Archive | décembre, 2010

REVUE DE LA PRESSE – Vendredi 31 décembre 2010

31 Déc

Vœux d’indépendance d’Haïti et du nouvel an
HAITI LIBRE – 31/12/2010 05:43:45

Haïti - USA : Vœux d’indépendance d’Haïti et du nouvel anHillary Rodham Clinton
Secrétaire d’État
Washington, DC
30 décembre 2010

Au nom du Président Obama et du peuple des États-Unis, je me joins à la population de la République d’Haïti pour honorer le 207e anniversaire de votre indépendance ce 1er Janvier.
Quand Haïti a casser les liens de l’esclavage et a déclaré son indépendance de la France en 1804, il a écrit l’histoire, créant un précédent pour l’indépendance en Amérique latine et créant la première nation post-coloniale dirigé par des noirs dans le monde. Aujourd’hui, nous voyons le courage de cette lutte, du leadership de Jean-Jacques Dessalines et Toussaint Louverture à la force et l’unité du peuple haïtien – qui se reflète dans la réponse d’Haïti au séisme dévastateur du 12 Janvier 2010. Dans le sillage d’une catastrophe qui a coûté la vie à plus de 200,000 personnes, les Haïtiens et les bénévoles de plus de 140 nations se sont réunies pendant la nuit pour retirer les survivants des décombres et administrer des soins intensifs et d’assistance. J’ai été témoin de notre humanité commune dans les premiers jours, immédiatement après le tremblement de terre, et je l’ai vu se développer tout au long de l’année, pendant que les pays du monde entier continuaient d’aider Haïti à se récupérer et se reconstruire.
En dépit de tout ce que Haïti a subi, les haïtiens ont montré une résistance sans faille, la volonté et la passion pour aller de l’avant et construire une nation plus prospère. Le peuple et le Gouvernement des États-Unis se tiennent fermement avec la population d’Haïti, et nous nous sommes engagés à aider à faire en sorte que votre voix détermine la voie à suivre pour votre pays et le gouvernement. Nous allons continuer d’approfondir le partenariat et l’amitié entre nos deux pays pour parvenir à un avenir meilleur pour nos peuples.
Je souhaite à tous les haïtiens un joyeux Jour de l’Indépendance et du Nouvel An. Je suis impatiente de travailler avec vous pour faire de 2011 une année remplie de Paix et de progrès.

 

Vœux de l’Ambassadeur des États-Unis au peuple haïtien
HAITI LIBRE – 31/12/2010 07:47:59

Haïti - USA : Vœux de l’Ambassadeur des États-Unis au peuple haïtienKenneth H. Merten
Le 30 décembre 2010
L’année 2010 touche à sa fin. Je voudrais exprimer au peuple haïtien mes meilleurs vœux pour une meilleure année. Cette année a été pénible de l’histoire d’Haïti, avec l’épreuve du tremblement de terre du 12 janvier, les nombreuses inondations, et la brusque apparition du choléra.
Vous avez surmonté ces difficultés avec dignité et courage et je suis persuadé qu’avec votre détermination, l’année 2011 sera meilleure en dépit des immenses défis qui persistent. Ce beau pays est resté sous des nuages trop longtemps. Mon souhait pour 2011, c’est que Haïti puisse démarrer et retrouver pleinement sa place dans la région et dans le monde
Je fais appel à tous les leaders haïtiens, amoureux de leur patrie, qu’ils soient dans le secteur politique, privé, social, ou religieux, pour leur demander de renouveler leur engagement à une politique qui priorisera les intérêts communs.
Au lendemain du tremblement de terre, la communauté internationale s’est engagée à investir dans un avenir meilleur pour le peuple haïtien, pour la création de plus d’emplois et pour permettre aux Haïtiens de mieux réaliser leurs rêves. Je suis convaincu que les leaders économiques et politiques haïtiens feront de leur mieux pour saisir cette occasion pour favoriser un climat d’investissement privé et de création d’emplois. Que l’année 2011 soit réellement une année de croissance économique et d’une meilleure reconstruction pour Haïti.
Mon pays, les États-Unis, souhaite également qu’un nouveau Président et un Parlement soient élus démocratiquement conformément à la volonté que le peuple haïtien a exprimée à travers son vote.
Chacun de nous doit apporter sa contribution pour une bonne année 2011. Moi, et tout le personnel de l’Ambassade des États-Unis en Haïti, renouvelons notre engagement à travailler avec les Haïtiens.
Je souhaite à tous une année de paix et de prospérité. Que Dieu bénisse Haïti, qu’il bénisse les États-Unis et que l’amitié entre nos deux pays soit éternelle.
Meilleurs Vœux pour 2011

 

La Société Civile propose une sortie de crise
HAITI LIBRE – 31/12/2010 07:07:52

Haïti - Politique : La Société Civile propose une sortie de criseAprès plusieurs échanges, les organisations signataires de la présente, dans le souci d’apporter leur contribution à la résolution de la crise électorale, prennent la liberté de faire les considérations et propositions suivantes.
1. Les irrégularités, les fraudes systémiques en faveur d’une formation politique et les actes de violence qui ont entaché le scrutin du 28 novembre ont aggravé la situation catastrophique dans laquelle se trouve aujourd’hui la nation haïtienne. On ne pourra sortir de cette crise électorale, si la lumière n’est pas faite sur ce qui s’est véritablement passé à l’occasion de ces élections, non seulement à l’intérieur et aux abords des centres de vote mais aussi, au niveau du transfert des résultats entre les bureaux de vote, le Centre de Tabulation et le Site du CEP.
2. Une opération de vérification et d’évaluation s’avère donc indispensable. Selon le projet d’Accord entre l’OEA, le Président de la République et le CEP, dont nous avons pris connaissance, une Mission d’experts serait appelée à « réviser les pratiques, procédures et procédés appliqués lors des élections ». Il s’agirait alors d’un travail en profondeur, qui porterait non seulement sur la comparaison des données du Centre de Tabulation et des Procès-verbaux, mais aussi sur tous les documents électoraux à savoir : « listes électorales partielles, feuilles de dépouillement du scrutin/de comptage, déclarations d’irrégularités, documents d’appui de chaque bureau ». De plus, une analyse statistique serait faite des résultats pour « identifier des anomalies dans ces résultats ».
3. Une telle méthode de travail serait certes valable. Cependant, cette initiative présente quatre faiblesses majeures. D’abord, elle ne repose sur aucun fondement légal ou constitutionnel. Seul un consensus politique pourrait lui conférer une certaine légitimité. De plus, l’opération vise seulement les élections présidentielles. Or les élections législatives, qui sont tout aussi importantes, ont souffert des mêmes fraudes et nécessitent les mêmes redressements. Ensuite, la Mission OEA-CARICOM en raison de sa complaisance envers le Conseil Electoral Provisoire et le Pouvoir en place, souffre d’un grave déficit de crédibilité aux yeux du peuple haïtien. En effet, si la Mission avait respecté le premier objectif spécifique de toute Mission d’Observation de l’OEA, qui est d’«Observer la performance des principaux acteurs du processus électoral afin de vérifier leur conformité avec les lois et règlements électoraux du pays hôte » elle aurait dénoncé avec force, les graves irrégularités commises par le CEP. Par exemple : le remplacement illégal des superviseurs, la nomination arbitraire de membres de bureaux de vote, les obstacles dressés pour empêcher les mandataires d’exercer leur fonction, la délocalisation massive des électeurs, qui a privé des milliers de citoyens de l’opportunité de voter. Le CEP a dépassé toutes les limites de la décence parce qu’il était assuré de l’appui inconditionnel de la Mission OEA-CARICOM. Enfin, si le Secrétariat Général de l’OEA a consulté les Gouvernements du Canada, de la France et des Etats Unis d’Amérique pour composer cette Mission d’experts, il n’a pas fait appel à la partie haïtienne. Des experts haïtiens, connaissant le système électoral haïtien et jouissant de la confiance de la population et des candidats aux différentes fonctions électives auraient pu renforcer l’efficacité et la crédibilité d’une telle opération. Car après tout, il s’agit d’élections haïtiennes qui constituent l’affaire d’abord des Haïtiens.
4. Une bonne vérification-évaluation du processus électoral menée par des experts nationaux et internationaux, acceptés par les différents protagonistes, permettrait de rétablir la vérité et de fixer les responsabilités. La connaissance exacte des faits et des données, aiderait également à prendre une décision rationnelle, juste et responsable par rapport au scrutin du 28 novembre.
5. Pour être viable et opérationnelle, toute solution doit faire l’objet d’un consensus entre les différents acteurs impliqués dans le processus : partis politiques, candidats, représentants de l’Exécutif, du CEP, de la société civile au sens large, de la communauté internationale. L’Initiative d’une concertation dans ce sens devrait être prise.
6. Par ailleurs, les organisations signataires de la présente recommandent fermement au Président de la République de respecter scrupuleusement les prescrits de la Constitution, qui, dans son article 134.1, fixe la fin du mandat présidentiel au 7 février de la 5ème année de son mandat. Toute prolongation serait non seulement contraire à la Constitution mais aussi préjudiciable pour la paix sociale, la stabilité du pays et la tenue de bonnes élections. L’histoire récente du pays a montré que la présence d’un Juge de la Cour de Cassation à la tête du pays pour organiser les élections, représente une garantie pour la réalisation d’un scrutin acceptable. Ceci a été le cas pour Mes Ertha Pascal Trouillot et Boniface Alexandre.
7. De la fin du mois de décembre au 7 février, on pourrait mener l’opération de vérification-évaluation, identifier les mesures correctives à prendre, y compris les changements indispensables au niveau du Conseil Electoral, qui aujourd’hui a perdu toute crédibilité.
Signataires :
Initiative de la Société Civile (ISC) : Rosny Desroches
Conseil Haïtien des Acteurs Non Etatiques (CONHANE) : Edouard Paultre                                                                                       Initiative Citoyenne (IC) : Jean Garry Denis
Centre Œcuménique des Droits de l’Homme (CEDH) : Jean-Claude Bajeux
Office de Concertation pour le Développement (OCODE) : Dominique Joseph
Action Citoyenne : Bellegarde Berthony
Centre pour la Promotion des Droits Humains et de la Démocratie en Haiti (CEPRODHD) : Jn Gardy Théodore
Barreau de Port-au-Prince : Kedler Augustin

 

73 des 75 Haïtiens arrivés à Paris sans visa ont été remis en liberté

AFP – 31/12/10

BOBIGNY — Soixante-treize des soixante-quinze Haïtiens, arrivés en deux vagues les 23 et 26 décembre à Paris sans visa et placés en zone d’attente, ont été libérés jeudi par les juges et peuvent désormais entamer des démarches afin de pouvoir rester en France.

Outre ces 73 personnes remises en liberté, une jeune mineure a été placée en foyer d’accueil tandis qu’une autre est retournée en zone d’attente le temps que son identité soit vérifiée, a précise à l’AFP l’association Assistance aux étrangers aux frontières (Anafé). Portée comme majeure sur son passeport, elle est soupçonnée d’être mineure.

Un sauf-conduit valable huit jours a été délivrée pour l’ensemble des personnes libérées, leur permettant de faire des démarches en vue d’obtenir un titre de séjour ou l’asile politique.

Trois demandeurs d’asile ont été déboutés et ont déposé un recours vendredi matin auprès du tribunal administratif (TA) de Paris qui, en matière de demande de protection aux frontières, a une compétence sur tout le territoire, a-t-on appris auprès de la juridiction.

Une fois la requête enregistrée, le TA a 72 heures pour se prononcer. Son jugement peut être contesté dans un délai de 15 jours devant la cour administrative d’appel.

Devant la Cour d’appel de Paris, le ministère public a souligné que tous ces Haïtiens étaient munis de visas d’études au Bénin. Il a réclamé leur retour en zone d’attente, estimant qu’il s’agissait d’une « filière organisée d’émigration clandestine ».

Libéré mercredi, Wilfrid A., 27 ans, avait affirmé à l’AFP fuir son pays à cause de la « crise politique » qui prévaut sur l’île.

« Mon père est un militant (de l’opposition, ndlr). A cause de cette crise, j’ai perdu mon enfant », avait-il clamé.

« La France, c’est le seul moyen de sauver ma vie », avait assuré Marie-Gerda, 24 ans, libérée cette semaine et dont le père réside en banlieue parisienne.

Cette vague d’arrivées en provenance de Port-au-Prince intervient deux semaines avant le premier anniversaire du séisme qui a fait plus de 250.000 morts sur l’île.

Après ce drame, les autorités françaises s’étaient engagées à faciliter l’accueil des victimes en allégeant les conditions du regroupement familial et de délivrance des visas.

Haïti est par ailleurs en proie à une épidémie de choléra qui a déjà coûté la vie à plus de 3.300 personnes, et à une crise politique qui a suivi les élections présidentielle et législatives du 28 novembre.

L’annonce de premiers résultats très contestés avait provoqué des manifestations violentes qui ont fait plusieurs morts.

La publication des résultats définitifs vient à nouveau d’être repoussée et une mission de l’Organisation des Etats américains (OEA) a été dépêchée sur place pour évaluer « le processus électoral ».

 

Haïti – CIRH : Opacité de la commission et marginalisation des haïtiens
HAITI LIBRE – 31/12/2010 13:49:56

Haïti - CIRH : Opacité de la commission et marginalisation des haïtiensLa Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH), avait lors de sa création, affirmée que la population haïtienne seraient informé dans la transparence, des projets de reconstructions approuvés. Dans les faits, nous sommes obligés de constater que la CIRH œuvre dans l’opacité et que la transparence dans l’information n’est nullement une de ses priorités.
Lors de la quatrième réunion de son Conseil d’Administration, tenue le 14 décembre à Santo-Domingo en République Dominicaine, la CIRH a annoncé l’approbation d’une nouvelle série de projets. 

  • Le Conseil de la CIRH a approuvé en séance 6 nouveaux projets (1)
  • Le Comité exécutif a approuvé (hors séances) 12 projets entre 1 million et 10 millions de dollars (2)
  • Le Directeur exécutif a approuvé 7 projets de 1 million dollars ou moins (3)

L’ensemble de ces projets, représente d’après l’information officielle de la CIRH, un montant total de 429.8 millions de dollars. Toutefois, l’étude des données disponibles, met en évidence un certain nombre d’incohérences et l’approbation de fonds pour des projets inexistants…
(1) – Approbation par le Conseil de la CIRH en séance de 6 nouveaux projets :
1- Projet des États-Unis (124 millions) et de la Banque Interaméricaine de Développement – BID (50 millions) pour un montant total de 174 millions de dollars pour un parc industriel de 150 hectares  dans la région nord du pays, compétitif au niveau mondial.  Dans sa phase 1 (2012-2014), ce projet accueillera  environ 18,000 travailleurs dans l’industrie de l’habillement, pour atteindre 65,000 emplois permanents lorsque ce parc  fonctionnera à plein régime.  Ce parc sera la propriété du GOH et sera exploité par une société de gestion du secteur privé.
2- Un projet de  l’USAID de 53,3 millions de dollars pour financer la construction de nouvelles communautés par des firmes de construction dans le corridor de développement du Cap-Haïtien  (5.000 unités dans des sites différents) et le corridor de développement de Port-au-Prince (10.000 unités situés à Croix-des-Bouquets, Cité Soleil et Cabaret).
3- Un projet de l’USAID de 25 millions de dollars pour la démolition d’immeubles et l’enlèvement des déblais dans des quartiers spécifiques de Port-au-Prince, y compris Nazon, Christ-Roi, Ravine Pintade, Haut Turgeau et d’autres à déterminer. Ce projet permettra d’intégrer l’utilisation d’équipements lourds pour activer les travaux et accélérer la réinstallation des personnes déplacées.
4- Un projet de 22 millions de dollars du Canada pour la création, avec l’aide du Ministère haïtien de l’agriculture, d’un fonds de garantie et d’un système d’assurance pour l’agriculture.
5- Un projet de 10 millions de dollars de la Banque Mondiale qui fournira une assistance technique au Gouvernement haïtien dans la lutte contre l’épidémie de choléra en soutenant des activités immédiates de lutte contre le choléra, en offrant l’accès immédiat aux services de santé de base pour les populations affectées et les groupes vulnérables,  et par l’intensification de la campagne de sensibilisation pour la promotion de la santé et l’hygiène et en vue d’améliorer l’accès à l’eau potable et l’assainissement.
6- Un projet de 10 millions de dollars des États-Unis pour la réhabilitation et la réinsertion des personnes handicapées tout en renforçant la capacité des institutions gouvernementales et non gouvernementales en vue d’offrir pour l’avenir une aide durable et efficace aux personnes handicapées.
(2) – 12 projets approuvés (hors séances) variant entre 1 million et 10 millions de dollars, approuvés par le Comité exécutif :
1 – Un projet de PRODEV de 2,5 millions de dollars pour un campus d’enseignement  au Village Renaissance à Zoranje (Croix-des-Bouquets), conçu pour être reproduit dans des endroits stratégiques du pays. Ce complexe comprendra: une école allant de la maternelle à la 4e pouvant accueillir jusqu’à 480 élèves, un collège pour 500 élèves, une école de formation professionnelle offrant divers programmes d’études, tels que : agriculture et technologie de l’information, un centre culturel et un centre communautaire avec un cyber-café et une bibliothèque .
2- Un projet de la Banque Mondiale de 2,0 millions de dollars de création d’emplois afin que, au moyen de bourses / allocations cash, les adolescentes et  jeunes femmes d’Haïti (15-24 ans) soient dotées d’outils sociaux et économiques  intégrés à des modèles de développement des compétences afin d’accroître leur employabilité et leur potentiel de revenus dans le futur. L’objectif du projet est d’atteindre au moins 3.000 jeunes filles et jeunes femmes.
Seuls ces 2 projets ont été rendu publique, malgré des demandes répétées auprès de la CIRH, il a été impossible, jusqu’à présent, d’obtenir le détail des 10 autres projets et leurs coûts…
(3) – 7 projets de 1 million de dollars ou moins ont été approuvé par Le Directeur exécutif :
Malgré des demandes répétées auprès de la CIRH, il a été impossible jusqu’à présent d’obtenir le détail de ces 7 projets et leurs coûts…
Des projets fantômes et des millions dans la nature…
À partir des informations officielles, le montant total des projets identifiés s’élève à 298 Millions de dollars sur les 429.8 millions approuvés. Il reste donc une somme de 131.8 millions de dollars qui devrait correspondre au 10 projets approuvés par le Comité exécutif et aux 7 autres approuvés par le Directeur exécutif. Si l’on suppose que les 10 projets inconnus, représentent au total 100 millions (sans doute moins puisqu’il s’agit de projet entre 1 et 10 millions) et les 7 projets approuvés par le directeur exécutif à 7 millions (sans doute moins puisqu’il s’agit de projet inférieurs à 1 millions), le total de ces 17 projets représenteraient au maximum 107 millions de dollars, ce qui laisse une différence d’au minimum 24.8 millions de dollars approuvés, qui ne correspondent à aucun projet !
Ces millions dans la nature et l’impossibilité de savoir ce que sont ces projets, reflètent davantage l’opacité que la transparence promise initialement par la CIRH.
Marginalisation des haïtiens au Conseil de la CIRH :
Les 12 membres haïtiens qui siègent sur la commission se plaignent d’être systématiquement marginalisé dans le processus de décision. Ils ne reçoivent aucune information de suivi sur les activités de la CIRH, ni aucun document préparatoire aux réunions, ce qui ne leur permet pas d’étudier les dossiers, de les comprendre et encore moins de questionner ou d’apporter des réponses intelligentes. D’autres part, les membres nous font savoir que la sélection des consultants se fait à leur insu et que les changements dans les procédures relatives aux formalités concernant les projets changent sans préavis.
Compte tenu de cette situation ils ont écrit au Directeur exécutif afin d’expliquer comment les deux parties de la commission devraient travailler ensemble, mais cette démarche n’a été suivi d’aucune réponse ni changement. En résumé, les haïtiens sur le conseil de la CIRH se trouvent relégué au rang de figurants, leurs rôles se limitant à l’approbation des décisions prises par le Directeur et le Comité exécutif.
Bien que chaque membres haïtiens qui siège sur la commission, détient un droit de vote, il est fort probable, que devant les membres étrangers représentant les bailleurs de fonds, aucun représentant haïtien ne tient à être montré du doigt et tenu comme responsable devant la population pour le blocage d’un projet de reconstruction…

 

Point de vue

L’imposture des Nations unies en Haïti

LEMONDE.FR | 31.12.10 | 09h29

Jean-Philippe Belleau, professeur à l’université du Massachusetts à Boston

Il y a près d’un an, le tremblement de terre du mardi 12 janvier détruisait la capitale haïtienne et plusieurs centaines de milliers de vies. Micha Gaillard, militant des droits de l’homme, intellectuel, homme politique haïtien et fils du plus grand historien de l’île, était de ceux-là. Sa mort éclaire les maux antérieurs et postérieurs au séisme. Pendant deux jours, coincé au niveau des cuisses, il parvint, avec calme et courage, à parler avec ses amis venus l’aider mais qui ne trouvèrent jamais l’équipement minimum qui aurait permis de le tirer du ministère de la justice qui s’était effondré. Un Etat fonctionnel, cause pour laquelle il s’est battu toute sa vie, l’aurait peut-être sauvé. Surtout il n’aurait pas du se trouver là. Quelques minutes avant le tremblement, il se précipitait à l’intérieur d’un ministère entièrement vide, pour y déposer d’urgence des demandes de libération d’individus injustement arrêtés. Personne ne put l’accueillir, il se dirigea vers le bureau du ministre, au fond. Il y fut le seul mort. On ne peut que se réjouir que l’effondrement de treize ministères et du palais présidentiel ait fait moins d’une dizaine de morts. Il faut aussi avoir le courage de constater que dans un pays qui était déjà en crise, l’Etat n’était pas au travail.

Les soldats des Nations unies non plus. Ceux qui purent observer, dont l’auteur de ces lignes, la capitale dans les jours immédiatement après le séisme, furent frappés par l’absence des casques bleus. Ce fait, à ma connaissance, n’a pas été reporté par les médias européens et nord-américains. Sept mille soldats des Nations unies se trouvaient en Haïti avant le séisme, quatorze mille bras qui sont restés croisés dans leurs bases dans les deux jours cruciaux qui suivirent le séisme, y compris un bataillon de génie. Dans une interview encore disponible sur YouTube et qui semble tout droit sorti du XIXe siècle, Nelson Jobim, le ministre brésilien de la défense affirmait aux journalistes que « les Haïtiens » n’accepteraient jamais que des étrangers touchent des morts haïtiens, justifiant ainsi l’ordre surréaliste de rester passif.

