vendredi 04 novembre 2011

4 Nov

Affaire Bélizaire :

La séance d’interpellation de Josué Pierre-Louis reportée à samedi et Convocation du Premier Ministre, du Ministre de l’Intérieur et du Directeur Général de la PNH au Sénat

04/11/2011 10:18:19

imageDans le cadre des sanctions envisagées contre les responsables présumés de l’arrestation jugée arbitraire, du Député Arnel Bélizaire, 15 sénateurs avaient signé une résolution interpellant Josué Pierre-Louis, le Ministre de la justice et Michel Brunache, le Secrétaire d’État aux affaires étrangères.
Convoqué pour hier jeudi, le Ministre de la justice ne s’est pas présenté. Ce dernier ayant sollicité un report a huitaine en vue de diligenter au préalable, une enquête sur les circonstances entourant l’arrestation du Député Bélizaire.
De son côté, le Secrétaire d’État aux affaires étrangères, bien qu’ayant également solliciter un report en raison de la mise sur pied d’une Commission d’enquête sur cette affaire, s’est toutefois présenté. M. Brunache, dans sa correspondance, explique n’avoir pas encore pris charge de sa fonction depuis l’investiture du gouvernement Conille.
Après plus de 6 heures d’attente, le Sénat n’a même pas daigné faire entrer Michel Brunache dans la salle de séance du Sénat…
Après plus de sept heures de débats, d’empoignades, de dérapages verbaux entre partisans et adversaires du report de la séance, d’accusations contre des élus favorables à l’équipe gouvernementale qui auraient délibérément cherché à protéger certains ministres, aucune véritable sortie de crise n’est en vue…
Le Sénateur Steven Benoît, à l’origine de la motion de censure a révélé que 14 sénateurs étaient prêts destituer le Ministre de la Justice. Le Sénateur Latortue a insisté sur la nécessité de respecter la demande de report du Ministre de la Justice, soulignant que M. Pierre Louis acceptait le principe de l’interpellation, tout en rappelant que l’objectif du Sénat était de faire jaillir avant tout, la vérité et non de renvoyer un ministre….
Bien que divisé sur l’opportunité de reporter ou non la séance d’interpellation, Le Sénat a finalement reporté à samedi, la séance d’interpellation du Ministre de la justice, et du Secrétaire d’Etat aux affaires étrangères.
Des Sénateurs, dans la plus grande division, ont souhaité l’élargissement de l’interpellation d’autres ministres ou la convocation d’autres hauts fonctionnaires…
Rodolphe Joazile, le Président du Sénat a fini par faire accepter l’idée de convoquer les responsables du Conseil supérieur de la Police Nationale (CSPN) avant d’en arriver au renvoi éventuel des autorités interpellées.
Sur proposition du Sénateur Benoît, le Président du Sénat, a donc décidé de convoquer le Premier Ministre, le Dr Garry Conille, le Ministre de l’intérieur, Thierry Mayard Paul ainsi que le Directeur Général de la Police Nationale d’Haïti, Mario Andrésol, qui ouvriront [en principe] la séance du Sénat demain samedi… Suivront quelques heures plus tard… les auditions du Ministre de la Justice et du Secrétaire d’État aux affaires étrangères, en autant que cette séance se tienne effectivement samedi, ce qui n’est pas certain à 100%, compte tenu des discussions en coulisse entre les parlementaires et l’Exécutif.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-4168-haiti-affaire-belizaire-le-president-martelly-demande-la-creation-d-une-commission-independante.html
http://www.haitilibre.com/article-4149-haiti-affaire-belizaire-il-faut-trouver-les-vrais-responsables.html
http://www.haitilibre.com/article-4138-haiti-affaire-belizaire-evans-paul-veut-desamorcer-la-crise.html
http://www.haitilibre.com/article-4130-haiti-affaire-belizaire-le-parlement-contre-attaque.html
HL/ HaïtiLibre

 

La convocation du CSPN est la décision idéale selon Joseph Lambert

imageLe sénateur Joseph Lambert qualifie de sage la décision prise par l’assemblée des sénateurs de convoquer certains membres du Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN) aux fins de recueillir de plus amples informations sur l’arrestation illégale et arbitraire du député Arnel Belizaire.
Reconnaissant que la position qu’avaient adoptée les pairs conscrits au lendemain de l’arrestation de l’élu de Delmas/Tabarre , en solidarité à la chambre basse, était une décision prise à la va vite, le troisième sénateur du sud-est estime que les responsabilités doivent être fixées dans l’affaire Belizaire.
« Il est impératif que le sénat entende d’autres personnalités du CSPN, comme le premier ministre Garry Conille, le ministre de l’interieur , Thierry Mayard Paul et le directeur de la police nationale, Mario Andrésol, avant de sanctionner le ministre de la justice et le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères», a indiqué le parlementaire.
Le dossier d’Arnel Belizaire, qui a occasionné l’interpellation des deux membres du gouvernement, est loin d’être clos. Puisque le juge d’instruction, maitre Bernard St-vil, a adressé une correspondance au parlementaire lui demandant de se présenter au cabinet d’instruction le mardi 8 novembre prochain.
Usage de faux, évasion et association de malfaiteurs sont les chefs d’accusation qui pèsent sur l’élu de Delmas/Tabarre.
GA/Radio Métropole Haïti

 

Haïti – Justice :

Arnel Bélizaire convoqué devant le juge d’instruction

04/11/2011 11:36:51

Haïti - Justice : Arnel Bélizaire convoqué devant le juge d'instructionD’après des sources parlementaires, le Bureau de la Chambre basse a reçu hier jeudi, un mandat de comparution du  juge Bernard Saint-Vil, [chargé de l’instruction de l’enquête], adressé au Député Arnel Bélizaire, lui demandant de comparaître au Cabinet du juge d’instruction, le mardi 8 novembre 2011, pour répondre aux accusations de faux, usage de faux, association de malfaiteurs et évasion.
Certains parlementaires, [défavorables à la lever de l’immunité du Député Bélizaire], voient dans cette action de la justice, une manœuvre de diversion pour tenter de démobiliser les deux Chambres, qui cherchent à destituer certains ministres.
D’autres [favorable au Gouvernement Martelly], estiment que cette convocation, vise au contraire à démontrer, que les autorités contrôle la situation, malgré les pressions dont elles font l’objet depuis l’arrestation suivi de la libération du Député Bélizaire.
De son côté, le Commissaire du Gouvernement, Me Félix Léger, accusé par les Parlementaires d’avoir agit illégalement dans ce dossier, a déclaré
«… seule une juridiction supérieure ou un tribunal, peut dire que le Commissaire du Gouvernement a mal agit.
Dans le cadre de ce dossier, tout simplement, nous avons déféré la personne en question par-devant son corps, c’est à dire à la Chambre des députés pour les suite de droit et ceci par correspondance en date du 29 octobre 2011, donc le parquet attend, la justice attend.
Maintenant il revient à un tribunal de statuer, d’apprécier après enquête, pour dire quel magistrat aurait mal agit dans le cadre de ce dossier, actuellement, nous sommes dans une situation normale, le magistrat dans le cadre de sa mission, a apprécié un dossier et il a donné suite. Maintenant c’est à un tribunal de dire que la suite a été légale ou illégale…»

