mercredi 09 novembre 2011

9 Nov

Affaire Bélizaire :

Premières auditions de la Commission Sénatoriale, prévues aujourd’hui

09/11/2011 11:19:57

Haïti - Affaire Bélizaire : Premières auditions de la Commission Sénatoriale, prévues aujourd’huiLe Sénateur François Anick Joseph (OPL), Secrétaire-rapporteur de la Commission sénatoriale, composée de 5 membres (les Sénateurs : John Joël Joseph, Jean William Jeanty, Andrys Riché, Dieuseul Deras Simon et François Anick Joseph) chargée d’identifier et de déterminer les responsabilités de personnes impliquées dans l’arrestation du Député Bélizaire, a fait savoir que la dite Commission est au travail et qu’une liste de 19 personnalités, comprenant entre autres, des membres du pouvoir législatif, a été dressée et que les auditions, devraient débuter ce mercredi.
Il estime que la Commission devrait commencer a analyser les données recueillies dans la perspective de la rédaction de son rapport, au début de la semaine prochaine. Toutefois, ce rapport, [faute de temps suffisant] pourrait ne pas être prêt pour la séance d’Interpellation du 15 novembre.
Dans cette éventualité, Jean Rodolphe Joazile, le Président du Sénat a déclaré que la rapport n’était pas essentiel à la tenue de la séance d’interpellation (!) Des propos pour le moins surprenant et contradictoire, puisque le report de la séance de samedi dernier au 15 novembre, avait été justifié par la création de la dite Commission d’enquête et de la remise de son rapport, afin de prendre des décisions sur des faits.
Ce que semble confirmer dans le propos du Sénateur Jean William Jeanty, Président de cette Commission, qui explique que cette dernière allait « travailler dans le calme, afin de permettre a l’Assemblée de décider à partir des faits, en dépit des commentaires émis sur la façon dont le Sénat fait son travail » soulignant que la mise en place de cette Commission, « permet au Sénat d’éviter d’adopter des mesures de manière hâtive […] Les coupables seront sanctionnés une fois qu’ils seront identifiés » ajoutant que « c’est à l’Assemblée des sénateurs d’assumer par la suite, leurs responsabilités en allant jusqu’au bout de cette affaire ».
De son côté le Député Sinal Bertrand a fait savoir que toutes les autorités dont l’implication dans l’arrestation inconstitutionnelle de son collègue Bélizaire, est avérée, devront payer pour leurs actes. Affirmant que la Chambre basse disposera [en janvier 2012] d’une majorité de plus de 50 députés pour renvoyer les coupables…
Notez que le Député Arnel Bélizaire ne s’est pas présenté au cabinet d’instruction mardi, suite au mandat de comparution du juge Bernard Saint-Vil, chargé de l’instruction de l’enquête. Le Député qui serait, selon diverses sources, en République Dominicaine, s’est fait représenté par son avocat…
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-4173-haiti-justice-arnel-belizaire-convoque-devant-le-juge-d-instruction.html
http://www.haitilibre.com/article-4187-haiti-affaire-belizaire-2e-report-en-3-jours-et-deux-nouvelles-commissions.html
S/ HaïtiLibre

 

Affaire Bélizaire :

La Commission présidentielle, rendra son rapport vendredi prochain

09/11/2011 14:43:53

Haïti - Affaire Bélizaire : la Commission présidentielle, rendra son rapport vendredi prochainDans un communiqué, la Primature informe que conformément à l’engagement pris, une Commission indépendante a été formée pour faire toute la lumière autour des circonstances entourant l’arrestation du Député Arnel Bélizaire. La Commission est composée de Me René Julien, Amos André [ancien Sénateur] et Me Kedlaire Augustin.
«… Cette Commission a pour mission de rechercher tous les éléments susceptibles d’éclairer l’événement, d’analyser des données y relatives, de fixer les responsabilités et de faire éventuellement des recommandations en vue de l’élaboration de lois d’application, d’ordonnances et de procédures afin de prévenir à l’avance de tels incidents. La Primature demande à la commission de se mettre immédiatement au travail afin de produire un rapport, au plus tard le vendredi 11 novembre courant ».
Lundi, le Porte parole de la présidence, Lucien Jura a déclaré
«…au niveau de la présidence, nous parlons d’une Commission indépendante, quand on est juge est partie à la fois, il est souvent difficile de prendre le recul nécessaire pour faire une bonne analyse et porter de bons jugements. Est-ce que la présidence aurait pu empêcher que les parlementaires forment leur propre commission? Non, nous ne le pensons pas, ils ont droit de le faire. L’important, c’est que nous aboutissions au rétablissement de la vérité pour que les acteurs qui sont concernés, puissent prendre des mesures sur une base rationnelle, en fonction de données vérifiables… […]
…Il n’incombe pas à l’Exécutif de cheminer dans la voie du judiciaire, le principe même de la séparation des pouvoirs est clair. Que le Président de la République ait laissé le pays quelque heures avant, pour des raisons de santé, ce qui a été planifié plusieurs jours à l’avance, qu’il y ait eu ces événements le même jour, à vouloir les rapprocher et faire des déductions ne relate pas forcément ce qui est. Ce qui est, c’est qu’il incombe au pouvoir judiciaire le droit de la poursuite et qu’il l’a exercé… […] »

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-4168-haiti-affaire-belizaire-le-president-martelly-demande-la-creation-d-une-commission-independante.html
BF/ HaïtiLibre

 

Le président de la Cour de Cassation, Me Anel Alexis Joseph, appelle l’Exécutif et le Législatif à se ressaisir

Le différend entre les 2 pouvoirs d’Etat survient au moment où des dispositions sont prises en vue de l’entrée en fonction du CSPJ, déplore le magistrat

Publié le mardi 8 novembre 2011

Le président de la Cour de Cassation, Me Anel Alexis Joseph, invite l’Exécutif et le Législatif à la compréhension mutuelle, à la concession, à la pondération, au calme et à la sérénité à l’occasion du différend qui les oppose depuis l’arrestation suivie de l’emprisonnement le 27 octobre dernier du député de Tabarre/Delmas, Arnel Bélizaire.

