samedi 10 décembre 2011

10 Déc

Martelly et Lamothe satisfaits de leur voyage à Trinidad

Michel Martelly prenant la parole au salon diplomatique sous le regard du ministre des Affaires étrangères, Laurent Lamothe

Le président de la République, Michel Joseph Martelly, accompagné du ministre des Affaires étrangères, Laurent Lamothe, est revenu, le vendredi 9 décembre 2011, de Port-d’Espagne, la capitale de Trinité-et-Tobago, où ils ont participé, le jeudi 8 décembre 2011, au 4e Sommet Cuba-CARICOM. Au cours d’un point de presse donné au salon diplomatique de l’aéroport Toussaint Louverture, le chef de l’Etat ainsi que le chancelier haïtien se disent satisfaits de leur voyage.

Dans son discours de circonstance, le président de la République a remercié Trinité-et-Tobago et les autres pays de la CARICOM pour leur support à Haïti après le tremblement de terre de janvier 2010. Le chef de l’Etat a, une fois de plus, fait la promotion du pays comme destination idéale pour les affaires, invitant les pays de cette organisation régionale à venir y investir. Le président de la République, qui a aussi plaidé pour une coopération avec les pays de la CARICOM sur le long terme, a sollicité une coopération tripartite Haïti-Cuba-CARICOM.

Le président de la République a profité de sa participation au quatrième Sommet CARICOM-Cuba pour promouvoir une autre image d’Haïti. Étant convaincu que la création massive d’emplois peut relever le niveau de vie des Haïtiens, le chef de l’état, qui a fait de l’emploi une de ses priorités majeures, à côté de l’éducation, l’Etat de droit, l’environnement et l’énergie, ne rate jamais une occasion pour inciter les entrepreneurs internationaux à tourner leur regard vers Haïti.

Avant de prendre l’avion pour Port-au-Prince, la délégation haïtienne a également visité la « Arthur Lok Jack Graduate School of Business » où le chef de l’Etat et le ministre des Affaires étrangères ont eu durant près d’une heure des échanges avec des responsables de différents département de ce centre universitaire et des membres de la presse.

Par ailleurs, en marge du sommet, le chancelier haïtien, Laurent Lamothe, a eu une rencontre fructueuse avec une quinzaine d’entrepreneurs de l’Association des États Caribéens (AEC), dont le secrétaire général, M. Luis Andrade Falla. Avec eux, M. Lamothe a vanté les opportunités qu’offre Haïti aux investisseurs étrangers. Il a par ailleurs eu des rencontres avec des investisseurs trinidadiens qui, eux aussi, manifestent l’intention de venir installer leurs entreprises en Haïti.

En ce qui a trait à la question de visas qui représente un obstacle pour les Haïtiens pour se rendre dans les pays de la CARICOM, le ministre des Affaires étrangères a promis qu’il va écrire officiellement aux dirigeants de la CARICOM pour résoudre ce problème. « Tous les membres de la CARICOM doivent jouir des mêmes privilèges », a soutenu le ministre.

Valéry Daudier

Michel Martelly revient du sommet CARICOM-Cuba à Trinidad

09/12/2011 23:28:00 Auteur(e) La Redaction

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Le président Michel Joseph Martelly rentre au pays, ce vendredi 9 décembre, après une participation au quatrième Sommet des chefs d’État et de gouvernement de la Caricom (marché commun de la Caraïbe) et de Cuba, tenu à Trinidad and Tobago.

Accompagné par le ministre des Affaires Etrangères, Laurent Lamothe, Martelly a eu une rencontre le 8 décembre avec l’Association des Etats Américains (AEC) et son secrétaire général, Luis Fernando Andrade Falla, rapporte un communiqué officiel.

La délégation haïtienne a également eu des « pourparlers fructueux » avec les représentants des entreprises de production et sociétés financières de Trinidad qui ont, selon la même source, « manifesté leur intérêt à venir investir en Haïti ».

La chancellerie haïtienne annonce qu’un sommet sera bientôt organisé en Haïti en vue d’inviter les membres de la Caricom à « redécouvrir la république d’Haïti et les multiples opportunités d’investissement ».

Le premier sommet Caricom-Cuba, qui s’est déroulé à la Havane en décembre 2002, visait à renforcer les liens d’amitié, de coopération et de solidarité entre les deux parties.

En cette occasion, des questions d’intérêt mutuel avaient été abordées et des visions sur le développement régional et international partagées. [emb kft gp apr 9/12/11 8 :40]

Source: AlterPresse

Michel Martelly satisfait de sa participation au Sommet CARICOM-Cuba

samedi 10 décembre 2011 à 06:35

Le président de la République, Michel Joseph Martelly, accompagné du Ministre des Affaires Étrangères et des Cultes, M. Laurent Lamothe, est rentré au pays, en début de soirée ce vendredi, après sa fructueuse participation jeudi au quatrième Sommet CARICOM-CUBA qui s’est déroulé à Trinidad And Tobago.

Le Chef de l’État, très satisfait des diverses rencontres qu’il a eues avec ses homologues de la Caraïbe, s’est réjoui de la résolution des pays membres de la CARICOM qui se sont mis d’accord pour continuer à aider le peuple haïtien. A ce sujet, Cuba a clairement réaffirmé sa volonté de renforcer sa coopération avec Haïti.

Les discussions  ont porté sur plusieurs autres axes. Les partenaires d’Haïti de la région manifestent le vif désir d’accompagner le pays dans les domaines de l’éducation, de la formation professionnelle, entre autres.

Des rencontres satisfaisantes ont eu lieu également avec des entrepreneurs caribéens. Déjà, des investisseurs trinidadiens projettent d’implanter des entreprises en Haïti.
En ce sens, le ministre des Affaires Étrangères et des Cultes a annoncé que les mises en place vont bon train quant aux nouvelles dispositions devant être adoptées pour faciliter l’installation rapide d’entreprises dans le pays. Il a, par ailleurs, informé que le suivi du Forum de la CELAC (Communauté des États Latino-américains et Caribéens) est assuré par une équipe dynamique, constituée à cet effet.

Lors du quatrième Sommet CARICOM-CUBA, le président de la République ainsi que le ministre Lamothe ont plaidé pour qu’Haïti jouisse des mêmes droits que les autres pays membres de la CARICOM. Sont actuellement en cours, les démarches devant permettre l’installation d’une Ambassade d’Haïti à Trinidad And Tobago afin de défendre les droits et intérêts des Haïtiens.

La CARICOM et Cuba veulent reconstruire Haïti, affirme Martelly

Le chef de l’Etat est revenu du sommet de Port of Spain rempli de promesses portant sur la présence des pays de la Caraïbe dans différents domaines de coopération

Publié le vendredi 9 décembre 2011

Le Président Michel Martelly a indiqué vendredi à son retour du sommet de Trinidad et Tobago que les pays de la Communauté Caraïbe (CARICOM) et Cuba se sont engagés à participer activement à la reconstruction d’Haïti dans le cadre de la dynamisation de la coopération sud-sud, sur le modèle de la Communauté des Etats latinoaméricains et caribéens (CELAC) fraîchement créée.

Dans une résolution adoptée à l’unanimité, les deux parties ont exprimé leur volonté d’orienter leurs efforts dans le sens des directives des autorités haïtiennes.

Selon le chef de l’Etat, outre le renforcement stratégique de la coopération obtenu à Port of Spain, Cuba a promis de consolider sa présence en Haïti dans différents domaines tels l’éducation, la santé, l’environnement, l’agriculture et le tourisme.

Martelly en a profité pour remercier son homologue cubain, Raùl Castro, de son implication dans la défense de la cause haïtienne en mettant l’accent, à chaque fois, sur la dette du monde envers notre pays.

« Nous avons joué un rôle très important dans l’histoire de l’humanité », a rappelé le Président haïtien admiratif devant la sollicitude M. Castro.

Par ailleurs, en marge de la quatrième réunion CARICOM/Cuba, il a été décidé que le prochain sommet de l’Association des Etats de la Caraïbe (AEC) se tiendrait len été 2012 en Haïti.

Il a été également question de l’ouverture d’une ambassade haïtienne à Trinidad qui serait en même temps la représentation diplomatique du pays auprès de la CARICOM et de l’AEC.

Pour sa part, le ministre des affaires étrangères, Laurent Lamothe, annonce la signature la semaine prochaine de deux accords techniques entre Haïti et Cuba qui permettront à des techniciens cubains de prendre en charge les problèmes mécaniques du parc automobile du Centre national des équipements (CNE), du SMCRS et de la compagnie de transport public Dignité. spp/Radio Kiskeya

Haïti – Diplomatie :

Laurent Lamothe veut 168 missions d’affaires par an

10/12/2011 08:02:34

Haïti - Économie : Laurent Lamothe veut 168 missions d'affaires par anLaurent Lamothe le Ministre des Affaires Étrangères et des Cultes a répondu à quelques questions des internautes. Au préalable M. Lamothe a précisé «… la stratégie « Haiti is Open for Business » est une stratégie qui vise à changer la diplomatie, de la diplomatie traditionnelle à une diplomatie d’affaires, d’affaires pourquoi ? Pour mettre en place les voies et moyens et essayer de présenter Haïti comme un pays émergeant. Nous voulons que dans les années à venir, Haïti devienne un pays où les gens nous voient, non pas comme une œuvre humanitaire, mais comme un pays là où ils peuvent venir investir et en même temps créer des emplois […] »
À la question « Quel sont vos plans pour changer l’image des missions diplomatiques ? », le Chancelier Lamothe à répondu :
« Premièrement, ce que nous avons fait, c’est une analyse des missions, des coûts de chaque mission à travers le monde et nous avons décidé que les missions diplomatiques d’Haïti doivent servir plutôt de mission pour attirer les investisseurs en Haïti.
Non pas des missions passives, mais des missions très actives, nous allons envoyer une note circulaire à tous les Consulats et Ambassades pour leur demander de venir avec au moins 4 missions d’affaires par an en Haïti.
Nous avons 42 Consulats et Ambassades, donc ça ferait 168 missions d’affaires par an, ce qui est nouveau, parce qu’Haïti ne voyait presque jamais de missions d’affaires, donc nous encourageons les Consulats et Ambassades à faire des missions d’affaires.
Deuxièmement, le profil des Ambassadeurs changera et passera d’un profil plutôt de diplomate à un profil assez agressif, un profil universitaire avec maitrise, un profil d’entrepreneur, d’homme d’affaires, pouvant attirer l’investissement, des gens qui ont l’habitude de travailler dans le matchmaking dans le networking à travers le monde pour que la promotion d’Haïti se fasse de manière digne et de manière à rendre chaque Haïtien fier. Ceci devrait encourager l’investisseur à venir investir ici en Haïti »
HL/ HaïtiLibre

L’icône de la télé américaine, Oprah Winfrey, en Haïti samedi

Le gouvernement demande à la population de rendre agréable le séjour de cette VIP venue réaliser une émission spéciale sur la situation du pays.

