 ont accusé une incapacité notoire à adopter des mesures économiques et à concevoir des projets clairs dont les finalités seraient pour le moins sans équivoque. De toute évidence, les généraux qui ont pris d’assaut le pouvoir tentaient toujours de s’y maintenir. Pour ce faire, ils érigèrent la corruption en système. Ce n’était donc pas étonnant que, sous le gouvernement du général Prosper Avril, le vol fut institutionnalisé4. D’ailleurs le président prêchait par l’exemple. Ainsi la Téléco, la Minoterie, le Ciment d’Haïti, l’EDH, l’OAVCT, l’OFATMA, l’ONA, l’APN, etc furent dès lors considérés comme propriétés privées du président général. On découvre cependant une constante au niveau de la gestion des affaires publiques par les gouvernements militaires. Ceux-ci, des fois, font appel à des collaborateurs civils dont la médiocrité évidente suffit à bloquer toute initiative et tout processus de changement.
Le général Prosper Avril devait connaître une chute tristement célèbre. L’histoire retient ce témoignage plein d’enseignements : tous les secteurs qui, à l’unanimité des voix avaient accueilli l’instauration de son gouvernement, finirent par se retourner contre lui. En plus, le bilan global de sa gestion est grevé d’hypothèques et lourd de ce passif qu’aucun gouvernement n’a encore dépassé. A l’inefficacité de sa politique économique s’adjoignit un manque de légitimité évident, puisque le général Avril a été porté au pouvoir à la suite d’un coup d’État contre son supérieur hiérarchique, et dont d’ailleurs l’opinion l’avait crédité. A deux ans près de sa gestion, il advint ce qu’on attendait le moins : celui qui passait ou se faisait passer pour un habile manoeuvrier capable de faire et de défaire les gouvernements civils ou militaires quitta le pouvoir à la cloche de bois. Il fut d’ailleurs son propre fossoyeur. Car, il ne fit rien pour arrêter cette chute libre. En effet, les différents milieux liés aux activités éducatives et culturelles connurent les rigueurs de la discrimination et de la persécution qui dépassèrent en horreur tout ce qui s’était fait au cours des régimes précédents. Sous le fallacieux prétexte d’une épuration idéologique nécessaire, voire urgente, le soupçon et la répression décapitèrent les syndicats et les partis, et s’abattirent sur tout le pays. C’est à cette époque que furent rossés d’importants leaders politiques. Alors, des fonctionnaires triés sur le volet s’attelèrent à la tâche de désarticulation de l’économie et de déstabilisation de la situation existante. A cet effet de perversion, il compta sur la collaboration de tous ceux qui se croyaient en mesure d’occuper une place au soleil. Aussi, tentèrent-ils de rétablir l’ordre ancien dont les signes avant-coureurs ne trompaient pas : enlèvements, la mort du Colonel Jean-Claude Paul, disparitions de présumés opposants. Tel fut le lot quotidien d’un gouvernement qui ne croyait plus dans les vertus de la démocratie.
Le Nouveau commandement des FADH
Bénéficiaire de tout un concours de circonstances qu’elle n’a pourtant pas engendrées elle-même, l’Armée d’Haïti se retrouve aujourd’hui confrontée à un problème de survie institutionnelle. Après le coup de force constitutionnel du 30 Septembre 1991, au cours duquel elle a su donner sa pleine mesure face aux hordes lavalassienes et aux wisigoths de la lune rouge, l’Armée s’assuma pleinement, en confiant les rênes d’un pouvoir pourtant acquis de haute lutte à des civils constitutionnellement pressentis et agréés. C’était dès lors marquer la rupture avec une tradition de pronunciamentos chère aux émules de Don Quichotte et de Sancho Panza. Ce faisant, l’Armée d’Haïti créa un précédent historique qui continue d’étonner le monde et de dérouter les analystes les plus chevronnés.
On ne peut ignorer que, durant les cinq ou six dernières années, l’institution militaire était en chute libre. Le général Henri Namphy, héritier du pouvoir du 7 Février 1986, joua comme il le pouvait, le rôle de chef d’orchestre et s’évertua à donner une apparence d’unité à cette institution qui s’en allait en lambeaux. Prosper Avril, le petit paysan de Thomazeau, lui asséna le coup de grâce. Et Jean-Bertrand Aristide, ti nèg Portail, la mit en terre par des mesures intempestives et des réintégrations inopportunes et illégales. Les inconséquences du président Aristide qui n’avait jamais caché son intention de substituer à l’Armée régulière son fameux corps des SSP, ont provoqué la démission du général Abraham, dernier rempart de la discipline et des hautes valeurs militaires. Le départ de ce dernier ouvrait la voie à toutes les dérives découlant d’un président malade qu’un complot international à ramifications internes propulsa au timon des affaires haïtiennes.
Pour certains secteurs politiques, le coup d’État du 30 Septembre avait soulevé une grande lueur d’espoir. Mais bien vite, l’espérance a été mise en berne. Car il ne s’agissait pas seulement de démettre un président, dont toutes les prises de positions convergeaient vers la création d’un État-partisan. Il importait surtout de remettre en question une certaine mentalité haïtienne et de remplir l’espace politique d’actes patriotiques aptes à indiquer les turpitudes d’un passé honni.
Rien n’est pourtant fait. Et l’espérance est mise en berne, parce que le présent réédite le passé, et l’actualité politique s’emplit de toutes ces vieilles habitudes qui grèvent d’hypothèques la vie nationale. C’est que ces militaires5 et ces hommes qui gouvernaient les destinées du pays, et auxquels était confiée la mission patriotique d’administrer la chose publique, accusaient dans la pratique une mentalité de fin du monde qui les prédisposait au sac des biens de l’État, voire à privilégier leurs intérêts au détriment de la communauté tout entière. Ils ont tué, se sont enrichis d’une façon tellement indécente et exagérée qu’il ne restait aux populations civiles que de transférer leur haine sur les petits soldats et sur l’institution militaire en général. Pendant ces trois dernières années, ils ont suivi et suivent la dérive dangereuse de la morale politique qui atteignit alors, le seuil de l’inacceptable. Leur passage au pouvoir, s’est traduit par une gabegie sans nom, ruinant le pays à un degré difficilement imaginable et rendant notre pays sinistré par une gestion menée en dépit du bon sens et le pillage des deniers publics effectués dans les règles. La situation ainsi créée, est d’autant plus dangereuse qu’elle provoque des frustrations au sein d’une population avide de changement. Il va de soi, que ces militaires sont détestés par tous ceux qui, ont subi les durs effets de l’embargo et par tous ces patriotes qui assistaient impuissants à la lente dégradation des valeurs militaires.
Depuis deux siècles près, on assiste à ces tristes spectacles où la monotonie est la règle. Chaque remaniement ministériel fait des millionnaires. Et la valse des ministres, c’est paradoxalement la valse des millions qui vont des caisses de l’État aux coffres d’une élite prostituée et pervertie, corrompue et corruptrice. L’approche de ces temps modernes qui devait composer avec l’évolution des esprits aiguise en contrepartie l’appétit de gains illicites et des fortunes faciles, de sorte que, face à cette démission qui ne va pas sans quelques conséquences fâcheuses pour l’avenir du pays, il demeure impérieux de moraliser les moeurs politiques.

