vendredi 23 décembre 2011

23 Déc

Promulgation imminente de la constitution amendée

23/12/2011 01:41:00 Auteur(e) La Redaction

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Le président de la Chambre des Députés, Sorel Jacinthe, a indiqué jeudi avoir pris note de l’engagement du chef de l’Etat, Michel Martelly, à promulguer la version corrigée des amendements constitutionnels, sept mois après leur adoption par la 49e législature en mai dernier.

Le bureau de l’assemblée nationale devait l’acheminer à la Présidence au plus tard ce vendredi.

Le ministre de l’intérieur, Thierry Mayard Paul, avait annoncé mercredi que la parution du texte dans un numéro spécial du journal officiel Le Moniteur n’était plus qu’une question d’heure.

Le Député de Moron/Chambellan (Grand’Anse, sud-ouest) précise que les travaux de correction des erreurs qui s’étaient glissées dans la nouvelle charte fondamentale, promulguée sous l’ancienne administration Préval, ont été confiés à une commission composée de représentants de la Présidence, du Parlement et de la société civile.

Sorel Jacinthe souligne que l’entrée en vigueur des amendements constitutionnels favorisera la mise en place du Conseil électoral permanent dont la première tâche sera l’organisation des prochaines Sénatoriales partielles et élections locales.

Sans être précis, le parlementaire fait état des privilèges qu’aura à bénéficier le Président Martelly en donnant seulement son feu vert à la promulgation du nouveau texte constitutionnel qui revêtira la signature de son prédécesseur, René Préval.

Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) avait transmis au Parlement l’intégralité des minutes de la séance au cours de laquelle Députés et Sénateurs, réunis en assemblée nationale, avaient opéré d’importantes modifications dans la constitution de 1987 portant notamment sur la reconnaissance de la double nationalité, la formation du CEP permanent et une plus grande représentativité des femmes dans la vie politique.

Le nouveau pouvoir avait longtemps refusé de répondre aux appels de différents secteurs favorables à la promulgation, officiellement en raison de graves erreurs matérielles ou d’actes de falsification délibérés qui avaient dénaturé la version originale des amendements. spp/Radio Kiskeya

Haïti – Éducation :

264,000 dollars pour l’École Hôtelière Haïtienne

23/12/2011 10:28:59

Haïti - Éducation : 264,000 dollars pour l'École Hôtelière HaïtienneLe Fonds Clinton Bush pour Haïti a annoncé hier une subvention de 264,000 dollars américains à la Fondation Oasis pour faire revivre l’École Hôtelière Haïtienne, détruite le 12 janvier 2010, l’école, une institution relevant du Ministère du Tourisme haïtien, était la seule école de formation complète en hospitalité de ce genre dans le pays.
Grâce à ce financement, l’école peut désormais accueillir de nouveau, les étudiants pour compléter leur formation dans l’industrie hôtelière. Certains de ces diplômés vont vers des carrières à l’Hôtel Oasis, et d’autres, avec l’aide de l’école, vont chercher des emplois dans l’industrie d’hospitalité dans d’autres entreprises à travers Haïti.
Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-2653-haiti-reconstruction-l-ona-va-investir-1-5-millions-dans-le-complexe-hotelier-oasis.html
http://www.haitilibre.com/article-2915-haiti-reconstruction-le-fonds-clinton-bush-haiti-investit-2-millions-dans-oasis.html
HL/ HaïtiLibre

Haïti-insécurité:

Un homme tué par balles en sortant de l’aéroport

Vendredi, 23 Décembre 2011 11:43 HPN Nouvelles Politique

Un homme arrivant de l’étranger a été tué par balles jeudi après avoir quitté l’aéroport de Port-au-Prince quand sa voiture a été attaquée par des gens armés. D’autres personnes qui se trouvaient dans la voiture ont été blessés.

La police nationale de concert avec la Minustah a lancé depuis le début du mois une opération de sécurité de la région métropolitaine de Port-au-Prince afin de faire chuter le climat d’insécurité qui s’était abattu sur la capitale.

Des arrestations ont été effectuées lors des patrouilles conjointes PNH/Minustah.