Rompant, dans un communiqué daté du 7 novembre avec une tradition de mutisme bien ancrée chez les magistrats de la plus haute instance judiciaire du pays, Me Alexis souligne que le différend survient au moment où est envisagée la création d’une commission de transfert de compétences entre le Ministère de la Justice et de la Sécurité publique et le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) appelé à devenir l’organe d’expression et d’administration du Pouvoir judiciaire.

« Les débats auxquels donne lieu ce conflit, s’il faut les appeler ainsi, loin de vous faire grandir, sont plutôt de nature à vous fragiliser et à faire du tort à l’implantation du CSPJ qui souffre encore des douleurs de l’enfantement », déclare le président de la Cour de Cassation.

Face au risque d’aggravation de la crise, il propose aux protagonistes du Parlement et du Gouvernement de laisser éventuellement les tribunaux le soin de statuer sur le dossier, conformément à l’article 173-2 de la Constitution.

Le pays n’est pas en état de faire face à la crise qui peut résulter du différend actuel, quelques jours seulement après la mise en place par l’Exécutif et le Législatif d’un gouvernement qui commence à peine à se chercher, déclare le président de la Cour de Cassation, appelant en conclusion les tenants de ces deux pouvoirs d’Etat à se ressaisir. [jmd/Radio Kiskeya]

 

Laurent Lamothe, reçoit le Corps diplomatique en sa résidence

09/11/2011 09:06:38

Haïti - Politique : Laurent Lamothe, reçoit le Corps diplomatique en sa résidenceHier, mardi 8 novembre, le Ministre des Affaires Étrangères et des Cultes, Laurent Lamothe, a reçu en sa résidence, les membres du Corps diplomatique, les représentants des Organisations internationales accréditées en Haïti et les Consuls honoraires.
Dans son allocution de circonstance, le Chancelier Lamothe a remercié la Communauté Internationale pour son soutien permanent à l’avancement de la démocratie en Haïti. Il s’est réjoui de la volonté des partenaires à contribuer à l’amélioration des conditions de vie de la population haïtienne. Le Ministre a en outre plaidé pour le renforcement de l’appui budgétaire au Gouvernement, en dépit du fait que plus de 60% de l’aide passe par les ONGs.
Le Chancelier a fait part de sa nouvelle vision de la diplomatie, qui doit servir de tremplin à l’accroissement de l’investissement étranger en Haïti. Il a demandé à tous les diplomates présents, d’encourager leurs compatriotes à venir visiter Haïti et à y investir. Il leur a également demandé de planifier des misions entre les différentes Chambres de Commerce, afin qu’elles constatent les opportunités qu’offre le pays.

Pour sa part, Mgr Bernadito Auza, le Nonce Apostolique, Doyen du Corps diplomatique, a remercié et confirmé une fois de plus la bonne disposition de la Communauté internationale à travailler avec le Gouvernement actuel pour offrir au peuple haïtien un lendemain meilleur.
HL/ HaïtiLibre

 

La Thailande offre 1 million de dollars à Haiti

09/11/2011

Le royaume de Thailande a offert 1 million de dollars US à Haiti a annoncé un communiqué du ministère des Affaires étrangères et des cultes.
La Thaïlande va établir des relations de coopération commerciale avec Haïti selon le ministère des Affaires étrangères et des cultes.
WPC/LM

 

Haïti – Reconstruction :

Martelly – Carter au Village de Santo, à Léogâne

09/11/2011 09:43:23

Haïti - Reconstruction : Martelly - Carter au Village de Santo, à LéogâneLe Président Michel Martelly, en compagnie de l’ancien Président américain Jimmy Carter accompagné de son épouse Rosalynn Carter, a visité hier mardi, le chantier de construction d’un nouveau village en faveur des sinistrés de Santo, une commune de Léogâne. Ce projet, une initiative de l’organisation internationale « Habitat pour l’Humanité », est réalisé sous le haut patronage de l’ancien Président américain Jimmy Carter, à travers l’organisme « Jimmy and Rosalynn Carter Work Project ».
Le Président de la République, tout en remerciant M. Carter pour son leadership et sa motivation à changer la vie des gens en Haïti et à travers le monde, voit dans ce projet l’initiation des premières phases de construction de logements définitifs en faveur des familles sinistrées de Léogane. Néanmoins, il a dit reconnaitre que les véritables actions doivent porter sur les infrastructures centrales du pays, notamment la construction d’hôpitaux, de centres de santé, de routes, d’aéroports…
Une main-d’œuvre d’environ 500 volontaires, recruté par « Habitat pour l’Humanité » et une cinquantaine de techniciens haïtiens participent à la construction du Village de Santo.

« Lorsque nous avons vu l’ampleur des dégâts causés par le séisme du 12 janvier, nous avons décidé d’agir et sommes aujourd’hui déterminés à assister les Haïtiens à reconstruire leurs communautés » a déclaré l’ex-chef d’Etat américain, Jimmy Carter fier du projet malgré sa faible ampleur « Il y a des centaines de milliers de personnes en Haïti qui n’ont pas de maisons et Habitat sur ce site ne prévoit de construire que 500 maisons. On va donc bâtir cette année 150 maisons et nous reviendrons l’an prochain pour finir les 500 logements », a-t-il promis.
Le Chef de l’État a remercié tous les acteurs qui contribuent au relogement des sinistrés en Haïti, notamment Mme Rosalynn Carter pour sa compassion, et son mari, Jimmy Carter pour sa participation dans le temps, à diverses négociations en vue de l’instauration de la Paix tant en Haïti qu’à l’étranger.
« Nous avons aussi besoin d’investissements, de jobs permanents » a conclus le Président Martelly, qui en a profité pour inviter les personnalités étrangères présentes, à jeter un autre regard sur Haïti et à y investir.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-4192-haiti-reconstruction-l-ex-president-carter-vient-aider-a-construire-des-maisons.html
Photo : Le Président Martelly en compagnie du couple Carter
HL/ HaïtiLibre

 

L’ex-président Carter appelle à la reconstruction d’Haïti

A travers sa fondation, Jimmy Carter oeuvre pour la reconstruction de logements en Haïti.