Le fiasco le plus récent, l’épidémie de choléra, est aussi le fruit de cette alliance entre un Etat qui n’existe plus, si ce n’est par des têtes parlantes, et des institutions internationales qui n’assument pas leur mainmise, aboutissant à un pays de onze millions d’âmes sans véritable structure exécutive. D’autres désastres suivront, faute d’avoir su analyser les raisons de l’extrême vulnérabilité d’Haïti, de la mort clinique de l’Etat et le bilan déplorable de la communauté internationale.

L’ONU souffre en Haïti d’un discrédit dont les opinions occidentales ont peu l’idée. Quiconque ouvre un journal dans la capitale haïtienne se rend compte du fossé qui sépare la communauté internationale de cette population. (Qui sait d’ailleurs que Bill Clinton, qui occupe un poste central dans le dispositif international de « reconstruction », est, pour dire le moins, une figure controversée dans ce pays ?). Les colères ne dépassent malheureusement pas les rivages de l’île, car aujourd’hui, Haïti est un pays sans voix. Ses intellectuels ne parviennent pas à faire entendre leurs récits, si ce n’est au travers d’intermédiaires, reporters, exilés ou « experts ». Les médias francophones se rabattent sur de vieux écrivains exilés, qu’un sociologue haïtien appelle ironiquement « les intellectuels d’aéroports » et dont les récits trahissent la déconnection d’avec leurs compatriotes. Moins de quatre jours après le séisme, trois des plus grands intellectuels haïtiens en Haïti signaient un texte alarmant, noir de pessimisme, prédisant que, faut d’avoir dressé un vrai bilan, il n’y aurait pas de reconstruction et que les milliards de l’aide internationale à venir n’allaient, avec certitude, servir à rien. Aucun journal aux Etats-Unis n’accepta de publier un article aussi pessimiste ; en France, un seul. A-t-on le droit d’ailleurs de critiquer l’ONU en France ?

LE DROIT D’AVOIR UN ÉTAT

Cassandre avait raison : un an après le séisme, la reconstruction n’a pas eu lieu. Mais le fiasco des organisations internationales est aussi celui des médias internationaux qui, dans l’après-séisme, ont oscillé entre sensationnalisme et optimisme, mais jamais dressé le bilan déjà désastreux de l’aide en Haïti. Cela fait ainsi plus de dix-sept ans que les Nations unies ont une présence massive et presque ininterrompue en Haïti. Cela fait sept années maintenant que la présence des casques bleus et de la communauté internationale (plus de mille ONG !) en Haïti ne s’assume pas, tout en imposant ses choix économiques et politiques (y compris de premiers ministres). En autant d’années, ce pays a gagné sa place en enfer, aucune infrastructure sérieuse n’a été reconstruite et les espoirs d’un futur meilleur n’émergent que dans les discours des leveurs de fonds. Les Nations unies ressemblent à ces trous noirs des astrophysiciens. Rien ne semble ressortir du milliard de dollars consommé chaque année par sa mission de la paix en Haïti, si ce n’est un discours d’autolégitimation et d’autosatisfaction. Croire enfin que des expatriés, dont le salaire de base commence à près de onze mille dollars par mois net d’impôt, peuvent entretenir des relations autres que coloniales avec une population cassée et pas seulement paupérisée, relève du phantasme.

Les Nations unies ne sont pas, et de loin, les seuls responsables ; mais, à l’heure du bilan, force est de conclure que la solution est ailleurs. Qui croît donc qu’il peut y avoir une quelconque sortie de la pauvreté extrême, du naufrage, sans Etat, sans institutions, sans infrastructures ? Il manque la plus importante des infrastructures, un Etat. Depuis cinquante ans, celui-ci a constamment et consciemment été détruit par les gouvernants haïtiens eux-mêmes comme par une aide internationale soumise aux idéologies du jour et à sa propre incompétence. Le premier des droits de l’homme ne serait-il pas le droit d’avoir un Etat ?

 

LIVRES
Haïti : Rêves et cauchemar d’une jeune fille

ALTERPRESSE / vendredi 31 décembre 2010

Par Christophe Wargny

Critique du roman de Gary Victor, « Le sang et la mer »

Les songes des filles devenues jeunes filles sont comme les peintures naïves qui tapissent Port-au-Prince : ils ne s’embarrassent pas d’une réalité dure, triviale, féroce. Sans pitié. Notre héroïne, Hérodiane, est orpheline, pauvre, venue de la campagne, vit à Paradi, un de ces bidonvilles en pente où stationnent les ordures jusqu’au prochain orage. Le sens de la dérision n’a jamais manqué ici : les pires quartiers peuvent bien se nommer Manhattan ou Miami. Hérodiane est belle, de surcroît bonne élève, ce qui ne compense pas le fait d’être noire, très noire, un inconvénient dans un pays où le préjugé de couleur est partout sous-jacent. Elle s’est pourtant méfiée d’Yvan Guéras, riche mulâtre, oligarque à la peau claire, à la voiture et aux costumes clinquants. Il paraissait l’aimer. Il contredisait la prophétie lancée à Hérodiane par une religieuse : « Noire comme tu es, comment veux-tu que Jésus t’aime ? »

Variation sur le thème du prince charmant, où la couleur de la peau structure la société et l’imaginaire ? Gary Victor, considéré comme l’écrivain le plus lu dans son île, nous donne beaucoup à voir d’une société perverse et corrompue. La relation amoureuse se glisse ou se tort dans une société où la promiscuité insoutenable des moins nantis voisine avec les palais des ploutocrates. La relation amoureuse ? Plurielle : l’auteur s’essaie à aborder la relation homosexuelle, sereine et sublimée dans l’art, entre le frère d’Hérodiane et un peintre connu. Une relation qu’Hérodiane accepte mal, mais qu’elle finit par comprendre. D’autant que cette union-là est dépourvue des préjugés de classe et de couleur, autrement plus sereine que la violence qui sourd de sa relation avec Yvan.

Hérodiane est enceinte. Yvan ne veut pas de ce bâtard :
« — J’ai dix-sept ans, Yvan. _ — Je m’appelle Guéras, me rappelle-t-il. Toi, tu t’appelles comment ? Hérodiane… quoi ?

Cela avait été une passe d’armes rapide. Une passe d’armes qui résumait mon lieu de vie, qui résumait notre lieu de vie, qui résumait notre désespoir à nous de Paradi de ce quart d’île maudite, notre abandon, notre souffrance, nos veines perpétuellement ouvertes, nos rêves détruits avant même qu’ils prennent forme. En lui rappelant mon âge, je l’avais menacé d’une poursuite en justice. Lui, il avait rappelé à mon souvenir que sa famille, comme toutes celles qui trônaient aux commandes de la première république noire, était au-dessus des lois, que j’étais inexistante, une nouvelle forme d’esclave qui avait moins de valeur qu’au temps de ses pères blancs. »

Les bidonvilles et leurs occupants sont la richesse des nantis. Gary Victor nous dit comment et pourquoi. Pourquoi il ne faut pas pour eux que ce monde change. Pourquoi, pour reprendre le titre du roman d’une illustre devancière, Marie Vieux-Chauvet, la société se résume à un tryptique, Amour, colère et folie (1). Amour rare et incertain quand les préjugés pèsent si lourds. Colère toujours contenue contre les prédateurs : parce que celui qui se plaindrait serait puni plus durement encore. Folie des castes dominantes, sûres qu’elles seules méritent un pouvoir dont elles abusent en toute impunité.

Pas facile en Haïti quand on ne peut trouver les quelques gourdes (la monnaie locale) pour payer le taxi qui mène à l’hôpital quand l’avortement tourne mal. Les uns croient à la prière, d’autres à une solidarité plus organisée. Cette société contemporaine, si voisine de la société coloniale pourtant vaincue, paraît-il, il y a deux siècles, l’auteur la peint avec force et réalisme. Optimisme parfois. Et nous dit comment, finalement, les jeunes filles peuvent parfois venger ce monde-là. Gary Victor, comme dans la douzaine de romans déjà publiés, ne prend son parti ni de la domination obscène de quelques-uns, ni d’un Etat, ou d’une absence d’Etat, toujours au service des mêmes.

(1) Réédité par les Editions Soley, 2005.

…………………..

LE SANG ET LA MER
Gary Victor
La Roque d’Anthéron, France, 2010, 184 pages

 

Le choléra en Haïti a fait 3.333 morts

AFP – 30/12/10

Des hôpitaux de Médecins Sans Frontières le 22 décembre 2010 à Sarthe en Haïti

PORT-AU-PRINCE — L’épidémie de choléra en Haïti a fait 3.333 morts depuis son apparition à la mi-octobre, selon un nouveau bilan du ministère de la Santé haïtien consulté jeudi par l’AFP et arrêté au 26 décembre.

Un précédent bilan, publié plus tôt jeudi et arrêté lui au 20 décembre, faisait état de 2.901 morts dues au choléra. Le nouveau bilan ne précise pas cependant si les 432 nouveaux décès comptabilisés sont intervenus depuis le 20 décembre ou sur une plus longue période.

Le nouveau bilan indique également que 148.787 cas ont été recensés dans le pays.

Le département de l’Artibonite (nord), où s’est déclarée l’épidémie, reste le plus touché, avec 828 morts, tandis que la capitale Port-au-Prince, où vivent dans des conditions très précaires de nombreux sinistrés du séisme du 12 janvier, déplore 281 morts.

Selon le ministère de la Santé de la République dominicaine voisine, le nombre de malades du choléra est passé à 139 dans le pays, mais aucun décès dû à la maladie n’y a été enregistré.

L’Organisation de l’ONU pour l’Alimentation et l’Agriculture (FAO), basée à Rome, a indiqué mercredi qu’une partie « non négligeable » de la récolte de riz en Haïti risquait d’être perdue en raison « des appréhensions des paysans quant à une possible contamination par le choléra ».

L’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), branche de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), avait indiqué fin novembre qu’il pourrait y avoir jusqu’à 400.000 cas de choléra au cours des douze prochains mois, dont la moitié au cours des seuls trois prochains mois.

Le bilan du ministère de la Santé haïtien est diffusé alors que les Haïtiens attendent la publication des résultats définitifs du premier tour des élections présidentielle et législative du 28 novembre, qui avaient été marquées par des incidents et des accusations de fraudes.

 

Les funérailles « banalisées » de Mgr François Gayot indisposent des fidèles

Ni les autorités gouvernementales et parlementaires, ni le Nonce apostolique n’ont assisté jeudi dans la cathédrale du Cap-Haïtien aux ultimes hommages à l’Archevêque émérite de la ville et illustre représentant de l’église catholique haïtienne ; également absent, le président de la conférence épiscopale, Mgr Louis Kébreau, est en voyage à Rome

Radio Kiskeya / jeudi 30 décembre 2010

Les funérailles de l’Archevêque émérite du Cap-Haitien (nord), Monseigneur François Gayot, 83 ans, se sont déroulées dans une atmosphère indigne de la stature du prélat, jeudi à la cathédrale Notre-Dame de l’Assomption de la deuxième ville du pays.

Il s’agissait de la troisième cérémonie funèbre organisée en mémoire du disparu qui avait succombé à un malaise cardiaque le 16 décembre dernier à la clinique Gemelli de Rome.

Dans la cathédrale du Cap, une maigre assistance a suivi les obsèques marquées par l’absence très remarquée des autorités politiques et de certains des principaux responsables de l’église catholique.

En effet, les officiels du gouvernement, les représentants du Parlement, le Nonce apostolique, Bernadito Auza, et l’Archevêque métropolitain du Cap-Haitien, Mgr Louis Kébreau, également président de la conférence épiscopale d’Haïti, n’y étaient pas.

Ce dernier est en voyage au Vatican, selon les informations obtenues sur place par le correspondant local de Radio Kiskeya.

Le Président René Préval s’est fait représenter par Jean Rénal Clérismé, membre de son cabinet particulier.

Ancien prêtre catholique. M. Clérismé a décrit Mgr François Gayot comme un « missionnaire modèle et un monument » qui, dit-il, a su se battre pour le bien-être de son pays.

Le maire de la métropole du nord, Michel Saint-Croix, a fait une brève apparition à ces funérailles concélébrées par un autre Archevêque émérite du Cap-Haitien, Mgr Hubert Constant, et l’Evêque des Gonaïves, Mgr Yves Marie Péan.

Toutefois, les capois, témoins de plus de 25 ans de ministère de Mgr Gayot, ont noté avec satisfaction la présence d’une délégation de 87 prêtres venus des diverses paroisses du pays, de représentants de de la convention baptiste d’Haiti, de l’église adventiste du septième jour et de quelques responsables locaux de la Police Nationale.

Des fidèles catholiques n’ont pas caché leur indignation devant la banalisation dont a été victime l’une des grandes figures du catholicisme haïtien avant d’être conduite dans sa dernière demeure.

Ils attribuent cette honteuse cérémonie à la cloche de bois en partie aux « luttes d’influence » qui traverseraient aujourd’hui encore une église divisée.

Ces mêmes fidèles rappellent que le nom de Gayot a été maintes fois cité comme celui qui pouvait devenir le premier Cardinal haïtien.

« Ils l’en ont empêché et, aujourd’hui, ils l’humilient pour ses relations privilégiées avec le Vatican. C’est un scandale », ont-ils lancé à leur sortie de la cathédrale du Cap.

Certains sont allés jusqu’à douter de la présence dans le cercueil de la dépouille du disparu que les autorités religieuses ont refusé de montrer à cause des risques d’une supposée décomposition.

Ordonné prêtre en 1954, sacré Archevêque en 1988 et président pendant douze ans de la conférence épiscopale, Mgr François Gayot a été inhumé au cimetière des carmélites réservé aux religieux.

Né le 17 juillet 1927 à Port-de-Paix (nord-ouest), le prélat, connu pour son sens de la modération, de la compassion et de la parole juste, était considéré comme un brillant intellectuel et un sage qui a eu la capacité de survivre à plusieurs tempêtes politiques ayant agité son archidiocèse en un peu plus d’un quart de siècle d’épiscopat.

 

Derrière l’épidémie de choléra
Haiti-Choléra/Recontruction : De l’urgence à l’autosuffisance ?

Enquête

Dans le cadre du partenariat médiatique « Ayiti Kale Je »*, dont AlterPresse fait partie

P-au-P., 30 déc. 2010 [Ayiti Kale Je / AlterPresse] — Partout en Haiti, le gouvernement et les agences humanitaires mènent des campagnes d’éducation publique, distribuent de grandes quantités de chlore, en pastilles, en poudre ou en solution, et embauchent des gens dans les centres de traitement du choléra.

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon lance un appel à contribution de 164M$ pour combattre l’épidémie de choléra.

Les agences humanitaires tentent de fournir davantage d’eau de meilleure qualité aux 1300 camps de réfugiés du pays et dans les zones où les habitants puisent à même les cours d’eau.

Dans la capitale, la DINEPA et ses organisations partenaires, l’ONU et les ONG, mobiliseront une flotte de 32 camions vidangeurs des fosses de latrines autour des camps et des centres de traitement du choléra. La DINEPA et ses partenaires construisent au nord de la capitale un nouveau site de décharge des excréments – avec une fosse spécialement isolée à l’argile.

Or, même si le choléra était endigué, voire éliminé, une autre maladie hydrique pourrait facilement se propager à la grandeur du pays si rien d’autre n’est planifié à plus long terme.

Réformes avant le 12 janvier

Pendant plus d’une décennie, des acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux ont travaillé à diverses réformes du secteur de l’eau et de l’assainissement en Haïti. En 2009, le Parlement a finalement fait passer une loi pour créer une nouvelle agence nationale du secteur de l’eau : la DINEPA.

Cette agence, rattachée au Ministère des Travaux Publics, des Transports et des Communications, est chargée d’assurer à tous les Haïtiens la salubrité de l’eau et des installations sanitaires, dans les zones urbaines et rurales, en développant les services, en réglementant le secteur et en contrôlant ses acteurs – privés, publics, régionaux et locaux.

« Sa structure est comme une chaîne qui part de la capitale et qui passe par toutes les régions », affirme Pierre-Yves Rochat, responsable des programmes ruraux de la DINEPA, dans une entrevue accordée à « Ayiti Kale Je ».

Avant le séisme, la DINEPA travaillait à en implanter les structures régionales, à présenter des demandes de subvention et de prêt à la Banque interaméricaine de développement (BID) et d’autres bailleurs de fonds, et planifiait l’harmonisation et l’amélioration de l’eau et de l’assainissement.

Reconstruction, choléra et nouvelle stratégie nationale

Le séisme du 12 janvier a interrompu le développement de cette chaîne, évidemment.

Les mesures en faveur de l’assainissement et de la disponibilité de l’eau ont été prévues après le séisme dans le Plan d’Action pour Haïti, qui vise une couverture en eau potable de 60 % dans la capitale et de 73 % dans le reste du pays ; une couverture en assainissement de 58 % dans la capitale et de 50 % dans le reste du pays. Son coût est de 160 M $US.

Mais depuis l’éclosion du choléra, les plans de la DINEPA ont été bonifiés.

La nouvelle Stratégie Nationale de Réponses à l’Épidémie de Choléra propose des actions en 14 mois pour réagir à l’urgence immédiate et augmenter l´efficacité et la durabilité des interventions, à travers des mesures coordonnées dans le secteur de l’eau et de l’assainissement.

Selon le bureau de l’Envoyé spécial de l’ONU, les donateurs internationaux – tous les fonds sont donnés et non prêtés – se sont engagés à hauteur de 273 899 618 $US, dont une partie est déjà déboursée. (Ces sommes englobent certains projets d’avant le 12 janvier.)

La stratégie comporte trois phases : urgence, post-urgence et développement, et vise à :

* assurer que 6,5 millions de personnes aient accès, à un prix accessible, à des moyens de traiter l’eau, comme les pastilles de chlore ;

* assurer que les 600 à 700 systèmes de traitement des eaux, urbains et ruraux, soient chlorés de façon adéquate et systématique ;

* construire 150 puits et en mettre 500 autres aux normes ;

* analyser l’eau de tous les puits du pays et organiser une chloration systématique, au besoin ;

* établir des règles à l’intention des vendeurs d’eau potable par osmose inverse, et établir un système de traitement périodique de ces eaux ;

* faire campagne pour obliger les familles vivant dans les zones affectées par le choléra à construire des latrines (environ 500 000) avec l’aide du gouvernement ;

* établir quatre « centres de traitement des exécras » – en dehors de la capitale et dans trois autres grandes villes, mais idéalement en construire dix, soit un par département.

« La stratégie d’aujourd’hui est aussi la stratégie de demain », explique M. Rochat. « Nous devons travailler très fort et nous montrer très ambitieux, car le choléra qui ravage le pays est un signe que les choses ne peuvent rester ainsi. »

La DINEPA travaille aussi à harmoniser et à contrôler tous les acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement, notamment les ONG, en leur faisant signer un accord-cadre les engageant à se limiter aux projets qui s’inscrivent dans la stratégie nationale.

« Nous avons de nombreuses ONG dans le secteur de l’eau. Nous en avions beaucoup avant le 12 janvier, et nous en avons encore plus aujourd’hui… Toutes doivent travailler ensemble, avec une même stratégie, une même approche, et suivre des directives de la DINEPA », suggère-t-il. « C’est l’objectif du protocole, afin que toutes suivent les mêmes règles. »

La DINEPA joue également un rôle de leader dans le Cluster WASH (le Cluster sur l’Eau, l’assainissement et l’hygiène), un mécanisme regroupant l’État et les agences multilatérales et humanitaires.

Contrairement aux autres clusters (abri, coordination des camps), le WASH tient des réunions uniquement en français, qui sont présidées ou co-présidées par l’instance de l’État (la DINEPA), et publie presque exclusivement en français.

En plus de fournir les lignes directrices aux ONG, la DINEPA supervise et régit le secteur privé. Car si, selon la Constitution haïtienne (Article 36.5), les sources, les rivières et les ruisseaux « font partie du domaine public de l’État », M. Rochat explique que la DINEPA ne peut à elle seule assurer à tous les Haïtiens un accès à l’eau potable et des installations sanitaires.

« Nous avons un secteur privé très actif dans l’eau et l’assainissement, et c’est tant mieux car le secteur public ne pourrait fournir tous les services nécessaires, » note-t-il.

Mais l’idée de confier des services vitaux à des entreprises privées ou semi-privées (ONG) est risquée.

« L’eau est un bien public. Lorsqu’on commence à lier le secteur privé au secteur public, on avance en terrain glissant », admet le docteur Maxi Raymondville, du centre de traitement de choléra de Mirebalais. « Ce qu’il faut c’est un État fort, voire un code d’éthique de l’État, pour les diriger et coordonner leurs efforts. »

M. Rochat croit que la DINEPA est à la hauteur.

« La DINEPA élaborera des règles à suivre pour tous les acteurs. Si quelqu’un ne veut pas s’y soumettre, il faudra trouver une autre entreprise », assure-t-il.

Le 7 décembre, la a annoncé une directive afin que tous les camions-citernes de la capitale chlorent l’eau, et que, avec l’aide des ONG, les citernes soient régulièrement vérifiées. (Une fois que la directive et la surveillance de la chloration des camions seront implantées dans la capitale, elles seront mises à l’essai dans d’autres villes.)

Une autre directive est en développement et porte sur les excréments : où les enfouir, comment protéger les employés, comment désinfecter les camions, etc.

Pour l’instant, ces documents ne sont que des « directives » et non des règlements ou des lois qu’on doit respecter au risque de recevoir une amende.

« Ils n’entraînent aucune ‘contrainte’. Nous devrons les mettre en place, mais nous devons aussi avoir une façon de les faire respecter », admet M. Rochat.

Selon lui, l’objectif des réformes est que toutes les installations sanitaires et de traitement de l’eau deviennent « autonomes, y compris sur le plan financier ».

« Les gens devront payer pour tous les services – l’eau comme l’assainissement – mais ce sera à la mesure de leurs moyens. Nous avons un principe d’équité. Et le prix doit être juste », conclut-il.

