lundi 16 janvier 2011

16 Jan

Bilan Positif du Président Martelly au Guatemala
15/01/2012 13:19:48

clip_image001Samedi 14 janvier 2012, le Président Michel Martelly, a assisté à l’investiture du nouveau Président guatémaltèque, M. Otto Perez Molina. Outre le Président Martelly, 8 autres Chefs d’État et des représentants de 98 délégations internationales ont participé à cette cérémonie.

Le Chef de l’État a eu des échanges bilatéraux, non seulement avec le Président Molina, mais également avec les Présidents Luis Felipe Caldéron du Mexique, Daniel Ortega du Nicaragua et Porfirio Lobo Sosa du Honduras.

Le Président Martelly a annoncé que le gouvernement mexicain donnera 5 millions de dollars à Haïti pour construire plusieurs marchés, notamment aux Gonaïves. En plus, le Président mexicain, Felipe Calderon a promis la réalisation d’études afin d’identifier les besoins fondamentaux du pays en terme d’infrastructures. Les deux Chefs d’État ont concentré leurs échanges sur l’élaboration d’un programme d’éducation et l’agriculture ainsi que sur les opportunités de promouvoir l’énergie verte en Haïti. Le Président Calderón, a confirmé que Mme Margarita Zavala, la Première Dame du Mexique, allait venir prochainement en Haïti, afin de superviser un programme de subvention alimentaire pour 4.500 enfants.

Samedi en début de matinée, le Président Martelly s’est entretenu avec le Président du Guatemala avec lequel il a parlé du renforcement institutionnel et de la promotion des relations entre les deux pays, la coordination et la gestion des risques naturels majeurs, la sécurité et le maintien de la Paix.

Avec son homologue du Honduras, Porfirio Lobo, le Président haïtien a abordé la coopération permanente entre les deux pays, les problèmes de la région, comme la sécurité et surtout l’admission d’Haïti en tant que membre à part entière du Système Intégré Centre Américain (SICA).

Le Président Nicaraguayen Daniel Ortega et le Président Martelly ont discuté de la création d’une commission bilatérale, qui aura pour mission d’étudier les possibilités de coopération entre les deux pays. M. Ortega a proposé un plan pour le développement des femmes et la promotion de la jeunesse, en plus d’annoncer, que des jeunes Nicaraguayens viendront en Haïti pour aider à construire des maisons.

Par ailleurs, le Chef de l’État a dîner en privé avec le Président de l’Espagne, José María Aznar, au cours duquel, le Président Martelly a abordé des points clés, comme l’agriculture, la pêche, l’alimentation et la sécurité.

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-4707-haiti-politique-agenda-charge-du-president-martelly-au-guatemala.html

HL/ HaïtiLibre

 

Haïti-Politique/Constitution amendée :

Martelly veut connaître les auteurs des irrégularités qui affectent le document

lundi 16 janvier 2012

clip_image004P-au-P, 16 janv.2012 [AlterPresse] — Le chef de l’État haïtien Michel Martelly estime plus important d’identifier les auteurs des irrégularités qui affectent la Constitution amendée au lieu de procéder à sa publication.

« Il serait plus important avant de parler de publication (de la constitution amendée) que la commission sénatoriale chargée d’enquêter sur la fraude en identifie le fraudeur », déclare Michel Martelly à la presse le 13 janvier.

Selon lui, les irrégularités qui entachent le processus d’amendement ont des auteurs qu’il convient d’identifier.

Alors que le premier ministre Garry Conille avait le 6 janvier dernier rappelé que la publication de la constitution amendée est une « prérogative » du président de la République, maintenant c’est au tour du président Martelly de s’en laver apparemment les mains.

« Qui a créé la crise ? », questionne Martelly. « La crise d’aujourd’hui a une origine mais vous voulez que je la gère ? », continue Martelly.

Le dossier semble donner du fil à retorde et laisse libre cours à la divergence.

Au Parlement haïtien, certains parlementaires sont pour et d’autres contre, explique Michel Martelly et ses conseillers, en particulier Gérard Gourgue, disent : « non ! » à la publication de la constitution amendée.

Entre temps, Michel Martelly dit écouter les différents points de vue pour pouvoir prendre une décision et « on est obligé d’attendre », affirme t-il, tout en soulignant que le dossier demande de la « prudence » et peut engager le pays dans une direction irréversible.