Publié le vendredi 9 décembre 2011

La superstar de la télévision américaine, Oprah Winfrey, est attendue samedi à Port-au-Prince pour sa première visite en Haïti, a annoncé vendredi le ministre des affaires étrangères, Laurent Lamothe.

La présentatrice de « The Oprah Winfrey Show » doit réaliser une émission sur la situation du pays, près de deux ans après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010.

Le chancelier a invité les haïtiens à accueillir chaleureusement partout la célèbre visiteuse afin, affirme-t-il, qu’elle se sente chez elle.

Première femme noire milliardaire, animatrice et productrice de télévision de talent, Oprah Winfrey, 57 ans, est aussi actrice de cinéma. Elle a notamment joué en 1985 sous la direction de Steven Spielberg dans le film à succès La couleur pourpre.

Elle est l’une des personnalités les plus populaires aux Etats-Unis. spp/Radio Kiskeya

Haïti – Diaspora :

Selon Daniel Supplice la diaspora est prête a investir mais…

10/12/2011 09:17:42

Haïti - Économie : Selon Daniel Supplice la diaspora est prête a investir mais...Selon le Ministre des Haïtiens Vivant à l’Étranger (MHAVE), Daniel Supplice les Haïtiens vivant à l’étranger désirent retourner en Haïti pour y investir leur argent. Seulement, ils attendent du gouvernement haïtien, la mise en place de structures fortes, capables de les accueillir.
M. Supplice a également indiqué que dans les seules banques américaines, « les avoirs des compatriotes sont estimés à environ 50 milliards de dollars ». D’un autre côté M. Supplice souligne que les Haïtiens résidant à l’étranger ont une volonté d’aider « Ils peuvent faire beaucoup plus que d’envoyer des transferts qui ne servent qu’à la consommation. Seulement ils espèrent un peu plus d’effort de la part de l’État. »
Rappelons que le titulaire du MHAVE a effectué un voyage aux États Unis du 26 novembre au 4 décembre 2011 au cours duquel il s’est entretenu avec des élus américains d’ascendances haïtiennes, dont Carrie Sollages, Législateur à County Nasseau, Rosemonde Pierre-Louis, vice-présidente du Conseil municipal de Manhattan… Il a également rencontré avec des professionnels Haïtiens, dont des groupes d’ingénieurs, des professeurs retraités qui espèrent mettre leurs compétences au profit des fils du pays, restés dans la mère Patrie, des hommes et des femmes d’affaires qui souhaitent investir dans des condominiums…
Par ailleurs, le bureau de communication du MHAVE a fait savoir que le Ministère avançait à grand pas dans le processus de restructuration. Le projet de Loi organique a déjà été soumis au Premier Ministre pour les suites légales, le projet de budget du MHAVE est fin prêt, des consultations sont en cours pour la mise en place des bureaux dans les Consulats et les Ambassades d’Haïti à l’extérieur afin de faciliter l’enregistrement des Haïtiens à l’étranger, principal projet du titulaire du MHAVE.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-4383-haiti-politique-daniel-supplice-plaide-pour-l-identification-effective-de-la-diaspora.html
http://www.haitilibre.com/article-4366-haiti-politique-daniel-supplice-rencontre-la-diaspora-aux-etats-unis.html
http://www.haitilibre.com/article-4344-haiti-politique-premier-debat-sur-la-question-de-l-identification-de-la-diaspora-haitienne.html
http://www.haitilibre.com/article-4339-haiti-usa-premier-voyage-officiel-pour-daniel-supplice.html
HL/ HaïtiLibre

Haïti – Reconstruction :

14 millions pour l’amélioration de l’alimentation en eau potable à Jacmel

10/12/2011 09:51:29

Haïti - Reconstruction : 14 millions pour l’amélioration de l'alimentation en eau potable à Jacmel

Cette semaine, un contrat d’un montant de 14 millions de dollars a été signé entre la BID, l’AECID et la DINEPA pour l’amélioration de l’alimentation en eau potable de la ville de Jacmel, ainsi que différents travaux pour la zone des Zorangers.
« Ce contrat s’inscrit dans le cadre d’un programme, qui a été établit entre la Banque Interaméricaine de Développement (BID), pour le financement, le Gouvernement espagnole, à travers l’Agence Espagnole de Coopération Internationale pour le Développement (AECID) et la Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement (DINEPA) pour la construction et la réhabilitation de réseaux dans différentes villes secondaires au niveau nationale.
Des travaux sont en cours de réalisation dans de nombreuses villes, par exemple : à Port-de-Paix, à Ouanaminthe, à Saint-Marc et aux Cayes. Un contrat avec un groupement hispano-colombien-haïtien a également été signé pour la réalisation des travaux dans la ville de Jacmel. «… ce sont des travaux importants qui vont permettre une amélioration notable de l’alimentation en eau potable de la ville. Les travaux consistent en la construction de 3 stations de pompage sur des forages déjà existants, la construction d’un réservoir de 1,100m3 dans la région de Monchile, la réalisation d’une station de filtration d’eau dans la zone des Zorangers, l’agrandissement d’un réservoir de 700m3 à 1,300m3 toujours dans la même zone et également la construction et la réhabilitation du réseau de distribution, et l’installation, dans un premier temps, de 3,000 branchements domestiques…» a expliqué Gérald Jean-Baptiste, Directeur Général de la DINEPA.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-4213-haiti-social-un-service-d-eau-a-saint-marc-tres-prometteur.html
HL/ HaïtiLibre

Des parlementaires haïtiens et allemands évaluent la coopération germano-haïtienne

Une délégation de parlementaires allemands séjourne actuellement en Haïti afin d’évaluer la coopération germano-haïtienne. Hier jeudi les parlementaires allemands ont eu des entretiens avec leurs homologues haïtiens ainsi que le Premier Ministre Gary Conille.
La rencontre avec le groupe de parlementaires haïtiens, présidé par le président du Sénat, Roudolph Joazile, a permis de considérer l’impact de l’aide allemande. Le gouvernement d’Angella Merckel a accordé plus de 500 millions d’euros d’aide à Haïti depuis le violent séisme du 12 janvier 2010.
Le sénateur Joazile a insisté auprès de ses homologues allemands sur la nécessité pour que l’aide soit allouée au budget de la république. Il rappelle que les législateurs n’ont aucun contrôle sur les fonds transitant par les organisations non gouvernementales et la commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti.
Les parlementaires allemands, représentants des partis politiques différents, se sont engagés à œuvrer pour le renforcement des relations avec Haïti. La présidente de la délégation a mis l’accent sur l’importance d’une utilisation efficace des fonds alloués sur le plan bilatéral ou a travers les institutions multilatérales.
Lors d’une rencontre avec le Premier Ministre Conille, les parlementaires allemands ont également abordé le thème de l’efficacité de l’aide. Au cours de cette rencontre M. Conille a présenté les priorités du gouvernement pour favoriser le développement économique.
Qualifiant la rencontre de fructueuse le chef du gouvernement dit espérer que les parlementaires allemands feront des plaidoyers auprès du gouvernement de Merckel et de l’Union Européenne pour une augmentation de l’aide à Haïti.
La délégation a voulu explorer les besoins d’assistance d’Haïti, a insisté M. Conille expliquant avoir mis en évidence les axes prioritaires à renforcer dans le cadre de la coopération germano-haïtienne. Les secteurs prioritaires devraient être l’environnement, l’état de droit et la création d’emplois.
LLM / radio Métropole Haïti

Haïti – Reconstruction :

Visite en Haïti du «Ministre» Louis Farrakhan

10/12/2011 13:40:53

Haïti - Reconstruction : Visite en Haïti du «Ministre» Louis FarrakhanLe «Ministre» Louis Farrakhan, dirigeant de l’organisation politique et religieuse « Nation of Islam », sera en Haïti du 11 au 15 décembre 2011. Le but de sa visite est de dialoguer avec certains secteurs du pays en vue d’encourager un grand mouvement visant l’union de tous les haïtiens pour qu’ils puissent ensemble s’atteler à la tâche de la reconstruction d’Haïti.
M. Farrakhan, qui a déjà fait installer à la Plaine du Cul-de-Sac, une usine de traitement d’eau potable fonctionnant à énergie solaire, d’une capacité de 30,000 gallons par jour, compte également faire une évaluation des besoins du pays afin de déterminer comment accroître sa contribution dans le domaine de l’assistance humanitaire.
Il souhaite également établir un dialogue constructif avec toutes les autorités religieuses du pays puis convoquer le public à une grande « Rencontre de l’Unité pour l’Avancement de la Famille Haïtienne » au cours de laquelle il lancera un message pour promouvoir la réconciliation, l’union et la Paix en Haïti. Des contacts fructueux ont été déjà établis avec la Conférence Episcopale, Religions pour la Paix en Haïti, la Fédération Protestante d’Haïti et l’Ati Max Beauvoir.
Programme de la visite de M. Louis Farrakhan en Haïti
Dimanche 11 décembre
4h20pm Arrivée de La Délégation à l’Aéroport Toussaint Louverture
4:30 – 5:30pm Accueil au Salon Diplomatique par le Gouvernement de la République d’Haïti. Cette session comprendra : des Propos de bienvenue du Premier Ministre ou du Ministre des Affaires Etrangères ; une Brève allocution de l’Ambassadeur Wyclef Jean ou de son représentant ainsi qu’un message au peuple haïtien de l’Honorable Louis Farrakhan.
7:00 – 9:30pm Réception de bienvenue au Karibe Convention Center, Invités : Membres du Corps Diplomatique, Officiels du Gouvernement, Membres du Corps Législatif, Membres du Corps Judiciaire, Hauts Fonctionnaires de l’État, Membres du Secteur Financier et du Secteur Privé.   
Lundi 12 décembre
2:00 – 3:00pm : Visite du Site du Système de Traitement d’Eau à la Plaine du Cul-de-Sac
Mardi 13 décembre
9:00 – 10:00am : Visite à la population vivant sous les tentes
11:00pm – 3:00pm Visite à Kenscoff
3:30 – 4:30pm Visite au Sénat de la République
4:45 – 5:45 pm Visite à la Chambre des députés
Mercredi 14 décembre
12:00 pm – 1:00pm Conférence de Presse à l’Hôtel le Plaza
3:30 pm – 5:30pm Rencontre de l’Unité de la Famille Haïtienne, avec le grand public au Champ-de-Mars. Au programme : Adresse d’un représentant de chaque confession religieuse ; Discours de l’Ambassadeur Wyclef Jean ; et Message de l’Honorable Louis Farrakhan.
Jeudi 15 décembre
Départ de la délégation.
HL/ HaïtiLibre