 

La torche haitiano-allemande flambe

le célèbre rappeur allemand d’origine haïtienne, Frederik Hahn

Depuis quelques semaines, on ne parle dans la presse de Heidelberg et dans les sites de rap que de Torch, le célèbre rappeur allemand d’origine haïtienne, Frederik Hahn de son vrai nom. Ce remous médiatique autour de sa personne a à voir avec son « retour » sur scène, même s’il n’avait pas tout à fait quitté le milieu du hip-hop (1) ; il n’avait fait que déserter quelques temps les feux de la rampe, sans délaisser véritablement sa passion du rap.
Mais ce qui rend ce retour si médiatisé, c’est que Torch, neveu du poète haïtien bien connu Georges Castera, vient de fêter son 40ème anniversaire, ce qui correspond grosso modo à ses 20 ans de scène. Profitant de cette date-charnière, il a organisé à Heidelberg, sa ville natale, une série de manifestations culturelles autour du rap pendant une semaine. Une occasion de parler du hip-hop et de ses débuts en Allemagne. Diverses activités ont été prévues : ateliers sur le rap, rencontre de break-dancers, graffiti-party et tours de la ville de Heidelberg permettant de revisiter l’histoire du rap et de Torch à Heidelberg. Et bien sûr, des concerts. Son célèbre album « Blauer Samt » sorti en 2000, épuisé depuis plusieurs années, est de nouveau mis sur le marché.
Pour comprendre tout ce remue-ménage autour de son nom et de ses activités, il faut se rappeler que Torch est celui qui, dans les années 80, a introduit le rap en Allemagne. Très jeune, il s’était découvert un penchant pour cette forme d’art vocal aux couplets rimés qui se débitent sur un ton très rapide. Torch n’avait que 15 ans lorsque « Afrika Bambaataa » (2) lui a décerné le titre de « roi Zulu » et « Overlord of Sound & Culture ». Quelques années plus tard, il sera vite sacré en Allemagne « roi du rap » après la sortie, en 1992, de sa première et célèbre chanson « Fremd in eigenen Land » (Étranger dans son propre pays), produite par « Advanced Chemistry », le groupe musical qu’il a créé en 1987 avec des copains partageant la même passion pour cette musique et le même vécu de biculturels : Toni-L (germano-italien) et « Linguist » (germano-ghanéen).
Et maintenant, presque 20 ans plus tard, il est toujours une référence incontournable et son album « Blauer Samt » est considéré, lui, comme la référence par excellence du rap allemand. Depuis la récente réédition de cet album, les titres se multiplient dans la presse : il est tour à tour « chancelier du rap », la « légende du rap » et même le « pape du rap allemand ». Certains fans vont jusqu’à le nommer « le Dieu du rap allemand ». Beaucoup de rappeurs allemands voient en lui un aîné. Un modèle. La semaine dernière, lors des évènements à Heidelberg, ils étaient plusieurs jeunes vedettes du rap à se joindre à ses vieux amis rappeurs pour venir lui rendre un hommage appuyé pour son apport à la musique.
« Etranger dans son propre pays »
En tant qu’Haitiano-Allemand, il a, dans sa chanson « Fremd im eigenen Land », vitupéré contre cette gangrène morale qu’est le racisme. Se sentant également visé, en dépit de son passeport allemand, dans la « chasse à l’étranger » (le « vrai » Allemand est, dans l’imaginaire collectif, un « Blond aux yeux bleus ») qui s’amorçait au début des années 90 à la suite de la chute du Mur de Berlin, le voilà parti sur ses grands chevaux de défenseur antiraciste pour laisser éclater sa colère rythmée au son du rap contre ces « Néonazis » au crâne rasé, excités et dangereux. C’est cette chanson parue en 1992 (au moment où les Néonazis mettaient le feu aux maisons d’étrangers à Rostock, à l’Est de l’Allemagne) qui l’a rendu célèbre. Car il s’était attaqué de plein fouet non seulement au racisme, à la xénophobie, à la discrimination, à l’intolérance mais aussi au faux discours politicard sur la difficulté, supposée, des « étrangers » à s’intégrer dans la société allemande.
Ce n’est pas seulement avec ses chansons qu’il s’était engagé. Mais aussi en participant à des débats à la radio et à la télévision sur le racisme et sur l’intégration des étrangers en Allemagne. C’est à ces occasions que le groupe « Advanced Chemistry » s’était toujours présenté comme un « éclaireur de conscience » et Torch, lui, comme la torche, le flambeau qui éclairerait la pénombre du manque d’ouverture et de l’obscurantisme afin de montrer le chemin à ceux qui connaissent les mêmes difficultés d’acceptation, notamment la minorité noire allemande. « En avançant dans le noir, une torche en main ». Mal dans leur peau dans une société qui les considère volontiers comme des « étrangers » alors qu’ils ont la citoyenneté allemande, les Afro-Allemands – tout au moins ceux qui assistaient aux concerts de Torch – avaient pleuré d’émotion. Les munitions du poète rappeur, c’étaient le verbe dénonciateur et les textes de lois allemands qui interdisent toutes formes de discriminations qu’il brandissait à tous les coups. Cette vocation moraliste et pédagogique a valu à « Advanced Chemistry » de devenir « la mauvaise conscience du rap allemand ».
« Le velours bleu »
« Blauer Samt », le seul album solo de Torch, qui a connu un énorme succès dès sa sortie en l’an 2000, est sa marque de fabrique. Dans cet album, Torch qui confie dans une chanson que les repas haïtiens préparés par sa mère (Nathalie Hahn-Castera) sont, pour lui, « source d’inspiration », devient plus intime. A côté de la critique sociale (la violence et le sexe, le monde en feu) déjà présente dans ses premiers textes et de sa dénonciation de la dépendance à l’argent (« Blauer Schein », « Billet bleu »), il nous parle désormais d’amour et de ses propres expériences (« In Deinen Armen », « Dans tes bras »). Il se lance aussi dans des réflexions philosophiques sur les choses de la vie, l’avenir (« Morgen », Demain), sur lui-même (« Wer bin ich ? », « Qui suis-je » ?), sur son enfance, sur son origine prussienne et haïtienne, bref sur son identité, etc. C’est ce qui a peut-être porté le critique d’art, Eberhard Doble, à voir dans ses thèmes à la fois une « raison de vivre » et une forme de « thérapie personnelle ».