Haïti-Duvalier:

L’UEH condamne la présence de Duvalier à l’école de droit des Gonaïves

Vendredi, 23 Décembre 2011 12:01 LJO/HPN Nouvelles Politique

Le Conseil exécutif de l’Université d’Etat d’Haïti (UEH) a condamné la participation de l’ex dictateur Jean-Claude Duvalier à la cérémonie de graduation de la promotion sortante de l’Ecole de droit des Gonaïves dans une lettre rendue publique le 19 décembre écoulé.

“Il est inconcevable qu’une école de droit ait cautionné la participation de ce personnage à une telle cérémonie”, a déclaré, Jean Vernet Henry, recteur de l’UEH et signataire. Le Conseil exécutif dit “condamner avec fermeté la présence de M. Duvalier à la cérémonie comme invité d’honneur”.

Les membres de la direction de cette entité de l’UEH a été aussi convoqués par le Conseil exécutif le 28 janvier prochain autour de cet acte qui a suscité beaucoup de réactions dans la société haïtienne.

“Vous avez choisi d’ignorer que de lourdes charges sont imputées à Monsieur Duvalier qui est inculpé par la justice haïtienne pour ses responsabilités concernant les nombreux crimes, malversations et détournements commis durant son régime” peut on lire dans cette correspondance.

Le conseil exécutif dit considérer cet acte comme “une grave offense à la philosophie, aux valeurs et idéaux gestionnaires de cette école de l’Université d’Etat d’Haïti, gardienne et protectrice des libertés publiques”.

Le 16 décembre dernier, l’ex dictateur a fait office de parrain de la promotion sortante de l’école de droit des Gonaïves, où était parti le soulèvement ayant conduit à son départ pour l’exil en février 1986.

Depuis son retour dans le pays le 16 janvier 2011, plusieurs victimes de son régime ont porté plainte contre lui devant la justice haïtienne.

ljosepholivier@gmail.com

Haiti/Fêtes de fin d’année :

Plusieurs voix s’élèvent contre l’octroi par Thierry Mayard Paul d’un soutien financier aux députés

jeudi 22 décembre 2011 à 23:19

Le président de la Chambre des députés, Sorel Jacinthe, s’est déclaré hostile à l’annonce du titulaire du Ministère de l’Intérieur, des Collectivités Territoriales et de la Défense Nationale d’octroyer un soutien financier à au moins 80 députés de la 49e législature.

« Toute décision de Me. Thierry Mayard Paul  d’accorder une allocation à des députés dans  le cadre des fêtes de fin d’année n’engagera pas la Chambre basse », a informé l’élu de Moron/Chambellan, Grand’Anse d’Haiti.

La question n’a jamais été évoquée dans les différentes rencontres que j’ai eues avec le ministre de l’Intérieur, fait savoir le vice-président de l’Assemblée nationale qui se prononce contre une telle démarche.

Quant à lui, le questeur de la Chambre basse, le député Cholzer Chancy, affirme, lui non plus, n’avoir pas été touché par cette décision du Tierrry Mayard Paul.

« Si le ministre Mayard Paul tient effectivement à faire un geste aux députés, cela doit se faire dans le respect des normes administratives, indique Cholzer Chancy précisant que l’argent devrait être déposé sur le compte bancaire de la chambre basse qui se chargera de le distribuer aux bénéficiaires ».

Rencontre fortuite entre Michel Martelly, Leslie et Mirlande Manigat

Lors d’une brève conversation à l’aéroport de Port-au-Prince avec son prédécesseur et son ancienne rivale, le chef de l’Etat a invité le premier à un entretien formel axé sur la réconciliation nationale et la seconde à soutenir son régime

Publié le jeudi 22 décembre 2011

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Le Président Michel Martelly a finalement eu un entretien, mais tout à fait accidentel, avec son prédécesseur Leslie Manigat et son épouse, Mirlande Hyppolite Manigat, dont l’actuel dirigeant haïtien était sorti vainqueur au second tour des présidentielles à rebondissement de 2010/2011.

Contacté par Radio Kiskeya, l’ancien porte-parole de la campagne de Mme Manigat, Patrice Dumont, a indiqué que le chef de l’Etat et l’ancien couple présidentiel se sont brièvement parlés mardi au salon diplomatique de l’aéroport international Toussaint Louverture.

Les Manigat étaient en partance pour l’étranger.