Haïti – Reconstruction :

Travaux de démolition à l’Hôpital Général

10/12/2011 08:13:48

Haïti - Reconstruction : Travaux de démolition à l'Hôpital GénéralLes travaux de démolitions de l’hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (HUEH) ont commencé depuis le début du mois de décembre. La priorité est donnée à la sécurité des usagers et des patients de l’hôpital, un périmètre de sécurité a été établi car « ces bâtiments ont subit des dégâts importants  […] ça peut tomber d’un moment à l’autre avec les risques de répliques en Haïti » a indiqué Guy Laroche, Directeur de l’HUEH.
Pour le début des travaux à l’HUEH, un château d’eau en béton ainsi que trois bâtiments ont été identifiés : la pédiatrie, le laboratoire et la chirurgie ont été transférés temporairement dans des locaux préfabriqués en attendant d’être reconstruits.
« Nous avons pris toutes les précautions pour effectuer la démolition en toute sécurité. Nous avons délimité le site avec des barrières et nous avons mis en place un système d’arrosage pour éviter la diffusion des poussières générées par l’effondrement de la bâtisse », explique Vladimir Goin, responsable de projet de l’ONG Disaster Waste Recovery (DWR). « Notre intervention ne s’arrête pas à la démolition, nous mettons les débris recyclables de côté et nous les envoyons vers le site de recyclage de l’UNOPS pour être transformés en matériaux de construction tels que des pavages de rue et des Adoquins et ceci en collaboration avec le MTPTC ».
Situé dans le quartier de Lélio-Morne à Tuf, l’hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti est un des 8,800 bâtiments à démolir [classés rouge] dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, dans le cadre du programme de gestion des débris. Coordonnés par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et mis en œuvre par le Bureau des Nations Unies pour l’appui aux projets (UNOPS) et l’ONG DWR, les travaux de démolition de l’hôpital seront terminés avant  la fin de l’année.
Première phase
La démolition est la première phase de la reconstruction de l’HUEH pour laquelle 52 millions de dollars américains sont engagés par les Etats-Unis (USAID), la France (AFD) et la République d’Haïti. L’HUEH a été construit au début des années 20, c’est le plus grand centre hospitalier en Haïti, avec une capacité de 700 lits. Il reçoit plus de 10,000 nouveaux patients par mois.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-3444-haiti-sante-debut-de-la-premiere-phase-de-rehabilitation-de-l-hueh.html
S/ HaïtiLibre

EDITO :

Petits souliers et grandes ambitions

Cuba a tapé dans l’oeil du président Martelly. Les deux frères Castro ont dû lui parler d’or. Depuis son retour de Cuba, le président se montre très sensible à la cause de ce pays frère, proche géographiquement et ami fidèle qui, en dépit de ses difficultés internes, n’a jamais laissé tomber Haïti depuis que les relations diplomatiques ont été rétablies entre les deux capitales. Martelly pro-Cuba, on ne s’y attendait pas !
Le président a aussi succombé sous le charme d’un tèt kale comme lui : Hugo Chavez. L’un, par coquetterie, se rase la boule, l’autre, des suites de sa chimiothérapie, a perdu ses cheveux. Plus qu’un effet de mode, l’accolade de Caracas a, semble-t-il, scellé une amitié naissante. Le Venezuela, il faut le dire, chouchoute Haïti par reconnaissance bolivarienne qui se traduit par les millions de Petro Caribe.
Louanger la coopération avec le Venezuela, c’est célébrer la pompe à projets qu’alimente le fonds le plus disponible qui soit. L’argent de Chavez est plus liquide et plus accommandante que celui des institutions financières.
L’axe Cuba-Venezuela-Brésil a de beaux jours devant lui, même si le président n’a pas encore visité Brasilia.
Dans les valises de voyage de ce dernier mois, la CARICOM revient en force avec comme bonus l’Association des Etats de la Caraïbe. En peu de temps, le président du 14 mai s’est fait connaître en bien dans toute la région.
Les amitiés Sud-Sud donnent une ouverture à nos relations internationales. Même si une visite d’État à Obama, Sarkozy, Harper ou à Rousseff manque dans le décor. Avec ces anciens et toujours amis d’Haïti, il serait bon de resserer les liens face à face.
Le retour de voyage de ce vendredi de la délégation présidentielle n’a pas caché non plus la petite série de déconvenues qui emaillent la bonne tenue de nos relations étrangères. Après le deuxième report du déplacement en France, c’est l’Argentine qui va manquer encore une fois sur la liste des pays visités par le président Martelly. Une affaire de "woulib perdue" dans un avion surinamien a occasionné l’annulation du périple argentin.
Dans ses déclarations devant la presse au salon diplomatique de l’aéroport Toussaint Louverture, le président Martelly a minimisé l’affaire Argentine. Au programme, il n’avait qu’une seule rencontre bilatérale avec un éleveur de bétail qui visitera Haïti en février pour rattraper son rendez-vous manqué. Le président n’ayant pas accepté de questions, les journalistes n’ont pas pu lui demander si rien n’avait été prévu avec madame Kirchner, la présidente à l’intronisation de laquelle il se rendait.
La grande annonce de ce vendredi est l’ouverture prochaine d’une ambassade à Port of Spain. Trinidad, c’est loin, mais que voulez-vous ? après les 23 consulats en Afrique et le mannequin tchèque comme consul honoraire. On ne va pas s’arrêter en si bon chemin.
D’ambassade en consulat, le ministère des Affaires étrangères va s’étendre, gonfler ses effectifs et élargir son champ de représentativité. Cela coûtera cher, demandera des hommes et des femmes de talent ; mais la grande question est de savoir si la chancellerie pourra intégrer dans un vrai plan d’ensemble toutes ses ambitions.
Pourra-t-on mélanger harmonieusement affaires et affaires étrangères ?
La diplomatie a ses règles séculaires, codifiées, coulées dans le béton. On peut certes oser les bousculer sans jamais les ignorer. Sinon les " woulib" manquées, les rendez-vous annulés et autres petites peccadilles vont miner l’édifice.
Les détails sont le talon d’Achille de la diplomatie.
Frantz Duval
duval@lenouvelliste.com

Les pieds dans le plat

Haïti: À refaire ?

Tout est à refaire ! Vérité de La Palice, direz-vous? Premièrement, on refait toujours les mêmes erreurs, on a les mêmes reflexes, on manifeste les mêmes frustrations, et on tente d’imiter, avec une frénésie de déments, les mêmes clowneries de l’autre. Deuxièmement, si tout est à refaire dans le bon sens, il faudrait bien savoir par où commencer. On organise des colloques. On entend et on lit de brillantes démonstrations, mais c’est comme si la réalité, on ne la voyait pas parce que cette réalité, ce quotidien inhumain, bestial, personne ne semble vouloir s’y attaquer.
Moi, j’aurais voulu que tout le gouvernement se rende un samedi matin à Pont-Sondé, au marché presque en plein air sur la route nationale numéro un avec cette nuée de marchandes assises à même le pont et ce nombre impressionnant de véhicules publics en mauvais état chargeant et déchargeant, dans le chaos le plus total, humains et marchandises. On peut y être bloqué plus d’une heure. C’est le spectacle le plus délirant auquel on peut assister dans un pays qui se glorifie de ses deux cents ans d’indépendance et de sa victoire sur le colonialiste. Voici un marché public qui rapporte, dit-on, énormément à l’Etat. Mais les conditions révoltantes, écoeurantes démontrent, ici encore, que les gouvernements de notre république ne sont que dans la représentation et que la réalité ne les concerne pas. Et le marché de Pont-Sondé, sur la route nationale numéro un en plein début du XXIe siècle, n’est qu’un exemple parmi des centaines d’autres.
En revenant du Cap dimanche dernier, on a eu un peu de frayeur en voyant de loin, dans la zone de Saint-Christophe, quelques kilomètres avant le désormais célèbre Canaan, une foule de gens sur la route avec piquets, bâches, sacs et que sais-je encore. Nous, qui étions dans la voiture, avions cru que nous allions tomber en plein dans une émeute. Eh bien, non ! Il y avait quelques policiers qui consciencieusement vérifiaient les papiers des véhicules et les permis de conduire pendant qu’une multitude de gens traversaient la nationale, s’infiltraient dans la savane vers la montagne en quête de lopins de terre à squatter. À Saint-Christophe commence à se construire un mégabidonville aussi énorme que Canaan. Dans quelques années, nous aurons le long de la nationale numéro un les plus grands bidonvilles de la Caraïbe. Une affaire en or pour les ONG qui pourront monter ici un tas de projets, car visiblement on ne voit pas comment ces gens pourront vivre dans un environnement aussi hostile, sans eau, sans électricité, sans sécurité.
Entre-temps, on parle toujours de ce projet de nouveau Port-au-Prince. Un nouveau centre-ville pendant que tout autour reste inchangé : l’environnement immédiat, les bassins versants, les bouteilles en plastique dans la mer et dans les égouts, etc. Des millions de dollars probablement pour des études. Cela sent l’arnaque à plein nez. Cela ne serait pas la première fois que le peuple haïtien se fait arnaquer avec la complicité de ses dirigeants.
Dans une banque à Pétion-Ville, ce vendredi matin, un homme, presque les larmes aux yeux, protestent vivement parce qu’on ne veut pas lui changer un chèque de 1 000 dollars américains alors qu’il a un compte tout ce qu’il y a de plus régulier. Il a une urgence. Il vient de loin. On lui oppose une fin de non-recevoir. En colère, il s’en va en frappant la porte. On lui interdit de remettre les pieds dans la banque et les agents de sécurité menacent même de lui passer les menottes. Le spectacle est choquant. Le client en colère a frappé la porte, certes. Mais ne lui a-t-on pas aussi frappé la porte au nez en lui refusant un service auquel il a droit, alors qu’un autre citoyen, avec un nom connu ou occupant une fonction importante mais certainement parasitaire, aurait eu droit, lui, à tout le service qu’il aurait demandé ? Bref ! le système se nourrit de l’avoir des petits; mais les petits, il les méprise. L’apartheid est toujours là.
Mon père m’a un jour raconté l’histoire de François Duvalier, alors simple petit médecin de campagne, qui revenait une fin de semaine de la province et qui se dépêche de se présenter à la porte de la Banque nationale pour changer son petit chèque. Les agents de sécurité lui refusent l’entrée, car c’est déjà l’heure de la fermeture. Le médecin les supplie presque, car c’est de ce chèque que dépend la nourriture de sa famille. Les agents de sécurité font la sourde oreille. Arrive un homme bien mis, au teint clair, qu’on reconnaît comme étant le rejeton d’une grande famille. Il vient pour la même chose. Les agents le laissent courtoisement passer. Le médecin s’en va, sans rien dire. On sait tout ce qui s’est passé par la suite.
Les puissants oublient trop souvent que les petits, à la faveur de n’importe quoi, peuvent faire tomber des têtes et installer l’enfer dans les paradis les mieux protégés!
Gary Victor