La direction et les directives de la DINEPA présentent des risques et des dangers. Mais, il y a des signes encourageants, aussi. Mais la nouvelle agence, pourra-t-elle coordonner les acteurs privés, publics, locaux, nationaux, internationaux et les bailleurs de fonds en tenant compte des besoins des utilisateurs – le peuple haïtien – et leur garantir une eau potable et des services sanitaires à un prix accessible ?

Est-il possible pour l’administration publique, souvent faible et inefficace, et parfois corrompue, de vraiment réglementer le secteur privé dans l’intérêt public ? De mettre au pas les ONG et leur faire suivre une stratégie nationale ?

Le temps et le nombre de victimes du choléra le diront. [akj apr 30/12/2010 20:00]

………………

* « Ayiti Kale Je » (http://www.ayitikaleje.org/) est une initiative de partenariat médiatique en vue d’assurer des investigations journalistiques sur la reconstruction d’Haïti suite au séisme dévastateur qui a frappé le pays et fait 300.000 morts et autant de blessés.

Le Groupe Médialternatif est un des partenaires de cette initiative, à travers son agence multimédia AlterPresse (http://www.alterpresse.org/), avec la Société pour l’Animation de la Communication Sociale (SAKS – http://www.saks-haiti.org/). Deux réseaux participent également : le Réseau des Femmes Animatrices des Radios Communautaires Haïtiennes (REFRAKA) et l’Association des Médias Communautaires Haïtiens (AMEKA), qui est composé de stations de radios communautaires à travers le pays.

REVUE DE LA PRESSE – Jeudi 30 décembre 2010

30 Déc

Haïti – Épidémie : 134,678 personnes infectées, 2,901 morts
HAITI LIBRE – 30/12/2010 13:13:11

Haïti - Épidémie : 134,678 personnes infectées, 2,901 mortsDernier Bilan choléra : Depuis que l’épidémie de choléra a fait son apparition dans le pays (19 octobre 2010), 134,678 personnes ont été infectées et traitées, 73,853 personnes ont dû être hospitalisées et 2,901 personnes sont décédées. Selon le dernier bilan du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), daté du 20 décembre 2010.
Situation Nationale :
Entre le 18 et le 20 décembre 2010 (dernier bilan publié par le MSPP)
Le nombre de personnes infectées a augmentées de + 6,427 cas (+ 5,01%)
Le nombre de personnes hospitalisées de + 5,089 cas
Le nombre de décès de + 194 (1 décès tout les 15 minutes)
Grand’Anse :
Après l’ajustement des chiffres de Grand’Anse, entre le 17 et le 18 décembre, qui sont passés de 1,161 à 2,986 personnes infectées (+ 1,825 cas + 287%), le nouveau bilan entre le 18 et le 20 décembre passe de 2,986 cas à 5,736 cas (+ 2,750 cas, 1 tous les 25 secondes) une augmentation de + 92% en 48 heures. Il est à noté que le MSPP ne parvient pas à faire une simple soustraction, puisque 5,736 – 2,986 donne 696 cas pour le MSPP !
Le nombre de morts passe de 135 (le 18 décembre) à 201 le 20 décembre (+ 66 décès) une augmentation de + 48% en 48 heures. Là encore, le MSPP indique dans ses bilans officiels un chiffre erroné de 17 décès…
Port-au-Prince :
Les chiffres de Port au Prince sont inutilisables puisque le MSPP n’enregistre plus aucun mort depuis le 18 décembre dans le département le plus peuplé du pays… tant au niveau hospitalier que communautaire. Au niveau communautaire les chiffres des morts n’ont jamais été pris en compte dans leur bilan , ce qui permet au Gouvernement de présenter un bilan de mortalité le plus bas du pays dans ce Département…
Notez que ces chiffres reflètent la situation, il y a 10 jours, et sont largement sous-estimé par le gouvernement d’après les experts de la santé de l’ONU qui estime que le bilan pourrait être le double des chiffres publiés.
Nouvelles en bref :
Dans le département du Sud, la gestion des cadavres demeure un défi considérable, notamment aux Cayes, où au moins 64 cadavres sont restés plusieurs semaines à l’hôpital parce que la population était opposée à leur inhumation dans une fosse commune.
Des cas de choléra continuent d’être signalés dans des centres résidentiels (orphelinat, crèche, centre
transitoire). Un orphelinat à l’Arcahaie a signalé 30 cas de choléra chez les enfants handicapés, dont six sont décédés, soit un taux de mortalité de 20%.
Depuis le 16 décembre, le Cluster logistique a fourni des services de transport par camions et livré 348 tonnes métriques d’intrants médicaux et WASH. Le Service aérien d’aide humanitaire des Nations Unies (UNHAS) a transporté 77,5 tonnes métriques d’intrants médicaux et d’articles WASH au nom de multiples partenaires dans 14 zones du pays. L’entrepôt à Croix des Bouquets, qui est utilisée par 18 organisations, restera ouvert pendant trois mois supplémentaires jusqu’à la fin de mars 2011.
En outre, l’appui à la réponse au séisme est toujours en cours. Un total de 135 tonnes métriques de matériel de reconstruction, de nourriture et du matériel de stockage ont été acheminées dans les zones reculées du département des Nippes et les zones montagneuses du département de l’Ouest.

 

Les experts de l’OEA sont déjà au travail !
HAITI LIBRE – 30/12/2010 17:22:44

Haïti - Élections : Les experts de l’OEA sont déjà au travail !L’équipe de vérifications de l’Organisation des États Américains (OEA) composée d’experts juridiques, électoraux, spécialiste des technologies de l’information et statisticiens en provenance des États-Unis, du Chili, du Canada, de la France et de la Jamaïque a commencé aujourd’hui jeudi, le processus de vérification des votes, visant à sortir Haïti de la crise politique, qui a fait suite à la publication des résultats préliminaire contestés du premier tour des élections du 28 novembre dernier.
Les travaux vont commencer aujourd’hui et se poursuivront ce week-end et la semaine prochaine a indiqué Albert Ramdin, Secrétaire Général adjoint de l’Organisation des États américains (OEA) qui a précisé qu’aucune déclaration publique ne sera faite au cours du processus qui se déroulera à huis-clos et qui s’achèvera par la publication d’un rapport « probablement la semaine prochaine… »
Avant tout dépouillement réel, les experts de l’OEA vont examiner les critères utilisés par le Conseil Électoral Provisoire (CEP) dans la détermination de la validité des feuilles de pointage a fait savoir Le Secrétaire adjoint, « l’objectif d’aujourd’hui et demain est de se pencher sur tous les systèmes et ensuite de s’entendre sur la façon dont l’équipe va procéder. Elle sera dans les centres de compilation pour comprendre l’ensemble du système tel qu’il a fonctionné, les procédures qui ont été suivies, la façon dont cela a été exécuté, puis l’équipe se penchera sur les feuilles de résultats et la façon dont elles ont été comptées »
Quant à savoir si le deuxième tour des élections, prévu initialement le 16 janvier 2011, pourrait être retardé à cause de la longueur du processus de vérification, Albert Ramdin a dit que cette question relevait du gouvernement haïtien « Ils ont leurs propres critères pour déterminer combien de jours ils ont besoin pour préparer le second tour, c’est a eux de parler de ce sujet ».

 

Haïti: une « dérive autoritaire » dénoncée

AFP / 30/12/2010

Un groupe d’intellectuels haïtiens dénonce dans une pétition la « dérive autoritaire » d’un pouvoir qui cherche à « imposer un choix politique que la population rejette massivement » alors qu’Haïti traverse une crise politique.
Dénonçant « une dérive autoritaire du pouvoir », ces écrivains, sociologues, chercheurs disent avoir relevé « de nombreux cas de persécution de membres de partis politiques opposés au groupe affidé au pouvoir », depuis les élections présidentielle et législatives dont les résultats préliminaires sont contestés.
Une mission de l’Organisation des Etats américains (OEA) est arrivée mercredi en Haïti dans le but d’aider les autorités à vérifier les procès verbaux et recompter les votes du premier tour de la présidentielle. Selon les résultats préliminaires, la candidate Mirlande Manigat est arrivée en tête (31% des voix) devant Jude Célestin, le candidat du parti au pouvoir Inité (22%).
Ce résultat a été violemment contesté par les partisans du chanteur Michel Martelly, relégué en troisième position à quelques milliers de voix près de M. Célestin et écarté ainsi du deuxième tour.
Parmi les écrivains qui ont signé le texte apparaissent le sociologue Laenec Hurbon, membre du CNRS (français), le romancier Lyonel Trouillot et l’historien Pierre Buteau.
Mercredi, un groupe de candidats à la présidence a réitéré l’appel à l’annulation des élections en rejetant à l’avance les travaux de la mission d’experts de l’OEA chargée du recomptage des votes.

 

Le groupe des 12 veut un gouvernement provisoire
HAITI LIBRE – 30/12/2010 08:30:38

Haïti - Élections : Le groupe des 12 veut un gouvernement provisoireLe groupe des 12 [qui ne sont plus que 10] et qui représente 19.37% des suffrages exprimés, a réaffirmé hier mercredi, ses positions à savoir : l’annulation des élections du 28 novembre, le départ du Président René Préval le 7 février 2011 et l’installation d’un gouvernement provisoire en vu d’organiser de nouvelles élections. « Je vous donne la garantie que le 7 février, le peuple installera un nouveau Président, à la tête d’un gouvernement provisoire, en remplacement de René Préval en vue d’organiser les élections » a déclaré Jacques Édouard Alexis.
Les «membres du Groupe des 12 » :
Charles Henri Baker « Regwoupman sitwayen pou espwa (Respè)» (2.38%)
Jean Henry Céant « Renmen Ayiti » (8.18%)
Joseph Michel Martelly « Repons peyizan » (s’est désolidarisé depuis)
Leslie Voltaire « Ansanm nou fò» (1.51%)
Jacques Edouard Alexis « Mobilisation pour le Progrès d’Haïti (MPH)» (3.07%)
Jeudy Wilson « Fòs 2010 » (0.57%)
Josette Bijou (Indépendante) (1%)
Erick Smarcki Charles « Parti de l’Évolution nationale d’Haïti (PENH) » (0.24%)
Jean Chavannes Jeune « Alliance Chrétienne Citoyenne pour la Reconstruction d’Haïti (ACCRHA) » (1.80%)
Garaudy Laguerre « (WOZO) » (0.26%)
Leon Jeune « Konbit liberasyon ekonomik (KLE) » (0.36%)
Mirlande Hyppolite Manigat « Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNP) » (s’est désolidarisé depuis)
Total des votes exprimé le 28 novembre : 19.37 %
Génard Joseph (Groupement Solidarité) (0.85%), arrivé au moment de la déclaration d’annulation du scrutin, a approuvé la position des 12. Après cette conférence, Yves Cristalin « Oganizasyon Lavni (LAVNI) (1.60%) » et Yvon Neptune « Ayisyen pou Ayiti » (0.39%) se sont exprimés en faveur de l’annulation du scrutin.
Autres candidats favorables à l’annulation du scrutin : 2.84%
Ensemble des candidats favorables à l’annulation du scrutin : 22.21 % des votes exprimés
Jacques Édouard Alexis a rappelé, que le groupe a toujours été favorable à la formation d’un gouvernement provisoire et non de transition pour assurer la tenue de bonnes élections avec un nouveau Conseil Électoral.
Il a fait savoir également, que le gouvernement provisoire dont le groupe réclame l’installation est constitutionnel et prévu par les lois haïtiennes ce qui n’est pas le cas, selon lui, pour la loi électorale amendée, qui permettrait au chef de l’État de rester au pouvoir jusqu’au 14 mai (date à laquelle il avait prêté serment en 2006) – Rappelons que la constitution, indique le 7 février comme terme du mandat présidentiel, mais mentionne aussi la durée de 5 ans de ce mandat. C’est sur cette dernière précision que la loi permettant au Président Préval de rester jusqu’au 14 mai 2011, a été voté par le parlement et le Sénat en mai 2010.
De son coté, Jean-Henry Céant a rappelé au chef de l’État, qu’en organisant les élections du 28 novembre, il s’était engagé à quitter le pouvoir le 7 février « M. Préval ne peut se servir d’aucun stratagème constitutionnel pour justifier son éventuel maintien à la tête de l’Etat au-delà du 7 février »
De plus, Jacques Edouard Alexis a précisé que le groupe ne reconnaissait pas, tout comme la constitution haïtienne, la mission d’experts de l’Organisation des États Américain (OEA) devant procéder à la vérification des procès-verbaux. Il affirme que l’OEA fait partie du problème et ne peut, en aucun cas, prétendre faire partie de la solution. « Nous ne reconnaissons pas cette mission, ni le deuxième tour qu’on veut nous imposer. Il faut un gouvernement  provisoire pour organiser de nouvelles élections » affirme-t-il.
Pour sa part, Charles-Henri Baker, s’interroge sur la validité de l’évaluation unilatérale par l’OEA, des résultats du scrutin du 28 novembre qualifiés de frauduleux. Estimant que toute enquête sérieuse devrait conduire a l’annulation de 90% des procès-verbaux et donc du scrutin « La loi électorale n’ayant pas été appliquée, il ne saurait être question de recomptage des procès-verbaux issus d’opérations de bourrage d’urnes ».
Le groupe des 12 appelle la population à rester mobilisée pour défendre ses droits, se disant convaincu que « la parodie du 28 novembre ne passera pas et sera annulée ».

 

Risques d’affrontements dominicains-haïtiens le 3 janvier
HAITI LIBRE – 30/12/2010 09:44:22

Haïti - Social : Risques d’affrontements dominicains-haïtiens le 3 janvier« Aujourd’hui, nous sommes envahi par les haïtiens, ils sont responsables de la plupart des vols et agressions commis dans nos quartiers, ils jettent des ordures dans les rues, ils vivent dans des pensions qui n’ont pas de salles de bains et déféquent dans des sacs en plastique qu’ils jettent devant les maisons, les écoles les entreprises et d’autres lieux, nous sommes désespérés » a fait savoir José Francisco Consuegra président du Conseil de quartier de La Mina. Rappelant qu’une enquête menée par des groupes communautaires à San Jose et La Mina estimait entre 1,800 à 2,700 la population d’haïtiens sans papiers vivant dans ces quartiers, sans compter 400 autres qui sont arrivés samedi dernier, a rappelé Consuegra.
Les résidents des quartiers de San Jose, Mina et Cristo Rey, au sud de Santiago (Nord) en République Dominicaine, ont expliqué dans la presse dominicaine, que si le 3 janvier prochain, la Direction Générale de l’Immigration ne faisait pas le nécessaire pour arrêter et rapatrier la population d’haïtiens clandestins qui vivent dans leurs quartiers, la population les expulseront par la force.
José Francisco Consuegra a tenu à préciser que l’attitude des habitants n’est pas raciste ou discriminatoire, mais il constate qu’aujourd’hui que les haïtiens sont plus nombreux que les dominicains dans leurs quartiers.
Un agent des autorités de l’immigration, sous le couvert de l’anonymat, a reconnu que ses services recevaient effectivement des dizaines de plaintes chaque jour en provenance de ces communautés concernant des actes criminels ou d’incivilité concernant des haïtiens, rappelant que ses services ne peuvent suivre toutes ces plaintes, son bureau étant mobilisé sur la prévention et la surveillance des passages clandestins à la frontière.
Cette même source a déclaré, que ce que la population envisageait de faire, était dangereux et que les services de l’immigration ne pouvait pas le tolérer, n’excluant pas de prendre des mesures pour protéger les haïtiens menacés d’expulsion afin d’éviter des affrontements indésirables.
De leur côté, les habitants de San José et La Mina se plaignent que certains haïtiens sans papiers portent des armes blanches et ont menacé les Dominicains de s’en servir si la population tentait de les expulser. Toutefois devant les risques d’affrontement et les menaces de dominicains, une centaine d’haïtiens ont déjà quitté «volontairement…» ces zones a fait savoir José Francisco Consuegra, mais il en reste plus de 2,000… Réitérant la détermination de la population à expulser les haïtiens le 3 janvier s’ils sont encore là « Ils sont plus nombreux que nous, nous menacent et nous défient, mais nous gagnerons… » a affirmé Consuegra.

 

Cuba forme des toubibs haïtiens pour … la France ?
de : Fidel Castro
BELLACIAO / jeudi 30 décembre 2010 (14h06)

    La Havane. 29 Décembre 2010

    Réflexions de Fidel -La bataille contre le choléra

    Je fais une pause au milieu de plusieurs analyses importantes qui prennent mon temps ces jours-ci pour aborder deux questions que notre peuple doit connaître.

    L’ONU, poussée par les Etats-Unis, qui ont engendré la pauvreté et le chaos en République d’Haïti, y a dépêché voilà plusieurs années des forces d’occupation, dites Mission de stabilisation des Nations Unies en Haïti (MINUSTAH), qui y ont d’ailleurs introduit le choléra.

    Le secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA), lui, y avait nommé, début 2009, comme son représentant personnel un intellectuel brésilien, Ricardo Seitenfus, qui faisait alors partie du ministère des Affaires étrangères de son pays.

    Seitenfus jouissait d’un prestige mérité dans les milieux diplomatiques et gouvernementaux de Port-au-Prince, la capitale haïtienne, par le sérieux et la franchise avec lesquels il se colletait avec les problèmes. Il avait écrit en 1993, l’année de sa première visite en Haïti, un livre intitulé : Haïti, la souveraineté des dictateurs.

    Le 25 décembre dernier, les agences de presse faisaient savoir qu’il avait été cassé sans préavis de son poste de représentant spécial de l’OEA.

    Le motif ? L’interview donnée quelques jours plus tôt au journal suisse Le Temps, au cours de laquelle il avait exprimé ses vues en toute sincérité.

    J’en donne ci-après un résumé textuel à partir de l’interview disponible sur Internet en français :

    Dix mille Casques bleus en Haïti. A votre sens, une présence contre-productive ?

    Ricardo Seitenfus : Le système de prévention des litiges dans le cadre du système onusien n’est pas adapté au contexte haïtien. Haïti n’est pas une menace internationale. Nous ne sommes pas en situation de guerre civile. […] Et pourtant le Conseil de sécurité […] a imposé des Casques bleus depuis 2004, après le départ du président Aristide. […]. Il s’agissait pour l’ONU de geler le pouvoir et de transformer les Haïtiens en prisonniers de leur propre île. […]

    Qu’est-ce qui empêche la normalisation du cas haïtien ?

    Ricardo Seitenfus : Pendant deux cents ans, la présence de troupes étrangères a alterné avec celle de dictateurs. C’est la force qui définit les relations internationales avec Haïti et jamais le dialogue. Le péché originel d’Haïti, sur la scène mondiale, c’est sa libération. Les Haïtiens commettent l’inacceptable en 1804 : un crime de lèse-majesté pour un monde inquiet. L’Occident est alors un monde colonialiste, esclavagiste et raciste qui base sa richesse sur l’exploitation des terres conquises. Donc, le modèle révolutionnaire haïtien fait peur aux grandes puissances. Les Etats-Unis ne reconnaissent l’indépendance d’Haïti qu’en 1865. Et la France exige le paiement d’une rançon pour accepter cette libération. Dès le départ, l’indépendance est compromise et le développement du pays entravé. […] On ne résout rien, on empire. On veut faire d’Haïti un pays capitaliste, une plate-forme d’exportation pour le marché américain, c’est absurde. […] Il existe des éléments dans cette société qui ont pu empêcher que la violence se répande sans mesure.

    N’est-ce pas une démission de voir en Haïti une nation inassimilable, dont le seul horizon est le retour à des valeurs traditionnelles ?

    Ricardo Seitenfus : Il existe une partie d’Haïti qui est moderne, urbaine et tournée vers l’étranger. On estime à quatre millions le nombre de Haïtiens qui vivent en dehors de leurs frontières. C’est un pays ouvert au monde. […] Plus de 90% du système éducatif et de la santé sont en mains privées. Le pays ne dispose pas de ressources publiques pour pouvoir faire fonctionner d’une manière minimale un système étatique. […] Le problème est socio-économique. Quand le taux de chômage atteint 80%, il est insupportable de déployer une mission de stabilisation. Il n’y a rien à stabiliser et tout à bâtir.

    Haïti est un des pays les plus aidés du monde et pourtant la situation n’a fait que se détériorer depuis vingt-cinq ans. Pourquoi ?

    Ricardo Seitenfus : L’aide d’urgence est efficace. Mais lorsqu’elle devient structurelle, lorsqu’elle se substitue à l’État dans toutes ses missions, on aboutit à une déresponsabilisation collective. […] Le séisme du 12 janvier, puis l’épidémie de choléra ne font qu’accentuer ce phénomène. La communauté internationale a le sentiment de devoir refaire chaque jour ce qu’elle a terminé la veille. […] J’avais l’espoir que, dans la détresse du 12 janvier, le monde allait comprendre qu’il avait fait fausse route avec Haïti. […] Au lieu de faire un bilan, on a envoyé davantage de soldats. Il faut construire des routes, élever des barrages, participer à l’organisation de l’Etat, au système judiciaire. L’ONU dit qu’elle n’a pas de mandat pour cela. Son mandat en Haïti, c’est de maintenir la paix du cimetière.

    Quel rôle jouent les ONG dans cette faillite ?

    Ricardo Seitenfus : A partir du séisme, Haïti est devenu un carrefour incontournable. Pour les ONG transnationales, Haïti s’est transformé en un lieu de passage forcé. Je dirais même pire que cela : de formation professionnelle. […] Il existe une relation maléfique ou perverse entre la force des ONG et la faiblesse de l’Etat haïtien. Certaines ONG n’existent qu’à cause du malheur haïtien.

    Quelles erreurs ont été commises après le séisme ?

    Ricardo Seitenfus : Face à l’importation massive de biens de consommation pour nourrir les sans-abri, la situation de l’agriculture haïtienne s’est encore péjorée. Le pays offre un champ libre à toutes les expériences humanitaires. Il est inacceptable du point de vue moral de considérer Haïti comme un laboratoire. La reconstruction d’Haïti et la promesse que nous faisons miroiter de 11 milliards de dollars attisent les convoitises. […] Un exemple : celui des médecins haïtiens que Cuba forme. […] Près de la moitié d’entre eux, alors qu’ils devraient être en Haïti, travaillent aujourd’hui aux États-Unis, au Canada ou en France. […]

    On décrit sans cesse Haïti comme la marge du monde, vous ressentez plutôt le pays comme un concentré de notre monde contemporain… ?