Lors de la sortie du CD, il avait récolté les éloges de la critique et même du côté de ceux qui, habituellement, ne regardent le rap que de très haut. La raison, c’est que sa production n’était pas que débit accéléré de mots violents propres à conforter les jeunes en révolte dans leur pulsion autodestructrice ni une incitation à la seule recherche des plaisirs et de l’argent. Son secret, c’est d’avoir évité, à la différence de certains de ses congénères, de tomber dans l’excès verbal, la légèreté ou la superficialité en choisissant plutôt d’adjoindre aux couplets rimés, qu’il égrène avec passion, de la poésie et une réflexion profonde sur le social, le sens de la vie et la condition humaine. Ainsi l’adhésion quasi-collective à son style n’a pas souffert d’hésitation.
Ses textes chantés sont d’une facture poétique tellement soigneuse et d’un fonds philosophique si indéniable qu’ils n’ont pas manqué de forcer l’admiration de beaucoup, dont celle du grand chansonnier, compositeur et poète allemand Wolf Biermann (déchu de sa nationalité par l’ancien régime communiste est-allemand pour « dissidence »). Dans un article intitulé « Das Kind sitzt nackt im Schneesturm » (l’enfant est assis tout nu dans la tempête de neige) paru le 8 novembre 2000 dans le quotidien « Die Welt », Biermann écrit : « Il existe un jeune poète allemand qui s’est établi comme rappeur et que j’admire autant que je méprise les farceurs sans intérêt aucun et les comédiens idiots de la société de plaisir petite-bourgeoise. Il s’appelle Frederik Hahn et se nomme Torch, un mot anglais. Cela veut dire torche ou lampe de poche, peu importe. Ce Torch est de toute façon une lumière pour l’Allemagne, quand il débite son rap. Pourquoi ? Parce qu’il arrive à trouver les mots justes pour dire en quoi consiste notre identité aux yeux du monde et à nos propres yeux ».
A côté de Goethe, Schiller et Brecht
Autre hommage digne d’être retenu: le texte de la chanson « Etranger dans son propre pays » a été reproduit dans un ouvrage de l’édition « Reclam » à l’usage de l’enseignement sous le thème « rap » dans les écoles. On le retrouve aussi dans un livre de la maison d’édition « Langenscheidt » (« Moment mal ») destiné à l’apprentissage de l’allemand pour les étrangers ainsi que dans une brochure accompagnant une exposition qui a eu lieu du 16 octobre 2009 au 21 février 2010 à Berlin au Musée Historique sous le titre : « Fremde ? » (« Etrangers ? »). La vidéo de la chanson de Frederik Hahn et de ses amis faisait partie intégrante de cette exposition et le public pouvait, en pressant un bouton, la regarder et l’écouter. Dans un cahier intitulé « Ballades » à l’usage des lycées paru chez Friedrich en 2009, le texte « Flammender Ring » tiré de l’album « Blauer Samt » est reproduit aux côtés de ballades de grands auteurs allemands tels que Goethe, Schiller, Hölderlin, Brecht etc. Cette année, Torch a été invité à l’Université de Tübingen pour parler de ses textes et de sa musique dans le cadre d’un séminaire.
On voit bien que son nom n’est pas lié seulement au rap et au freestyle (il a animé de 1993 à 1994 la première émission allemande de hip-hop « Freestyle » à la chaîne de télévision « Viva »). Il va au-delà de ce cercle. On le connaît aussi au niveau international sous le pseudonyme « DJ Haitian Star » comme disjockey. Comme fondateur d’une firme de production musicale « 360° Records ». Comme artiste formateur. Comme membre de « Brother Keepers », une association qui lutte contre le racisme. Torch semble avoir tout pour lui : aisance poétique, consistance thématique, présence scénique et endurance.
Depuis 2006, il s’était un peu retiré en Suisse où il vit avec son épouse, Manuela Friio, à qui il a dédié cette magnifique chanson d’amour « In Deinen Armen » (« Dans tes bras »). Là-bas, il a aussi joué, mais cette fois au père de famille dévoué ; leur premier enfant, Javin, a eu récemment 2 ans. Ce retrait était plutôt factice puisqu’il n’arrêtait pas de faire la navette entre la Suisse et l’Allemagne. Pas plus tard qu’à la suite du tremblement de terre qui a secoué Haïti, le pays de sa mère, il a encore eu recours à la scène pour récolter des fonds en faveur des victimes. Avec l’association « Marasa » qu’il a vite créée à cette fin, il a organisé, avec le concours de son ami rappeur Toni-L et d’autres artistes, plusieurs concerts bénévoles en Allemagne comme en Suisse. Usant de sa notoriété, il a su collecter des fonds pour en faire don à des écoles ainsi qu’à des associations très engagées dans le domaine éducatif en Haïti, dont « Haïti-Care ». Mais que réserve le retour de Torch, se demande-t-on ? Quelqu’un sur la toile, probablement un fan, a trouvé une réponse plus qu’optimiste: « Torch est en vie, il existe et il continuera encore à écrire quand bien même la plupart des rappeurs auront déjà disparu de la scène ».
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Note de la Rédaction:
1) Le hiphop, univers recouvrant le rap, le break dance, le graffiti et le dj-ing
2) « Afrika Bambaataa », né le 10 avril 1957, de son nom Lance Kahyan Aasim est un disjockey du hip-hop new-yorkais depuis les années 70 et fondateur de l’organisation mondiale „Nation Zulu ». Il s’était fortement engagé, en collaboration avec d’autres musiciens des membres de la « Nation Zulu », contre l’apartheid, les guerres et la défense de l’environnement.
Huguette Hérard