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-4172-haiti-affaire-belizaire-seance-d-interpellation-reportee-au-senat-dans-le-desordre.html
HL/ HaïtiLibre

 

Sorel Jacinthe : « Martelly, auteur et coauteur de l’arrestation »

Le président Michel Martelly a ulcéré davantage le président de la Chambre des députés, Sorel Jacinthe, en déclinant toute responsabilité dans la brève incarcération de son collègue Arnel Bélizaire. Ce dernier est toujours dans la tourmente de la justice.

« Le président Michel Martelly est auteur et coauteur de la séquestration du député Arnel Bélizaire. Les ministres Josué Pierre-Louis et Thierry Mayard-Paul ne sont que des exécutants », a répliqué Sorel Jacinthe. Le président de la Chambre basse est ulcéré par les propos du chef de l’Etat, déclinant toute implication dans la brève incarcération arbitraire du député de Delmas/Tabarre. « Martelly peut dire qu’il a été mal conseillé dans le traitement du dossier; mais dire qu’il n’est pas impliqué dans l’incarcération du collègue Bélizaire, c’est mentir à la nation », s’époumone M. Jacinthe, à l’issue de la messe célébrée à Ennery à l’occasion du Saint-Hubert, patron de la petite ville du Haut-Artibonite.
Le président, en tant qu’humain, peut commettre des erreurs; mais ne pas reconnaître ses erreurs, c’est très grave, a poursuivi le président de la Chambre des députés, l’air agacé par les propos de Martelly prétextant que la présidence n’a rien à voir avec ce qui s’est passé, ni de près ni de loin. « Le peuple haïtien a fait un mauvais choix. Il a choisi un monstre », s’énerve Sorel Jacinthe, qui tient à la récente résolution de la Chambre basse qui ne reconnaît plus l’autorité du ministre de la Justice, Josué Pierre-Louis, de celui de l’Intérieur, des Collectivités territoriales et de la Défense nationale, Thierry Mayard Paul, du secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Michel Brunache, et du chef a.i du parquet de Port-au-Prince, Félix Léger.
A la relance des activités de la Chambre en janvier prochain, les députés promettent un vote de censure aux autorités concernées si elles ne démissionnent pas. Le député Eloune Doréus, présent lui aussi à Ennery, qualifie de choquant la déclaration du président Martelly arrivé le bras en écharpe à l’aéroport international Toussaint Louverture. « Martelly est impliqué à plus de 100% dans la séquestration du député Arnel Bélizaire. Et c’est extrêmement grave qu’il déchante aujourd’hui », a regretté le parlementaire, membre du directoire de l’Organisation du peuple en lutte (OPL).
C’est ridiculiser le Parlement et le peuple haïtien, estime-t-il, quand le président de la République se démarque d’un acte arbitraire qu’il a lui-même commandé.
« Une commission indépendante pour faire quoi ? », s’interroge Doréus, qui ne prend pas au sérieux la recommandation du chef de l’Etat. C’est au pied de l’avion, a-t-il rappelé, que le député Arnel Bélizaire a été séquestré comme un vulgaire bandit sur ordre du commissaire du gouvernement suite à une altercation entre le chef de l’Etat et le parlementaire. Conduit au Pénitencier national, le soir même, M. Bélizaire a été relâché le lendemain sans être interrogé. Le commissaire, dont l’autorité est remise en question par le Parlement, est dessaisi du dossier qui est transféré au cabinet d’instruction.
Quelques heures après la conférence de presse du président Martelly, le député Bélizaire a reçu une convocation du juge instructeur Bernard Saint-Vil. Le député doit se rendre dans la matinée du 8 novembre prochain au cabinet d’instruction sous les accusations de faux, usage de faux, évasion et association de malfaiteurs, selon la convocation du juge Saint-Vil. Dans l’avis de convocation, le juge ne remet pas en question le statut de député d’Arnel Bélizaire. « A l’honorable député … », tient à mentionner le juge dans la convocation. Le député incriminé a lui-même transmis au Sénat une copie du mandat de comparution délivré par le juge Bernard Saint-Vil.
Claude Gilles

 

Martelly comme Ponce Pilate

Michel Martelly nie toute implication de près ou de loin dans l’arrestation du député Arnel Bélizaire. De retour au pays ce jeudi, après une visite médicale à Miami où il a subi une intervention chirurgicale à l’épaule gauche, le président a annoncé la création d’une commission indépendante pour faire la lumière sur le dossier, tout en appelant au calme. Comme un chef d’Etat dépassé par les événements, il a appelé la population à 7 jours de jeûne et promis de laisser gouverner le Premier ministre.

Michel Martelly entouré de son épouse, du Premier ministre et des ministres du gouvernement

(Photo: M. Morenvil)

Bras gauche en échappe, le président salue les officiels

Des centaines de sympathisants du chef de l’Etat l’ont réservé un accueil chaleureux à l’entrée du Salon diplomatique de l’aéroport international Toussaint Louverture

