samedi 29 octobre 2011

29 Oct

Le Parlement veut couper des têtes

Soixante-onze députés de diverses tendances politiques déclarent péremptoirement ne pas reconnaître l’autorité de deux ministres: Thierry Mayard-Paul et Josué Pierre-Louis, du secrétaire d’Etat Pierre-Michel Brunache et du chef a.i du parquet de Port-au-Prince, Félix Léger, « impliqués dans la séquestration du député Arnel Bélizaire ». Les fauteuils du ministre de la Justice, Josué Pierre-Louis, et du secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Michel Brunache, sont désormais branlants. Le ministre et le secrétaire d’État sont interpellés par le Sénat, outré par l’arrestation du député Arnel Bélizaire qui a passé une nuit au Pénitencier national.

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Le député Arnel Bélizaire (Photo: James Alexis)

Le député Arnel Bélizaire

Au premier plan, le président de la Chambre basse Sorel Jacynthe (Photo: James Alexis)

Au premier plan, le président de la Chambre basse Sorel Jacynthe

Les députés réunis en Assemblée (Photo: James Alexis)

Les députés réunis en Assemblée

(Photos: James Alexis)

Les sénateurs n’ont pas fait dans la dentelle en interpellant le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Josué Pierre-Louis, et le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères; ces derniers auraient joué un rôle actif dans l’interdiction faite aux députés d’entrer jeudi au salon diplomatique de l’aéroport. Les deux membres du gouvernement de Garry Conille sont interpellés par quinze des seize sénateurs réunis au Grand Corps.
« Le ministre et le secrétaire d’Etat sont interpellés pour le 3 novembre prochain », a confirmé une résolution adoptée à l’unanimité par les sénateurs. Le ministre Pierre-Louis et le secrétaire d’État Brunache pourront être renvoyés par le Sénat, seulement deux semaines après leur installation, s’ils n’arrivent pas à prouver leur innocence dans l’incarcération du député de Delmas/Tabarre.
Les sénateurs ont, par ailleurs, créé une commission spéciale pour enquêter sur la nationalité de tous les membres du gouvernement de Conille ainsi que celle du président Michel Joseph Martelly. Une enquête interne sera également menée sur les sept membres de la commission spéciale avant d’analyser les pièces du chef de l’Etat et de tous les ministres en fonction. La commission a été déjà formée à la demande du sénateur Moïse Jean-Charles, installés, farouche opposant à Martelly.
Les députés ont également montré leur muscle en ne reconnaissant plus l’autorité de deux ministres, d’un secrétaire d’Etat et du chef a.i du parquet qui seraient impliqués dans l’arrestation de leur collègue Arnel Bélizaire.
Soixante-onze députés de diverses tendances politiques déclarent péremptoirement ne pas reconnaître l’autorité de deux ministres: Thierry Mayard-Paul et Josué Pierre-Louis, du secrétaire d’Etat Pierre-Michel Brunache et du chef a.i du parquet de Port-au-Prince, Félix Léger, « impliqués dans la séquestration du député Arnel Bélizaire ».
Dans une résolution adoptée lors d’une séance informelle par plus de deux-tiers de l’Assemblée, les collègues de Bélizaire ont sommé les deux ministres et le secrétaire d’Etat ainsi que le commissaire du gouvernement de démissionner. S’ils ne se retirent pas volontairement du gouvernement de Garry Conille, les officiels concernés seront interpellés à la prochaine session de la 49e législature – 9 janvier 2012, selon la résolution présentée à l’Assemblée par le député Lévaillant Louis-Jeune. L’ancien président de la Chambre basse menaçait, la veille, d’introduire une demande en accusation du chef de l’Etat, Michel Martelly, suspecté dans la « séquestration du député Bélizaire ».
Des députés considérés comme proches de Martelly, notamment Gracia Delva, Abel Descollines tous deux élus sous la bannière de Lavni, ont signé la résolution qui sera fignolée incessamment par Lévaillant Louis-Jeune pour quelle devienne officielle. Signataire lui aussi de la résolution, le député Jean-Acklush Louis-Jeune a prôné en vain le retrait des ministres désignés par la plateforme INITE et des Partis Ayiti Ann Aksyon (AAA) et PONT.
Arrivé en « libérateur » au Parlement, Arnel Bélizaire a lui aussi endossé la résolution couperet pour certains ministres, un secrétaire d’Etat et le chef du parquet. L’élu de Delmas/Tabarre a tenu à remercier ses collègues parlementaires qui maintenaient la pression pour forcer sa libération. « J’ai l’obligation de ne pas avoir peur pendant les quatre années de la législature », a déclaré Arnel Bélizaire, qui a passé la nuit de jeudi à vendredi au greffe de la prison civile de Port-au-Prince. Considéré comme « évadé de prison » depuis une cabale avec le chef de l’Etat, Arnel Bélizaire a été arrêté à l’aéroport international Toussaint Louverture à sa descente de l’avion.
Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités territoriales et de la Défense nationale, Thierry Mayard-Paul, dénoncent les députés, s’est présenté en personne à l’aéroport pour s’assurer de l’arrestation d’Arnel Bélizaire. Le ministre dont l’autorité est contestée, serait impliqué dans des actes de violences perpétrés, le même jour, contre un employé de l’aéroport international Toussaint Louverture. « Le ministre et ses agents de sécurité ont bousculé et arraché le badge de Dorcé Fritz, un employé du service de sécurité de l’aéroport. Ces derniers ont violé un espace inviolable de l’institution aéroportuaire », se lamentent des employés qui observaient un arrêt de travail dans la matinée.
Le ministre de la Justice en Ponce Pilate
La résolution n’a pas épargné le ministre de la Justice, Josué Pierre-Louis, qui joue au Ponce Pilate. Je n’ai rien à voir avec l’arrestation du député Arnel Bélizaire, a plaidé le ministre Pierre-Louis. L’ordre d’arrestation n’arrive pas non plus de l’exécutif, a indiqué le ministre, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse. « La loi interdit de passer des instructions individuelles dans le cadre d’un dossier traité par la justice », a plaidé l’ancien chef du parquet devenu garde des sceaux. Le ministre Pierre-Louis dit avoir demandé rapport au chef a.i du parquet. Il a aussi demandé à Me Félix Léger d’appliquer l’article 115 de la Constitution de 1987, relative à l’immunité parlementaire.
Le sénateur Kély C. Bastien considère comme préméditée l’arrestation du député Arnel Bélizaire. « Elle est faite contre la Chambre des députés et non contre la personne d’Arnel Bélizaire. On avait le souci d’humilier l’institution parlementaire », a insisté le sénateur Bastien.
Considéré comme un colis encombrant, Arnel Bélizaire a été conduit dans l’après-midi de vendredi au Parlement par des agents de l’Administration pénitentiaire nationale (APENA). Même en disgrâce, le chef a.i du parquet de Port-au-Prince, Me Félix Léger, est revenu à la charge en écrivant au bureau de la Chambre des députés pour lui demander de mettre M. Bélizaire à la disposition de la justice.