 

Le mandat de la Minustah renouvelé pour un an

14/10/2011 14:14:47

Haïti - Sécurité : Le mandat de la Minustah renouvelé pour un anLors de sa 6631e séance, le Conseil de Sécurité à prolongé ce vendredi 14 octobre 2011, le mandat de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) qui arrivait à échéance demain, jusqu’au 15 octobre 2012.
Reconnaissant que la situation sécuritaire globale en Haïti, bien que fragile, s’est améliorée dans l’année, le Conseil de Sécurité a aujourd’hui prolongé jusqu’au 15 Octobre 2012, le mandat de la Minustah. Par la résolution 2012 (2011), adoptée à l’unanimité par ses 15 membres, le Conseil de Sécurité a également décidé que l’effectif de la Minustah pourra s’établir à 7,340 soldats de tout rangs et à 3,241 membres la composante policière de la Mission, répondant ainsi aux recommandations formulées par le Secrétaire Général dans son rapport.
Selon ce rapport, le Secrétaire Général exprime sa confiance que le retrait partiel de la Mission, des effectifs supplémentaire post-séisme militaire et policier, n’affectera pas les progrès réalisés jusqu’à présent, sur le front de la sécurité. Il recommande donc de réduire la mission militaire de 1,600 personnes, et la force de police autorisé de 1,150 officiers des unités de police constituées, d’ici juin 2012.
Par la résolution adoptée aujourd’hui, le Conseil a appelé tous les acteurs politiques concernés en Haïti, en particulier les branches de l’Exécuttif et du Législatif, de s’engager dans un dialogue efficace vers un accord politique, qui permettrait de consolider un agenda concret pour le progrès dans des domaines clés, tels que les priorités de la sécurité en Haïti, le budget, le rétablissement et le développement, les élections et la réforme électorale, y compris la participation des femmes dans les processus électoraux et l’achèvement de la réforme constitutionnelle.
Le Conseil a également exprimé son intention de renouveler le mandat de la mission au-delà de 2012, et a affirmé que les ajustements futurs de la configuration des forces de la Minustah, doivent être fondée sur la situation sécuritaire globale sur le terrain. Le Conseil tiendra compte de l’impact de la réalité sociale et politique sur la stabilité d’Haïti et sa sécurité, la capacité croissante des capacités de l’État haïtien, y compris le renforcement continu de sa Police Nationale, rappelant que les autorités du pays, doivent assumer de plus en plus la responsabilité de sa stabilité, ce qui suppose une présence plus forte de l’État dans tout le pays.
HL/ HaïtiLibre

 