A travers sa fondation, Jimmy Carter oeuvre pour la reconstruction de logements en Haïti.

Alex Wong/Getty Images

Par RFI Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron

L’ancien président américain Jimmy Carter est en visite cette semaine à Haïti. Par le biais de sa fondation, il soutient un projet de construction de logements sur la commune de Léogane, détruite à plus de 80% par le séisme de janvier 2010. Saluant le travail des volontaires internationaux qui bâtissent les logements, Jimmy Carter veut rappeler à la communauté internationale qu’il est urgent d’honorer les promesses faites à Haïti au lendemain du tremblement de terre.

Sur ce qui fut un terrain vague, des dizaines de maisons sont en construction ; des petites structures de 4 mètres sur 6 mais qui respectent les normes parasismiques et paracycloniques. C’est en fait un petit village que créent les volontaires de l’ONG Habitat for Humanity : points d’eau, écoles, espaces de jeux pour les enfants…

L’ancien président Jimmy Carter est fier du projet malgré sa faible ampleur : « Il y a des centaines de milliers de personnes en Haïti qui n’ont pas de maisons et Habitat sur ce site ne prévoit de construire que 500 maisons. On va donc bâtir cette année 150 maisons et nous reviendrons l’an prochain pour finir les 500 logements », a-t-il promis.

« Le plus gros soucis en Haïti est de savoir qui détient la propriété d’un terrain, poursuit-il. Il nous a fallu plusieurs mois pour trouver un site où construire ces maisons. Nous espérons que cela serve d’expérience et qu’à l’avenir, le processus sera plus rapide. Ceci est juste le travail que les volontaires accomplissent, pour aider à petite échelle, mais nous espérons que cela servira d’inspiration à beaucoup d’autres personnes pour aider à résoudre les problèmes en Haïti », a conclu l’ancien président démocrate.

Jimmy Carter a rencontré brièvement le président haïtien Michel Martelly et il lui a demandé la liste des cinq plus importants bailleurs internationaux à n’avoir pas encore honoré leurs engagements. L’ancien président américain veut que les sommes promises soient versées car près de deux ans après le séisme, la situation humanitaire reste dramatique.

 

Haïti : des victimes du choléra réclament des compensations à l’ONU

Des Haïtiens, victimes du choléra, traités ici dans un hôpital géré par Médecins sans frontières à Port-au-Prince, le 15 novembre 2010.

Des Haïtiens, victimes du choléra, traités ici dans un hôpital géré par Médecins sans frontières à Port-au-Prince, le 15 novembre 2010.

REUTERS/St-Felix Evens

Par RFI Avec notre correspondante à Port-au-Prince, Amélie Baron

A Haïti, cinq mille personnes, victimes du choléra, exigent des compensations de l’ONU. En juin dernier, une étude avait conclu que le choléra avait été introduit dans le pays par les casques bleus népalais de la Minustah. Une pétition a été envoyée au siège des Nations unies à New York et à leur mission en Haïti la semaine dernière.

La pétition de trente-cinq pages est claire : les victimes et familles de victimes réclament réparation car l’ONU a failli dans la surveillance médicale des soldats qu’elle a envoyés en Haïti, car la Minustah a déversé des déchets humains dans un affluent du plus grand fleuve du pays et enfin car la réponse des Nations unies à l’épidémie n’a pas été adéquate.

Pour les Haïtiens, cela ne fait aucun doute: les soldats népalais de la mission onusienne sont à l’origine de l’apparition de l’épidémie. Soutenus par le Bureau des avocats internationaux, les cinq mille signataires réclament 50 000 dollars pour chaque personne ayant été infectée et 100 000 dollars aux familles dont un des membres est décédé du choléra.

L’épidémie a débuté en Haïti il y a plus d’un an mais les avocats ont confiance et espèrent que cette pétition sera prise en considération par l’ONU qui devra aussi admettre officiellement sa responsabilité dans l’apparition de la maladie.

La porte-parole de la Minustah explique que la pétition a été transmise aux services juridiques de l’organisation mais elle se refuse à tout autre commentaire.

 

Haïti-entreprises:

Digicel, contribuable # 1

(voir les 10 premiers)

Mercredi, 09 Novembre 2011 11:41 HPN

Selon un classement fait par les responsables de la Direction générale des impôts, la compagnie de téléphonie cellulaire Digicel est apparue comme la plus grande entreprise haïtienne avec une importante contribution fiscale de plus de 2 milliards de gourdes apporté à l’Etat, a appris Haiti Press Network.

Ce classement obtenu par HPN a permis de découvrir les 100 plus grandes entreprises du pays compte tenu du montant des contributions fiscales versées à l’Etat pour l’année 2010.

Ainsi la Digicel enregistrée sous le nom commercial « Unigestion Holding SA. » avec le Numéro d’immatriculation fiscale NIF : 4055267, a versé près de 2.5 milliards de gourdes à l’Etat.

La Compagnie Comme Il Faut est la deuxième plus grande entreprise du pays. Elle a apporté plus de 660 millions de gourdes aux caisses publiqueS pour l’année fiscale écoulée.

La BRANAH (Brasserie nationale d’Haïti SA.) figure en troisième position avec 613 millions de gourdes tandis que Voilà (Communications cellulaires d’Haïti, SA.) est quatrième.
Unibank, avec 372 millions de gourdes, est la première banque d’Haïti en termes de contributions au trésor public juste devant la Sogebank (335 millions).