M. Dumont ajoute que dans le cadre de son projet de réconciliation nationale, Martelly a sollicité un tête-à-tête avec le professeur Leslie Manigat, le seul des anciens chefs d’Etat qu’il n’avait pas encore rencontré.

Il a aussi émis le voeu de pouvoir compter sur la collaboration de son ex-rivale.

Président d’Haïti de février à juin 1988 avant d’être renversé par un coup d’Etat militaire du général Henry Namphy, Leslie Manigat, 81 ans, avait été récemment victime d’un accident à domicile.

Plusieurs interventions chircurgicales subies lui ont valu une longue période de convalescence. spp/Radio Kiskeya

Haïti-Éducation :

Soustraire le Campus de Limonade de l’autorité de l’UEH ? Pas question, selon le recteur Vernet Henry

P-au-P, 22 déc. 2011[AlterPresse] — A moins d’un mois de l’inauguration (12 janvier 2012) du campus universitaire Henry Christophe du Nord, un groupe de personnalités a mis en circulation une pétition pour demander un fonctionnement administratif autonome pour cette entité, une démarche critiquée par le rectorat de l’Université d’État d’Haïti (UEH).

« (…) Mettre à profit l’inauguration prochaine du bâtiment universitaire à Limonade pour favoriser le développement d’une université régionale d’excellence dans le Nord d’Haïti, indépendante de l’Université d’Etat d’Haïti, autonome et dotée de ses propres organes de gestion », lit-on dans une version de ce document qui contient 6 propositions et dont copie a été obtenue par AlterPresse.

Abordé à ce sujet, un des signataires, l’ancien gouverneur de la Banque Centrale, Fritz Jean, explique que cette proposition est faite dans l’idée d’« une entité autonome qui ne dépend pas du budget de la République ».

Cette démarche est critiquée par l’actuel recteur de l’UEH, Jean Vernet Henry, qui précise que « la mission de dispenser le savoir dans l’enseignement supérieur à travers le pays » revient au prime abord à l’UEH.

Pour le professeur Henry, qui a été contacté par AlterPresse, le problème de l’UEH réside dans un manque de moyen et, selon lui, c’est tout simplement le gouvernement qui doit disposer de plus de moyens pour assurer le fonctionnement de l’Université.

Le campus de Limonade est un don de la République Dominicaine, dont la première pierre a été posée par le président dominicain Leonel Fernandez Reyna, le samedi 31 juillet 2010. Il est construit sur deux terrains totalisant 60 hectares.

Une source de l’UEH, qui souhaite garder l’anonymat, a fait part à AlterPresse de sa vive stupéfaction en apprenant la mise en circulation de la pétition. Elle a tenu à rappeler que « la décision de placer le campus offert par la République Dominicaine a Limonade a été prise par le Conseil Exécutif de l’UEH qui a du en la circonstance en convaincre les présidents René Préval et Leonel Fernandez ».

Selon cette source, le campus est logé sur « une propriété appartenant à l’UEH ».

Pour Fritz Jean, un des signataires de la pétition, il s’agit d’un « cadeau de honte de la part de la République Dominicaine (considérant les relations passées entre les deux pays) ».

Pour « essuyer cette honte », dit-il, il faut appeler des cadres étrangers qui ont l’expérience de gestion universitaire pour gérer cette entité mais « séparément de l’Université d’État d’Haïti ».

Par ailleurs, la pétition prône également la création d’un « groupe de travail en appui au Secrétaire d’Etat à l’Enseignement Supérieur pour animer la nécessaire réforme de l’enseignement supérieur en Haïti afin qu’il cadre mieux avec des exigences d’équité au niveau de l’accès, de qualité et de pertinence scientifique et sociale ».

Des professeurs de l’UEH se montrent sceptiques quant aux « vrais mobiles » que sous-tendraient des démarches pour soustraire le nouveau campus de l’autorité de cette université.

Ils n’écartent pas que des intérêts particuliers pourraient être à la base de l’initiative en cours, pointent du doigt d’éventuels conflits d’intérêt et émettent des réserves quant à la projection des universités privées comme des modèles de bonne gestion.

AlterPresse a appris qu’à l’initiative du secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur, Jean-Claude François, un atelier de travail serait prévu le 13 janvier 2012 pour discuter de l’avenir du campus universitaire de Limonade.