    Ricardo Seitenfus : C’est le concentré de nos drames et des échecs de la solidarité internationale. Nous ne sommes pas à la hauteur du défi. La presse mondiale vient en Haïti et décrit le chaos. […] Pour elle, Haïti est un des pires pays du monde. Il faut aller vers la culture haïtienne, il faut aller vers le terroir. […] Personne ne prend le temps ni n’a le goût de tenter de comprendre ce que je pourrais appeler l’âme haïtienne. […]

    Au-delà du constat d’échec, quelles solutions proposez-vous ?

    Ricardo Seitenfus : Dans deux mois, j’aurai terminé une mission de deux ans en Haïti. Pour rester ici, et ne pas être terrassé par ce que je vois, j’ai dû me créer un certain nombre de défenses psychologiques. Je voulais rester une voix indépendante malgré le poids de l’organisation que je représente. […] Le 12 janvier m’a appris qu’il existe un potentiel de solidarité extraordinaire dans le monde. Même s’il ne faut pas oublier que, dans les premiers jours, ce sont les Haïtiens tout seuls, les mains nues, qui ont tenté de sauver leurs proches. […] Nous devons penser simultanément à offrir des opportunités d’exportation pour Haïti mais aussi protéger cette agriculture familiale qui est essentielle pour le pays. Haïti est le dernier paradis des Caraïbes encore inexploité pour le tourisme, avec 1 700 kilomètres de côtes vierges… […] Il y a deux cents ans, Haïti a illuminé l’histoire de l’humanité et celle des droits humains. Il faut maintenant laisser une chance aux Haïtiens de confirmer leur vision.

    On peut être d’accord ou non avec les affirmations du Brésilien Ricardo Seitenfus, mais il est incontestable qu’il a dit des vérités lapidaires.

    J’estime utile toutefois de préciser certains points.

    Notre pays n’a pas envoyé des centaines de médecins qu’au peuple haïtien, frère et voisin ; il en a dépêché des milliers à d’autres peuples du Tiers-monde, surtout dans des cas de catastrophes naturelles, et il a contribué à la formation de dizaines de milliers de médecins dans notre patrie et à l’étranger.

    La coopération médicale avec Haïti a démarré voilà douze ans, le 4 décembre 1998.

    Quand la tyrannie des Duvalier et des Tontons Macoutes – imposée par les USA pendant des décennies – est tombée à la fin des années 90 et qu’un gouvernement élu par le peuple a pris la direction du pays, Cuba y a dépêché une centaine de médecins pour prêter service, et le premier groupe de jeunes bacheliers haïtiens est arrivé à Cuba en 1999 pour commencer des études de médecine.

    En 2001, nous avons entrepris de coopérer avec l’université de médecine créée par le président Jean-Bertrand Aristide en transformant en professeurs les médecins qui travaillaient alors au service du peuple haïtien. Quand les Yankees ont fomenté le coup d’Etat et que les putschistes ont transformé l’Ecole de médecine en caserne, environ 270 élèves sont venus dans notre patrie avec les professeurs pour poursuivre leurs études.

    La Mission médicale cubaine a néanmoins continué de prêter ses services humanitaires en Haïti, indépendamment des problèmes politiques internes du pays, qu’il soit occupé par les soldats putschistes, par les troupes yankees ou par les forces de la MINUSTAH.

    En août 2005, les 128 premiers étudiants de médecine, alors en sixième année, sont rentrés dans leur pays pour y faire leur pratique professionnelle aux côtés des médecins cubains qui avaient prêté service en Haïti.

    Du second semestre de 2006 au second semestre de 2010, un total de 625 étudiants de médecine haïtiens ont conclu leurs études, et nous les avons en très haute estime. Sur ce total, 213 travaillent dans des institutions médicales publiques ; 125 dans les Centres de contrôle médical du choléra ou dans les brigades de travail rapproché dans les sous-communes, aux côtés des médecins cubains et latino-américains diplômés de l’Ecole latino-américaine de médecine (ELAM), de La Havane, qui luttent contre l’épidémie de choléra ; 72 exercent dans des centres médicaux d’ONG et privés ; 20 dans ce qu’on appelle les Centres mixtes ; 41 font une seconde spécialité à Cuba ; 27, frais diplômés, attendent un poste en Haïti ; 14 ne travaillent pas pour des raisons personnelles (grossesse et maternité) ; 4 n’apparaissent pas sur les registres et 1 est décédé.

    Finalement, 104 exercent à l’étranger, fondamentalement en Espagne, aux USA, au Canada et en France, 1 en Suisse et 4 en Amérique latine. Je ne me permets pas d’émettre un jugement sur eux, car leur pays, extrêmement pauvre, manque de ressources et d’emplois. Que je sache, par ailleurs, aucun n’a refusé de servir son pays. Ce sont des médecins très demandés, formés en Haïti et à Cuba.

    Selon les chiffres officiels, 2 707 cholériques sont décédés à ce jour, soit un taux de 2,1 %.

    La Mission médicale cubaine n’a rapporté aucun décès ces trois derniers jours. Le taux de mortalité chez les 47 537 patients qu’elle a traités est de 0,57%. On peut éradiquer l’épidémie et éviter qu’elle ne se transforme en pandémie.

    La Table ronde télévisée de demain, à 18 h, donnera des nouvelles fraîches intéressantes sur la bataille contre le choléra en Haïti et offrira la parole à des autorités en la matière.

    J’aborderai demain, mardi 28, le second point.

    Fidel Castro Ruz

    Le 27 décembre 2010, 17 h 12.

    REVUE DE LA PRESSE – MERCREDI 29 DECEMBRE 2010

    29 Déc

    Alexandre Boniface évoque un risque de guerre civile en Haïti
    HAITI LIBRE – 29/12/2010 13:05:01

    Haïti - Politique : Alexandre Boniface évoque un risque de guerre civile en HaïtiBoniface Alexandre, l’ancien Président provisoire haïtien (2004 à 2006, après la chute de J. Bertrand Aristide), dit craindre que la crise politique actuelle, ne dégénère en une situation sociale incontrôlable.
    « Ce processus électoral, à la phase où il se trouve, peut déboucher sur une guerre civile dont nous serions tous à la fois responsables et victimes » a averti M. Alexandre.
    Rappelons que les fraudes massives, au profit du candidat (Jude Célestin) et de la plateforme au pouvoir (INITE), les violences et les intimidations des électeurs lors du scrutin du 28 novembre dernier, ont précédé une vague de manifestations violentes à travers tout le pays, suite à la publication des résultats préliminaires contestés du premier tour. Crise politique qui a fait 5 morts et plus de 96 blessés dont 38 par balles.
    Il n’est pas sûr que les résultats du recomptage et des vérifications des procès-verbaux de la mission de l’Organisation des États Américain (OEA) dont les experts doivent arriver à Port-au-Prince aujourd’hui, suffisent à ramener le calme dans une population, dont la patience a visiblement atteint ses limites.
    D’autant plus, que l’OEA manque de crédibilité et d’impartialité aux yeux de la population qui voit dans l’entente « OEA – Conseil Électoral Provisoire (CEP) – Gouvernement » une stratégie de la communauté internationale visant à légitimer le candidat du pouvoir Jude Célestin.
    Ajoutons à ce cocktail explosif, le deuxième tour prévu initialement le 16 février 2011 qui sera inévitablement repoussé, comme l’a admis le Chef de l’État. Et enfin, le départ du Président René Préval, le 7 février mais qui pourrait, en l’absence d’un président élu pour le remplacer à cette date, jouer les prolongations jusqu’au 14 mai 2011. Ce qui inévitablement, sera perçu par la population comme la volonté du Chef de l’État de rester au pouvoir.
    En présence de tout ces facteurs, sans parler de guerre civile, le risque de dérapage majeur est grand.

     

    Le mystère du lac Azuéi bientôt résolu
    HAITI LIBRE – 29/12/2010 14:59:23

    Haïti - Environnement : Le mystère du lac Azuéi bientôt résoluDepuis le 24 décembre, plusieurs centaines de poissons ont été retrouvés morts sur les rives de L’étang Saumâtre aussi connu sous le nom de lac Azuéi et située à une trentaine de kilomètres à l’Est de Port-au-Prince, au sud-est d’Haïti dans la plaine du Cul-de-Sac et jouxtant la frontière, avec la République Dominicaine.
    Comme causes probables du décès des poissons, Michel Chancy, le ministre de l’agriculture évoque un possible déséquilibre des matières organiques se trouvant dans le Lac. Hypothèse que semble partager l’agronome Arnoux Séverin, responsable du Programme environnemental transfrontalier (PET), qui cite la teneur en calcaire des tonnes de remblais empilées sur les rives du lac Azuei qui pourrait augmenter l’alcalinité de l’eau du lac. D’un autre côté, la baisse de la température du lac pourrait avoir, des conséquences sur certains poissons, ajoutant que « les tilapias sont la seule espèce ayant été touchée par cette contamination ».
    Pierre Garo Nérée, Coordonnateur adjoint de l’association Conscience Citoyenne pour la Protection de l’Environnement d’Haïti (COCIPEH) a fait part des inquiétudes de toute la communauté face a ce qu’il qualifie de catastrophe écologique « Les poissons sont morts par dizaines voire par milliers à Fond-Parisien et à Thomazeau » précisant que des tortues, ont également été retrouvés mortes au bord du Lac. M. Nérée rappelle que cette catastrophe a de graves incidences sur la vie économiques des habitants de la région « Le Lac Azuei et le marché de Malpasse constituent les piliers de l’économie dans la région » invitant les autorités haïtiennes à faire toute la lumière sur ce dossier.
    Le directeur de la section « Pêche et Aquaculture » au MARNDR, Robert Badio, a fait savoir pour sa part que ce n’est pas un phénomène nouveau en Haïti et affirme que les autorités s’activent de manière a connaitre la cause exacte de ces décès.
    Dernière minute : Les premiers résultats des analyses menées dans le lac azuei, montrent qu’un manque d’oxygène dû à l’utilisation de matériaux calcaires dans les travaux de rehaussement du tronçon de route affecté par la remontée des eaux du lac serait à l’origine de la mort des poissons. « Ces matériaux proviennent des collines avoisinantes du lac riches en calcaires. La dissolution et le mélange des ces composés calcaires semble avoir modifié momentanément l’acidité naturelle de l’eau en cette zone, entrainant ainsi une rareté d’oxygène au niveau du lac ». Des analyses complémentaires sont en cours, afin de compléter et confirmer les premiers résultats informe le gouvernement. Si les résultats sont confirmés l’interdiction de la pêche, la consommation et la vente de poissons pourrait être levé prochainement.

     

    Le RNDDH peu optimiste sur la mission de l’OEA
    HAITI LIBRE – 29/12/2010 09:25:08

    Haïti - Élections : Le RNDDH peu optimiste sur la mission de l’OEALe Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) se montre peu optimiste quant aux résultats du travail de la mission de vérification de Organisation des États Américains (OEA) qui vient d’être signé entre l’OEA le Gouvernement et le Conseil Électoral Provisoire (CEP).
    http://www.haitilibre.com/article-1999-haiti-elections-tous-les-details-sur-l-entente-oea-gouvernement-cep.html
    Pour Vilès Alizar, Responsable de programmes au RNDDH, le problème se situe à un niveau plus élevé qu’un simple recomptage de procès-verbaux. Rappelant que des milliers d’électeurs ont été empêchés de prendre part aux élections [ 1,074,056 votants sur 4,694,961 d’inscrit] « Nous devons adresser le problème dans son intégralité car les solutions superficielles ou temporaires ne vont pas contribuer à résoudre la crise » ajoutant que « le mieux, c’est la recherche de solutions durables basées sur le respect des droits des citoyens de choisir eux-mêmes leurs dirigeants. »
    Le RNDDH rappelle également que de nombreux bureaux de l’État ainsi que des biens privés ont été incendies, vandalisés et pillés, lors des manifestations de protestations qui ont suivi la publication des résultats préliminaire et exige que des mesures, non partisane, soient prises contre les auteurs de ces actes criminels.

     

    Renforcement des relations entre la Caricom et Haïti

    RADIO METROPOLE / Mercredi, 29 décembre 2010 07:21

    Le représentant spécial de la Caricom à Port-au-Prince, PJ Patterson et le Premier Ministre haïtien, Jean Max Bellerive ont signé un accord visant le renforcement de la capacité des institutions haïtiennes. L’aide mémoire pour le renforcement de la capacité des institutions démocratiques haïtiennes a été signée à l’issue de discussions entre le président Préval et M. Patterson.
    La consultation a révisé la mise en œuvre du plan de reconstruction nationale et déterminé que la Caricom pourrait améliorer le fonctionnement des institutions étatiques dans le meilleur délai.
    De nombreux membres de la fonction publique haïtienne ont été tués lors du violent séisme du 12 janvier.
    Dans le cadre de cet accord la Caricom a convenu de fournir du personnel qualifié et expérimenté dans la fonction publique pour aider Haïti à reprendre son agenda prioritaire. Le soutien inclura une expertise technique dans l’administration publique et du système judiciaire et de la sécurité.
    La prochaine étape dans le renforcement de la coopération entre la Caricom et Haïti aura lieu lors d’une rencontre le 5 janvier 2011. Les officiels haïtiens, les dirigeants de la Caricom et les responsables de la Banque Caraibéenne de Développement devront finaliser les arrangements pour renforcer les institutions gouvernementales haïtiennes par le bais des partenaires de la Caricom y compris le secteur privé.
    Les participants à cette réunion de trois jours devront formuler des projets qui seront soumis à la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH).

     

    Ricardo Seitenfus départ volontaire ou forcé ?
    HAITI LIBRE – 29/12/2010 08:25:20

    Haïti - Politique : Ricardo Seitenfus départ volontaire ou forcé ?Si l’on en croit le Secrétaire Général de l’Organisation des États Américains (OEA), Albert Ramdin, les propos du brésilien Ricardo Seitenfus, Représentant spécial de l’OEA en Haïti, reproduit dans le journal Suisse «Le Temps», sont « malheureux » mais n’aurait rien à voir avec le départ de M. Seitenfus.
    Le Secrétaire Général de l’OEA a fait savoir que Ricardo Seitenfus quittera Haïti en Janvier 2011 au terme de sa mission de deux ans, précisant qu’Albert Ramdin avait informé l’OEA de son départ il y a 4 mois et que L’OEA n’avait pas encore pris de décision concernant son remplacement.
    Le manque de crédibilité notoire de l’OEA dans les affaires haïtiennes nous fait douter de cette explication, départ volontaire ou démission exigée? Seul Ricardo Seitenfus connaît la vérité.

     

    Fidel Castro soutient l’ex-représentant spécial de l’OEA en Haïti remercié

    Ricardo Seitenfus a été renvoyé parce que ses « vérités » dérangent dit le « Lìder Màximo » à propos des récentes critiques du diplomate brésilien contre la présence en Haïti des casques bleus et la responsabilité historique des grandes puissances dans l’extrême pauvreté du pays

    Radio Kiskeya / mardi 28 décembre 2010

    L’ancien Président cubain Fidel Castro a pris mardi la défense de Ricardo Seitenfus en qualifiant de « vérités lapidaires » les propos du diplomate brésilien démis samedi dernier de ses fonctions de Représentant spécial de l’OEA en Haïti pour ses considérations acerbes sur l’action contre-productive dans le pays de la communauté internationale.

    « On peut être ou ne pas être d’accord avec chacun des propos du brésilien Ricardo Seitenfus, mais il est indéniable qu’il a dit des vérités lapidaires dans ses réponses », relève le « Lìder Màximo » dans un article diffusé par les médias locaux dont le quotidien Granma, organe officiel du parti communiste cubain.

    Dans un entretien au journal suisse Le Temps, l’ambassadeur Seitenfus avait ouvertement remis en question la présence de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH), « non adaptée au contexte haïtien » et dénoncé les graves incohérences de la politique des partenaires traditionnels d’Haïti incapables d’appréhender les spécificités et l’identité culturelle du pays.

    L’OEA a mis fin à ses services deux mois avant la fin de son mandat.

    Citant plusieurs passages de l’interview, Fidel Castro a expliqué à ses compatriotes que le diplomate avait fait l’objet d’une « mesure drastique » parce qu’il avait exposé ses points de vue avec « sincérité ».

    S’appuyant sur les remarques de Ricardo Seitenfus, le chef historique de la révolution cubaine affirme que les Etats-Unis sont le « créateur de la pauvreté et du chaos en Haïti ». C’est à l’instigation de Washington que l’ONU a envoyé ses « forces d’occupation » dans le pays, insiste-t-il.

    « La MINUSTAH qui, au passage, a introduit l’épidémie de choléra dans ce pays frère », déclare Castro avant de saluer le travail des brigades médicales cubaines en Haïti où, note-t-il, 1.295 coopérants participent à la lutte contre la maladie.

    Le dirigeant communiste, qui s’est retiré de la vie politique active à cause de son état de santé, a promis de continuer à émettre des réflexions sur la situation en Haïti, l’un de ses thèmes favoris depuis un certain temps.

     

    Situation désastreuse des droits humain en 2010
    HAITI LIBRE – 29/12/2010 11:56:44

    Haïti - Social : Situation désastreuse des droits humain en 2010Maître Renan Hedouville, Secrétaire exécutif du Comité des Avocats pour le Respect des Libertés Individuelles (CARLI), a dressé hier mardi, un tableau pessimiste de la situation des droits humains en 2010.
    Le séisme de janvier dernier, les évasions massives de prisonniers, la saison cyclonique, le choléra et la crise politique sont les principaux facteurs qui ont contribué à de graves violations des droits civils, politiques et économique des citoyens a-t-il rappelé.
    Me Renan Hedouville a fait savoir que durant cette année, les citoyens ont été victimes de l’insécurité, les élections les ont privé de leur droit de choisir librement leurs dirigeants, les personnes atteintes du choléra sont victimes de stigmatisation et de discrimination.
    Comme principaux responsables de la détérioration des droits humains, Maître Hedouville pointe du doigt les leaders politiques, qui n’ont pas su donner la priorité aux intérêts supérieurs de la Nation et dont la position jusqu’au-boutiste a aggravé la situation.
    Il accuse la mauvaise gouvernance, le dysfonctionnement des structures étatiques et l’absence de politique préventive qui ont contribué à la détérioration des droits humains dans le pays et surtout le manque de volonté des autorités politiques qui affichent une insouciance face aux différents problèmes de la société. Il reproche aux organisations de la société civile leur passivité.
    Rappelant que le non-respect et les violations des droits humains ont aussi de graves conséquences sur les droits économiques des citoyens.

     

    Derrière l’épidémie de choléra
    Haiti-Choléra/Recontruction : La question des excréments

    ALTERPRESSE / mardi 28 décembre 2010

    Enquête Dans le cadre du partenariat médiatique « Ayiti Kale Je »*, dont AlterPresse fait partie

    P-au-P., 28 déc. 2010 [Ayiti Kale Je / AlterPresse] — L’idée de fournir de l’eau potable à tous les Haïtiens est cruciale pour combattre le choléra et les maladies hydriques, mais à l’autre extrémité de la consommation humaine, il y a un élément tout aussi important.

    La plupart des sources d’eau en Haïti sont contaminées – les puits, les sources et certaines nappes phréatiques – et la raison est claire. Elles sont contaminées par la pollution agricole, le fumier animal et les excréments humains.

    Les premiers Haïtiens à avoir contracté le choléra vivaient ou travaillaient le long d’une rivière à proximité de la base de l’ONU, d’où les excréments des soldats sont soupçonnés de s’être infiltrés dans l’eau dont la population s’abreuve ou se sert pour cuisiner et se laver.

    « Nous nous concentrons actuellement sur l’eau, car nous pouvons la traiter assez rapidement, mais dans les deuxième et troisième phases de notre Stratégie Nationale de Réponses à l’Épidémie de Choléra, nous allons nous concentrer davantage sur la gestion des excréments et la construction de latrines », annonçait Pierre-Yves Rochat, responsable des programmes ruraux de la nouvelle agence, la Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement (DINEPA), dans une entrevue accordée à Ayiti Kale Je.

    La DINEPA est la première agence nationale dont le mandat englobe l’assainissement. Avant la création de la DINEPA, en 2009, l’assainissement était une responsabilité municipale, mais la plupart des administrations ne prenaient pas cette responsabilité au sérieux. Pas une ville haïtienne a un système d’égout ou un centre de traitement des eaux usées.

    Selon le Comité international de la Croix-Rouge, en 2006, seuls 19 pour cent des Haïtiens avaient accès à des toilettes ou à des latrines décentes, ce qui faisait d’Haïti le pays le plus « insalubre » au monde, soit le 11e au bas de la liste, à égalité avec la République Démocratique du Congo et la Somalie. Et des 15 derniers pays de la liste, Haïti est le seul affichant des pertes nettes au chapitre de l’accès à une « meilleure salubrité », passant de 29 à 19 pour cent entre 1990 et 2006.

    Pendant que les autres pays construisaient des réseaux d’égouts sous leurs villes en expansion, les villes comme Port-au-Prince ont simplement étendu leurs canaux à flanc de collines. Aujourd’hui, si un faible pourcentage de la population possède une fosse septique, la plupart des deux millions d’habitants de la capitale utilisent des latrines ou se soulagent dans des sacs de plastique, qu’ils jettent sur une pile de déchets ou dans un canal à proximité.

    Les excréments restent souvent à découvert pendant des jours, voire des semaines, jusqu’à ce qu’une pluie intense les transporte, avec des tonnes d’autres détritus, dans les ravins et les canaux, puis vers les bidonvilles du littoral ou la baie de Port-au-Prince.

    Avant le 12 janvier, les fosses septiques et les latrines étaient nettoyées de temps à autre par le « camion vidangeur » conduit par un bayakou – qui travaille de nuit – et qui déchargeait là où bon lui semblait, car il n’y avait ni décharges officielles… ni règlements.

    Des excréments infectés à Cité Soleil ?

    Avec la prolifération des camps de réfugiés et l’arrivée de milliers de toilettes portatives – la capitale en compte actuellement environ 15 000 selon la DINEPA – Haïti s’est retrouvé « le nez dans son caca ».

    La nouvelle industrie du déchet prospérait, et la DINEPA et ses agences partenaires se démenaient pour trouver un endroit où tout décharger. Ils ont creusé une fosse à la décharge de Trutier, au nord de la capitale.