Arnel Bélizaire accueilli en héros

1h30 p.m. Le député Arnel Bélizaire est arrivé au Parlement. Il est accueilli comme un héros. Parlementaires, employés du Palais législatif, partisans et sympathisants du député prisonnier ont explosé de joie quand ils l’ont vu. Impossible pour les dizaines de journalistes accrédités au Parlement d’arracher un mot de la bouche du député Bélizaire. Des agents de l’APENA, qui ont conduit le député au Parlement, ont été chahutés.
On ignore pour l’instant si le parlementaire, arrêté, jeudi, à l’aéroport international Toussaint Louverture, est libéré définitivement ou provisoirement.

On sait cependant qu’une lettre annonçant sa libération et signée du commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Félix Léger, a été envoyée au bureau de la Chambre basse. « L’Exécutif a libéré le député Bélizaire parce qu’il est devenu un détenu encombrant », a précisé le député Guy Gérard Georges.

Aucun juge n’a auditionné le député de Delmas/Tabarre jusqu’à sa libération. De quoi porter le député Levaillant Louis-Jeune à qualifier son arrestation de séquestration. « L’Exécutif a libéré le député Arnel Bélizaire clandestinement », a-t-il commenté.

Claude Gilles et Jean-Pharès Jérôme

 

Haïti-affaire Bélizaire :

Le sénat interpelle le ministre de la justice

Vendredi, 28 Octobre 2011 21:17 LJO/HPN

Le sénat de la république a pris la résolution d’interpeller le ministre de la justice, Me Josué Pierre Louis, ainsi que le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, M. Michel Brunache, lors  d’une séance tenue vendredi soir, en réaction à l’arrestation la veille du député Arnel Bélizaire.

Les 15 sénateurs ayant participé à la séance ont signé cette résolution interpellant le titulaire du ministère de la justice et le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, le jeudi 3 novembre prochain, à 2 heures de l’après midi.
Me Josué Pierre Louis  est mis en cause pour l’arrestation d’un député en fonction suite à une demande judicaire, arrestation jugée illégale parles sénateurs.
M. Michel Brunache est quant à lui interpellé sur le fait que des parlementaire ont été interdits d’accès au salon diplomatique de l’aéroport Toussaint Louverture, lors de l’opération ayant conduit à l’arrestation du député.
Le ministre Pierre Louis avait “nié toute implication dans l’interpellation du député de Delmas Tabarre, et a déclaré qu’il ne s’agissait pas d’un ordre du ministère de la justice”, Lors d’un point de presse donné dans la journée de vendredi.
Dans la foulée, les sénateurs ont formé une commission devant enquêter sur la nationalité de tous les membres du gouvernement, ainsi que le président de la république.
Quelques heures avant la séance du sénat, les députés ont demandé la démission des ministres de la justice, de l’intérieur, du secrétaire d’Etat aux affaires étrangères et le commissaire du gouvernement.
ljosepholivier@gmail.com

 

Vérification de nationalité du Président Martelly et des membres du gouvernement

29/10/2011 06:10:00 Auteur(e) La Redaction

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Le Sénat a approuvé vendredi soir la création d’une commission de neuf membres ayant pour mandat d’enquêter sur la nationalité du Président Michel Martelly et de tous les membres du gouvernement, dans un contexte de crise politique aiguë qui met face à face les deux premiers pouvoirs d’Etat en raison des développements dramatiques de l’affaire Bélizaire.

Formée à l’iniative de l’élu du nord, Moïse Jean-Charles, l’un des fers de lance de l’opposition au Grand Corps, la commission, qui intègre les représentants de toutes les sensibilités, est composée des Sénateurs John Joël Joseph, Joseph Lambert, Yvon Buissereth, Steven Benoît, Youri Latortue, Nènèl Cassy, Evallière Beauplan, Dieuseul Simon Deras et Moïse Jean-Charles.

Sur proposition d’Andrys Riché et de Youri Latortue, le bureau du Sénat a décidé, à l’occasion d’une séance spéciale consacrée à l’arrestation du Député de Delmas/Tabarre, de réaliser un vetting interne au cours duquel la nationalité de tous les commissaires sera passée au peigne fin avant de les autoriser à se pencher sur les dossiers des membres de l’Exécutif.

Dans ses considérations sur la nécessité de faire en sorte que ceux placés au timon des affaires soient au-dessus de tout soupçon, Moïse Jean-Charles a indiqué que le parcours des membres du nouveau cabinet ministériel n’avaient fait l’objet d’aucune étude sérieuse, lors du processus de ratification.

Il en a profité pour blâmer la passivité de l’assemblée sénatoriale face aux dérives du pouvoir.

« Si les Présidents Aristide ou Préval avaient commis les dérives qu’a déjà accumulées le Président Martelly, il y aurait déjà un lever de boucliers », a fait remarquer le Sénateur en énumérant les attaques du dirigeant haïtien contre la presse et le Parlement.

Pour sa part, son collègue Dieuseul Simon Deras a souligné à l’attention de tous les membres de la commission la lourde responsabilité qu’ils endossent en acceptant de participer au contrôle de la nationalité de ceux-là qui nous gouvernent. « Chacun sera sous la surveillance d’un satellite mondial », a averti le représentant du Plateau Central (centre), en présence d’Arnel Bélizaire qui assistait à la séance.