Résolution 2012 Adoptée par le Conseil de sécurité à sa 6631e séance

jeudi 14 octobre 2011

Le Conseil de sécurité,

Réaffirmant ses précédentes résolutions sur Haïti, en particulier ses résolutions 1944 (2010), 1927 (2010), 1908 (2010), 1892 (2009), 1840 (2008) 1780 (2007), 1743 (2007), 1702 (2006), 1658 (2006), 1608 (2005), 1576 (2004) et 1542 (2004),

Réaffirmant son ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’intégrité territoriale et à l’unité d’Haïti,

Constatant qu’Haïti a fait d’énormes progrès depuis le tragique séisme du 12 janvier 2010, et en particulier que pour la première fois de son histoire, on y a vu une passation pacifique des pouvoirs entre un président démocratiquement élu et un autre issu de l’opposition,

Constatant également, comme le Gouvernement haïtien, que si elle demeure précaire, la situation d’ensemble en matière de sécurité s’est améliorée depuis qu’il a adopté ses résolutions 1908 (2010), 1927 (2010) et 1944 (2010), ce qui a permis de procéder à une réduction partielle des moyens militaires et de police de la MINUSTAH comme première étape vers le retrait des renforts qu’il avait autorisés à titre temporaire au lendemain du séisme, tout en continuant d’adapter les effectifs de la Mission sans compromettre la sécurité et la stabilité d’Haïti, et conscient que les décisions concernant l’avenir de la MINUSTAH doivent être prises en fonction des circonstances et des impératifs de sécurité,

Se félicitant de la nomination d’un premier ministre et d’un président de la cour suprême et appelant tous les acteurs politiques concernés, notamment les pouvoirs exécutif et législatif, à engager un dialogue constructif en vue d’un accord politique qui permettrait de cimenter un programme d’actions concrètes portant sur des domaines clefs tels que la sécurité, le budget, les priorités en matière de relèvement et de développement, les élections et la réforme électorale, y compris la participation des femmes au processus électoral, et l’achèvement de la réforme constitutionnelle,

Constatant qu’Haïti demeure confronté à d’importantes difficultés sur le plan humanitaire, avec plus de 600 000 personnes déplacées encore tributaires de l’aide pour leur survie, une épidémie de choléra et une extrême vulnérabilité aux catastrophes naturelles,

Insistant sur le fait qu’il est essentiel, pour instaurer durablement la stabilité d’Haïti, que des progrès soient réalisés en matière de relèvement et de reconstruction, ainsi que sur le plan du développement social et économique, notamment grâce à une aide internationale au développement efficace et en augmentant la capacité des institutions haïtiennes de tirer parti de cette aide, et réaffirmant que la sécurité doit aller de pair avec le développement social et économique,

Soulignant le rôle directeur qui est celui du Gouvernement haïtien dans l’effort de relèvement et de reconstruction après le séisme, notamment dans les activités de réduction des risques et de préparation aux catastrophes, et insistant sur la nécessité d’une coordination et d’une complémentarité renforcées de l’action menée par l’ensemble des organismes des Nations Unies et les autres parties prenantes concernées pour soutenir le Gouvernement dans ce contexte, ainsi que de l’appui général au développement social et économique d’Haïti,

Saluant le travail accompli jusqu’à présent par la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti, à laquelle l’Organisation des Nations Unies continue de dispenser des conseils en matière de politique et un appui technique réguliers, ainsi que par le Fonds pour la reconstruction d’Haïti, qui tous deux jouent un rôle central dans les efforts de reconstruction à moyen et à long terme du pays,

Saluant les diverses initiatives de relèvement menées par les organismes des Nations Unies en Haïti, en particulier les programmes de déblaiement des décombres et de logement bénéficiant de l’appui de l’ONU, et l’utilisation qui a été faite avec succès des unités de génie militaire de la MINUSTAH pour répondre aux besoins urgents immédiatement après le séisme de janvier 2010, soulignant qu’il importe d’accroître la participation des autorités haïtiennes et des acteurs internationaux et de la société civile à ces efforts,

Priant instamment les donateurs d’honorer sans retard les engagements qu’ils ont pris lors de la Conférence internationale des donateurs tenue le 31 mars 2010 sur le thème « Un nouvel avenir pour Haïti », afin que les efforts de reconstruction continuent de procurer des bienfaits tangibles et visibles, et soulignant qu’il incombe au pays de donner des orientations et des priorités claires,

Soulignant le rôle que jouent les organisations régionales dans le processus de stabilisation et de reconstruction en cours en Haïti et demandant à la MINUSTAH de continuer de collaborer étroitement avec les organisations régionales et sous-régionales, les institutions financières internationales et d’autres parties prenantes, en particulier l’Organisation des États américains (OEA) et la Communauté des Caraïbes (CARICOM),

Conscient du caractère interdépendant des défis à relever en Haïti, réaffirmant que les progrès durables de la sécurité, de l’état de droit, de la réforme institutionnelle, de la réconciliation nationale et du développement se renforcent mutuellement, et saluant les efforts persévérants du Gouvernement haïtien et de la communauté internationale pour relever ces défis,

Se déclarant préoccupé de la menace que les bandes organisées continuent de représenter pour la stabilité d’Haïti,

Reconnaissant que l’état général de la sécurité s’est amélioré mais se déclarant préoccupé par le fait que depuis le tremblement de terre, la grande criminalité, notamment les meurtres, les viols et les enlèvements, ait eu tendance à s’aggraver à Port-au-Prince et de le Département de l’Ouest,