VOICI LA LISTE DES 10 PLUS GRANDES ENTREPRISES

NIF                 RAISON SOCIALE                   MONTANT

1    4055267    UNIGESTION HOLDING S.A    2,487,584,862.35

2    5579293    COMPAGNIE DES TABACS COMME IL FAUT S.A.    668,940,474.05

3    5074    BRASSERIE NATIONALE D’HAITI S.A    613,133,956.22

4    295716    COMMUNICATION CELLULAIRE D’HAITI S.A.    450,861,856.51

5    429529    DISTRIBUTEURS NATIONAUX S.A    424,698,269.73                                                                                                                                                                                
6    140958    UNIBANK S.A.    372,478,555.69

7    17681    SOCIETE GENERALE HAITIENNE DE BANQUE S.A    335,672,460.35

8    3670639    CIMENTERIE NATIONALE SEM    202,924,800.56                                                                                                                                                                                      
9    9523602    TOTAL HAITI S.A.-    187,495,383.83                                                                                                                                                                                
10    143960    ELECTRICITE D’HAITI    182,554,680.55

 

Haïti – Tourisme :

Tour d’horizon sur le développement touristique en Haïti

09/11/2011 13:29:46

Haïti - Tourisme : Tour d'horizon sur le développement touristique en HaïtiHaïti prépare de nouveaux hôtels, des projets de tourisme de croisière et des infrastructures touristiques. L’homme d’affaires Gregory Mevs, Président Directeur Général de WIN Group, et secrétaire du Conseil Consultatif Présidentielle pour le développement économique et l’investissement (CCPI) http://www.haitilibre.com/article-3853-haiti-economie-martelly-lance-officiellement-le-ccpi-a-new-york.html a déclaré récemment « L’urgence de mettre en œuvre des projets rapidement, est devenu presque une responsabilité civique, notamment la reconstruction du port, la fourniture de moyens logistiques adéquats, la construction de plus de chambres d’hôtel dans la ville, la création de bâtiments industriels et de zones franches, ainsi que le lancement de projets d’habitation. Comme de nombreuses sociétés, le Groupe WIN n’est pas seul dans cette responsabilité, de nombreuses initiatives sont en cours et à divers stades d’achèvement »
Parmi les nouvelles constructions prévues pour Port-au-Prince, l’Hôtel des Artistes, à proximité de l’aéroport international Toussaint Louverture, d’une capacité de 250 chambres, comprendra également des salles de conférences et respectera l’architecture typique d’Haïti. Construit sur une propriété de 21 âcres, l’hôtel sera géré par une société privée. Le début de la construction est prévue pour décembre 2011 et son achèvement pour le début de 2013 « l’investissement de l’Hôtel des Artistes est d’environ $ 38 millions […] L’hôtel fournira des services à de nombreux haïtiens qui veulent retourner dans le pays, qui vont pouvoir transiter durant la nuit avant de poursuivre leur voyage vers leur ville natale » a ajouté Mevs.
Marc Antoine Acra, Président Directeur Général des Industries Acra a déclaré que son entreprise est l’une de celle qui travaille à restaurer l’Hôtel El Rancho de Pétionville, un hôtel de 150 chambres dont 50 ont été rendues inutilisables après le séisme de janvier 2010. Précisant que la réhabilitation de l’hôtel El Rancho, coûtera entre 6 et 8 millions de dollars américains sans compter les 50 nouvelles chambres à être construites.
L’hôtel de la chaîne Best Western, d’une capacité de 130 chambres, sera reconstruit dans le centre de Pétionville au coût d’environ 20 millions de dollars. L’Hôtel Karibe Convention Cente qui dispose de 87 chambres [achevé en Février 2008], a subi d’importants dégâts lors du séisme est en cours de restauration, tandis que le célèbre Hôtel Montana, ouvert en 1947, complètement détruit en janvier 2010, sera également reconstruit.
Mais l’investissement dans le tourisme ne se limite pas aux hôtels « Le gouvernement cherche à mettre en œuvre une promotion agressive de l’aéroport et offre des concessions pour la reconstruction d’aéroports régionaux », a déclaré Mevs, dont l’entreprise prévoit également de participer à une expansion du port commercial de Port-au-Prince [un projet américain estimé à 200 millions de dollars]. « Le tourisme est un facteur de transport dans toute la Caraïbe avec de belles plages, mais Haïti a une valeur ajoutée : sa culture. Nous devons construire l’accès à ces plages et ses monuments historiques, c’est une question de logistique ».
Dans cet esprit, Royal Caribbean Cruises Ltd, a déjà investi 50 millions de dollars pour agrandir le port de navires de croisière de de Labadie, au large de la côte Nord. L’année dernière, Labadie a reçu près de 600,000 passagers, et devrait voir ce nombre augmenter en 2012. Les investissements comprennent la construction d’une route entre Labadie et La Citadelle et le Palais Sans-Souci, des monuments déclarés au patrimoine mondial par l’UNESCO.
« Royal Caribbean est en pleine expansion de sa croisière qui s’arrête à La Citadelle. Des routes sont construites de telle sorte que les passagers puissent dépenser plus d’argent en Haïti » a fait savoir Mevs « La prochaine étape est la construction d’hôtels, de sorte que les gens puissent rester pour une nuit ou plusieurs jours et prendre le navire suivant ».
Il est également prévu de construire un second port pour les navires de croisière, plus grand que celui de Labadie sur la côte Sud d’Haïti. San Aquino S.A, (des investisseurs haïtiens et Dominican), ont obtenu la concession pour 50 ans du gouvernement Martelly pour le développement d’un complexe pour les navires de croisière dans la Grosse Caye, une île inhabitée située à trois miles au large de la côte Sud d’Haïti, Sud-Ouest de Jacmel.
La concession autorise San Aquino S.A, à faire des investissements dans le tourisme, tels que ports de croisières, hôtels, pistes d’aéroport, centres commerciaux, marinas et d’autres entreprises connexes. Elle offre également aux investisseurs un large éventail d’incitations fiscales et des exemptions de droits pour les marchandises importées nécessaires à la construction du projet. Le montant impliqué dans cette concession n’a pas été révélé
La construction aura lieu en quatre étapes. Dans la première phase, la construction d’une piste d’aviation de 800 mètres, un quai d’accostage pour les navettes et un autre pour l’arrivée et le départ des grands navires de croisière, une rue commerciale, un village typique haïtien, un marché d’artisanat, un amphithéâtre, une piste de VTT, un petit port de pêche et un aquarium.
La société, a récemment annoncé qu’elle voulait attirer les promoteurs et développeurs intéressés dans la construction de logements de vacances à la Grosse Caye. Selon le document, « l’île disposes de quelques plages isolées qui offrent l’environnement idéal pour la vie privée, le développement d’hôtels de charme et d’autres petites et moyennes entreprises ».
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-4194-haiti-tourisme-colloque-international-sur-le-tourisme-et-le-patrimoine.html
http://www.haitilibre.com/article-4090-haiti-tourisme-allocution-de-la-ministre-du-tourisme-stephanie-balmir-villedrouin.html
http://www.haitilibre.com/article-3884-haiti-economie-le-tourisme-un-defi-a-la-pauvrete.html
http://www.haitilibre.com/article-3487-haiti-economie-suggestions-des-operateurs-touristiques-dominicains.html
http://www.haitilibre.com/article-2197-haiti-tourisme-deux-nouveaux-hotels-a-jacmel.html
http://www.haitilibre.com/article-364-haiti-jacmel-projets-d-investissements-dans-le-domaine-du-tourisme.html
http://www.haitilibre.com/article-2690-haiti-environnement-projet-de-parc-lineaire-entre-dajabon-et-ouanaminthe.html
http://www.haitilibre.com/article-995-haiti-reconstruction-l-hotel-villa-saint-louis-sera-reconstruit.html
http://www.haitilibre.com/article-185-haiti-tourisme-l-hotel-montana-renaitra-de-ses-decombres.html
HL/ HaïtiLibre