Bras gauche en écharpe. Visage tonique. L’air radieux. Un Michel Martelly plutôt modéré dans ses propos. Visiblement, le président de la République s’est bien reposé pendant son voyage médical de huit jours à Miami. Entouré de son épouse, du Premier ministre et de ses ministres, le chef de l’Etat a nié toute implication de près de loin dans l’arrestation du député Arnel Bélizaire. Comme Ponce Pilate, il se lave les mains. Mieux. Michel Martelly a demandé à son chef de gouvernement, Garry Conille, de mettre sur pied une commission indépendante pour faire la lumière sur le dossier.
« Je n’étais pas en Haïti, mais à travers la presse j’ai entendu les décisions à la hâte qui ont été prises par les députés et les sénateurs. Je les comprends. Je pense de même que « trò prese pa fè jou louvri », la demande de renvoyer des ministres n’est pas une bonne chose pour le pays et ne va non plus gérer le problème », a avancé le président Martelly à l’aéroport international Toussaint Louverture, où il a été accueilli par des centaines de sympathisants.
Selon M. Martelly qui se dit ouvert au dialogue, pour sortir de cette crise, il faut identifier le problème, puis le solutionner dans le calme afin d’éviter que pareille situation ne se reproduise à l’avenir. « C’est de cette façon qu’on bâtit un pays et fait avancer la démocratie. La route pour l’établissement de l’Etat de droit est belle, mais longue et glissante », a-t-il dit. De Miami, le locataire du palais national a fait savoir qu’il s’était entretenu avec plusieurs sénateurs sur la crise née de l’arrestation du député Bélizaire.
De l’avis du chef de l’Etat, ce qui s’est passé avec l’affaire du parlementaire doit servir de leçon, sans préciser à qui cela doit profiter. « Nous devons apprendre à vivre ensemble, chacun dans ses limites », a-t-il poursuivi. Pour essayer de comprendre ce qui s’est réellement passé, Michel Martelly a demandé au Premier ministre Garry Conille, en plus de former une commission indépendante, mais aussi de l’informer régulièrement. « Chaque député et chaque sénateur est important pour la démocratie…Il faut, dans un esprit de respect mutuel, faire la lumière sur ce qui s’est passé », a exigé le président.
Martelly appelle au calme
« Peuple haïtien, pour reprendre une déclaration du général De Gaulle, je vous ai compris. Et j’apprécie beaucoup votre calme et votre détermination à ce que le pays reste dans la paix », s’est félicité Michel Martelly. Pour le locataire du palais national, pendant l’incident qui a conduit à l’arrestation de député la population s’était bien comportée.
Encore une fois, Michel Martelly a promis une Haïti plus belle et plus forte, tout en appelant tous les secteurs au calme, alors que le pays est classé 158e sur 187 pays dans le dernier rapport sur l’indice de développement humain du PNUD. Le président a indiqué qu’il va parler cette semaine d’autres sujets. « Cette semaine, j’aimerais parler de progrès : l’aéroport qui va être en chantier dans les jours qui viennent, des enfants qui vont à école cette année pour la première fois… », a-t-il étalé, entre autres.
Le président promet de laisser Conille gouverner et invite la population à sept jours de jeûne
Il semble que quelqu’un ait tiré les oreilles du président sur son omniprésidence. Après avoir joué la vedette dans l’installation des ministres et des directeurs généraux en effaçant totalement le chef du gouvernement, Michel Martelly a promis de laisser gouverner Garry Conille. « De la même façon que je l’avais fait pour le dossier de l’éducation, je vais retirer sur moi les projecteurs…je vais laisser le Premier ministre gouverner. La meilleur façon d’avancer, c’est de se mettre ensemble », a-t-il dit.
Michel Martelly a appelé la population à la prière et au jeûne pour soulager ses souffrances et rechercher l’unité. « Je demande à tous les secteurs religieux, aux croyants de prier pour eux-mêmes, pour le pays, afin de changer d’attitude, pour les trois pouvoirs afin qu’ils puissent bien conduire le pays », a-t-il conseillé.
Le chef de l’Etat a demandé aux églises, péristyles, temples de laisser leurs portes ouvertes afin que des gens puissent y venir méditer « pour avoir une autre Haïti ». Il a appelé à sept jours de jeûne qui devraient débuter ce vendredi.
Martelly dit être en bonne santé
« Je suis de retour et je vais bien. J’ai subi une opération chirurgicale à l’épaule gauche où j’avais de fortes douleurs au niveau de l’articulation depuis plus de cinq ans », a déclaré le président Martelly à son retour de Miami. Il a dit souffrir de cette même douleur à l’épaule droite. Une malformation due à ses activités de musicien. « Le président est en santé. Il est de retour pour poursuivre son travail », a clamé Michel Martelly.
Plusieurs centaines de sympathisants du chef de l’Etat lui ont réservé un accueil chaleureux à l’entrée du salon diplomatique de l’aéroport international Toussaint Louverture, comme pour montrer que Michel Martelly est encore populaire et peut mobiliser des foules.
Robenson Geffrard
rgeffrard@lenouvelliste.com

 

A Haïti, Michel Martelly appelle au calme et nie toute responsabilité dans l’affaire du député arrêté

Le président haïtien Michel Martelly, à l'aéroport, de retour de son hospitalisation aux Etats-Unis, le 3 novembre 2011.

Le président haïtien Michel Martelly, à l’aéroport, de retour de son hospitalisation aux Etats-Unis, le 3 novembre 2011.

REUTERS/Swoan Parker

Par RFI Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron

Après une hospitalisation aux Etats-Unis, le président d’Haïti Michel Martelly est revenu à Port-au-Prince ce jeudi 3 novembre 2011 dans un contexte politique délicat. Suite à l’arrestation illégale durant quelques heures, d’un député la semaine dernière, les parlementaires ont dénoncé des dérives dictatoriales du chef de l’Etat. Mais Michel Martelly nie toute implication dans cette affaire et appelle au calme.

Michel Martelly, le bras en écharpe après son opération chirurgicale à l’épaule, a assuré dès son arrivée à l’aéroport ce jeudi 3 novembre qu’il n’était pas responsable de l’arrestation, il y a une semaine, d’Arnel Bélizaire, un député qui l’avait insulté et menacé trois semaines auparavant. « La présidence n’a rien à voir dans ce qui s’est passé, de près comme de loin », a insisté le président haïtien.

Calme, le président a donc expliqué en créole que la précipitation et les décisions prises sous le coup de l’émotion sont improductives. Il demande une enquête approfondie sur cette affaire. « Je pense que se précipiter pour réclamer le départ de ministres, ce n’est pas une bonne chose pour le pays et ce n’est pas ça qui peut arranger ce problème, a-t-il déclaré. Avant tout, il faut se poser, chercher à comprendre ce qui s’est passé, comment cela s’est passé, pourquoi cela s’est passé ainsi pour que cela n’arrive plus. C’est pourquoi, pour que le président prenne une bonne décision, j’ai demandé au Premier ministre de mettre sur pied une commission indépendante pour me faire un rapport sur tout ce qui s’est passé ».

Jeudi dernier, Arnel Bélizaire avait été arrêté à sa descente d’avion après un voyage officiel en France. Il avait passé une nuit en prison avant d’être libéré vendredi devant le tollé soulevé par son interpellation. Après sa libération, des parlementaires avaient exigé la démission de plusieurs ministres.