La constitution du 27 mars 1987 a été modifiée par la 49e législature dans la nuit du 9 mai 2011. La nouvelle version a été publiée le 13 mai par le président René Préval, 24 heures avant l’arrivée au pouvoir de Michel Joseph Martelly, qui, à partir d’un arrêté daté du 6 juin 2011 invite qu’on revienne à la constitution de 1987 car la version amendée contient des erreurs.

Et aujourd’hui « Publier quelque chose dont le temps de publication est anormal (dépassé), je ne peux plus le faire. Je peux seulement le faire sur une base de compromis politique », soutient Martelly qui croit qu’en le faisant ce serait faciliter la tâche aux parlementaires qui veulent sa destitution. [ rh kft gp apr 16/01/ 2012 08:00]

 

Haïti – Économie :

Laurent Lamothe annonce des centaines de millions pour la reconstruction
16/01/2012 08:32:13

clip_image005La semaine dernière, à l’Hôtel Montana, Pétion-Ville, où se réunissait le Conseil Consultatif Présidentiel pour l’Investissement (CCPI), Laurent Lamothe, le Ministre des Affaires Étrangères et co-Président du CCPI, en présence de Wilson Laleau, Ministre du Commerce et de l’industrie ont présentés des projets totalisant près de 200 millions de dollars d’investissements, qui débuteront ou seront réalisés dans les deux prochaines années.

Monsieur Lamothe a rappelé que le gouvernement s’inscrivait dans la dynamique du développement économique et des partenariats public/privé. « Nous prévoyons une croissance de 10 % pour 2012 » De son côté, Wilson Laleau a déclaré « Préparer un cadre d’actions stratégiques et moderniser l’environnement des affaires sont les tâches auxquelles s’attèle mon ministère. On sent une nouvelle dynamique dans le pays, il faut l’accompagner. »

À l’occasion du point de presse du CCPI, le Ministre Lamothe a déclaré :

«… C’est un honneur d’être avec vous, pour vous dire que les choses vont mieux en Haïti […] notre PIB a connu une croissance de 5.5% en 2011, et notre prévision de croissance pour 2012 est de 10%. Mais il y a beaucoup à faire […] nous travaillons jour et nuit sur le développement et la croissance de l’économie […] en 2012, le gouvernement investira dans différents projets visant a une amélioration des infrastructures, de l’éducation et de la reconstruction […] l’aéroport de Port-au-Prince et du Cap Haïtien sont en cours et nous avons commencé avec Jacmel et l’aéroport des Cayes.

Nous allons apporter une meilleur gestion avec les fond disponibles pour Haïti. Le Canada s’est engagé à une aide de plus de 1 milliard de dollars sur 10 ans, à raison de 100 millions par an.

Nous allons investir plus de 200 millions de dollars du Fond PetroCaribe avec plus de 40 millions de dollars en infrastructures de bases, dans la ville de Jacmel, dans les routes, dans la gestion des détritus, dans les infrastructures touristiques.

100 millions seront investi pour l’éducation gratuite qui bénéficiera à plus de 1.5 millions d’enfants entre 6 et 12 ans en Haïti.

72 millions iront à la construction de la cité gouvernementale et dans la politique d’inclusion social du Président Martelly. Nous allons développer et promouvoir différents programmes de promotion de la femme haïtienne, tel que le programme « Ti manman cheri » qui bénéficiera à plus de 100,000 mères haïtiennes et le programme « Aba grangou’ » qui bénéficiera à 100,000 mères supplémentaires, en tout, 200,000 mères trouveront une assistance du gouvernement dans sa politique d’inclusion sociale.

La construction d’un nouveau parc industriel, signé pour plus de 20 millions de dollars, verra le jour dans le Nord de Port-au-Prince.

Nous travaillons pour que le CCPI atterrisse et soit bien adapté pour le futur proche d’Haïti […] pour cette croissance économique, le 30 nous allons travailler avec le secteur privé, le secteur des assurances, le secteur des affaires […] sur la copropriété, une loi qui certainement contribuera à la croissance économique […] »

« Après le Forum sur l’Investissement organisé en Haïti en novembre 2011, il était important pour le CCPI de montrer qu’Haïti entame 2012 sur des perspectives concrètes de développement, d’investissements et de confiance en l’avenir » a déclaré Karl Jean-Louis, Directeur exécutif du CCPI.