 

Des habitations parasismiques et anticycloniques à partir des débris

8 novembre 2011

Environ 2 ans après le séisme, près de la moitié des décombres ont été enlevés. En partenariat avec le Centre de Recherche en Architecture en Terre (CRAterre), le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et le Bureau International du Travail (BIT), l’ONG Entrepreneurs du Monde est en train de construire, à partir de débris issus des décombres, des maisons pouvant résister aux séismes et aux intempéries. Après Carrefour-Feuille, place à Corail Cesse-Lesse.

Des habitations parasismiques et anticycloniques à partir des débris

Photo : Jonas Laurince UN/MINUSTAH

À quelques mètres du camp de déplacés de Corail Cesse-Lesse, au nord de Port-au-Prince, se trouve un vaste terrain clôturé. En cette fin de matinée d’octobre, une vingtaine de personnes y sont à pied d’œuvre.  Dans le lot, il y a ceux qui concassent les débris provenant des décombres de Port-au-Prince. Il y a aussi les maçons et les charpentiers qui s’activent à construire trois prototypes de maisons parasismiques et anticycloniques, dont deux sont en phase de finition.

La première phase du processus de construction de ces habitations consiste à transformer les débris de béton en remblai, à l’aide d’un concasseur. Trois ouvriers sont en effet chargés de tourner simultanément le concasseur. Le remblai est ensuite passé au tamis pour en extraire du sable et du gravier.

Comme le fait savoir l’un des concasseurs, Jean Paul Israël, « le sable moulu en provenance des débris est de meilleure qualité que le sable naturel bien qu’il nécessite l’utilisation d’une plus grande quantité de ciment ».

« Pour construire le socle de la maison, l’on mélange gravier, sable et ciment.  Le produit ainsi obtenu sera disposé simultanément avec des pierres pour délimiter le périmètre de la future maison », a assuré le Coordonnateur Général Post-urgence d’Entrepreneurs du Monde, Guillaume Mellot. En ce qui concerne les murs, l’on construit d’abord l’ossature en bois, puis on le remplit de sable, d’argile et de pierres préalablement taillées.

Et Guillaume Mellot d’inscrire la spécificité du « prototype d’habitat ici proposé comme exemple dans sa capacité à être à la fois parasismique, anticyclonique et à être construit à partir de débris.  D’où son  importance dans le processus de reconstruction pour Haïti. »

« Il s’agit de maisons solides de type « Gingerbread » (maisons traditionnelles en Haïti) que l’on trouve encore dans certains quartiers de Port-au-Prince mais aussi dans diverses régions du pays», souligne Kenson Louis, en sa qualité de maçon. Selon lui,  « ces échantillons de maisons peuvent servir d’exemples pour quiconque désire construire autrement son habitation ».

Le même projet a été mis en œuvre à Carrefour-Feuilles (quartier de Port-au-Prince).  Et au nombre des 20 personnes qui réalisent ce projet pilote figurent 13 ouvriers dont 11 proviennent de Carrefour-Feuilles, les 2 autres de Corail. A ces derniers s’ajoutent 4 manœuvriers non qualifiés, 2 ingénieurs et un contremaitre. Ces derniers évoluent sous la supervision de 2 ingénieurs, une Française et un Haïtien, également chargés de leur formation pour une période de 6 mois. Le projet sera inauguré le 6 décembre prochain.

Rédaction : Jonas Laurince

Edition : Uwolowulakana Ikavi

 

Félix Léger : le dindon de la farce

Vingt-quatre heures après le retour du président Martelly en Haïti, la lettre de mise en disponibilité du commissaire du gouvernement a.i., Me Félix Léger, a été signée. Il s’est vu lâché, après qu’on lui ait confié entre autres missions, celle de procéder à l’arrestation du député Arnel Bélizaire.
Cette lettre, datée du 4 novembre 2011, est signée par le ministre de la Justice et de la Sécurité publique, Josué Pierre-Louis, et approuvée par le Premier ministre Garry Conille. En voici la teneur:

Me Félix Léger
Commissaire du Gouvernement a.i.
Près le Tribunal de Première Instance
De Port-au-Prince
Au Parquet
Monsieur le Commissaire a.i.,
En attendant que la lumière soit faite autour des circonstances qui ont conduit à l’arrestation du député Arnel Bélizaire, le ministère de la Justice et de la Sécurité publique a décidé de vous mettre en disponibilité.
Cette mesure est effective dès réception de la présente.
Veuillez agréer, Monsieur le Commissaire, ses meilleures salutations.
Josué Pierre-Louis
Ministre
Vu et approuvé par: Garry Conille
Premier ministre