Haïti-Insécurité:

Un banquier, un médecin enlevés, la police recherche

Samedi, 10 Décembre 2011 10:08 HPN Societe & Loisirs Societe

Un très important homme d’affaires, banquier et importateur ainsi qu’un médecin (femme) ont été enlevés depuis deux jours à Port-au-Prince et seraient toujours aux mains de leurs ravisseurs qui réclament des sommes faramineuses pour les relâcher, a appris Haiti Press Network.

L’enlèvement a été perpétré jeudi et les proches des deux otages étaient en contact téléphonique avec les ravisseurs qui exigeraient des centaines de milliers de dollars, a indiqué à HPN une source bancaire sous couvert de l’anonymat.
"Nous souhaitons que la presse ne divulgue pas les noms des personnes enlevées pour laisser le temps de négocier leur libération", a répondu à HPN un banquier contacté par téléphone.
La police n’a pas fait de déclaration sur cet enlèvement spectaculaire, mais on les policiers auraient retrouvé un véhicule impliqué dans le kidnapping, avons-nous appris.

Haïti-Économie :

Rareté du billet vert due à des restrictions imposées par les banques internationales

Le pays importe trop de dollars…

P-au-P, 9 déc.2011 [AlterPresse] — La rareté du dollar observée depuis plus d’une semaine en Haiti est, entre autres, due à des restrictions imposées par les banques internationales sur l’importation de la devise américaine dans le pays, indiquent les autorités de la Banque centrale.

Les banques étrangères ont été alertées par le niveau de demande du billet vert par Haïti et ont pris des dispositions pour diminuer ces retraits, explique le gouverneur de la Banque de la République d’Haïti (BRH) Charles Castel lors d’une rencontre avec la presse.

Depuis plusieurs jours, les banques commerciales limitent les retraits que les clients peuvent effectuer sur leurs comptes. Dans certains guichets, les limites de retraits sont passées de 1.200 à 350 USD.

La rareté constatée, « n’a rien de politique, cela n’a rien d’artificiel. C’est quelque chose de normal parce que nous ne faisons pas de dollars », déclare Castel.

Haiti importe le dollar comme tout autre produit, ajoute-t-il, et les restrictions imposées au niveau international font que « les banques n’ont pas de cash ‘argent Comptant’ », ce qui, selon lui, explique les limites imposées sur les retraits.

Pour pallier le problème le gouverneur Castel préconise l’utilisation de monnaie électronique, des chèques de direction et de la carte débit.

« Nous demandons au public de faire beaucoup plus l’usage du SPI (service de paiement interbancaire) ».

Le SPI est un système qui permet de payer ses factures (de toute sorte) en faisant le virement sur le compte du fournisseur. Les transactions se complètent dans 24 heures.

Il invite les banques à faire l’intégration de ce système pour favoriser les transferts d’argent. Le SPI est actif depuis près de 3 ans, selon les propos de Charles Castel.

Quant à la carte débit, elle « sera une réalité d’ici l’année 2012 », assure –t-il.

La banque centrale est en train de négocier avec les autres banques pour développer les interfaces sur l’usage de la carte de débit.

Par ailleurs, il affirme que des commandes d’importation du billet vert ont été placées et annonce qu’il y aura moins de pression sur le marché d’ici la semaine prochaine.

Il faut changer d’attitude

Pour l’économiste Eddy Labosière, les mesures prises par les banques haïtiennes de limiter les retraits sans avis préalable constituent « un manque de respect pour les déposants ainsi que le public en général, parce qu’il fallait préparer le public ».

« Le domaine de la finance est difficile et même fragile, n’importe quelle décision peut entrainer des mouvements de panique », ajoute-t-il.

Labossière critique aussi l’intervention tardive des autorités bancaires pour tenter de calmer la fureur des clients. Selon lui, il s’avère nécessaire de faire un travail de communication appropriée.

L’économiste souligne para ailleurs que l’économie mondiale est en train de changer depuis l’attentat du 11 septembre 2001aux Etats-Unis d’ Amérique. De plus en plus de gens utilisent de la monnaie électronique.

Ainsi, soutient-il, les Haïtiens doivent changer d’attitude de même que les banques afin de s’inscrire sur la voie de la modernité.

« Le mieux serait de permettre aux gens d’utiliser la monnaie scripturale, les chèques et les cartes de crédits, ce qui pourrait contribuer à diminuer les transactions en cash, qui font que les gens ont des montants considérables en poche », préconise Labossière.

« Pour cela, il faut faire un travail d’éducation auprès du public pour qu’il puisse s’adapter à la nouvelle forme de l’économie mondiale », suggère l’économiste. [rh jep gp apr 09/12/ 2011 17 :30]

Haïti-Economie:

Les transferts de devises livrés en gourdes dès janvier

Vendredi, 09 Décembre 2011 22:40 HPN Nouvelles Economie

Le gouverneur de la Banque centrale d’Haïti (BRH) M. Charles Castel a annoncé vendredi que les transferts effectués en devise étrangère en Haïti seront versés en gourdes lors d’un point de presse à la BRH. La mesure sera effective dès les premiers jours de 2012.

« À partir du mois de janvier, les bénéficiaires de transferts qui proviennent de l’étranger recevront l’argent en monnaie nationale qui est la gourde », a-t-il confirmé.
Jusqu’à présent les transferts d’argent effectués par les Haïtiens vivant à l’étranger sont versés en dollars aux destinataires.
Selon des chiffres disponibles les transferts de la diaspora dans l’économie nationale représente plus de 1,5 milliards de dollars par année.
La décision de payer les expéditions d’argent en gourdes entrera en vigueur dans moins d’un mois  a été annoncée au moment où le système bancaire accuse une rareté de dollars.
Depuis quelques semaines, les banques ont décidé de faire des restrictions dans les opérations bancaires n’acceptant de livrer qu’un montant de 500 dollars en billets par tirage bancaire.

Haïti-Patrimoine :

Les Etats-Unis accordent 41 mille dollars pour valoriser des sites historiques

P-au-P, 9 déc. 2011 [AlterPresse] — L’Institut de Sauvegarde du Patrimoine National (ISPAN), a reçu un chèque d’un montant équivalent à 41 mille 500 dollars américains de la part de l’ambassade des Etats-Unis en Haïti, ce vendredi 9 décembre.

Ce don offert lors d’une cérémonie au Fort Jacques (est de la capitale), vise à soutenir la publication d’un catalogue des différents sites historiques existants dans le pays, selon les informations communiquées sur place aux journalistes, dont un reporter d’AlterPresse.

Les Etats-Unis espèrent ainsi appuyer les efforts de sauvegarde du patrimoine en Haïti ainsi que le développement touristique du pays par la documentation.

Selon l’ambassadeur américain, Kenneth Merten, « ce catalogue contiendra les photos de deux cents sites qui se trouvent dans le Nord d’Haïti. Ces sites possèdent une énorme valeur sur le plan culturel. Ce catalogue permettra également de voir les efforts qui se font dans ce domaine ».

Des avantages économiques sont attendus, avec le caractère attractif des sites pour les touristes étrangers, qui auront accès à ce catalogue.

L’argent octroyé à l’ISPAN permettra également la protection du site de Fort Jacques, sévèrement endommagé lors du séisme du 12 janvier 2010.

« La partie caractéristique du fort, plus particulièrement la rotonde s’est effondrée, les voûtes du fort ont été fissurées. Le fort nécessite de sérieux travaux de restauration », explique le directeur de l’ISPAN Daniel Elie.

Daniel Elie souligne que les travaux de restauration permettront aux jeunes de profiter au mieux du Fort Jacques, qui représente depuis des années un lieu de prédilection pour les sorties récréatives ou les excursions.

L’ambassadeur des Etats-Unis, Kenneth Merten indique que les vestiges de ce fort représentent une « énorme richesse culturelle, qui pourrait servir de leçon pour véhiculer les idées de leadership que les ancêtres ont léguées à ce pays ».