Cet atelier devrait être placé sous les auspices des présidents Michel Martelly et Leonel Fernandez et devrait aborder les enjeux de cet établissement universitaire, sa structure organisationnelle et sa prise en charge. [rh gp apr 22/12/2011 16 :20]

L’ Université publique du Sud-Est à Jacmel

Après le séisme du 12 janvier 2010 qui a détruit beaucoup de centres universitaires dans le pays, notamment à Port-au-Prince, il était urgent de créer des universités en région. Jacmel, chef-lieu du département du Sud-Est, est la quatrième ville à être dotée d’une université publique.
L’ouverture officielle, le mardi 20 décembre 2011, de l’Université publique de Jacmel donne l’espoir à des milliers de jeunes qui laissent habituellement leur patelin natal pour se rendre à Port-au-Prince en quête du savoir, loin de leurs parents. Elle va permettre à la jeunesse jacméliene de s’épanouir, de mieux appréhender les réalités de son milieu ambiant. Une façon aussi pour qu’elle reste attachée aux traditions du milieu qui l’a vue naître et grandir. Plus on reste chez soi, plus on se soucie de ses problèmes.
Certains orateurs qui se sont succédé considèrent l’ouverture des portes de l’Université publique du Sud-Est à Jacmel comme une réponse parfaitement adaptée aux problèmes de l’économie et de la compétitivité. Dans le discours de circonstance, le directeur départemental de l’Education du Sud-Est, le professeur Marc-Elder Charles, devait déclarer : « Le Sud-Est n’est pas un département facile. Mais, pourtant, c’est un département qui a du potentiel, qui a des idées et qui a des ambitions. Et l’ouverture de cette université, c’est une démarche exemplaire. C’est une démarche qui prolonge la dynamique qui va permettre en plus à des centaines de jeunes du département d’intégrer un centre universitaire à la fin de leurs études classiques.
Ce temple du savoir tant attendu par la communauté du Sud-Est est arrivé à un moment où on en a le plus besoin. D’ailleurs, les Jacméliens l’ont exprimé à travers leurs interventions le jour de la cérémonie d’inauguration de l’UPSEJ. Elle débute avec trois facultés : Agronomie, Sciences de l’éducation et Gestion, la première discipline ayant pour responsable le vice-recteur Ricot Scutt, la deuxième le vice-recteur Jacques Abraham et la troisième le vice-recteur Hugues Dextra. Il est vrai que ces trois facultés sont loin d’être suffisantes. Mais vu leur importance stratégique, elles valent la peine d’être créées.
Le recteur de l’Université publique du Sud-Est à Jacmel, le docteur Jean Elie Gilles, s’adressant à la communauté Sud-Estoise n’a-t-il pas dit : « La jeunesse a besoin d’éducation, et l’éducation supérieure peut l’aider à mieux épouser les tendances internationales qui régissent notre vie nationale. Et, comme vous le savez tous, les vrais changements socioéconomiques et culturels commencent toujours à l’université, via les réflexions universitaires où les colloques, les séminaires, les stages, la recherche, les publications et autres outils de connaissance permettant à la jeunesse de mieux se centrer, de mieux se trouver et de changer d’attitude. »
M. Gilles a consacré une bonne partie de son intervention à citer un texte de Nesmy Manigat relatif au fonctionnement des universités haïtiennes, au nombre d’étudiants évalués à 40 000 inscrits dans une université publique ou privée en 2007, contre 300 000 en République dominicaine et 500 000 inscrits à Cuba à la même époque.
Selon le recteur Gilles, « ce faible taux d’étudiants dans les universités d’Haïti est dû non seulement à la faible couverture des niveaux antérieurs de formation mais aussi au faible pourcentage d’investissement public alloué à l’enseignement supérieur, à l’absence d’une instance nationale de régulation du système (jusqu’à la nomination récente d’un secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur), à la concentration excessive de l’offre de formation supérieure tant publique que privée dans le seul département de l’Ouest, à des programmes de formation non adaptés au marché du travail actuel, au déficit de gouvernance des institutions d’enseignement supérieur publiques… ».