La constitution haïtienne, dans la version actuellement en vigueur, interdit la double nationalité et prévoit la destitution du Président de la république, du Premier ministre, des ministres, Sénateurs et Députés s’ils se retrouvent en pareille situation. spp/Radio Kiskeya

 

Haïti: député arrêté puis libéré

AFP Publié le 29/10/2011 à 08:17 Figaro.fr

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Les parlementaires haïtiens ont réclamé hier la démission de trois membres du nouveau gouvernement après l’interpellation et la brève détention d’un député recherché par la justice pour évasion en 2005, a annoncé le président de la chambre des députés, Saurel Jacinthe. Dénonçant le « début de l’instauration d’une dictature en Haïti » par le nouveau président Michel Martelly, les députés ont voté une résolution exigeant la démission des ministres de l’Intérieur, de la Justice et des Affaires étrangères du gouvernement installé il y a une semaine.
« Nous ne reconnaissons pas l’autorité de ces ministres qui ont orchestré l’enlèvement et la détention illégale d’un parlementaire », a déclaré le député Levaillant Louis-Jeune.
Le député Arnel Bélizaire, arrêté jeudi soir à l’aéroport de la capitale à sa descente d’avion après un voyage officiel en France, a passé une nuit à la principale prison du pays avant d’être libéré vendredi devant le tollé soulevé par son interpellation. « Nous sommes en présence d’une dictature qui prend forme dans le pays, nous appellons le peuple à nous aider à stopper cette tendance », a affirmé le président de la chambre.
Le parlementaire qui est longuement intervenu dans les radios de Port-au-Prince vendredi, a dénoncé un plan attribué au président Martelly de vouloir se débarrasser du Parlement dominé par l’opposition. Le président Martelly se trouve depuis jeudi aux Etats-Unis pour dix jours. Il doit y subir une intervention à l’épaule, a annoncé son bureau de presse.

 

Le gouvernement haïtien contesté par l’Assemblée

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Pour la majorité des députés haïtiens, le président Michel Martelly est un dictateur en devenir  Reuters

Une nouvelle crise politique débute en Haïti. En réaction à l’arrestation jeudi 27 octobre d’un député, alors qu’il était sous protection de son immunité, les parlementaires réclament désormais la démission de plusieurs ministres. La contestation des élus envers le pouvoir exécutif s’accroit, surtout contre le président Michel Martelly que beaucoup de députés accusent de dérives dictatoriales.

Par RFI Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron

La libération, sans explications, du député Anel Bélizaire, moins de 24 heures après son arrestation, n’a pas apaisé la colère des parlementaires. En session extraordinaire, 71 des 90 députés ont voté une résolution contre les responsables de ce qu’ils appellent la « séquestration de leur collègue ». Les élus réclament donc la démission des ministres de la Justice et de l’Intérieur, de deux secrétaires d’Etat et du Commissaire du gouvernement.

Ce vote des députés est un coup dur porté à l’équipe gouvernementale qui n’a pris ses fonctions que depuis une semaine. Mais les parlementaires ne veulent pas rester inactifs devant le non-respect de la Constitution et, dans les rangs de l’Assemblée, députés et sénateurs ne mâchent pas leurs mots et accusent Michel Martelly de dictateur en devenir.

Le président de la République, qui avait mis cinq mois pour faire accepter un Premier ministre, fait désormais face à un pouvoir législatif ouvertement hostile, ce qui va lui compliquer la poursuite des affaires, à commencer par le remplacement des ministres dont l’autorité n’est plus reconnue par les députés.

 

Edito – Le Nouvelliste

Haïti: EDITO : Si nos chefs savaient…

Si nos chefs savaient que les portes qui s’ouvrent devant eux avec déférence se ferment aussi vite quand ils deviennent des pestiférés, ils feraient du vrai respect de l’Etat de droit un objectif primordial de leur mandat. Un dirigeant peut échouer dans tous les aspects de son mandat, mais pas sur le seul qui ne relève que de sa bonne foi : le respect des lois.
Si on leur avait expliqué que d’autres avant eux jouissaient des privilèges exorbitants de leur fonction et qu’un matin, comme un rat, un avion est venu les attendre au bout de la piste de Maïs Gâté, nos chefs seraient moins fiers de jouer aux gros bras. La gloire est éphémère. Le bruit et la fureur n’aident pas à construire une réputation qui dure.
Ah! si nos chefs savaient que les pays qui leur déroulent le tapis rouge, les dirigeants qui les invitent à leurs tables, seront les premiers à ne pas se souvenir de leur nom, ils resteraient bien tranquilles dans leur bureau à faire le travail qui leur revient: sortir ce pays de l’abîme.
Si nos chefs n’avaient pas la mémoire courte et ne se laissaient pas enivrer par les effluves du pouvoir, par le roulement de la grosse caisse à chaque fois que la fanfare entame l’hymne, ils sauraient que des dizaines d’exaltés sont prêts à devenir martyrs pour, en échange de quelques heures de gloire, voir le chef en eux devenir un monstre.
Les rires complices se transforment si vite en menaçants grincements de dents. Que c’est stupéfiant! Les photos de famille des équipes qui s’installent se métamorphosent en avis de recherches, quand on se met à ne pas respecter les droits de l’homme. Un simple juge, n’importe où dans le monde, peut mettre fin à la superbe d’une présidence.
René Préval, car en la matière il faut bien lui rendre hommage, fut le seul de nos présidents à résister à toutes les tentations d’autoritarisme. Bien lui en prit. Nous n’avons pas assez apprécié son apport à la cause de l’avancement de la démocratie et jeté, avec l’eau de son bain, bien de ses manières qui illumineraient l’action des autres.
Un président ne menace pas. N’injure pas. Ne fait ni ne recommande, ni ne laisse entreprendre des représailles. Un président est mesure et pondération. Force et sagesse. Un président se doit de voir plus loin que sa satisfaction immédiate. Un président doit savoir s’entourer. Un président mérite le respect et chaque jour se le procure. Un président a tant de pouvoirs et de responsabilités qu’il se doit d’en user à bon escient. Un président doit savoir éviter les pièges, les embuscades comme les petites provocations.
Le processus inauguré le 7 février 1986, mais enclenché depuis des lustres, a ses défauts. Mais que personne ne se méprenne! Le peuple, les amis d’Haïti et le monde entier ne laisseront pas s’installer, par mégarde ou pour complaire à l’élu du moment, une régression.
Tous ceux qui s’y sont essayés ces dernières années ont fini dans la fange. Il y a trop de responsables qui tiennent à leur visa et à leur petit voyage d’agrément pour que cela finisse autrement que par une capitulation sans condition.
Evitons le refrain des regrets, éloignons-nous des remords précoces, oeuvrons pour l’amélioration de la condition de tous et l’établissement de l’Etat de droit véritable. Ces objectifs sont si nobles et le fruit de l’effort si doux.
Monsieur le chef, qu’il serait dommage qu’un jour vous ayez à dire si je savais!