« Je peux affirmer haut et fort que le principe du partenariat public-privé est appelé à constituer le socle sur lequel devra reposer à l’avenir le développement économique et social du pays », a affirmé Hervé Denis, Président de la CCIH. Un secteur privé qui a présenté un ensemble de projets d’importances, porteurs de modernité et créateurs d’emplois a être réalisés entre 2012 et 2014.

Liste partielles des projets :
Agriculture :
– Geo Wiener SA (Commercialisation de cacao)

Agro industrie :
– Caribbean grain (Production céréalière)

Commerce :
– Global (Construction grande surface bureautique)
– Office 1 international (franchises commerciales)
– TEK
CELL

Construction :
– Gama entreprises (Usine de matériaux de construction)
– Tempo Construction

Energie :
– Confener SA (Production d’énergie renouvelable)

Finance :
– Leopard Capital Investment Fund (phase 1)
– Haiti building society SA

Industrie :
– Cemex SA (7 millions de dollars dans l’extension de ses opérations, permettant de créer des centaines d’emplois)

Tourisme :
– Carabimmo SA (Best Western Premier – investissement de plus de 12 millions)
– MAC SA (Visa Lodge phase 2)
– San Yakino SA (Projet Port Yakino [phase 1] – important projet de développement touristique à l’Ile de la Grosse Cayes)
– SCIOP SA (Projet Royal Oasis)

– SIF SA (El Rancho – 6-8 millions) http://www.haitilibre.com/article-4211-haiti-tourisme-tour-d-horizon-sur-le-developpement-touristique-en-haiti.html

– Win group (Hôtel des artistes – 47 millions) http://www.haitilibre.com/article-4377-haiti-economie-signature-de-l-accord-de-construction-de-l-hotel-de-l-aeroport-international.html

HL/ HaïtiLibre

 

5 millions pour Haïti – Sean Penn nouvel Ambassadeur Itinérant
16/01/2012 10:26:02

clip_image006Avant de partir pour le Guatemala vendredi dernier le Président Martelly avait annoncé que le Ministre des Affaires Étrangère, Laurent Lamothe et l’Ambassadeur Wyclef Jean se rendraient samedi en Californie pour assister à une levée de fonds pour la fondation de Sean Penn (J/P HRO), cette dernière «…strictement pour Haïti, pour venir en aide à Haïti" a précisé le Président de la République.

Étaient, entre autres, présents Luc Besson, Mel Gibson, Melanie Griffith, Felicity Jones, Demi Moore, Julia Roberts, George Clooney et Hilary Swank, à la cérémonie, « Cinema For Peace Los Angeles 2012 » qui s’est tenu samedi soir au Montage Hotel et qui a permis d’amasser 5 millions de dollars pour la J/P Haitian Relief Organization qui vient en aide aux haïtiens depuis le 12 janvier 2010.

Pendant les enchères, le chanteur Damien Rice a dépensé 475,000$ pour la guitare de Bono alors que le mari de Julia Roberts, Danny Moder, a offert 50,000$ pour un voyage en Haïti avec Sean Penn.

Au cours de la cérémonie à Bervely Hills l’acteur Sean Penn a été consacré Ambassadeur Itinérant pour Haïti par le Ministre des Affaires Étrangères et des Cultes, Laurent Lamothe, devant de nombreuses personnalités ainsi que Cheryl Mills, la chef de Cabinet de la secrétaire d’État, Hillary Clinton. "J’accepte" a déclaré l’acteur.

HL/ HaïtiLibre

 

Jean Baptiste Clark Neptune, Nouveau directeur général à la DGI

15/01/2012 09:14:00 Auteur(e) La Redaction

HPN – Un nouveau directeur général a été désigné à la tête de la Direction générale des Impôts, a annoncé le ministère de l’économie et des finances. Le nouveau directeur de la DGI, Monsieur Jean Baptiste Clark Neptune sera installé à son poste ce lundi 16 janvier.

M. Neptune remplace M. Robert Joseph. L’ex-directeur adjoint de la DGI qui avait survécu au séisme du 12 janvier au bâtiment de la DGI avait remplacé le Directeur général lui même tué dans l’effonfrement de l’immeuble de la DGI.


La cérémonie d’installation du nouveau Directeur-Général de la Direction Générale des Impôts (DGI) aura lieu au Ministère des finances ce lundi.