A la sortie de l’aéroport ce jeudi, plusieurs centaines de partisans de Michel Martelly ont salué le retour du président dans une ambiance de carnaval. La semaine dernière, au même endroit, la foule insultait le chef de l’Etat et l’accusait d’être un dictateur.

 

Martelly tente de calmer le jeu et nie toute responsabilité dans l’affaire Bélizaire

Rentré précipitamment de son voyage de santé aux Etats-Unis, le chef de l’Etat, accueilli à l’aéroport par des dizaines de partisans, a, sur un ton modéré très peu familier, exhorté les parlementaires au dialogue et à l’unité, annoncé la formation d’une commission d’enquête indépendante sur l’arrestation du Député Arnel Bélizaire et sollicite des secteurs religieux un jeûne national de sept jours ; des autobus Dignité mobilisés pour transporter les manifestants

Publié le jeudi 3 novembre 2011

Le Président Michel Martelly a décliné toute responsabilité dans l’arrestation arbitraire, la semaine dernière, du Député Arnel Bélizaire, à l’origine d’une crise politique majeure en Haïti, et a proné la paix et le dialogue que doivent concrétiser sept jours de prière tout en annonçant la création d’une commission d’enquête indépendante sur les événenements, jeudi matin à son retour d’un séjour médical aux Etats-Unis.

« De près ou de loin, la Présidence n’a rien à voir avec ce qui s’est passé », a déclaré en réponse à une question de Radio Kiskeya le chef de l’Etat, lors d’une conférence de presse à l’aéroport international Toussaint Louverture au cours de laquelle il est apparu avec le bras gauche en écharpe, conséquence d’une opération subie à l’épaule à Miami.

Martelly a été accueilli par des dizaines de partisans enthousiastes transportés pour la plupart à bord d’autobus de la compagnie d’Etat Dignité et qui arboraient des photos de leur leader et des t-shirts à son effigie en criant « vive Tèt Kale » (crâne rasé, surnom politique du Président).

Ils exigeaient aussi que son mandat de cinq ans aille à son terme sans pour autant ignorer la nécessité d’un compromis entre le pouvoir et l’institution parlementaire en vue d’assurer la gouvernabilité d’Haïti.

Evitant soigneusement de citer le nom d’Arnel Bélizaire avec qui il est en conflit ouvert, M. Martelly, qui juge précipitée la décision des parlementaires d’exiger le renvoi de certains membres du gouvernement, informe avoir demandé au Premier ministre Garry Conille de mettre sur pied une commission indépendante chargée de faire la lumière sur les différentes étapes du dossier.

Il n’a toutefois annoncé aucune sanction contre les éventuels coupables.

« Renvoyer certains ministres, ce n’est pas une bonne chose pour le pays au moment où le gouvernement commence à peine à travailler », a poursuivi avec une rare sérénité le dirigeant haïtien flanqué du Premier ministre Conille et du ministre de l’intérieur et de la défense nationale, Thierry Mayard Paul, alors que la tête de celui-ci est réclamée par la Chambre des Députées pour son implication dans l’arrestation suvie de la brève détention du représentant de la circonscription de Delmas/Tabarre (banlieue est-nord de la capitale).

Le ministre de la justice, Josué Pierre-Louis, et le secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, Michel Brunache, tous deux sous le coup d’une interpellation ce jeudi au Sénat, sont également dans le collimateur des Députés, en compagnie du chef a.i du parquet de Port-au-Prince, Félix Léger.

Contraint d’écourter son voyage aux Etats-Unis qui devait prendre fin dimanche, Michel Martelly a beaucoup insisté sur la nécessité de maintenir un climat de concorde et d’unité nationale nécessaire au processus de développement, félicité la population pour son calme ces derniers jours et appelé à une semaine nationale de jeûne à compter de vendredi.

Les chefs religieux, toutes tendances confondues, sont invités à prier pour le pays et ses dirigeants dans une perspective de réconciliation nationale et de reconstruction, a suggéré le chef de l’Etat.

Deux militants Lavalas présents dans l’aire de l’aéroport, Lesly Fareau et Franco Camille, ont assimilé le rassemblement pro-Martelly programmé aux anciennes pratiques duvaliéristes tout en estimant que la cote de popularité du Président était en chute libre. spp/Radio Kiskeya

 

Affaire Bélizaire :

Me. Félix Léger n’entend pas démissionner

Vision 2000 / jeudi 03 novembre 2011 à 15:34

Le commissaire du gouvernement près le tribunal de première instance de Port-au-Prince a indiqué ce matin n’avoir nullement l’intention de se démettre de ses fonctions.

« J’ai agi conformément à la loi dans le dossier du Député Arnel Bélizaire », a déclaré le Me. Félix Léger

« S’il faut prouver le contraire, c’est un tribunal qui doit le faire », fait savoir le chef du Parquet.

 

Le Sénat haïtien vote contre l’embargo américain sur Cuba

04/11/2011 06:53:00 Auteur(e) La Redaction

Le Sénat haïtien a voté ce 3 novembre 2011 une résolution en faveur de la levée du blocus économique, commercial et financier américain contre Cuba.
Les sénateurs estiment que la levée de ce blocus « injuste et injustifié » aura des incidences positives sur la région caribéenne.
EL/LM

 