La subvention entre dans le cadre d’une initiative de Washington tournée vers la préservation des patrimoines à travers le monde. Le congrès américain a décaissé dans les années 2000 plus de 28 millions de dollars en vue de permettre la protection des monuments dans près de cent trente pays, selon l’ambassade. [jep kft gp apr 9/12/11 15 :00]

Confiscation, au cours des 6 derniers mois, d’une dizaine d’immeubles et de propriétés ayant appartenu à des trafiquants de drogue

Cent quatre vingt quinze (195) individus activement recherchés pour divers crimes financiers

Publié le samedi 10 décembre 2011

Le Bureau des Affaires Financières et Economiques (BAFE) de la Police Nationale d’Haïti, a procédé, de juillet à décembre 2011, à la saisie de 10 immeubles et de 6 propriétés ayant appartenu à des trafiquants de stupéfiants jugés et condamnés aux Etats Unis, selon un rapport de l’institution circulant dans les milieux judiciaires.

Cinq des 10 immeubles confisqués (faisant désormais partie du domaine privé de l’Etat) sont d’une valeur marchande d’environ un million cinq cent mille (1,500,000.00 USD) dollars américains, selon le rapport. Les confiscations de propriétés (terrains et plages) ont été effectuées particulièrement dans le Sud-Est, plus précisément dans les communes de Thiotte, Anse-à-Pitres, Grand-Gosier et Belle-Anse.

Pendant, la même période, le BAFE a procédé à l’arrestation d’au moins 9 individus impliqués respectivement dans des dossiers tels que faux et usages de faux, vols, blanchiment d’argent, détournements de fonds, escroqueries, contrebande, associations de malfaiteurs. Ils ont été déférés à la justice. Cent quatre vingt quinze (195) autres individus sont activement recherchés pour les mêmes chefs d’accusation, indique le rapport.

Outre des biens immobiliers, des biens meubles de nature diverse appartenant aux personnes concernées, ont été également confisqués lors des opérations menées pendant la période considérée.

Le BAFE est une unité relevant de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) qui opère en étroite collaboration avec l’Unité Centrale de Renseignements Financiers (UCREF) créée par décret pendant la transition (2004-2006) et dont la mission principale est de lutter contre le blanchiment d’argent et les opérations financières illicites en général, notamment au niveau du système bancaire. [jmd/ Radio Kiskeya]

Haïti – Économie :

Pépinière d’entreprises au Camp Corail

10/12/2011 11:17:31

Haïti - Économie : Pépinière d'entreprises au Camp CorailL’ONG « Entrepeneurs du Monde » a inauguré cette semaine une pépinière d’entreprises au Camp Corail pour donner la possibilité à nos compatriotes d’ouvrir leur propre petite affaire dans cette localité à partir des crédits octroyer par cette ONG. Pour ce projet, 3 bâtiments ont été construit selon les normes parasismiques et paracycloniques pour un montant de 50,000 dollars américains. Les ingénieurs expliquent que ces constructions pourront durer plus de 20 ans, dépendant de l’entretien fait par les locataires « Ces bâtiments sont d’architecture traditionnelle, inspirés d’une Gingerbread, comme nous pouvons en trouver à Port-au-Prince. Ces bâtiments sont en ossature en bois […] le principe est de créer une ossature légère qui va pouvoir dissiper l’énergie du séisme, c’est une ossature flexible… » a précisé l’ingénieure Florie Dejeant.
Guillaume Mellot, Coordinateur Général post-urgence, a expliqué ce que la pépinière d’entreprises va apporter aux nouveaux entrepreneurs «… la première année il n’y a pas de frais de location d’espace, c’est gratuit, c’est une pépinière d’entreprises, elle est là pour accompagner les gens à lancer leur business. Au bout d’un an, ils commenceront à payer un loyer calculé en fonction des capacités de chacune des entreprises […] au terme de la troisième année […] l’entreprise s’en va, parce que normalement elle a acquis la capacité d’aller louer son propre local […] et elle laisse sa place à une autre entreprise… »
L’ONG « Entrepeneurs du Monde » met également à la disposition des nouveaux entrepreneurs une enveloppe budgétaire baptisée « Fonds Corail ». Les jeunes entrepreneurs pourront avoir accès à des prêts allant de 75,000 à 150,000 gourdes, toutefois, le fonds ne peut aller au-delà de 30 petites entreprises. Seront encouragés les projets tels que : cybercafé, salon de coiffure, restaurants, boulangerie etc…
HL/ HaïtiLibre

Lambert, des déboires aux succès

Lorsque Joseph Lambert prêtait serment comme sénateur de la République, il y a six ans, il ne savait pas qu’il allait devenir l’un des personnages les plus influents de la scène politique haïtienne. Parallèlement à sa notoriété et à son succès, le sénateur Lambert a connu des déceptions, des déboires et des déconvenues pendant son mandat de six ans. Retour sur une riche page d’histoire de la vie de ce natif du département du Sud-Est, qui se présente comme un social-démocrate.

Joseph Lambert, ancien président de l’Assemblée nationale

Joseph Lambert, accompagné de l’ancien président américain Georges Bush et de Balthazar Bob

De g. à d. Pierre Eric Jean-Jacques, Joseph Lambert et le Premier ministre du Québec, Jean Charest

Souvenir de la célébration du 22e anniversaire du mariage des époux Lambert en Chine

 

 

 

 

 

Joseph Lambert et sa femme Jésula Domond accompagnés de leurs enfants Samenta et Bradley