 

Haïti – Économie :

Gouvernement et secteur privé au premier Forum sur la reconstruction
16/01/2012 07:11:29

clip_image007Vendredi dernier, le Premier Ministre, le Dr.Garry Conille, est intervenu, en ouverture du premier Forum sur la reconstruction d’Haïti, qui a réuni au Karibe Convention Center les représentants de la communauté internationale et des membres du secteur privé haïtien. Plusieurs personnalités ont pris part au lancement de ce Forum, dont le Ministre de la planification et de la coopération externe, Jude Hervé Day, le Représentant de la communauté internationale en Haïti, Nigel Fischer, ainsi que plusieurs responsables de la Chambre de commerce et de l’industrie et des Ambassadeurs accrédités en Haïti.

Le Premier Ministre a annoncé que son gouvernement se donne pour priorité la reconstruction du pays et qu’un ensemble de stratégies étaient déjà mises en œuvre, visant entre autres : l’aménagement du territoire ; la construction de logements sociaux et des édifices publics dans un environnement sain et sécurisé ; réitérant que l’année 2012 sera celle des grandes opportunités tout en soulignant que pour les saisir, il faut que les secteurs privés et publics conjuguent leurs efforts avec le support de la communauté internationale.

Le gouvernement Conille entend accélérer la mise en œuvre d’une nouvelle stratégie de croissance avec pour objectif une croissance du PIB en termes réels de 7.8% « Les investissements en infrastructures publiques, notamment dans le cadre de la reconstruction, les investissements privés et les exportations favorisées par les opportunités offertes par la loi HELP, devront en effet contribuer à l’atteinte de cet objectif », pense le Premier Ministre.

Pour le Dr. Garry Conille, « la reconstruction sera l’occasion d’un rebond économique s’inscrivant dans une stratégie de développement durable et concerté ». Mais pour atteindre ces objectifs, il estime que la collaboration et la mise en synergie de tous les secteurs autour d’une vision commune se révèlent indispensable « Il s’agit de permettre au secteur privé de voir les directions que prend le gouvernement et de savoir comment se positionner » soulignant que « ce dialogue entre les secteurs privé et public avait bien démarré et pourrait déboucher sur un partenariat. »

Au total, près d’une centaine de projets doivent être exécutés au cours de l’année 2012. Une bonne partie a déjà trouvé de financement, a fait savoir, le Premier Ministre « Nous sommes à un carrefour décisif, nous avons de grandes et belles opportunités à saisir à partir de cette année et la communauté internationale est avec nous, pour nous accompagner » indiquant que les autorités gouvernementales avait eu, la veille de ce forum, une réunion positive avec de grands investisseurs étrangers, qui avaient participé au récent forum sur l’investissement en Haïti.

Hervé Denis, le Président de la Chambre du Commerce et de l’Industrie, s’est réjoui de ce premier Forum, qui lance un véritable dialogue public-privé « Nous nous positionnons et nous serons à l’écoute du gouvernement » a t-il déclaré, optimiste.

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-4376-haiti-economie-bilan-positif-du-forum-invest-in-haiti.html

S/ HaïtiLibre

 

Haïti – Justice :

Le processus de mise en place du CSPJ avance…
15/01/2012 11:41:42

clip_image008En marge des activités commémoratives du 12 janvier 2010, Michel Brunache, le nouveau Ministre de la Justice et de la Sécurité Publique a déclaré que le processus de mise en place du Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire (CSPJ) avance « …le processus enclenché depuis 2005 avance, il y a une loi qui a été voté fin 2007, il y a un processus de certification des membres du CSPJ qui est presque finaliser et nous avons déjà séparé le budget du CSPJ du budget 2011-2012 du Ministère, c’est donc un processus qui avance bien […] »

Le Ministre a également fait état de la situation de la justice en Haïti, et des nombreux problèmes qu’ils faudra résoudre avant d’avoir un véritable État de droit dans notre pays «… il y a des carences que tout le monde peut admettre, nous savons que le système est malade ; il y a surtout un problème de ressource humaine, il n’y a pas suffisamment de juge ; il y a des problèmes d’infrastructures ; il y a également des problèmes administratif, c’est à dire que les décisions sont lentes; il y a des suivies administratifs qui ne sont pas fait au niveau des centres pénitenciers ; il y a aussi des cas d’arrestations arbitraires qui sont fait, que ce soit par la police, par les juges de Paix ou même par le Commissaire du Gouvernement… nous devons adresser toutes ces choses là pour avoir un État de droit dans le pays… »

Lire aussi :
http://www.haitilibre.com/article-4474-haiti-justice-installation-du-nouveau-ministre-de-la-justice-michel-brunache.html

HL/ HaïtiLibre

 

Editorial

Le geste dominicain : les élites dirigeantes haïtiennes au pied du mur !