Constatant que la violence sexuelle et sexiste demeure préoccupante, en particulier dans les quartiers marginalisés de Port-au-Prince, dans les camps de personnes déplacées et dans les zones reculées du pays,

Saluant les efforts faits par la Police nationale d’Haïti pour multiplier ses patrouilles et accroître sa présence sur le terrain et ses contacts avec la population, ce qui peut avoir contribué à l’augmentation du nombre des infractions constatées,

Conscient que le renforcement des organismes nationaux de défense des droits de l’homme, le respect des droits de l’homme et de la légalité, la lutte contre la criminalité et la violence sexuelle et sexiste et les efforts faits pour mettre fin à l’impunité sont essentiels pour garantir l’état de droit et la sécurité en Haïti,

Saluant le rôle déterminant joué par la MINUSTAH pour ce qui est d’assurer la stabilité et la sécurité en Haïti, reconnaissant la complémentarité des rôles qu’ont joués jusqu’à maintenant la MINUSTAH et l’équipe de pays des Nations Unies pour aider Haïti dans ses efforts de relèvement, réaffirmant l’autorité confiée au Représentant spécial du Secrétaire général s’agissant de la coordination et de la conduite de toutes les activités des institutions spécialisées, fonds et programmes des Nations Unies en Haïti, et soulignant l’importance qui s’attache à ce que le Représentant spécial resserre encore la coordination entre la MINUSTAH et l’équipe de pays des Nations Unies dans les volets de leurs mandats respectifs qui se recoupent, et ceci en prêtant une attention particulière au renforcement des capacités des institutions haïtiennes, notamment dans les domaines de la reconstruction et du développement,

Félicitant la MINUSTAH de ce qu’elle continue à aider le Gouvernement haïtien à assurer un environnement sûr et stable, exprimant sa gratitude aux personnels de la Mission et à leurs pays d’origine respectifs et rendant hommage à ceux qui ont été blessés ou tués dans l’exercice de leurs fonctions,

Saluant l’engagement pris par le Gouvernement haïtien de renforcer l’état de droit, appelant le Gouvernement haïtien à continuer, en coordination avec la communauté internationale, de progresser dans la réforme du secteur de la sécurité, et notamment dans la mise au point et l’exécution du prochain plan quinquennal de développement de la Police nationale d’Haïti qui doit prendre effet après décembre 2011, soulignant qu’il importe que le Gouvernement haïtien agissant avec l’aide de la communauté internationale, fournie à sa demande, prenne des mesures pour garantir la réalisation par la Police nationale d’Haïti des objectifs de la réforme fixés par ce plan, et encourageant le Gouvernement, avec l’appui de la MINUSTAH, à informer régulièrement la population haïtienne des progrès accomplis vers ces objectifs,

Soulignant qu’il importe que la Police nationale d’Haïti puisse compter sur un budget suffisant et invitant le Gouvernement haïtien à tirer parti du soutien apporté par la communauté internationale pour garantir à la population haïtienne des conditions de sécurité satisfaisantes,

Soulignant la nécessité de renforcer encore l’appareil judiciaire et pénitentiaire haïtien pour favoriser une meilleure intégration et une plus grande cohérence du secteur de la sécurité, se félicitant des progrès accomplis vers la mise à la disposition du système judiciaire de moyens humains et matériels suffisants, et conscient que les problèmes de droits de l’homme qui continuent d’affecter le système pénitentiaire, comme les détentions provisoires prolongées, la surpopulation carcérale et l’insuffisance des services sanitaires, constituent des obstacles importants à la consolidation des réformes administratives,

Saluant les efforts déployés par l’ancien Président des États-Unis d’Amérique William J. Clinton, en sa qualité d’Envoyé spécial des Nations Unies pour Haïti, pour renforcer l’action de relèvement menée par l’Organisation des Nations Unies, au niveau tant des opérations humanitaires que des activités de développement, et pour effectuer le suivi des promesses de contribution et le décaissement des fonds promis, assurer la liaison entre la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti et les institutions financières internationales, ainsi que la cohérence des interventions des organismes des Nations Unies présents en Haïti, et notant l’importance qu’il attache à la communication régulière d’informations sur ces activités,

Soulignant l’importance d’une coordination vigoureuse entre le bureau de l’Envoyé spécial des Nations Unies pour Haïti, les autres entités des Nations Unies et les États Membres, ainsi que la nécessité d’une coordination entre tous les acteurs internationaux intervenant sur le terrain,

Insistant sur la nécessité de mettre en œuvre des projets à forte intensité de main-d’œuvre d’une grande efficacité et d’une grande visibilité, qui aident à créer des emplois et à dispenser les services sociaux de base,

Accueillant avec satisfaction le rapport du Secrétaire général S/2011/540, en date du 25 août 2011,

Constatant que la situation en Haïti demeure une menace contre la paix et la sécurité internationales dans la région, malgré les progrès accomplis jusqu’ici,

Agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, ainsi qu’il l’exposait à la section I du paragraphe 7 de sa résolution 1542 (2004),

1. Décide de proroger jusqu’au 15 octobre 2012, dans l’intention de le renouveler encore, le mandat de la MINUSTAH défini dans ses résolutions 1542 (2004), 1608 (2005), 1702 (2006), 1743 (2007), 1780 (2007), 1840 (2008), 1892 (2009), 1908 (2010), 1927 (2010) et 1944 (2010);