 

Le ministre de la Justice s’en lave les mains

L’arrestation du député Arnel Bélizaire – libéré moins de 24 heures après- n’a pas seulement fait des vagues en Haïti pour son caractère illégal, arbitraire et inconstitutionnel. Quelques heures avant la libération du député de Delmas/Tabarre, la France a condamné cette arrestation qui ne prenait pas en compte l’immunité parlementaire. Le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Josué Pierre-Louis, de son côté, se dédouane de toute responsabilité dans ce dossier.

Le Quai d’Orsay, le représentant spécial du secrétaire général et chef de la Mission des Nations unies pour la Stabilisation en Haïti (Minustah), Mariano Fernández, des organismes de défense des droits humains, des partis et des groupements politiques, entre autres, ont tous dénoncé l’arrestation du député Arnel Bélizaire qui est devenu en un laps de temps, le député le plus populaire à la Chambre. Arnel Bélizaire, qui revenait d’une mission parlementaire en France, a été arrêté le jeudi 27 octobre à l’aéroport Toussaint Louverture, sur ordre du chef du parquet de Port-au-Prince, Me Félix Léger.
« Le député Arnel Bélizaire a été arrêté sur la base d’un mandat d’arrêt qui ne prenait pas en compte son immunité parlementaire. La France invite le gouvernement et le Parlement à respecter les procédures prévues par la Constitution d’Haïti en matière de séparation des pouvoirs et d’immunité parlementaire », a indiqué le porte-parole du Quai d’Orsay, Bernard Valéro, ce vendredi dans un communiqué.
En effet, quelques heures plus tard, le député – qui a dormi au greffe du Pénitencier national- a été conduit au Parlement par des agents pénitentiaires. Auparavant, des dirigeants de partis politiques, des organismes de droits humains, le conseil de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince, ont tous dénoncé le caractère illégal et inconstitutionnel de l’arrestation du député en fonction sans que son immunité soit levée.
« Le conseil de l’Ordre est inquiet pour l’avenir de la démocratie en Haïti (…) L’établissement de l’Etat de droit que préconise le président Michel Martelly a ses exigences, en particulier le respect des institutions étatiques », a déclaré le conseil, appelant les autorités à agir en conformité aux règles de droit établies.
Le bâtonnier de l’Ordre, Me Carlos Hercule, juge l’acte posé avec l’arrestation du député, d’ « attentatoire à l’honorabilité de la fonction parlementaire et à la dignité humaine ». Par conséquent, il s’agit selon le conseil, d’une violation de la Constitution haïtienne de 1987 qui stipule dans son article 115 que « nul membre du corps législatif ne peut, durant son mandat, être arrêté (…).
C’est aussi l’avis des leaders politiques, le président de la Convention des partis politiques haïtiens, le professeur Victor Benoît, Evans Paul de l’Alternative, entre autres. « C’est un scandale ! C’est un acte inacceptable et anti-démocratique, un brigandage qui viole l’immunité parlementaire. Nous condamnons cet acte vivement; c’est une honte nationale qui affecte davantage l’image du pays », a réagi Evans Paul.
Le Premier ministre préoccupé
Dans un communiqué, le Premier ministre Garry Conille, – qui, en voiture privée, a rendu visite à Arnel Bélizaire jeudi soir au Pénitencier national – a également exprimé ses préoccupations quant à l’arrestation du député. « Une fois informé de la détention du député, le Premier ministre s’est rendu au Pénitencier national pour évaluer les conditions de son incarcération et s’assurer de l’intégrité de sa personne », lit-on dans le communiqué.
« Fortement préoccupé par l’emprisonnement d’un député en fonction (…) le Premier ministre continue, en l’espèce, d’explorer toutes les voies et procédures pouvant faciliter une issue conforme aux prescrits constitutionnels à cette crise. Il plaide pour le respect absolu des prérogatives et privilèges constitutionnels des responsables de l’Etat, en invitant, par ailleurs, tous les acteurs sociaux et politiques à la sérénité et au dialogue », a ajouté le PM, réaffirmant sa volonté de veiller, en toutes circonstances, à la protection des libertés individuelles et collectives ainsi qu’au respect des droits inaliénables du citoyen dans un Etat de droit.
Face à une telle situation, le représentant spécial du secrétaire général et chef de la Mission des Nations unies pour la Stabilisation en Haïti (Minustah), Mariano Fernández Amunátegui, s’est dit inquiet du climat de tension politique créé par l’arrestation du député Arnel Bélizaire.
« Cette tension, nuisible aux intérêts supérieurs de la nation, risque de freiner la mise en oeuvre du programme du gouvernement, au détriment de la population haïtienne qui est impatiente de voir se concrétiser les promesses de ses élus », a déclaré M. Fernandez.
Dans le souci de préserver le climat propice à la stabilisation démocratique du pays et de renforcer l’Etat de droit, le diplomate encourage le dialogue et invite les autorités à « clarifier la procédure légale, conforme à la Constitution, qui a mené à l’arrestation du député Bélizaire, et ce, afin de restaurer la bonne coopération entre l’exécutif et le Législatif ».
Pas de conflit entre l’exécutif et le Législatif »
« Il n’y a pas de conflit entre l’exécutif et le Parlement. Il y a un gouvernement qui vient d’être constitué grâce à ce Parlement », a déclaré de son côté, le ministre de la Justice, Me Josué Pierre-Louis, qui se lave les mains dans ce dossier dont personne n’est responsable.
« Hier (jeudi), vers 8 heures, j’ai reçu une lettre de la Chambre des députés (…) J’ai appelé le commissaire du gouvernement pour lui demander de respecter la loi; pour lui demander si les procédures sont respectées, si les faits sont fondés, est-ce que la procédure répond aux prescriptions légales. Il m’a assuré que tout se fait conformément », s’est défendu le ministre ce vendredi, au cours d’un point de presse.
« Dès mon installation au ministère, je me suis donné comme mission de respecter la loi (…) Naturellement, on dit que le commissaire du gouvernement est le représentant de l’exécutif au sein de l’appareil judiciaire. C’est dans le cadre de la mise en application de la politique pénale du gouvernement, mais pas dans l’exercice de l’action publique », a-t-il poursuivi, soulignant qu’il n’aurait jamais demandé au chef du parquet d’arrêter le député.
« En tant que ministre de la Justice, je suis là pour définir la politique pénale du gouvernement, mais pas pour interférer dans l’action publique (…) sauf s’il y a flagrance; je peux demander au commissaire du gouvernement de mettre l’action publique en mouvement », a expliqué le ministre, qui promet, malgré tout, de travailler pour le renforcement d’un « Etat de droit et l’indépendance du pouvoir judiciaire ».
Valéry DAUDIER
vdaudier@lenouvelliste.com