Installation du nouveau Directeur Général à l’Office Nationale des Postes

04/11/2011 08:40:03

Haïti - Politique : Installation du nouveau Directeur Général à l’Office Nationale des Postes M. Jean Ernest Paul a été installé cette semaine à la tête de l’Office Nationale des Postes, le Professeur Wilson Laleau, Ministre du Commerce et de l’Industrie, qui a procédé à cette installation, a déclaré dans son allocution «… la crise économique financière et sociale que traverse le monde d’aujourd’hui, a des impacts profonds sur le secteur postal. Elle fragilise les modèles de développement et l’équilibre économique des opérateurs postaux et plus particulièrement, des opérateurs postaux publics des pays en développement, qui, faute de moyens adéquats, font face à d’énormes difficultés pour s’adapter à la nouvelle conjoncture postale, caractérisée par la mondialisation de l’économie, la libération des marchés et l’utilisation des technologie de l’information et de la communication.
Les opérateurs publics, qui maintiennent le cap dans cet environnement postal en mutation constante, sont ceux qui ont pu se doter de ressources humaines, matérielles et technologiques suffisantes, indispensables au renforcement et à la modernisation de leur structure.
Dans le cas d’Haïti, l’Office des Postes, entreprise publique s’il en est, dont l’une des principales attribution, consiste à fournir des services de proximités aux citoyens, n’a jamais pu depuis sa création, se hisser à la hauteur des ambitions qui devraient être les siennes, confrontée à des difficultés de tout ordre, pour remplir convenablement sa mission. Les carences dont souffre cette institution, constituent un obstacle majeur à sa modernisation et à sa dynamisation, conditions essentielles au développement durable des services postaux.
Mesdames, Messieurs,
Le monde change, le secteur postal avec lui. Des enseignements clairs tirés des différents débats sur la crise postale mondiale, ont montré que les éléments clés de réussite pour le secteur postal, sont l’innovation, la diversification et la régulation. Aussi, pour être efficace, les postes doivent évoluer pour correspondre à la réalité du secteur postale d’aujourd’hui et pour en anticiper les évolutions. C’est dans ce contexte particulièrement difficile, que vous allez prendre, Monsieur le Directeur Général, les rênes de l’Office des Postes d’Haïti, la tâche est immense, mais elle n’est pas insurmontable. Vous allez devoir vous atteler à la restructuration de l’Office des Postes d’Haïti, pour en faire une entreprise moderne, capable d’apporter une contribution soutenue au développement économique du pays…»

Dans son allocution d’installation, M. Jean Ernest Paul, le nouveau Directeur Général de l’Office des Postes d’Haïti a souligné
«… il y a de cela une vingtaine d’années, l’administration postale haïtienne  se mesurait avec les meilleurs administration postale de la région, je veux parler de la région de l’Amérique Central, des Caraïbes et ceci, selon les dires des experts de l’Union Postale Universelle et de l’Union postale des Amériques, de l’Espagne et du Portugal.
Nous sommes appelés à collaborer avec des institutions naturelles, telles que les douanes, la DGI, la banque, les archives nationales, la téléphonie, car aujourd’hui, c’est avec l’amplification de ses collaborations, que nous pouvons accomplir notre mission, celle de moderniser cette institution. Pour ce faire, il va falloir poursuivre et amplifier le processus de formation des cadres de la Poste, beaucoup, d’entre eux sont partis, d’autres ne sont plus à la Poste à cause de circonstances, peut-être indépendantes de leur volonté. Nous devons compter également aussi sur la coopération externe de l’Union Postale Universelle et de l’Union Postale des Amériques, de l’Espagne et du Portugal, deux institutions internationale très sérieuse dans leur coopération avec les postes…»

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3352-haiti-reconstruction-les-services-postaux-s-ameliorent.html
http://www.haitilibre.com/article-517-haiti-service-public-ouverture-de-la-nouvelle-poste-centrale.html
http://www.haitilibre.com/article-562-haiti-service-publique-la-poste-et-le-transfert-d-argent.html
http://www.haitilibre.com/article-529-haiti-service-public-inauguration-du-nouveau-centre-de-tri-postal.html
S/ HaïtiLibre

 

Formation de la fonction publique territoriale…

04/11/2011 13:59:43

Haïti - Éducation : Formation de la fonction publique territoriale...Hier Jeudi, au cours d’un atelier sur les travaux effectués par la Mission de la Direction des Collectivités des Territoriales (DCT) et la mission du Centre National de la Fonction Publique Territoriale de France (CNFPT), Jean Fritz Jean-Louis, Secrétaire d’État des collectivités territoriales, s’est dit très intéressé par la la création d’un centre national de formation de la fonction publique territoriale.
«… La décentralisation  doit passer d’abord par l’éducation » a soutenu le Secrétaire d’État «… notre objectif, c’est d’arriver à mettre sur pied ce que j’appelle un centre de formation municipale, […] ce sera une école en mesure de former des cadres pour la fonction publique municipale. Aujourd’hui, nous pensons que nous avons le devoir de sécuriser les emplois au niveau des collectivités territoriales. Parce qu’il y a une chose qui est plus ou moins normale, c’est que la population paie à chaque fois, qu’il y a un changement au niveau des cartels, soit par élections peut importe de la façon… des cadres qui ont passé des années et des années à leur postes ne sont plus là un bon matin et la population se retrouve alors, avec des personnes qui font un apprentissage sur le tas…
Nous pensons qu’aujourd’hui, la politique doit donner le ton, mais nous pensons aussi que la technique à sa place dans le changement que nous prônons. C’est pour ça que nous allons essayer de donner à la technique, une certaine place, pour que des personnes qui sont capables de rester, reçoivent le respect qu’elles méritent… […] aujourd’hui, la principale activité [de l’atelier] a été une évaluation des métiers qui se pratiquent à l’intérieur des collectivités territoriales. Nous sommes en train de faire un inventaire de ces professions, de voir s’il est possible d’avoir une fiche pour leur formation, voir le niveau des gens que nous avons besoin à ces postes, quel cursus ces personnes doivent suivre, pour nous assurer, que lorsqu’il y a des travaux à faire au niveau des collectivités territoriales, ils soient fait par des gens qui sont prêt à maîtriser le domaine d’intervention. »

HL/ HaïtiLibre

 

Haïti: il y a un an, le choléra

Agence Science-Presse, le 4 novembre 2011, 11h05

Disparu des manchettes, mais pas éradiqué : le choléra, un an plus tard, continue de tuer en Haïti.

Depuis un an : un demi-million de malades, dont la moitié ont nécessité une hospitalisation, et au moins 6500 morts. D’ici un an : peut-être un autre quart de million de cas, selon l’Organisation mondiale de la santé et l’Organisation de santé pan-américaine.

Ça fait d’Haïti le lieu avec le plus haut taux de choléra au monde, et ça pourrait devenir la première cause de décès par maladies infectieuses dans un pays qui ne manquait pourtant pas de causes de décès.

Les progrès sont malgré tout notables : au début de l’épidémie, l’an dernier, 9% des gens atteints en mouraient, estime Médecins sans frontières (MSF). Aujourd’hui, parce qu’on peut les soigner plus vite, le taux de décès est tombé à 1% dans la capitale, Port-au-Prince, mais en campagne, les estimations varient encore entre 5 et 10%.

Pour MSF, l’étape suivante, sur laquelle tout le monde semble s’entendre, serait une vaccination massive. Cela, depuis qu’un nouveau vaccin, moitié moins cher que celui traditionnellement utilisé (1,85$ par dose) a été approuvé par l’Organisation mondiale de la santé, le 29 septembre. Le Shanchol a passé le stade des essais cliniques en Inde, auprès de 70 000 personnes, où il aurait atteint un taux d’efficacité de 67%.