    D’après M. Rochat, « ce fut le début d’une première forme de gestion des excréments » dans l’histoire d’Haïti. « Mais il faut cesser d’envoyer les excréments à Trutier. Nous en sommes très conscients. C’est une situation temporaire. »

    Temporaire parce que le centre de traitement et d’enfouissement des déchets, un site en construction plus au nord, à Titanyen, devrait entrer en exploitation la première semaine de janvier. Or cette réalité est « temporaire » depuis maintenant plusieurs mois.

    Et en attendant, déchets humains non traités – susceptibles de contenir la bactérie du choléra et de nombreuses autres maladies – ont été déversés dans la fosse à ciel ouvert qui se trouve à environ 2 km de Duvivier, et très près du site Trutier décharge normale, où environ 250 familles vivent et trient les déchets médicaux et autres déchets.

    L’alarme a été déclenchée le 1er décembre, à la rencontre du Cluster de l’eau et de l’assainissement (WASH) – présidé par la DINEPA et l’UNICEF, et réunissant les agences gouvernementales et non gouvernementales qui travaillent ensemble depuis le séisme.

    Asia Ghemri, de l’UNOPS (ONU), qui organise avec la DINEPA la gestion des excréments, déclare à ses collègues que « la piscine excreta [sic] est presque pleine. »

    « Ce n’est qu’une question de semaines », ajoute-t-elle.

    La communauté en aval – Duvivier – en a ras le bol.

    « Nous nous mobilisons. Nous n’en pouvons plus de ces relents, et avec le choléra, c’est devenu dangereux », explique Salvatory Saint Victor, du Comité de Relèvement de Duvivier (KRD). « Et si ces germes atteignaient la nappe phréatique ? »

    (Deux jours plus tard, Saint-Victor et des centaines d’autres résidents de Duvivier ont manifesté davant l’entrée de la fosse. Un résident de Duvivier a été abattu par la police, selon AlterPresse et Haïti Libre. Dans une note en date du 21 décembre, KRD indique que trois personnes ont été abattues durant et après la manifestation.)

    La fosse – qui fait environ quatre terrains de football et qui n’est pas isolée – est située juste au dessus de la nappe phréatique de la Plaine du Cul-de-Sac, l’une des principales sources d’eau de la région métropolitaine. Il y a des inquiétudes que les excréments contaminés de Trutier s’infiltrent dans la nappe phréatique, dont les nombreux camions-citernes privés pompent des milliers de gallons chaque jour.

    Dès 2002, une étude rapportait que l’eau de la nappe phréatique contenait des coliformes.

    « Le danger c’est que la bactérie atteigne la nappe phréatique ou la mer », s’inquiétait le Dr. Homero Silva, de l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS), à la rencontre du cluster WASH tenue le 15 décembre. « Le Vibrio cholerae peut survivre pendant des années. »

    M. Silva a déjà travaillé au Pérou, où une épidémie de choléra s’est propagée à travers l’Amérique Latine et atteint des centaines de milliers de personnes. On croit maintenant que la bactérie a vécu dans la mer et a atteint plusieurs villes portuaires en même temps.

    À cette même rencontre du 15 décembre, Kelly Naylor, de l’UNICEF et de l’équipe UNICEF/DINEPA, qui ébauche les règlements régissant toutes agences et firmes d’enlèvement des excréments, confirmait que la fosse et son contenu, ainsi que les zones humides avoisinantes, devaient être analysées pour déterminer si le V. cholerae survit.

    « Nous sommes très sérieusement préoccupés par ce qui se passe là-bas », a-t-elle ajouté à la rencontre.

    M. Rochat, de la DINEPA, en convient et a confirmé à « Ayiti Kale Je » que les analyses sont en cours, mais que les résultats ne sont pas encore publiés.

    « Lorsque tous les camions d’excréments auront cessé d’aller se vider à Trutier, nous devrons établir un plan de décontamination du site, si c’est nécessaire. »

    Les camps présentent un défi particulier

    On compte actuellement de 1 à 1,3 million de personnes dans les camps de réfugiés de la capitale et de trois autres villes plus durement affectées par le séisme du 12 janvier. Certains camps ont des latrines au sol, qui débordent déjà, et d’autres ont des latrines qui doivent être pompées chaque jour.

    Selon les normes minimales humanitaires de la SPHERE, on doit avoir un maximum de 20 personnes par latrine, mais selon un rapport émis par l’Action humanitaire de l’ONU en juin, ce nombre est plus près de 50 à 100 réfugiés par latrine.

    Le camp Bon Berger à Mariani, au sud de la capitale, n’en possède aucune. Environ 250 à 300 familles y vivent dans des tentes et des baraques, entassées dans à peine plus qu’un terrain de football. Peu après le séisme du 12 janvier, CARE a construit des latrines « d’urgence », selon Renol Jeudi Jean, le directeur du camp. Mais après six mois, « elles se sont remplies » et attendent toujours d’être remplacées.

    « Depuis, les gens vont se soulager autour du camp », confiait M. Jean à « Ayiti Kale Je ».

    Pour confirmer ses dires, « Ayiti Kale Je » a enquêté auprès de six familles réfugiées choisies au hasard. Toutes ont admis qu’elles utilisaient des sacs de plastique ou allaient dans les herbes près de la rivière.

    Les camps ne manquent pas tous de latrines, mais dans plusieurs camps, elles ne suffisent pas ou elles ne sont pas vidées aussi souvent qu’elles le devraient. Les latrines se « remplissent » régulièrement et peuvent déborder ou, comme c’est arrivé plus tôt ce mois-ci, être renversées par des manifestants. [akj apr 28/12/2010 20:00]

    ………………

    * « Ayiti Kale Je » (http://www.ayitikaleje.org/) est une initiative de partenariat médiatique en vue d’assurer des investigations journalistiques sur la reconstruction d’Haïti suite au séisme dévastateur qui a frappé le pays et fait 300.000 morts et autant de blessés.

    Le Groupe Médialternatif est un des partenaires de cette initiative, à travers son agence multimédia AlterPresse (http://www.alterpresse.org/), avec la Société pour l’Animation de la Communication Sociale (SAKS – http://www.saks-haiti.org/). Deux réseaux participent également : le Réseau des Femmes Animatrices des Radios Communautaires Haïtiennes (REFRAKA) et l’Association des Médias Communautaires Haïtiens (AMEKA), qui est composé de stations de radios communautaires à travers le pays.

    REVUE DE LA PRESSE – MARDI 28 DECEMBRE 2010

    28 Déc

    Haïti – Élections :

     Tous les détails sur l’entente OEA, Gouvernement, CEP
    HAITI LIBRE – 28/12/2010 14:51:21

    Haïti - Élections : Tous les détails sur l’entente OEA, Gouvernement, CEPAlbert Ramdin, Secrétaire Général adjoint de l’Organisation des États américains (OEA) a annoncé hier soir que le gouvernement haïtien et le Conseil Électoral Provisoire (CEP) avaient acceptés les conditions posées par l’OEA pour la bonne exécution de sa mission de vérification. Il a fait savoir qu’en vertu de cette entente « les experts techniques auront un accès illimité à l’information et aux bâtiments, et pourront examiner les procès-verbaux des résultats et les procédures suivies pour déterminer l’issue du scrutin. »
    Maintenant que cette entente est approuvée, espérons que l’équipe de l’OEA se mettra rapidement au travail en toute « indépendance » et que les résultats de sa mission rendrons justice à nos concitoyens. La mission n’est pas limitée dans le temps et se veut exhaustive. »

    Accord entre le Secrétariat Général de l’Organisation des États Américains,
    Le Gouvernement de la République d’Haïti
    et le Conseil Électoral Provisoire
    sur la mission d’experts de de la mission d’observation électorale conjointe de
    l’Organisation des États Américains et de la Communauté des Caraïbes

    LE SECRÉTARIAT général de l’Organisation des États Américains (« SG/OEA »), le Gouvernement de la République d’Haïti et le Conseil électoral provisoire (« CEP »), Parties au présent Accord,
    CONSIDÉRANT :
    Que le 4 août 2010, le SG/OEA et le Gouvernement de la République d’Haïti ont signé un Accord concernant l’observation des élections du 28 novembre ainsi que d’un deuxième tour qui pourrait en découler, le cas échéant, en Haïti, (« Accord P&I »), et que le 9 novembre 2010, le SG/OEA et le CEP ont convenu d’un Accord avec le CEP concernant ces mêmes élections (« Accord d’observation »);
    Que pour accomplir leurs fonctions aux termes de ces Accords, le SG/OEA et la CARICOM ont créé la Mission d’Observation Électorale Conjointe de l’Organisation des États Américains et de la Communauté des Caraïbes (« MOEC ») en vertu de l’Accord de coopération signé entre le SG/OEA et la Communauté des Caraïbes le 22 octobre 2010;
    Que le 13 décembre 2010, le Président de la République d’Haïti, l’Honorable René Préval, a demandé à l’OEA d’envoyer une mission d’experts dont les objectifs sont établis ci-dessous (la « Mission »). Le Secrétaire général de l’Organisation des États Américains (« OEA »), José Miguel Insulza, a accédé à la demande le 15 décembre 2010, selon les conditions établies ci-dessous;
    Que le 17 décembre 2010, lors d’une réunion avec le Secrétaire général adjoint de l’OEA, l’Ambassadeur Albert R. Ramdin, le Président de la République d’Haïti et le Directeur général du CEP, Pierre-Louis Opont, ont indiqué que l’accès de la Mission à tous les documents, au matériel et à toute autre information demandée par la Mission pour réaliser sa tâche ne serait pas limité,

    DÉCIDENT:

    1. Que l’Accord P&I et l’Accord d’observation doivent tous deux demeurer en vigueur selon les conditions qu’ils contiennent, et le présent Accord doit être interprété de façon conséquente avec ces Accords.

    2. La Mission sera composée d’experts en droit, en statistique, en technologie électorale et en technologie de l’information (« Experts »), choisis par des membres du SG/OEA en consultation avec les gouvernements du Canada, de la France et des États-Unis d’Amérique. En tant que membres de la MOEC, ils jouiront de tous les privilèges et immunités conférés aux membres de la MOEC aux termes de l’Accord P&I et de l’Accord d’observation.

    3. Les objectifs de la Mission sont les suivants:

    • Réviser, dans la mesure que la Mission jugera appropriée, et à la lumière du droit et des normes applicables, les pratiques, procédures et procédés appliqués lors des élections présidentielles du 28 novembre 2010 en ce qui concerne les résultats de celle-ci;
    • Fournir au CEP, et rendre public immédiatement lorsqu’il est terminé, un rapport sur les questions révisées en vertu du paragraphe 3 a ci-dessus, y compris, sans toutefois s’y limiter, les conclusions concernant l’exactitude du processus de tabulation ainsi que tout ajustement le cas échéant pour rendre plus exacts les résultats tabulés, de même que les recommandations correspondantes;
    • Accroître la confiance du peuple haïtien dans le résultat final de l’élection du 28 novembre 2010.

    4. Pour atteindre ses objectifs, la Mission doit faire ce qui suit:

    • Examiner les feuilles contenant les résultats ou procès-verbaux (« PV ») des bureaux de scrutin et tout autre document électoral que la Mission jugera pertinent;
    • Réaliser des entrevues avec des chefs de partis politiques, des candidats à la présidence, des dirigeants d’organisations non gouvernementales qui ont participé au processus d’observation des élections, ainsi qu’avec d’autres intervenants importants dans le processus, choisis par la Mission;
    • Prendre toute mesure qu’elle juge nécessaire pour faire enquête.

    5. Le CEP garantira à la Mission un accès illimité à toute personne et lui fournira tous les documents, toute l’assistance et toute l’information qu’elle jugera utiles pour atteindre ses objectifs, y compris mais sans s’y limiter:

    • Tous les PV originaux, y compris ceux qui auront été rejetés pour les résultats préliminaires, la liste électorale partielle, les feuilles de dépouillement du scrutin/de comptage, et les déclarations d’irrégularités de chaque bureau de scrutin;
    • Une analyse statistique de tous les résultats pour identifier des anomalies dans ces résultats, y compris des échantillons spécifiques à des fins statistiques demandées par la Mission;
    • Toutes les comparaisons des PV avec les listes électorales partielles;
    • Tous les PV mis de côté ainsi que les documents d’appui (registre des électeurs /listes partielles, feuilles de dépouillement du scrutin/de comptage et PV d’irrégularités et d’incidents), y compris l’accès aux documents des bureaux de vote qui n’ont pas transmis de résultats le jour de l’élection;
    • Un accès illimité aux experts du Centre de tabulation des votes (CTV) et l’aide des experts et du personnel du CTV pour fournir les PV, ainsi qu’à toute autre personne ayant des connaissances relatives au processus électoral;
    • Une révision comparative des PV ainsi que des documents d’appui de chaque bureau de scrutin avec les résultats préliminaires publiés par le CEP.

    6. Le CEP fera tout ce qui est en son pouvoir pour obtenir de tous les partis politiques et de tous les candidats à la présidence pour la Mission, leurs copies carbone des PV, si disponibles, des divers bureaux de scrutin.

     

    75 Haïtiens arrivent sans visa à Paris

    Ils attendent depuis une semaine dans les aéroports parisiens d’être fixés sur leur sort.

    Par Europe1.fr avec AFP / Publié le 28 décembre 2010 à 21h40

    Haïti - France : 75 haïtiens arrêtés à l’aéroport d’Orly et Charles de GaulleIls disent fuir la misère ou les violences politiques. Des dizaines d’Haïtiens sont arrivés la semaine dernière en France sans visa, deux semaines avant le premier anniversaire du séisme qui a dévasté leur pays. Ils attendaient mardi dans les aéroports parisiens d’être fixés sur leur sort.

    « Il doit y avoir un organisateur »

    Ils sont au moins 75 à être arrivés, en deux vagues, jeudi et dimanche, à Orly et Roissy. Munis de simples visas de transit, ils ont été interpellés par la police aux frontières (PAF) et placés en zone d’attente. Leur arrivée « n’est pas spontanée, il doit y avoir un organisateur », estime une source préfectorale.

    A Bobigny et à Créteil, un juge des libertés et de la détention (JLD) a ordonné lundi la remise en liberté de 31 d’entre eux principalement parce qu’ils ont de la famille en France et disposent à ce titre de « garanties de représentation suffisantes ». A l’initiative du parquet de Créteil, quinze cas devraient être réexaminés mercredi par la Cour d’appel de Paris. Le parquet de Bobigny, lui, n’a pas fait appel. La quarantaine d’autres Haïtiens, arrivés dimanche, devraient être présentés jeudi à un JLD, selon une source judiciaire.

    « La France, c’est le seul moyen de sauver ma vie »

    A Haïti, « il y a le problème de la misère, de la faim, une crise politique. Le pays est bouleversé (…) La France, c’est le seul moyen de sauver ma vie », dit par téléphone Marie-Gerda, 24 ans, retenue depuis jeudi dans la zone d’attente d’Orly et dont le père réside en banlieue parisienne. « On vient en France parce qu’ici on peut nous comprendre, parce qu’il y a beaucoup de Français qui nous aident en Haïti et qui savent ce qu’est vraiment la situation là-bas », confie Erline, également retenue à Orly.

    Face à cette situation, le Réseau éducation sans frontières (RESF) s’est empressé de dénoncer une « injustice » en rappelant que près de 200 enfants haïtiens adoptés avaient, eux, été accueillis en grande pompe en France la semaine dernière. RESF estime également que l’engagement pris au lendemain du drame de faciliter le regroupement familial des Haïtiens en France n’a pas été respecté par le gouvernement.

     

    Renforcement de la capacité institutionnelle du gouvernement haïtien
    HAITI LIBRE – 28/12/2010 12:11:12

    Haïti - CARICOM : Renforcement de la capacité institutionnelle du gouvernement haïtienDes fonctionnaires de la CARICOM (Caribbean Community) se réuniront avec leurs homologues haïtiens les 5, 6 et 7 janvier prochain en vue d’élaborer des propositions à soumettre à la Commission intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH) en accord avec le Premier ministre haïtien Jean Max Bellerive.
    Cette réunion permettra également de discuter et de finaliser d’autres dispositions visant à renforcer la capacité institutionnelle du gouvernement haïtien. L’initiative prévoit également d’ajouter à cette rencontre, des représentants du secteur privé et de la diaspora haïtienne. Des experts en administration publique et en politique budgétaire feront aussi partie du groupe de spécialistes qui travailleront directement avec le gouvernement haïtien.
    Selon les organisateurs, l’amélioration des capacités institutionnelles en Haïti était une idée promue par l’ancien Premier ministre jamaïcain Percival Patterson, au cours d’une récente visite en Haïti avec le chef du gouvernement. Les deux parties avaient conclu un accord pour réviser le plan national de relance et de développement en Haïti.
    Grâce à la CIRH, la CARICOM entend mettre en œuvre rapidement des projets prioritaires pour l’administration d’Haïti. La CARICOM offrira également du personnel qualifié pour mettre au point un ordre du jour par ordre de pertinence.

     

    110 haïtiens boursiers feront leurs études au Bénin
    HAITI LIBRE – 28/12/2010 08:20:08

    Haïti - Bénin : 110 haïtiens boursiers feront leurs études au BéninAprès le Sénégal et ses 163 boursiers, c’est au tour du Bénin d’ouvrir les portes de ses universités à 110 jeunes haïtiens. Le Bénin avait proposé en septembre dernier d’accueillir des étudiant boursier dans ses universités. Toutefois cet accord a pris du temps à se concrétiser en raison de certains antécédents dans les affaires de bourses entre les deux pays.
    « En arrivant au ministère en 2008, nous avons découvert qu’une vingtaine de jeunes boursiers du ministère des Sports au Bénin se trouvaient dans une situation difficile et une quinzaine d’autres étaient abandonnés à eux-mêmes sans pouvoir étudier. On ne pouvait rien réclamer de l’Etat du Bénin vu qu’aucun accord ne nous liait sur les conditions de l’octroi de ces bourses » a fait savoir le Ministre des Sports, Evans Lescouflair. « Nous avons exigé que le gouvernement du Bénin s’engage dans un accord entre l’État du Bénin et l’Etat haïtien qui précise les conditions dans lesquelles seront reçus, formés, nourris et logés les ressortissants haïtiens par le biais du ministère des Affaires étrangères avant d’accepter ces bourses. »
    

Le Bénin a répondu officiellement et positivement a ces exigences en signant un accord avec l’État haïtien pour recevoir, héberger, et offrir à 110 jeunes haïtiens le cadre nécessaire à leur formation supérieure :

    • Sciences administratives (Marketing et Management des Organisations, Planification, Gestion des transports et logistiques)
    • Sciences Economiques et Financières (Economie et Finance Internationale, Analyse et politiques économiques)
    • Sciences Biologiques et Environnementales (17 filières)
    • Sciences humaines et sociales ( Journalisme, Economie et vulgarisation rurale)
    • Sciences et Techniques (Sciences et Techniques de l’information, informatique et gestion statistique, génie informatique et télécommunication).

    Les inscriptions pour les bourses du Bénin ont eu lieu du 16 au 21 décembre 2010 le concours d’admission le 23 décembre. Les 110 jeunes qui seront sélectionnés devraient quitter Haïti entre le 3 et le 6 janvier prochain à destination du Bénin pour entamer leurs études universitaires.

     

    Haïti – Épidémie : Don d’une usine de traitement de l’eau
    HAITI LIBRE – 28/12/2010 11:26:50

    Haïti - Épidémie : Don d’une usine de traitement de l’eauLes ONG Pharmaciens Sans Frontières (PSF) et Enfants Sans Frontières finalisent l’envoi en Haïti d’une usine de traitement d’eau d’une capacité de 150.000 litres d’eau par jour, ce qui permettra de répondre aux besoins de 10.000 personnes.
    Comme l’a signalé hier PSF, assurer l’accès à l’eau potable, grâce à l’installation d’une usine de traitement de l’eau, est l’une des mesures les plus efficaces pour prévenir la propagation du choléra. Outre l’installation de l’usine de traitement de l’eau, PSF en collaboration avec l’Agence Espagnole de Coopération Internationale (AECI) enverra sérums, gels, désinfectants et de matériel pour administrer par intraveineuse du sérum aux patients.
    La mise en œuvre de ce projet a été rendue possible grâce à des fonds collectés au cours d’une campagne menée après le séisme de janvier dernier, impliquant de nombreuses institutions du secteur pharmaceutique, des écoles, des pharmacies de détails et des universités.

     

    Haïti – Santé : Fidel Castro, 12 ans de collaboration cubaine
    HAITI LIBRE – 28/12/2010 09:56:09

    Haïti - Santé : Fidel Castro, 12 ans de collaboration cubaineFidel Castro, le leader de la Révolution cubaine, lors d’une de ses réflexions à la presse, a retracé l’histoire de la coopération médicale entre Cuba et Haïti.
    Il a rappelé qu’à la fin des années 90, après la fin de la dictature de Duvalier et des Tontons Macoutes « imposé depuis des décennies par les États-Unis » et la mise en place d’un gouvernement élu par le peuple d’Haïti, Cuba avait envoyé 100 médecins exercer dans ce pays [4 décembre 1998]. Le premier contingent de jeunes diplômés haïtiens de l’école secondaire, a été envoyé à Cuba pour commencer leurs études de médecine en 1999.
    « En 2001, nous avons initié une collaboration avec l’Université de médecine créée par le président Jean-Bertrand Aristide, et nous avons envoyé des professeurs qui ont également travaillé comme médecin au service du peuple haïtien. Quand les yankees ont organisé un coup d’État, l’école de médecine a été transformée en caserne. Environ 270 étudiants et leurs professeurs sont retourné à Cuba poursuivirent leurs études »
    Durant cette période, rappelle le leader révolutionnaire, « la mission médicale cubaine a continué a offrir ses services humanitaires en Haïti, malgré les problèmes politiques internes du pays sous l’occupation des puschistes, des troupes yankees ou des forces de la Minustah ».
    En août 2005, les 128 premiers étudiants haïtiens de sixième année de médecine, sont rentrés chez eux pour pratiquer aux côtés des médecins cubains et servir en Haïti.
    Depuis la seconde moitié de 2006 jusqu’à la seconde moitié de 2010, 625 jeunes médecins haïtiens ont été diplômés à Cuba. Parmi ceux-ci, 240 travaillent dans les établissements médicaux du gouvernement d’Haïti, 125 sont aujourd’hui engagé dans la lutte contre le choléra, dans des Centres de Traitement du Choléra (CTC) ou dans des communautés en collaboration avec des médecins cubains et des diplômés de l’École latino-américaine de médecine de La Havane (ELAM). 72 travaillent dans des centres médicaux d’ONG, 20 dans des «Centres mixtes» et 41 poursuivent des études pour une seconde spécialité médicale à Cuba. 14 étudiants diplômé n’ont pas exercé la médecine en raison de problèmes personnels, de grossesses et de maternité, 4 autres pour des raisons inconnues et 1 est décédé.
    109 médecins, travaillent aujourd’hui à l’étranger, principalement en Espagne, aux États-Unis, au Canada, et en France, 1 en Suisse et 4 en Amérique latine. Fidel Castro a tenu à préciser « qu’il ne serait pas correct de porter un jugement sur le choix de ces jeunes médecins haïtiens, parce que leur pays est très pauvre et qu’il manque de ressources et d’emplois, et qu’aucun n’a refusé de servir son pays » Mais comme le rappelle le Leader révolutionnaire cubain, « les médecins formés à Cuba sont très recherché ».