 

La première nuit du parlementaire Arnel Bélizaire au pénitencier national

Sur les ondes de Radio Caraïbes ce matin, le parlementaire Arnel Bélizaire a expliqué au confrère Henry Guerrier comment il a passé sa première nuit au pénitencier national: «Je ne suis pas dans une cellule. Je m’assieds sur une chaise au greffe du pénitencier national sous les regards vigilants des agents de cette institution. Ils se sont montrés très coopératifs. Ils ont reçu des membres de ma famille qui m’ont apporté l’essentiel, me facilitant la première nuit au pénitencier. Jusqu’à présent, je n’ai rien à reprocher aux agents pénitentiaires. Ils m’ont bien traité ».
« Le Premier ministre haïtien, le Dr Garry Conille, était venu à la prison. Il n’a pas parlé. Son plus grand étonnement était d’apprendre qu’il n’y a pas de dossier pour m’envoyer en prison. La lettre du commissaire du gouvernement, Félix Léger, à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) ne peut en aucune façon servir à mettre en prison le député Arnel Bélizaire qui a déjà purgé sa peine. Le Premier ministre Conille a demandé aux agents de l’APENA (Administration pénitentiaire nationale) de bien prendre soin du parlementaire ».
« Il était accompagné des membres de son cabinet, dont le Dr Rony Gillot. Parlant de Mario Andrésol, directeur de la police nationale, ce qu’il a fait est très mauvais en exécutant cette décision. Sa mission est de faire respecter la loi. Car dans le manuel de justice militaire (MJM), Mario Andrésol sait que lorsqu’on exécute un ordre qu’on n’est pas supposé exécuter, on est sanctionné. Aujourd’hui, ce n’est pas tellement Mario Andrésol qui me donne des problèmes, mais le Premier ministre comme chef du gouvernement. Car depuis 9 jours, on m’assassine devant la population, devant mes mandants, on me fait passer pour un moins que rien. Qui pis est, le ministre de la Justice n’a jamais pris position. Le chef du gouvernement non plus n’a jamais dit mot. Cela montre que le PM n’a pas encore fait preuve de la confiance que nous avons placée en lui ».
« Après ce qui s’est passé au palais national, je pensais que mes collègues parlementaires allaient donner une réponse. S’ils veulent donner une sanction au président du pays pour ce qu’il a fait au palais national, la meilleure façon était de doter le pays d’un gouvernement. Je pensais que lorsqu’on l’avait fait, le premier ministre Conille allait prendre ses responsabilités, mais il ne peut pas. Il n’a pas demandé où est-ce que le président Martelly mène le pays. Il est vrai que le pouvoir a deux têtes, mais le pays n’a qu’un seul et unique chef : le président Martelly, qui s’érige en chef suprême, prend toutes les décisions ».
« Aujourd’hui, c’est le président Martelly qui m’a mis en prison et non le commissaire du gouvernement, Félix Léger. Et ce n’est pas Arnel Bélizaire qu’il a mis en prison, mais bien le Parlement haïtien. Je ne m’appelle plus Arnel Bélizaire. Les mandants de Delmas/Tabarre ont fait de moi un autre personnage : le député Arnel Bélizaire. Aujourd’hui, le chef de l’Etat a prouvé qu’il est seul et unique dans le pays à pouvoir décider. Il a le pouvoir et l’argent, comme il a eu à le répéter au palais national. Donc, il n’y a plus d’institution qui existe dans le pays. Le Parlement va prendre en main le destin du peuple haïtien ».
« La nation a beaucoup lutté pour la démocratie. Beaucoup de gens ont perdu leur vie, d’autres ont été estropiés : bras coupés, pieds cassés, yeux crevés…, tout cela pour la bataille démocratique. Aujourd’hui, je suis prêt à retourner comme dans les années 1980. Ce n’est pas le duvaliérisme qui est un danger pour le pays, mais bien le macoutisme. Car, on ne peut ne pas être d’accord avec le président Martelly (il veut toujours avoir raison). Le Parlement doit montrer qu’il a du caractère. C’est un jeune Parlement. Le peuple doit l’accompagner dans toutes les décisions qu’il aura à prendre au nom de la nation.»
Nous publions pour l’édification des lecteurs, la décision rendue le 21 juin 2006 relative à la condamnation du prévenu Arnel Bélizaire:
Par ces motifs, le tribunal après en avoir délibéré au voeu de la loi, sur les conclusions conformes du MP, statuant contradictoirement à charge d’appel, déclare le nommé Arnel Belizaire coupable des faits de détention illégale d’arme à feu, le condamne à 18 mois d’emprisonnement et à une amende de 5 000 gourdes, en conséquence, conformément aux dispositions de l’article 16 du décret du 23 mai 1989, ainsi libellé : «les contrevenants aux dispositions du présent décret sont passibles des peines suivantes :
a) Un emprisonnement allant jusqu’à trois ans et une amende de 5 000 gourdes pour les armes de poing, les fusils et les revolvers à air comprimé ;
b un emprisonnement allant jusqu’à 5 ans, une amende de 10 000 gourdes pour les armes d’épaule ou fusil de calibre 12, 16, 20,410 GA, à 18 mois d’emprisonnement et à une amende de 5 000 gourdes ; dit que le prévenu Arnel Bélizaire bénéficie des avantages à lui accordés par la loi du 4 décembre 1893 sur la détention préventive dite loi de Lespinasse ; le condamne enfin aux frais et dépens de la procédure.
Ainsi jugé par nous Marie Jocelyne Cazimir, juge, en audience publique ordinaire correctionnelle du mercredi 21 juin 2006, en présence de Me Smith Lafontant, ministère public, avec l’assistance du citoyen Monal Dor, greffier.