Jusqu’à cet après-midi, cette lettre était restée au stade de rumeur. Elle n’était toujours pas parvenue à l’intéressé. A telle enseigne que le commissaire Léger s’est rendu à son bureau pour s’occuper de son train-train quotidien. C’était sans nul doute une façon de préparer son départ. Il a même été au ministère de la Justice pour des affaires le concernant.
Cependant, durant tout le week-end, le bruit courait sur sa mise en disponibilité avec ou sans solde. Aucun de ses collaborateurs n’a pu confirmer si cette lettre était sortie. Le service de correspondance du ministère de la Justice et de la Sécurité publique, fonctionnant avec une lenteur excessive, n’a pu acheminer la lettre à temps à son destinataire. Donc, légalement, Me Léger était jusqu’au mardi 8 novembre 2011 (vers 2 h p.m.) le chef du parquet près le tribunal civil de Port-au-Prince. Le nom de son successeur est très attendu. Les parquetiers veulent tous savoir qui sera le remplaçant de Me Félix Léger. Certains d’entre eux souhaitent que cette fois-ci le nouveau chef du parquet sera nommé de manière régulière.
Il faut dire également que nombre d’entre eux n’affichent aucun intérêt pour ce poste qui ne fait que détruire les magistrats ayant fait leurs armes au parquet de Port-au-Prince. Même les plus anciens reculent devant les avantages, privilèges et contacts directs avec le chef de l’Etat haïtien Michel Joseph Martelly.
Bizarrement, il y a un ancien chef du parquet de la métropole du Sud-Est, Jacmel, qui se porte volontaire pour cette fonction de commissaire du gouvernement de Port-au-Prince. Costaud, crâne rasé, avocat militant, doté d’une bonne connaissance du milieu haïtien, il se dit prêt à répondre au premier appel d’offres du ministère de la Justice et de la Sécurité publique. Et il n’a pas caché son ambition pour le poste. Mais cela étonne tout le monde, puisqu’il l’a dit haut et fort en présence de ses amis au palais de Justice de Port-au-Prince.
Certains avocats ont déclaré que le commissaire a.i. Félix Léger aurait dû démissionner avant la lettre de mise en disponibilité. Il l’aurait fait, sans pour autant dire la vérité et toute la vérité. Etant membre de l’Association nationale des Magistrats haïtiens (ANAMAH), il a reproché à ses amis magistrats de n’être pas solidaires à sa cause. Ces derniers ne lui auraient-ils pas conseillé de ne pas s’aventurer dans cette voie, car l’arrestation du député Arnel Bélizaire n’était pas nécessaire? Le commissaire a.i., qui n’a pas écouté ses amis magistrats, s’est laissé prendre à son propre piège. Après avoir rempli la mission qui lui a été confiée, il s’est vu écarter momentanément de la magistrature.
Pour sa part, le député Arnel Bélizaire, qui était attendu ce mardi 8 novembre 2011 au bureau du juge instructeur Bernard St-Vil, ne s’est pas présenté. Il n’a pas non plus motivé son absence. Plusieurs représentants de médias haïtiens qui étaient massés devant le bureau du juge St-Vil, attendant le député Bélizaire, ont dû rebrousser chemin. Certains d’entre eux y étaient jusqu’à 2h p.m. On a appris en dernière heure que le député est actuellement à Santo Domingo et qu’une requête sera acheminée au cabinet du juge par son avocat.
Jean-Robert Fleury

 