Nécessité de la tenue des états généraux de l’enseignement supérieur en Haïti

Publié le lundi 16 janvier 2012

clip_image009 Les Dominicains attendent désormais de voir quelle suite Haïti donnera au geste qu’ils viennent d’accomplir en le dotant de son premier campus universitaire, depuis son indépendance.

On peut à bon droit se sentir gêné de constater qu’il en est ainsi. Non seulement en raison des contentieux historiques entre les deux pays, mais aussi à cause de notre glorieux passé de peuple jaloux de son indépendance.

Il faut cependant se garder de verser dans le « fè wont sèvi kòlè », qui pourrait nous amener à sous-estimer l’importance du don et à livrer 50 millions de dollars d’investissements aux caprices des éléments ou à la furie des animaux à quatre pattes.

Au-delà du débat et de la controverse autour de la paternité du campus, la première préoccupation de tous ceux qui prétendent s’y intéresser, serait de définir un plan d’entretien et de conservation des installations.

La priorité des priorités est donc de les garder en état avant les grandes décisions concernant leur gestion. Il faut donc une structure provisoire de gestion dotée des moyens adéquats.

Qui, du gouvernement et/ou de ceux qui ambitionnent d’accaparer le campus, a déjà conçu un plan de telle sorte, incluant l’évaluation des ressources financières et humaines indispensables à cette fin ? Le Rectorat de l’Université d’Etat d’Haïti peut-il déjà répondre à cette question ? Les pouvoirs locaux à Limonade et même les autorités départementales ont-ils les compétences et les moyens nécessaires à cet effet ? Va-t-on se trouver dans l’obligation de solliciter, encore une fois, le concours de l’étranger à cette fin ?

Le cadeau dominicain met définitivement l’Etat haïtien dans « ses petits souliers ». Avec des installations d’une telle capacité, le refus carabiné des dirigeants et de certaines élites du pays de financer et de favoriser l’éducation et la formation, va encore éclater au grand jour. L’occasion va se présenter une nouvelle fois aux élites dirigeantes haïtiennes de montrer, peut-être, à quel point elles sont rétrogrades en refusant de dégager un budget significatif pour l’enseignement supérieur et la formation en général. On va en avoir la preuve à très court terme avec le budget rectifié qui va être soumis au Parlement.

Est-ce à dire que le spectre de la privatisation hante déjà le campus de Limonade, s’il devrait survivre au manque d’engagement de l’Etat ?

Dans l’intervalle, le pire peut arriver. On a en effet entendu le chef de l’Etat menacer de prendre « sa » décision dans une affaire aussi importante. Sous prétexte que les intellectuels se chamaillent sur la paternité du campus sans proposer un plan de gestion. Il faudrait que, tout de suite, les conseillers tant soit peu avisés de M. Martelly, le mettent en garde contre toute décision intempestive dans ce dossier.

Qu’on lui fasse savoir que le fait par les intellectuels de ne pas proposer un plan de gestion du campus, ne dispense en aucune manière l’Etat de l’obligation régalienne de s’engager dans le domaine de l’enseignement supérieur en arrêtant une politique y relative et en y affectant les ressources appropriées.

Aucun prétexte ne pourra justifier des mesures à l’emporte-pièce. Toute personne douée d’un minimum de bon sens réalise que l’enseignement supérieur, loin d’être un domaine d’amateur, est encore moins l’apanage des artistes.

En nous octroyant un campus d’une telle envergure, nonobstant leurs réels objectifs en Haïti, les Dominicains démontrent qu’ils nous prennent très au sérieux. A nous de les prendre également au sérieux et de tourner les choses sérieusement à notre avantage.

La construction du campus de Limonade n’offre-t-elle pas l’occasion de la convocation d’un « woumble nasyonal » autour de la question de l’enseignement supérieur en général et de la gestion du campus de Limonade en particulier ? Toutes les compétences d’ici et de la diaspora, assistées de partenaires universitaires étrangers, seraient alors convoquées pour des discussions qui ne s’éterniseraient pas, un calendrier précis devant alors être établi pour qu’on aboutisse dans le meilleur délai à de claires stratégies et à l’identification des moyens matériels et humains à mobiliser.