 

Une arrestation révoltante, choquante et qui fait peur

Des religieux, des politiciens, des hommes de droit, de simples citoyens sont choqués et indignés par l’arrestation du député Arnel Bélizaire. Pour eux, c’est un mauvais présage. Une fois de plus, le pays envoie un signal négatif à l’international. Ils estiment que le président Martelly aurait pu gérer autrement ses contentieux avec le parlementaire. Malgré la libération du député, le doute et l’incertitude planent dans les esprits.

Lamentable, mauvais présage, mauvaise foi, volonté de ne pas respecter les lois, tels sont les termes utilisés par Mirlande Manigat pour qualifier l’arrestation d’Arnel Belizaire à l’aéroport international Toussaint Louverture, jeudi soir. La constitutionnaliste, qui intervenait sur les ondes de Radio Magik 9 vendredi, a critiqué le fait que le parlementaire ait été appréhendé, alors qu’il n’y a pas flagrance. « S’il n’y a pas flagrance, aucun député ni sénateur ne peut être arrêté, sans que soit levée son immunité qui le protège », a indiqué le professeur de droit constitutionnel.
L’ancienne candidate à la présidence a dénoncé aussi l’incompétence dont a fait preuve le commissaire du gouvernement, Félix Léger, dans la conduite de cette affaire. Le commissaire du gouvernement avait écrit au bureau de la Chambre basse pour lui demander de lever l’immunité du député Arnel Bélizaire qui aurait des démêlés avec la justice. Alors que l’Assemblée des députés n’a même pas eu le temps de statuer sur cette requête, le commissaire a ordonné l’arrestation du parlementaire, a-t-elle regretté. Cela traduit une incohérence et une incompétence sur le plan juridique, a souligné Mirlande Manigat. De plus, a-t-elle fait remarquer, il ne revient pas au commissaire du gouvernement d’écrire au bureau de la Chambre, mais plutôt au ministre de la Justice.
Mme Manigat se dit très inquiète par rapport à ce fait qui, selon elle, dépasse la personne d’Arnel Bélizaire. « Cet incident ne concerne pas uniquement le député de Delmas-Tabarre ni le Parlement haïtien. Il s’agit désormais d’un problème lié au respect des droits des citoyens en Haïti », a déclaré Mme Manigat, qui croit qu’il faut prendre très au sérieux le président de la République qui a manifesté son intention de devenir plus « cynique ».
La secrétaire générale du RDNP a également dénoncé la tendance qui veut faire croire que le président Martelly n’agit pas de plein gré et qu’il soit sous l’influence de son entourage qui tente de le piéger. « Il ne faut pas croire cela. Le chef de l’Etat agit de plein gré. Il n’est pas non plus sous l’influence du personnage Micky », a indiqué l’ancienne première dame.
Suite à l’arrestation du député de Delmas-Tabarre, certains avaient annoncé une mise en accusation du chef de l’Etat. Il ne faut pas agir sous le coup de l’émotion, a conseillé Miralnde Manigat. Selon la professeure, une telle initiative serait un début d’escalade qui aurait de graves conséquences sur la gouvernance du pays.
La plateforme politique Alternative a, de son côté, vivement critiqué l’arrestation du député Arnel Bélizaire. « C’est un acte de brigandage qui viole l’immunité du parlementaire. L’Alternative dénonce le comportement du pouvoir qui cherche à utiliser le pouvoir judiciaire pour humilier celui du législatif. Ce scandale politique provoqué par le président Martelly est une honte nationale qui affecte d’avantage l’image du pays », a déclaré Evans Paul.
Selon le leader politique, l’Alternative ne considère pas comme un saint le citoyen Bélizaire, mais les procédures tracées par la Constitution doivent être respectées.
Le représentant du secteur vaudou en Haïti se veut plus nuancé et plus prudent dans ce dossier. Ce qui s’est passé ne concerne pas seulement le président Martelly ni le député Arnel Bélizaire, selon Max Bauvoir. C’est l’affaire de toute la population haïtienne, a-t-il dit.De l’avis de l’Ati national, le conflit entre le Parlement et l’exécutif ne saurait plaire au peuple haïtien.
Pour le président de la Fédération protestante, le pasteur Sylvain Exantus, l’arrestation du député Arnel Bélizaire en dépit de son immunité de parlementaire remet en question tous les projets de société que la nation a jusqu’ici conçus. Cet acte, que le révérend pasteur assimile à un mauvais rêve, est en contradiction avec les récentes démarches entreprises par le président Martelly sous le signe de la réconciliation. Arrêter un député pour ses problèmes avec la justice et fermer l’oeil sur les dossiers judiciaires non moins louches de certains anciens présidents rencontrés récemment par le chef de l’Etat relève tout bonnement de l’incohérence, de l’avis du pasteur Exantus.
Selon le pasteur Exantus, si le Parlement, en tant que corps prestigieux et honorable, a été humilié dans cette affaire, l’autorité morale et politique du pouvoir exécutif, pour sa part, en sortira affaiblie. « Arnel Bélizaire sortira grand gagnant de ce dossier, étant donné que les autorités judiciaires n’ont pas emprunté la voie légale pour le poursuivre », a déclaré le pasteur Sylvain Exantus sur les ondes de Magik 9. Ce dernier s’est attristé que les procédures clairement définies par la loi à ce sujet n’aient pas été respectées.
Le gouvernement aurait dû, d’après le pasteur Exantus, pressurer les pères conscrits à adopter une position claire aux yeux de la nation sur le cas du député de Delmas-Tabarre. « Ils (les pouvoirs législatif et exécutif) auraient dû prendre le temps nécessaire pour collaborer afin de savoir comment enlever l’immunité du député avant de le traduire en justice », a regretté l’homme de foi, qui a aussi constaté une absence d’harmonisation entre les différents pouvoirs étatiques. « Cette démarche risque de précipiter le pays vers une crise insoluble », a prévenu le pasteur dans ses commentaires sur ce sujet brûlant d’actualité.
Le révérend Sylvain Exantus a reconnu que le député Bélizaire comme tout citoyen, n’est pas au-dessus de la loi. Cependant, le leader religieux n’a pas mâché ses mots pour dénoncer l’illégalité de l’arrestation du parlementaire menée sans l’enlèvement de son immunité par la Chambre basse.
Comme un véritable Ponce Pilate, le ministre de la Justice et de la Sécurité publique se décharge de toute responsabilité dans cette affaire. Selon Me Josué Pierre Louis, la Constitution lui interdit d’interférer dans le travail d’un commissaire du gouvernement. Félix Léger, le chef du parquet de Port-au-Prince qui a demandé à la police d’arrêter le parlementaire, est mis face à ses responsabilités dans ce dossier.
L’équipe de Panel Magik
Robenson Geffrard
Roberson Alphonse
Danio Darius
Carl-Henry Cadet