Mais les Haïtiens devront être patients :

  • dans un premier temps, il s’agira d’administrer deux doses, séparées par six mois. Ça doit commencer au début de 2012, auprès de deux petits groupes-tests totalisant une centaine de personnes, dont la moitié à Port-au-Prince.
  • dans un deuxième temps, le fabricant, basé en Inde, ne peut offrir que 200 000 doses (donc, assez pour 100 000 personnes), ce qui pourra tout au plus démontrer aux autres pays, qui en bénéficieront dans les années à venir, que le vaccin est effectivement efficace.

Bref, dans l’intervalle, les campagnes de sensibilisation sur la qualité de l’eau et la construction d’installations de purification de l’eau, ont intérêt à se poursuivre en Haïti, parce qu’elles rapporteront beaucoup plus que ce vaccin. Et pour ça, insistent encore les organismes d’aide, il faut des dons, parce que le ministère haïtien de la Santé n’a pas les moyens de gérer ça par lui-même.

Quant à l’origine de cette épidémie de choléra vieille maintenant d’un an, il faut rappeler qu’elle ne semble plus faire de doute : la souche de la maladie pointe les soldats du Népal, de la force de paix des Nations Unies. La maladie est vraisemblablement passée de leur campement à l’extérieur par l’eau —ce, dans un pays qui n’avait plus connu un seul cas de choléra depuis plus d’un siècle

 

IRIN film: Survivantes de viol en Haïti

NAIROBI, 4 novembre 2011 (IRIN) – Plus de 18 mois après le tremblement de terre qui a frappé Haïti en janvier 2010, les femmes et les jeunes filles qui vivent dans les camps de fortune demeurent vulnérables aux violences sexuelles. 

Le dernier film d’IRIN suit Shirley Christoff, une victime de viol, alors qu’elle tente de reconstruire sa vie dans un campement délabré de Port-au-Prince. Comme des milliers d’autres femmes, Mme Christoff craint constamment pour sa sécurité. ?

Les organisations des droits de l’homme indiquent que le manque de sécurité explique en grande partie le taux élevé de viol tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des camps de déplacés internes. Selon Amnesty International, plus de 250 cas de viols dans plusieurs camps ont été signalés au cours des 150 premiers jours qui ont suivi le tremblement de terre.

Survivantes de viol en Haïti suit l’une de ces survivantes, Shirley Christoff, alors qu’elle tente de reconstruire sa vie dans un campement délabré de Port-au-Prince

Regarder le film en anglais (ctrl+clic)

Les violences sexuelles et les actes de violences sexistes étaient généralisés en Haïti avant le tremblement de terre. Dans les années 1990, l’organisation humanitaire Human Rights Watch (HRW) avait montré l’utilisation du viol en tant que forme d’oppression sous le régime de Raoul Cédras. Le Conseil de sécurité des Nations Unies a estimé que 35 000 femmes et jeunes filles ont été victimes de viols et de violences sexuelles entre 2004 et 2006.

« Quand on a été victime d’un viol, on n’a plus nulle part où aller, on retourne au camp et on doit faire face à la personne qui vous a violé », a dit Mme Christoff. Les postes de police et les tribunaux ayant été réduits en ruines au cours du tremblement de terre, les quelques mécanismes de protection qui existaient auparavant ont été détruits. ??

Selon Amnesty International et HRW, la réponse humanitaire et gouvernementale aux violences sexistes après le tremblement de terre a été totalement inadaptée. Alors que des efforts étaient déployés pour satisfaire les besoins fondamentaux, le droit des femmes et des filles à être protégées des violences sexuelles n’a guère reçu d’attention. Les victimes de violences sexuelles ont décidé de prendre les choses en main, avec le soutien de deux organisations locales qui ont fourni de l’aide à des milliers de femmes. Le premier mécanisme de réponse d’urgence aux violences sexuelles a été mis en place en octobre et un centre d’appel a déjà enregistré 400 cas de viols.

Ce court-métrage est le dixième d’une série de films consacrés à la question du déplacement, « Fuite forcée ». D’autres films de la série s’intéressent au Changement climatique en Bolivie, aux migrants africains en Israël et aux sans-abri d’Haïti.

mg/og

 

Autour de la reconstruction du palais national

Les ruines du palais national et les tentes plantées depuis après le séisme du 12 janvier

    

Les ruines palais national

(Photo: James Alexis)

19 mois et une poignée de jours après le séisme du 12 janvier, le gros des ruines du palais national est encore là. Les tentes sales et les sinistrés d’en face aussi, lesquels se débrouillent comme ils le peuvent pour survivre dans une royale indifférence quant à la reconstruction ou non de la résidence officielle du chef de l’Etat.
« Le palais national, c’est la maison des tentations pour les politiques. Je m’en fiche qu’on le reconstruise ou pas », jette Paul, 26 ans, chômeur, champion de ces discussions au Champ de Mars où l’on tue le temps. « J’attends de l’argent pour louer une maison », confie Jacqueline Jean, 39 ans, mère de six enfants.
Installée, explique-t-elle, dans les parages du Marron inconnu, cette femme, forte, regard perçant et discours articulé, souhaite avoir de l’argent pour se relancer dans le commerce. Elle aussi se fout de la reconstruction du palais national.
Sur la même longueur d’ondes, un conseiller du président Michel Joseph Martelly révèle que « la reconstruction du palais national n’est pas la priorité du moment ». « La priorité, enchaîne-t-il, c’est la population et les sinistrés qui vivent dans les camps ».
Cependant, il souligne que les bâtiments publics détruits lors du séisme seront reconstruits. « Le Parlement, le palais de justice et celui des ministères seront reconstruits afin de permettre à l’Etat de bien fonctionner », assure ce conseiller de Martelly, qui révèle aussi qu’une unité attachée à la Primature travaille sur ce dossier avec des experts de la présidence.
Un devoir et un projet national
La reconstruction du palais national est un devoir, même si de nombreuses personnes croient que ce n’est pas une priorité quand on regarde la situation des gens qui vivent sous des tentes, affirme le colonel Himmler Rébu du Greh. Cette reconstruction doit intervenir en son temps et devra être un projet national, conseille Rébu, tranchant, en ajoutant que « laisser le palais dans cet état est un acte grave ». « C’est comme, compare-t-il, conserver chez soi le cadavre d’une personne pour qui on avait beaucoup d’affection ».
Le séisme du 12 janvier est une réalité. Il faut en finir avec les travaux de démolition et laisser ce moment dramatique, tout en tirant les leçons de nos erreurs, ajoute Himmler Rébu, l’un des rares politiques à avoir pensé à la question.
« Tout monument est une condensation de sens », rappelle Hérold Toussaint, psychologue, sociologue, qui s’interroge sur le rapport de l’Haïtien avec ce monument et avec la mémoire de ce monument aujourd’hui en ruine.
L’ISPAN, le 20 juin 2010, grâce à un financement de l’ordre de 20 millions de gourdes, avait lancé le chantier de restauration du palais national. La première phase de cette opération, appelée « mesures conservatoires », a été effectuée et elle a permis, selon ce qu’avait confié Daniel Elie de l’ISPAN, de sortir des décombres des objets d’art, le mobilier, les luminaires.
Les hommes de l’ISPAN ont dégagé sous les décombres, du 1er au 3 octobre 2010, le buste en bronze de Toussaint Louverture, oeuvre d’Edmond Laforestrie, qui se trouvait à l’entrée du bureau officiel du président de la République. Cette oeuvre d’art échappe ainsi une seconde fois à une catastrophe affectant le siège du gouvernement de la République après l’explosion du palais national le 8 août 1912, qui coûta la vie au président Cincinnatus Leconte et à 200 personnes, selon Daniel Elie.
Si certains s’impatientent face à la durée des opérations de l’ISPAN qualifiées de « délicates », de « dangereuses », à l’indifférence du président Michel Joseph Martelly, on s’achemine tranquillement vers le second anniversaire du séisme du 12 janvier 2010. Et les journalistes du monde, qui seront envoyés en Haïti, trouveront dans les ruines encore debout du palais national la parfaite illustration des ratés de la reconstruction et d’un peuple dépendant, croupissant dans une misère qui « s’ossifie » au Champ de Mars, la plus grande place publique de la capitale.
Roberson Alphonse
ralphonse@lenouveliste.com