L’ancien président Prosper Avril n’est pas un évadé de prison

Depuis quelques jours circule dans certains médias de la Capitale et sur l’Internet une information totalement erronée accréditant la thèse que « L’ancien président Prosper Avril serait lui aussi un évadé de prison. » Vu l’impact négatif qu’une telle désinformation peut produire sur sa personnalité et son honorabilité, le Lt-Général Prosper Avril se voit contraint de rétablir la vérité pour ses concitoyens et pour l’histoire. Voici les faits:
Le 26 mai 2001, l’ancien président Prosper Avril signait son livre: « Le Livre Noir de l’Insécurité » au Restaurant Cassagne, à Pétion-Ville. En présence de tous ses invités, vers 10 heures du matin, un commando d’hommes cagoulés débarqua et procéda à son arrestation sans qu’aucun mandat ne lui ait été présenté, selon le voeu de la Loi et sans aucun égard à son statut d’ancien chef d’Etat. Il fut de suite placé en garde à vue au Commissariat de Police de Pétion-Ville.
Le lundi 29 mai 2001, Prosper Avril fut conduit au Parquet de Port-au-Prince. Là, il prit connaissance des raisons justifiant sa mise aux arrêts: un mandat d’amener, signé du Commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince et daté du 25 mai 2001, ordonnait à la Police « de rechercher et d’amener au Parquet de ce ressort le nommé Prosper Avril, en fuite, ce, conformément au mandat d’amener émis et non exécuté pour complot contre la sûreté de l’Etat ». A la demande d’éclaircissements de ses avocats sur ce document de référence, le chef du Parquet était dans l’impossibilité de s’exécuter. Néanmoins, il informa qu’il s’agissait d’un mandat émis cinq ans plus tôt, en 1996, par un juge du nom de Gérard Gilles. Lorsque ses avocats firent valoir que ce mandat n’avait plus de valeur légale puisque le juge signataire est décédé depuis belle lurette, le Commissaire du Gouvernement acquiesça, mais ordonna quand même de conduire Prosper Avril au Pénitencier National, sous les regards ahuris de ses avocats.
Ce cas manifeste de violation de la liberté individuelle fut donc présenté par devant le Doyen du Tribunal Civil qui s’est déclaré incompétent pour statuer sur la légalité ou l’illégalité de l’arrestation de Prosper Avril. Le dossier fut alors soumis à la Cour d’Appel de Port-au-Prince qui, le 12 juin 2001, trancha ainsi: « Par ces motifs… la cour donne acte au prévenu que son arrestation et sa détention sont illégales et arbitraires, ordonne en conséquence qu’il soit immédiatement mis en liberté conformément au prescrit de la Constitution en vigueur ».
Selon le voeu de la loi, cette libération devait être immédiate, exécutée « sur minute, nonobstant appel, pourvoi en cassation ou défense d’exécuter ». Baliverne! Prosper Avril était conduit de nouveau au Pénitencier National et écroué. La lettre d’autorisation du Parquet qui devait rendre sa libération effective n’est jamais venue. Au contraire, les avocats de l’ancien Président l’informèrent qu’il allait être conduit devant un Juge d’Instruction dans le cadre de l’incident des prisonniers de la Toussaint, un dossier déjà évacué par un arrêt de la Cour de Cassation en date du 4 novembre 2000.
Puisque le juge d’Instruction avait jugé bon de retenir le cas et de sortir une ordonnance de renvoi dans le cadre de cette nouvelle affaire, la cause fut soumise à la Cour d’Appel de Port-au-Prince qui, le jeudi 11 avril 2002, disposa: « La Cour déclare nulle l’ordonnance de renvoi et ordonne, en conséquence que le sieur Prosper Avril soit mis en liberté immédiatement, s’il n’est retenu pour autre cause. »
Cette fois, l’exequatur arriva au Pénitencier National le lundi 15 avril 2002; les dispositions furent donc prises pour l’exécution de cette décision de justice. Cependant, la fin du libellé de l’ordonnance de libération avait fait germer une idée pernicieuse à l’esprit des persécuteurs de l’ancien Président. A peine avait-il franchi la barrière du pénitencier, il fut violemment arrêté une nouvelle fois en présence des autorités pénitentiaires qui l’avaient accompagné à la sortie. Puis, sans qu’aucun document administratif n’ait été rempli, il fut contraint de réintégrer sa cellule. A ses avocats stupéfaits au moment de l’arrestation, avait été remis le mandat d’un juge de Saint-Marc relatif à la présumée responsabilité du président Prosper Avril dans un massacre de paysans qui aurait eu lieu à Piatre le 12 mars 1990, trois jours après qu’il eût démissionné du pouvoir. On connaît l’histoire de ce juge de Saint-Marc qui déclara à la presse avoir été forcé par le pouvoir d’alors d’inscrire le nom de Prosper Avril dans ce dossier.
L’ancien Président Avril entreprend de suite une action pour dénoncer le caractère illégal de cette nouvelle arrestation. Le 22 octobre 2002, une ordonnance de mise en liberté fut, une fois de plus, prise en sa faveur par la Cour d’Appel des Gonaïves: « La cour dit et déclare … que le sieur Prosper Avril est détenu aussi arbitrairement qu’illégalement depuis le 12 avril 2002 au Pénitencier National; ordonne donc sa mise en liberté immédiate avec exécution sur minute de la présente décision, nonobstant pourvoi en cassation ou défense d’exécuter ».
Prosper Avril allait-il enfin regagner sa demeure? Non. Selon une loi haïtienne obsolète, le citoyen libéré par la justice doit rester en prison jusqu’à ce qu’un tout-puissant chef de Parquet en décide autrement. En l’occurrence, l’ordre d’élargissement devait venir du Commissaire du Gouvernement de Saint-Marc. Une copie de cette lettre me fut remise le 25 novembre 2002. Elle était adressée au Directeur Général du Pénitencier National avec, en annexe, une copie de l’ordonnance de la Cour d’Appel des Gonaïves du 22 octobre 2002 ordonnant la libération du « citoyen Prosper Avril ».
Malgré tout, Prosper Avril fut maintenu en prison sur ordre supérieur. Le directeur de l’APENA avait reçu des instructions écrites lui demandant de ne pas donner suite à cette lettre du Commissaire du Gouvernement de Saint-Marc. Enfin, ce n’est que quinze mois plus tard, le 29 février 2004, le jour même où cessèrent les contraintes exercées contre ce fonctionnaire relativement à ce dossier, que l’ancien président Prosper Avril put réintégrer son logis. Comment cela avait eu lieu?
Dès 7 heures du matin ce jour-là, l’officier de service du jour vint ouvrir les portes de sa cellule et informa Prosper Avril qu’il venait de recevoir du Directeur Général de l’APENA l’ordre de le mettre en liberté en exécution de la lettre du Parquet de Saint Marc, et de le conduire chez lui. Un véhicule du service, avec à son bord deux agents haut gradés du Pénitencier, était mis à sa disposition à cette fin. Arrivé dans sa demeure, Prosper Avril reçut un appel du directeur de l’APENA qui, vu la situation de tension et de violence qui prévalait dans les rues, tenait à s’assurer personnellement que ses instructions avaient été bien exécutées.
Port-au-Prince, le 4 novembre 2011
Références:
1.- La Justice face au Pouvoir Politique en Haïti (2001 – 2004), Imprimeur II, Septembre 2005, Port-au-Prince.
2.- Justice Versus Politics in Haiti (2001 – 2004), Universal Publishers, 2007, USA – http://www.universal-publishers.com/
Lieutenant-Général retraité Prosper AVRIL
Ancien président de la République d’Haïti

 

Haïti en Amérique Latine : Un revenant à invoquer ou une histoire à revendiquer ?
Retour sur la participation d’Haïti au 21e sommet ibéro-américain

Par Wooldy Edson Louidor

Bogotá (Colombie), 8 nov. 2011 [AlterPresse] — Lors du 21e sommet ibéro-américain, tenu à Asunción (Paraguay) les 28 et 29 octobre 2011, des chefs d’État et de gouvernement de pays latino-américains ont fait des promesses à Haïti, allant dans le sens d’un renforcement de leur coopération avec la république caribéenne, selon les informations rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse.

Cette attitude traduit, une fois de plus, l’intérêt de l’Amérique latine de se rapprocher d’Haïti et de renouer ses liens historiques avec le frère ainé.

S’agit-il d’invoquer un revenant ou de rendre justice à une histoire ?

Une histoire entre négation et affirmation

À l’aube de l’histoire de l’Amérique latine comme région indépendante, Haïti se présenta comme la nation « aimée » [1] du libertador Simón Bolívar, selon l’expression du philosophe mexicain Leopoldo Zea.

Cependant, le frère ainé et aimé n’a pas été invité au premier congrès panaméricain qui, finalement, aura lieu à Panama le 22 juin 1826.