Le monde des affaires devrait s’allier aux autres secteurs de la vie nationale en vue de porter les acteurs concernés par l’enseignement supérieur à s’orienter rapidement vers la concertation salutaire. Car, en s’associant au Gouvernement dominicain dans le financement du campus de Limonade, les businessmen de la République voisine ont envoyé un clair message à leurs homologues haïtiens : « l’avenir de vos affaires est intimement lié à celui de la société et du pays dans lequel elles sont réalisées ! ».

Une vérité élémentaire pour laquelle, somme toute, ils pouvaient bien se passer des Dominicains. Pourtant et pourtant, dirait Charles Aznavour : il a bien fallu qu’on le leur rappelle… [jmd/Radio Kiskeya]

 

Qu’est-ce qui freine le développement en Haïti?

SlateAfrique

Le tremblement de terre de 2010 en Haïti n’a emporté avec lui, les difficultés du pays à se développer.

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Des Haïtiens devant une maison détruite par le séisme, janvier 2010 © REUTERS/Swoan Parker

Il y a deux ans, le 12 janvier 2010 à 16h53, la terre a tremblé, ajoutant un autre chapitre à la succession de tragédies qui émaillent l’Histoire d’Haïti. Ce tremblement de terre, d’une magnitude de 7, a fait quelque 300.000 morts, détruit 80 % de la capitale Port-au-Prince et a laissé plus d’un million d’Haïtiens sans abri. Presque tous les bâtiments publics ont été détruits, et, avec eux, la majorité d’une génération de fonctionnaires, médecins, infirmières, ingénieurs, professeurs et étudiants.

Le monde a réagi avec une générosité qui a laissé les Haïtiens —habitués à être traités comme les parias du monde— vraiment surpris et reconnaissants. L’administration Obama a immédiatement promis une somme de 100 millions de dollars en soutien et a envoyé 3.000 soldats pour gérer l’aéroport ainsi qu’un navire-hôpital pour soigner les blessés les plus graves. L’aide est venu des gouvernements français, suisse, vénézuélien, cubain, chilien et colombien, ainsi que d’une myriade de groupes privés. Les anciens présidents Bill Clinton et George W. Bush ont formé la Fondation Clinton-Bush afin de récolter des fonds pour la reconstruction.

Même la République dominicaine, qui partage l’île d’Hispaniola avec Haïti dans le cadre d’une relation tourmentée et parfois conflictuelle, s’est montrée à la hauteur. Le président Leonel Fernandez a promis d’aider à reconstruire la première République noire du monde. Lors d’une réunion en mai 2010 aux Nations unies avec 90 pays et organisations internationales, les donateurs ont promis 5,3 milliards de dollars (environ 5 milliards d’euros). Le redressement d’Haïti semblait en bonne voie.

Deux ans plus tard, l’avenir d’Haïti est toujours aussi peu clair. L’attention des médias s’est détournée de ce pays. Les caméras sont parties, tout comme la plupart des organisations non gouvernementales qui s’étaient précipitées pour apporter de l’aide d’urgence. Les grands organismes internationaux avec un passé à Haïti, comme l’ONU et le Programme de développement des Nations unies, restent sur place, mais la majeure partie de l’aide financière n’a jamais été versée. Le consensus, à Haïti et à l’étranger, est que peu de progrès ont été faits, et un certain pessimisme pèse sur le pays et sa diaspora forte d’un million de personnes.

Mais au-delà de la déception face à la lenteur des progrès de reconstruction, de nombreux Haïtiens et Haïtiens-Américains ont commencé à perdre espoir. Nous avons commencé à nous demander si les profondes divisions de classe et de couleur à Haïti constituent un obstacle insurmontable aux progrès, et nous avons réalisé qu’il fallait les surmonter pour que ce pays pauvre des Caraïbes, fort de dix millions d’habitants, puisse avancer.

Divisions de race et de classe

Il existe des raisons de douter du leadership de Michel Martelly, le président en fonction depuis le 14 mai 2011. C’était un chanteur populaire connu sous le surnom de «Micky le doux», réputé pour sa conduite scandaleuse sur scène, et dépourvu de toute expérience significative en management. L’appel de Martelly aux jeunes Haïtiens et à ceux voulant rompre avec les anciens jeux politiques l’a aidé à vaincre Mirlande Manigat, professeur de droit et ancienne Première dame, lors d’une élection serrée.