Coordonateur national de la plateforme Inite, ancien président du Sénat, ancien député de la 45e législature, Joseph Lambert, né le 5 février 1961 à La Montagne (Jacmel), est certainement entré dans l’histoire du Parlement haïtien. Il a gagné presque toutes les batailles engagées jusqu’ici au Sénat de la République depuis son investiture en 2006. La destitution du gouvernement de Jacques Edouard Alexis en 2008 est la seule grande bataille que le parlementaire se rappelle avoir perdu au Sénat. Il était le seul élu de Lespwa, maintenant Inite, à prendre position pour le maintien de Jacques Edouard Alexis face à une majorité hostile et décidée. Se voyant vaincu, il ne s’était pas présenté à la séance d’interpellation d’Alexis réalisée, raconte-t-il, avec la complicité de certains sénateurs de sa plateforme politique.
Les victoires s’enchaînent
La liste est cependant très longue quand le parlementaire, chef de file du Groupe des parlementaires pour le renouveau (GPR), doit parler de ses succès. Sa première victoire, il l’a eue juste après sa prestation de serment. Il s’agissait de se faire élire président du bureau du Sénat. Un an plus tard, l’élu du Sud-Est a été poussé vers la sortie par les mêmes sénateurs qui l’avaient acclamé président du bureau, même ceux de sa plateforme politique « Lespwa».
Aujourd’hui, Lambert, souriant, défend le bilan positif de son mandat. « J’ai fait voter plus de lois, accords et traités que n’importe quel autre président, affirme-t-il. Puis, j’ai donné un certain respect au Grand Corps. » L’image du Sénat, selon Joseph Lambert, s’est un peu dégradé par la suite. «La conjoncture en est peut-être la principale cause », avance-t-il en bon diplomate, sans vouloir rendre responsabe personne, encore moins pointer du doigt un de ses pairs. Surtout qu’il entretient de bonnes relations avec la plupart d’entre eux.
S’il évoque son accession à la présidence du bureau du Sénat comme un bon souvenir, ce n’est pas pour autant la plus grande bataille qu’il a gagnée au Sénat de la République. L’élection de Wenceslas Lambert comme sénateur du Sud-Est dans les élections partielles de 2009 reste sa plus grande satisfaction. « Deux frères légitimes siègent en même temps au Sénat, c’est une grande première dans l’histoire du Parlement haïtien, s’enorgueillit l’ancien élève du lycée Pinchinat de Jacmel, orphelin de mère depuis l’âge de 14 ans. On pensait que c’était quelque chose d’impossible, mais mon petit frère avait gagné les élections honnêtement. »
Entre-temps, l’agronome, plus connu comme politicien, est devenu l’homme de confiance de l’ancien chef de l’Etat René Préval. « J’ai été surpris quand il m’a désigné coordonnateur national de la plateforme Inite », explique Joseph Lambert, dont le mandat de six ans arrive pratiquement à expiration. Comme un fidèle serviteur, le parlementaire dit toujours travailler pour ne pas décevoir le président René Préval. Ironie de l’histoire: le nom de Joseph Lambert figurait, en 1991, sur la liste des cinq députés ayant interpellé René Préval, qui était à ce moment-là Premier ministre.
Dans la longue liste de ses victoires, Joseph Lambert inscrit, d’une part, la défaite de l’ancien Premier ministre désigné Bernard Gousse au Sénat de la République, d’autre part, la ratification de Garry Conille au poste de Premier ministre. « On a pu éviter au pays de sombrer dans une longue période d’instabilité politique », se réjouit Joseph Lambert, qui voit en certains de ses collègues parlementaires, voire chefs de parti, des intégristes politiques qui ne savent pas quand il faut faire des concessions. « On se demande même s’ils ne continuent pas de vivre dans la même conjoncture de 1991. », s’interroge Lambert, qui a commencé à faire de la politique à seulement 14 ans sous le régime des Duvalier. S’il a eu feu Philippe Jules pour mentor, son modèle en politique n’est autre que l’ancien président français Valéry Giscard d’Estaing.
Le gamin qui était à l’époque en classe de 5e secondaire ne faisait que suivre les traces de son père, déjoiste dans l’âme, qui militait contre la dictature des Duvalier. Mineur, les sbires du régime n’ont pas jugé bon de le persécuter, mais son papa a été constamment dans le maquis après avoir passé six ans à Fort-Dimanche. Il a fallu le départ de Jean-Claude Duvalier en 1986 pour que le père du sénateur Lambert accède à la présidence du syndicat des débardeurs de Jacmel, la plus haute fonction qu’il a occupée dans sa vie.
Déception, trahison, déboire
La liste des scandales ou pseudo-scandales auxquels le nom du sénateur Joseph Lambert est associé est aussi longue que ses victoires politiques. On se rappelle encore des accusations de trafiquant de drogue portée contre lui dans la presse. Une enquête, selon le parlementaire, a été diligentée par sa plateforme politique, Lespwa à l’époque, pour vérifier les allégations qui venaient d’un autre sénateur du Sud-Est.
« La DEA et les autorités haïtiennes n’ont retenu aucune charge contre moi », précise le parlementaire, qui laissait apparaître sa grande préoccupation. Il a raison. Cette affaire a failli lui coûter son poste de président du Sénat. Même si les autorités américaines et haïtiennes n’ont retenu aucune charge contre lui, Joseph Lambert reconnaît que cette sale affaire de drogue a beaucoup nui à la réputation de sa famille. « Un jour, un camarade de classe de mon garçon lui a demandé si son papa est vraiment un trafiquant de drogue », se désole celui qui clame sa foi en Dieu. On rapporte aussi que le père du sénateur Lambert était mort d’un arrêt cardiaque suite à la saisie d’un bateau transportant de la drogue qui appartiendrait à celui-ci. « C’étaient des accusations gratuites, déclare le parlementaire. L’important, c’est que j’ai la conscience tranquille. »
Comme si les accusations de trafiquant de drogue n’étaient pas suffisantes, l’ancien président de l’Assemblée nationale a été accusé dans le kidnapping suivi d’assassinat de la femme de l’ancien commissaire de police des Gonaïves, Ernst Dorfeuille. « On disait que c’est mon véhicule qui avait été utilisé pour transporter la victime, se rappelle celui qui a débuté sa carrière de parlementaire il y 20 ans. Pourtant, je circulais à ce moment-là à Jacmel, accompagné d’un journaliste très connu, à bord de ce véhicule en question avec sa plaque d’immatriculation. »
Incroyable ! Toutes ces graves accusations, confie le parlementaire, provenaient de sa plateforme politique. « On cherchait à détruire ma réputation pour m’empêcher de me porter candidat à la présidence », avance Lambert, qui a presque gravi tous les échelons dans le système politique haïtien. Député de la 45e législature, président du conseil départemental du Sud-Est, membre de l’Assemblée des sections communales (ASEC) de Cap-Rouge jusqu’en 2006, aujourd’hui sénateur de la République et chef de parti, Joseph Lambert a un C.V. dans lequel il ne reste que quelques lignes à remplir.
La façon dont l’ancien président René Préval a laissé le pouvoir laisse un mauvais goût dans la bouche de l’enfant du Sud-Est. Dommage, commente-t-il, que le pouvoir avait refusé d’exposer ses réalisations à la population. Il se dit quand même satisfait du fait que le prédécesseur de Michel Martelly a pu terminer son mandat.
En tant que coordonnateur national de Inite, l’objectif premier de Joseph Lambert était de faire élire le candidat de la plateforme à la tête du pays. Sous pression de la communauté internationale et de la rue, la plateforme avait dû faire retrait de la candidature de Jude Célestin. Joseph Lambert a dénoncé l’hypocrisie et l’arrogance affichées par la communauté internationale dans cette affaire qui n’est pas sans conséquence. Etant chef de parti, il n’entend pas délier sa langue de sitôt. Lambert veut vraisemblablement garder un secret.
Qui ne se souvient pas d’un prêt de plus d’un million de gourdes effectué par certains sénateurs à l’ONA, dirigé à l’époque par Sandro Joseph? Un autre scandale dans laquelle est cité le nom de Joseph Lambert qui a effectué ses études supérieures à la faculté d’agronomie (UEH), à l’Université des Antilles (Guyane), à la faculté de droit de Jacmel et à l’INAGHEI. Il n’a pas directement contracté de prêt à l’ONA, il avait avalisé sa femme pour y emprunter 1,9 million de gourdes au lieu des 20 millions dont on parlait dans la presse. « Tout s’est fait dans la transparence et selon les normes qui régissent l’ONA », indique Joseph Lambert. Jusqu’à aujourd’hui, lui et sa femme ont déjà remboursé environ 596 000 gourdes sur ce prêt contracté pour l’achat d’un terrain à Port-au-Prince.
Après le séisme du 12 janvier 2010, le couple Lambert a momentanément cessé le remboursement de cette dette. « Et voilà, à cause des retards, la somme est remontée à près de deux millions de gourdes », regrette le sénateur en défendant son intégrité. Il estime que cette dette contractée est un poids lourd pour la famille.
Un coach influent
Joseph Lambert, qui vante son leadership pour avoir toujours anticipé les évènements, ne fait pas partie des sénateurs qui aiment monopoliser la parole dans les séances. Mais il lui revient souvent d’être le dernier à prendre la parole pour passer les consignes à sa troupe. Ses directives sont généralement suivies. Pragmatique, depuis l’interpellation de Michèle Pierre-Louis, Joseph Lambert ne se retrouve plus jamais dans le camp minoritaire. Il marque souvent les séances importantes de son empreinte. Quand son bloc politique est acculé, il trouve toujours un dernier argument pour sortir la tête de l’eau. Dans les séances, il fait souvent le va-et-vient dans la salle pour chuchoter quelque chose à l’oreille de ses partisans ou leur glisser un morceau de papier.
Joseph Lambert, ancien élève des Frères de l’instruction chrétienne, a été le principal artisan de l’interpellation de l’ancien Premier ministre Michèle Pierre-Louis. Il avait ainsi pris sa revanche – même s’il refuse de le qualifier ainsi – sur le groupe majoritaire, devenu minoritaire avec le départ du tiers du Sénat, qui avait infligé une motion de censure à Jacques-Edouard Alexis. Sans l’aval de Lambert, Garry Conille ne serait pas aujourd’hui Premier ministre, et le ministre de l’Intérieur, Thierry Mayard-Paul, aurait connu le même sort que Josué Pierre-Louis. Son appui au ministre Mayard-Paul n’a pas plu à tout le monde. « J’ai fait ce qu’il fallait faire pour ne pas créer une nouvelle crise, et la société me donnera un jour raison », croit le parlementaire, qui mène une vie austère depuis des années. Il a été à la plage à trois reprises en cinq ans. Sa dernière participation à un bal remonte à quatre ans. Déjà, il ne fumait ni ne buvait d’alcool. En fait, très peu de choses ont changé dans sa vie depuis son adolescence, sinon qu’il s’adonne totalement à la politique.
L’influence de Joseph Lambert au Grand Corps lui a valu l’amitié du président de la République, Michel Martelly. On se rappelle l’inimitié que les deux hommes affichaient dans les médias à l’issue du scrutin ayant consacré la victoire du successeur de René Préval. « Micky est comme un éléphant dans un magasin de faïence », déclarait Lambert dans la presse. Aujourd’hui, c’est la lune de miel entre les deux hommes. Ils se parlent au téléphone au moins deux fois par jour pour se saluer ou discuter des affaires qui concernent la République. « Le président Martelly a appris à cultiver ses relations avec les autres », se réjouit le Parlementaire, qui croit qu’on devrait donner un temps de grâce au président pour prouver de quoi il est capable.
Le sénateur en famille
Les journées de travail du parlementaire sont généralement interminables. « Il n’y a pas d’heure pour finir de travailler », explique le sénateur, qui dit être un passionné de Bassin-Bleu, un magnifique site touristique du Sud-Est. Il doit se réveiller à 5h a.m. pour aller se coucher certaines fois après minuit. Avant de quitter sa maison, le sénateur dit faire du sport, écouter les informations, prendre le temps de superviser les leçons et devoirs de son garçon, lire ses e-mails et SMS, retourner les appels en absence et participer à la dévotion assurée par sa femme, Jésula Domond. « Je prie moins que ma femme, mais je suis chrétien », plaisante-t-il. Ajoutant : « Je profite souvent des fêtes patronales pour me recueillir. »
Une fois qu’il laisse la maison, souvent vers 8h a.m., le sénateur, père de deux enfants – Samanta, 18 ans et Bradley, 13 ans – participe généralement à des réunions en cascade. Il doit aussi consacrer une bonne partie de son temps à répondre aux appels téléphoniques. « Je reçois entre 200 et 300 appels par jour », raconte le sénateur, qui dit prendre toujours le soin de retourner les appels en absence. « Si je perds 80 appels, les gens doivent savoir que le téléphone ne va pas tout mémoriser, dit le sénateur. C’est pourquoi il est mieux de m’envoyer des textes messages.» Quand le sénateur est dans le Sud-Est où il se croit un modèle de réussite pour une bonne partie de la population, ses journées de travail sont plus longues. Il dit accueillir parfois jusqu’à 200 délégations en une seule journée. Le sénateur sait qu’il a aussi beaucoup de détracteurs dans son département. « Mon intelligence politique, c’est la seule chose qu’on me reproche », précise celui qui a la paternité de la loi sur la passation de l’écharpe présidentielle, la toute première loi votée à la 48e législature.
Joseph Lambert, comme les autres sénateurs élus en 2006, est en fin de mandat. Déjà, il réfléchit à son avenir. Deux options s’offrent à lui: retourner mener une vie tranquille à Jacmel pour investir dans le social ou partir à la recherche d’un nouveau mandat de sénateur. « Je pense à créer une fondation qui portera le nom de mon père. Ce serait une façon de rendre hommage à mes parents qui ne savaient ni lire ni écrire. »
Rien n’est encore décidé. Cependant, le fondateur de Konbit Sidès dit étudier la sollicitation pressante de ses partisans, des membres de la société civile et de ses amis qui lui demandent de ne pas abandonner la politique à seulement 50 ans.
Jean Pharès Jérôme
pjerome@lenouvelliste.com

Les itinéraires intellectuels d’un grand savant haïtien

Par Watson R. Denis, Ph.D.

Louis Joseph Janvier

NDLR. L’année 2011 ramène le centenaire de la mort de Joseph Anténor Firmin et de Louis-Joseph Janvier. Pour rappeler leur mémoire et surtout pour souligner leur contribution à la pensée sociale haïtienne, l’auteur a publié dans les colonnes de notre quotidien, «Le Nouvelliste », un article fort apprécié sur la vie et l’oeuvre de Firmin, intitulé : «Commémorons le centenaire de la mort d’Anténor Firmin» (voir Le Nouvelliste du 31 mars 2011). Une fois de plus, le journal s’associe au même auteur, Dr. Watson Denis, professeur à l’Université d’Etat d’Haïti et membre du Conseil de direction de la Société haïtienne d’histoire et de géographie, pour diffuser cet article sur la vie et l’oeuvre du Dr. Louis-Joseph Janvier, qui, en fait, sont des extraits d’un étude plus étoffée sur cette figure illustre et emblématique de la pensée et des lettres haïtiennes. L’article en question sera publié en deux parties.