     

    Haïti-2010 : Sombre panorama social

    Par Gotson Pierre, Pour AlterPresse et America Latina en Movimiento *,   mardi 28 décembre 2010

    P-au-P., 28 déc. 2010 [AlterPresse / Alai] — Le panorama social s’est assombri durant les derniers mois en Haiti où les effets du tremblement de terre dévastateur du 12 janvier 2010 se conjuguent à des faiblesses récurrentes en matière de services sociaux de base et l’absence d’une politique adéquate pour faire face à la situation.

    L’exclusion s’est accrue avec les difficultés d’accès notamment à la santé, au logement, à l’éducation, au travail et à l’alimentation, soit comme conséquence directe du tremblement de terre, soit à cause de déficiences du système en place.

    Un malheur de plus

    L’épidémie de choléra qui s’est déclenchée dans le pays à la mi-octobre a mis à nu l’incurie des équipes successives qui ont eu les rennes du pouvoir durant plusieurs dizaines d’années.

    La maladie, apparue dans le Plateau Central (est), s’est rapidement propagée dans les 10 départements faisant, suivant les chiffres officiels de la mi-décembre, plus de 2600 morts, alors qu’environ 115.000 personnes ont été contaminées.

    Une polémique persiste sur l’origine de la maladie et le contingent népalais de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haiti (MINUSTAH) est mis en cause par la population. Les militaires du Népal, qui a connu des poussées de choléra, sont soupçonnés d’avoir déversé des matières fécales dans un fleuve qui traverse la région où les premiers cas ont apparu.

    Au-delà des responsabilités à fixer dans cette question fondamentale, ce qui saute aux yeux c’est l’abandon dont est victime la majeure partie de la population, qui vit dans l’insalubrité la plus totale, sans accès à l’eau potable et à des latrines.

    Des opérations d’urgence ont été mises en œuvre afin de distribuer de l’eau, du chlore, des médicaments et des sacs mortuaires dans plusieurs régions, tandis que des campagnes de sensibilisation de la population au respect des principes d’hygiène ont été initiées à la va-vite.

    Très rapidement, les autorités locales ont été complètement dépassées et structures d’ONG ou de la coopération internationale se sont empressées d’étendre leurs services d’urgence dans les régions les plus touchées, au moment où l’on craint 400.000 cas d’infection dans les prochains mois.

    Des facteurs aggravants de cette situation ne pourront certainement pas être adressés à court terme, notamment en ce qui concerne les besoins en eau potable, assainissement et hygiène.

    Des estimations disponibles font savoir que seulement 41 % des 10 millions d’Haïtiens a accès à des latrines dans leurs résidences et 51 % à l’eau potable. Dans les zones rurales dépourvues d’infrastructures collectives, moins de 5 % de la population bénéficie de l’assainissement.

    Dans les régions éloignées des villes, dans les bidonvilles de la capitale et des grandes agglomérations, beaucoup de personnes sont mortes sans avoir pu atteindre un poste de santé. La situation a pris une telle proportion dans des régions comme la Grand Anse (Sud ouest) ou le Plateau Central, des franges de la population en viennent à lier le choléra à la sorcellerie. Une vingtaine de personnes accusées de semer une « poudre magique » de choléra a été lynchée.

    Elites insouciantes

    La propagation du choléra ne peut nullement être vue comme une conséquence du tremblement de terres, qui a fait craindre le déclenchement de vagues d’épidémie dans les régions directement touchées où la promiscuité s’est accrue.

    1,5 millions de personnes se sont réfugiées sous des tentes de fortune dans 1300 camps improvisés au lendemain du tremblement de terre. La plupart y sont toujours sans aucun espoir d’accéder à un logement à moyen terme.

    Cette réalité a quasiment surpris les élites haïtiennes, alors que depuis longtemps aucune politique de logement n’a été mise en œuvre, livrant le secteur de la construction à l’anarchie.

    Résultat : 81% de l’espace bâti dans le pays, avant le séisme du 12 janvier 2010, était des structures fragiles mises en place en dehors des normes, alors qu’avec l’exode rural la pression s’est accrue sur les villes. 72% des habitants de la capitale sont arrivés à Port-au-Prince après 1995, indiquent les experts, qui soulignent que plus des ¾ des 2 millions d’habitants de la capitale sont des sans-abri.

    Selon le premier ministre Bellerive, il faudrait 5 milliards de dollars pour offrir à tous ces sinistrés un meilleur abri que des tentes ou des bâches. Mais, ce que souhaitent les sans-abri, c’est plutôt un plan de relogement, qui n’existe toujours pas.

    Entre irresponsabilité de l’État et menaces d’expulsion qui affectent environ 17% des camps, des centaines de sans-abri ont à maintes reprises manifesté devant les bureaux du premier ministre pour réclamer des logements décents, en vertu des droits constitutionnels que leur confère la constitution haïtienne.

    La question du relogement fait partie de celles qui ont été confiées à des ONG à travers un « Cluster », suivant la formule de l’ONU. Les bailleurs de fonds ont promis de consacrer US$240 millions de dollars à la construction de plus de 100.000 abris transitoires, dont à peine le quart a été construit en un an.

    Droits sociaux ignorés

    Entretemps, les populations sinistrées demeurent vulnérables aux intempéries et leurs droits sociaux sont ignorés dans un contexte où ces derniers n’ont jamais été véritablement pris en compte.

    Les alertes se multiplient sur les risques encourus par les populations démunies de voir s’aggraver par exemple l’insécurité alimentaire qui les frappe. Déjà depuis des années on constatait « un déficit quantitatif et qualitatif dans l’alimentation de la plupart des individus. La majorité des produits de consommation tels le maïs, le riz, le haricot, le sucre, les légumes, le fromage, les fruits, la viande de bœuf ou de chèvre, le poisson, le lait, ne sont pas accessibles aux petites bourses en raison de leur coût élevé sur le marché », selon la Plateforme des Organisations Haïtiennes de Défense des Droits Humains (POHDH).

    Pourtant la situation économique s’est encore aggravée après le 12 janvier, privant des milliers de personnes d’un emploi ou d’une activité quelconque qui leur permettait de subvenir à leurs besoins. Les pertes causées par le séisme sont estimées à plus de sept milliards de dollars au niveau des secteurs productifs, dont 70 % dans le secteur privé et 30 % dans le secteur public. 30 % des emplois disponibles avant le 12 janvier ont été perdus.

    Les familles ont cependant consenti des efforts surhumains pour envoyer leurs enfants à l’école, même si le nombre d’enfants oisifs s’est accru avec la destruction de 4200 écoles, dont des établissements publics. Aujourd’hui, 500 000 enfants ne sont pas scolarisés, selon les chiffres officiels du ministère de l’éducation nationale, tandis que 80% de l’offre scolaire est aux mains du secteur privé.

    Cette réalité a provoqué en octobre dernier la colère de centaines d’élèves et d’enseignants non rémunérés depuis deux ans, qui ont crié leur désarroi devant le ministère de l’éducation nationale. Ces mobilisations se sont soldées par un mort, le normalien Jean Philibert Louis, 35 ans, décédé des suites de ses blessures après avoir été atteint d’un projectile tiré par la police.

    A cette occasion, les parents ont encore dénoncé le gouvernement qui refuse de promulguer une loi en faveur de la réduction des frais scolaires, votée au parlement dans l’objectif de diminuer les charges annuelles consenties par les familles en Haïti. [gp apr 28/12/2010 07 :00]

    ………………

    * Mensuel de l’Agence latino-américaine d’information (ALAI)

    REVUE DE LA PRESSE – Lundi 27 déc. 2010

    27 Déc

    Haïti – Épidémie : La descente aux enfers ?
    HAITI LIBRE – 27/12/2010 13:02:51

    Haïti - Épidémie : La descente aux enfers ?Dernier Bilan choléra : Depuis que l’épidémie de choléra a fait son apparition dans le pays (19 octobre 2010), 128.251 personnes ont été infectées et traitées, 68,764 personnes ont dû être hospitalisées et 2,707 personnes sont décédées. Selon le dernier bilan du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), daté du 18 décembre 2010.
    Entre le bilan publié le 17 décembre et celui du 18 décembre par le MSPP :
    Le nombre de personnes infectées à augmentées de + 6,733 cas (1 cas toutes les 12 secondes)
    Le nombre de personnes hospitalisées de + 5,328 (une toutes les 17 secondes)
    Le nombre de décès de + 116 (1 décès toutea les 12 minutes 24 secondes)
    Entre ces deux jours le bilan explose (entre le 17 et 18 + 6733 cas) comparé aux jours précédents :
    entre le 16 et le 17 : + 1,755
    entre le 15 et le 16 : + 2,183
    entre le 14 et le 15 : + 3,083
    On peut expliquer partiellement cette hausse importante par :
    L’ajustement des chiffres de Grand’Anse qui entre le 17 et le 18 décembre sont passés de 1,161 à 2,986 cas (+ 1,825 cas + 287%) données toujours incomplètes d’après le bilan du ministère.
    Ceux de Port-au-Prince entre le 17 et le 18 décembre qui sont passés de 19,585 à 20,853 cas (+ 1,268 cas)
    Notez que cette augmentation pour cette période est très anormale puisqu’elle est 36 fois supérieure à l’écart des chiffres de la veille
    entre le 17 et le 18 : + 1,268
    entre le 16 et le 17 : + 35
    entre le 15 et le 16 : + 69
    Rappelons que ces chiffres reflètent une situation datant de 9 jours… Espérons qu’il s’agit d’ajustements et non pas d’une nouvelle tendance, ce que nous vérifierons dès que le MSPP aura rendu disponible des bilans plus récent.
    Enfants (chiffres cumulatif) :
    Depuis le début de l’épidémie et selon le dernier bilan en date du 18 décembre :
    9.56 % des personnes infectées était des enfants de moins de 5 ans
    7.74% des personnes hospitalisées était des enfants de moins de 5 ans
    6.64 % des personnes décédées était des enfants de moins de 5 ans
    Ce pourcentage est malheureusement, inférieur à la réalité, mais le MSPP ne permet pas d’en connaître le nombre distinct, puisque le Ministère assimile les enfants de plus de 5 ans aux adultes.
    Notez que ces chiffres sont largement sous-estimé par le gouvernement, d’après les experts de la santé de l’ONU qui estime que le bilan pourrait être le double des chiffres publiés.

     

    Jean-Max Bellerive critique et défend son gouvernement
    HAITI LIBRE – 27/12/2010 10:00:34

    Haïti - Reconstruction : Jean-Max Bellerive critique et défend son gouvernementJean-Max Bellerive, le Premier ministre d’Haïti, a critiqué ce lundi, sur les ondes de la BBC, la communauté internationale, qui ne permet pas à son pays de jouer un rôle plus important dans sa propre reconstruction. Il a dit que son gouvernement avait trop peu d’influence, parce que l’argent de l’aide était majoritairement acheminée par des organismes externes. Précisant qu’il est nécessaire d’avoir plus de contrôle sur les organisations non-gouvernementales (ONG). « Soyons clair, je n’ai rien contre les ONG, nous en avons besoin. Ce dont nous avons besoin c’est d’avoir le contrôle sur ce qu’ils font dans mon pays, où ils le font, avec qui ils le font, et à quel prix ».
    Il a rappelé que seulement 20% de l’aide promise par les bailleurs de fonds, pour la première année, [moins de 1 milliard de dollars ] ont été reçu à ce jour, que les changements dans la vie des haïtiens n’étaient pas visibles et que 1.5 millions d’haïtiens vivaient toujours dans des camps.
    Il a déploré que l’on tienne pour responsable, l’exécutif, des lenteurs de la reconstruction, compte tenu de la situation, et que l’on accuse son gouvernement de corruption sur de l’argent qu’il n’a jamais reçu.
    Il a souligné que suite aux troubles sociaux qui ont suivi la publication des résultats préliminaires du premier tour des élections présidentielles du 28 novembre, il y a aux yeux de la communauté internationale, un manque de crédibilité du gouvernement haïtien « quel que soit le prochain président, la prochaine législature, aura un problème de crédibilité à résoudre. » a affirmé le Premier Ministre.

     

    Le Gouvernement interdit de consommer le poisson du lac Azuéi
    HAITI LIBRE – 27/12/2010 10:14:52

    Haïti - Environnement : Le Gouvernement interdit de consommer le poisson du lac AzuéiDans un communiqué qui vient d’être publié, le gouvernement haïtien demandent  à la population  des régions de Ganthier et de Fond Parisien, d’éviter de consommer jusqu’à nouvel ordre l’eau du lac et les  poissons retrouvés morts sur les berges en provenance de cette zone du lac Azuei. Le Gouvernement exhorte les populations des zones avoisinantes à des consignes de prudence et de vigilance en cas d’extension éventuelle du phénomène.
    « Depuis le 24 décembre  2010, il a été constaté la mort d’une quantité anormale  de poissons au niveau du lac Azuei, plus précisément dans les zones de Fond Parisien et Malpasse. Alertées par les structures de Protection Civile et les autorités locales,  des  missions techniques des Ministères de l’Environnement et de l’Agriculture  ont effectué  des prélèvements d’échantillons d’eau et de poissons morts dans les zones de Fond Parisien et Malpasse. Les  analyses sont en cours en vue de déterminer les causes exactes de ces cas de mortalité. Des mesures de protection ont été établies depuis le 24 décembre avec les autorités communales avec l’appui du niveau départemental de l’Ouest et du niveau central du Gouvernement. La situation pour le moment reste sous contrôle.
    Dans l’attente des résultats des analyses, les Ministères de l’Agriculture,  de l’Environnement  et de la Santé Publique ainsi que le Secrétariat permanent de Gestion des Risques et des Désastres demandent  à la population  des régions de Ganthier et de Fond Parisien, d’éviter de consommer jusqu’à nouvel ordre l’eau du lac et les  poissons retrouvés morts sur les berges en provenance de cette zone du lac Azuei. Le Gouvernement exhorte les populations des zones avoisinantes à des consignes de prudence et de vigilance en cas d’extension éventuelle du phénomène ».

    Ministère de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales

    Ministère de l’Agriculture des Ressources Naturelles et du Développement Rural

    Ministère de l’Environnement

    Ministère de la Santé Publique et de la Population

     

    Des poissons du lac Azuei retrouvés morts mystérieusement

    RADIO METROPOLE / Lundi, 27 décembre 2010 12:57

    Haïti - Environnement : Des dizaines de poissons morts mystérieusement dans le lac AzuéiPlusieurs milliers de poissons morts, ont été retrouvés sur le rivage du lac Azuei dans la zone de Ganthier, non loin de la frontière haitiano-dominicaine.
    Les habitants de la région estiment que la situation est préoccupante et demandes aux autorités de prendre des dispositions nécessaires pour pallier le problème.
    En réaction, le gouvernement se dit informé de la situation .Il invite la population à la prudence.
    Le secrétaire d’état à la production animale annonce des dispositions sont déjà prises par le gouvernement en vue d’éviter toute dégénérescence de cette situation.
    Il a fait remarquer que des analyses sont en cours, afin de déterminer les causes de ce phénomène.
    Invité à la rubrique le point sur le cent point de radio Métropole le docteur Michel Chancy a indiqué que pour l’instant des spécimens sont analysés dans des laboratoires tant en Haïti qu’en République Dominicaine dans le but de faire la lumière sur ce dossier.
    Le pasteur Saintil Cineas, un habitant de la région se dit lui aussi inquiet par rapport à ce phénomène dont l’origine reste jusqu’à présent inconnue.
    En plus des poissons retrouvés morts, le religieux rapporte avoir entendu des informations faisant croire que des chiens et d’autres animaux qui consomment ces poissons sont également décédés après.

     

    L’OEA dans l’impossibilité de commencer sa mission
    HAITI LIBRE – 27/12/2010 06:46:46

    Haïti - Élections : L’OEA dans l’impossibilité de commencer sa missionGaillot Dorsinvil, le Président du Conseil Électoral Provisoire (CEP), avait annoncé la semaine dernière, que la mission de l’Organisation des États Américains (OEA), chargée des vérifications du scrutin du 28 novembre, allait conduire ses travaux du 27 au 30 décembre 2010… Une fois de plus, le calendrier ne sera pas respecté.
    Annoncé pour lundi, le début de la mission est reporté à une date indéterminée…
    Albert Ramdin, le Secrétaire Général adjoint de l’OEA, a fait savoir hier dimanche, que les termes de la mission « n’ont pas encore été déterminé pour l’instant […] tant qu’on ne s’est pas mis d’accord sur les termes de cette mission, nous n’enverrons pas nos experts. » Il a dit espéré que la mission puisse commencer sa tâche cette semaine, soulignant que le temps passait…
    Rappelons qu’a la demande du chef de l’État Haïtien René Préval, l’OEA a constitué une équipe internationale de six personnes (deux experts juridiques, deux experts électoraux, un statisticien et un spécialiste des technologies de l’information) leur mission : aider les autorités électorales dans la vérification des procès-verbaux et la phase de contentieux électoral. Pour le moment l’équipe, prête à partir pour Port-au-Prince, attend ses instructions…
    Albert Ramdin a précisé que l’envergure de cette mission, pourraient évoluer en fonction des termes du mandat, mais qu’il y aurait au minimum ces six experts « L’équipe de l’OEA va devoir vérifier le recomptage des procès-verbaux opérés par le CEP » a fait savoir le Secrétaire Général, « en dehors de cela, des recommandations seront faites, que les résultats reflètent ou non le comptage qui aura été fait. »
    À l’évidence, les termes de référence de cette mission, sont source de désaccord entre l’OEA et les autorités haïtiennes concernées, sur ce qui doit être recompté et vérifié. Depuis une semaine, l’OEA «discute» ces fameux termes et rien n’avance…

     

    Funérailles émouvantes de l’ex-première femme députée de Gros-Morne, Gérandale Thélusma, tuée dans un accident de la circulation

    Ses proches mettent en doute la thèse de l’accident/Au nombre des personnalités présentes, le candidat à la présidence du parti officiel, Jude Célestin

    Radio Kiskeya / lundi 27 décembre 2010

    Les funérailles de l’ex-députée de Gros-Morne (Artibonite, Nord) tuée le 20 décembre dernier dans un accident de la circulation sur la route Nationale No 1, ont été chantées dimanche dans sa ville natale en présence d’une foule nombreuse composée de parents, d’amis, de parlementaires, de membres du gouvernement, de responsables politiques et de représentants de certaines organisations de la société civile.

    L’émotion se lisait sur tous les visages. Certains des proches de la défunte, tombés en syncope ou victimes de convulsions dues à l’hystérie collective, ont dû être évacués. La mère de la défunte, Mme Renette Thélusma, drapée dans sa dignité, a tenté à maintes reprises de calmer l’assistance afin de permettre le déroulement de la cérémonie religieuse à la Chapelle catholique de Gros-Morne. A l’issue de celle-ci, Mme Thélusma a soulevé des doutes sur les circonstances réelles de l’accident ayant causé la mort tragique de sa fille unique, rappelant en ce sens l’attaque contre sa résidence dans la nuit du 6 au 7 décembre derniers.

    Mettant pour sa part l’accent sur les bonnes qualités de Gérandale Thélusma, un de ses cousins, Christian Bellemare, a pointé du doigt le parti « Haiti en Action » (sigle créole AAA) auquel appartient le rival de l’ex-députée aux élections législatives du 28 novembre dernier, Fritz Chéry. Il soutient que des graffitis annonçaient sur les murs de la ville la fin tragique de Gérandale, mais que ses proches refusaient d’y croire.

    Il a d’autre part souligné le fait que de nombreux jeunes de Gros-Morne peuvent désormais ne pas poursuivre leurs études, Gérandale Thélusma ayant été en ce sens leur principal soutien.

    L’homélie de circonstance a été prononcée par le père Joseph Telcin qui, parlant de la véritable signification de la mort du point de vue théologique, en a profité pour rappeler l’engagement de la députée Thélusma en faveur de la paix, de la justice et de la vérité.

    L’ancien président de la Chambre des députés, Louisjeune Levaillant, était à la tête d’une forte délégation d’ex-députés de la 48ème Législature (2006-2010) et de membres du personnel administratif du Parlement haitien. Réélu au 1er tour pour la circonscription de Desdunes (Artibonite), selon les résultats préliminaires des élections controversées du 28 novembre dernier, Louisjeune Levaillant a promis que tout sera fait pour que la Loi sur la paternité responsable, pour laquelle la défunte avait combattu, porte son nom.

    Membre de la direction du Mouvement Chrétien pour le Renouveau d’Haïti (MOCHRENHA), le pasteur Sadrac Dieudonné a estimé que la brutale disparition de Mme Thélusma laisse un vide qui sera difficile à combler au sein de ce parti. Il a réclamé justice pour Gérandale, mettant l’accent sur le fait que des gens contre qui des mandats d’amener n’ont pas été exécutés, continuent de proférer des menaces contre des membres de ce parti dans le département de l’Artibonite

    La représentante de « Femmes en démocratie », l’ex-ministre du Commerce et de l’Industrie, Danielle Saint-Lot, propose l’élaboration d’un « agenda Gérandale Thélusma » par les femmes qui feront bientôt partie de la 49ème Législature. Elle a souligné l’intérêt dont a fait montre pour sa communauté la première femme députée de Gros-Morne. Danielle Saint-Lot relève en ce sens un projet de Lycée et celui de la création d’un système de maternité devant permettre les accouchements sans difficulté. Elle a exhorté les autorités présentes à la cérémonie à s’efforcer à donner suite à de tels projets.