Mais depuis son entrée en fonction, Martelly s’est entouré d’un cabinet largement constitué de gens appartenant à l’élite métisse «mulâtre»  de Haïti, et il a suggéré de reconstituer l’armée haïtienne, abolie en 1995 par le président Jean-Bertrand Aristide en raison de son long passé de répression.

L’élite «à la peau claire» d’Haïti a longtemps dominé l’économie du pays et a manipulé sa politique.  Selon le journal Le Monde, 3% de la population contrôle 80% de l’économie.

Descendant principalement des colons français du XVIIIe siècle et des immigrants d’Europe et du Moyen-Orient du XIXe siècle, cette classe privilégiée possède la plupart des grandes entreprises et a longtemps joué un rôle en coulisse en politique, finançant certains candidats  et —d’après certains personnes— le coup d’Etat qui a fait tomber Aristide en 1991, ainsi que l’armée hétéroclite qui l’a conduit en exil durant son second mandat en 2004. Dans l’article du Monde, des membres de cette élite haïtienne désignent l’instabilité politique du pays pour expliquer leur réticence à prendre un rôle plus prépondérant en investissant davantage dans l’avenir du pays.

Les journalistes étrangers ignorent souvent la classe moyenne et l’élite noire d’Haïti. Dans un pays où 95% de la population a la peau foncée, ils ne sont pas aussi visibles —et rarement aussi riches— que les chefs d’entreprise à la peau claire qui dominent le monde des affaires. Pourtant, de nombreux Haïtiens noirs font fièrement remonter leurs origines à la lutte pour l’indépendance de leur pays et ils descendent de personnages historiques.

Médecins, ingénieurs, avocats, musiciens, savants et politiciens viennent souvent de ce groupe, qui a été choyé par le président François Duvalier– puis brutalement réprimé. Cette classe moyenne noire représente le plus grand réservoir de talents perdus par Haïti. Une étude de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) estime que 80% des Haïtiens ayant fait des études secondaires ont quitté le pays. Lorsque l’économie est en difficulté, de plus en plus de personnes prennent un billet d’avion plutôt qu’un bulletin de vote  —afin de chercher ailleurs des opportunités de réussite.

Suivre l’argent

Mais le moteur économique le plus visible à Haïti durant ces deux dernières années est  Denis O’Brien, un milliardaire irlandais et magnat des télécoms qui possède Digicel, le plus grand réseau de téléphonie mobile à Haïti. Son entreprise est le plus gros investisseur, le plus grand contribuable et l’employeur le plus important d’Haïti. Ses positions combatives, comme par exemple mettre 16,5 millions de dollars de ses fonds personnels pour reconstruire le Marché en fer, un lieu historique à Port-au-Prince, sont des rebuffades à l’encontre de la timidité des la classe supérieure de Haïti.

Le journal Le Nouvelliste, le plus ancien quotidien d’Haïti, a dressé un état des lieux de la situation depuis le tremblement de terre: décombres qui jonchent toujours les rues de la capitale, centaines de milliers de personnes sans-abri vivant toujours dans des camps, promesse non tenue de milliers de nouveaux logements et le fait qu’aucun bâtiment public n’ait été reconstruit. «Très lente ou chimérique, la reconstruction semble avoir du plomb dans l’aile», selon le journal.

Une des raisons pourrait être que seule une petite partie de l’argent promis est vraiment arrivée à Haïti. Une analyse de Counterpunch, un site d’actualités alternatif, montre que les bailleurs de fonds ont donné 1,6 milliard de dollars à Haïti pour l’aide d’urgence et 3 milliards de dollars pour l’aide à la reconstruction durant les deux dernières années.

«Il se trouve que la quasi-totalité de l’argent qui était censé aller à Haïti n’y est pas arrivé, a déclaré le site. La communauté internationale a choisi de contourner le peuple haïtien, les ONGs haïtiennes et le gouvernement de Haïti. A la place, les fonds ont été détournés vers d’autres gouvernements, ONGs internationales et sociétés privées. Malgré l’absence quasi-totale de contrôle des Haïtiens sur cet argent, il est probable, si l’on se réfère à l’histoire, que les Haïtiens seront tenus pour responsables des échecs, dans le cadre d’une réaction c’est la faute aux victimes.»

Les bailleurs de fond étrangers ont souvent contourné le gouvernement haïtien et ses sociétés privées à cause d’une corruption généralisée. Autre raison: le gouvernement haïtien a été lent à faire des propositions pour la reconstruction ou à montrer une quelconque capacité à réaliser ses propres objectifs.