(Première partie)
Prolégomènes
Il était une fois.
Au milieu du XIXè siècle mouvant d’Haïti, en plein coeur mouvementé de la ville de Port-au-Prince, un enfant prodigue était né.
Il était sorti des limbes du militarisme haïtien, il a été élevé dans le culte d’Alexandre Pétion et de Jean-Pierre Boyer, de Faustin Soulouque et de Fabre Geffrard.
Sous l’oeil vigilant de son père, il marqua ses premiers pas vers la lumière en écoutant les paroles des Saintes écritures et les épopées de l’histoire d’Haïti.
Ensuite, il alla à l’école protestante de référence de sa ville natale, puis au Lycée national.
Par la suite, il fréquenta l’Ecole de médecine, de Port-au-Prince à Paris, jusqu’au grade de docteur.
Il poursuivit son petit bonhomme de chemin, il accumula grade sur grade, diplômes et parchemins de tous ordres dans les «sciences de l’Etat et du gouvernement».
Il se fit journaliste, ethnologue, historien, économiste, constitutionnaliste, diplomate, théoricien social et écrivain politique.
Il avait beaucoup de choses à dire, et de fait il a dit beaucoup de choses pour la régénération d’Haïti et pour la défense de la race noire dans ses livres d’économie politique.
Il aima son pays d’une furieuse amour.
Il pouvait même mentir, s’il était nécessaire, pour défendre l’honneur de son Haïti natale, souvent vilipendée par la presse internationale.
Il se passionna pour la rédemption des paysans sans terre.
Il réclamait la distribution des terres de l’Etat en leur faveur.
Epris de justice sociale, il dénonçait avec des mots choisis, les maux séculaires de la société haïtienne ralentie dans son ascension par des luttes sans grandeur.
Après un long séjour en Europe où il brilla à l’Université, en lettres et en diplomatie, il retourna sur la terre chaude de ses ancêtres pour tenter de redorer son blason. Il connut l’opprobre et les amertumes de l’existence!
Il fut un temps.
Un homme de plume et de pensée se jeta avec ardeur dans la mêlée politique pour devenir maire de sa ville natale ou député de la circonscription de Port-au-Prince.
Il fut jeté en prison par le régime de Tonton Nord, les pieds aux fers, pendant plusieurs jours, dans l’impossibilité de faire campagne pour le poste convoité.
Il a été battu dans son corps et abattu dans l’âme; abusé et médusé.
Enfin, il déclara avec philosophie : «Haïti est un singulier petit pays».
Il n’est pas parvenu à matérialiser son projet, ni changer le régime politique traditionnel de l’Etat fondé sur le généralat.
Il reprit sa canne et sa plume et repartit pour l’étranger.
Quelques années plus tard il mourut, sans voir pointer à l’horizon le renouveau politique en faveur de la majorité sociale endolorie, les paysans, pour laquelle il a inlassablement plaidé, concouru et combattu pour la réforme agraire.
Cet homme, un savant-intellectuel, fut le Dr. Louis-Joseph Janvier, Lis-Jos-Jver pour ses intimes. Il est connu sous ce nom amical par ses nombreux lecteurs et citoyens d’Haïti-Thomas et en dehors d’Haïti-Thomas.
Les itinéraires de Janvier
Louis-Joseph Janvier est l’un des penseurs sociaux haïtiens les plus importants du long XIXè siècle haïtien, qui couvre la période 1804 à 1915. Janvier répond à plusieurs identités intellectuelles à la fois, mais il y a une chose qui le caractérise parfaitement : il fut un théoricien social, un idéologue, un doctrinaire même. Il a produit des réflexions diverses sur l’humaine condition en Haïti.
Janvier avait le verbe direct et percutant; il écrivait comme il parlait. Il écrivait surtout pour transcender et transformer la réalité sur laquelle il émettait ses opinions. Il a voulu que l’encre qui nourrit sa plume puisse être la sève qui transforme les méfaits de la communauté qui l’a vu naitre. Il portait sa plume en bandoulière, prompt à la saisir contre les détracteurs d’Haïti et de la race noire. A travers son oeuvre, il a abordé des thèmes et des sujets les plus variés, allant de l’anthropologie, de l’économie politique, du droit constitutionnel, de la réforme agraire aux relations internationales, notamment en ce qui a trait à la place d’Haïti dans le monde.
La vie de Janvier vaut la peine d’être connue, surtout par la jeunesse haïtienne (d’ailleurs le groupe social qui l’intéressait au plus haut point au même titre que les paysans, l’axe idéologique de ses luttes politiques, sociales et économiques), tant elle est saisissante, captivante et étonnante à la fois. Aussi, son oeuvre, émancipatrice, non conformiste, contestataire et toujours lumineuse, mérite d’être lue, relue, expliquée et interprétée. Les écrits qui constituent l’ossature de sa pensée ont commencé à s’éclore un beau jour de 1882. En cette année-là, Janvier se dressait, outragé, en défenseur d’Haïti et de la race noire en général. Il a maintenu cette posture, avec panache, pour le reste de sa vie.
A l’occasion du centenaire de sa mort, je tente de retracer sa vie et de dégager la portée de sa pensée. Ainsi, je présente une biographie de l’auteur en me basant sur les tranches de vie que j’ai répertoriées dans sa trajectoire saccadée. De même, j’étudie son oeuvre sur différents angles et différents aspects. J’étudie Janvier tour à tour comme un enfant prodigue, comme un brave jeune homme, comme médecin et homme de science, comme journaliste, comme polémiste, comme ethnologue et défenseur farouche d’Haïti et de la race noire, comme historien et historiographe, comme économiste et penseur de la modernité, comme constitutionnaliste, comme diplomate et théoricien des relations internationales, comme idéologue du Parti national, comme nationaliste, comme porte-parole des paysans et partisan de la réforme agraire, comme réformateur social et enfin comme écrivain politique. C’est ce que j’appelle les itinéraires intellectuels de Janvier. En fait, ces itinéraires que je présente sous forme de croquis raccourcis ou élargis sont les aspects notables de sa vie que j’ai pu reconstituer à partir de son oeuvre plurielle et sa pensée féconde. Le tout est suivi d’une bibliographie, plus au moins exhaustive, de l’auteur.
Janvier était un intellectuel dans toute l’acceptation du terme, il a été même considéré comme un savant. Oui, de son vivant, il y avait des biographes qui le considéraient comme tel. Par exemple, en 1884, tout au début de sa carrière d’intellectuel, un biographe parisien, Marie Edouard Lenoir, a campé Janvier comme un savant. A sa mort, un auteur haïtien a publié un article mélancolique dans lequel il a amèrement pleuré la disparition du savant Janvier. L’article en question s’intitule : «A la mémoire du grand savant et maitre Dr Louis-Joseph Janvier». A mon humble avis, Janvier a porté le titre de savant pour sa formation académique étendue et diversifiée et aussi parce qu’il écrivait et publiait, a un certain moment de la durée, de façon boulimique, sur un grand nombre de thèmes et de sujets, en même temps. Pour ma part, en intitulant ce travail : «Vie et oeuvre du Dr. Louis-Joseph Janvier ou les itinéraires intellectuels d’un grand savant haïtien», je ne sais que reprendre un titre que ce dernier portait déjà au cours de sa courte vie. En somme, cette étude est une modeste contribution à l’analyse de la pensée politique, économique et sociale et l’horizon culturel du savant Louis-Joseph Janvier.
Janvier, un enfant prodigue
Louis-Joseph Janvier a pris naissance dans le quartier mouvant de Morne à Tuf (où se côtoyaient alors des paysans, des laboureurs, des artisans, des commerçants, des politiciens et des fins lettrés) disons, en plein coeur de Port-au-Prince, Haïti, le 7 mai 1855. On dirait que l’enfant a pris naissance avec un livre en main. Très tôt, son père, Louis Joseph, lui a appris à lire dans la Bible. Ce même père lui a enseigné la lecture, l’écriture et les éléments de calcul. A l’âge de sept (7) ans, il est envoyé à l’Ecole Wesleyenne (qui se transformera un peu plus tard en Collège Bird, se trouvant pour l’instant à la rue de l’Enterrement). Il parcourut le cycle primaire dans cette école de 1862 à 1867, avec le plus grand des succès. Par la suite, Louis-Joseph s’est inscrit au Lycée national Alexandre Pétion, à l’époque l’école secondaire de référence de toute la République. Il a parcouru tout le cycle secondaire dans cet établissement, recueillant palmes et lauriers. Plein de fougue et de passion juvénile, il a frappé aux portes de l’Ecole de médecine de Port-au-Prince. Il y est admis sans grande difficulté. Il y a passé quatre bonnes années d’études médicales, proche tant des étudiants qu’il assistait que du directeur, Dr. Aubry, et des professeurs de l’école. En 1877, Janvier a reçu bourse d’études comme «l’étudiant qui donnait plus d’espérances» dans les études médicales. Le jeune homme laissa donc le pays natal pour l’ancienne métropole, au cours de cette même année 1877, à 22 ans, en vue de boucler ses études médicales à la Faculté de médecine de Paris. Entretemps, le père du jeune Janvier, qui fut commissaire de l’Ilet du Morne à Tuf et négociant national ou commerçant de denrées pour le marché national avait vu son négoce florissant incendié en décembre 1869 lors des luttes politiques entre les partisans du président Sylvain Salnave et ses opposants conduits par le général Nissage Saget et Michel Domingue. Ce père travailleur et appliqué, qui a vu partir en fumée, en quelques heures, plus de 40 ans de dur labeur est mort quelques trois ans plus tard, frappé de tristesse et d’amertume.
Janvier, médecin et homme de science
Il n’y a pas de doute que Janvier était cet étudiant qui avait d’énormes possibilités pour avancer dans les études supérieures. Janvier était donc cet étudiant brillant, très brillant, en Haïti comme en France. A l’Ecole de médecine de Port-au-Prince, commençant déjà une carrière qui s’annonça prodigieuse, à 19 ans, il était l’étudiant exceptionnel qui était chargé de donner des conférences sur la botanique aux étudiants de l’année préparatoire. Entre 20-22 ans, il était chargé de prononcer des conférences sur l’ostéologie, la pathologie externe et la petite chirurgie pour les nouveaux étudiants qui rentraient en grand nombre dans cette faculté.