M. Gilles souhaite, plus que jamais, qu’on se pose l’épineuse question de la formation de générations futures et des carrières qui facilitera leur réelle insertion socioprofessionnelle. Donc, l’inauguration de l’UPSEJ a donné lieu à une manifestation au cours de laquelle les autorités de Jacmel ont exprimé leur satisfaction d’avoir enfin leur centre universitaire. Le maire de Jacmel, M. Ronald Andris, a montré l’importance de cette université à Jacmel. Son discours était d’une très grande facture.
Prenant la parole, le secrétaire d’Etat à l’Enseignement supérieur, le professeur Jean-Claude François, a mis l’accent sur la mission de l’université. Vint ensuite le tour du sénateur Joseph Lambert du Sud-Est qui a mis tout son poids dans la balance pour la concrétisation du grand rêve des Jacméliens devenu enfin une réalité. Celui-ci, pour reprendre les propos du recteur Jean-Elie Gilles, avait proposé au président René Préval l’idée d’élever la somme des enveloppes budgétaires des universités publiques de 8 à 12 millions de gourdes. Ce qui fut fait. Le sénateur a en quelque sorte contribué à la réalisation de l’Université publique du Sud-Est à Jacmel.
Pour le ministre de l’Education nationale et de la Formation pProfessionnelle, le professeur Réginald Paul, l’inauguration de l’UPSEJ symbolise la volonté de l’Etat d’ériger les universités publiques en région de manière à répondre à cette demande croissante d’étudiants en quête du savoir :
« Je me réjouis enfin que, grâce à la mobilisation de plusieurs acteurs, nous soyons parvenus à l’ouverture de ce centre universitaire. Deux ans après le séisme du 12 janvier 2010 qui a détruit la plupart des centres universitaires de Port-au-Prince, il s’était avéré urgent de créer des universités en région appelées à servir la communauté, surtout avec l’exode massif des jeunes vers les autres départements, a-t-il souligné. «C’est un pas important qui vient d’être franchi avec la mise en place de cette quatrième université publique. Mais il nous reste beaucoup de chemin à parcourir pour que ces centres universitaires remplissent convenablement leur rôle, il nous faut notamment construire ces universités sur des espaces adéquats regroupant toutes les entités d’études et répondant aux normes de construction parasismiques mais aussi et surtout adaptées au standard des conditions d’apprentissage universitaires avec des laboratoires, des centres de recherche, des terrains de jeux, etc. pour que l’on parle véritablement de campus universitaire où la vie associative et estudiantine pourra se développer avec un corps professoral dédié uniquement à cette fin.»
Invité par son homologue du Sud-Est, le recteur de l’Université publique du Sud aux Cayes, le Révérend père Yves Voltaire, a salué l’initiative de l’Etat à Jacmel. Il a retracé le parcours de l’UPSAC qui a déjà 12 ans. Selon lui, les universités publiques figurent parmi les meilleures réalisations de l’Etat haïtien. Il a cité Gonaïves, Cap-Haïtien, les Cayes et aujourd’hui Jacmel.
Le recteur Voltaire en a profité pour partager son expérience avec les responsables de l’UPSEJ. Il souhaite que l’Université publique du Sud-Est à Jacmel forme, avec les autres universités publiques du pays et celles à venir, un Harvard de la Caraïbe.
La cérémonie devait se terminer par la remise d’une liste d’ouvrages au recteur de l’UPSEJ, comme don de la Bibliothèque nationale. M. Emmanuel Ménard, le directeur de cette institution, a naturellement pris la parole. Ses propos bien tournés lui ont valu des applaudissements nourris de l’assistance composée du directeur général du ministère de l’Education nationale, M. Pierre Michel Laguerre ; de la directrice de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Mme Florence Pierre-Louis, accompagnée de son assistante, Mme Nadine Henri ; du délégué départemental du Sud-Est ; des hauts cadres du MENFP ; des notables de la ville de Jacmel ; des représentants du gouvernement espagnol et d’autres invités.
Jean-Robert Fleury

Roumer, un Jérémien de conviction

Maxime Roumer n’est pas un nouveau venu au Sénat de la République. Ce neveu du célèbre poète Emile Roumer et membre fondateur de la Coordination résistance Grand’Anse (COREGA) a été élu une première fois sénateur en 1995. Réélu en 2006, ce diable d’homme, baraqué comme un joueur de la NBA, a répété l’exploit aux sénatoriales partielles de 2009. Parcours d’un combattant !