Le poids de l’histoire

L’échec des efforts de reconstruction a amené les Haïtiens à se livrer à  une auto-évaluation rigoureuse. René Depestre, poète haïtien respecté et opposant à Duvalier, exilé pendant des décennies à Cuba et en Europe, se demande si Haïti, créée par une révolution sanglante où il a fallu se battre contre la France, l’Angleterre et l’Espagne, a raté une étape lors de la construction de la nation.

«Haïti a toujours été en crise», a-t-il déclaré lors d’une interview dans un magazine haïtien. René Depestre s’est rappelé avoir rencontré un historien polonais qui avait fait une étude brillante des nombreuses révisions de la Constitution haïtienne et il avait admiré sa clarté.

«Mais cette vie constitutionnelle n’a pas de racine dans la vie quotidienne et les institutions de ce pays, a-t-il dit. Nous n’avons jamais eu d’Etat.»

René Depestre n’est pas loin de la réalité. Haïti n’a jamais eu d’infrastructures gouvernementales solides, le pays est plombé depuis le début car il a dû payer une indemnité faramineuse à la France durant quasiment tout le XIXe siècle, et a été dirigée surtout par des dictateurs. Durant les dernières décennies, peu de bailleurs de fonds étrangers voulaient  mettre de l’argent dans des ministères où il avait tendance à s’évanouir en fumée.

Aucun des problèmes d’Haïti n’est insurmontable. Mais le pays ne peut pas aller de l’avant sans surmonter ses profondes divisions de classe et de couleur de peau. Haïti doit accueillir la diaspora haïtienne, souvent vilipendée, mais qui a acquise des connaissances et des compétences en gestion à l’étranger.

J’ai des parents dans toutes les classes sociales d’Haïti: les mulâtres, l’élite noire et la classe moyenne noire. J’ai perdu une tante et un cousin dans le tremblement de terre de 2010. La maison de mon enfance a été détruite.

En tant que Haïtien de la diaspora, j’ai été témoin de conversations particulièrement franches dans ma famille. Ceux et celles qui s’engagent pour construire un meilleur Haïti  ne peuvent pas être défini par la seule couleur de leur peau. Certains de mes cousins qui gèrent un hôpital l’ont fait tourner 24heures par jour durant plusieurs semaines après le séisme de 2010, et ils ont soigné des milliers de victimes. De nombreux membres de ma famille se sont dévoués au service public et au bien public.

Mais les Haïtiens les plus riches vivent dans la bulle des résidences sécurisées, des voitures blindées et des gardes du corps, qui reflètent leur peur de la foule des Haïtiens pauvres. De nombreux chefs d’entreprise haïtiens à qui j’ai parlé déclarent qu’ils n’ont aucune obligation envers Haïti à part fournir des emplois  —et ensuite ils se plaignent d’être injustement calomniés par les journalistes étrangers.

Il est vrai que si vous croyez au capitalisme, être riche ne devrait pas être un péché seulement à Haïti. Mais être riche et ne pas avoir le courage de prendre des risques —ou de développer une structure philanthropique pour sauver votre pays— est un terrible délit.

D’un autre côté, mes parents noirs, même lorsqu’ils ont du succès, s’irritent souvent des obstacles placés sur leur route. Ils ont des raisons de se plaindre.

Je me souviens d’une conversation avec un membre de ma famille, à la peau claire, et qui est médecin. J’avais entendu parler d’un jeune homme brillant, venant d’une famille noire pauvre qui avait immigré aux Etats-Unis, intégré l’université de médecine de Harvard, acquis une spécialisation recherché, et était venu à Haïti pour monter un cabinet. Il luttait pour joindre les deux bouts. «Pourquoi est ce que l’élite ne l’aide pas?», avais-je demandé à mon parent, médecin.

«Parce que nous ne le connaissons pas», avait-t-il répondu.

Si, après 208 années d’indépendance, les Haïtiens ne peuvent pas aller les uns vers les autres et se faire confiance au-delà des barrières de classe, de race et d’histoire, alors aucune aide étrangère, quelque soit son montant, et aucune bonne volonté internationale ne sauvera Haïti.

Joël Dreyfuss

Journaliste et écrivain il collabore à The Root. Joël Dreyfuss vit à Paris. Il écrit un livre sur le rôle de sa famille durant 250 années de l’histoire d’Haïti.

Traduit par Sandrine Kuhn

 

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