 

Affaire Bélizaire:

La Chambre basse réclame la tête d’importants membres de l’Exécutif

Vision 2000 / vendredi 28 octobre 2011 à 16:37

L2hlcm1lcy9ib3N3ZWIvd2ViMjM0L2IyMzQ1L2lwdy5ocG5oYWl0aS9wdWJsaWNfaHRtbC9zaXRlL2ltYWdlcy9zdG9yaWVzL2Zvb2QvcGFybGVtZW50IGhhaXRpMi5qcGc=La Chambre des députés a, ce vendredi, dans une résolution commune, réclamé la démission de plusieurs ministres, directeurs généraux, du commissaire du gouvernement et des secrétaires d’Etat formant le  gouvernement Martelly-Conille.

Cette position  a été adoptée suite à l’enlèvement suivi de séquestration du député de Delmas/Tabarre (Est de Port-au-Prince) au Pénitencier National avant d’être remis au Parlement, selon les parlementaires.

Notons que parmi les membres du pouvoir exécutif indexés figurent  le ministre de l’intérieur et de la défense nationale, Thierry Mayard Paul, ceux des Affaires Etrangères, Laurent Lamothe et  de la Justice et de la sécurité publique, Me. Josué Pierre Pierre Louis.

Les concernés doivent rendre leur tablier au plus vite, sinon dès la prochaine rentrée parlementaire, ils seront renvoyés, a annoncé le député Levaillant Jeune.

 

Le commissaire du gouvernement écrit au président de la Chambre des députés

Le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince Me Félix Léger a écrit au président de la chambre des députés Sorel Jacinthe pour lui transférer officiellement « le Député Arnel Bélizaire » poursuivi entre autres pour délit d’évasion.

28/10/2011

Le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince Me Félix Léger a écrit au président de la chambre des députés Sorel Jacinthe pour lui transférer officiellement « le Député Arnel Bélizaire » poursuivi entre autres pour délit d’évasion.
« Le commissaire du gouvernement saisit l’occasion pour transférer le Député Arnel Bélizaire conformément à la loi pour les suites nécessaires y afférentes vu qu’il est poursuivi pour le délit d’évasion ; infraction continue et sous-jacente aux infractions de meurtre et détention, prévus et réprimés par la loi », lit-on dans cette lettre datée du 28 octobre 2011.
Le député Arnel Bélizaire s’est présenté devant la Chambre des députés ce vendredi et a été libéré après une nuit au Pénitencier national.
EL/LM

 

Haïti-Arrestation Bélizaire :

L’ordre des avocats de Port-au-Prince inquiet pour la démocratie

P-au-P, 28 oct.2011 [AlterPresse] — L’ordre des avocats de Port-au-Prince a exprimé son inquiétude pour les acquis démocratiques en Haïti et il appelle le gouvernement à agir selon la loi.

« Le conseil de l’ordre est inquiet pour l’avenir de la démocratie en Haïti », a déclaré le bâtonnier de l’ordre, Me Carlos Hercule, qui intervenait lors d’un point de presse ce 28 octobre.

Le bâtonnat s’exprimait sur l’arrestation du député Arnel Bélizaire ce 27 octobre, opérée sans que son immunité n’ait été levée.

Le député a été reconduit a la mi-journée a la Chambre basse.

Selon l’ordre, l’établissement de l’État de droit que préconise le président Michel Martelly, a ses exigences, en particulier « le respect des institutions étatiques ».

Arnel Bélizaire est accusé d’évasion.

Le conseil de l’ordre des avocats appelle les « autorités gouvernementales (…) à agir en conformité aux règles de droit établies ».

Le conseil invite à la correction incessante de l’acte posé avec l’arrestation du député, qu’il juge attentatoire à l’honorabilité de la fonction parlementaire et à la dignité humaine.

Il s’agit selon le conseil d’une violation de la constitution haïtienne de 1987 qui stipule dans son article 115 que « nul membre du corps législatif ne peut durant son mandat, être arrêté (…) ». [ rh kft gp apr 28/10/ 2011 16 :55]

 

André Georges Lemercier : refaire la santé économique du pays

Le nouveau gouvernement Martelly-Conille a procédé, mercredi dernier, à l’installation d’André Lemercier Georges à la tête du ministère de l’Économie et des Finances (MEF). Le nouveau ministre est plein de projets et il entend les réaliser.