 

A combien s’élève la dette des Etats-Unis et du monde envers Haïti?

Inspiré par Ted Widmer, directeur de la John Carter Brown Library à Brown University, et par un chercheur auprès de la New America Foundation pour la protection des Trésors culturels en Haïti, «Sauver les bibliothèques d’Haïti».

Cela fait plus de deux siècles que Saint-Domingue (aujourd’hui Haïti ) aida à financer la Révolution américaine, et en 1804, ce pays devient la deuxième plus ancienne nation de l’hémisphère occidental, après les Etats-Unis d’Amérique qui, eux acquirent leur indépendance en 1776. Avant même de prendre son indépendance de la France, Haïti, tant socialement que culturellement, était le plus riche pays des Amériques. Quand on considère ce qui est en train de se passer dans ce pays actuellement, il est temps de se souvenir d’Haïti, et de reconnaître que les Etats-Unis n’auraient peut-être pas existé n’était l’aide fournie par cette nation-île de la Caraïbe. Il fallait de l’argent pour acheter les matériel de guerre qui a contribué aider les Etats-Unis à prendre leur indépendance de l’Angleterre. Cette assistance vint de la France, car il était nécessaire de battre les Anglais afin de protéger la relation lucrative de celle-ci avec Saint-Domingue et les 13 colonies. Au début du XVIIIe siècle, Haïti était la plus riche colonie du monde. Le Cap-Français (aujourd’hui Cap-Haïtien) était plus vaste que Boston, et figurait parmi les villes les plus cosmopolites de l’hémisphère occidental. Sa culture et sa sophistication rivalisaient avec celles de n’importe quelle autre ville des Amériques. Une grande diversité de spectacles était présentée dans les nombreux théâtres du pays. Le Théâtre Cap-Français pouvait à lui seul accueillir plus de 15 000 personnes. En avance de plus d’un demi-siècle sur Boston, même les clubs privés de Saint-Domingue rivalisaient avec ceux des colonies. Les orchestres symphoniques et les cabarets étaient légion. Comme le dit si bien une expression française, Saint-Domingue était connue comme étant «aussi riche qu’un créole». Haïti exportait du café, du cacao, du sucre, du coton et biens d’autres denrées.
Les échanges avec Saint-Domingue totalisaient plus d’un tiers du commerce extérieur de la France. Au cours des années 1700, un Français sur 8 en France vivait de ce commerce. A la même époque, Saint-Domingue générait plus de revenus que la totalité de l’empire espagnol dans les Amériques. Cependant, pour parvenir à ce niveau de prospérité, Saint-Domingue dut importer plus d’esclaves africains pour travailler sur les plantations qui constituaient la base même de l’économie. L’esclavage était cruel et quasi généralisé, avec environ un demi-million d’esclaves gérés d’une main de fer par un mélange de familles françaises, mulâtres et autres qui cherchaient à s’enrichir. Ni les Français, ni les colonies ne voulaient perdre cette Perle des Antilles. Inquiétés par la possibilité que les Anglais se saisissent de Saint-Domingue, ils entretenaient des agents clandestins, fournissant 9 milliards de dollars d’appui financier et militaire à leur cause. Cet appui ne devint plus disponible cependant, avec la bataille de Yorktown qui mit fin à la guerre de l’indépendance américaine. Le rôle que joua Haïti fut décisif, lorsque les Haïtiens se battirent aux côtés des colons à Savannah en 1776. Haïti servit de point de transit vital pour les soldats, armes et munitions (poudre à canon) envoyés par la France aux patriotes. Mêmes les ingénieurs militaires et canons que la flotte française fournit pour la victoire à Yorktown avaient transité par Haïti. La France fut en mesure de prêter de l’argent à ces colonies nouvellement indépendantes grâce aux énormes profits qu’elle avait réalisés à Saint-Domingue. La décennie 1770 et 1780 fut la plus prospère pour Saint-Domingue grâce au labeur des esclaves importés d’Afrique. L’argent qui permit à ces anciennes colonies de survivre vint des prêts négociés par Benjamin Franklin et John Adams, à Paris, capitale de la France. La réussite dépendit des esclaves haïtiens qui le rendirent possible. Les mots immortels de Samuel Adams résonnèrent comme un avertissement: «Nous faisons un tort au peuple haïtien et finalement à nous-mêmes, si nous ne nous rappelons pas leur contribution à l’Amérique créée par des centaines de milliers d’Africains en esclavage en Haïti, qui sont morts pour notre cause.» La cause colonialiste en dernier lieu fusionna avec celle des Haïtiens. Les prêts accordés à l’Amérique affaiblirent l’économie française à un degré tel qu’une autre révolution éclata à Paris. La révolte des esclaves éclata en Haïti, les Haïtiens prenant leur indépendance de la France en 1804. Cette victoire est en partie due au fait que le régiment polonais du corps expéditionnaire envoyé par Napoléon prit cause pour les Haïtiens pour expulser les Français. Des rappels de cette épopée subsistent de nos jours dans les villages haïtiens de Cazale dans le département de l’Ouest, et Fonds-des-Blancs dans le département du Sud. Haïti devint ainsi le deuxième pays de l’hémisphère prendre son indépendance, quelque 28 ans après l’indépendance américaine en 1776. Le parcours d’Haïti depuis lors fut ardu, car ce pays dut surmonter des difficultés plus grandes que celles auxquelles firent face les colonies américaines, notamment l’opposition de presque toutes les nations de la terre, incluant les colonies elles-mêmes. Sous John Adams, le commerce avec les colonies était florissant et il existait même un certain soutien pour le nouveau chef de Saint-Domingue, Toussaint Louverture. Les supporters de Louverture à leur tour commencèrent même à appeler les Américains les «bons Blancs». En 1804, un journal de Boston, le Colombian Sentinel, écrivait sur Haïti : «Leur situation n’est pas différente de celle du peuple des Amériques entre 1778-1800.» Mais, en 1806, l’administration de Thomas Jefferson imposa un embargo sur l’ensemble du commerce avec Haïti. Cet épisode mit fin aux espoirs de prospérité dans le cadre de son rôle de première République noire indépendante du Nouveau Monde; Haïti survécut à la plus grave crise de son histoire. Les Etats-Unis ont fait l’impasse sur cette histoire, tout comme d’autres nations. C’est une histoire obscurcie et enterrée dans de vieux journaux et articles français. Les Etats-Unis devraient se rappeler de quelque chose d’autre également : les Haïtiens ont combattu avec tant de ténacité pour leur indépendance que Napoléon fut obligé de stopper ses entreprises internationales et vendre la Louisiane-au coeur de ce que sont aujourd’hui les Etats-Unis – à Thomas Jefferson pour la somme de 15 millions de dollars, grâce à Haïti. Ceci cependant n’est pas tout. Combien d’Américains se souviennent qu’ils ont été émus par les écrits de John James Audubon ou de W.E. Dubois, ou encore par le fondateur de Chicago, Jean-Baptiste Point du Sable.
?
Fini ce pays autrefois désigné «Perle des Antilles. Haïti est maintenant une terre de survie. Le rire et la danse ont été remplacés par la raillerie et la colère. Le pays le plus pauvre de l’hémisphère occidental n’a jamais pu prendre son souffle. Il est temps que les Américains et le monde entier sachent comment Haïti a contribué à «Sauver l’Amérique». On dit toujours que la liberté n’est pas gratuite. Ne devrions-nous pas montrer comment les Haïtiens chérissent cette liberté en remboursant la dette que nous avons envers les descendants d’un peuple dont le sang, la sueur et les larmes ont aidé les Etats-Unis à devenir ce qu’ils sont aujourd’hui ?
Stanley Urban