Le sénateur Maxime Roumer

(Photo: James Alexis)

C’est un homme de caractère et de conviction. A 61 ans bien sonnés, Maxime Roumer reste profondément attaché à sa ville natale, Jérémie. Celle-ci ne s’y trompe d’ailleurs pas, qui l’a réélu trois fois. « Maxime Roumer est un digne représentant du département de la Grand’Anse au Parlement, commente le sénateur Jean William Jeanty, son ami de longue date. Son succès est dû à son passé de militant, son engagement dans la lutte contre la dictature et envers la démocratie. »
Issu d’une famille nombreuse – avec 8 oncles, seulement du côté paternel -, le sénateur Roumer est profondément enraciné dans Jérémie. « J’ai grandi au milieu de nombreux oncles, tantes, cousins et cousines, se rappelle-t-il avec un sourire amusé. Je me rappelle encore les conseils salutaires de mon oncle Emile Roumer qui parlait toujours en images. Cela m’a pris du temps pour déchiffrer tout ce qu’il disait ! »
D’autres Jérémiens célèbres comme René Philoctète, Edmond Laforest, Franck Lavaud ainsi que Adrien Sansaric (qui a accompagné Che Guevara au Congo) ont aussi des liens de parenté avec le parlementaire.
Le sexagénaire chenu, qui a étudié jusqu’en rhétorique dans sa ville natale, n’est pas arrivé à la politique par hasard. Même si ses parents n’étaient pas à proprement parler des activistes politiques, il a pris tout jeune le goût des affaires publiques au contact de ses aînés. « J’étais fignoliste dès l’âge de 7 ans », révèle-t-il, ajoutant qu’il n’y avait alors pas de séparation entre les générations à Jérémie. « Mais il y avait des normes à respecter. A l’époque, du point de vue politique, la ville était partagée entre Duvalier, Déjoie et Jumelle. On discutait passionnément de politique, de poésie, de sport, de musique, etc. », se souvient le parlementaire, insistant sur la tradition poétique de Jérémie.
Maxime à Port-au-Prince
Contrairement à beaucoup d’autres adolescents de son âge, Maxime Roumer n’a pas connu la pauvreté. Ses parents avaient de quoi subvenir à ses besoins. Toutes les conditions étaient donc réunies pour que Maxime se concentre sur ses études. Débarqué en bateau à Port-au-Prince, il s’installe à la ruelle Berne où il a fait la connaissance de beaucoup de jeunes qui allaient plus tard devenir cadres dans l’administration publique, musiciens ou artistes de renom, dont Boulot Valcourt et Ansy Dérose. C’est au contact de ces jeunes talentueux que Maxime découvre la vie mondaine. « C’était un choc pour moi, car je n’étais pas habitué à la débauche », dit-il avare de détails.
Une fois son baccalauréat en poche, il commence des études en économie à la faculté de droit de Port-au-Prince. Après la première année, il s’inscrit à l’INAGHEI et au Centre de formation de statisticiens (CEFORS) devenu depuis le CTPEA. Il fait les trois facultés presque simultanément. « C’étaient presque les mêmes cours, les mêmes professeurs et les mêmes examens, répond le sénateur lorsqu’on lui demande comment il s’y est pris pour réaliser cet exploit. Dans les facultés, on ne donnait pas beaucoup de cours comme c’est le cas aujourd’hui. »
Très jeune, Maxime Roumer intègre l’Institut haïtien de statistique et d’informatique (IHSI), où il est rapidement promu responsable de la section des calculs. « J’étais tellement jeune, se souvient-il. Je n’avais aucun sens de la hiérarchie. Je me suis fait un jour réprimander par mon supérieur hiérarchique parce que j’avais passé la journée à aider le gardien à transporter des boîtes. »
Un étudiant engagé
Plein de fougue et désireux d’en connaître toujours plus, le jeune statisticien est choisi lauréat, conjointement avec Pierre Gilles, d’un concours organisé par les autorisés françaises en Haïti pour une bourse d’études accordée par le Quai d’Orsay. Arrivé en France au début des années 70, Maxime Roumer s’inscrit à l’Ecole nationale de statistique. Réalisant qu’il a finalement peu de chose à apprendre en matière de statistique, il demande son transfert à l’Université de Paris I-Panthéon-Sorbonne , où il décroche une maîtrise en économie.