2. Décide que l’effectif de la MINUSTAH pourra s’établir à 7 340 soldats de tous rangs et que la composante policière de la Mission pourra atteindre 3 241 membres, ainsi qu’il est préconisé au paragraphe 50 du rapport du Secrétaire général;

3. Affirme qu’à l’avenir tout aménagement de la configuration de la force devrait reposer sur l’état général de la sécurité sur le terrain, compte tenu de l’incidence des réalités sociales et politiques sur la stabilité et la sécurité en Haïti, du développement continu des capacités des autorités publiques, notamment le renforcement de la Police nationale d’Haïti qui se poursuit, et de l’exercice de plus en plus effectif par les autorités nationales de la responsabilité de l’État en matière de maintien de la stabilité et de la sécurité dans le pays;

4. A conscience que c’est au Gouvernement et au peuple d’Haïti qu’appartient la maîtrise et qu’incombe au premier chef la charge de la stabilisation du pays sous tous ses aspects, se félicite des dispositions prises par la MINUSTAH pour fournir au Gouvernement haïtien, ainsi que celui-ci l’a demandé, un soutien logistique et une expertise technique, dans la limite des moyens disponibles, en vue de l’aider à poursuivre les activités destinées à renforcer les capacités des institutions garantes de l’état de droit aux échelons national et local et pour accélérer la mise en œuvre de sa stratégie de réinstallation des personnes déplacées, sachant que ces mesures sont temporaires et seront progressivement supprimées à mesure qu’Haïti verra ses capacités progresser, et demande à la Mission de mener avec célérité les activités y afférentes, ainsi que le Secrétaire général l’a recommandé;

5. Se félicite de l’action menée par le Gouvernement haïtien pour renforcer les capacités des institutions chargées d’assurer la sécurité et de garantir l’état de droit à tous les niveaux, y compris grâce à la décentralisation, et demande à la MINUSTAH, agissant dans le cadre de son mandat, et à d’autres acteurs compétents, de continuer à apporter leur concours pour consolider l’action d’institutions publiques autonomes dans le secteur de la sécurité, surtout à l’extérieur de Port-au-Prince, afin de renforcer davantage la capacité de l’État haïtien d’élargir son autorité et d’assurer sa présence sur l’ensemble du pays, et de favoriser la bonne gouvernance à tous les niveaux;

6. Considère qu’à la suite de la tenue des élections présidentielles et législatives, la stabilisation du climat politique et institutionnel est essentielle à la stabilité du pays et aux efforts de relèvement et de reconstruction, appelle de nouveau la MINUSTAH à soutenir le processus politique en cours en Haïti, notamment en faisant appel aux bons offices du Représentant spécial du Secrétaire général, et encourage la Mission à continuer de prêter son concours pour les prochaines élections locales et législatives partielles, et à coordonner l’assistance internationale fournie à Haïti à cette fin, en coopération avec les autres acteurs internationaux intéressés, notamment l’Organisation des États américains et la CARICOM;

7. Se félicite de ce que fait actuellement la MINUSTAH pour améliorer la coordination avec la Police nationale d’Haïti et renforcer les capacités de celle-ci afin qu’elle puisse assumer l’entière responsabilité des mesures à prendre pour répondre aux besoins du pays en matière de sécurité, notamment en ce qui concerne les activités de gestion des frontières et les mesures de sécurité visant à évaluer les menaces et à décourager les activités illicites, et appelle les partenaires internationaux et régionaux d’Haïti à intensifier l’aide qu’ils apportent au Gouvernement haïtien à cet égard, comme celui-ci l’a demandé;

8. Encourage les autorités haïtiennes à tirer pleinement parti de ce soutien, notamment en renforçant les capacités de la Police nationale d’Haïti, tout particulièrement pour la modernisation des lois essentielles et l’exécution du plan de réforme de la justice, à prendre les mesures nécessaires, y compris par des nominations, pour permettre le bon fonctionnement des juridictions supérieures, et à chercher des solutions au problème des détentions provisoires prolongées et de la surpopulation carcérale, en prêtant une attention particulière au sort des femmes et des enfants;

9. Engage le Gouvernement haïtien à accorder la priorité, avec le soutien de la MINUSTAH, à l’élaboration et à la mise en œuvre du prochain plan quinquennal de développement de la Police nationale d’Haïti qui fera suite au plan de réforme actuel venant à expiration en décembre 2011, et prie la MINUSTAH de continuer, s’il le faut avec l’aide supplémentaire, dans la limite des moyens disponibles, d’interprètes recrutés sur le plan local, à appuyer l’agrément, l’encadrement et la formation des fonctionnaires de police et du personnel pénitentiaire et à renforcer les capacités institutionnelles et opérationnelles des services pénitentiaires, et de continuer également à apporter, sur demande, un concours technique aux projets financés par les donateurs pour remettre en état et construire des locaux pour la police ainsi que des installations pénitentiaires;

10. Se félicite de la reprise de la formation des recrues de la Police nationale d’Haïti, insiste sur la nécessité d’appliquer le principe de responsabilité et d’avoir un processus d’agrément solide, et souligne qu’il importe de maintenir et d’accroître l’appui de la communauté internationale au renforcement des capacités de la Police nationale, notamment grâce à un renforcement de l’encadrement et de la formation d’unités spécialisées;

11. Encourage également la MINUSTAH à aider le Gouvernement, en coopération avec les acteurs internationaux compétents, à faire face au risque de résurgence de la violence en bande, de la criminalité organisée, du trafic de stupéfiants et de la traite d’enfants;