Cette « exclusion » d’Haïti, par celui qui fut largement aidé par la première république noire dans sa lutte pour l’indépendance sud-américaine, a été considérée comme l’une des premières fissures dans les rapports historiques entre Haïti et l’Amérique Latine, en dépit de l’argument du libertador, selon lequel il voulait d’abord unir l’Amérique colonisée par l’Espagne et, ensuite, étendre cette union aux autres pays du continent.

Nonobstant l’opposition de Bolívar à la participation des États-Unis d’Amérique à la réunion de Panamá [2], le puissant voisin du Nord assistera au Congrès où il demandera de façon expresse, à travers son secrétaire d’État Henry Clay, aux nations latino-américaines de s’opposer à la reconnaissance de l’indépendance d’Haïti.

Malheureusement, la jeune nation haïtienne n’y était pas invitée ; donc, elle ne pouvait pas défendre sa liberté, conquise au prix de tant de sacrifices, et solliciter l’appui des autres pays frères.

Haïti existe comme un spectre

L’histoire d’Haïti en Amérique Latine, voire dans le monde, sera fortement marquée à feu et à sang par la négation de son histoire (qu’on pourrait appeler à juste titre historicide) par le puissant voisin du Nord et d’autres puissances colonialistes.

Par rapport à Haïti, l’Amérique Latine oscillera au cours de son histoire entre ces deux forces : d’une part, l’« imposition » nord-américaine d’exclure Haïti et de nier son existence et son histoire ; d’autre part, sa reconnaissance envers le premier pays libre de la région (le frère ainé) qui s’est montré solidaire d’elle et ce, contre les puissances colonialistes de l’époque.

Il s’agit d’une généalogie contradictoire de la vision de l’Amérique Latine au sujet d’Haïti. Le pays caribéen est de plus en plus vu comme un spectre qui traverse et survole l’histoire de l’Amérique Latine, mais sans y occuper une place bien déterminée.

Par exemple, Ayiti (ou Hispaniola, selon les colonisateurs espagnols) passe dans l’histoire latino-américaine comme la première Île, où s’établit Christophe Colomb dans le « Nouveau Monde », le 5 décembre 1492. Les habitants de cette Île, les Arawaks, sont aussi les premiers à être victimes du génocide, commis par les colonisateurs espagnols contre ces « sous-hommes ».

Le défenseur des indiens, Bartolomé de las Casas, s’inspira largement de cette épisode historique pour illustrer la férocité des colonisateurs espagnols à l’endroit des indiens [3] qui, pourtant, avaient fait preuve d’hospitalité à l’égard des européens.

L’histoire de l’Île Ayiti n’est évoquée qu’en fonction d’une autre histoire (celle des indiens dans l’Amérique hispanique) et d’une autre cause : le statut et le traitement humains à accorder aux indiens du « Nouveau Monde ».

De même, l’Histoire (concrètement en Amérique Latine) ne retient pas, comme l’a très bien souligné l’écrivain uruguayen Eduardo Galeano [4], le nom d’Haïti ni comme le premier pays libre de l’Amérique (mais plutôt les États-Unis d’Amérique), ni comme la première république qui a aboli l’esclavage (sinon l’Angleterre).

Dans l’imaginaire latino-américain, Haïti « existe » bel et bien, mais comme un spectre.

En fait, dans notre « errance » latino-américaine depuis près de 15 années, nous confirmons de plus en plus que bon nombre de citoyennes et citoyens sud-américains ne savent même pas dans quel continent se situe Haïti.

En outre, la grande majorité des médias de la région parlent de la république caribéenne comme un moribond, un malade agonisant, un pays qui trépasse.

Un revenant à invoquer ou une histoire à revendiquer ?

La reconnaissance, maintes fois exprimée à Haïti par des chefs d’État des pays de l’Amérique Latine pour sa contribution à leur indépendance de l’Espagne, constitue un effort (à applaudir) pour donner existence concrète à ce spectre ou ce « mort vivant ».

La volonté de ces pays latino-américains d’accroitre leur coopération avec Haïti, en ce moment sombre que traverse le pays dévasté par le tremblement de terre du 12 janvier 2010, pourrait se limiter simplement à « invoquer un revenant », si elle ne s’accompagne pas d’actions concrètes, surtout dans le sens de rendre justice à ce « petit grand pays » qui a contribué – si modestement soit-il – à l’histoire sud-américaine.

Avant tout, il faudrait rétablir Haïti dans le concert des nations latino-américaines, en lui donnant la place qu’il mérite. Il s’agit de revendiquer l’histoire d’Haïti comme étant partie intégrante de l’histoire latino-américaine. Ce n’est pas sans raison que la majorité des citoyens latino-américains ne considère pas les Haïtiens comme des « latinos », c’est-à-dire, comme des membres à part entière de l’Amérique Latine. L’exclusion « bolivarienne » de l’un des pays fondateurs d’une « latinoaméricanité » libre et indépendante continue.

L’intégration d’Haïti dans l’Amérique Latine, en vue d’une plus grande coopération réelle, respectueuse et efficace, passe par la réhabilitation de ce pays dans l’histoire de la région.

De cette réhabilitation pourrait surgir (ou sortir plus renforcée) une immense solidarité fraternelle qui n’est autre que « la tendresse des peuples ».

La coopération qui naît de la solidarité entre pays frères est différente de celle qui surgit du désir de domination, de violence, de violation de « droits humains », de l’injustice, de l’arrogance, de l’irrespect d’un pays envers l’autre.

Le défi est de reconstruire le passé et l’histoire en vue de mieux construire le futur. [wel gp apr 08/11/2011 16 :00]

[1] Leopoldo Zea, Filosofía de la historia americana, Fondo de Cultura Económica, México, 1978, p.195

[2] Voir : Simón Bolívar, “Carta al general F. de P. Santander”, Arequipa, 30 de mayo de 1825.

[3] Javier Giraldo, S.J., Derechos Humanos y Cristianismo. Trasfondos de un conflicto, Editorial Dykinson, Madrid, 2008, p. 54

[4] Eduardo Galeano, Texto leído el 27 de septiembre de 2011 por el escritor uruguayo en la Biblioteca Nacional en Montevideo en el marco de la mesa-debate “Haití y la respuesta latinoamericana”.

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