En France, ses notes obtenues en Haïti ayant été validées en bonne et due forme, Janvier a poursuivi ses études médicales- il ne les a pas recommencées. Il a connu aussi du succès dans ce pays. Il est même sorti, en 1881, lauréat de sa promotion. Il va sans dire que Janvier a réussi un exploit, une réussite certaine sur tous les angles qu’on puisse le considérer. D’abord, ce fut un honneur pour l’impétrant; il avait réalisé un grand coup quand on connait les idées racistes et racialistes qu’on se faisait à cette époque, en cette Europe dominatrice du monde, sur les individus identifiés ou catalogués comme noirs, jaunes, métis ou homme de couleur. Ensuite, ce fut un encouragement pour l’Etat haïtien qui lui a accordé la bourse d’étude. Enfin, ce fut une fierté pour Haïti toute entière qui a vu l’un des ses fils briller à l’étranger dans le domaine académique.
Dans le cadre de ses études médicales, Janvier prépara et défendit une thèse de doctorat sur la phtisie pulmonaire (pneumonie). Cette thèse recevait la mention spéciale du jury. Par la suite, la thèse a été publiée sous le titre de: «La Phtisie pulmonaire. Causes, traitement préventif». Encore faut-il souligner que cette oeuvre a été couronnée par la Faculté de médecine de Paris.
Cette oeuvre, réalisé après un séjour d’études de 4 ans dans une France qui ne faisait pas la partie belle aux émigrés noirs, qui a retenu l’attention des professeurs de l’impétrant, la première du cru de Janvier, est un travail de recherche et de réflexion médicale assez valable. Aujourd’hui on lit encore l’ouvrage avec le plus grand plaisir. Il a une valeur scientifique indéniable.
Janvier, le journaliste
Une fois diplômé, le jeune homme s’envola de ses propres ailes, prenant des initiatives diverses, se mêla, depuis la France, de la politique en Haïti. Dès 1882, Dr. Janvier laissa tomber la médecine et les sciences de la nature. Il se passionna plutôt pour le journalisme qu’il pratiqua à Paris, dans toute la presse francophone de l’Europe et en Haïti, par correspondance. Janvier a été un journaliste de combat ; il s’est jeté dans la mêlée pour défendre une cause sociale dans laquelle il croyait, à tort ou à raison. Il ne faisait pas de cadeau à ses contradicteurs. A cet effet, il a écrit : «C’est le premier devoir du journaliste, cet historien de l’heure présente, de dire les faits le plus crument, le plus nettement possible, de déchirer virilement les masques derrière lesquels s’agitent les pantins qui, trop souvent, font l’histoire».
Dans son itinéraire comme journaliste militant, Janvier a développé la polémique. Léo Quesnel et Victor Cochinat, deux journalistes qui ont reçu sa foudre épistolaire, en savaient long. Le premier a subi la dialectique foudroyante du coordonnateur de l’ouvrage collectif: «Les détracteurs de la race noire et de la République d’Haïti » et le second a essuyé la hargne vengeresse de l’auteur du livre intitulé : «La République d’Haïti et ses visiteurs ».
Janvier, le journaliste, écrivait à chaud, sur les sujets qui le passionnaient. Il écrivait soit pour justifier ses opinions ou ses points de vue, soit pour établir ou propager une doctrine politique et sociale. Nombre de ces articles publiés ici et là dans de nombreux journaux en France, en Haïti, et dans la presse francophone de l’Europe, sont souvent rassemblés pour former des ouvrages. C’est le cas de : Les affaires d’Haïti (1884) et Les anti-nationaux (1884). Chez Janvier, le journalisme rime avec la polémique. En d’autres termes, c’est la polémique qui a fait de lui un journaliste ou qui a suscité chez lui le goût du journalisme. Il n’en demeure pas moins vrai que malgré le caractère politique ou polémique de ses écrits journalistiques, on trouve de la profondeur dans ses idées.
A côté de ses écrits polémiques cités plus haut, Janvier a écrit et publié d’autres ouvrages, tels que: Haïti aux Haïtiens (1884), Les constitutions d’Haïti (1886), Du gouvernement civil en Haïti (1905).
En même temps, il a prononcé des conférences sur Haïti sur des thèmes aussi variés que l’histoire, la politique, l’épargne et l’école, la littérature et la culture haïtienne. La plaquette intitulée: "La caisse d’épargne et l’école en Haïti" fait partie de la panoplie de conférences qu’il a faite sur le développement du pays.
Janvier, partisan de la réforme agraire et de la modernisation
Janvier a abordé plusieurs thèmes et sujets à la fois, mais il y a deux questions qui ont surtout retenu son attention: la réforme agraire en faveur de la masse des paysans cultivateurs et la sauvegarde de l’indépendance du pays. Il a inlassablement écrit sur ces deux questions fondamentales, non seulement pour influencer le gouvernement de Salomon, mais aussi pour sensibiliser les membres du Parti national, ses sympathisants et l’opinion publique.
Pour Janvier, les paysans représentaient la majorité du peuple historiquement endolorie, souffrante et exploitée. En conséquence, il pensait qu’après l’indépendance «il fallait décréter en Haïti … le partage par tête des terres conquises sur les anciens détenteurs du sol… On s’arrêta [plutôt] à une combinaison bâtarde qui créait une aristocratie terrienne en faveur des grands fermiers et des grands propriétaires, un prolétariat rural au détriment des anciens esclaves. Cette combinaison devait infailliblement entrainer plus tard la guerre civile, la lutte des classes, les haines des exploités contre les exploiteurs».
Pour remédier à cette situation, il proposa de favoriser l’émancipation économique de cette majorité endolorie. Sa pensée est exprimée en ces termes:
«Il ne suffit point de crier: Liberté! Liberté! Il faut assurer la venue de cette liberté en faisant l’indépendance du plus grand nombre, celle des paysans, des artisans. Ce sont les libertés sociales [et économiques] qui permettent l’épanouissement des libertés politiques. Si celles-ci ne sont exercées que par un petit nombre d’individus des classes moyennes, leur existence est précaire, elle reste à la merci du premier tribun populaire, du premier caporal vainqueur d’un émeute».
Dans son optique, la réforme agraire, la question sociale par excellence, est la plus importante réforme à effectuer en Haïti pour émanciper économiquement et démocratiser socialement le pays. Sa demande, hier comme aujourd’hui, a retenti comme un cri d’alarme:
«La grande réforme, la primordiale, celle qui doit servir de base et de pivot, celle sans laquelle aucune autre ne peut être sérieusement réalisée les [les paysans] occupe et doit les occuper plus que tout autre. Ils la veulent mener à bonne fin, d’abord. La terre au paysan, c’est la clef de voûte de l’édifice de reconstruction, le ciment du système général, l’assise de granit sur laquelle on pourra tout bâtir, tout construire, tout échafauder. C’est l’évolution capitale. Toutes les autres suivront».
Comme on peut le comprendre, Janvier n’a cessé de revendiquer, d’exiger même comme réforme économique indispensable le droit de propriété de la terre en faveur des paysans. Pour justifier sa demande, il a relaté les conditions pénibles d’existence des paysans sous les différents gouvernements qui se sont succédé au pouvoir. Il a souligné que depuis 1821, le pays était revenu au système de latifundia. En conséquence, les paysans furent étroitement parqués sur les habitations sucrières et cotonnières, attachés à la glèbe selon les prescrits du Code rural de 1826 que les membres d’une gendarmerie champêtre interprétaient à leur guise, le plus souvent pour justifier les abus d’autorité, les vexations et les forfaits. En 1843-1844, Janvier a expliqué que «ces vaillants prolétaires » se sont révoltés et réclamaient la propriété du sol pour le cultiver et l’instruction pour leurs enfants. Cependant ils n’ont pas eu gain de cause. Jusqu’au début de 1883, leur situation n’a pas changé. La promulgation de la loi portant cession conditionnelle des terrains du domaine national, édictée par le gouvernement de Salomon à la fin du mois de février 1883 représentait une lueur d’espoir pour les paysans sans terre, cependant pour des raisons politiques diverses, cette loi ne fut pas réellement appliquée.
Il est apparu que Janvier a été l’unique théoricien social de son époque à faire la promotion de la réforme agraire en Haïti, qu’il a lié d’ailleurs à la modernisation du pays. Il a été sensibilisé sur la question, du point de vue politique, économique et social, et s’est jeté dans la mêlée pour sensibiliser à son tour les autres interlocuteurs et les politiciens de son époque. Janvier croyait dans le progrès du pays. Ce progrès, d’après lui, passait par la réforme agraire. En somme, Janvier fut un réformateur, un homme de ruptures et un visionnaire.
Janvier, entre la diplomatie et le monde des lettres
Janvier ne vivait pas seulement d’idées et d’écriture. Tout au début de sa carrière, sa plume et ses ouvrages lui assuraient le pain quotidien. A partir de 1883, sous le gouvernement du général Lysius Félicité Salomon Jeune, il résidait en France comme boursier de l’Etat haïtien. Entre 1884-1885, il participa comme délégué de la République d’Haïti aux conférences de Berne (Suisse) sur les droits d’auteur. Ensuite, il se lança dans une carrière diplomatique. En septembre 1889-novembre 1892, sous le gouvernement de Florvil Hyppolite, il occupait le poste de Secrétaire de Légation d’Haïti à Londres. Par la suite, de novembre 1892 à décembre 1901, celui de Chargé d’Affaires d’Haïti en Angleterre. Finalement, il a été nommé en décembre 1901 Ministre résident (qui équivalait au titre de ministre plénipotentiaire et extraordinaire) auprès de la Cour de Saint-James. Il resta à ce poste jusqu’en avril 1905. A partir de Londres, Janvier s’est rendu dans toutes les grandes réunions et conférences internationales déroulées en Europe, de Bern à Berlin, pour représenter l’Etat ou le gouvernement haïtien.
(L’espace imparti pour la diffusion de cet article permet de publier quelques notes sur les itinéraires intellectuels de Janvier. La deuxième partie de l’article sera diffusé dans le prochain numéro).
A suivre
Watson Denis
Docteur en histoire
Professeur d’histoire et de relations internationales à l’Université
watsondenis@yahoo.com
Octobre-novembre 2011.

 

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