12. Invite tous les donateurs et toutes les organisations intergouvernementales et non gouvernementales, notamment internationales, à coordonner leurs actions et à travailler en étroite collaboration avec la Commission intérimaire pour le relèvement d’Haïti, ou l’institution qui lui succèdera, en vue de renforcer la capacité du Gouvernement de mettre à exécution le Plan d’action national pour le relèvement et le développement d’Haïti;

13. Prie l’équipe de pays des Nations Unies, et demande à toutes les parties prenantes, de compléter les mesures adoptées dans le domaine de la sécurité et du développement par le Gouvernement haïtien, avec le soutien de la MINUSTAH, par des activités visant à améliorer véritablement les conditions de vie des populations intéressées, en particulier les femmes et les enfants;

14. Prie la MINUSTAH de continuer à exécuter des projets à effet rapide qui renforcent encore la confiance de la population haïtienne à son endroit;

15. Encourage la MINUSTAH à continuer d’aider le Gouvernement haïtien à offrir une protection adéquate à la population civile, en prêtant tout particulièrement attention aux besoins des déplacés et des autres catégories vulnérables, notamment les femmes et les enfants, y compris en mettant en place des dispositifs conjoints de police de proximité dans les camps et en renforçant les mécanismes de lutte contre les violences sexuelles et sexistes et, rappelant sa résolution 1894 (2009), prie le Secrétaire général d’élaborer, en étroite consultation avec le Gouvernement haïtien, avec les pays qui fournissent des contingents militaires et du personnel de police et avec les autres intervenants, un plan global pour la protection des civils;

16. Condamne fermement les violations graves commises contre les enfants victimes de la violence armée, ainsi que les viols et autres sévices sexuels qui frappent fréquemment les femmes et  les filles, et demande au Gouvernement haïtien de continuer, avec l’appui de la MINUSTAH et de l’équipe de pays des Nations Unies, à promouvoir et protéger les droits des femmes et des enfants, ainsi que stipulé dans ses résolutions 1325 (2000), 1612 (2005), 1820 (2008), 1882 (2009), 1888 (2009) et 1889 (2009);

17. Prie le Secrétaire général de continuer à prendre les mesures nécessaires pour que l’ensemble du personnel de la MINUSTAH observe scrupuleusement la politique de tolérance zéro mise en œuvre par l’Organisation des Nations Unies à l’égard de l’exploitation et des violences sexuelles et de le tenir informé, et exhorte les pays qui fournissent des contingents et du personnel de police à faire en sorte que les actes mettant en cause leur personnel fassent l’objet d’enquêtes en bonne et due forme et soient sanctionnés;

18. Réaffirme le mandat de la MINUSTAH dans le domaine des droits de l’homme, déclare que le respect des droits de l’homme, qui consiste notamment à veiller à ce que les auteurs de graves violations sous de précédents gouvernements répondent individuellement de leurs actes, est essentiel pour la stabilité d’Haïti, invite instamment le Gouvernement à s’assurer que la Police nationale d’Haïti et la magistrature respectent et protègent les droits de l’homme, et demande à la MINUSTAH de fournir un suivi et un appui en ce sens;

19. Salue le travail important effectué par la MINUSTAH pour répondre à des besoins urgents en Haïti et encourage la Mission à continuer à utiliser pleinement, dans les limites fixées par son mandat, les moyens et capacités dont elle dispose, y compris en matière de génie, aux fins de renforcer encore la stabilité dans le pays, et la prie de se doter d’une planification à plus long terme, et demande au Secrétaire général de faire figurer dans son prochain rapport des informations sur les plans de la MINUSTAH visant à encourager une appropriation accrue par les Haïtiens des activités de reconstruction en Haïti;

20. Prie la MINUSTAH de continuer à lutter contre la violence de voisinage, en adaptant le programme aux besoins changeants d’Haïti après le tremblement de terre, et en concentrant ses efforts sur les déplacés et les personnes qui vivent dans des quartiers en proie à la violence;

21. Prie également la MINUSTAH de continuer d’appuyer les efforts déployés par les autorités haïtiennes en vue de contrôler les flux d’armes légères, notamment les projets à forte intensité de main-d’œuvre, l’ouverture d’un registre des armes, la révision des lois en vigueur en matière d’importation et de détention d’armes, la réforme du régime des permis de port d’armes ainsi que l’élaboration et l’application d’une doctrine de la surveillance policière de proximité;

22. Souligne qu’il importe que les documents de programmation des composantes militaire et de police de la MINUSTAH, tels que le concept d’opérations et les règles d’engagement, soient régulièrement mis à jour, selon qu’il convient, et cadrent avec les dispositions de toutes ses résolutions pertinentes, et prie le Secrétaire général de lui faire rapport à leur sujet, ainsi qu’aux pays qui fournissent des contingents militaires ou des forces de police;

23. Prie le Secrétaire général de lui faire rapport deux fois par an sur l’exécution du mandat de la MINUSTAH, en veillant à présenter son second rapport 45 jours au moins avant la date d’expiration du mandat de la Mission;

24. Prie également le Secrétaire général de faire figurer dans son rapport une évaluation très complète des menaces qui planent sur la sécurité en Haïti, en prêtant une attention particulière à l’instauration d’un environnement protecteur pour tous, en particulier les femmes et les enfants, et sur les progrès accomplis pour ce qui est de la réinstallation durable des personnes déplacées, et de proposer, le cas échéant, divers moyens de reconfigurer la composition de la MINUSTAH;

25. Décide de demeurer saisi de la question.

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