Pendant son séjour en France, le jeune Jérémien ne reste pas seulement accroché aux livres. Il milite aussi au syndicat des étudiants, occupant même le poste de président de la Fédération des étudiants en résidence universitaire de France (FERUJ). Il ne le savait pas alors, mais c’était une sorte de préparation pour son entrée future sur la scène politique haïtienne. Le retour n’aura cependant lieu qu’en 1987, tout de suite après le départ de Jean-Claude Duvalier du pouvoir. Même s’il n’était pas vraiment un exilé en France, il y est resté 15 ans. « Je ne pouvais pas revenir au pays, faute de passeport, explique-t-il. Je n’avais qu’un papier que me donnait l’ambassade d’Haïti à Paris et disant que j’étais un citoyen haïtien… »
Lorsqu’il regarde derrière lui, le sénateur Roumer se considère chanceux. Chanceux de n’avoir pas assisté aux fameuses « vêpres de Jérémie » en 1964, chanceux d’avoir pu quitter l’impitoyable Port-au-Prince duvaliériste pour la France. « J’aurais pu, dit-il, être emporté par le régime des Duvalier comme ce fut le cas pour beaucoup de jeunes de ma génération. La jeunesse de mon époque était dévastée. Exil, disparitions, arrestations arbitraires, torture… constituaient le quotidien de trop de jeunes de l’époque. La paix du cimetière régnait alors dans ce pays ! »
Le kidnapping en 1973 de l’ambassadeur des Etats-Unis accrédité à Port-au-Prince, Clinton Knox, par deux jeunes Haïtiens, Myrtha Gilbert et Tony Lévêque, a marqué sa jeunesse parisienne. « A l’époque, le fait que ces jeunes aient fait plier le régime duvaliériste et obtenu la libération de 12 prisonniers politiques en échange de celle du diplomate m’apparaissait comme la chose à faire. Avec les enlèvements crapuleux d’aujourd’hui, c’est une autre affaire ! »
Un rêve de changement bafoué
De retour dans son pays, Maxime Roumer s’oriente vers l’enseignement. Il participe à la formation de plusieurs générations d’étudiants à l’ENARTS, à l’INAGHEI et à la faculté des sciences humaines. Loin des caméras, il mène une lutte très active à la Confédération des enseignants haïtiens (CNEH) et entretient ses contacts avec la population jérémienne. Pas étonnant qu’en 1990, il soit au devant de la scène lors des élections qui propulsent Jean-Bertrand Aristide à la tête du pays.
Comme beaucoup d’Haïtiens, Maxime Roumer pensait que ces élections allaient aider à sortir le pays du cycle de la pauvreté. Le coup d’Etat militaire du 30 septembre 1991 met fin brutalement à ce rêve. « La population de la Grand’Anse a résisté pendant un mois aux putschistes, mais a dû s’incliner devant la force brute », constate-t-il avec tristesse. C’est dans ce contexte que la Coordination résistance Grand’Anse (COREGA), dont il est l’un des membres fondateurs, prend naissance. Au retour d’exil du président déchu en 1994, la COREGA rejoint la plateforme politique Tab la. L’accord de Paris, qui prévoyait la privatisation des entreprises publiques, constitue alors la première pomme de discorde entre la COREGA et les autres partis politiques membres de la plateforme ainsi qu’avec le gouvernement Aristide.
Elu deuxième sénateur de la Grand’Anse lors des élections législatives de 1995, Maxime Roumer se range du côté du bloc antinéolibéral à la Chambre des députés. C’est peut-être la plus grande bataille que le parlementaire a mené au Grand Corps. « L’histoire donne aujourd’hui raison à ce bloc de députés qui défendaient une noble cause », juge le sénateur trouvant qu’il est dommage que les antinéolibéraux de la 46e législature se fassent aujourd’hui les défenseurs de l’actuelle politique néolibérale.
Après son premier mandat de sénateur, Maxime Roumer se lance à nouveau en 2000 dans la mêlée électorale, devant l’insistance de la coordination de la COREGA qui est plus un mouvement de paysans qu’un parti politique. « J’ai été à nouveau désigné pour représenter la COREGA dans les législatives de 2000 », soupire-t-il, ressassant une pénible défaite électorale qu’il juge toujours injuste. « J’ai remporté les élections de 2000, mais on m’a volé la victoire », affirme-t-il ajoutant que les législatives de 2000 ont été décalées de plusieurs semaines dans le département et que la région était alors à feu et à sang.