28/10/2011

Ils sont au nombre de 18 personnes à être nommées à la tête des 18 ministères du nouveau gouvernement de Joseph Martelly et de Garry Conille. Ces nouveaux ministres ont pour principale mission d’apporter un nouveau décor dans la gestion des affaires de l’État et de combattre la corruption administrative, conformément au vœu du président de la République.
Parmi ces ministres figure l’ancien secrétaire d’État aux Finances, André Lemercier Georges, comme nouveau titulaire de l’Économie et des Finances. Un choix qui n’a rien de politique, a fait savoir le président Martelly. « André Lemercier n’a jamais été mon ami personnel. J’ai fait choix de lui sur la base de sa compétence. » La tâche s’annonce déjà ardue, vu les différents défis que le gouvernement aura à relever, que ce soit dans le financement du programme de logement pour tous, énoncé dans la politique générale du Premier ministre, que ce soit dans l’acheminement du budget alloué à la création de la nouvelle force armée, projet cher au chef de l’État.
Le ministère et ses attributions
Le ministère de l’Économie et des Finances est une des entités de l’État qui a pour mission fondamentale de formuler et de mettre en application la politique économique et financière de l’État. À cet effet, le ministère s’attarde sur ses attributions lui permettant, dans un premier temps, de déterminer la politique fiscale de l’État pour assurer la perception des impôts et taxes, gérer les biens de l’État. En outre, il se donne pour tâche de coordonner les travaux d’élaboration du budget général de la République et d’en assurer l’exécution. Le ministère assure, dans un second temps, la gestion de la Trésorerie.
Vu son importance et son intérêt dans la croissance économique du pays, le ministère de l’Économie et des Finances juge de l’opportunité des dépenses de l’État et établit, avec le concours de la Banque centrale, la politique monétaire du pays tout en supervisant son exécution. Il veille aussi à l’application des lois sur l’établissement, l’organisation, le fonctionnement et le contrôle des banques, bureaux de change, institutions de crédit et compagnies d’assurances. Il encourage les investissements nationaux et étrangers et stimule la création de nouveaux emplois.
Entre autres, ce ministère est composé de deux grandes entités sur lesquelles il exerce un contrôle hiérarchique. D’où les services déconcentrés chargés d’appliquer les décisions ministérielles dans les domaines de leurs compétences respectives, soit à l’échelle nationale, soit au niveau régional. Parmi ces services figurent la Direction générale des impôts, l’Administration générale des douanes, la Direction générale du budget et l’Institut haïtien de statistique et d’informatique.
En second lieu, il y a les institutions autonomes : l’Autorité portuaire nationale (APN), la Loterie de l’État haïtien (LEH), l’Office d’assurance véhicule contre tiers (OAVCT), l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC), la Société nationale des parcs industriels (Sonapi) et le Fonds d’assistance économique et sociale (Faes).
Perspectives et enjeux
Le nouveau ministre de l’Économie et des Finances se dit motivé à affronter les nombreux défis et enjeux, de même que les responsabilités qui pèsent sur le ministère. Pour ce faire, il entend matérialiser les promesses du président de la République. Il s’engage à améliorer les conditions de fonctionnement du ministère, afin de sortir le pays du PMA (pays moins avancé) et d’améliorer le score d’Haïti au niveau des indicateurs de développement humain. Par ailleurs, le ministre sollicite l’expérience et le professionnalisme des ses collaborateurs pour arriver à mettre en place des réformes et une réflexion de stratégie de politique économique.
Selon André Lemercier Georges, la politique financière va être au service de l’économie, au même titre que le ministère de l’Économie, pour une amélioration des conditions de vie de la population et une mise en place d’une stratégie de politique économique qui permettra, dans un premier temps, d’augmenter le revenu per capita des Haïtiens et aussi de réduire le niveau de pauvreté du pays.
De surcroît, le ministre invite tous les entrepreneurs et tous ceux qui œuvrent dans le secteur purement économique de travailler assidûment de manière à mettre en corrélation une politique qui permettra de créer des emplois afin d’atteindre en moyenne une croissance de 9 % l’an sur les cinq prochaines années.
Aujourd’hui, on perçoit environ 40 milliards de gourdes (moins d’un milliard de dollars américains), nous avons une population de 10 millions d’Haïtiens. « Avec 4 000 gourdes par habitant, il est évident que nous ne pouvons pas envoyer nos enfants à l’école, améliorer les soins de santé de la population et assurer la sécurité du pays », analyse le nouveau ministre de l’Économie et des Finances, qui projette déjà d’augmenter de manière substantielle au cours des cinq prochaines années le niveau des recettes de façon à atteindre une pression fiscale de 15 %. Un objectif qui permettra à l’État de faire face à ses besoins.
Une semaine après son installation à la tête du ministère et de la tenue de la première réunion du conseil des ministres, aucune carte n’est encore tirée de la part d’André Lemercier Georges. Plus d’un attend que l’État haïtien assure ses fonctions régaliennes, mais aussi qu’il ait des ressources afin de les investir dans des domaines qui vont stimuler la croissance tant souhaitée.

Joubert Rochefort.
joubertrochefort@yahoo.fr

 

Installation du nouveau Secrétaire d’État à l’intégration des personnes handicapées

Vendredi, 28 Octobre 2011 18:38 AL/HPN

Le nouveau Secrétaire d’État à l’Intégration des personnes handicapées (SIPH), Gérald Oriol, a été installé ce vendredi à son poste. La cérémonie s’est déroulée en présence du ministre des Affaires sociales et du Travail, François Richel Lafaille ; et du Secrétaire d’État sortant, Michel Péan.

Lors de la cérémonie déroulée dans une ambiance solennelle dans les locaux de la Secrétairerie d’État, le Secrétaire d’État sortant, Michel Péan, a fait l’éloge du nouveau secrétaire d’État, Gérald Oriol à qui, il a travaillé durant son passage à la tête de l’institution.
Il a souligné que le principal travail du nouveau Secrétaire d’État est de renforcer les structures de la SIPH et de mettre sous ses responsabilités, le suivi du projet de loi relatif à l’intégration des personnes handicapées, en souffrance depuis quelque temps dans les tiroirs du Sénat de la République.
« Au cours de mes 4 ans 5 mois et 10 jours passés à la tête de la Secrétairerie, je ne fais que poser des actions concrètes. Ce qui est évident, c’est qu’au cours de cette période, nous avons pu marquer l’histoire, en collaboration avec une équipe sérieuse, dynamique et dévouée à la cause des personnes handicapées », a déclaré Michel Péan, qui s’est dit satisfait de son bilan.
Pour sa part, le nouveau Secrétaire d’État, Gérald Oriol, a, dans son allocution de circonstance, remercié le président de la République, Michel Joseph Martelly pour la confiance placée en lui. Il a également remercié le Premier ministre Garry Conille de l’avoir accueilli dans son équipe.
Tout en promettant de travailler pour le respect des droits des personnes souffrant d’handicaps physiques, il a indiqué que la situation des personnes handicapées, est une problématique transversale qui demande une réponse de tous les secteurs.
En ce sens, a-t-il dit, la Secrétairerie d’État à l’Intégration des personnes handicapées, collaborera étroitement avec tous les ministères, notamment ceux de l’Éducation, de la Santé et des Travaux publics.

« Je dirai que cette charge que je reçois est une nouveauté dont je n’ai pas fini de peser le poids. C’est bien sûr un changement qui va m’affecter aussi bien que les miens. Pourtant, cette charge s’inscrit dans la ligne d’un engagement ferme et continue auprès des personnes handicapées. Mais aussi auprès de la société civile pour qu’elles y aient leur place », a indiqué Gérald Oriol.   
« Vivre avec un handicap, ce n’est pas ne plus avoir de capacités, c’est vivre avec une potentialité différente des autres », a-t-il conclu.
Alix Laroche
allalematin@yahoo.fr

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