 

Dehors Ti-Pon

(Photo: archives)

Journal de Montréal / Publié le 3 Novembre 2011

Ti-Pon, le chef du gang de la rue Pelletier, a été expulsé vers Haïti le 17 octobre dernier. Malgré ses tentatives pour éviter l’expulsion pour des motifs humanitaires, l’homme de 40 ans, qui avait un statut de résident permanent, avait été condamné à une peine de prison de plus de 10 ans pour ses activités criminelles. Il était considéré comme le chef d’une bande d’importateurs et de revendeurs de cocaïne de Montréal-Nord.

(Source : Journal de Montréal)

 

Il était une fois un président fou en Equateur

Le Nouvelliste / Samedi 29 octobre 2011 par Mirvaldy B. Joseph

En 1996 l’Equateur a fait l’expérience d’un président mentalement déséquilibré, Abdala Bucaram Ortiz.
Son charisme, l’un des facteurs qui l’ont porté à la présidence, s’est construit sur la base de réussites personnelles dans des domaines complètement étrangers à la politique. Ses dons de chanteur et de guitariste ont contribué à sa popularité.
Ce qui distinguait Bucaram des autres hommes politiques, fut sa vulgarité hilarante, qui joue avec une représentation du bonheur à travers un spectacle, une grande fête musicale : sa campagne politique. Celle-ci était marquée par de grands rassemblements populaires, de grandes kermesses qui animaient le village ciblé. Lui-même chantait, dansait et animait la foule. Ce succès n’aurait pu avoir lieu sans la persévérance dont Bucaram faisait preuve dans sa lutte pour détruire les élites au pouvoir. En parlant d’eux, il prenait une voix efféminée et exagèrait dans ses gestes…
Arrivé à la Présidence, fidèle à son style de vie et à la manière de traiter son entourage, Bucaram a vu sa popularité se dégrader en quelques mois. En août 1996, 24% de la population était contre lui. En janvier 1997, un mois avant les manifestations qui réclamaient sa destitution, 87% du pays était contre lui. Très tôt, il utilisa les médias, et notamment la télévision, pour glorifier sa personne. Il semblerait que « en étant toujours présent à la télévision, à la radio et dans la presse, Bucaram a essayé de construire son image comme événement politique central.
Ses gestes et son langage, jugés vulgaires, ont irrité les secteurs-clés qu’un président équatorien doit garder près de soi pour rester au pouvoir : certains industriels, les militaires, l’Église catholique et les journalistes de haut niveau. Ces derniers participent à la formation de l’opinion publique. Pour la première fois dans l’histoire d’Equateur, les journaux, les stations de radio et les chaînes de télévision les plus prestigieux se sont montrés complètement opposés à un président.
Ce dernier fut déstitué le 14 Février 1997 par le Parlement équatorien six mois après son arrivée au pouvoir soit le 19 Aoút 1996, suite à ses agissements indignes d’un chef d’état et son incapacité physique et mentale à exercer le pouvoir. Le personnage de Bucaram est pour certains un paradoxe vivant. Son côté généreux et « proche du peuple » était en conflit permanent avec un égoïsme profond, motivé par la recherche de la satisfaction de ses propres intérêts et de ceux de sa famille.
Ayant fui au Panama après cette décision radicale du Parlement équatorien, Bucaram est considéré aujourd’hui comme un fugitif et est recherché par la justice de son pays pour les torts causés et pour avoir induit des électeurs équatoriens en erreur.

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