De Tab la à Lespwa
En mai 2006, Maxime Roumer prête à nouveau serment comme troisième sénateur de la Grand’Anse sous la bannière de la plateforme Lespwa. La COREGA, l’organisation de base qu’il représente, figure à côté de PLB et de Konbit Sidès parmi les membres fondateurs de la plateforme ayant remporté la présidentielle de 2006 et une majorité des sièges au Parlement. Maxime Roumer n’a pas de bons souvenirs de cette nouvelle expérience. « La 48e législature et le Sénat issu des élections de 2006 sont les plus corrompus de l’histoire du Parlement haïtien », déclare, sans concession, le sénateur.
On se rappelle encore les scandales en cascade qui ont marqué cette législature. Maxime Roumer veut se démarquer de ses collègues qui n’ont pas fait honneur à l’institution parlementaire. « Je mets quiconque en défi de citer un scandale auquel mon nom est associé pendant mes mandats de sénateur », lâche Maxime Roumer, élu sénateur en 2009 pour une 3e fois sous la bannière de la plateforme Lespwa.
Le divorce consommé
La platefome Lespwa n’existe plus. Elle a été, en 2009, changé en plateforme Inite. Maxime Roumer, qui d’habitude tourne sa langue sept fois dans sa bouche avant de se prononcer sur certaines questions, est furieux. Il dénonce haut et fort la façon dont le président René Préval procède pour mettre en place Inite. « En récupérant les membres des autres partis politiques, on les a affaiblis davantage », dénonce aujourd’hui encore Maxime Roumer, qui se présente comme l’instigateur du vote à la 46e législature de la Convention sur les violences faites aux femmes. .
Le parlementaire n’a cependant aucun regret d’avoir voté en faveur du président René Préval en 2006. « Il avait au moins évité au pays de sombrer dans une guerre », affirme-t-il, faisant état de la corruption qui gangrénait l’administration de René Préval au cours de son second mandat. Père d’un garçon et d’une fille, Maxime Roumer reproche aussi au président René Préval la mise à l’écart des militants qui l’avaient reconduit au pouvoir.
Un Jérémien de conviction
Se présentant comme un homme de conviction et de caractère, Maxime Roumer se réjouit du fait que son nom ne figure pas sur la liste des parlementaires qui participent trop souvent à des réunions au palais national. « J’ai été une seule fois, sur l’insistance de certains amis, au palais national pour discuter avec l’ex-président René Préval de la nomination de Michèle D. Pierre-Louis au poste de Premier ministre », souligne celui qui a doté le département de la Grand’Anse d’une université.
Aujourd’hui, Maxime Roumer ne se considère ni comme opposant ni comme proche de l’administration Martelly/Conille. « Ma position par rapport à l’actuel gouvernement dépendra de son bilan », indique le parlementaire, estimant que les nouvelles autorités gèrent une situation extrêmement difficile avec des institutions publiques incapables de jouer pleinement leur rôle.
L’Université nouvelle Grand’Anse (UNOGA) et la COREGA sont deux structures chères au sénateur Maxime Roumer. Pour être membre de la COREGA, il faut faire le serment de fidélité. Toute forme de trahison pour quelque raison que ce soit, admettent ceux qui prononcent le serment, ne doit pas rester impunie. A ce jour, Maxime Roumer dit relever une liste de 133 cas de trahison. « Tous ceux qui ne respectent pas le serment qu’ils ont prêté l’ont payé cher », révèle le parlementaire. Maxime Roumer, qui affirme n’être ni religieux ni mystique, se croit être protégé parce qu’il respecte toujours ses engagements. A 61 ans, il se croit trop vieux pour se laisser détourner des règles d’or qui l’ont guidé toute sa vie.
Jean Pharès Jérôme
pjerome@lenouvelliste.com

 

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