    Au nombre des officiels et des représentants de divers secteurs présents à la cérémonie on pouvait distinguer : le ministre de l’Intérieur et des Collectivités territoriales, Paul Antoine Bien-Aimé ; le ministre à la Condition féminine et aux Droits de la femme, Marjorie Michel ; le ministre de l’Agriculture, Joanas Gué ; les sénateurs de l’Artibonite Youri Latortue et Willy Jean-Baptiste, tous deux membres de AAA ; l’ex-député Jean Beauvoir Dorson et le candidat à la présidence de la plateforme officielle INITE, Jude Célestin.

    Après la cérémonie, une foule nombreuse escortée par des agents de la police nationale et des casques bleus de l’ONU, a accompagné Gérandale Thélusma jusqu’à sa dernière demeure, au cimetière de la ville.

     

    24 agents de la PNH formés en Colombie
    HAITI LIBRE – 27/12/2010 14:16:55

    Haïti - Police : 24 agents de la PNH formés en Colombie24 agents de la Police Nationale d’Haiti sont de retour en Haïti, après avoir participé en Colombie, à une formation financée par le gouvernement des Etats-Unis sur le Kidnapping et le trafic de la drogue. 
    Cette formation qui a été rendue possible grâce aux ambassades américaines de Port-au-Prince et de Colombie et organisée par la Police Nationale de Colombie, à leur centre de formation situé dans la jungle, est le début de ce qui s’annonce un modèle de formation régionale à long-terme.  Cette formation souligne l’engagement des Etats-Unis à renforcer la capacité de la Police Nationale à travers des opportunités de formations innovatrices. 
    Ce même groupe de policiers devrait retourner en Colombie en 2011 pour une deuxième phase qui mettra l’accent sur les opérations et la planification urbaines pour le contrôle de troubles civiles.

     

    Première mission du Paraguay en Haïti
    HAITI LIBRE – 27/12/2010 15:44:34

    Haïti - Humanitaire : Première mission du Paraguay en HaïtiUn contingent paraguayen est arrivé en Haïti peu avant Noël pour participer à la reconstruction du pays, dans le cadre de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah). C’est la première mission d’aide humanitaire que déploie le Paraguay dans un pays étranger.
    Composé de cinq officiers supérieurs, 15 subalternes et 80 sous-officiers, ces hommes ont été formés pendant 3 ans au Centre d’entrainement conjoint des opérations de la Paix. Avant de partir, Lorenzo Jimenez, le représentant de l’ONU au Paraguay, a remis le drapeau de l’organisation mondiale au commandant de la compagnie.
    Ce contingent de la Marine et de l’armée de l’air paraguayenne, équipés de camions, d’excavatrices et de tracteurs, effectuera des travaux de constructions de routes, de logements et de forages de puits et de purification de l’eau.
    Rappelons qu’un mois après le séisme de janvier dernier, le Paraguay avait créé une commission permanente pour évaluer les besoins d’Haïti et fournir une assistance pour le développement dans quatre domaines spécifiques: Travaux publics, santé, assainissement et l’agriculture.

     

    Derrière l’épidémie de choléra
    Haiti-Choléra/Recontruction : Une situation d’extrême urgence

    Enquête dans le cadre du partenariat médiatique « Ayiti Je Kale »*, dont AlterPresse fait partie

    P-au-P., 27 déc. 2010 [Ayiti Kale Je / AlterPresse] — Chaque 30 minutes, une personne meurt du choléra en Haïti.

    Au cours des six premières semaines de l’épidémie, plus de 2000 personnes, et probablement beaucoup plus, ont succombé au choléra. Quelque 100 000 personnes ont atteint les hôpitaux, mais d’innombrables autres n’y sont jamais parvenues en raison de la dévastation des routes et du manque de centres de soins adéquats. Le 17 décembre, le nombre officiel de morts s’élève à 2.535, avec un taux de mortalité de 2 pour cent.

    Mais dans la Grande Anse, dans les premières deux semaines de décembre, la fatalité est plus proche de 12 pour cent. On transporte les malades sur des planches de contreplaqué, pendant parfois quatre heures, tandis que la diarrhée et la vomissure éclaboussent les transporteurs et dégoulinent dans leurs sillages, infectant de nouvelles communautés.

    Près de la capitale, il y a une géante « piscine d’excreta » de la périphérie nord de la capitale, qui contient des milliers de litres d’excréments, certains probablement infectés par le choléra. La fosse est située à 2 kilometres de la Baie de Port-au-Prince, et au-dessus de la nappe phréatique de la Plaine du Cul de Sac.

    Plusieurs médias ont déjà couvert l’éclosion du choléra.

    Ils ont enquêté sur l’origine du choléra en Haïti. Ils ont fait état des « ravages » de l’épidémie dans le pays et réalisé d’innombrables articles sur les élections, les manifestations et autres sujets d’actualité « au temps du choléra », dans un pays « occupé » et « sinistré ».

    Les articles sont surmontés de titres truffés d’adjectifs et se réfèrent à un pays « ravagé par le séisme » et « dévasté par le choléra ».

    En utilisant la voix passive, on donne l’impression que ces catastrophes arrivent naturellement, comme la foudre. Mais c’est faux.

    Les Haïtiens ne courent pas tous les mêmes risques. Le choléra est une maladie des pauvres, des sans-voix. Une maladie des pauvres des pays pauvres. Le choléra se propage dans les conditions d’insalubrité, là où l’eau manque et où les systèmes de santé sont insuffisants.

    Si l’on comprend maintenant que le Vibrio cholera est arrivé en Haïti avec les Casques Bleus et qu’on peut en limiter les ravages avec un accès à de l’eau potable et des installations sanitaires, avec un bon système de santé, une bonne hygiène et des vaccins, on comprend moins bien comment réunir toutes ces conditions avant que des milliers de personnes succombent à la maladie.

    Et même si on parvient à vaincre le choléra, des douzaines d’autres maladies véhiculées par l’eau menacent Haïti.

    Selon l’Organisation mondiale de la santé, 1,4 million de personnes meurent annuellement de maladies hydriques – soit quatre personnes par minute – principalement en raison du manque ou de la mauvaise qualité de l’eau et des installations sanitaires. [akj apr 27/12/2010 16:30]

    ………………

    * « Ayiti Kale Je » (http://www.ayitikaleje.org/) est une initiative de partenariat médiatique en vue d’assurer des investigations journalistiques sur la reconstruction d’Haïti suite au séisme dévastateur qui a frappé le pays et fait 300.000 morts et autant de blessés.

    Le Groupe Médialternatif est un des partenaires de cette initiative, à travers son agence multimédia AlterPresse (http://www.alterpresse.org/), avec la Société pour l’Animation de la Communication Sociale (SAKS – http://www.saks-haiti.org/). Deux réseaux participent également : le Réseau des Femmes Animatrices des Radios Communautaires Haïtiennes (REFRAKA) et l’Association des Médias Communautaires Haïtiens (AMEKA), qui est composé de stations de radios communautaires à travers le pays.

    (Source de la photo : http://goatpath.wordpress.com/

     

    Haiti-Cholera : Quelle place pour un vaccin ?

    ALTERPRESSE / lundi 27 décembre 2010

    Débat

    Par le docteur Bernard Liautaud *

    Le recours au vaccin contre le cholera en Haïti a été discuté très tôt au début de l’épidémie de choléra en Haïti par la Pan American Health Organization (PAHO) et des échos de ces discussions avaient été rapportés dans le New-York Times dès le 25 octobre 2010.

    Plus récemment le docteur Gérard Chevallier enquêtant en Haïti avec le professeur Renaud Piarroux et les autorités haïtiennes jugeait que l’épidémie est « inhabituelle et sévère ». Il soulignait que « Les notifications sont imparfaites, et qu’il il y a des zones où des personnes meurent et personne ne le sait ». (voir journal Le Monde du 21 novembre 2010).

    Beaucoup s’interrogent encore sur l’absence d’un programme de vaccination pouvant contribuer à prévenir l’extension d’une épidémie que l’OMS prédit catastrophique avec des centaines de milliers de victimes.

    Existence de vaccins efficaces :

    Des vaccins contre le cholera existent qui pourraient être utilisés en Haïti. Le mieux testé et le seul déjà validé par l’OMS est le Dukoral®. Il est constitué d’une part de Vibrio cholerae O1 (biotype classique et El Tor, serotypes Inaba et Ogawa tués) et de la sous-unité B de la toxine cholérique obtenue par recombinaison génétique. La souche isolée en Haïti est du serotype Ogawa, et donc couverte par le Dukoral. Trois essais cliniques ont établi l’efficacité de la protection à 85% et elle se maintient au-delà de 2 ans pour les adultes et les enfants de plus de 6 mois. Dukoral a été agréé dans 60 pays, et a été utilisé dans les camps de réfugiés de l’Indonésie, du Soudan, de l’Ouganda et dans les bidonvilles du Mozambique. Le vaccin se donne par voie orale en 2 prises espacées de 7 jours. Le fabriquant est SBL Vaccin AB. Ce vaccin offre l’intérêt d’une protection supplémentaire contre un agent très fréquent de diarrhée sévère, l’Escherichia coli entérotoxicogénique.

    Un autre vaccin oral le Sanchol® a été mis au point en Corée du Sud et il est produit en Inde par une filiale de Sanofi-Aventis, la Shanta Bioethics. Il est constitué de Vibrio cholerae O1 et ne protège pas contre E.coli. Utilisé au Vietnam ce vaccin se donne aussi par voie orale en 2 ou 3 prises et a une efficacité de 66%. Il est en attente de validation par l’OMS.

    Accès réaliste à la vaccination cholérique par les haïtiens ?

    Une question vient à l’esprit : pourquoi mettre au point des vaccins si c’est pour les garder en tiroirs ou les réserver aux seules organisations humanitaires capables de payer et ne pas les utiliser quand une épidémie se développe ?

    L’un des arguments pour ne pas lancer en octobre un programme en Haïti était qu’il était déjà trop tard pour une campagne de vaccination puisque la protection n’intervient, au mieux, que 3 semaines après le début de la vaccination. Deux autres arguments semblent avoir paralysé la PAHO : la lourdeur connue des campagnes de mobilisation vaccinale de masse et surtout, le prix « prohibitif » des vaccins : US$ 40,00 à 60,00 pour les 2 doses de Dukoral et US$ 1,00 à 2,00 pour le Sanchol. Selon le Dr Chevallier « Une campagne de vaccins nécessiterait d’importantes infrastructures et trois fois 12 millions de doses. Cela prendrait des mois avant d’avoir des résultats et retarderait la réponse sanitaire ». Il faudrait donc se replier sur le renforcement des mesures d’hygiène préventive et la prise en charge la plus précoce possible des patients déshydratés.

    Il est pourtant évident que le gigantesque déficit de sanitation en Haïti va persister pendant des années et que l’adduction d’eau potable dans les villages totalement négligés par les dirigeants d’Haïti ne sera pas comblée de sitôt. Les recommandations d’hygiène et d’utilisation du chlore pour désinfecter l’eau sont difficilement à portée des villages reculés dont la seule source d’eau potable et pour la toilette restera pour longtemps encore constituée par le cours d’eau du voisinage. Et si dans un camp de personnes déplacées dans le plateau central on ne dispose que de 200 latrines pour 51.000 personnes, cela signifie que ces camps relativement épargnés jusqu’ici restent à haut risque au moindre écart de gestion d’eau potable. De nombreuses contaminations continueront à se faire après la prise en charge en phase aigue des plus de 400.000 personnes qui vont être touchées selon la PAHO et la sanitation est une exigence nationale et un challenge surtout pour le futur.

    On est au prime abord choqué par le renoncement à un outil capable d’empêcher des décès massifs parce que cela serait trop coûteux. Mais ceux qui côtoient les décideurs de santé publique savent bien que des vaccins contre l’hépatite B ou contre la Typhoïde (autre épidémie attendue en Haïti, liée au péril fécal), les vaccins contre la méningite (redoutée dans les camps), voire encore les nouveaux vaccins contre le cancer du col ne sont pas à la portée de la majorité des pays à ressources limitées qui en auraient besoin.

    Mais voilà que des voix d’experts se lèvent en face du drame haïtien pour appeler à un assouplissement du dogme de la PAHO.

    D’abord trois experts, dans l’édition du 24 novembre 2010 du New England Medical Journal ont exprimé leurs regrets face à la non disponibilité des vaccins pour la population. Ils évoquent les bénéfices énormes qu’aurait offert la vaccination, y compris dans la prévention d’une extension aux bidonvilles de Santo Domingo et un apaisement de la tension à la frontière des 2 pays voisins. L’extension à d’autres pays fait que le cholera est déjà une préoccupation régionale et non plus uniquement haïtienne.

    Puis les études de la souche haïtienne du vibrion publiées le 9 décembre et le rapport d’enquête épidémiologique du Professeur Piarroux ont souligné le caractère explosif de l’épidémie haïtienne et l’hypervirulence de la souche importée d’Asie. Sous la pression, une réunion d’experts s’est tenue à Washington le 17 décembre sous les hospices de la PAHO et celle-ci envisage désormais de procéder à un essai de vaccination en Haïti vers mars et avril, car ils ont découvert que les stocks de vaccins Sanchol disponibles sont plus importants qu’on ne l’avait cru. Selon le Dr Ciro de Quadros de l’Institut Sabin de vaccination, à eux deux les fabricants actuels pourraient produire 2 à 3 millions de dose de vaccin contre le cholera par an.

    Pour des raisons logistiques incontournables et vu le retard pris il est donc impossible d’envisager dans l’immédiat une vaccination à grande échelle pour protéger les populations exposées. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il faudrait y renoncer pour les zones les plus à risques comme les bidonvilles. Contrairement au Sanchol, le Dukoral a déjà subi plusieurs essais cliniques et il est déjà agréé par l’OMS, faudra-t-il obligatoirement attendre les essais du Sanchol en Haïti pour une l’adoption d’un programme vaccinal ? On ne peut pas dire qu’une accélération de production soit hors de portée de l’industrie pharmaceutique après l’impressionnante démonstration de ses capacités de créer et produire massivement un nouveau vaccin contre le virus H1N1 responsable de la dernière épidémie de grippe….Question de coûts ? Certes, on se heurte à la brutale réalité économique d’une Haïti devenue totalement dépendante de l’aide externe. La responsabilité de militaires de l’ONU déplacés d’une zone d’épidémie vers Haïti et de possibles négligences de génie sanitaire ont été incriminés dans l’origine de l’explosion épidémique dans la Caraïbe. Une demande des autorités haïtiennes pour un engagement de l’Organisation dans un programme vaccinal pourrait avoir un accueil d’autant plus favorable que l’enquête ouverte par les Nations Unies elles-mêmes mettra du temps avant une conclusion ferme. Enfin seule une organisation d’envergure a la capacité de négocier à la baisse les prix des vaccins avec les fabriquants.

    Objectifs réalistes à court et moyen terme : Si la vaccination de masse reste problématique, rien n’empêche de se pencher sur des catégories particulièrement vulnérables qui devraient pouvoir bénéficier des stocks de vaccins déjà disponibles chez les fabricants.

    1. Les travailleurs de santé haïtiens et étrangers qui s’occupent des patients dans les Centres de Traitement du cholera (CTC) et qui sont malgré les précautions sanitaires plus exposés aux éclaboussures d’ excreta humains. Certains infectiologues considèrent que des contacts secondaires avec des patients en phase diarrhéique aigue pouvaient être infectants malgré un inoculum faible. Une telle contamination secondaire a probablement eu lieu pour le premier patient diarrhéique rapatrié d’Haïti en Martinique et trouvé porteur de cholera.

    2. Les personnes fragilisées par une autre pathologie apportant un risque supplémentaire d’évolution sévère : patients ayant une basse acidité gastrique soit pathologique soit entretenue par médicaments anti-acides, patients VIH et ceux atteints d’autres pathologies graves.

    3. Les personnes travaillant dans la restauration et dans la manipulation des aliments destinés à la commercialisation. La campagne erronée conduite contre la consommation des poissons et fruits de mer aura endommagé l’économie de plus de 300.000 familles vivant de la pêche en Haïti. Une fois bien cuits et non contaminés ensuite par de l’eau polluée ou par une personne porteuse de cholera, il n’y a pas plus de danger à consommer la viande que le poisson. Une vaccination prioritaire dans ces secteurs professionnels s’ajoutant à un resserrement des normes d’hygiène pourrait toutefois recréer la confiance des consommateurs et, en consultation au plus tôt avec les pays importateurs, prévenir d’éventuelles restrictions à l’exportation qui seraient catastrophiques.

    4. Les personnes contraintes de vivre de façon prolongée à plus de 3 heures des centres de soins du cholera

    Cela fait déjà beaucoup de candidats potentiels au vaccin… Il ne s’agit ici que de suggestions et de pistes non limitatives, la responsabilité et les choix relevant en dernière instance du MSPP. Mais on peut difficilement accepter que les vaccins contre un cholera qui tue ne restent accessibles qu’aux voyageurs, aux étrangers des organisations humanitaires ou encore aux missions diplomatiques et militaires en Haïti.

    * Membre fondateur du GHESKIO et des Centres GHESKIO
    Service des Maladies Infectieuses et Tropicales de Fort-de-France

     

    Point de vue

    Haïti : vers une solution constitutionnelle, consensuelle et haïtienne

    LEMONDE.FR | 27.12.10 | 09h34

    « Si l’on voit où les bonnes têtes ont mené la France, a écrit le comte de Mirabeau, il ne serait pas mauvais d’essayer les mauvaises. » Dans le cas d’Haïti, il sied d’inverser cette citation et se dire de préférence, si l’on voit où les mauvaises têtes, incluant la Minustah, ont mené ce pays, il serait temps d’essayer les bonnes. Pari fort risqué cependant que de croire qu’après une course bicentenaire vers le quai du désastre et de la tragédie, il serait encore possible de recruter une bonne tête parmi l’élite politique et créole haïtienne. Une tête bien faite et unificatrice, capable de forger un vivre ensemble, de fédérer les énergies, les talents et l’intelligence collective autour d’un nouveau contrat social.

    Pour trouver une solution constitutionnelle à la présente crise, il faut une figure politique d’envergure, susceptible d’instituer une opposition d’alternance et de gouvernement face à la constellation formée par le parti Unité. Autrement dit, la solution à la crise haïtienne suppose comme préalable un leadership fédérateur d’une opposition fragmentée et, de surcroit, terrifiée par l’idée d’affronter un adversaire coriace supposément impopulaire mais, de toute évidence, mieux organisé et craint. Qui a raflé 60 % des élus du premier tour à la chambre des députés sans susciter, paradoxe haïtien, trop de contestation. Par-delà ce paradoxe, comment expliquer le désarroi de l’opposition quant Madame Mirlande Manigat dispose d’une avance quasi-irrécupérable sur l’ennemi commun qu’est le Parti Inité ?

    De l’impératif d’un leadership fédérateur de l’opposition comme préalable à une solution constitutionnelle de la crise haïtienne

    « Tout le monde veut gouverner, personne ne veut être citoyen. Où est donc la cité » comme lieu du bien commun et du vivre ensemble, s’interrogea le Montagnard Louis Antoine de Saint-Just ? Tel est donc le paradoxe comportemental, fondateur de la suite ininterrompue de crises politiques haïtiennes. Telle est également l’une des causes du destin tragique imposé au peuple haïtien depuis 206 ans de gouvernance créole et depuis 6 ans de tutelle onusienne. Il y a donc lieu de se poser la question suivante : si tous les membres de l’opposition veulent se faire élire président à un hypothétique second tour de scrutin, où est donc la cité haïtienne, c’est à dire « le bien commun » et le « vivre ensemble » ? Pourtant, ceux-ci devaient l’emporter sur les divisions et ambitions présidentielles des membres de l’opposition. Ne sommes-nous pas sommés par les circonstances exceptionnelles qui sont celles d’Haïti de faire preuve de civisme, d’abnégation, de patriotisme, de désintéressement, de pragmatisme et de maturité politique ? Où est l’avatar haïtien de Nelson Mandela ou de Charles De Gaule ou encore de Thomas Jefferson ? L’opposition compte-t-elle dans ses rangs des descendants de Dessalines et de Toussaint Louverture ? Sommes-nous dignes de l’héritage de ces Titans de l’épopée de l’indépendance ? On peut en douter.

    Autrement, on aurait consenti les sacrifices requis pour ériger le vivre ensemble et le bien commun en principes directeurs des actions à envisager. Une issue constitutionnelle à la crise est encore possible, pour peu que l’opposition s’y investisse. N’est-ce pas vrai que le mot crise juxtapose en chinois deux caractères, qui signifient respectivement « menaces » et « opportunités ». La présente crise n’offre-t-elle pas une opportunité abyssale d’instituer une opposition d’alternance et de gouvernement ; et ceci, en lieu et place des groupuscules insignifiants qui polluent l’écosystème politique haïtien ? Il manque l’essentiel : une figure politique d’envergure et fédératrice.

    Une opposition unifiée autour d’un leadership fédérateur ferait fondre tout avantage virtuel ou réel du parti présidentiel au second tour

    L’émergence d’un leadership fédérateur de l’opposition face au parti Inité dans le cadre d’un second tour sous la codirection opérationnelle de la communauté internationale, éliminerait tout avantage virtuel ou réel dont disposerait Inité sur le terrain. Cela aurait permis à l’opposition unifiée de gagner les législatives et d’ainsi prévenir une cohabitation obligée avec son adversaire. C’est ici que le dicton chinois selon lequel « lorsque les hommes travaillent ensemble, les montagnes se changent en or », s’avère plus que pertinent. Voilà une occasion en or pour l’opposition haïtienne d’expérimenter cette citation d’Henry Ford : « se réunir est un début ; rester ensemble est un progrès ; travailler ensemble est la réussite. »

    La présente crise n’offre-t-elle pas l’occasion à l’opposition haïtienne de travailler ensemble contre l’ennemi commun qu’est l’Inité? Cela est d’autant plus indiqué que son poids électoral représente plus de 75 % du vote exprimé au premier tour. Que l’opposition paraphrase Ronald Reagan et se dise: « si ce n’est pas nous, c’est qui ? Et si ce n’est pas maintenant, c’est quand ? » Si ce n’est pas maintenant, ce sera trop tard pour une opposition myope et divisée. À trois au second tour, ils triplent les chances de Jude Célestin de l’emporter ; A 18, ils la décuplent. Pourtant, une opposition fédérée et unifiée aurait certainement congédié le prévalisme, une doctrine anarcho-populiste aux rendements négatifs. Du coup, une telle opposition se transformerait en une institution prééminente, capable de canaliser et d’optimiser les inputs de la communauté internationale et d’en dégager la meilleure synergie possible.

    En tant que doyenne de l’opposition et meneuse au premier tour, Mirlande Manigat peut-elle s’avérer la figure fédératrice de l’opposition face à Inité au Second tour ?

    La solution préconisée ci-dessus est porteuse d’un nouveau paradigme en matière de gestion de crises et de conflits en Haïti. Un paradigme axé sur le dialogue intra-haïtien, sur la quête du compromis, du consensus, de la réconciliation, du bien commun et d’un meilleur vivre ensemble. Ce serait là l’étincelle d’une dynamique vertueuse et transformationnelle. À l’instinct politique et au pragmatisme du président Préval, l’opposition doit opposer le civisme et un pragmatisme politique plus redoutable. Là encore, Saint-Just s’avère inspirant lorsqu’il dit, parlant de son temps, que « la tragédie est la politique. » Selon lui, « le peuple n’a qu’un ennemi dangereux, c’est son gouvernement. » En Haïti, c’est aussi l’opposition, le CEP et peut-être la Minustah. C’est ici que se pose dans toute son acuité la problématique d’un Mandela haïtien. Sans incarner le leadership requis, Mme Manigat, gagnante du premier tour, demeure une alternative en tant que doyenne de l’opposition. Pour peu que cette dernière s’affranchisse de sa myopie historique et privilégie le primat du bien commun et non de l’esprit partisan, elle peut transformer la présente crise en un pont d’or vers un meilleur avenir collectif en Haïti. A suivre.


    Wilson Saintelmy est aussi fondateur de la revue Gouvernance, Université d’Ottawa, doctorant en droit.

    Wilson Saintelmy, expert en gouvernance

    L’ESSENTIEL DE L’ACTUALITE – Dimanche 26 déc. 2010

    26 Déc

    Vaccination contre le choléra vrai ou faux espoirs ?
    HAITI LIBRE – 26/12/2010 14:26:54

    Haïti - Épidémie : Vaccination contre le choléra vrai ou faux espoirs ?L’Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS), le bureau Régionale de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), a annoncé mardi 22 décembre 2010, son intention d’initier en avril prochain, un programme pilote de vaccination en Haïti où sévit l’épidémie de choléra. Mais l’OPS estime qu’auparavant il faudra encourager et financer la production du vaccin, fabriqué actuellement en quantité insuffisante sur le marché international.
    L’OMS avait déclarée plus tôt cette année « Dans les pays où le choléra est endémique, la vaccination de l’ensemble de la population ne se justifie pas, Il faudrait mieux cibler la vaccination sur les zones et les groupes de populations à haut risque (enfants d’âge préscolaire et scolaire, femmes enceintes, sujets VIH positifs) et impliquerait des campagnes de vaccination périodiques ».
    Un groupe d’experts, convoqué par l’OPS/OMS à une réunion à Washington D.C., a conseillé l’usage des vaccins actuels pour un projet pilote en Haïti qui serait étendu au fur et à mesure de la disponibilité des vaccins. À l’heure actuelle, il n’y aurait que 200,000 à 300,000 doses de vaccin contre le choléra, disponibles dans le monde a déclaré le Dr Ciro de Quadros, vice-président exécutif de l’Institut Sabin Vaccine. L’OPS a fait savoir qu’elle avait récemment localisée des réserves, pour fabriquer plus d’un million de doses de Shanchol. Mais il faudra encore plusieurs mois avant que ce vaccin soit prêt à l’emploi, a déclaré le Dr Quadros. Des informations partagées indiquent qu’un million de doses pourrait effectivement être disponible d’ici la fin 2011.
    Jusqu’à récemment, les vaccins oraux contre le choléra, plus facile d’administration, ont été peu utilisés. La vaccination nécessite généralement 2 doses par adulte et 3 par enfant espacées d’au moins une semaine. Un rappel périodique est nécessaire dont la fréquence varie avec l’âge du patient. Le vaccin assure la protection une semaine plus tard. L’efficacité de cette protection semble variable, mais les personnes vaccinées qui seraient à nouveau contaminées, échapperaient à la forme grave de la maladie.
    Les médecins qui ont participé à cette réunion ont recommandé de contacter les fabricants pour voir s’ils peuvent augmenter la production et travailler conjointement avec des groupes qui peuvent aider à financer l’achat de ces vaccins.
    Il existe 3 marques de vaccin contre le choléra dans le monde : le Dukoral (40 $ la dose) est fabriqué en Suède et approuvée par l’OMS, Le Shanchol (6 dollars la dose) est produit par Shantha Biotechnics en Inde et le Morc-VAX est produit par VaBiotech au Vietnam. Le Dukoral est approuvé par l’OMS alors que pour les 2 autres vaccins, seul le Shanchol est en attente de préqualification par l’OMS (cela pourrait être fait dans le premier ou le deuxième trimestre de 2011). Le Shanchol, a été créé par l’International Vaccine Institute à Séoul (Corée du Sud), grâce à une subvention de la Fondation Bill & Melinda Gates. La souche existante en Haïti, offre des similitudes génétiques avec la souche que l’on retrouve en Inde, au Népal, au Bangladesh et au Pakistan où l’épidémie tue chaque année plus de 100,000 personnes d’après les estimations des spécialistes de la santé.
    Le Dr Jon K. Andrus, directeur adjoint de l’Organisation Panaméricaine de la Santé (OPS), explique qu’en général, 75 % des personnes infectées par le choléra ne présentent pas de symptômes mais peuvent transmettre la maladie à d’autres personnes pendant une période maximum de 2 semaines après l’infection. Un risque particulièrement élevé dans les endroits où une bonne hygiène fait défaut, comme dans de nombreuses régions d’Haïti et principalement les camps de réfugiés. « A partir du moment où le choléra s’est solidement établi en Haïti, il est clair pour nous, qu’il ne disparaîtra pas avant plusieurs années ».
    Il n’existe pas d’exemple au monde, de vaccination de masse du choléra au cours d’une épidémie. Ce manque d’expérience et les problèmes logistiques considérables lié à la préparation, la conservation du vaccin et le suivi des patients (phase de vaccination et de rappels) rendent l’application d’une vaccination à grande échelle complexe et difficile. Par exemple, Le vaccin Dukoral doit être mélangé avec les granulés effervescents fournis et dissous dans de l’eau et doit être conservé entre + 2 °C et + 8 °C et ne doit pas être congelé. Une fois les granulés effervescents dissous dans l’eau et le vaccin en suspension ajouté, le mélange doit être bu dans les deux heures qui suivent. Il faudra ajouter aux problématiques de la vaccination, la détection des porteurs du choléra sans symptôme et les difficultés d’accès pour rejoindre les populations éloignées en l’absence de routes…
    Le temps joue contre la population haïtienne. Depuis l’apparition du choléra le 19 octobre 2010, près de 10% de la population haïtienne pourrait avoir été touchée par le choléra. Le dernier bilan officiel du Ministère de la Santé et de la Population (MSPP) en date du 17 décembre, fait état de 121,518 personnes ayant été contaminé dont 61,917 ont dû être hospitalisées pour traitement.
    Si l’on considère que les experts de la santé de l’ONU estiment que les chiffres du gouvernement haïtien, largement sous-estimés, pourraient être le double de ceux publiés, nous arrivons donc à 243,036 personnes infectées présentant des symptômes de la maladie (25% des personnes atteintes) sur 972,144 personnes touchées par la maladie (soit environ 10% de la population d’Haïti) ou 8 fois les chiffres du gouvernement. D’ailleurs, le Dr, Martin Weber, spécialiste des maladies tropicales, déclarait la semaine dernière que « les chiffres publiés sont totalement sous évalués. Je pense que  l’on peut facilement multiplier par dix le nombre des victimes de l’épidémie » ce est assez proche de nos estimations.
    Même si la vaccination de 50% de la population suffirait à arrêter l’épidémie (non pas a faire disparaître le choléra), il est évident que la vaccination de plus de 4 Millions d’haïtiens n’est pas actuellement réalisable dans un délai prévisible. Le vaccin n’est sans doute pas la solution miracle, mais il permettrait de sauver des vies et surtout de gagner du temps pour mettre en place dans tout le pays, les mesures d’assainissement, seules capable d’éradiquer définitvement cette maladie.

     

    Haïti: l’OEA attend les termes de sa mission pour commencer le recomptage

    AFP – 26/12/10

    WASHINGTON — La mission de l’Organisation des Etats américains (OEA) chargée de superviser le recomptage des votes de la présidentielle haïtienne attend que les autorités précisent les termes de cette mission avant d’entamer son travail, a indiqué l’OEA dimanche.

    « Le libellé » de la mission « n’a pas encore été déterminé pour l’instant », a indiqué le secrétaire général adjoint de l’OEA Albert Ramdin. « Tant qu’on ne s’est pas mis d’accord sur les termes de cette mission, nous n’enverrons pas nos experts », a-t-il indiqué à la veille du début théorique de la mission.

    « J’espère que cette mission pourra commencer aussi vite que possible. Je pense que ça devrait être le cas cette semaine, le temps passe », a-t-il avancé.

    Le secrétaire général adjoint de l’OEA avait indiqué il y a une semaine que la mission devait se rendre ce dimanche à Port-au-Prince pour commencer son travail lundi 27 décembre.

    « L’équipe de l’OEA va devoir vérifier le recomptage des procès-verbaux opéré par le CEP (Conseil électoral haïtien, ndlr). En dehors de cela, des recommandations seront faites que les résultats reflètent ou non le comptage » qui aura été fait, a précisé M. Ramdin.

    L’OEA a constitué une équipe internationale de six personnes (deux experts juridiques, deux experts électoraux, un statisticien et un spécialiste des technologies de l’information) prêtes à partir pour Port-au-Prince. Albert Ramdin a précisé que l’envergure de cette mission pourraient changer en fonction de son cahier des charges mais qu’il y aurait au « minimum » ces six experts.

    La publication des résultats définitifs du premier tour de la présidentielle haïtienne, prévue le 20 décembre, a été reportée pour permettre aux experts de l’OEA de vérifier la validité d’un scrutin dont les premiers résultats ont plongé le pays dans une crise politique et provoqué des violences.

    Le chef de l’état sortant René Préval avait demandé à l’OEA de dépêcher une mission en Haïti afin d’aider les autorités électorales dans la vérification des procès verbaux et la phase de contentieux électoral.

    En retour, l’organisation avait demandé un report de la date de publication des résultats contestés par la majorité des candidats dont le chanteur populaire Michel Martelly arrivé en troisième position et non qualifié pour un second tour qui doit avoir lieu le 16 janvier.

     

    Haïti attend le retour des experts de l’OEA pour recompter les voix

    Les Haïtiens doivent en principe voter pour le 2ème tour le 16 janvier 2011.

    Les Haïtiens doivent en principe voter pour le 2ème tour le 16 janvier 2011.

    Reuters / Eduardo Munoz

    Par RFI / 26-12-10

    Haïti attend lundi 27 décembre 2010, la mission de l’Organisation des Etats américains (l’OEA) sollicitée par le président sortant, pour sortir de la crise dans laquelle le pays est plongé depuis le premier tour des élections présidentielle et législatives du mois dernier. Nombre d’Haïtiens sont convaincus que le scrutin a été entaché de graves irrégularités et dans le contexte dramatique que traverse le pays, après le séisme de janvier 2010 qui a fait plus de 250 000 morts et l’épidémie de choléra qui à son tour a tué plus de 2 500 personnes, les Haïtiens demeurent profondément traumatisés.

    Noël est passé, la trêve est terminée et il faut à présent se remettre au travail, vérifier les procès-verbaux, examiner les demandes de recours, au besoin recompter les voix, tenter d’écarter une bonne fois pour toute le spectre de la fraude qui hante ce processus et refermer enfin ce premier chapitre électoral qui n’en finit pas de monter les Haïtiens les uns contre les autres.

    Ce lundi 27 décembre, avec le retour des experts de l’Organisation des Etats américains, le conflit post-électoral devrait donc entrer dans sa phase terminale. C’est en tout cas ce que tout le monde espère.

    A la demande du président sortant, René Préval, les experts de l’OEA devraient aider les membres du Conseil électoral provisoire haïtien à y voir un peu plus clair dans les résultats du premier tour du 28 novembre dernier.

    Mission difficile qui se heurte au scepticisme, voire à l’hostilité, de nombre d’Haïtiens, parmi lesquels la candidate Mirlande Manigat arrivée en tête du premier tour.
    Car l’affaire a tellement mal tourné qu’il a fallu interrompre la publication des résultats sous la pression des événements. Les partisans des principaux candidats se sont violemment affrontés à travers le pays. Il y a eu des morts.

    Dans ce contexte d’exaspération il faut pourtant préparer les conditions du second tour, qui devrait se tenir le 16 janvier théoriquement.

     

    L’OEA aurait destitué Ricardo Seitenfus
    HAITI LIBRE – 25/12/2010 16:30:42

    Haïti - Politique : L’OEA aurait destitué Ricardo SeitenfusL’agence de Presse EFE, rapporte d’après une source diplomatique qui a requis l’anonymat, que l’Organisation des États Américains (OEA) a pris la décision de destituer de ses fonctions son Représentant Spécial en Haïti, Ricardo Seitenfus.
    Cette destitution, intervient deux mois avant le terme de la mission du diplomate et fait suite à une entrevue que celui-ci avait accordé au journal Suisse « Le Temps » qui fut publiée le lundi 21 décembre 2010.
    http://www.haitilibre.com/article-1963-haiti-social-les-causes-de-l-echec-de-la-communaute-international-en-haiti.html
    24 heures après cette publication, Ricardo Seitenfus avait été rappelé par l’OEA pour s’expliquer sur ses déclarations. Les spéculations sur son renvoi, se sont multipliées toute la semaine. Il semble que les vérités diffusées au grand jour et largement reprises par les médias, n’ont visiblement pas plu à l’OEA.
    http://www.haitilibre.com/article-1974-haiti-politique-ricardo-seitenfus-une-verite-qui-ne-plait-pas-a-l-oea.html
    Il ne manque plus que le communiqué officiel de l’OEA pour mettre un terme définitif à la carrière du diplomate au sein de cette institution. L’OEA sanctionne ainsi le courage d’un homme, dont le seul « tort » est d’avoir osé dire publiquement la vérité.

    Leslie Péan: 29 millions et élections bidon

    25 Déc

    Haiti : Il faut protéger les 29 millions de dollars qu’ont coûtés les élections bidon

    samedi 25 décembre 2010

    Par Leslie Péan *

    Soumis à AlterPresse le 23 décembre 2010

    Il faut protéger les 29 millions de dollars qu’ont coûtés les élections du 28 novembre 2010. C’est un petit sacrifice que les Haïtiens doivent faire pour sauver la face à l’ordre et à la stabilité. La communauté internationale recommande avec insistance la vérification des voix, le recomptage des votes dans les urnes bourrées. N’importe qui peut voir dans le reportage du journaliste Paul Hunter de la Canadian Broadcasting Corporation (CBC) un sans-maman, la mine patibulaire, remplir une urne à Cité soleil avec plusieurs bulletins de vote [1]. De tels agissements ont eu lieu à travers le pays. À quoi sert l’insistance à vouloir compter la fraude ? À contrôler la subjectivation des Haïtiens ? À néantiser leur capacité de problématiser le litige les opposant au parti INITÉ et au CEP contrôlé par le président Préval ? Les experts de la communauté internationale semblent donc avoir pour mission de faire disparaître tous les cadavres qui sont dans le placard. Il faut faire vite avant que d’autres se mêlent de cette affaire et découvrent le rôle joué par le gouvernement Préval pour corrompre les experts étrangers, leur faire falsifier les conclusions sur l’impossibilité des élections après le tremblement de terre du 12 janvier et déclarer qu’il n’y avait aucun obstacle à l’organisation des élections. Des commissions indépendantes risqueraient de découvrir le pot aux roses et tout pourrait se défiler comme une vieille chaussette.

    Il faut protéger les 29 millions de dollars qu’ont coûtés les élections du 28 novembre 2010. Sinon cela provoquerait des grincements aux portes. Au nom du secret d’État, il faut cacher la vérité et protéger ceux qui ont commis les infractions et les crimes. On risquerait de voir en clair tous ceux qui sont les complices dans cette mascarade électorale. Les Haïtiens vont se croire des êtres humains comme les Européens et exiger que leurs droits soient respectés.

    Il faut protéger les 29 millions de dollars qu’ont coûtés les élections du 28 novembre 2010. Sinon, l’apaisement et la détente recherchés ne seront pas trouvés. Les Haïtiens risquent de prendre conscience du rôle destructeur de la communauté internationale comme c’est arrivé à ce diplomate de l’Organisation des États Américains (OEA). Pour qui se prend-il ? Il a été grassement payé pour se la fermer. La communauté internationale ne peut pas se payer des fonctionnaires qui font de telles bêtises. Ce hâbleur a porté atteinte au droit sacrosaint des grandes puissances. On aurait pu lui régler son compte en l’accusant de corruption. Mais cela prendrait trop de temps. Il fallait faire vite. Le risque était trop grand qu’il déballe l’autre face de la médaille. On ne sait jamais. Ce monsieur risquerait de s’en prendre aussi au gouvernement de Préval, aux élites dirigeantes qu’il a protégées au cours des deux dernières années et qu’il protège encore en les dédouanant de leur responsabilité dans la déchéance actuelle. Car il y a bien deux larrons dans la foire d’empoigne qu’est devenue Haïti. Et Préval le ticouloute est, à bien des égards, le plus dangereux.

    Il faut protéger les 29 millions de dollars qu’ont coûtés les élections du 28 novembre 2010. Sinon trop de téléphones retentiront à travers le monde. Cela risque de mettre fin aux fonctionnaires aux gros ventres qui gagnent leur magot fort honnêtement en Haiti. Les Haïtiens risqueraient de mettre à nu les vrais coupables de leur misère. L’aubaine de la CIRH pourrait disparaître. Les Haïtiens vont comprendre trop de choses et on risque de remonter la filière.

    Il faut protéger les 29 millions de dollars qu’ont coûtés les élections du 28 novembre 2010. Sinon cela réveillera trop de gens qui sont endormis d’un profond sommeil. Il faut donc étouffer l’affaire. Le corpus du délit est là. Dans ce corpus, il y a une infinité d’imbrications. Pas seulement la communauté internationale mais aussi et surtout la mafia du président Préval qui en constitue la matrice vivante. La fraude crève les yeux.

    Il faut protéger les 29 millions de dollars qu’ont coûtés les élections du 28 novembre 2010. Sinon les Haïtiens risquent de juguler la saleté qui se répand dans leur pays. Les Haïtiens risquent de faire à leur tête. Cela pourrait avoir un effet foudroyant dans de nombreux pays qui veulent gérer leurs propres affaires. La communauté internationale aurait alors très peur et ne saurait plus où donner de la tête. Il faut donc tout mettre en œuvre pour soustraire les Haïtiens de l’humanité, pour qu’ils ne soient pas semblables aux autres êtres humains qui revendiquent leurs droits d’être des citoyens pour décider de leurs dirigeants.

    Il faut protéger les 29 millions de dollars qu’ont coûtés les élections du 28 novembre 2010. Sinon l’émotion de la communauté internationale devant les manifestations des 7 et 8 décembre risque de se transformer en inquiétude. Les masses populaires ne peuvent pas se permettre de vouloir sortir de l’exclusion en voulant voter. C’est un dangereux précédent que de leur laisser exercer leurs droits d’avoir des droits, de parler et d’agir [2]. Elles commettent des infractions et deviennent criminelles en voulant participer à la communauté politique et en voulant dire leurs mots sur la gestion de la cité. Elles doivent accepter de rester dans l’errance et d’être des morts-vivants. Des zombies. Se sa blan-di, se sak pou fèt. L’Occident a besoin de s’honorer en secourant les Haïtiens qui ont perdu leur humanité. Ces derniers ne peuvent pas prétendre vouloir changer les données au détriment d’une industrie de la charité qui ne rend de compte à personne.

    Il faut protéger les 29 millions de dollars qu’ont coûtés les élections du 28 novembre 2010. Sinon, on dira que ce sont des gens bouchés qui ont fait les rapports des services secrets des grandes écoles d’espionnage de la communauté internationale qui prévoyaient que tout allait bien se passer. Ce serait admettre qu’ils peuvent se tromper. Comment n’ont-ils pas pu avoir des informations sur ce qui allait se passer ce foutu dimanche ? C’est bien le rôle d’un service d’intelligence d’obtenir des informations et de les valider pour pouvoir séparer les coupables des innocents. Les Haïtiens doivent donc cesser tout leur tapage pour des élections démocratiques. Il faut sauver le financement des services de renseignements qui ont été aveugles, y compris ceux de la nouvelle école d’espionnage de la communauté internationale à Oradea en Roumanie.

    Il faut protéger les 29 millions de dollars qu’ont coûtés les élections du 28 novembre 2010. Sinon, il arrivera en Haïti ce que la communauté internationale craint, c’est-à-dire l’arrivée d’un temps dans lequel on ne pourra plus faire avaler n’importe quoi à ceux que la communauté internationale considère comme des idiots. Il ne faut surtout pas organiser une insurrection générale car nous devons apprendre de nos aïeux qui avaient protégé les 29 millions des colons en acceptant l’esclavage. Face aux troupes armées de Napoléon Minustah, c’est sans violence que nos aïeux ont fait 1804.

    Oui, oui, il faut protéger les 29 millions de dollars qu’ont coûtés les élections du 28 novembre 2010. Il y va de l’ordre du monde.

    * Économiste, écrivain

    [1] http://www.youtube.com/watch?v=U3qg…

    [2] Hanna Harendt, Les origines du totalitarisme — l’impérialisme, Paris, Fayard, 1982, p. 287.